Rupture de jeunes

Grâce à d’étranges retournements de veste dans l’opposition, l’avenir de Biarritz vient d’être assombri pour… 75 ans ! Heureusement la jeune garde politique a montré plus de dignité que les anciens.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après tout, on ne voit pas pourquoi le Jean-Benoît Saint-Cricq barbu qui s’est présenté au conseil municipal le 30 juillet 2018, une date parfaite pour planquer une forfaiture absolue sous le tapis, aurait quoi que ce soit à voir avec le Saint-Cricq Jean-Benoît, glabre et combatif qui le 14 juillet 2017 estimait dans ce blog que « la vente des murs et du fonds de L’Hôtel du Palais semble la plus raisonnable » plutôt que « d’emprunter de 50 à 70 millions (Via la Socomix) faire les travaux et risquer de tout perdre dans un dépôt de bilan ». Et pour que le changement de look et de rôle soit bien clair, le brillant avocat est devenu une sorte de maître de cérémonie lors de cet étrange conseil, encensant l’idée de donner l’Hôtel du Palais à la Socomix via un bail emphytéotique de 75 ans, défendant bec et ongles Michel Veunac et tartinant du vernis juridique à chaque fois que celui-ci s’est retrouvé en difficulté, c’est-à-dire à peu près tout le temps.

https://jeanyvesviollier.com/2017/07/14/hotel-du-palais-saint-cricq-a-les-idees-claires/

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et pour une fois, l’adepte du « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », Guillaume Barucq sort la panoplie de guerrier pour dénoncer cette décision scandaleuse qui plombe durablement l’avenir des Biarrots pour « une durée astronomique qui engagera les douze maires à venir dont certains ne sont pas encore nés ». Et l’élu, très brillant lundi soir, de rappeler que L’Hôtel du Palais acheté pour 120 millions de Francs en 1955 vaut, si l’on actualise la somme, 261 millions d’euros et qu’on ne peut continuer de mener « une vie à crédit » pour L’Hôtel du Palais alors que le réseau d’assainissement, vétuste et dépassé et source de pollution régulière de l’océan aura « un siècle en 2022 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. L’adjointe à l’urbanisme Nathalie Motsch enfonce le clou au terme d’une charge dévastatrice et édifiante. La Ville s’apprête à louer « une pépite de 16776 mètres carrés, vue mer imprenable et on lâche le tout pour la somme ridicule de 920 000 euros annuels ». Tandis que la Socomix, qui ne possède rien, se lance dans un emprunt de 64 millions d’euros (qui finiront à cent millions, on prend les paris !) pour mettre aux normes le palace. Poursuivant sa démonstration, l’adjointe calcule qu’on loue ce bien exceptionnel « au prix de 4,57 le mètre carré mensuel » alors que le moindre logement, forcément plus ordinaire, dans ce quartier se loue 80 euros le mètre carré. Avant de s’interroger : « Où est l’intérêt de la Ville financièrement ? Je cherche mais ne trouve pas » Et de conclure, tandis que Veunac se tortille sur sa chaise : « Je ne verserai pas dans un Bigueyrie 2 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après l’acte d’allégeance de Saint-Cricq, Frédéric Domège et Alain Puyau se sentent obligés à leur tour d’encenser ce projet de fou furieux, justifiant toutes les rumeurs qui annoncent qu’un accord électoral a déjà été trouvé pour 2020 et que Veunac, Saint-Cricq et Brisson feraient aventure commune.

Heureusement pour les Biarrots, certains opposants comme François Amigorena, Maïder Arosteguy et Richard Tardits démontrent l’inanité de cette décision. Des élus de la majorité, refusant de se comporter en godillots, se joignent à eux et redonnent eux aussi leurs lettres de noblesse à la politique. Virginie Lannevère, Anne Pinatel, Hervé Boissier font preuve de beaucoup de courage en expliquant qu’il n’est pas possible de voter une décision aussi lourde sans disposer du moindre chiffre précis et soulignent que la décision de démarrer les travaux le 18 octobre, G7 oblige, va faire de nous les proies idéales des entrepreneurs qui vont nous faire payer au prix fort notre précipitation.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et c’est pour cette raison que Bisque, Bisque, Basque ! qui avait prévu de garder les doigts de pied en éventail quelques mois, s’offre cette rupture de jeûne médiatique. Michel Veunac étant à l’évidence le plus grand accident industriel jamais vécu par Biarritz, le passionné de vie publique doit à un moment ne plus se soucier de sa santé personnelle et se décider au combat. D’autant plus que ce n’est pas dans Sud Ouest que vous trouverez le récit des coulisses de ce conseil municipal surréaliste qui a vu finalement la victoire par 18 voix contre 17 du projet Veunac. À 20h15, ce lundi, peu avant le vote à bulletins secrets, un des conseillers politiques de Veunac, qui adore se parer des atours de La Marquise, avait fait le compte des voix et l’annonçait perdant. Mais quand il y va de sa survie politique, Veunac fait le job. Coups de fils d’intimidation tout l’après-midi, poursuite jusque dans les toilettes des récalcitrants, admonestation de tous. C’est ainsi que Sylvie Claracq, totalement rétive à cet engagement pour 75 ans, aurait été malmenée par Veunac au point de modifier son vote au dernier moment, selon des sources de la majorité qui affirme qu’elle en aurait pleuré.

Autre anecdote édifiante au sujet de Frédéric Domège, qui appelle, peu avant le conseil pour dire qu’il sera en retard car il n’a pas fini avec ses patients. « Hors de question, lui rétorque Veunac. Tes patients on s’en fout ! » Deux heures plus tard, Domège lève la main en plein conseil pour demander à intervenir « car des patients l’attendent » Et notre bon Mimi, tout miel, de décréter : « Ah oui, les malades, c’est important »

Voilà à quel degré zéro de la vie municipale on en est et pourquoi Bisque Bisque Basque ! va modérément reprendre un peu de service.

Enfin, il y a les imbéciles qui ne changeront jamais d’avis, et l’on passera sous silence les pitoyables et courtisanesques interventions des Destizon, Poueyts ou Louis Vial qui depuis qu’il a obtenu son titre d’adjoint ne mord plus la main qui l’a nourri. A la sortie du conseil, alors qu’une spectatrice prenait à parti un Jean-Benoît Saint-Cricq un peu gêné aux entournures, Jacques Pons de Radio France photographiait ce moment de complicité entre les deux conspirateurs de la soirée. Michel Veunac, qui rêve pour 2020 d’avoir l’investiture La République en Marche est bien décidé à cajoler Macron dans le sens du poil lors du G7 et se moque éperdument de savoir s’il va ruiner les Biarrots avec cette décision. Mais cette victoire du maire pourrait bien être une victoire à la Pyrrhus.

D’abord le courage et la fermeté de tous ceux qui au sein de la majorité se sont opposés à sa décision ont obligé tous les protagonistes du pacte électoral qui se dessine à sortir du bois beaucoup plus tôt que prévu. Ensuite, on a assisté à une rupture entre les pratiques de la vieille politique politicienne où l’on habille de grands mots les petits intérêts personnels et les stratégies pour se maintenir à son poste, et une relève responsable qui croit aux idées, a envie de faire de la politique autrement et se soucie des intérêts des Biarrots.

Auréolé par le prestige du G7, un ticket Veunac, Saint-Cricq, Brisson sera difficile à battre en 2020, si les copains du jour sont encore les coquins de demain, mais la rupture de jeunes, cette ligne de fracture très nette entre les sexagénaires et les quadragénaires, laisse quelques espoirs.

Si les jeunes talents de demain, dont Biarritz a bien besoin, les Amigorena, Chazouillères, Barucq, Motsch, Pinatel, Lannevère, mais aussi Darrigade, Tardits ou Arosteguy, sont capables de laisser leurs egos de côté, d’oublier leurs désirs d’être têtes de liste pour s’unir dans un projet commun de salut public face au pire maire jamais connu à Biarritz, alors oui un espoir est possible.

Lundi soir, tous les protagonistes étaient d’accord pour estimer que ce conseil municipal était le plus important de la mandature.

Avec sa décision qui obère l’avenir de Biarritz, Veunac a commis un authentique crime contre la communauté. Passez-vous en boucle ce conseil, écoutez, notez et décidez-vous à effectuer un grand coup de balai de tous ces politiciens opportunistes qui n’ont plus leur place qu’à la maison de retraite.

II.- Veunac stationne et papillonne

Un plan « aberrant » pour calmer la fronde contre le stationnement, va encore coûter 45 000 euros supplémentaires aux Biarrots. Merci qui ? Merci Mimi !

45 000 € d’argent public dépensés pour la tranquillité de Veunac, c’est vraiment cadeau…

À les voir épaule contre épaule, dans ce bout de salle malcommode au possible, comment ne pas penser à la montée du Puy-de-Dôme, le 12 juillet 1964, quand Anquetil, victime d’une défaillance et Poulidor qui ne s’en aperçoit pas, se disputent avec acharnement le maillot jaune. Le grand public, qui s’est toujours cru obligé de choisir, ignore que les deux cyclistes étaient très copains et s’amusaient de cette rivalité, montée de toutes pièces par les médias. Entre Chazouillères et Amigorena, il est bien trop tôt pour savoir qui sera l’éternel second, ou si l’un deux récoltera les honneurs, mais comment ne pas saluer l’intelligence politique manifestée jeudi soir par les deux chefs d’entreprise qui ont bien compris que l’urgence était de sauver Biarritz du désastre et qu’il sera toujours temps ensuite d’en découdre dans une joute électorale.

Enfin une bonne nouvelle pour les Biarrots.

Alors que l’on sait depuis longtemps qui dans les rangs de l’opposition a l’étoffe pour devenir maire et mettre fin au pire mandat de l’histoire de Biarritz, quelle bonne nouvelle que de constater que l’offre politique s’élargit, même si un humain peut totalement se transformer en bien ou en mal en occupant un nouveau poste. Une fois de plus sur la nouvelle politique de stationnement mise en place, les Biarrots ont pu mesurer le contraste entre des opposants qui réfléchissent avec perspicacité au devenir de Biarritz et des godillots majoritaires, soucieux de conserver leurs petits avantages et prêts pour cela à marcher dans le mur en suivant leur maire.

Saint-Cricq : « Vous pourrissez la vie des Biarrots !»

Trop content de faire taire les rumeurs de future alliance en 2020, colportées par Veunac et par le petit marquis de contre-vérité qui dirige La Semaine du Pays Basque, le fougueux avocat Saint-Cricq est le premier à dégainer sur le stationnement : « Vous êtes en train de pourrir la vie des Biarrots. Vous saisissez une aubaine pour améliorer les finances locales ». Tandis que Veunac s’embrouille dans des explications alambiquées, se perd dans sa politique tarifaire, tandis que Claverie montre une fois de plus qu’il ne connaît pas très bien ses dossiers, au point d’appeler Landrin au secours, Arosteguy attaque à son tour : « La concertation, je ne l’ai pas vue. Vous faites du saupoudrage. Où sont les mesures ambitieuses ? Autant essayer de travailler sur l’attractivité quand le centre-ville est désert », allusion à ce stationnement gratuit les fins de semaine d’avril… à un moment où la ville est pleine comme un œuf. Tandis que Boissier, pour qui la concertation n’est pas une simple posture politique, demande que des commissions thématiques se mettent en place avec des citoyens qui « apportent leur vision de l’usager », Domège s’étonne de la modification des zones de stationnement payant : « Où vont se mettre les gens qui habitent le quartier du parc Mazon ? Ils n’ont pas de solution alternative »

Étrange décision, en effet que de rendre payant ce quartier où il n’y a pas le moindre commerce, tandis que d’autres beaucoup plus vivants passent sous les radars. « Le quartier d’Espagne, est-ce une zone protégée par Monsieur Claverie ? » ose Saint-Cricq. Un ange, avec des drapeaux abertzale sur les ailes, passe.

Le Titanic d’Amigorena

François Amigorena, dans une intervention particulièrement ciselée, va alors poser la vraie question. Pourquoi ce ruineux contrat avec Streeteo ? Bisque, Bisque, Basque ! ne résiste pas à vous livrer la retranscription complète de son intervention : « Les anglophones ont une jolie expression pour désigner ce que vous faites avec le catalogue de demi-mesures contenues dans cette délibération. Ils appellent ça « ranger les chaises-longues sur le pont du Titanic ». En effet, si certaines des adaptations qui nous proposées ici vont plutôt et enfin dans le bon sens, la gravité de la situation appelle, non pas un rafistolage, mais une remise à plat complète de votre plan de stationnement. Ce dispositif que vous avez mis en place sans la moindre concertation, ni avec les élus de ce Conseil, ni avec les Biarrots, est en effet punitif, discriminatoire, illisible, et plombe la vie économique de Biarritz. Entendez Monsieur le Maire la voix des Biarrots, des habitants des villes voisines, de nos visiteurs habituels qui ont désormais décidé de déserter Biarritz et d’aller à la plage à Bidart ou à Guéthary, de faire leurs achats à Anglet ou d’aller au restaurant à Bayonne. »

Avec la gratuité partout à Anglet et une zone bleue près des Halles, Claude Olive se frotte effectivement les mains depuis les décisions de Veunac. Amigorena poursuit : « Dès le 12 mars dernier, je vous demandais la résiliation du contrat conclu avec Streeteo pour le contrôle du stationnement à Biarritz. Je vous réitère solennellement cette demande. Le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour faux et escroquerie contre la société Streeteo, la Ville de Paris va déposer plainte contre Streeteo pour faux, usage de faux et escroquerie, les dysfonctionnements du système mis en place à Biarritz se multiplient et provoquent l’exaspération légitime d’une immense majorité de ses usagers. Je pense pour ma part qu’une Ville doit être au service de ses habitants. Toutes nos décisions doivent viser à rendre la vie des Biarrots plus simple, plus pratique, plus agréable. Pas à les contraindre, à les harceler et à les punir. Résiliez ce contrat ruineux pour les finances de la Ville et nuisible à l’activité économique de Biarritz. Instaurez un moratoire sur ce dispositif. Lancez une large concertation avec tous les usagers concernés, les habitants, les acteurs économiques, nos visiteurs, les actifs travaillant à Biarritz. Vous serez surpris du caractère raisonnable de leurs attentes et du bon sens de leurs suggestions. En l’absence d’une telle démarche de votre part, je ne voterai pas cette délibération ».

La « gratuité perlée » de Chazouillères

Tout aussi offensif que son voisin, Édouard Chazouillères lance le débat sur l’image écornée de Biarritz et sur le coût d’une campagne publicitaire qui n’a aucun sens.

« Tout ça pour ça ! Deux mois de crispations, de pétitions, de manifestations, d’affiches sur les devantures des commerces… Et une vidéo qui tourne en boucle sur les réseaux recommandant aux touristes de ne pas revenir à Biarritz. Bref, deux mois d’image de Biarritz abîmée, écornée. Je dis « Tout ça pour ça », car ça fait deux mois, Monsieur le Maire, que nous vous avons fait la majeure partie de ces propositions d’aménagements, notamment pour ma part par mail le vendredi 2 février. »

Au lieu de louvoyer, Veunac aurait mieux fait de réfléchir et différer, selon Chazouillères : « Je regrette que vous n’ayez pas procédé à une suspension de ce système parfois injuste et souvent non compris, à un moratoire ces deux derniers mois pendant lesquels les amendes, les fameux FPS, ont frappé copieusement les automobilistes. » Pourquoi ce fameux FPS n’a pas été diminué et ramené à par exemple à 17€ maximum comme avant, ou même à moins comme d’autres villes l’ont choisi. Tant il est vrai que le contrôle ayant été renforcé, le fait d’augmenter le montant de l’amende s’apparente à une double peine injuste. » 

Après une polémique avec Claverie et Lafite sur la police municipale, l’ex-adjoint au Commerce porte l’estocade : « Un mot, enfin sur votre proposition de gratuité du stationnement de surface du jeudi au dimanche sur les trois prochaines semaines des vacances de Pâques.  Un mot et un seul :  » Aberrant «  Le stationnement sera donc gratuit pendant quatre jours tous les quatre jours. La CGT a inventé la grève perlée. Biarritz invente la gratuité perlée ! Cela va totalement à l’encontre de tout le reste de la politique choisie. Sur une période avec une très forte fréquentation, cela va contre la rotation des voitures des clients et visiteurs. Comme le disait à l’instant Eric Bonnamy pour ce qui est du stationnement « quand il y a gratuité, il y a encombrement« , cela va créer des voitures ventouses pendant les trois jours de fin de semaine, alors même qu’on aurait besoin de rotation spécifiquement sur ces trois jours, cela va profiter notamment aux touristes qui vont venir passer les week-ends prochains et pendant ce temps les Biarrots eux vont payer les lundis, mardis et mercredis. Mais au-delà de l’aberration de la mesure, « on rase gratis« , ce serait rigolo si, au-delà d’être contre-productif pour l’activité commerciale, cela ne coûtait pas très cher au budget de la ville. »

Veunac se tortille sur sa chaise, redoutant ce que va dire son ancien directeur de campagne :

Pour Lafite, une idée qui n’est pas de lui ne peut être que « stupide ».

Impitoyable, Chazouillères poursuit : « Pouvez-vous nous indiquer le coût de cette mesure ? 20.000 euros ! »

Et ce n’est pas fini !

« Cette mesure-gadget coûteuse va être accompagnée d’une campagne de pub tout aussi précipitée et tout aussi coûteuse. (Silence dans la salle) Pouvez-vous nous indiquer le coût de cette mesure ? 25.000 euros ! Bref, 45.000 euros des impôts des Biarrots dépensés, jetés par les fenêtres inutilement, juste pour essayer de faire oublier la gestion catastrophique de ce dossier. »

Et que répond Veunac à cette charge argumentée et chiffrée. « Merci, mon cher collègue » avant de passer à autre chose. C’est donc l’insupportable Lafite qui va s’efforcer de moucher les deux félons : « Quand on n’a pas d’idées, il faut bien en inventer de préférence stupides »

À croire qu’il parle pour lui et pour Veunac !

 

Les infâmes de la majorité

Si Veunac était un enfant, il y a longtemps que ses parents lui auraient retiré la boîte d’allumettes avec laquelle il joue depuis quatre ans. S’il était un animal domestique, ses maîtres n’auraient sans doute pas hésité, dans un réflexe d’humanité, à le conduire chez le vétérinaire pour mettre fin à ses souffrances. Malheureusement, il reste notre maire pour deux ans, quasiment indéboulonnable. Le souci de Bisque, Bisque, Basque ! comme de nombre de Biarrots est de savoir comment limiter le désastre, alors qu’il s’apprête à prendre des décisions qui engagent la ville pour plusieurs décennies.

Veunac, pas taillé pour le rôle et dépassé par le poste qu’il occupe, est beaucoup moins coupable qu’une partie de sa majorité, totalement lucide sur la situation, mais préférant faire passer ses intérêts personnels avant ceux des Biarrots. La chasse à la gamelle que l’on vient de vivre après la démission des deux adjoints, en est une preuve absolue.

Quand on est dans un groupe, il n’est pas simple de s’en démarquer. Amigorena et Chazouillères le prouvent.  Ils ont vite pris conscience du désastre qui s’annonçait. Mais comme beaucoup ils ont cru, pendant de longs mois, qu’ils seraient plus utiles à l’intérieur. Avant d’estimer que c’est un devoir de se révolter contre un gouvernement indigne et de retrouver du même coup dignité et liberté de parole… Et sans doute, un bien meilleur sommeil.

Nathalie Motsch, qui aurait quelques raisons d’en vouloir à Veunac, a décidé de fermer les yeux sur tout jusqu’en 2020, tout en annonçant qu’elle sera candidate contre lui. aux prochaines municipales.

Le dernier conseil municipal nous éclaire singulièrement sur cette majorité qui se délite. D’un côté, il y a d’authentiques talents comme Lannevère, Pinatel, ou Boissier. Des godillots aussi, qui marchent au pas tout en récriminant intérieurement. Et puis des courtisans, des infâmes, qui n’ont aucune illusion sur Veunac, qui se répandent en privé sur sa nullité, mais évoquent « le réflexe majoritaire » pour parer de vertu leur lâcheté. Et comme par hasard, la plupart d’entre eux ont des avantages pécuniers non négligeables à défendre.

Tout le monde n’est pas parti en Angleterre, le jour où les Allemands ont mis en pied en France. Certains de bonne foi, ont cru en Pétain le sauveur. Mais c’est une chose de se réveiller en 40, une autre en 42 et une troisième en août 44. Comble de la duplicité, comble de l’ignominie en politique, certains adjoints qui semblent prêts en public à suivre le maréchal Veunac jusqu’à Sigmaringen, préparent tranquillement une liste qui s’opposera à lui en 2020.

Un lecteur fidèle de Bisque, Bisque, Basque !, Paul Bismuth, demande à ce qu’on publie la liste de ces infâmes flagorneurs qui contribuent à envoyer Biarritz dans le mur. Aucun problème : Lafite, Motsch, Claverie, Destizon, avec un gros point d’interrogation pour Barucq qui suit aveuglément le maire tout en la jouant bon copain avec tout le monde. Ne sait-il pas faire de politique, ou, au contraire, en fait-il trop bien ?

I.- Entre Groland et la Corée du Nord

Édifiant sur la gouvernance Veunac, le dernier conseil municipal, avec une opposition pugnace et la parole libérée des « dissidents » Amigorena et Chazouillères, mérite vraiment d’être écouté…

Virginie Lannevère n’a pas l’habitude de parler pour ne rien dire. Elle l’a démontré, jeudi dernier.

L’ambiance est si chaude en ce soir de conseil, que pour un peu on se croirait au stade Aguilera, un jour de derby entre le Biarritz Olympique et l’Aviron. Avec une grosse surprise d’entrée dans la composition des équipes. Le nouvel adjoint Louis Vial est obligé de se séparer de son pote Boissier et se retrouve coincé dans le pack des gros – ça lui apprendra ! – entre Destizon et Claverie. Quant aux deux trublions Amigorena et Chazouillères, les voilà exilés à l’aile, là où sévissait l’opposition de gauche sous Borotra.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Et pour reprendre la tradition du derby, le match commence très fort avec une belle « soupe de phalanges », comme les rugbymen qualifient les bagarres, dès la 9e minute. À l’origine de cette mémorable générale, la très discrète Virginie Lannevère qui n’a guère l’habitude de parler pour ne rien dire. Outrée par l’éviction probable de la Socomix des deux adjoints dissidents, Madame Lannevère rappelle qu’elle a passé « neuf années de sa vie à analyser le risque d’un investissement hôtelier » et estime qu’on ne peut « limiter ce débat à une vision binaire et uniquement politique. L’efficacité voudrait qu’on laisse ces deux administrateurs en place. ».  Naïve Virginie, qui s’imagine que l’intérêt des Biarrots doit passer avant l’ego du maire ! La conseillère municipale de la majorité s’interroge aussi sur « des prises de décision questionnables ». Affirmant très calmement que « ce serait une erreur d’interpréter ma parole de façon politique », Madame Lannevère rappelle qu’il était « déraisonnable de rejeter Four Seasons en hystérisant son risque ». N’ayant visiblement pas compris que l’omniscient Veunac a toujours raison et que les études de sociologie mènent à tout à condition d’en sortir, cette impertinente va même jusqu’à demander « un débat en interne » sur L’Hôtel du Palais. Michel Veunac promet et Madame Lannevère persifle : « Il faut donc demander en public pour que ça passe ? »

Ballon sous le bras, Laurent Ortiz fonce ensuite dans le tas pour défendre les deux réprouvés, « On a besoin de toutes les compétences » avant de faire une passe plein champ à Anne Pinatel qui parachève le travail : « Notre casquette d’élus nous a gênés dans notre mandat d’administrateur, L’entreprise Hôtel du Palais n’a que faire de nos règlements de comptes politiques ».

Ce n’est visiblement pas l’avis de Veunac qui fait donner sa garde rapprochée et met le feu au terrain après avoir rappelé les brillants résultats financiers du palace, cette saison. (Une affirmation que l’opposition se fera un plaisir de contrer en rappelant que la redevance reversée aux Biarrots est le dixième de ce qu’elle devrait être). Manque de sens politique ou duplicité extrême, Barucq fait du Barucq, genre bon copain un peu fayoteur : « François, Édouard, vous avez décidé de vous mettre en marge en ne votant pas le budget » avant de reconnaître qu’au vu des décisions importantes à prendre, cette éviction tombe mal car « le timing est mauvais ». Comprenne qui pourra.

Hystérique, Nathalie Motsch, qui a sans doute beaucoup à se faire pardonner, prend le relais : « Quand on est dans une équipe, on y reste et on fait le job. Mon cher Édouard, vous êtes un adjoint qui parle beaucoup mais qui ne fait pas ». Gloussements dans la salle. C’est pourtant elle que les services surnomment « L’éolienne », et non le « cher Édouard ».

L’échappée belle d’Amigorena et Chazouillères

BIarritz vient de découvrir deux voix libérées de plus. Chazouillères et Amigorena se sont montrés très lucides sur le système Veunac.

Heureusement après cette furieuse mêlée, et comme souvent au rugby, le vieil adage « Balle à l’aile, la vie est belle ! » va être vérifié avec les paroles totalement libérées de Chazouillères et Amigorena. Écoutez bien les Biarrots, vous allez en apprendre de belles sur la gouvernance de Kim Jong Veunac (33e minute).

Toujours calme et pondéré, Chazouillères fait mouche : « La décision de nous évincer est une décision qui m’apparaît injuste, quand on considère notre implication et notre assiduité aux conseils d’administration du Palais depuis quatre ans, implication et assiduité qui ne sont, semble-t-il, pas partagées par tous les élus de cette assemblée si l’on en croit les comptes-rendus d’autres conseils, conseils d’agglomération par exemple. Mais surtout c’est une décision qui me semble hors sujet, absurde. »

Tandis que Nathalie Motsch s’étrangle (Pas de chance pour elle, les Biarrots ont tous vu la « débordée » Nathalie soignant son bronzage du côté de la Chambre d’amour peu avant le conseil !), Édouard Chazouillères, qui a décidément de bonnes lectures, poursuit : « Vous considérez, constituez et manœuvrez le conseil d’administration de l’entreprise de l’Hôtel du palais comme vous considérez, constituez et manœuvrez votre majorité au conseil municipal. C’est à dire : « Je ne veux voir aucune tête qui dépasse, aucune contestation, aucune idée qui vienne contredire mon idée ». À ce titre, je vous rappellerai cette phrase que j’ai déjà exprimée ici lors d’un autre débat, cette phrase de votre très cher François Bayrou mais que vous avez tant de mal à vous appliquer : « Quand on commence à penser tous la même chose, c’est que l’on ne pense plus rien ! ».

Après avoir accusé Veunac d’être dans une stratégie électorale pour 2020 (Comme si c’était possible !) Chazouillères franchit la ligne d’avantage et détaille la partie de poker à 50 millions d’euros conduite par Veunac : « Puisque la fin justifie les moyens, on ferme les yeux sur le déclassement en cours de l’hôtel, on qualifie l’offre de Hyatt avec une méthodologie et des critères de choix avec lesquels l’enseigne Four Seasons que vous avez rejetée aurait été qualifié haut la main, on prend des engagements avec l’enseigne Hyatt, avec les entreprises de travaux voire avec des banques choisies. Bref on fait de la cavalerie… qui est interdite dans le monde économique, mais heureusement qui n’est pas interdite dans le monde politique… »

Ce n’est pas grave, une fois de plus à Groland-Biarritz, ce sont les contribuables qui paieront.

« Il faut vendre Le Palais ! »

Même rage contenue chez François Amigorena : « Cette délibération est tristement emblématique de votre manière habituelle de faire. Où est la vision pour Biarritz ? Où est le souci de l’intérêt général ? Où est l’impératif d’efficacité que nous devons aux salariés de l’Hôtel du Palais et aux Biarrots ? Où est la compréhension de ce qu’est la vie d’une entreprise ? Car l’Hôtel du Palais est une entreprise et devrait être gérée comme telle. » Membre du conseil d’administration de la Socomix, François Amigorena, tout comme Edouard Chazouillères a pu admirer de près la « méthode » Veunac et pense qu’il faut vendre le palace pour s’éviter d’ultérieurs déboires. « La Ville de Biarritz est véritablement le pire actionnaire que cet hôtel puisse avoir. Il est grand temps de briser les tabous d’un autre temps et de mettre en débat la solution que vous avez toujours refusée de considérer, de la manière la plus arbitraire qui soit : la vente de cet hôtel. » Soudain, la salle se tait.

« Pourquoi vendre cet hôtel ? Au moins pour trois raisons. Tout d’abord, parce qu’héberger des clients fortunés pour leurs vacances n’est absolument pas une mission de service public. Cet hôtel est structurellement déficitaire depuis des dizaines d’années et l’argent des contribuables biarrots serait bien mieux employé ailleurs. Ensuite, parce que le produit de cette vente donnerait à Biarritz la possibilité de se désendetter massivement et de se doter d’une capacité d’investissement qui nous permettrait de transformer et d’embellir cette ville au bénéfice de tous ses habitants, sans aucun recours à l’impôt. Enfin parce que, contrairement à certaines craintes – légitimes – parfois exprimées, des solutions juridiques existent pour garantir que, même vendu, cet hôtel reste un hôtel et un vecteur majeur de l’attractivité touristique de Biarritz. Voilà le véritable débat mes chers collègues, celui que nous devrions avoir tous ensemble, plutôt que d’avoir à nous prononcer sur cette délibération mesquine à laquelle bien sûr je ne participerai pas. »

« J’ai honte de ce que je viens de voir »

Et l’opposition ? Imaginez un match de rugby où une équipe privée de ballon voit son adversaire s’étriper sur le pré et multiplier les bagarres générales entre joueurs portant le même maillot. L’ex trois-quarts centre puciste, Frédéric Domège, est le premier à exploser après presque une heure de jeu. Déjà cité comme exemple par la majorité, car il veille soigneusement aux intérêts de la Ville au sein du conseil d’administration de la Socomix même s’il est membre de l’opposition, Domège remet le ballon au centre du terrain : « Les Biarrots n’en ont rien à faire de vos histoires de majorité ». Maïder Arosteguy est tout aussi remontée : « Si mon collègue ne m’avait pas retenue, je partais. J’ai honte de ce que je viens de voir ». Heureusement l’opposition aura longuement l’occasion de s’exprimer, une heure plus tard, sur la nouvelle politique de stationnement et la pitoyable politique du maire.

Le Palais est sauvé, Destizon est arrivé….

En attendant Veunac, qui a sans doute fait sienne la devise de Chirac, « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre », ne daigne même pas répondre aux salves qui fusent de toutes parts et conclut, impavide, les interventions musclées de ceux qui le combattent par un « Merci, cher collègue » avant de passer la parole à un de ses coupeurs de citrons de la majorité, que ce soit Lafite, Claverie ou Destizon.

Dans ces conditions, la nouvelle attribution des postes est presque une formalité, puisque, entre godillots et flagorneurs, la majorité municipale conserve encore une toute petite avance. En avant donc pour Vial et Mimiague au Siazim, Pour Lafite et la surmenée Motsch à l’EPIC tourisme, pour Bonnamy à Biarritz Océan, pour la transparente Ricord au Palais. Et puis comme dans le Destizon tout est bon, il fera lui aussi un très bon administrateur du Palais.

Plus mal élu de tous, il poussera le ridicule jusqu’à remercier ses « chers collègues ».  Arrête, Patrick, tu vas te faire un tour de reins à force de te prosterner !

À suivre : II.- Veunac stationne et papillonne

Et si tout cela finissait au tribunal ?

Face aux irrégularités répétées du maire, les élus de la majorité ne semblent pas tous réaliser qu’ils pourraient avoir à rendre des comptes très prochainement.

Le tribunal administratif ? Le tribunal correctionnel ? Les deux ? Le passage entre les gouttes ? Pronostiqueurs, faites vos paris sur l’avenir judiciaire de Veunac et sa clique…

Stupeur, rires et incrédulité : « Ton maire n’a pas fait cela tout de même ? ». Depuis hier, les coups de téléphone arrivent d’un peu partout en France, tant mes anciens confrères n’arrivent pas à imaginer qu’un élu, qui par définition doit être libre de sa parole, puisse se voir imposer par le premier magistrat de la ville « une charte de confidentialité » lui interdisant de communiquer avec les médias ou les réseaux sociaux. Mais Veunac ose tout et c’est même à cela qu’on le reconnaît !

Coup de chapeau, donc, à Anne Pinatel, Brigitte Pradier et Hervé Boissier qui ont refusé de signer cette charte infâme. Quand un gouvernement devient félon et ne respecte plus les règles élémentaires de la démocratie, c’est un honneur de se révolter. Ces mêmes confrères vont certainement faire chauffer à nouveau le téléphone, quand ils vont apprendre la pitoyable excuse servie à Sud Ouest (21/3) par certains des élus signataires : « On a signé sans regarder » Un élu, c’est bien connu, ça ne sait ni lire, ni écrire, ni même réfléchir. Nous voilà rassurés.

Sud Ouest, 21 mars.

Mais ce nouveau manquement à la démocratie n’est qu’une petite anecdote folklorique par rapport à tout ce qui attend Biarritz. Le premier rapport de la Chambre Régionale des Comptés (CRC) était assassin et un deuxième sur le PPP souscrit par la Ville, qui va être rendu public dans les jours prochains, n’est guère plus aimable. En attendant un audit plus fouillé qui détaillera attentivement l’ensemble de la gestion de la Ville sous l’ère Veunac.

La gestion Veunac relève du tribunal administratif

Sud Ouest, 15 mars.

Bisque, Bisque, Basque ! partage totalement le point de vue de Jean-Benoît Saint-Cricq, qui estime dans Sud Ouest du 15 mars qu’il y a dans le rapport de la CRC, matière à poursuites « si le parquet le veut » Les magistrats, rappelons-le, avaient eu des mots très durs parlant d’irrégularités, malfaçons et dissimulations et cette désinvolture de l’équipe municipale pourrait bien se terminer devant le tribunal administratif. Une décision qui ne dépend pas que du parquet, mais qui peut aussi être provoquée par un membre de l’opposition ou un citoyen déterminé de la Ville.

Car être opposant, ce n’est pas seulement constater à chaque conseil les ratés de la majorité et les dégâts commis par le duo Veunac-Lafite. Quand une décision est inique, quand les manquements aux règles de la démocratie sont monnaie courante, il n’est pas interdit de ruer dans les brancards et de se tourner vers le tribunal administratif pour lui demander son arbitrage. Ce que Jean-Benoît Saint-Cricq et d’autres opposants avaient fait en 2009 pour contester le partenariat public-privé signé au moment de l’édification de La Cité de l’Océan. À l’évidence, les dissimulations permanentes de Veunac lors des conseils municipaux, sa façon de décider seul sans en référer à son conseil d’administration comme l’ont souligné les magistrats de la Cour des Comptes à propos de La Cité de l’Océan et comme ils auraient pu le faire pour L’hôtel du Palais relèvent du tribunal administratif. Au lieu de maugréer et de se lamenter, il suffit juste d’oser.

En correctionnelle pour prise illégale d’intérêt ?

Et finalement la grande question est de savoir si ce pitoyable mandat, le pire jamais connu par les Biarrots, se terminera pour Veunac par une visite du tribunal administratif ou du tribunal correctionnel. Ou les deux, son talent si personnel lui permettant l’embarras du choix.

Didier Borotra, sera finalement jugé en appel à Pau, le 11 décembre prochain, pour prise illégale d’intérêts en compagnie de sa fille et de l’ex-directrice de la Cité de l’Océan, après avoir été relaxé en première instance à Bayonne. Une sorte de parcours traditionnel pour les politiques locaux, si l’on se fie à Odile de Coral, lourdement condamnée en appel après avoir été blanchie à Bayonne.

Au moment du procès en correctionnelle de Didier Borotra, le 1er février  2017, les milieux judiciaires se sont beaucoup étonnés de l’absence à la barre de Michel Veunac. Un maire soucieux des intérêts de sa ville aurait dû demander le remboursement des sommes indûment versées, mais Veunac s’est bien gardé de le faire. Si Françoise Pautrizel a toujours affirmé avoir engagé la fille de Didier Borotra sans en avoir parlé à son père, elle a précisé, lors de son interrogatoire à la police avoir immédiatement informé en 2014 le nouveau maire, Michel Veunac de l’engagement de Sophie Borotra via sa société AGC. Celui-ci lui aurait dit de continuer comme avant.  Et personne n’aurait jamais rien su de cette affaire si Guy Lafite, membre du Conseil d’administration de la Cité de l’Océan n’avait mangé le morceau en parlant à la presse. Pendant quinze mois, Michel Veunac a donc cautionné le versement d’un salaire à la fille de son mentor politique. Cet argent doit être remboursé aux contribuables biarrots et l’on peut vraiment estimer que nous sommes dans un cas de prise illégale d’intérêts totalement avérée.

Mais, bizarrement, personne ne bouge !

Un conseil municipal décisif

Vendredi soir, alors qu’un nouveau conseil municipal haut en couleurs se profile, on espère que les élus, conscients de leurs responsabilités, vont enfin poser les bonnes questions à propos de la politique de stationnement voulue par Veunac au lieu de dire oui à tout. Pourquoi a-t-on signé avec la filiale de Vinci, Streeteo, un contrat qui révolte les Biarrots et dont le maire n’a jamais parlé en public, alors qu’on aurait pu faire beaucoup mieux pour quatre fois moins cher en recrutant des policiers municipaux ou des ASVP ? Pourquoi certains maires comme Juppé font preuve de pragmatisme et reviennent en arrière, tandis que d’autres comme Veunac campent sur leurs positions et tentent des diversions qui ne leurrent personne ? Pourquoi tant de dissimulation et de cachotteries dans ce qui aurait dû relever d’une réflexion collective ?

Allez, les opposants, allez les godillots de la majorité, c’est le moment de poser les questions qui fâchent et qui intéressent les Biarrots !

Sur le sujet des dépenses inconsidérées, lire aussi ce magnifique exemple dans le blog The blond biarrote :

https://blondbiarrote.wordpress.com/2018/03/14/se-faire-enfler-par-une-campagne-de-com/

Une belle occasion pour les élus de demander combien va coûter cette campagne de communication de dernière minute.

Pour Brisson, le mensonge d’un maire n’a rien de grave

Les administrateurs de l’Hôtel du Palais sont-ils des plantes vertes qui doivent se taire au nom de la raison municipale ? Le premier opposant semble le penser.

Max Brisson semble perplexe sur le dossier de l’Hôtel du Palais : on le comprend.

Si par un hasard improbable Nadine Morano avait été élue Présidente de la République, pensez-vous qu’Emmanuel Macron aurait accepté de devenir son Premier Ministre ? Probablement non. Dire de Max Brisson qu’il aurait fait un tout autre maire pour Biarritz que Michel Veunac frise l’insulte, tant les capacités de l’un mettent en évidence les cruelles limites de l’autre. De la même façon, dire que Max Brisson fera un bon sénateur s’il est désigné en septembre prochain par les grands électeurs du département relève de la même tranquille évidence, quand on connait sa passion pour sa ville et sa région et son sens du dialogue. Et ce n’est pas un membre des Républicains qui le dit !

Mais alors pourquoi diable, si ce n’est au nom d’un pacte de solidarité entre anciens adjoints, Max Brisson se sent-il obligé de voler au secours de notre Nadine Morano à nous, notre Michel Veunac bien-aimé, même quand son attitude est totalement indéfendable ?

Félicitations à Sud Ouest

Félicitons tout d’abord Sud Ouest pour sa façon de ne pas planquer l’information sous le tapis et pour son traitement très éclairé du dossier de L’Hôtel du Palais depuis des semaines. Sans le quotidien régional, les Biarrots ne sauraient pas grand-chose de ce qui se trame, pas plus que des soubresauts qui agitent le conseil d’administration de la Socomix, puisque, lors du dernier conseil municipal, personne ne s’est hasardé à évoquer les sujets qui fâchent.

Les faits sont désormais avérés et, selon les informations de Bisque, Bisque, Basque !, c’est la deuxième fois qu’ils se produisent. Tous les éléments concernant L’Hôtel du Palais et sa nécessaire rénovation n’ont pas été portés à la connaissance des administrateurs à qui l’on demande de faire de la figuration et de voter sans réfléchir comme leur maire. Arrivé quelques heures avant le dernier conseil d’administration, un document du cabinet d’études Price Waterhouse Cooper démontrant la pertinence du projet Four Seasons est délibérément resté sous le coude du maire qui voulait ouvrir les pourparlers à d’autres groupes hôteliers et en particulier à Accor.

Le Premier adjoint Guy Lafite, qui n’a vraiment rien d’un va-t-en guerre, estime que le vote « ne s’est pas fait à partir de données objectives » Il s’est abstenu ainsi que Marc Dhospital, tandis que Virginie Lannevère, Anne Pinatel, François Amigorena, Guillaume Barucq et Édouard Chazouillères votaient contre et faisaient publiquement part de leur indignation pour des méthodes qui, en droit pénal, pourraient valoir à Michel Veunac une condamnation pour « abus de pouvoir » si l’un d’entre eux portait plainte.

Et c’est alors qu’intervient le très étrange communiqué de Max Brisson, publié le 10 juillet sur sa page Facebook. Max se soucie du personnel et il a raison. Il propose même sur le sujet de l’Hôtel du Palis un referendum populaire, ce qui est une excellente initiative. Mais malheureusement, dans son rôle d’opposant ou prétendu tel au maire de la ville, il pousse son sens de la nuance à un point tel qu’on peut avoir le sentiment qu’il dit tout et son contraire.

Alerter ou mentir, qu’est-ce qui est le plus détestable?

Ce sont surtout les premières lignes de son communiqué qui laissent rêveur : « Le débat sur l’hôtel du Palais prend une tournure détestable. Ne peut-on obtenir des élus-administrateurs un peu plus de retenue et un traitement du dossier qui évite la polémique au grand jour ? L’hôtel du Palais est une entreprise, c’est à dire avant tout des salariés et ceux-ci méritent mieux que le spectacle que se livre au grand jour la majorité municipale. »

Pas un mot sur l’omission de Veunac qui relèverait pourtant du pénal si un des administrateurs la jouait combatif. Pas un mot sur son propre silence lors du dernier conseil municipal. Mais une pique totalement injuste envers les lanceurs d’alerte qu’ont été les administrateurs. Alors qu’ils ont refusé de se prêter à cette mascarade, Max semble les considérer comme des plantes vertes qui devraient se taire et se réjouir de leur simple jeton de présence. C’est l’école Borotra ?

Curieuse vision de la politique que celle qui, au nom de la raison d’État ou plutôt de la raison communale, voudrait qu’on taise tous les errements d’un élu. Curieuse vision que celle d’un conseil municipal ou d’un conseil d’administration où on ne verrait qu’une tête.

Virginie Lannevère, Anne Pinatel, François Amigorena, Guillaume Barucq et Édouard Chazouillères, en alertant l’opinion publique, ont parfaitement joué leurs rôles d’élus. Désolé, Max, mais ils méritent toutes nos félicitations.

En finir avec l’Hôtel du Palais

Il n’y a pas cinquante solutions quand on n’a pas les moyens. La Ville doit vendre le fonds et les murs du palace biarrot. Récit d’une gabegie qui dure depuis des décennies.

« Les Biarrots ne semblent pas se rendre compte qu’avec l’Hôtel du Palais, la mairie est en train de nous préparer une catastrophe industrielle qui va être bien pire que celle de la Cité de l’Océan », rapporte ce fin connaisseur de la vie municipale. Si Sud Ouest a informé avec beaucoup de précision ses lecteurs sur ce dossier brûlant (plusieurs très bons articles en ce mois de juin), nul doute qu’un petit décodage façon Bisque, Bisque, Basque !  vous aidera à y voir plus clair.

S’il n’y avait en jeu une bonne soixantaine de millions d’euros et si nous n’étions pas des contribuables biarrots, on pourrait presque rire des reculades, postures et éternelles hésitations du grand timonier chargé de piloter ce dossier, le très indécis Michel Veunac.

Le premier coup de tonnerre attendu survient en 2015. Le seul palace au monde appartenant à une ville a cinq ans pour se mettre aux normes et la rénovation est estimée autour de 50 millions d’euros. Après une hésitation entre Four Seasons et Starwood, les deux acteurs majeurs de l’hôtellerie de luxe, Michel Veunac annonce le 8 avril 2016, les fiançailles de la Ville avec le géant canadien, qui a le bon goût de mettre dans le panier commun 7 millions d’euros. Mais la lune de miel ne va pas se passer aussi bien que prévu et notre inénarrable Veunac provoque la rupture en juin 2017 et lance un nouvel appel d’offres qui devrait se conclure le 31 octobre. De l’art de perdre dix-huit mois, alors que le temps presse !

Veunac : « Qu’est-ce qu’ils disent ? »

« Que les partenaires passent des mois à s’escrimer, c’est assez normal en affaires, mais dans ce cas, les équipes chargées de négocier venaient de milieux trop différents. Cela a produit un clash culturel », analyse Virginie Lannevère, administratrice de la Socomix et conseillère municipale dans Sud Ouest (28/6). Le « clash culturel » suavement évoqué par la conseillère municipale qui, a travaillé une bonne décennie dans le secteur de l’hôtellerie de luxe mérite d’être détaillé.

Ne faisant confiance à personne et surtout pas à ses adjoints, Michel Veunac, dont le niveau d’anglais est proche d’un élève de sixième, a voulu piloter toutes les réunions mais a refusé d’engager un traducteur. D’où d’interminables quiproquos se terminant par les « Qu’est-ce qu’ils disent ? » du maire et l’agacement du géant canadien face à un interlocuteur qui n’a pas la moindre idée de ce qu’est une conversation d’affaires en anglais.

Quand Michel Veunac affirme que la raison de la séparation avec Four Seasons est le coût des travaux de 64,5 millions, alors qu’il ne veut pas dépasser une enveloppe de 50 millions d’euros, il nous mène en bateau. Quand il dit qu’Accor qui a racheté Fairmont pourrait devenir un partenaire intéressant, il est beaucoup moins loin de la vérité. En effet, il aurait cette fois face à lui des interlocuteurs français et pourrait délivrer nombre de ces phrases ronflantes dont il a le secret. Mais les cinq administrateurs de la Socomix qui se révoltent à juste titre contre cette décision en criant au fou (Amigorena, Pinatel, Chazouillères, Barucq et Lannevère) ont parfaitement conscience du désastre qui s’annonce. Le luxe est un segment très spécialisé et, sans offenser le groupe Accor jusque-là spécialisé dans le secteur des cadres supérieurs, on ne remplace pas une boutique Dior par un marchand de kebab quand on veut rester dans le haut de gamme. Malheureusement ces cinq membres de la majorité municipale liés par l’étrange assemblage majoritaire concocté par Veunac en 2014 n’en disent pas plus et c’est bien dommage.

Le patrimoine des Biarrots ? quelle vaste blague !

Les Biarrots sont très attachés à « leur » Hôtel du Palais et on les comprend. Mais ils se fourvoient totalement quand ils estiment que ce beau bâtiment fait partie de leur patrimoine. Quand on hérite d’un bien immobilier ou d’une entreprise familiale, on peut en profiter. Y a-t-il un Biarrot qui a obtenu la moindre réduction dans ce palace en arguant de sa qualité d’habitant de la ville ? Au contraire, depuis des décennies – et c’est particulièrement choquant ! -, les Biarrots financent avec leurs impôts locaux les vacances des Fillon, Le Maire ou autres Macron, des pauvres malheureux qui n’osent pas s’adresser au Secours populaire pour s’offrir un séjour à la mer.

Vous n’y croyez pas ? C’est la Chambre régionale des Comptes qui a relevé que sous Borotra, la Ville touchait annuellement 170 000 euros de redevance mais dépensait plus de 200 000 euros par an… sans le moindre justificatif. Borotra invitait à hue et à dia et les contribuables biarrots payaient.

Sans compter les risques encourus face à cette situation économique aberrante ! Jean-Benoît Saint-Cricq s’est escrimé, tout au long du dernier mandat de Borotra, à dénoncer cette situation en soulignant que la Ville risquait une amende fort salée du Conseil de la Concurrence et des Prix, si un hôtelier s’avisait de se plaindre d’une concurrence déloyale. En effet, pour une entreprise de ce type, le montant de la redevance s’élève généralement à … deux millions de francs annuels.

Quand on s’extasie sur la très bonne année 2016 effectuée par le palace biarrot, avec une redevance versée à la Ville de 355 000 euros, on constate qu’on est encore fort loin du compte.

Une magnifique machine à corrompre

Mais tout cela, les élus se gardent bien de le dire, car ils y tiennent à leur Hôtel du Palais qui leur permet de fréquenter des politiques de niveau national ou de se faire des obligés. Sous Borotra, le directeur de Sud Ouest, Pierre Jeantet, grand passionné de corridas, était régulièrement invité au Palais avec son épouse. Bon courage ensuite aux journalistes locaux pour se permettre la moindre critique sur la politique municipale dans les pages du journal ! Et tous les employés du palace biarrot de décrire avec consternation les agapes récurrentes et répétitives de nos élus dans l’établissement. Grand connaisseur de l’âme humaine, Didier Borotra savait jouer des deux machines à corrompre à sa disposition, le Foro et le conseil d’administration de L’Hôtel du Palais, pour calmer toute velléité d’opposition. On se souvient tous avec amusement, en 2008, de « l’opposante » Maïder Arosteguy, déjà naturellement pas très gaillarde dans sa contestation, et devenue d’accord sur tout avec le maire du jour où elle a intégré le conseil d’administration du prestigieux établissement.

Si les excès sont devenus un peu moins voyants avec Michel Veunac – on se doit de lui rendre justice ! -, personne n’a oublié son air ravi quand il s’est trouvé en présence d’Emmanuel et Brigitte Macron, l’été dernier.

Nul doute donc que le palace biarrot est un joujou fort commode pour saupoudrer d’étoiles les yeux de nos politiques locaux, mais est-ce la vocation d’une Ville d’être propriétaire d’un palace ? Bien sûr que non !

Deux siècles minimum pour retomber sur ses pieds

Et c’est là où le débat posé par nos élus – Four Seasons ou Accor, 64 ou 50 millions d’euros de travaux – relève de la mystification totale. Quand un automobiliste passe son véhicule au contrôle technique, il n’a pas le choix. Soit il effectue les réparations demandées, soit il cesse de rouler. Comme le précise François Amigorena dans sa page Facebook, (https://www.amigorena.fr/actualites/hotel-palais-four-seasons-accor-etc-quelques-necessaires-eclaircissements/) « l’architecte qui a audité le bâtiment parle de multiples pathologies (béton, plancher, toiture, édicules, mascarons, corniches, etc). La rentabilité actuelle de l’hôtel ne permet en aucun cas de faire face au niveau d’investissement nécessaire. Pour exemple, les seules reprises structurelles concernant les planchers, le clos couvert, les toitures et le désamiantage/déplombage s’élèvent à elles seules à plus de 9 millions d’euros. »

Pour que l’établissement garde sa classification palace, il va donc falloir au bas mot trouver 70 millions d’euros car il est sûr que comme toujours le coût sera plus élevé que prévu.

Si l’on se fie à l’année 2016 jugée exceptionnelle en termes de fréquentation qui a rapporté 355 000 euros à la Ville, il faudra donc plus de deux cent ans (intérêts non-compris) pour que Biarritz retombe sur ses pieds. Sans compter les aléas du tourisme et des menaces terroristes qui peuvent donner envie aux touristes d’aller voir ailleurs.

Et qu’on ne nous parle pas de vendre le fonds tout en gardant les murs ! Sachant qu’au maximum le fonds vaut 10 millions d’euros et que les travaux restent à charge du propriétaire, on voit bien que cette hypothèse est une impasse totale.

Puisque la municipalité peut très bien modifier son Plan Local d’Urbanisme (PLU) pour conserver la vocation hôtelière du périmètre et éviter qu’un promoteur avisé ne transforme le bâtiment en appartements de luxe, on ne voit pas pourquoi la Ville s’apprête à se lancer dans un emprunt totalement déraisonnable au vu de l’état des finances municipales. D’autant plus que question patrimoine, les Biarrots ne seront propriétaires que d’une dette et que ce sont les banques, via la Socomix qui deviendront les vrais propriétaires du prestigieux bâtiment.

Une offre qatarie écartée en 2014

Selon nos informations, notre petit cachottier de Veunac s’est bien gardé, au moment où il prenait le pouvoir en 2014, de rendre publique une offre qatarie à hauteur de 185 millions. Vu la dégradation constante du bâtiment, il est probable qu’il se vendrait désormais un peu en dessous. Mais quand on sait que la dette actuelle de la Ville tourne autour de 90 millions d’euros (soit 3600 euros par habitant !), comment imaginer autre chose qu’une vente de l’établissement, alors que tous les jours nous pâtissons du système Borotra. Beaucoup de poudre aux yeux, de clinquant à l’image de la Cité de l’Océan et aucun travail de fond, une voierie hors d’âge, des bâtiments délabrés et le sentiment que la Ville est sale.

Vendre L’Hôtel du Palais permettrait d’apurer la dette, de remettre la ville à niveau et les seuls qui en pâtiraient vraiment seraient les élus, ce qui ne paraît pas dramatique en ces temps de moralisation de la vie publique.

Si votre voisin possède une rutilante Ferrari et que pour mettre de l’essence dans sa voiture, il ne donne plus à manger à ses enfants, penserez-vous que c’est un bon père ?

Le temps des joujoux mis au service des politiques est révolu. Il faut vendre !

 

Lire aussi sur le sujet : https://www.jacques-andre-schneck.fr/territoire/ville-de-biarritz/hotel-palais-biarritz-on-sortait-cadre/

Putain, deux ans déjà, deux ans seulement !

barboteuse 01

Biarritz cherche toujours un costume adapté à son maire.

Cette élue de la majorité municipale a le sourire en évoquant Bisque, bisque, Basque ! : « Votre blog est drôle, mais vous êtes en dessous de la réalité à un point que vous n’imaginez même pas. Michel Veunac est d’une nullité vertigineuse et son costume de maire est dix fois trop grand pour lui. Pendant la campagne, nous étions surpris par les questions qu’il posait lors des réunions préparatoires. Nous avons confirmation de son incompétence, chaque jour, depuis son élection. »

Voilà aujourd’hui deux ans, le 4 avril 2014, Michel Veunac entamait son premier conseil municipal comme maire de Biarritz, ce qui, à soixante-neuf ans, représentait un sacré changement pour lui. Sociologue impécunieux, ne vivant que des commandes du monde politique, obligé d’emprunter de l’argent à son principal fournisseur, Jacques Darrigrand, pour faire campagne, Michel Veunac, s’est soudain retrouvé, en avril 2014, avec des revenus conséquents à disposition pour la première fois de sa vie, en cumulant les casquettes de maire, de vice-président de l’ACBA et de conseiller régional. Mais la médaille a toujours un revers : la fonction de maire de Biarritz est exigeante et c’est aussi la première fois de sa vie que le gendre idéal des Biarrots se retrouve à travailler véritablement, ce qui ne va pas sans grincements de dents, colères et imprécations. Deux ans plus tard, la méthode Veunac est devenue limpide à décrypter. Chronique d’une catastrophe inévitable pour ceux qui auraient encore quelques illusions.

LES HÉSITATIONS

Barboteuse 06Que c’est dur de prendre des décisions quand on n’en a pas l’habitude ! Dépassé, hésitant au minimum une semaine avant de signer l’abattage d’un platane, Michel Veunac, qui en dehors de la communication, domaine où il excelle, n’avait jamais plongé les mains dans le « moteur » municipal, a trouvé l’arme fatale des faibles et des indécis. Faire systématiquement appel à des « spécialistes », comme le directeur de Nausicaa à Boulogne pour le conseiller sur la Cité de l’Océan, réaliser des études pour gagner du temps ou créer une commission pour s’abriter derrière les autres. Comme si le rôle d’un maire n’était pas de décider par lui-même ! Résultat : deux ans après son élection, tous les projets sont encore au stade des études ou des plans, que ce soit Aguilera, les bassins de rétention ou la consolidation de la falaise de la Côte des Basques et pas un Biarrot n’est capable d’expliquer la vision d’avenir du maire, surnommé en interne Monsieur PlanPlan. En attendant, ces dispositifs coûtent très cher, ce qui a fait grincer les dents du grand argentier Lafite, lors du dernier conseil municipal, qui a évoqué « des frais d’études non négligeables ».

LES INCANTATIONS

Barboteuse 02Michel Veunac est comme les enfants qui croient qu’il suffit de dire « Sésame, ouvre-toi ! » pour que les problèmes disparaissent. Auteur d’une étude impérissable sur « les débordements festifs de la jeunesse à Bayonne » qui devait tout régler et qui n’a strictement rien réglé, il est l’homme des phrases répétées à l’envi à chaque conseil municipal. « Je vais vous faire aimer la Cité de l’Océan », « L’économie de la Mer est l’avenir de Biarritz », « Ce budget est un budget de sagesse. Ce n’est pas un budget de renoncement ». Mais, derrière la phrase ronflante se cache un vide abyssal. La Cité de l’Océan est un désastre en matière de fréquentation ? Veunac, au lieu d’innover, reconduit les mêmes recettes à base de quincaillerie obsolète et ludo-scientifique en remettant de l’argent au pot et en faisant entrer dans le capital les collectivités départementales et régionales, dont ce n’est pas la vocation. L’économie de la mer ? Pas une seule phrase pour expliquer comment notre grand sage à écharpe tricolore compte s’y prendre pour faire gagner de l’argent à la Ville avec cette abstraction. Quant à parler d’un « budget de sagesse », quand on augmente la fiscalité des Biarrots de 3,5% une année où l’inflation est nulle, il faut un sacré toupet pour oser tenir de tels propos !

LES AFFABULATIONS

Barboteuse 04Oui, décidément, voilà vraiment quelqu’un à qui vous devez éviter d’acheter une voiture d’occasion ! Il faut voir Michel Veunac vous regarder droit dans les yeux et vous énoncer une de ces phrases ronflantes qui ne résistera pas au temps, pour mesurer la capacité aux vérités successives de notre nouveau maire.  Le 30 avril 2014, lors de son premier conseil municipal évoquant les orientations budgétaires, Michel Veunac trace fermement sa feuille de route : « Ne pas augmenter les taux de fiscalité, maîtriser l’encours de la dette et conserver une capacité d’autofinancement ». En 2015, « J’augmente la taxation sur les résidences secondaires pour ne pas avoir à toucher à la fiscalité des Biarrots ». Et en 2016 : « Si nous devions avoir recours à de la fiscalité, elle serait d’un niveau très faible ». Et l’an prochain, ce sera la faute à l’EPCI, s’il augmente à nouveau les impôts ? Même cinéma sur la Cité de l’Océan où, à l’en croire, « les investisseurs privés se montrent très intéressés pour entrer au capital ». Pas de chance, on les attend toujours ! Quant à la subvention, accordée au BO en 2014, elle était bien évidemment « exceptionnelle ».  Ce qui n’a pas empêché notre bon maire, en 2015, de rembourser par anticipation un emprunt contracté par le BO pour édifier la tribune Kampf et de verser au club 1,5 million d’euros. Étonnez-vous, après toutes ces libéralités, qu’il faille augmenter les impôts !

LES EXACTIONS

Barboteuse 05La démocratie interne, jusqu’à maintenant, est le seul domaine, où Michel Veunac, s’est agréablement singularisé par rapport à son prédécesseur. Conseils municipaux consultables en direct ou en différé sur Internet, débats de bonne teneur, majorité autorisée à exprimer son point de vue. Les observateurs passionnés de vie publique ont pu croire un moment que Veunac avait les qualités de ses défauts et que, faute d’être efficace, il était capable d’écouter les idées et propositions des autres. Le dernier conseil municipal vient d’infliger un cruel démenti à cette vision trop idyllique du grand démocrate qui dirige la Ville. Derrière l’homme affable qui rend toutes les mamies totalement enamourées, se cache un teigneux rancunier. Lors du débat d’orientation budgétaire, plusieurs membres de la majorité comme Nathalie Motsch, Anne Pinatel ou François Amigorena, avaient exprimé leurs réticences à aggraver la fiscalité locale. Veunac avait fait semblant d’écouter avec le sourire. Mais une fois le rideau public fermé, dans les couloirs de la mairie, les factieux ont subi reproches, critiques sur leur incompétence et menaces. Au point que, lors du vote du budget, il n’y a pas eu un seul téméraire au sein de la majorité pour émettre la moindre remarque sur cette hausse pour le moins inacceptable. Que voulez-vous, on tient à ses petits avantages !

En conduisant au pouvoir, une majorité baroque, composée de dissidents républicains, de centristes, de socialistes et d’abertzale, Veunac a voulu imiter Didier Borotra, tout comme un enfant sur la plage, avec son petit ballon de rugby en plastique, peut rêver d’être Jérôme Thion ou Imanol Harinordoquy. Mais pour jouer en équipe, Veunac n’a ni l’autorité ni le charisme d’un Didier Borotra, dont l’intelligence n’a jamais été contestée. Alors qu’il prend vigoureusement position contre l’EPCI, la communauté qui doit regrouper toutes les communes basques, on lui souhaite bien du plaisir avec les composantes de sa majorité favorables à ce regroupement, que ce soient les abertzale ou les troupes de Guillaume Barucq. Mais après tout, si Veunac maîtrisait son sujet dans un domaine quelconque, depuis deux ans, on s’en serait aperçu.

L’AUTOSATISFACTION

Barboteuse 07Et on en arrive à une petite phrase que personne ne semble avoir relevée, lors du dernier conseil municipal du 24 mars. Alors que Max Brisson s’étonne de la lenteur avec laquelle les projets se mettent en place, Michel Veunac s’agace de cette mise en cause et lance, péremptoire : « Ces projets, je les réaliserai et si un mandat ne suffit pas, j’en ferai deux ! ». Notre magnifique édile semble avoir oublié l’essentiel. Alors qu’il est « l’homme qui n’imprime pas », celui qui est toujours le dernier à comprendre, que ce soit à l’ACBA ou à la tête de la Ville, Veunac, qui comme tout responsable est entouré de flatteurs (Ah, les génuflexions et la flagornerie de Peio Claverie lors des conseils municipaux !), est persuadé d’être devenu un phare encore plus étincelant que celui de la Ville. Et, dans ses rêves de grandeur, il ne se souvient plus qu’un maire n’est pas reconduit automatiquement pour un nouveau mandat, mais qu’il doit se soumettre au vote des électeurs…

… Il est vrai qu’en 2020, Michel Veunac n’aura que 74 ans et que notre beau parleur inefficace est tellement fait pour ce poste, un peu comme Hollande pour celui de Président de la république, qu’il serait vraiment dommage de ne pas reconduire un homme aussi méritant dans ses fonctions.