15 mars 2020, le jour de la libération de Biarritz

Le confinement a fait oublier à quel point le message des électeurs biarrots a été clair. Un virage historique se dessine pour la Ville.

La rumeur affirme – Comment la vérifier en ces temps de confinement ? – que Michel Veunac, dès qu’il a un peu de temps libre, branche son magnétoscope à cassettes pour voir et revoir « Les Bronzés font du ski ». Et quand arrive la réplique culte de Michel Blanc, alias Jean-Claude Dusse dans le film, « On ne sait jamais. Sur un malentendu, ça peut marcher ! », tout le monde est prié de faire silence dans son salon, alors que Notre-encore-maire-que-la-Terre-entière-nous-envie affiche un sourire extatique. Fait-il semblant pour raviver la flamme chez ses maigres troupes ou y croit-il vraiment ? Difficile à dire, mais Michel Veunac s’agite beaucoup au téléphone ces derniers temps, affirmant que si une nouvelle élection à deux tours est organisée, il va « mettre Jean-Baptiste Lemoyne en avant » et « surprendre tout le monde par le score qu’il va réaliser ».

Laissons à notre plus que septuagénaire ses illusions un peu pitoyables, alors que la fin du confinement se dessine et qu’il est temps d’analyser les très clairs signaux que les électeurs biarrots ont envoyé au soir du premier tour. En effet, jamais premier tour n’aura été aussi limpide dans l’histoire politique de Biarritz.

Ce renouvellement que les « jeunes » candidats, Arostéguy, Barucq, Motsch ou Morin appelaient de tous leurs vœux, correspond visiblement aux souhaits des Biarrots. Trouvez-moi un maire sortant en France, un seul qui se soit retrouvé en cinquième position avec le score de 12,22% des suffrages exprimés ! Plus personne ne veut du « système Veunac », qui est en droite ligne avec le système Borotra des derniers mandats, les neurones en moins. Opacité autocratique, renvoi d’ascenseur aux copains, dissimulations aux autres élus, plus personne n’estime que cette façon de gouverner a un avenir possible. Et rien que pour cela, parce que le 15 mars 2020, correspond à une sorte de libération de Biarritz, le champagne mérite d’être sorti.  

Les électeurs âgés ont voté comme d’habitude

Et, même s’il est un peu moins facile que d’habitude de recouper une information, tous les témoignages de ceux qui étaient présents dans les bureaux de vote coïncident : les plus de soixante ans habitant Biarritz ont voté comme d’habitude. C’est la clientèle des quadras-quinquas, ayant encore des enfants sous leur responsabilité, qui a fait défaut. Alors que le confinement se profilait à l’horizon, le 15mars, tous ceux qui avaient de la famille à protéger ont préféré s’abstenir de voter pour mettre les leurs à l’abri. De la même façon tous ceux qui se partagent entre Biarritz, où ils sont inscrits sur les listes électorales, et une grande métropole ont hésité à venir alors que la pandémie devenait de plus en plus menaçante. Michel Veunac raconte donc un gros bobard, un de plus, lorsqu’il affirme qu’il a été pénalisé par l’absence de l’électorat âgé. Ce sont au contraire les plus jeunes élus qui ont pâti de la situation et à l’évidence, si le scrutin avait pu se dérouler dans des conditions plus normales, l’écart avec Veunac aurait été encore plus grand.

Le très beau score de Maïder

Attention à ne pas réécrire l’histoire et à ne pas énoncer a posteriori des évidences qui ne l’étaient pas tout à fait avant le vote. Maïder Arostéguy en obtenant près de huit points de plus que Max Brisson en 2014 (31,47% contre 23, 35%) montre qu’elle a fait une campagne méthodique où elle a su amalgamer le socle traditionnellement important des Républicains et la sympathie personnelle qu’elle a inspirée à des Biarrots qui pensent qu’elle fera un bon maire de rupture après les catastrophiques années Veunac. Avec 16,22% des voix, alors qu’il s’était contenté de 7,26% en 2014, Guillaume Barucq a montré qu’il avait progressé en crédibilité dans l’esprit des Biarrots. Tout en durcissant le ton, il s’est tenu éloigné de toutes les polémiques qui ont enflammé les réseaux sociaux et a mené avec sa liste une campagne très intelligente. Reste Nathalie Motsch qui se retrouve en troisième position à 177 voix seulement de Guillaume Barucq, alors qu’on l’annonçait dans certains sondages à 6% d’intentions de vote. On ne m’ôtera pas de l’idée, alors que les Biarrots voulaient à tout prix une « nouvelle gouvernance » que « Calamity Nathalie » qui offrait dans son programme toutes les garanties demandées par les citoyens de « transparence » et de respect de la démocratie, a commis une erreur stratégique de première importance en faisant monter Didier Borotra sur scène. La fidélité en amitié est respectable, mais les Biarrots ont été déroutés par cette contradiction apparente entre volonté de transparence et référence au passé, même si son score de 14,24% montre que les Biarrots voyaient en l’ancienne adjointe à l’Urbanisme une élue pugnace et compétente tout à fait apte à diriger la Ville.

Des alliances qui ne dureront qu’un temps

Si le deuxième tour s’était déroulé le 22 mars comme prévu, Maïder Arostéguy aurait-elle été élue facilement ? Difficile à dire, mais ce n’est pas si sûr. En effet, contrairement aux élections municipales précédentes, qui avaient vu des alliances improbables comme celle de Max Brisson avec Jean-Benoît Saint-Cricq, alors que tout Biarritz savait qu’ils se détestaient, pour une fois les alliances entre candidats étaient très naturelles et articulées autour de la conduite à tenir face au chantage des dirigeants du Biarritz Olympique. Selon les informations de Bisque, Bisque, Basque ! Nathalie Motsch était prête à rallier Guillaume Barucq, de même que la liste de Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh, tandis que Karim Guerdane aurait appelé à voter pour ce « front républicain du refus ».

Du côté de Maïder Arostéguy, les choses s’avèrent plus compliquées. Jean-Benoît Saint-Cricq avait annoncé, dès le dimanche 20 heures, son intention de se rallier à la lauréate du premier tour. Du jamais vu en politique, où en général on fait au minimum semblant pendant une journée de réfléchir ou de consulter ses troupes. Selon les informations de Bisque, Bisque, Basque ! Michel Veunac aurait lui aussi fait des propositions à Maïder. Qui sagement, et après avoir consulté ses colistiers, aurait décidé de garder sa liste telle qu’elle est, estimant que Veunac comme Saint-Cricq lui feraient perdre plus de voix qu’en gagner. Une décision sage mais qui pouvait laisser imaginer un duel très serré au soir du 22 mars entre Arostéguy et Barucq. Après tout, Michel Veunac est bien devenu maire de Biarritz en 2014 en ne recueillant que 17,43% des suffrages au premier tour. Toutes ces supputations électorales vont sans doute être balayées par la décision d’Emmanuel Macron de recommencer à zéro les élections municipales dans les villes qui n’ont pas choisi leur maire dès le premier tour. En cas de nouvelle élection en octobre 2020 ou mars 2021, qui peut dire si Nathalie Motsch retentera sa chance ou partira derrière Barucq ? Qui peut dire si de nouveaux candidats ne vont pas profiter de l’aubaine ?

Le Palais en danger et Biarritz en difficulté

Pour Biarritz l’aboutissement de cette élection et le départ tant attendu des Veunac et Lafite relèvent de l’urgence absolue. Lors de la visio-conférence qui s’est tenue avec les élus, jeudi 16 avril au matin, les deux ont pris leur voix la plus pleurnicharde pour annoncer aux élus ce que les Amigorena, Lannevère, Motsch, Pinatel, Boissier et d’autres pronostiquaient depuis 2018. Le confinement empêche les travaux de se dérouler à L’Hôtel du Palais. Ce dernier n’ouvrira donc pas cet été et la Ville de Biarritz ne touchera donc aucune redevance, alors qu’elle doit faire face à d’importantes échéances bancaires. « C’est la faute au corona-virus ! »  ont gémi en chœur Mimi-Imperator et La Faillite-nous-voilà !  Comme si l’activité touristique était linéaire ! En 1929 déjà, suite à la crise financière, plusieurs grands hôtels de Biarritz s’étaient retrouvés en difficulté. L’activité touristique n’est jamais planifiable à l’avance et une guerre, une crise financière, la fermeture des frontières peuvent mettre en difficulté un palace.

En 2018, plusieurs élus avaient mis en garde le maire et son adjoint aux Finances contre les risques courus par le montage aventureux proposé. Nous y voilà, et plus vite que prévu ! « Ce n’est pas grave, on va recapitaliser » a affirmé Guy-Lafite-réponse-à-tout. Tout en se gardant bien d’expliquer à qui il compte ouvrir le capital tout en ne perdant pas le contrôle du Palais. À un certain Jean-Claude Decaux ? Comme en 2018, les Biarrots, tout comme les élus, sont jugés trop bêtes pour qu’on leur donne les explications qui s’imposent. Et pendant ce temps-là, Veunac continue à s’agiter en tous sens persuadé que lors d’une nouvelle élection « sur un malentendu, ça peut marcher ! ». Nous ne saurions donc trop lui conseiller de regarder la filmographie intégrale de Michel Blanc. À chaque fois, le comédien mise sur un malentendu pour parvenir à ses fins, mais ça ne marche jamais.

Veunac n’a donc plus qu’une chose à faire au vu de la fessée électorale qu’il vient de prendre : quitter la politique biarrote avec dignité. Mais en est-il capable ?

Mardi : Le premier tour doit être sacralisé

Les réponses des candidats

Quel commentaire vous inspire le résultat de votre liste et éventuellement les résultats obtenus par les autres listes ?

Maïder Arostéguy

Il s’agit d’un résultat très encourageant et très net qui confirme la dynamique des sondages de juin et surtout de janvier   Proximité, actions de terrain et travail participatif ont fait la différence.

Guillaume Barucq

Nous avons plus que rempli notre objectif du premier tour qui était de placer notre liste Biarritz Nouvelle vague sur le podium. Avec cette deuxième place nous étions bien positionnés pour mener une large coalition sur un projet écologique et social et jouer la mairie au second tour. Le message envoyé par les électeurs biarrots est clair : place au renouvellement.

Nous avons subi nous aussi l’abstention avec une part non-négligeable de notre électorat conscient de la situation émergente liée au Covid-19et qui a fait le choix de ne pas venir voter. Au pire cette élection aura servi de sondage en conditions réelles et     servi de révélateur pour bon nombre d’électeurs qui ont vu que notre projet était réaliste et que notre équipe avait les moyens de prendre des responsabilités à la mairie de Biarritz

Nathalie Motsch

Un commentaire enthousiaste et reconnaissant de la confiance des Biarrots : 14,23% des suffrages exprimés pour une toute première élection est un résultat honorable qui nous a rendus heureux. Il démontre la crédibilité de notre équipe et du programme environnemental que nous avions proposé aux biarrots. Nous avons ainsi fait taire les mauvaises langues qui nous créditaient d’à peine 4% ! Nous sommes fiers de ce résultat et surtout très touchés de la confiance que les Biarrots nous ont témoignée.

177 voix nous séparent de Guillaume Barucq, c’est un écart infime qui démontre l’appétence des Biarrots pour nos programmes écologiques et durables. C’est une belle nouvelle qui prend tout son sens dans le contexte actuel : nos modes de vies vont changer et « le bons sens » portera, enfin, des politiques environnementales inédites sur nos territoires. Je note aussi l’arrivée de Karim Guerdane dans le paysage politique biarrot, sa présence démontre l’envie des Biarrots de renouveler le paysage politique.

Liste EHVS (Brice Morin, Lysiann Brao, Mathieu Accoh)

Nous faisons le constat que l’écologie représente a minima 30 % des suffrages sans tenir compte de la grande abstention du premier tour. Alors même que nos têtes de liste, très investis dans notre cité depuis des décennies mais non « professionnels de la politique » ont recueilli 12,34 % des suffrages des votants. C’est un bon score et nous en sommes fiers.

Plus que jamais, cette crise sanitaire et économique sans précédent confirme l’urgence et la nécessité de mettre en place dès aujourd’hui des mesures inédites. L’humilité s’impose face à l’ampleur de ce qui nous frappe. Pour autant, l’ensemble de notre projet en sort renforcé : consommer et agir local, construire une véritable économie circulaire à l’échelle du pays basque y compris au niveau de l’industrie et de la production de matériel de santé (un appel à projet a été lancé par la CAPB pour la production de matériels de santé.), aide aux plus démunis.

L’ensemble des enjeux de transition écologique peuvent être sereinement abordés avec notre liste grâce à un mouvement de gauche progressiste, écologiste et abertzale qui se renforce élection après élection au sein de l’agglomération pays basque. Ensemble nous pèserons !

Biarritz a vocation à mener la barque.

Alors que certains pouvaient encore nous stigmatiser et nous qualifier d’utopistes ou de radicaux, ils doivent se résoudre au constat que la mise en place de nos propositions ne peut attendre plus longtemps.

Les mesures de confinement n’ont fait qu’exacerber les inégalités sociales. Le respect de notre environnement et de notre territoire va de pair avec toutes formes de solidarité et de lien social. L’un ne peut aller sans l’autre. Plus qu’un changement de gouvernants c’est aujourd’hui un changement de gouvernance qui s’impose, d’un mode dépassé d’exercice du pouvoir : plus de démocratie directe et participative.

Michel Veunac : Surprise ! Le maire sortant a refusé de répondre à Bisque, Bisque, Basque !

Jean-Benoît Saint-Cricq

Pas de commentaire particulier à faire. La participation étant faible a peut-être faussé le résultat mais personne ne peut savoir ce qu’auraient voté les 18% qui manquaient.

Karim Guerdane

Le résultat de la liste Biarritz Bonheur me ramène à une certaine logique de moyens, et je m’interroge sur l’abstention inédite qui nous a frappés ; certains de mes colistiers ne sont pas même allés voter à cause des annonces contre-productives du gouvernement, et je ne peux les blâmer. J’assume également ma part de responsabilité et j’avoue ne pas avoir pris la mesure de cet appel au vote. 

La communication a été le maître mot de cette campagne, et j’en tire les enseignements pour le futur : j’ai joué l’honnêteté et les valeurs, et je les défendrais encore. Je n’ai pas, ni l’envie, ni le besoin de travestir ma liste pour exister ou être « citoyen » : beaucoup sont prêts à s’asseoir sur leurs principes pour des postes : pas moi. La majeure partie de mes adversaires ont atteint leurs plafonds de verre, avec des moyens et une logistique optimale, avec des résultats que je juge faibles.

Pour nous, les bases sont jetées, avec 2 mois de campagne et 2 500 euros de budget (10 fois moins à minima que toutes les listes) : cela nous laisse une marge gigantesque quand on apprécie les pourcentages assez faibles réalisés par l’ensemble de listes. Contrairement à ce que pensent beaucoup, c’est notre électorat cible qui s’est le moins déplacé.

Le besoin d’une présence d’une alternative humaniste, solidaire et moderne est d’autant plus criante en ce jour. Mon message allait déjà dans ce sens, et je n’aurai pas à adapter beaucoup de mesures si ce vote se jouait aujourd’hui ; les programmes de mes concurrents, eux, devraient être totalement chamboulés. Mes premières phrases dans cette campagne ont été : «  Il n’existe pas d’autres alternatives crédibles, donner du sens à notre quotidien…Nous faisons le pari de l’Humain, le seul qui mérite d’être tenté « . C’est d’autant plus vrai trois mois après. 

Consternation la plus totale

Biarritz est-elle la ville la plus mal dirigée de France ? On peut se poser la question après le désolant conseil municipal du 19 décembre.

Du maire rural mal dégrossi, du conseiller municipal qui n’a toujours pas compris quel est son rôle, de l’arriviste prêt à tuer sa mère pour sa survie politique, ils ont dû en croiser lors de leurs respectives carrières politiques, mais parions que Didier Guillaume et Jean-Baptiste Lemoyne, lorsqu’ils se sont isolés chacun de leur côté pour suivre sur Internet le dernier conseil municipal biarrot, ont dû laisser échapper quelques soupirs de désolation et se demander pourquoi ils se sont embarqués dans une galère électorale qui ne s’annonce vraiment pas comme une croisière de rêve.

youtube.com/watch?v=CcKuUswE6rE&t=4347s

Récemment, un internaute, persuadé que j’allais abonder dans son sens, se plaignait du maire d’Anglet, Claude Olive, qui organisait son dernier conseil municipal mi-décembre, se demandant comment la Ville allait être gérée jusqu’aux élections. Ce citoyen de bonne foi ne voyait pas que ce dernier conseil, trois mois avant la fin du mandat, traduit une gestion saine et respectueuse des dossiers qui ont été ficelés à temps afin de laisser à l’équipe suivante la possibilité de prendre ses propres décisions.

Aucun risque qu’une telle situation n’arrive à Biarritz où le duo infernal composé d’un vieux maire de 73 ans, pitoyablement cramponné à la barre du pouvoir comme un mourant accroche la main du curé venu lui délivrer l’extrême onction, et d’un premier adjoint toujours aussi arrogant, misogyne et méprisant, de surcroît bien décidé à soutenir Didier Guillaume et à combattre son propre maire, nous a offert le spectacle le plus pitoyable et le plus indigne de tout ce mandat où ,les électeurs n’ont pourtant guère manqué d’occasions de huer et de conspuer.

Veunac n’a visiblement pas été visité par l’esprit de Noël

Quand les bons élèves font leur sac la veille, le cancre cherche ses affaires à l’heure où il devrait être déjà à l’école. Tenir trois mois avant les élections municipales un conseil municipal de presque cinq heures avec trente-trois délibérations à voter, dont des décisions lourdes de sens pour l’avenir, relève au mieux de la farce électorale et au pire du foutage de gueule absolu. Et pour que les Biarrots regrettent jusqu’au bout leur vote de 2014, un nouveau conseil est prévu en février, où, parions-le, les intérêts particuliers, les copains et les obligés ne seront pas oubliés dans la distribution.

Regrettons aussi l’attitude un peu frileuse d’actuels élus et futurs candidats qui estiment conserver leurs chances en se contentant de critiques modérées dans le but de ratisser large, quand une union de salut public contre les attentats démocratiques à répétition que nous infligent Veunac et Lafite devrait se constituer à chaque conseil. Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq, Édouard Chazouillères ou Anne Pinatel n’ont pas dit des choses inintéressantes, mais sont toujours intervenus avec une volonté de modération dans leurs propos qui nous laisse sur notre faim face à la duplicité de la majorité municipale.

Nathalie Motsch a semblé parfois bien seule face à une majorité qui ose tout.

Il y avait pourtant de quoi hurler dans ce conseil municipal où la volonté de tromper les élus et les Biarrots, la désinformation systématique, les cachotteries, demi-vérités et autres manœuvres insupportables ont été de mise toute la soirée. À quand un fonctionnement normal et respectueux de la démocratie ? Et ce n’est pas la phrase malencontreuse de Veunac sur « l’esprit de Noël », ce qui lui a valu une bronca du public et la consternation de ses propres troupes, qui pouvait donner le sentiment d’une gouvernance apaisée et digne.  

Une fois de plus, seule Nathalie Motsch, technique mais aussi politique et tellement limpide dans ses démonstrations, a eu le courage de monter au front pour tenter d’arrêter l’irréparable, rejointe dans certaines de ces critiques par l’inoxydable Hervé Boissier et par… Jean-Benoît Saint-Cricq qui lui aussi s’est efforcé de mettre en garde le duo de prestidigitateurs Veunac-Lafite contre leur inconscience juridique.

Villa Sion : c’est le moins-disant qui l’a

Et commençons par une question simple pour vérifier vos futures aptitudes d’élus. En effet, il n’y a qu’une dizaine de listes à Biarritz et vous avez encore largement le temps de monter la vôtre. Si deux acquéreurs se manifestent pour le studio que vous vendez, l’un vous proposant 200 000 euros et l’autre 170 000 euros, avec qui signez-vous ? Vous avez répondu avec celui qui offre 200 000 euros ? Passez votre chemin, vous n’êtes pas fait pour la politique !

En ce qui concerne la fameuse villa Sion, que la Ville voulait vendre au prix des Domaines, soit 980 000 euros avec le parc puis 1,1, million d’euros sans le parc (Comprenne qui pourra !) avant qu’Édouard Chazouillères n’obtienne le report de la délibération, deux offres sont parvenues, l’une à 2 millions d’euros et l’autre à 1,7 millions émanant de la société Alaéna Cosmétiques, avec à la clé la promesse d’une trentaine d’emplois crées. Que cette deuxième offre retienne l’attention de politiques responsables ne pose pas de problème, à condition que tout soit transparent. Or, une fois de plus, les conseillers municipaux n’ont pas eu la moindre information sur la société concurrente ni le détail de l’appel d’offres. Et voilà comment on s’assoit sur 300 000 euros qui pouvaient entrer dans l’escarcelle municipale sans avoir le moindre élément d’information !

https://jeanyvesviollier.com/2018/09/30/la-villa-sion-un-nouveau-bigueyrie/

Successivement proposée à 980 000 euros puis à 1,1 million d’euros, la villa SIon va sans doute partir pour 1,7 million d’euros alors qu’un acquéreur en proposait 2 millions d’euros. Pourquoi ce choix surprenant? La mairie n’a daigné donner aucune réponse.

… Mais s’il n’y avait que cela. Si vous êtes un citoyen ordinaire vendant votre studio, vous allez faire en sorte que tous les contentieux juridiques possibles avec vos voisins soient réglés avant de vendre. Démonstration, une fois de plus, que vous n’êtes pas fait pour la politique. Pierre Delalonde, le propriétaire du Château-Boulart, l’ancien « ami personnel » du maire qui fait percer des sorties sans accord sur le parc municipal, a déposé deux recours juridiques contre cette vente. Mais Veunac et Lafite balaient tout cela d’un revers de main en disant que « les juristes de la Ville sont confiants et qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter ».

Un point de vue qui va faire sursauter les deux avocats présents dans la salle. Nathalie Motsch conseille à la Ville de surseoir à sa décision, avis partagé par Jean-Benoît Saint-Cricq. Les deux soulignent aussi qu’une quarantaine de voitures vont être autorisées chaque jour à stationner dans le parc appartenant à la Ville, alors que les règlements municipaux imposent une place de parking pour 60 mètres carrés. « Cet avantage a été négocié dans le prix » balaie d’un revers de main Mimi-Imperator qui va se faire des copains avec toutes les victimes des pruneurs fous de Streeteo.

Et la farce continue, la majorité municipale mentant avec un aplomb sidérant : « Ce bien n’est pas utilisé depuis deux ans et est une charge pour la Ville » affirme Veunac. Effectivement, on a viré dare-dare les associations qui fréquentaient la villa Sion et tenté de le vendre en douce à un propriétaire-ami, qui désormais fait des recours contre la Ville. Sentant son maître en difficulté, Peio Claverie en fait dix louches : « On a sorti les associations du bâtiment pour raison de sécurité ! ». Rappelons donc à notre cireur de pompes municipales qu’à l’époque le directeur de cabinet de Michel Veunac, Guillaume Snollaerts, résidait villa Sion et qu’il  ne s’est jamais plaint d’occuper un galetas.  

«  Quand c’est pas clair, c’est qu’il y a un loup ! »  aime à répéter Martine Aubry. Dans le cas de Biarritz, ce n’est pas un loup solitaire mais une meute entière qui sévit à chaque délibération municipale.

Ne leur achetez pas une voiture d’occasion !

Et l’on en vient à L’Hôtel du Palais, dossier traité délibérément à plus de 22 heures, en misant sur la légitime fatigue des conseillers municipaux. En 2018, tout était clair. Veunac et Lafite nous détaillaient leur mirifique opération pour éviter un prêt bancaire alors que L’Hôtel du Palais devait être rénové : confier un bail emphytéotique de 75 ans à la Socomix pour la rendre sexy et qu’elle puisse emprunter l’argent nécessaire. Autrement dit, une façon éhontée de planquer la dette municipale sous le tapis, en perdant le contrôle du palace et en laissant entrer JC Decaux dans le montage financier, le puissant homme d’affaires guettant le moment où la Ville ne pourra plus suivre financièrement pour s’emparer du palace à bon compte.

Mais le savant ravaudage imaginé par l’énarque qui ne se trompe jamais mais n’arrive pas à duper grand monde avec ses invraisemblables raccommodages n’aura même pas tenu jusqu’au prochain mandat électoral. La Compagnie Financière du Louvre a décidé de quitter le navire et pour ne pas perdre le contrôle de l’entreprise, il faut racheter ses actions à hauteur de 1,7 millions d’euros, somme que notre génie financier qui aime Veunac, Didier Guillaume et les Biarrots, souhaite emprunter, tout en nous annonçant que la Caisse des Dépôts et Consignations désire entrer dans la capital et racheter les actions. Vous avez suivi ? Ce n’est pas grave car ce qu’on nous explique n’est probablement pas la vérité ! Nathalie Motsch, dénonce à juste titre « L’Arlésienne » que constitue cette Caisse des Dépôts et Consignations, toujours annoncée et jamais présente, comme si Veunac et Lafite étaient capables de nous baratiner quelque peu…

Quant au citoyen vendeur de studio qui ne comprend pas pourquoi, lorsqu’on est sûr de toucher 1,700 million d’euros avec la vente de la villa Sion, (dixit Veunac) on emprunte 1,750 million d’euros à la banque pour racheter des actions de l’Hôtel du Palais, actions qui, de surcroît, doivent être rachetées immédiatement par un autre établissement, nous avons la démonstration qu’il n’est décidément pas fait pour la politique.

Bisque, Bisque, Basque ! pour sa part a trop de respect pour la lucidité, l’abnégation et le sens de l’argent public de nos actuels dirigeants pour s’imaginer que la vérité puisse être autre que celle exprimée dans l’enceinte du conseil municipal.

Avec tout de même une certitude : si Lafite ou Veunac me proposent de racheter une voiture d’occasion, je crois que je vais passer mon chemin, tant est grande la conviction que le compteur sera trafiqué et les révisions négligées.

 

 

 

 

 

 

 

 

Réalisme biarrot contre foutaises brésiliennes

Ne pas confondre les 100 000 euros attribués au budget participatif, initiative remarquable, et les 100 000 à Onda Carioca, foutage de gueule absolu…

Les Biarrots sont invités à faire leur choix entre treize projets tous plus intéressants les uns que les autres. Une belle créativité qui mérite d’être saluée.

À Biarritz, on paie d’abord et on réfléchit ensuite. Comme une pie un peu snobinarde, attirée par tout ce qui brille, notre bon Michel Veunac s’est donc totalement laissé embobiner par Vincent Cassel et a estimé que la possibilité de pouvoir faire un selfie avec le célèbre acteur valait bien 100 000 euros d’argent public. Et fidèle à ses méthodes habituelles, Mimi-la-Malice a tenté de jouer le coup en douce lors du dernier conseil municipal. Heureusement que les conseillers municipaux se sont réveillés et grâce à Bénédicte Darrigade, Richard Tardits puis Édouard Chazouillères, Maïder Arosteguy, Nathalie Motsch, François Amigorena, Hervé Boissier, Anne Pinatel et Françoise Mimiague nous ont permis d’apprendre de quoi il retournait exactement. Et une fois de plus, les contribuables biarrots ont de quoi être effarés par la désinvolture du maire. Comme l’ont confirmé Sud Ouest et Mediabask, ce festival brésilien souhaité par Vincent Cassel était un simple projet qui n’avait encore ni date, ni lieu, ni programmation.

https://www.sudouest.fr/2019/04/20/biarritz-rien-n-est-decide-pour-le-festival-de-vincent-cassel-6006410-4037.php

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20190423/onda-carioca-un-festival-pas-comme-les-autres-a-biarritz

Avec un dossier aussi bien ficelé, il était donc logique de se précipiter et de sortir le carnet de chèques, une décision qui n’a visiblement pas ému tous les flagorneurs qui gravitent autour du maire et se soucient comme d’une guigne des intérêts des contribuables biarrots !

Le projet de Vincent Cassel est peut-être intéressant, mais pourquoi ne serait-il pas soumis aux règles habituelles de la vie publique où l’on établit un budget prévisionnel avant d’obtenir de l’aide de la Ville ?

Plus qu’une semaine pour voter

Heureusement, l’argent public n’est pas toujours aussi mal géré et certaines initiatives méritent d’être saluées. Hervé Boissier est un tenace. Ce fervent militant de la démocratie participative a su faire preuve d’une obstination admirable pour mener à bien son idée : regrouper toutes les suggestions des Biarrots, puis procéder à un vote et financer les projets lauréats à hauteur de 100 000 euros.

https://www.jeparticipe-biarritz.fr/project/budget-participatif-1/presentation/presentation

Bisque, Bisque, Basque ! avait fait une proposition de collecte de mémoire auprès des octogénaires mais a été écarté dès le premier tour, ce qui ne l’empêche pas de soutenir à fond cette initiative citoyenne. Vous êtes actuellement un peu plus de 900 à avoir voté pour l’instant, ce qui est bien mais insuffisant pour une ville de 25 000 habitants. Il vous reste encore une semaine pour découvrir les 13 projets en concurrence et faire votre choix.

Pour une fois que quelque chose est clair, limpide et respectueux de la démocratie dans cette ville, ce serait vraiment dommage de ne pas le soutenir, même si le constat est un peu amer, car pour une pépite de démocratie participative qui réussit à survivre combien d’occasions gâchées : il y avait beaucoup de talent dans la liste présentée par Veunac en 2014, beaucoup de gens qui étaient très pointus dans leur domaine. Mais les indécisions, les dissimulations permanentes et l’incapacité du duo Veunac-Lafite à manager ont pulvérisé cette dream team, obligé les adjoints à faire sécession et transformé ces six ans de règne Veunac en mandat le plus calamiteux de l’histoire de la Ville. Vivement 2020 !

 

Il faut Aguileraison garder

Le projet d’aménagement d’Aguilera présenté par Aldigé est incontestablement séduisant. Aux politiques de nous dire maintenant s’il est juridiquement et économiquement faisable .

La villa rose deviendrait le siège des bureaux du BO.

Cet ancien joueur du BO, génération Bouclier de Brennus, n’a pas perdu la verdeur habituelle des propos de vestiaire : « J’ai un avis très arrêté sur ce projet, mais je me garderai bien de l’exprimer publiquement par crainte de déclencher les ventilateurs à merde dans tous les sens ». Bisque, Bisque, Basque ! qui n’a pas peur de grand-chose va donc enfiler ses bottes d’égoutier pour tenter de vous décrypter la formidable partie de poker qui est en train de se dérouler sous vos yeux.

Un projet global et intéressant

Si je rentre un soir chez moi, en annonçant à mon épouse ; « Chérie, je vais améliorer notre maison en faisant vingt millions de travaux », il y a quelques chances, si je ne suis pas trop branque, pour qu’effectivement la maison que nous occupons se bonifie. Mais tout va se compliquer quand, après avoir admiré les projets de l’architecte, ma tendre moitié va me demander : « Au fait, ces vingt millions, tu les trouves où ? » Le projet que Jean-Baptitste Aldigé a présenté à certains journalistes et à des élus qu’il a convoqués dans les bureaux du BO est incontestablement intelligent et a le mérite de lancer la réflexion sur un aménagement global du plateau d’Aguilera, là où un Veunac se contentait de petits grignotages de parcelles et de quelques constructions sans vision d’ensemble.

Lors de la soirée privée organisée dans les salons de la tribune Kampf, le président du BO a martelé deux phrases « Si vous savez comment on gagne de l’argent dans le rugby, expliquez-moi » et « La famille Gave n’a pas vocation à boucher les trous financiers chaque fin de saison ». L’amoureux du rugby, nostalgique de la splendeur passée du BO, a envie de souscrire à cette évolution de son sport favori et à la nécessité d’amener des recettes supplémentaires au club. Mais n’étant ni élu, ni urbaniste, ni juriste, reste à savoir si ce projet « tient la route » et est faisable, une fois le beau rêve évoqué.

Trois problèmes d’importance à régler

« Bisque, Bisque, Basque !  se gardera donc bien pour l’instant de détailler davantage le projet découvert pour la première fois le jeudi 14 février dans les locaux du BO. Lors de la réunion privée du 5 mars dans les salons Kampf, ce projet a été présenté aux Biarrots qui le souhaitaient, ce qui nous change agréablement des cachotteries vécues lors de la rénovation de L’Hôtel du Palais. Mais aucune image ne circule pour le moment des aménagements prévus par le groupe Pichet ce qui complique le travail des journalistes souhaitant expliquer ce qui se prépare.

1.- Ce projet semble difficilement réalisable légalement. La Ville mais aussi l’Agglo ont incontestablement leurs mots à dire dans la décision. Jean-Baptiste Aldigé estime que le groupe Pichet est le seul capable de lui façonner l’outil de travail dont il rêve. Si dans le privé on peut librement choisir son entrepreneur, dans le public on doit passer par des appels d’offres. Aux dernières nouvelles, les services de la Ville, mettraient en avant des difficultés juridiques dans la réalisation de ce projet. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’aménagement d’Aguilera ne doit pas se faire. Mais les politiques doivent reprendre la main sur le dossier et prendre leurs responsabilités en rendant « juridiquement correct » l’aménagement d’Aguilera.

2.- La Ville doit décider de ses priorités. Si ma fille passe le permis, je peux décider de lui offrir une Ferrari, mais le bon sens économique et la sollicitude de mon banquier font que je vais peut-être opter pour une Clio d’occasion. Le projet d’aménagement de la partie sportive d’Aguilera est intéressant mais mérite nombre d’éclaircissements, car tout le monde a en mémoire qu’il manquait 15 millions d’euros pour boucler le dossier Palais, ce qui a amené Decaux à entrer dans le capital. Encore une fois, Bisque, Bisque, Basque ! déplore que ce palace qui n’a pas à être géré par une Ville, n’ait pas été vendu en 2018, ce qui rendrait plus facile l’aménagement actuel d’Aguilera et aurait permis de remettre les finances de Biarritz d’équerre. Encore un somptueux ratage du mandat Veunac !

Il ne s’agit nullement de rejeter les propositions faites pour pérenniser le BO mais de demander à nos élus de réfléchir avant de prendre position. À eux de faire des propositions et de nous montrer qu’ils ont l’étoffe d’un ou d’une future maire. En ce sens, l’attitude d’un Guillaume Barucq laisse un peu rêveur : découvrir le projet à 10 heures le matin et faire un tweet enthousiaste à 14 heures ne me semble pas très politique, même si j’ai énormément de sympathie pour l’intéressé.  Prenez un peu de temps, Messieurs et Mesdames les élu(e)s, et donnez-nous des réponses précises, techniques et réfléchies.

3.- Des fatwas inacceptables. Reste enfin une stratégie très délibérée de Jean-Baptiste Aldigé qui complique singulièrement la donne. Au lieu d’accepter que la presse et le club local cohabitent même si l’esprit critique est parfois de rigueur, le président entretient une tension délibérée avec certains médias qui nuit complètement à une approche sereine du dossier. La composition d’une tribune de presse n’a jamais regardé le directeur d’un club et Aldigé n’avait strictement aucune raison d’expulser les journalistes de Sud Ouest en début de saison. Interdire l’accès aux médias sous prétexte de « réunion privée » est tout aussi surprenant. Dimanche dernier, lors de la défaite du BO face à Vannes une nouvelle étape a semble-t-il été franchie avec une distribution de casquettes demandant aux journalistes de redevenir honnêtes.  Une attitude que Bisque, Bisque, Basque ! condamne sans la moindre hésitation. Tous les politiques ne sont pas pourris, tous les journalistes malhonnêtes et tous les présidents de clubs allumés. Au diable donc, tous ces raccourcis à la Trump qui ne font que compliquer la donne !

Une partie de haute volée entre Aldigé et Veunac

On l’aura compris : Bisque, Bisque, Basque ! éprouve plutôt de la sympathie pour le dernier président du BO, pour son authentique passion pour le rugby, sa volonté de moderniser le spectacle proposé et de bousculer les codes. Un homme capable, il y a un peu plus d’un mois, de débouler dans le bureau du maire et, au bout de trente secondes de discussion de hurler sur lui, ne peut qu’être sympathique. Mais limiter Jean-Baptiste Aldigé à un président un peu trop cash dans ses relations serait faire une erreur tactique grossière.

L’homme est probablement un stratège remarquable et s’il bouscule ainsi les habitudes biarrotes, c’est avec une idée derrière la tête. Il sait que le temps lui est compté et que la famille Gave ne patientera pas éternellement. Le poste qu’il occupe lui plaît mais le temps de décision des politiques, où il est toujours urgent d’attendre, n’est pas le sien. Alors, comme Tapie en son temps lorsqu’il dirigeait l’Olympique de Marseille, il peut tour à tour se montrer d’une exquise urbanité ou d’une grossièreté achevée. Les attaques en piqué contre Jean-René Etchegaray ou Nathalie Motsch sont ainsi très calculées. Elles n’ont d’autre but que de terroriser les élus peureux qui se disent que c’est eux qui pourraient être ainsi montrés du doigt et de souder les Biarrots, toujours prêts à détester l’ennemi héréditaire bayonnais, autour de ce projet qui va incontestablement dans la bonne direction mais qui n’est peut-être pas la première priorité de la Ville.

Et n’oubliez surtout pas que Veunac et Brisson, alors que la bataille faisait rage entre les clans Ledoux-Gufflet et Les Gave père et fils, soutenus par les « historiques » Blanco et Brusque, n’ont pas hésité à prendre parti en pleine bataille de cour d’école en demandant aux premiers de partir. Du jamais vu ! Sauf que Veunac est aussi vice-président de l’Agglo et que l’aménagement de la Côte basque doit désormais être fait en concertation.  Veunac doit donc manœuvrer avec deux pistolets braqués sur la tempe, l’un par la famille Gave qui souhaite qu’il tienne ses promesses et l’autre par Jean-René Etchegaray qui souhaite que Veunac se montre solidaire avec l’Agglo.

Comme Veunac est un pragmatique prêt à tout pour sa survie politique, il a entrevu le bénéfice qu’il pouvait tirer de la situation en constatant que des élus de tous bords (Arosteguy, Tardits…) semblaient favorables au projet. Résumé de ses discussions avec son entourage proche : Si le G7 se passe bien, j’annoncerai ma candidature pour 2020 dans la semaine qui suit avec une liste recentrée et composée de gens expérimentés (NDLR : probablement Domège, Puyau, Darrigade et Saint-Cricq). En attendant, après le fiasco du Palais, Veunac a décidé de réunir les élus en commission générale le 28 pour guetter leurs réactions. Et d’envisager dans la foulée d’organiser un referendum pour se faire adouber par la population. Quitte à expliquer ensuite que c’est le méchant Etchegaray, flanqué de la méchante Motsch, qui empêchent les Biarrots de mener à bien ce projet.

Seul hic à ce beau scénario destiné à permettre à Veunac d’être réélu en 2020, les services techniques dirigés par Christophe Landrain jugent difficilement réalisable cet aménagement, tandis que certains élus se demandent s’ils ne sont pas allés un peu vite en besogne.

Cris et engueulades lors de la réunion de majorité

Une fois de plus la réunion de majorité qui s’est tenue lundi 18 mars a tourné à la bataille rangée. Signe d’une déliquescence absolue, ils n’étaient plus que 13 élus à être présents à ce qui ressemble de plus en plus à une mascarade permanente. Et comme la vie municipale ne cesse de se bonifier, cette fois ce sont Veunac et Lafite qui se sont empaillés gravement, Veunac affirmant que cet aménagement était « juridiquement impossible » tandis que « Lafaillite-nous-voilà ! », le roi des montages acrobatiques qui ruinent les Biarrots, levait les yeux au ciel en ayant l’air de penser qu’il fallait être vieux et dépassé comme Veunac pour ne pas foncer. Notre si sympathique énarque ne serait-il pas en train de se dire qu’un petit cavalier seul en 2020 au cas où le G7 se passerait mal et où Veunac ne tenterait pas sa chance, mérite d’être essayé ?

Autre grosse prise de bec du duo infernal, toujours le même soir, à propos de « GL events » qui devrait gérer la nouvelle salle de spectacle attenante à la tribune Blanco. Veunac redoute que cette société vampirise « Biarritz Tourisme » tandis que Lafite est là aussi favorable à l’arrivée de l’entreprise. Même malaise du côté des troupes, Anne Pinatel se montrant très emballée par le projet, tandis que Brigitte Pradier et la supportrice de cœur du BO Jeannine Blanco l’estiment totalement irréaliste.

Comme les lecteurs pourront le constater, le calme, la paix et l’harmonie la plus absolue règnent donc sur Biarritz, où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil et où personne ne pense à 2020.

Une raison supplémentaire pour aborder avec beaucoup de soin et de minutie ce dossier d’aménagement du plateau d’Aguilera tandis qu’un calendrier difficile attend le BO dans les prochaines semaines. C’est peu probable et personne ne le souhaite, mais vous imaginez la saison prochaine l’ambiance si se tenait un derby BO-Anglet à Aguilera ?

 

Un aveu qui plombe encore plus Veunac et Lafite

Les révélations continuent : c’est plus de deux millions d’euros que Michel Veunac a avancés avant même que le conseil municipal n’entérine le dossier Hôtel du Palais.

L’article de Mediabask où Veunac annonce que l’addition est encore plus salée que prévue.

Ce n’est pas le média le plus tapageur de la Côte basque, mais il fait un sacré bon travail sur le dossier de L’Hôtel du Palais. L’article de Goizeder Taberna paru dans Mediabask le 13 novembre dernier est passé un peu inaperçu des Biarrots, ce qui est fort dommage. Il contient en effet son lot de révélations savoureuses. De lin blanc vêtu, notre Mimi-la-Malice municipal nous annonce que les avances consenties aux fournisseurs, avant même que les travaux ne soient votés par le conseil municipal ne s’élèvent pas à 656 000 euros, comme tout un chacun le croyait, mais au total à près de deux millions d’euros.

Cette nouvelle somme de 1,2 million d’euros, jusque-là jamais évoquée, serait destinée à payer le bois des huisseries du palace.

 

Et comme Michel Veunac est un grand spécialiste de l’enfumage, il nous sort une version qui relève du conte de fées pour citoyens trop crédules. « Les administrateurs de la Socomix étaient parfaitement au courant ». La réalité est toute autre. En dehors des zélateurs forcenés du maire, qui répéteront à l’envi qu’on leur a tout dit, les autres membres du conseil d’administration, comme Virginie Lannevère, François Amigorena ou Anne Pinatel, déplorent l’opacité dans laquelle on les a maintenus.

C’est par hasard qu’ils ont découvert pendant l’été que les commerciaux de L’Hôtel du Palais avaient ordre depuis janvier 2018 de cesser la commercialisation du palace à partir du 18 octobre. Et ils s’étonnent que ces factures qui ont été payées rubis sur l’ongle n’aient jamais été présentées aux administrateurs. Virginie Lannevère estime d’ailleurs que 2,6 millions d’euros ont été engagés.

Allez, Michel, encore un effort et la mémoire va te revenir ! En attendant, le roi de la phrase creuse se contente pour sa défense d’une de ces formules à l’emporte-pièces dont il a le secret : « Depuis le début, nous travaillons avec un certain nombre de prestataires de service, de maîtres d’œuvre, qui nous aident. Il faut bien les payer. »

Il ne viendrait à l’idée de personne de reprocher au maire sa vertu. Mais se souvient-il que quand on est premier magistrat d’une Ville, on n’a pas le droit d’engager des dépenses sans les avoir faites approuver par son conseil municipal ? Tout décidément, dans ce dossier de l’Hôtel du Palais, relève au minimum de l’attentat démocratique. Voire beaucoup plus, si la Justice s’en mêle.

(Pour les retardataires : https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181109/michel-veunac-assume-les-avances-faites-pour-lhotel-du-palais )

L’ANALYSE DE BISQUE, BISQUE, BASQUE !

Une communication soigneusement réfléchie

Michel Veunac n’est pas du genre à dévoiler spontanément ses agissements. Les écuries de Bigueyrie, la villa Sion ou le confortement de la Côte des Basques ont démontré qu’il ne reconnaissait les faits que contraint et forcé. Cette interview donnée à Mediabask où il augmente spontanément l’addition des sommes versées avant le vote des élus est donc en apparence très surprenante.

En apparence, seulement.

En effet, un secret de polichinelle agite actuellement la communauté politique de la Côte basque. Les méthodes du duo Veunac-Lafite dans ce dossier dépassent largement le cadre du tribunal administratif et pourraient finir au pénal.

Jacques-André Schneck sur sa page Facebook écrit : « On peut sérieusement se demander aujourd’hui si Michel Veunac et Guy Lafite ne sont pas susceptibles d’être poursuivis pour détournement de fonds publics ou pour abus de biens sociaux ou les deux. »

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck/posts/10213636490412819

Colette Capdevielle s’interroge pour sa part. Les faits ne relèvent-ils pas « d’une plainte avec constitution de partie civile devant le Doyen des juges d’instruction du TGI de Bayonne ? »

Interrogé par le préfet et la Chambre Régionale des Comptes, Michel Veunac doit avoir conscience qu’il est allé trop loin et qu’il joue gros. Alors, en bon animal politique, il en avoue un peu plus pour pouvoir dire s’il se retrouve un jour à la barre du tribunal : « Mais je n’ai jamais rien caché et je peux vous en donner la preuve avec cette interview à Mediabask »  Et l’élu ne manquera pas alors de sortir le couplet sur la difficulté de sa tâche et sur le fait, lui le pauvre sociologue, qu’il ne savait pas qu’il devait d’abord faire approuver cette décision par ces élus ou par les membres du conseil d’administration de la Socomix.

Une défense astucieuse mais qui pourrait mettre à mal son brillant adjoint aux Finances, toujours prêt à faire mousser sa carrière. Si celui-ci se retrouvait à la barre en compagnie de son « ami » Michel Veunac, « La Faillite nous voilà », comme le surnomment les Biarrots, aurait du mal à plaider l’incompétence en tant qu’ancien secrétaire-général adjoint des mairies de Marseille et Paris et à expliquer pourquoi les procédures normales de passation des marchés, où on informe les élus avant de prendre une décision et de signer des chèques, n’ont pas été respectées.

Lundi dernier, lors de la réunion de majorité, les élus ont été surpris par l’inhabituelle nervosité de Guy Lafite qui s’est mis à hurler sur Nathalie Motsch à l’origine après François Amigorena d’une deuxième procédure contre le dossier Palais, affirmant même que Michel Veunac « devait prendre ses responsabilités » et qu’il « refusait de travailler avec elle ».

Alors, Guy, on commence à envisager des lendemains qui déchantent ?

 

 

 

On dit merci qui ? Merci Michel !

Le calamiteux mandat de Veunac a au moins un mérite : faire émerger des élus à fort tempérament qui démontrent leurs qualités.

Bel exploit ! L’artiste Veunac réussit à faire salle comble le 15 octobre.

Est-ce parce qu’elle ambitionne de devenir un jour reine de la Ville que l’adjointe à l’Urbanisme Nathalie Motsch a choisi Le Regina comme cadre de sa conférence de presse, trois jours après celle de Michel Veunac ? En ce lundi matin orageux, les journalistes ne seront pas déçus du voyage, car Calamity Nathalie, comme la surnomment les (rares) fidèles de Veunac est décidée à défourailler à tout va : « Je ne serai pas complice de ce qui est le plus grand scandale jamais connu par Biarritz ». L’anodine mère de famille qui plaçait soigneusement ses pas dans ceux de Didier Borotra lors de la dernière mandature, se révèle soudain bretteuse féroce et politique redoutable. Lors du dernier conseil municipal, son éloquence avait scotché tout le monde. Face aux journalistes, Nathalie Motsch poursuit dans la même veine : « Ce dossier du Palais devrait être à livre ouvert. Le secret des affaires ne marche pas sur un bien public. Ce n’est pas parce que ce montage a été voté en conseil municipal qu’il est vertueux », avant de défendre ardemment un autre opposant au projet : « J’ai été très choquée des attaques contre François Amigorena. Il n’y a qu’un responsable Guy Lafite (…) porteur du projet avec la simplicité et l’humilité qui le caractérisent. »  Et Calamity Nathalie, après ce commentaire au second degré sur l’énarque qu’elle ne porte guère dans son cœur, d’expédier au Premier adjoint une ultime balle entre les deux yeux. « Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes ».

Pour son premier examen devant les journalistes, Nathalie Motsch n’a pas hésité à dresser un tableau inquiétant du montage financier choisi pour Le Palais.

Cohérente avec elle-même, l’adjointe annonce qu’elle saisit à son tour le tribunal administratif de Pau, qui va ouvrir sous peu une annexe spéciale pour Biarritz, pour excès de pouvoir et défaut d’information des élus. Aidée de son conseil, Jean-Charles Vignot, Nathalie Motsch s’attaque à la délibération du 15 octobre en premier lieu et y rattache celle du 30 juillet. « Car les deux votes ont un lien évident. C’est une opération globale dans laquelle la transparence et la communication des pièces ont été tronquées.« 

https://www.sudouest.fr/2018/10/29/video-biarritz-un-nouveau-recours-dans-le-dossier-de-l-hotel-du-palais-5522161-4037.php

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181030/ladjointe-a-lurbanisme-attaque-en-justice-le-montage-de-lhotel-du-palais

Amigorena ne lâche rien

On le disait talentueux mais dilettante. Il vient de subir une incroyable condamnation à trois ans d’inéligibilité pour un carnet à souches non restitué, quand Juppé pour des emplois fictifs ne prenait qu’un an. Beaucoup à sa place se seraient désintéressés de la politique. Mais François Amigorena se révèle tous les jours à l’épreuve du feu. Quand il s’élève contre le dossier du Palais, on ne peut l’accuser d’arrières pensées politiques, contrairement à Lafite ou Veunac, puisqu’il ne participera pas à la compétition de 2020. Comme libéré de cette suspicion qui pesait sur ses actions, l’homme se montre aussi combatif que réfléchi et prend tous les jours plus d’épaisseur. Quand il annonce que les banques ne veulent plus financer la réhabilitation du Palais, les invectives à son encontre pleuvent presque autant que les démentis paniqués de Veunac. Au final, un prêt qui aura bien été modifié et des menaces de procès en diffamation de Veunac, qui le font immédiatement réagir sur Twitter et Facebook. « M. le maire, JE VOUS DEMANDE de m’assigner en diffamation au plus vite. Cela me permettra de produire devant un juge les preuves irréfutables en ma possession ». Beau tempérament de la part de l’élu. Si seulement Veunac et Lafite étaient capables de manifester la même conviction et le même sens des responsabilités

Barucq ne croit plus aux Bisounours

Le « Nous nous sommes tant aimés » de 2014 n’a guère duré longtemps. (Photo Sud Ouest)

Avec un Veunac réussissant à faire fonctionner sa majorité, le docteur Barucq aurait pu être un de ces « alibis écolos » comme on en voit dans tous les conseils municipaux. Un petit tour de vélo électrique et puis s’en va! Mais il est loin le temps où le docteur-surfeur croyait sincèrement qu’avec le dialogue on peut arriver à tout. Cherchant à réconcilier les irréconciliables, Guillaume Barucq a pu prêter à sourire parfois. Mais l’homme est intelligent et apprend vite. « Je croyais tout savoir de l’humain par mon activité de médecin, mais je me rends compte que la politique est un monde vraiment à part », sourit-il. Clair dans ses positions, ne cédant pas aux multiples pressions que lui a fait Veunac, n’hésitant pas à prendre l’initiative, Barucq ne peut que se féliciter de l’indigence du tandem Veunac-Lafite qui va lui permettre de devenir un candidat tout à fait plausible et intéressant dans la perspective de 2020.

Arosteguy a honoré son mandat

Le dessinateur de La Semaine du Pays Basque, Olivier Ruiz semble croire à un duel de dames pour 2020.

Le grand mérite du hold-up démocratique voulu par Veunac et Lafite à propos du Palais est d’avoir passé au révélateur tous les tempéraments. On épargnera aux lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! la liste des rois de la brosse à reluire qui se reconnaîtront sans peine (N’est-ce pas P.C. ou P.D. ?) D’habitude, en fin de mandat, la presse analyse le comportement de l’opposition et passe très vite sur la majorité, habituée qu’elle est à voter systématiquement comme son maire. Il n’y a qu’à Biarritz qu’on voit cinq élus de l’opposition, au mépris du mandat qui leur a été confié par les électeurs, venir au secours d’un maire au moment où sa propre majorité ne lui fait plus confiance. À l’inverse d’un Max Brisson aux déclarations sinusoïdales et souvent calquées sur la stratégie politique du moment, Maïder Arosteguy a exercé un mandat d’opposante très clair et respectueux de ses électeurs, malgré son arrivée au conseil départemental. Vigilante, elle a toujours été sans ambiguïté dans ses déclarations et ne s’en est jamais laissé conter quand les machos de service, Veunac, Lafite ou Claverie tentaient de la déstabiliser à coup de réflexions misogynes. On dit que Maïder Arosteguy et Nathalie Motsch ne s’apprécient guère, ce qui n’a rien de surprenant à l’idée d’un possible « duel de dames » en 2020. Un duel qui aurait tout de même une autre allure que l’éternel retour de ceux qui ruinent la Ville depuis tant d’années.

Tant de talents qui s’affirment !

Plus discret mais tout aussi respectable dans l’exercice de son mandat, on aimerait entendre davantage Richard Tardits qui, on le perçoit nettement, n’apprécie guère ce rôle d’opposant qui lui a échu même s’il fait le job avec application. Constructif et très clair dans ses positions, il mérite le respect des électeurs. En privé, Richard est toujours passionnant à écouter. Lui aussi, s’il se retrouvait dans la majorité en 2020 amènerait sans doute beaucoup de créativité à la Ville. Et même s’il a exclu d’être tête de liste en 2020, il en va bien évidemment de même d’Édouard Chazouillères.

Et que dire de ces fantassins qui ont montré un courage sans faille sous la mitraille ? Françoise Mimiague, Brigitte Pradier, Anne Pinatel, mais aussi Virginie Lannevère et Hervé Boissier ont prouvé qu’ils étaient de véritables élus, soucieux des Biarrots et pas décidés à accepter n’importe quelle sornette, même si elle est présentée par le premier magistrat de la Ville ou son adjoint.

Tandis que Veunac s’indigne devant les journalistes quand on affirme qu’il n’est pas compétent, il ne reste plus aux électeurs qu’à essayer de se consoler en imaginant un avenir meilleur, même si la situation financière de la Ville ne va guère être facile en 2020. Ce mandat est un désastre absolu, beaucoup de Biarrots l’ont compris, mais au moins il aura eu le mérite de nous faire découvrir de nouveaux talents, sans doute à même de gérer la Ville avec plus d’écoute et de respect de la démocratie dans un avenir proche. Alors pour conclure sur les tristes pantalonnades que nous vivons à Biarritz, comment ne pas être tenté en pensant à Veunac, à la façon obscène avec laquelle il a conduit le dossier du Palais, de reprendre le gimmick d’un site coquin et très fréquenté. « On dit merci qui ? »

Dans un tout autre style, ne ratez pas l’explication très technique mais passionnante de Jacques-André Schneck sur la juridiction des sociétés d’économie mixte. Comme l’écrit l’ancien spécialiste des travaux publics, « À tous les administrateurs de la Socomix : Désolé, mais on en a envoyé en prison pour bien moins que cela !« 

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck

 

Palais : l’indécent calendrier

Biarrots, vous assistez en direct à un tour de passe-passe extraordinaire !

Depuis le 30 juillet Michel Veunac tremble en compagnie de sa garde rapprochée, car sans l’appui inespéré de certains membres de l’opposition, il aurait été mis en minorité lors du dernier conseil municipal. Depuis cette date, devant son boulier chinois, le maire de Biarritz fait et refait ses additions, pas du tout rassuré. Pour tenter d’inverser la tendance, il alterne donc menaces et promesses à l’encontre de ses élus. Avant de se lancer depuis le 10 septembre dernier dans une offensive médiatique tous azimuts. L’ennui, c’est qu’en parlant, on en dit parfois un peu trop et on se contredit. Panorama d’un joli catalogue de bourdes et d’approximations proférées en septembre..

La fausse gaffe de Lafite

C’est notre brillant énarque qui lance l’offensive, le 10 septembre dernier dans Sud Ouest. Tout le monde scrute son interview et se persuade que l’homme qui ne se trompe jamais vient de commettre une belle boulette. En effet, alors que François Amigorena a lancé un recours devant le tribunal administratif pour défaut d’information des élus lors du conseil municipal du 30 juillet, le premier adjoint, en réponse à la question de la journaliste Véronique Fourcade, reconnait que les éléments chiffrés sur l’Hôtel du Palais seront donnés aux élus « dans quelques jours » Ce qui veut dire qu’ils ne les ont jamais eus ! Et, pas gêné pour deux sous, il en profite pour glisser un demi-mensonge sur les membres du conseil d’administration « tenus à la confidentialité ». Le grand argentier de service ne craint pas les fuites puisque les membres du conseil d’administration, eux non plus, n’ont jamais eu les chiffres et que Veunac et Lafite décident seuls dans ce dossier !

En fait, Guy Lafite ne commet pas une gaffe, mais prend un risque calculé dans cet interview. Il donne en apparence du grain à moudre à la requête d’Amigorena, en confirmant ses dires, mais le temps de la Justice étant ce qu’il est, il sait que le contrat sera signé depuis longtemps le jour où le tribunal administratif donnera tort à la Ville. En revanche, lors de la réunion de majorité, plusieurs adjoints et en particulier Guillaume Barucq et Nathalie Motsch ont refusé de voter les yeux bandés et annoncé qu’ils continueraient à voter contre le projet tant qu’ils n’auraient pas les chiffres. Le rusé Guy Lafite leur offre donc une porte de sortie honorable s’ils votent pour. Ce sera, bien évidemment, parce que les chiffres les auront convaincus. A surveiller, lors du prochain conseil consacré au Palais, aux alentours du 15 octobre, même si Motsch et Barucq ne sont pas du genre à mordre à un appât aussi grossier.

 Veunac à la grosse caisse

10 jours plus tard, c’est Michel Veunac qui a droit à une double page dans Sud Ouest où il reprend avec tout autant de mauvaise foi, les arguments de son adjoint. Car entre temps, le 14 septembre, la très modérée Virginie Lannevère, spécialiste du risque financier pour les palaces et dénuée de toute ambition politique, a dit tout le mal qu’elle pensait du calendrier forcé que veut imposer la mairie.

Comme tous les mauvais comédiens, Veunac surjoue et, en toute maladresse cette fois, il lâche quelques énormités très révélatrices de sa stratégie de passage en force.

Les travaux ? Ils commenceront « le 20 octobre », décrète Michel-imperator, alors que de son aveu même, personne en dehors de lui et de Lafite n’a les chiffres. Et que la décision appartient au conseil municipal et à lui seul ! Et puis notre bon Michel, un peu vaniteux tout de même, n’hésite pas à mettre en avant ses « relations de proximité » avec le Président Macron. Franchement, Michel, on aimerait mieux que tu sois un peu plus distant avec Macron et que tu demandes à l’État de t’aider pour le G7, comme l’ont fait toutes les autres villes, au lieu de jouer les grands seigneurs avec l’argent des Biarrots. Elle va coûter cher aux contribuables, ton hypothétique investiture LREM pour 2020 !

Reste enfin le clou du spectacle et la désinvolture avec laquelle notre premier magistrat balaie d’un revers de manche une probable perte de chiffre d’affaires pour les commerçants biarrots : « La perte de chiffre d’affaires existera peut-être ponctuellement, mais la destination aura tout à y gagner sur le long terme. »

Rassurez-vous, mauvais esprits que vous êtes, les indemnités que touchent Veunac et Lafite ne seront pas impactées par le G7, c’est bien là l’essentiel.

Un agenda délibérément tarabiscoté

Vous imaginez les nuits que passe Michel Veunac en ce moment !  Il faut faire croire à l’investisseur que tout Biarritz est unanime pour ce projet d’endettement sur 75 ans, s’assurer que la majorité marche au pas, cajoler les opposants qui sont venus l’aider, vérifier que de nouvelles défections ne sont pas en train de s’opérer et atermoyer au maximum pour que plus personne ne puisse contrer les rêves de grandeur de Mimi-Imperator : Il le veut, il l’aura son beau G7 à lui tout seul et tant pis si les entrepreneurs sollicités se gavent en sachant que la mairie est coincée par le calendrier !

D’où ce grand n’importe quoi que vient d’annoncer la mairie :

– Le 28 septembre prochain, les élus seront invités à délibérer sur le confortement des falaises ou la vente de la villa Sion. Pas un mot sur le Palais. On ne va tout de même pas faire toute une histoire pour un emprunt de 70 millions sur 75 ans « qui engage, suivant les termes de Guillaume Barucq, douze futurs maires dont certains ne sont pas encore nés ». Pourquoi tremblez-vous, Biarrots ? Veunac sera encore maire en 2093 et il aura redressé de main de maître la situation financière de la Ville.

– Le 3 octobre, les élus risquent bien de repartir comme ils sont venus : Grosjean comme devant ! Pour les amuser lors de la Commission Générale prévue (un conseil municipal à huis-clos) ils pourront poser quelques questions aux invités du jour, les consultants de PWC, d’APCH ou à maître Laloum, mais ils n’auront pas un chiffre.

– Le 5 octobre, c’est promis-juré, tous les chiffres leur seront enfin communiqués. Lors de la réunion de majorité, un conseiller municipal a demandé « pourquoi les deux dates n’étaient pas inversées », afin que les conseilleurs municipaux puissent poser des questions en ayant eu connaissance des chiffres. « C’est comme ça ! » a hurlé le grand démocrate Veunac.

– Et pour finir l’enfumage, le conseil municipal consacré au Palais va se dérouler vers le 15 octobre, une poignée de jours avant le début des travaux programmés. Et il est facile d’imaginer les coups de violon qui vont être faits aux élus. Il est trop tard… Nous sommes coincés et obligés de démarrer les travaux maintenant… Les marchés sont déjà passés et Biarritz va perdre beaucoup d’argent si vous votez contre.

Avec leurs cachotteries et leurs mensonges, Veunac et Lafite ont délibérément envoyé toute l’équipe municipale dans le mur, pour imposer leur calendrier. Bisque, Bisque, Basque ! espère que lors de ce prochain conseil les votes auront lieu à main levée pour que les Biarrots sachent qui couvre les folies du maire et qui fait preuve de lucidité.

Quant à la démocratie dans tout cela, n’en parlons même pas. Bisque, Bisque, Basque !  qui continue à avoir de solides informateurs dans la place se fera donc un plaisir de vous raconter les coulisses des prochains jours, la Commission Générale et de rappeler quelques vérités bonnes à entendre sur le Palais juste avant le conseil décisif.

Parce que, comme pour la plage de Marbella, c’est maintenant qu’il faut combattre les folies municipales et arrêter ces décisions qui ne servent que les intérêts de quelques-uns.

Il rame, il rame, notre ami Saint-Cricq…

La Semaine du Pays basque vient de réussir un fort joli coup journalistique en faisant parler l’homme que tout le monde rêvait d’entendre depuis sa surprenante prise de position du 30 juillet dernier. Après les articles de Sud Ouest, après la conférence de presse de Brisson expliquant qu’il approuve les décisions de Veunac, l’offensive des « Alliés du Palais » se poursuit. Malheureusement si le Jean-Benoît Saint-Cricq glabre de 2017, souvent encensé sur ce blog, était très cohérent dans ses propos quand il annonçait que signer un bail emphytéotique c’était « prendre le risque de tout perdre », la version barbue 2018 Saint-Cricq 2.0 qui semble avoir laissé ses convictions à côté de son rasoir, peine à convaincre, rame et semble plus apte à disputer une régate de traînières qu’à faire basculer l’opinion.

C’est avec suavité que l’avocat biarrot qui nous a épaté pendant des années pour sa pugnacité d’opposant évoque son passé et l’époque où il souhaitait la vente des murs et du fonds de L’Hôtel du Palais : « Effectivement, je suis par philosophie un tenant de l’exploitation privée et des affaires commerciales et j’ai pu, courant 2016 et 2017, m’émouvoir de ce qui était envisagé » Que c’est joliment dit…

Et comme il faut donner un peu de cohérence à ce grand écart, Jean-Benoît Saint-Cricq livre au passage quelques chiffres qui laissent rêveurs. Pour financer les vacances des plus riches au Palais, les Biarrots ont contribué à hauteur de… 3 millions d’euros par an ! Et le même nous explique ensuite qu’en empruntant 70 millions d’euros pour faire des travaux, nous allons à l’avenir nous enrichir. Comprenne qui pourra !

Bon camarade, Jean-Benoît explique ensuite pourquoi le maire a failli être mis en minorité.

Ceux qui se sont opposés à ce merveilleux projet d’endettement pour 75 ans n’ont pas voulu faire de peine à Veunac mais ils ont juste « eu du mal à cerner des notions qu’ils ne maîtrisaient visiblement pas » car ils ne sont pas comme lui « un avocat spécialiste en droit immobilier rompu au droit des affaires »

Virginie Lannevère, Anne Pinatel, Nathalie Motsch, Guillaume Barucq et tous ceux qui ont voté contre apprécieront de voir leur compétence remise en cause par un ancien opposant qui trouve soudain tous les charmes à la majorité. De l’art de se faire des amis !