Journal d’un buté de campagne (2)

Des permanences illuminées, des insultes gratinées, le bonjour d’Antoine, le trou récurrent du BO et encore et toujours les manœuvres de Mimi-La-Malice.

APPRENDS TA VILLE ! – Avec un directeur de publication comme celui-là, Bisque, Bisque Basque ! ne serait pas très bien barré. Sur l’affiche annonçant fièrement sa première réunion publique au Colisée, Michel Veunac se proclame « Directeur de publication ». Las, le candidat montre qu’il ne relit rien puisqu’il ne connaît visiblement pas sa Ville et situe le Colisée avenue Saraste et non Sarasate. Il n’y avait sur cette affiche que cinquante mots à vérifier et même cela l’apprenti Veunac n’a pas su le faire correctement. Voilà qui rassure pour l’avenir.

AVENUE DES PRÉTENDANTS. – En 2014, tout se jouait rue du Helder où Max Brisson et Michel Veunac avaient leurs permanences à un magasin d’intervalle. Cette année, c’est l’avenue du Maréchal Foch qui semble remporter tous les suffrages avec à l’intérieur de l’espace Foch la permanence de Maider Arostéguy, peu après Le Royal, celle de Michel Veunac, à côté du Sissinou celle de Jean-Benoît Saint-Cricq et au 25 de l’Avenue, celle de Nathalie Motsch. Au point que les Biarrots ne parlent plus que de « l’avenue des prétendants ». Seul Guillaume Barucq fait bande à part en ayant établi ses quartiers électoraux rue Gambetta. Une certitude : pour les alliances au soir du premier tour, le chemin ne sera pas long à faire.

LA PLUS BELLE POUR ALLER VOTER. – Si certaines permanences sont chichement décorées avec l’affiche du candidat pour seul ornement, celle de Maïder Arostéguy, riche en couleurs avec une planche de surf orange vif, une coiffe d’indien un ballon aux couleurs du BO et une chistera, attire l’œil. Les machos de service vont encore dire que Maïder soigne la forme plus que le fond. Mais nul doute possible : sa permanence est la plus belle.

LE BORDEL HOLLANDAIS DE SAINT-CRICQ. – Incontestable affluence, jeudi soir, pour l’inauguration de la permanence électorale de Jean-Benoît Saint-Cricq. Dans un premier temps, le candidat avait placardé une affiche à son effigie avant de la retirer et de se contenter d’un modeste et collectif « Biarritz ensemble ».  Mais la surprise nocturne des passants est venue des lumières rouges et de la grande vitrine de l’établissement choisi qui ne sont pas sans rappeler certaines maisons spécialisées d’Amsterdam. Après le Saint-Cricq chahuté de 2018, allons-nous avoir un Saint-Cricq dévergondé en 2020 ?

CETTE MAUVAISE LANGUE DE GUY. – Le premier adjoint « La Faillite-Nous-Voilà » ne rate pas une occasion de se moquer des maigres soutiens de la liste emmenée par Michel Veunac. « Il a tellement peu de monde autour de lui que le voilà obligé de repartir avec les Castaignède, Blanco, Destizon, Vial, alors qu’il affirmait ne vouloir d’eux à aucun prix ». Il est vrai que les nouveautés sur sa liste promises par Veunac semblent quelque peu se faire attendre.

MOTS FLÉCHÉS BIENVENUS. – Bisque Bisque, Basque ! a passé de longs moments à faire le trottoir pour observer la permanence de Michel Veunac et confirme totalement les propos de Guy Lafite. Il ne s’y passe rien et tous les « invendus » de la politique biarrote qui n’ont eu d’autre choix que de poursuivre avec le maire sortant s’y ennuient de longues heures sans recevoir la moindre visite. Si vous avez quelques mots fléchés ou sudokus en trop pour les occuper, soyez charitables…

APPELEZ-LE GUYGUILLAUME. – Lundi matin sur France Bleu Pays basque, le ministre de l’Agriculture a surpris tout son monde en adoptant une position totalement alignée sur celle des dirigeants du BO. Un coup de brosse à reluire sur Jean-Baptiste Aldigé, « un gestionnaire avisé » et une position pour le moins favorable au BO sur la dernière réserve foncière appartenant à la Ville. Quand on sait que Jean-Baptiste Aldigé ne tarit pas d’éloges sur le Premier adjoint, « le seul à avoir compris mon projet », on constate que Guy Lafite, même s’il ne sera pas l’adjoint de Didier Guillaume, va à l’évidence rester son inspirateur, ce qui n’est pas la meilleure nouvelle du monde.

LE ROI DE L’ENFUMAGE. – Quand vous avez un pistolet braqué sur la tempe, vous êtes généralement du même avis que celui qui tient le pistolet. La commission générale consacrée au BO mercredi 22 janvier a été perçue par la majorité des élus comme un vaste enfumage ou plutôt, comme l’a dit Nathalie Motsch, une « mascarade ». Veunac, à quelques semaines des élections a fait plancher les élus sur quatre projets possibles, alors qu’il sait parfaitement qu’il n’a pas la main et doit attendre le feu vert de l’Agglo. Mais Aldigé a la langue bien pendue et Veunac redoute de se faire flinguer par lui en pleine campagne électorale. D’où ces signaux d’apaisement et de bonne volonté pour faire croire que Mimi se décarcasse pour le BO.

UN MINI TRUMP ? – Tous ou presque le pensent, mais très peu le disent par crainte de représailles sur un sujet aussi sensible que le BO. Les élus sont sortis furieux de cette réunion en ayant le sentiment de s’être fait manipuler une fois de plus par Mimi-la-Malice. Est-il raisonnable de prendre une décision qui engage l’avenir de Biarritz à quatre semaines d’une élection ? Si les points de vue sont partagés sur ce qu’il faut faire pour le BO, tous les élus ayant le désir sincère d’aider le club phare de la Ville, l’unanimité se fait contre la personnalité pour le moins rugueuse du président Aldigé qui a réussi à se fâcher avec tout le monde ou presque. Dans un tweet, François Amigorena a magnifiquement résumé le problème : « En adoptant le comportement d’un mini-Trump de sous-préfecture, indigne d’un président de club de rugby de Pro D2, M. Aldigé est devenu le principal obstacle à l’élaboration d’un projet juste et pérenne pour le BOPB et la plaine d’Aguilera », ce qui lui a valu (en douce) des félicitations de ses collègues de tous bords politiques.

CLASSE PRÉSIDENTIELLE – S’il est quelqu’un doté d’une exquise urbanité, c’est bien Guillaume Barucq. Au sortir de la commission générale, le docteur Barucq, pourtant fervent défenseur du BO, a exprimé des doutes sur la méthode choisie, ce qui lui a valu de recevoir un tweet plein de poésie du président du BO sur… ses « bijoux de famille ». C’était notre rubrique, « Amis de la poésie, bonsoir ! »

KAMPF TOUJOURS LE SAUVEUR – Pour éviter tout dépôt de bilan du BO juste avant les scrutins du 15 et 22 mars, Michel Veunac croit avoir trouvé une ruse et s’agite énormément au téléphone pour être sûr d’avoir la majorité lors du prochain conseil municipal du 12 février. La Ville rembourse 300 000 euros par an au BO pour la tribune Kampf qui avait été financée par le club au temps de sa splendeur. Comme il reste une dizaine d’annuités à payer, la Ville anticiperait et donnerait les 3 millions de reliquat dès cette année, ce qui correspondrait au « trou » actuel du BO. Il est très fort ce Veunac pour engager l’argent de celui qui lui succèdera !

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C’EST ANTOINE QU’ELLE PRÉFÈRE – Nathalie Motsch avait annoncé dans un communiqué de presse qu’elle n’assisterait pas à la commission générale. Il faut dire aussi qu’à la même heure arrivait sur Biarritz Antoine Waechter, venu accorder à la candidate « la caution morale » de son microscopique Mouvement Écologiste Indépendant (MEI). Le lendemain, lors de la conférence de presse commune, Antoine Waechter qui souhaitait apparaître plus vert que vert a même précisé que, pour limiter son empreinte carbone, il était venu en train. Pour épater les foules, il aurait dû venir à pied de son Alsace natale.