Libérez le rugby !

Affrontements de mastodontes, accidents multiples, présidents qui se prennent pour des stars, chaînes payantes qui piétinent le monde amateur, le rugby français va dans le mur et semble incapable de changer de trajectoire.

Lorsque petit à petit nous avons dû abandonner à notre plus grand regret le rectangle de pelouse qui avait ensoleillé notre jeunesse pour nous contenter de la main courante, nous nous sommes souvent dit entre anciens joueurs, au vu des gabarits des nouveaux pratiquants, de l’évolution du jeu et des impacts « qu’un jour il y aurait des morts » dans notre sport favori, sans trop croire toutefois à ce que nous affirmions. Nous y voilà avec quatre pratiquants décédés cette saison en France sur des faits de jeu anodins en apparence. Tandis que la fédération française « patauge » allègrement, incapable de mettre en place des règles protégeant les joueurs et d’harmoniser ses décisions avec les acteurs mondiaux du rugby, les parents n’incitent plus du tout les enfants à se lancer dans ce sport, effrayés par les images qu’ils peuvent voir à la télé.

Des télés qui font d’ailleurs la pluie et le beau temps dans le rugby, imposant aux malheureux passionnés des horaires aussi contre-nature que le dimanche à 12h30, ou un derby Bayonne-Biarritz un jeudi soir à 20h45, alors que les deux clubs, les commerçants et les supporters souhaitaient voir cette affiche se disputer le dimanche.

Lorsque Jean Le Gall, le patron des éditions Atlantica, m’a annoncé qu’il lançait une nouvelle collection, joliment appelée ContreDit, destinée à tous ceux qui souhaitaient pousser un coup de gueule dans leur domaine de prédilection, je n’ai évidemment pas résisté, car je suis persuadé que le rugby à XV est en grand péril et pourrait un jour disparaître de la planète sport au profit du VII.

C’est cet ouvrage de quinze chapitres, écrit avec toute la mauvaise foi, l’humour et l’alacrité caractéristiques de Bisque, Bisque, Basque ! que vous pourrez retrouver dès ce week-end en librairie.

Le rugby est en péril… La preuve ? Même les ex-tocards qui n’ont jamais dépassé le niveau fédéral se mettent à écrire sur le sujet.

« Rugby en péril », Jean-Yves Viollier, éditions Atlantica, 100 pages, 12,90 €.

Extraits :

« C’est un grand bonheur de vivre au Pays basque, dans une terre de passion ovale et mon épouse m’a promis, si j’avais l’idée incongrue de mourir, de me faire enterrer avec un ballon de rugby dans les bras, cette « gonfle » que je touchais si peu en tant que talonneur à l’ancienne.

C’est risible, mais j’assume. Comme un amoureux qui ne peut s’empêcher de relire d’ardentes vieilles lettres en sa possession, je suis toujours nerveux les jours de Tournoi des VI Nations et compte les heures qui me séparent du coup d’envoi. Une défaite de l’équipe de France, surtout quand elle se fait fesser par l’adversaire, va me plonger dans une mauvaise humeur durable. C’est dire si, en une période où nous tremblons lorsque nous rencontrons l’Italie ou l’Écosse et alignons les déroutes comme les frères Boniface les essais en terre adverse, j’ai souvent l’occasion d’être de mauvais poil.

« Rugby en péril » est un coup de gueule contre l’évolution assez détestable du rugby que nous vivons, contre la cécité de dirigeants trop occupés à faire des affaires pour se soucier des amateurs, contre un top 14 qui est le championnat le plus bête du monde, contre ce sport aux 40 000 règlements où même les anciens piliers ne comprennent pas les décisions de l’arbitre concernant la mêlée, contre ces présidents qui n’ont jamais joué au rugby mais veulent devenir les stars (incongrues) de ce jeu collectif, contre Canal Moins la chaîne qui n’aime plus le rugby, contre les boîtiers GPS et les ordinateurs mouchards qui dans un sport collectif ne s’intéressent plus qu’aux statistiques individuelles des joueurs, une aberration de plus dans un rugby français au plus bas. »

Le rugby féminin

« Ah, le rugby féminin, qui est un peu pour les anciens joueurs ce que fut le porno du samedi soir sur Canal + pour les actuels quinquagénaires ! Au début, chacun a regardé cette incongruité rugbystique en cachette, en justifiant son petit plaisir solitaire par toutes les mauvaises excuses du monde : besoin de se marrer, de se détendre, de voir quelque chose d’insolite, à mi-chemin entre la course avec sac à main et le lancer de bottes de paille à l’aide d’une brosse à dents. Et puis après le match, les plus téméraires, ceux qui déjà autrefois ne s’échappaient pas sur le pré, ont pris leurs téléphones pour appeler les copains, redoutant tout de même leurs moqueries. Et là, surprise, de l’arrière au première ligne, tout le monde est fan absolu du rugby féminin, admire la technique individuelle des Marjorie Mayans, Romane Ménager ou Pauline Bourdon, la discipline collective de l’équipe où les meilleures savent ralentir pour transmettre le ballon à leurs partenaires, la recherche du trou de souris où se faufiler, quand les hommes en sont encore à culbuter l’adversaire, en méprisant les portes ouvertes. »

La télé

« Les semaines de doublon top 14 et Tournoi des VI Nations, quand France 2 joue aussi la carte rugby, l’offre télévisuelle peut aller jusqu’à onze matches dans la semaine. Le mariage d’amour est devenu un mariage de dupes qui n’a plus de raison d’être. Et Canal plus, une maison d’abattage. Car il faut savoir que les petits clubs ne touchent pas un centime de cette manne, alors que cette profusion de rugby télévisé les impacte durablement, leurs recettes dépendant le plus souvent de la buvette tenue par des bénévoles. Buvettes qui ne rapportent quasiment plus rien faute de spectateurs. Bernard Laporte a fort habilement sorti les violons pour encenser le rugby amateur afin d’être élu président de la fédération. Maintenant qu’il a réussi à retarder d’une heure le match diffusé le dimanche après-midi, Laporte ne semble plus décidé à bouger et continue à cautionner un système où la Ligue et Canal plus s’essuient les pieds sans vergogne sur le rugby des villages. Alors que tout le monde sait que la bonne santé du rugby français passe par le dimanche réservé aux amateurs, sous peine de voir tout l’édifice s’écrouler.

On peut vivre une très belle histoire d’amour pendant des années, avant de succomber un jour sous les coups de son conjoint, dans l’indifférence de ses voisins. En vingt ans, Canal plus a magnifié le rugby pour mieux l’assassiner au final. Mais visiblement ce fait-divers sordide laisse tout le monde indifférent. »

Le Rugby Club de Drancy 

« Lorsqu’il jouait troisième ligne avec les espoirs du CASG, Benjamin Périé n’était pas du genre à s’échapper. Devenu président du club de Drancy, un petit poucet de la fédérale 2 avec 400 000 euros de budget annuel quand certains de ses rivaux dépassent allègrement le million d’euros, l’ancien joueur, contrairement à plusieurs de ses homologues, fonce dans le tas sans hésitation : « La Fédération ? Elle ne t’apporte aucune aide et ne fait que te pomper du fric, que ce soit pour les licences ou pour les cartons subis par les joueurs » Et au cas où l’on n’aurait pas bien compris, Benjamin Périé rajoute un solide raffut : « La Fédé sanctionne et ponctionne. C’est son seul rôle dans la vie d’un club ». Et de multiplier les exemples : « Nous n’avons aucune aide… Rien de rien… À nous de nous débrouiller seuls. L’arbitre qui vient diriger le match te coûte 90 euros et si tu veux deux arbitres de touche neutres, ce qui n’est pas un luxe en Fédérale 2, c’est toi qui les paie. »

Streeteo, risée de Paris et bientôt de Biarritz ?

Fumeur de cannabis, conducteur sans permis, ex-délinquant, Streeteo a recruté n’importe qui pour rançonner les automobilistes parisiens… Et ces recrues font évidemment n’importe quoi !

Quand on regarde la page Internet, on pourrait presque croire au sérieux de la société…

Une fois de plus les génies définitifs qui nous gouvernent à Biarritz, ont décidé de matraquer d’abord et de réfléchir ensuite ! Tous ces bons apôtres du civisme qui, notez-le, bénéficient d’une carte gratuite de stationnement et n’hésitent pas comme le maire à abandonner leur véhicule sur le trottoir devant chez eux, n’ouvrent à l’évidence jamais un quotidien national. Car ils se seraient aperçus que la société à qui ils ont confié le racket des automobilistes de la Ville est plus que décriée à Paris. « À croire qu’ils ont recruté les deux cents premiers à la sortie de taule ! » affirme un policier au quotidien « Aujourd’hui » (24/1).

Dès son élection de maire, Michel Veunac, grand spécialiste du stationnement sauvage, n’a pas hésité à garer son véhicule sur un trottoir devant chez lui. C’est beau, le sentiment d’impunité!

En effet les nouveaux cow-boys de Streeteo verbalisent à tour de bras, y compris les handicapés, les médecins avec caducée sur le pare-brise ou même… des voitures de police stationnées sur des places réservées. « C’est de l’incompétence ! », fulmine Yves Assioma du syndicat Alliance Police.

Alors, comme les policiers parisiens peuvent être parfois très joueurs, ils ont lancé une opération appelée « Chasse au pokémon. Attrapez-les tous ! » où ils épluchent systématiquement le passé des nouvelles recrues de Streeteo. Et ce n’est pas triste ! Quelques fichiers S, des anciens délinquants reconvertis en chasseurs d’automobilistes et même, parmi les Streeteo au volant, un chauffeur sans permis de conduire et deux contrôlés positifs au cannabis.

http://www.20minutes.fr/paris/2208147-20180124-paris-racket-harcelement-opposition-monte-creneau-contre-reforme-stationnement

Sans compter tous les bugs de fonctionnement au moment de payer l’amende. Au point qu’Anne Hidalgo en personne s’est émue de la situation.

https://www.marianne.net/societe/stationnement-paris-sous-une-pluie-de-pv-et-de-bugs-au-moment-de-payer-l-amende-fps

Des parcmètres trop éloignés

Un exemple parmi tant d’autres, rue Étienne Ardoin où le parcmètre est caché derrière un renfoncement et pas facile à trouver.

Rien ne prouve qu’à Biarritz, le recrutement effectué par Streeteo soit aussi approximatif, mais pour avoir observé depuis quelques jours le comportement de ces nouvelles terreurs du bitume, plus rapides à verbaliser que Lucky Luke à défourailler, il ne fait aucun doute que la mairie va devoir très vite revoir sa copie sous peine d’une fronde majeure. Si nos élus payaient comme tout le monde leur stationnement, ils auraient noté que les parcmètres sont parfois fort éloignés de l’emplacement de stationnement, voire même dans une rue voisine. Mais, dans leur volonté de racketter l’automobiliste biarrot, et de faire rentrer de l’argent dans les caisses de la Ville pour financer de somptueuses réussites comme la Cité de l’Océan, aucun n’a remarqué un petit détail : le temps de scanner la plaque minéralogique d’un véhicule et de dresser contravention prend trente secondes maximum à un agent Streeteo. C’est-à-dire beaucoup moins que le temps nécessaire au malheureux automobiliste biarrot pour dénicher un parcmètre en état de marche, taper son numéro d’immatriculation et obtenir son ticket. D’où ces contraventions totalement injustes, où l’automobiliste de bonne foi se retrouve verbalisé.

Ce zèle des nouveaux cow-boys a une explication. Toujours dans l’édition d’« Aujourd’hui » (24/1) une recrue raconte : « Quand tu n’as pas réussi à faire tes 400 voitures, le chef te dit « Si ça continue, tu n’auras pas ta prime ». Édifiant, non ?

Une méconnaissance des contraintes des commerçants

Si vous voulez comprendre pourquoi cette décision municipale est absurde et scandaleuse, lisez le dossier très complet publié sur le sujet par le blog « The Blond Biarrote ».

https://blondbiarrote.wordpress.com/2018/01/24/mobilisation-contre-laugmentation-du-prix-du-stationnement-a-biarritz/.

Nos élus qui se voient souvent beaucoup plus grands qu’ils ne le sont à force de fréquenter à l’Hôtel du Palais le gratin politique du moment, n’ont pas compris que Biarritz n’est pas Bordeaux ou Paris, où les possibilités de transports en commun sont nombreuses.

Le témoignage de Sonia, patronne du Bar’bu, que Michel Veunac doit rencontrer aujourd’hui avec une délégation de commerçants mécontents, est tout à fait édifiant. Habitante de Pétricot, elle n’a pas droit à une carte mensuelle de résidente puisqu’elle vit dans une zone de stationnement gratuit. Et quand elle vient travailler avec son véhicule, car il est difficile de faire autrement pour un commerçant qui a toujours des marchandises à déposer, elle a l’obligation sous peine d’amende de déplacer son véhicule toutes les trois heures. Et ses clients, pendant ce temps, ils patientent ?

https://www.change.org/p/association-du-non-%C3%A0-la-nouvelle-politique-de-stationnement-%C3%A0-

Dimanche soir, une pétition contre la politique de stationnement imaginée par la mairie avait déjà recueilli plus de 5000 signatures. Courageux mais pas téméraire comme on le connaît, notre Michel Veunac va certainement distribuer les bonnes paroles, tenter de gagner du temps, avant de faire machine arrière sur les injustices les plus criantes. Mais que d’énergie gaspillée, de temps perdu et de mépris abyssal des Biarrots.

… Vivement 2020 ! Vivement l’arrivée d’un maire digne de ce nom qui ne signera pas n’importe quoi avec n’importe qui !

POUR SIGNER LA PÉTITION :

biarritz?utm_medium=email&utm_source=petition_signer_receipt&utm_campaign=triggered&j=229263&sfmc_sub=201120117&l=32_HTML&u=41927553&mid=7233052&jb=374197

Une liste de non verbalisables ?

Selon plusieurs sources, Streeteo aurait reçu un listing informatique d’une centaine de véhicules à ne verbaliser en aucune circonstance à Biarritz. Nul doute que Michel Veunac va se faire un plaisir de communiquer à Bisque, Bisque, Basque ! la liste nominative des heureux bénéficiaires. À moins que ce blog ne demande pas son avis au maire comme il l’a fait pour les écuries de Bigueyrie…

La dure condition du godillot

Lettre ouverte à Laurent Ortiz qui vient de prendre ses distances avec Guy Lafite et de quitter le groupe « Esprit Biarritz », tout en conservant précieusement ses mandats.

Laurent Ortiz a les épaules solides, mais la démarche politique hésitante.

Mon cher Laurent,

Pardonne-moi ce tutoiement alors que nous ne nous connaissons pas. Comme je te regarde à l’occasion de chaque conseil municipal, j’ai vraiment le sentiment que tu fais partie de mon paysage familier. Certes, tu n’es pas le plus volubile des conseillers municipaux et l’aumône de la parole t’est rarement accordée par ceux qui dirigent la ville aujourd’hui. Mais comme tu as un visage expressif et du mal à cacher tes sentiments, ce qui est un défaut en politique mais une qualité dans la vie courante, je me suis souvent amusé, lorsque le caméraman municipal condescend à accorder quelques secondes d’image aux godillots de la majorité, à détailler tes colères rentrées, tes indignations et tout ce que tu endures depuis 2014. Et j’ai constaté, Laurent, que tu avais souvent la fumée qui sortait des oreilles, lors des conseils municipaux, ce que je comprends sans peine.

Alerté par Sud Ouest (20/1), j’ai lu avec beaucoup d’intérêt ton texte sur ta page Facebook où tu annonces, ce qui est à ton honneur, que tu vas te « positionner aux côtés de tes amis d’enfance », plutôt qu’aux côtés de cette majorité improbable qui tire à hue et à dia depuis des mois. J’ai aussi scruté ton interview dans Mediabask et je dois reconnaître, malgré la sympathie que j’éprouve pour ta démarche, que j’ai souvent eu le sentiment de me retrouver dans le journal intime d’un puceau venant de découvrir les joies de la chair et vivant son premier chagrin d’amour.

L’illusoire équipe municipale

Voilà bientôt quatre ans que tu as été élu et je suis surpris que tu aies mis aussi longtemps à comprendre. Que pouvais-tu attendre d’une majorité aussi improbable composée de centristes, de transfuges de l’UMP, de gens de gauche et d’abertzale ? Comme le guetteur devant une banque, tu as contribué à ce que des braqueurs sans convictions ni programmes s’emparent de la Ville et des avantages sonnants et trébuchants qui vont avec. Et, depuis, comme il n’y a ni grand timonier, ni programme, ni envie de faire ensemble, tu manges régulièrement ton chapeau, obligé que tu es au nom d’un illusoire pacte de la majorité, de voter comme ton groupe, que ce soit sur l’EPCI ou le confortement des falaises de Marbella. Tu n’as pas un peu le sentiment d’avoir été le dindon de la farce électorale ?

Lafite sera toujours Lafite

Accablé par ton récent chagrin d’amour, tu sembles aussi découvrir qui est le vrai Guy Lafite : « Il n’y a au sein du groupe aucune place pour le débat, pour la concertation. Nous devons obligatoirement penser comme lui », affirmes-tu à Mediabask. Mais comment se fait-il que tu sois le dernier à découvrir ce que tout le monde sait à Biarritz ? Lafite est insupportable d’arrogance et n’a l’esprit d’équipe que lorsqu’il a besoin qu’on roule pour lui. S’estimant d’intelligence supérieure, il ne cache jamais son mépris pour la base et les demeurés qui peuplent sa liste. Tu étais un de ces godillots de la majorité, Laurent, un de ces pions à qui on demande de la fermer et de marcher au pas. François Amigorena, qui était le plus à même de faire de l’ombre à l’énarque vaniteux en a fait les frais le premier, il était normal que ton tour arrive un jour. Bienvenue en politique !

La parole libre devrait être la norme

Ensuite, tu annonces, comme quelqu’un qui prépare un exploit retentissant, que tu vas rester « fidèle à tes amis d’enfance » et retrouver ta « liberté de parole et de vote ». L’ancien rugbyman que je suis, fort de deux décennies de plus que toi, te dira que l’amitié est une vertu suprême et que rien ne doit mettre en péril son lien avec ses amis. Je t’approuve donc pleinement. Mais tu ne te sens pas un peu gêné aux entournures quand tu annonces que tu vas voter librement ? Tu es donc en train de nous dire que depuis quatre ans, la majorité municipale vote « aux ordres » ? Figure-toi que cela s’est vu. Est-ce qu’un conseil municipal ne devrait pas être une assemblée de « sages » où chacun dans son désir de servir au mieux la ville exprime en toute simplicité ses convictions au lieu de se plier au diktat d’une majorité municipale plus préoccupée par ses intérêts que par les citoyens ? Si tu as obtenu des suffrages, c’est pour que tu donnes ton opinion, je te le rappelle, et non pour devenir le porte-serviette des Veunac ou Lafite. Il est vraiment dommage de constater qu’il t’a fallu presque quatre ans pour le comprendre.

Casser les chaînes, toutes les chaînes

Ligoté à ton fauteuil municipal, tu as décidé de te libérer et tous les amoureux de la vie publique ne peuvent que s’en réjouir, tant le fonctionnement de cette majorité municipale, où les coups-fourrés succèdent aux défections, pose problème. Malheureusement, si tu as réussi à retrouver le contrôle d’une main, tu as gardé tes entraves et tes boulets aux pieds, comme tu l’avoues toi-même avec une certaine ingénuité dans ta page Facebook : « Je reste toujours membre de la majorité municipale tout en continuant avec engagement et respect ma délégation aux Sports de glisse, mes mandats au sein de l’Agglomération Pays basque et de l’Association nationale des Elus de Sport ».  Et tu crois nous faire plaisir en te drapant dans tes mandats que, bien entendu, tu poursuis par pur dévouement ? Tu penses sincèrement que tes nouveaux amis Veunac et Lafite vont te faciliter la vie auprès des surfeurs et te laisser briller ? En politique, encore plus qu’ailleurs la demi-mesure est impossible. En 2008, mon épouse s’est retrouvée élue de l’opposition. Peu après le parti socialiste lui a demandé de devenir porte-parole en remplacement de Galery Gouret-Houssein. Avant d’investir Guy Lafite (encore lui !) aux départementales de 2010, alors qu’il fricotait avec Borotra dans la majorité. Tu crois que mon épouse est restée en affirmant qu’elle voterait librement dans l’intérêt des Biarrots ? Elle est partie immédiatement, cédant sa place à Bernard Ithurbide, et j’admire sa façon de faire de la politique.

La politique est l’activité humaine la plus cruelle qui soit. Je sais que ta peine est sincère, Laurent, ainsi que ta révolte, mais la liberté à moitié, ça n’existe pas. Tu n’aurais été crédible dans tes propos qu’en renonçant à tous tes mandats, quitte à te représenter en 2020 dans une liste qui te corresponde, avec des convictions encore plus établies. Là, comme tes amis, j’aurais dit chapeau ! Car entre nous, tu ne prends pas grand risque en conservant tes mandats, puisque Veunac, comme l’a démontré le conflit l’opposant à Nathalie Motsch dans l’affaire des écuries de Bigueyrie, n’est même plus majoritaire au sein de sa majorité et dans l’incapacité de retirer sa délégation à quiconque. Ce que tu fais en reprenant ta liberté tout en conservant tes mandats, n’a pas grand sens, Laurent, et ressemble juste à une posture.

Si tu es capable de percevoir au-delà des mots mordants la sympathie que j’éprouve pour toi, Laurent, partageons une bière et je te raconterai l’histoire d’un chanteur des années soixante-dix, Henri Tachan. Son héros affirmait : « Dans mon parti, Y’a qu’moi et c’est déjà l’merdier ! ». Assez prophétique, non, et tout à fait adapté à Biarritz ?

L’indéférence plutôt que l’indifférence…

Heureuse année 2018 avec le plein d’humour, de dérision et d’impertinence.

Bisque, Bisque, Basque ! est formel : l’excès d’impertinence ne nuit nullement à la santé. Seule la vigilance citoyenne, face à des politiques bien décidés à continuer leurs petits coups en douce, (N’est-ce pas Vincent Bru ? N’est-ce pas Florence Lasserre ? N’est-ce pas Odile de Coral ou Michel Veunac ?) permettra de faire évoluer les mentalités.

Pour que 2018 soit une année heureuse, une seule solution : pratiquez l’indéférence plutôt que l’indifférence !

Une girouette à L’Assemblée… Quel intérêt ?

Interview surréaliste dans Sud Ouest de notre nouveau député. Décidé à vendre ses charmes au plus offrant, Vincent Bru ne sait pas encore quelle casaque il va porter.

Visiblement les brumes de la fête de la veille n’étaient pas tout à fait dissipées, lorsque le très peu charismatique Vincent Bru s’en est allé à la rencontre de Sud Ouest (20/6). Voilà donc un homme qui est le premier surpris de se retrouver élu, mais qui n’a rien prévu, rien anticipé et qui, à l’en croire, ne sait même pas sous quelle casaque il va concourir en arrivant à l’Assemblée nationale, ce qui relève de l’escroquerie absolue pour les électeurs qui lui ont fait confiance. Écoutez-le, c’est à peine croyable, quand on lui demande s’il a repris sa carte du MoDem : « Je suis rattaché au MoDem sur le plan financier, mais je ne sais pas dans quel groupe je siègerai. Peut-être dans celui du MoDem, dans la mesure où ce groupe est loyal envers le Président et le gouvernement ». Et peut-être pas.

La journaliste Emma Saint-Genez n’en revient pas de ce qu’elle entend. Tant de désinvolture et de donjuanisme l’étonne, de la part d’un député qui a deux jours d’ancienneté. Elle se croit obligée de préciser : « C’est pourtant bien François Bayrou, président du MoDem, qui a appuyé votre candidature ?» Et notre volage girouette, qui déteste qu’on lui rappelle ses amours passées, d’avouer du bout des lèvres : « Oui, parce qu’il sait que je suis centriste ».

Soit Vincent Bru est idiot, ce dont on peut douter, soit il est décidé à vendre ses charmes au plus offrant, ce qui est bien plus plausible. Sachant que l’avenir peut s’annoncer compliqué pour Bayrou et sa troupe puisque le Président de la République n’a plus besoin de lui, l’homme de convictions Vincent Bru anticipe et fait du gringue aux Macroniens pur jus, histoire de pouvoir vivre un mandat tranquille au sein de la majorité. La politique dans tout ce qu’elle a de plus consternant, comme ce gros mensonge sur l’UDI où il n’aurait passé qu’un an (Philippe Morel, le délégué départemental, tient les preuves du contraire à disposition de ceux que ça intéresse).

Le fragile maire de Cambo se montre bien imprudent et désinvolte et semble oublier que le nouveau ministre de la Justice est un rancunier, parfois aussi teigneux qu’un officier de gendarmerie qui vous fait souffler dans le ballon un soir de bringue. Si Bru s’avise de faire quelques infidélités à son protecteur béarnais, on risque de voir quelques plumes voler pour notre Zaza Napoli local, comme le surnomme, allez savoir pourquoi, La Marquise de Vérité dans La Semaine du Pays basque.

Un spectacle qui ne fera sans doute pas beaucoup de peine dans le département à nombre de fidèles authentiques d’En Marche.

Article de Sud Ouest du 20 juin.

Pourquoi je suis candidat aux législatives

Sylviane Alaux et Maïder Arostéguy ont du souci à se faire. Je vais les défier le 11 juin prochain dans la VIe circonscription.

Avec, en tête de ce blog, un bandeau intitulé «  Dans mon parti, y a qu’moi et c’est déjà l’merdier », je pensais être totalement à l’abri de ce genre de mésaventure. Mais il faut croire que le métier de député est tellement difficile et mal payé qu’il suscite peu de vocations. Trois partis, et non des moindres, m’ont rendu visite ces dernières semaines pour me convaincre de devenir un futur parlementaire.

Jean Lassalle a été le premier à toquer à ma porte. Venu à pied de son village de Lourdios-Ichère qui n’est qu’à 137 kilomètres de Biarritz, il m’a proposé l’investiture pour être député de son mouvement « Résistons ! » Fervent lecteur du blog, il trouve que j’ai des aptitudes. Malheureusement, quand il m’a demandé d’entonner avec lui un chant béarnais, il a soudain été beaucoup moins convaincu.

Ensuite, ce sont des émissaires de Macron qui sont arrivés avec une liste de tous les randonneurs licenciés du département des Pyrénées-Atlantiques. Ils connaissent tellement peu de monde en dehors du XVIe arrondissement de Paris qu’ils ont estimé que les adeptes du godillot montant comme moi ne pouvaient qu’adhérer à « En marche »  et les représenter. Mais ils ont fui en courant en apprenant que je ne payais même pas l’ISF.

J’aurais adoré être démarché par Mathieu Accoh, charmant professeur de philosophie croisé quelques fois à Biarritz, car « La France insoumise » de Mélenchon, ça me parle et me plaît, mais je n’ai rien vu venir. Alors, en désespoir de cause, je me suis rallié à « Debout la France », parce que ça sonne viril et fait très lever des couleurs pour l’ancien militariste convaincu que je suis. Comme Dupont-Aignan n’avait pas de candidat prévu dans la VIe circonscription des Pyrénées-Atlantiques, le marché a été vite conclu.

Des aptitudes évidentes

Bien sûr, je n’ai pas parlé de cette investiture à mes amis, car je sais que certains vont être déçus. Mais ils vont vite revenir à moi quand je serai élu, car je me prépare très méthodiquement, comme un futur député de haut niveau. Et plus les jours passent, plus je constate que j’ai des atouts à faire valoir pour défendre tous ces électeurs qui ne vont pas manquer de voter pour moi.

– Ma carrière politique est toute jeune, mais s’il est nécessaire pour réussir de changer de casaque aussi souvent que Maïder Arostéguy ou d’être aussi transparent à l’Assemblée nationale que Sylviane Alaux, je suis prêt.

– Pénélope Fillon n’aide son mari que depuis vingt ans. Pour ma part, ça fait trente ans que mon épouse répond au téléphone quand je ne suis pas là et récupère le courrier dans la boîte à lettres. Sans le savoir, elle exerce donc un emploi d’assistante parlementaire à plein temps et comme elle a plus d’ancienneté dans le métier que Pénélope, je lui donnerai l’intégralité de l’enveloppe prévue pour rémunérer mes collaborateurs.

– Mes deux enfants ne sont plus ni collégien, ni lycéen, ils ont même eu le bon goût de décrocher des diplômes et je ne vais donc avoir aucune difficulté à les refiler à un collègue démuni qui les paiera à hauteur de leur mérite, c’est-à-dire beaucoup.

– Un ami, membre du lobby de l’espadrille de Mauléon, m’a déjà donné un tee-shirt à l’effigie de Che Guevara. C’est peu, mais c’est un début. Si vous voulez que je porte beau, n’hésitez donc surtout pas à m’offrir deux costumes à 13 000 €, mais, s’il vous plaît, pas chez Arnys, car ça fait trop catholique réactionnaire.

– Bien évidemment, juste avant mon élection du 11 juin prochain, je vais ouvrir un cabinet de conseil pour faire fructifier l’immense carnet d’adresses que j’ai pu bâtir grâce à Bisque, Bisque, Basque !  Avec un manque d’imagination confondant, certains se contentent pour 50 000  € de vous mettre en relation avec Poutine, tandis que moi je peux pour la moitié vous présenter l’irremplaçable Géronimo, qui vous assurera le succès dans toutes vos entreprises.

– Enfin, je viens de faire un tour dans ma cuisine où je n’ai recensé que trois casseroles, ce qui est un bon début, car je ne cesse de recevoir des promesses de dons depuis que ma candidature commence à être prise très au sérieux dans les milieux politiques. Détail qui ne trompe pas et qui me comble de plaisir, Didier Borotra et Michel Veunac m’ont déjà promis de faire campagne pour moi, tandis que Paul Bismuth hésite encore.

Et comme j’ai toujours été très sport, c’est promis, si je ne suis pas député, je ne serai pas dépité.

… Et, avant de maugréer,  je regarderai toujours la date d’un article publié par un de ces journalistes toujours prêts à raconter n’importe quoi.

Contrat de Sophie Borotra : Veunac savait

Le maire de Biarritz nous a tous promenés. C’est Françoise Pautrizel qui l’affirme au tribunal. Et sans la panique d’un administrateur de la SEM, l’histoire aurait sans doute duré encore fort longtemps.

Deux ans déjà que dure l’opération d’enfumage…

Notre amuseur public, roi de la phrase creuse et ronflante, s’est surpassé depuis son avènement à chaque fois qu’il a évoqué la Cité de l’Océan. C’est entendu, Michel Veunac va « nous faire aimer La Cité de l’Océan », il a un « plan de relance » (qui a consisté surtout à taper les Biarrots, les instances départementales et régionales), et à l’en croire, au hit-parade des Cités naufragées, le bâtiment voulu par Didier Borotra se porte comme un charme.

Quand Sud Ouest, le 7 février 2015, annonce qu’une étude de « recherches d’économies » a été confiée à la société AGC de Sophie Borotra, Michel Veunac fait semblant de tomber de la vague : « Il y a eu deux études qui ont été financées, oui, mais elles font partie du passé (…) Moi, ce qui m’intéresse, c’est regarder devant ». Il est impressionnant, notre grand timonier.

( https://jeanyvesviollier.com/2015/02/08/la-tres-voyante-cecite-de-veunac-et-lafite/)

Quelques mois auparavant, le nouveau maire avait longuement développé en conseil municipal son « plan de relance » pour la Cité de l’Océan et les économies qu’il comptait faire. Mais, – C’est bête ! – ce grand pudique de Michel s’est bien gardé de préciser que cette mission allait être confiée à Sophie Borotra, un nom qui aurait pourtant certainement beaucoup intéressé l’assistance.

Des mensonges éhontés

Aucun doute n’est possible : dans cette affaire, le maire de Biarritz a délibérément menti. Et ce n’est pas Bisque, Bisque, Basque ! qui l’affirme, mais Françoise Pautrizel, la directrice de l’époque de la Cité de l’Océan, à la barre du tribunal correctionnel de Bayonne où elle a comparu mardi dernier en compagnie de Sophie et Didier Borotra. Si la récente retraitée persiste à affirmer qu’elle n’avait pas informé Didier, son patron, de l’engagement de sa fille Sophie, elle est très catégorique lors de son audition par la police sur ce qui s’est passé ensuite : « Elle se souvenait en avoir parlé à Monsieur Veunac quand il est devenu PDG de la SEML Biarritz Océan à la suite de son élection à la mairie de Biarritz. L’éventualité d’une infraction pénale pour la signature de ce contrat et de cet avenant (35 000 € pour ceux qui ont oublié !), vu le lien familial entre M. Borotra PDG de la société et Sophie Borotra ne serait venu ni à l’esprit de Madame Pautrizel, ni de Sophie Borotra, ni de Monsieur Veunac. Ce point n’aurait été évoqué par personne ».

Oh la belle démonstration que voilà, prouvant que non seulement Michel Veunac ment mais qu’il est aussi incompétent puisqu’il dirige la Ville sans avoir la moindre notion de ce qu’est une prise illégale d’intérêt !

Un gentil renvoi d’ascenseur

À moins, à moins, diront les esprits chagrins et les Biarrots qui ont la mémoire longue, que notre bien aimé maire ne se soit livré à un de ces gentils renvois d’ascenseur qu’affectionnent les politiques. Tout le monde se souvient du soutien non négligeable apporté par Didier à Michel pendant la campagne des municipales. Le procureur de son côté a souligné un étonnant concours de circonstances. Le nouveau contrat de Sophie Borotra a été signé quelques jours avant le retrait de la vie publique de son père. Michel Veunac savait donc dès son avènement mais s’est bien gardé de bouger, en affirmant s’intéresser à l’avenir plutôt qu’aux deniers évaporés des contribuables biarrots, ce qui est pourtant son rôle.

Mais il y a mieux encore. Sophie Borotra serait sans doute encore aujourd’hui une consultante camouflée de la Cité de l’Océan, sans la panique d’un administrateur et sans le journal Sud Ouest qui dans cette affaire nous a fait économiser des sommes non négligeables. L’histoire mérite d’être contée.

Panique à bord !

C’est un membre du conseil d’administration de la SEM qui, voyant passer ces peu protocolaires contrats signés avec la fille de l’ancien maire, commence à se dire que tout le monde peut finir en prison avec ce type d’embrouille. Le grand argentier Guy Lafite, lorsqu’il avait été interrogé sur le contrat de Sophie Borotra, avait botté en touche, ce qui avait fait sourire : «  Je ne suis pas au courant de ce contrat. En tant qu’administrateur de la SEM, je ne suis pas tenu de rentrer dans le détail de sa gestion ». La rumeur publique affirme pourtant qu’après en avoir longuement parlé à ses troupes, fort divisées depuis, et avoir livré en public ses états d’âme, ce très bon connaisseur de la vie publique a décidé, alors qu’un renouvellement de contrat est en préparation, de refiler le paquet cadeau en douce à Sud Ouest.  Un acte citoyen qui honore son auteur mais que l’intéressé va sans doute s’empresser de démentir, alors qu’il devrait en tirer gloire et mérite des félicitations. Et cette rumeur est évidemment totalement impossible à vérifier, car je suis trop respectueux du secret des sources pour aller demander quoi que ce soit à Sud Ouest. L’essentiel n’est pas là. Grâce à cet article, la collaboration entre la SEM et Sophie Borotra a cessé et d’un seul coup il n’a plus été question de recherches d’économies.

Pourquoi la SEM n’est pas partie civile ?

Se pose maintenant la question de la restitution de cet argent à la Ville, s’il a été indûment perçu. Ma constitution de partie civile a été jugée irrecevable par le tribunal puisque je n’ai pas subi de préjudice direct. Peu m’importe, puisque l’affaire est devenue publique, ce que je souhaitais. Mais le procureur Vuelta Simon s’est étonné à l’audience : « Je regrette que ni la SEM ni la ville de Biarritz n’aient demandé sa constitution de partie civile » Parce que les deux entités ont décidé de ne pas faire de vagues, ce qui s’impose Cité de l’Océan ? Parce que le maire connaissait trop bien l’histoire et n’a pas jugé bon d’avoir accès au dossier ? Parce qu’il est embêté de demander à son mentor de restituer l’argent indûment perçu ? On n’en sort décidément jamais de ces copinages et coquinages qui font que les politiques deviennent la profession la plus détestée des Français !

À suivre :

On ne réveille pas une opposition qui dort