Veunac si seul en sa Cité…

Veunac si seul en sa Cité

Le petit bâtiment anodin annoncé en 2004 à 8 millions d’euros est en train de dépasser allègrement les 100 millions d’euros. Tout ça pour ça ?

Les repas de famille se déroulent presque toujours ainsi. On mange trop, on s’étouffe, on s’agace, et à mi-repas les vieilles rancœurs ressortent. Ce ne sont pas les conseillers municipaux qui ont participé au marathon du mercredi 30 septembre (quatre heures de délibérations et un programme dense jusqu’à l’indécence) qui vous diront le contraire.

À l’apéritif, tout le monde est consensuel, et les votes sur l’aménagement  d’une piste cyclable (enfin!) ou le réaménagement de la Côte des basques ne suscitent pas de discussion. Mais quand les plats de résistance, mitonnés par la ménagère Veunac, arrivent, La Cité de l’Océan, mais aussi l’Hôtel du Palais et l’extension du stationnement payant (Bisque, bisque, Basque! reviendra plus tard sur ces deux derniers sujets), le moins que l’on puisse dire est que le maire se retrouve bien seul dans ses convictions et que les godillots de la majorité se contentent de regarder leurs pompes et de voter en silence, pendant que l’opposition s’escrime.

Un dépressif face à son bandit manchot

Pour toutes ces raisons, ce conseil municipal de fort bonne facture, autrement plus palpitant qu’un Nouvelle-Zélande-Géorgie de Coupe du monde de rugby, mérite d’être regardé.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

En effet, lorsque notre bon maire a une idée, ce qui heureusement est fort rare, il s’y accroche. Comme un dépressif campé face à son bandit manchot au casino municipal, Veunac est visiblement persuadé que plus on perd, plus il faut miser. Son plan de relance de la Cité de l’Océan passe donc par un nouvel investissement de 6 millions d’euros pour racheter de la quincaillerie ludo-scientifique, alors que les faits montrent que ce type d’équipement n’intéresse personne. Comme notre maire aime les plaisanteries qui durent, il demande donc « simplement » au conseil municipal de voter une subvention de deux millions d’euros pour les premiers investissements… en attendant la suite.

Mais une surprise de taille, que Bisque, bisque, Basque! est en mesure de vous révéler, attend pendant ce banquet la médiocre cuisinière Veunac. Avant le repas, les convives se sont concertés pour évoquer les sujets qui fâchent. Jean-Benoît Saint-Cricq, Bénédicte Darrigade, Pierrette Echevarria et… Max Brisson se sont souvenus qu’il n’était pas interdit de préparer ensemble le conseil municipal quand on est dans l’opposition, et vont donc lancer quelques salves intéressantes sur le pauvre assiégé, si seul en sa Cité.

Un tir groupé de l’opposition

À tout seigneur tout honneur, c’est l’opposant de tout temps à la Cité de l’océan, Jean-Benoît Saint-Cricq, au bout d’une heure de conseil, qui renverse les premières assiettes dans une intervention remarquable (à lire ci-dessous) où il rappelle l’histoire de ce petit bâtiment anodin, annoncé par Didier Borotra pour un coût de 8 millions d’euros et qui va finir autour de cent millions d’euros, ce qui constitue une sorte de record dans la gabegie publique. Avant de refuser « d’approuver ce carnage financier pour soutenir un flop commercial qui se poursuit allègrement depuis trop longtemps« .

Bénédicte Darrigade détaille ensuite « le besoin financier colossal que représente votre plan de relance » avec l’attraction « La plongée dans les abysses » qui coûtera aux contribuables « 1million 250 000 euros en 2017 et le sauvetage dans la tempête pour 1million 200 000 euros en 2018 » et annonce qu’elle s’opposera à la subvention. Précision pour les profanes, la « plongée dans les abysses » et le « sauvetage dans la tempête » sont les noms prémonitoires, choisis par les grands humoristes qui président aux destinées de la Cité de l’Océan. On ne saurait être plus réaliste!

Peut-être piqué au vif par les critiques lui reprochant son opposition inexistante au sein du conseil, Max Brisson (1h11 sur la vidéo) lance l’idée qui fâche et qui pourtant tombe sous le sens : « Votre orientation, c’est de « muscler » ce qui existait. On aurait pu être en rupture, considérer que l’on s’était planté et tourner la page. Vous avez fait un choix différent (…) Vous ne pouvez pas échouer. Si vous échouez, nous allons plomber définitivement les finances de la Ville« . Il faut parfois savoir tourner la page, ce que Veunac ne sait visiblement pas faire. Et on connaît un « Gros Poupon » qui n’a pas fini d’être pensif jusqu’en 2020, le matin en se rasant.

Frédéric Domège se veut plus nuancé, mais remarque qu’on n’a pas vu « dans la liste d’aujourd’hui de sociétés privées« , alors que le maire les avait annoncées avec emphase.  Pour les Biarrots, malgré ses doutes personnels, il souhaite la réussite de ce plan de relance et s’abstient donc.

Maïder Arostéguy enfin (1h17 sur la vidéo) finit de nettoyer la table, en estimant que « l’économie de la mer est l’avenir de notre territoire » et en s’étonnant «  de la disparition des partenaires privés dans la Cité de l’Océan » avant de conclure face à l’utilisation de l’argent public « Pourquoi est-ce la puissance publique au lieu du privé qui joue ainsi à la roulette russe? »

Veunac, à l’image de ses mères de famille qui ne veulent pas voir les haines familiales pour se persuader que leur repas se déroule au mieux, botte en touche en annonçant qu’il « ne peut en dire plus, mais que des partenaires privés se déclareront avant la fin de l’année », avant de fustiger avec arrogance tous ceux qui traînent des pieds : « Plus j’avance vers la réussite, plus vous devenez amers et agressifs ».

Pauvre homme, il n’a pas vu les convives rire sous cape autour de la table en se répétant que, décidément, « Veunac est en cécité sur sa Cité« ?

 

Jean-Benoît Saint-Cricq décrypte les enjeux

Monsieur le Maire, mes chers Collègues,

Personne ne sera surpris que ce plan de relance ne suscite pas notre approbation. Déjà le 24 septembre 2004, lors du lancement de cette opération en maîtrise d’ouvrage publique, nous avions émis des réserves sur ce projet.

Je rappelle qu’à l’époque, il s’agissait d’engager seulement 8,380 M€ pour la construction et la réalisation de la Cité du Surf, scénographie incluse. Puis, au fur à mesure, nous avons vu le projet enfler jusqu’à la démesure.

Dès 2005 avec le choix de Steven Holl contre l’avis du jury, le projet est monté à 15 M€. Puis, en 2007, votre prédécesseur à qui nous avions dit que l’urgence était de rénover le Musée de la Mer, a sorti de son chapeau de prestidigitateur le PPP, partenariat Public Privé pour nous dire qu’il allait tout faire. Le coût a bien sûr enflé.

Pendant la campagne 2008, nous avions estimé à 64 M d’Euros le coût pour le contribuable. Votre prédécesseur jurait quant à lui dans ses documents de propagande que le coût serait de 30 M€. Bien sûr, nous ne parlions pas de la même chose. Il parlait du coût pour l’opérateur Vinci et nous du coût pour le contribuable.

Au résultat sitôt la campagne passée, nous avons su que nous nous étions trompés… en sous estimant encore le coût de l’opération. Ce n’était pas 64 M€ mais 80 M€. Et encore, sans compter avec les suppléments, 5 M€ pour chacune des structures. Il a fallu payer la nouvelle entrée du Musée sous dimensionnée puis aménager l’Atalaye, et à la Cité du Surf, il a fallu payer le rond point, les abords et la salle supplémentaire. Total : 90 M€ pour une ville de 25.000 habitants.

J’évoquerai à peine les démêlés juridiques de ce dossier. Nous avions dit que ce montage financier choisi pour tenter de planquer l’endettement sous le tapis était strictement illégal et coûteux. Le Conseil d’Etat m’a donné raison et a censuré ce montage ruineux. Vous avez donc choisi de résilier le PPP, pour des raisons qui vous regardent alors que rien ne vous y obligeait. De fait, vous auriez pu résoudre le contrat et remettre le dossier sur la table en renégociant sur la base du vrai coût de la construction car rien ne dit que ces bâtiments que nous aurons payé 42,5 M€ à leur constructeur et qui nous reviennent au double avec les prêts bancaires aient vraiment la valeur qui nous a été facturée.

Nous savons que cette affaire s’est avérée spécialement ruineuse à la réalisation et parfaitement illégale.

Qu’en a-t-il été de l’exploitation ? Hélas comme nous l’avions prévu ce fut une véritable catastrophe.

Dès la première année 2011 vous affichiez 25.000 € de pertes malgré 388.000 € de subventions d’exploitation officielles et 600.000 € de subventions indirectes sous forme de loyer Vinci non répercuté sur la SEM et payé par la Ville, soit un coût pour les Biarrots de 1.013.000 € aux quels il faut ajouter les 500.000 € de l’inauguration, soit 1.513.000 €.

Pour 2012 vous affichiez 297.000 € de pertes malgré 400.000 € de subventions d’exploitation officielles et 600.000 € de subventions indirectes sous forme de loyer Vinci non répercuté. La facture s’élevait à 1.297.000 €.

Pour 2013 vous affichiez 610.000 € de pertes malgré 300.000 € de subventions d’exploitation officielles et 600.000 € de subventions indirectes sous forme de loyer Vinci non répercuté. La facture s’élevait à 1.510.000 € auxquels il faut ajouter les 500.000 € de l’exposition sur les pôles, soit un coût de 2.000.000 € !

Pour 2014 vous affichez encore 549.000 € de pertes malgré 300.000 € de subventions d’exploitation officielles et 600.000 € de subventions indirectes sous forme de loyer Vinci non répercuté. La facture s’élevait à 1.449.000 €, sans parler du coût des animations 167.000 € autour de la Cité pendant l’été qui, bien sûr, n’ont fait entrer personne dedans !

Pour 2015 nous avons vu le loyer versé annuellement à la ville encore allégé de 400.000 € ce qui signifie que pour les 25 ans restant à courir pendant lesquels Biarritz remboursera (désormais à DEXIA puisque Vinci a rendu les clefs) 1.800.000 € par an, la SEM ne paiera que 800.000 € et nous 1.000.000 €, soit 25 M€ au total !

Ainsi, depuis le début de cette exploitation, en 4 ans seulement ce gouffre Biarrot aura englouti 90 M€ à la construction et accumulé des pertes pour un montant de 6.426.000 €.

Aussi, lorsque nous voyons que tout ce que vous nous proposez ce soir, consiste à engager un programme de relance de 5.301.000 € supplémentaires pour la Cité de l’Océan répartis sur les quatre prochaines années, nous ne pouvons que nous insurger. Ce que vous allez mettre dans ce bâtiment n’est pas nouveau, ce ne sont que quelques attractions semblables à celles déjà en place.

Monsieur le Maire, il serait temps de voir les réalités en face. Ce projet d’un autre temps ne peut pas attirer suffisamment de visiteurs pour trouver un équilibre d’exploitation. Vos amis politiques vous ont peut-être fait plaisir en souscrivant au capital de votre joujou, mais personne ne vous soutiendra longtemps dans cette voie.

Cette gabegie de dépenses est une insulte faite à ceux qui travaillent durement pour gagner leur vie. Ne voyez vous pas que la société française et européenne souffre ? Ne voyez vous pas que nos citoyens ploient sous l’impôt ? Ne voyez vous pas que les dotations de l’Etat aux collectivités locales sont en train de fondre comme neige au soleil ? Ne regardez vous pas l’actualité et ne voyez vous pas toutes ces personnes en détresse qui frappent aux portes de l’Europe et que nous serons amenés à accueillir à grand frais ? Pensez vous sincèrement que les familles qui ont à nourrir leurs enfants vont aller gaspiller 50 € pour entrer dans votre mini parc d’attraction et regarder des animations 3D ? Croyez vous que les surfeurs vont perdre leur temps dans votre bâtiment alors qu’ils ont de vraies vagues à surfer ?

Cessez de rêver Monsieur le Maire. Vous allez une fois de plus dans le mur en ne changeant pas de projet. « L’espèce de Musée » qui était soutenu lors des dernières élections par près de la moitié de la population biarrotte aurait été une bonne idée, à en juger par les 450.000 visiteurs qui se sont déplacés pour voir l’exposition Jeff Koons à Bilbao. Si vous aviez porté un projet culturel fiable, nous vous aurions soutenu. Ne comptez pas sur nous pour approuver ce carnage financier, pour soutenir un flop commercial qui se poursuit allègrement depuis trop longtemps.

L’argent public est trop précieux.

 

Incantation ne vaut pas action…

Orage

L’orage menace la Cité de l’océan, mais entre les opposants qui ne s’opposent pas et les élus de la majorité qui font assaut d’esprit courtisan pour louer le grand sorcier Veunac, capable de faire tomber la pluie, les Biarrots ont vraiment de quoi se faire du souci.

C’était le dixième conseil municipal présidé par Michel Veunac, jeudi 23 juillet,  depuis son élection en 2014. Et sans conteste le plus nul de tous! Entre les opposants prudents, façon Domège ou Darrigade qui s’opposent sans trop vouloir fâcher le maire, les opposants toujours d’accord avec le maire, au moins jusqu’aux élections régionales, façon Brisson, les repentis, style Claverie ou Destizon, qui font assaut de flagornerie  pour faire oublier leur hostilité passée à la Cité de l’océan (une indemnité d’adjoint, c’est précieux!), et les révoltés d’une seule séance, comme François Amigorena, sagement rentré dans le rang cette fois-ci (encore une indemnité d’adjoint!), on a envie d’inventer un décret municipal interdisant à Jean-Benoît Saint-Cricq de prendre des vacances, pour qu’il y en ait au moins un dans cette assemblée qui offre aux Biarrots une parole de bon sens, libre et dénuée de calculs à court terme.

Encore un million à payer pour les Biarrots à la rentrée

Car disons-le tout net, on vient d’assister à un double enfumage, cette semaine à l’Agglo et à la Ville. La députée Colette Capdevielle a raconté les conditions de vote surréalistes, mercredi soir, qui ont amené les élus de l’Agglo à entrer à hauteur de 400.000 € dans le capital de la Cité de l’océan : pas un document, un chiffre, un élément de réflexion à disposition des élus, priés de voter sans barguigner! Jeudi soir, à Biarritz, dans la salle du conseil municipal, mêmes esquives des questions qui fâchent. Après le 1,5 million d’euros accordés au BO, voilà encore 800.000 euros qui s’échappent de la trésorerie municipale entre l’entrée au capital à hauteur de 400.000€ et la baisse de la redevance pour la même somme. Mais ce n’est qu’un début et la ponction va se faire encore plus amère dans les semaines à venir!

En privé, tous les élus ne parlent que de la décision de Michel Veunac, de se tourner à nouveau vers la Région, L’Agglo, le conseil départemental et… la ville de Biarritz pour trouver à la rentrée 6 millions d’euros afin d’investir dans de nouvelles attractions après avoir recapitalisé la Cité naufragée. Et tous les élus sont à peu près d’accord pour dire que la douloureuse devrait s’élever pour les Biarrots à un million d’euros. Alors comment se fait-il qu’il ne se soit pas trouvé un seul élu pour poser la question publiquement au lieu d’encenser pendant toute la séance le maire pour la façon dont il a conduit ce dossier?

Je te tiens, tu me tiens par la barbichette…

Quel lien entre le ludo-scientifique et l’économie de la mer?

De la même façon, le grand sorcier Veunac, roi de l’incantation qui remplace l’action, (« Je vais vous faire aimer la Cité de l’océan!« ) a longuement expliqué qu’il fallait désormais résolument se tourner vers l’économie de la mer. Excellente idée, mais comment? On aurait aimé qu’un conseiller municipal insiste un peu et demande quelques éléments de réponse à notre brillant sorcier, qui comme ceux qui font la danse de la pluie, se disent qu’un jour ou l’autre elle finira bien par tomber! Allez savoir, peut-être qu’un jour un visiteur va rentrer spontanément à la Cité de l’océan!

Quel lien entre la quincaillerie obsolète et ringarde qui peuple l’actuel bâtiment de la Cité de l’océan, et l’économie de la mer? Nul ne le sait, et Veunac s’est bien gardé de l’expliquer, mais aucun des élus n’a eu la curiosité de poser la moindre question. Veunac s’apprête une nouvelle fois à lever des fonds publics, alors que ce n’est pas le rôle de l’Agglo ou de la Région, pour « investir ». Comme un alchimiste un peu ridicule, persuadé d’avoir trouvé la recette pour transformer le plomb en or, il nous annonce une nouvelle attraction sur le surf. Ce qui semble confirmer qu’il veut continuer avec la même société marseillaise qui lui a vendu ce ludo-scientifique des années 50. Et personne ne lui pose de questions? Et tout le monde trouve cela normal? Eh, les conseillers municipaux, vous vous souvenez que vous êtes censés être les porte-paroles des Biarrots et non les cireurs de pompes du porteur d’écharpe tricolore?

Si Veunac avait un tout petit peu de respect pour les administrés qui l’ont fait roi, il organiserait un référendum, qui coûterait à la Ville beaucoup moins cher que tous les donneurs de leçons (Nausicaa, L’aquarium de la Rochelle, Le Futuroscope…) qu’il a fait venir au chevet de la Cité naufragée., Et l’on saurait enfin si les Biarrots voient un quelconque avenir ludo-scientifique à la Cité de l’océan ou souhaitent que l’on en finisse définitivement avec cette quincaillerie informatique d’un autre âge, qui n’intéresse personne. La population qui décide, au lieu du maire tout seul, voilà qui aurait de l’allure…

Mais quand on a fait ses classes sous Borotra…

 

Les doutes de Maïder Arosteguy

Maïder Arosteguy n’a pas apprécié que le conseil municipal soit  déplacé à fin juillet, l’empêchant d’y participer. Fort gentiment, elle a adressé, la semaine dernière, un texte à « Bisque, bisque, Basque! » :

« Je ne serais pas à ce conseil municipal. Une fois de plus les dates ont été changées! Mais, en accord avec le président du conseil départemental, je voterai pour la recapitalisation de la SEM.

Je suis, en revanche, formellement opposée à toute nouvelle subvention d’investissement et je l’ai dit à Jean-Jacques Lasserre. Je transige donc sur le capital et souhaite qu’une fois remise en état, la machine puisse repartir sur des bases saines et nouvelles. Enfin, nouvelles, j’en doute.

C’est le dernier geste destiné à remettre l’outil sur les rails. Mais c’est le cœur lourd que je me prête à ce marché de dupes ».

Le bal des cireurs de pompes

chaussure-glacage

Michel Veunac a pu repartir heureux du dernier conseil municipal. Ses chaussures brillent comme jamais.

Biarrots, vous pensiez vous en tirer avec une nouvelle rallonge de 400.000 €, avec la Cité de l’Océan, comme votre blog favori vous l’avait annoncé? En réalité, il vous en coûtera 800.000 €! En effet, non contente de participer à hauteur de 400.000 € à la recapitalisation de la Société d’Économie Mixte (votée à l’unanimité moins quatre abstentions), la ville de Biarritz vient de réduire  la redevance annuelle que versait la SEM de 1,2 million d’euros à 800.000 euros (Vote à l’unanimité). C’est donc 400.000 € de plus qui s’évaporent des recettes et qui feront défaut aux associations, aux écoles ou à l’entretien.

Croisé peu avant ce conseil municipal, Guillaume Barucq s’était permis un trait d’impertinence : « Heureusement qu’on a des débats contradictoires au sein de la majorité, parce que l’opposition ne nous malmène pas beaucoup ». Le propos était visiblement prémonitoire et le conseil d’hier s’est distingué par la pauvreté des points de vue exprimés et par le surprenant concours de flagorneries adressées à Michel Veunac qui va finir par se prendre pour un grand maire, si ce n’est déjà fait. Un conseil, d’une pauvreté affligeante, à ne regarder que si on n’a vraiment rien d’autre à faire.

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19h11, Michel Veunac : « Ces nouveaux actionnaires (La région, l’Agglo, le Conseil départemental) ne sont pas venus pour le sauvetage d’un bateau qui va couler, ils sont venus parce qu’ils y croient« 

… C’est certain, personne ne pensait aux futures régionales!

 

19h15, Michel Veunac : « La SEM a été écrasée par un loyer démesuré et déraisonnable…« 

… Mais qui sont les imbéciles qui ont voté ce loyer?

 

 19h24, Michel Veunac lit une lettre de Max Brisson qui, bien évidemment soutient le maire : « Il faut préserver un outil de gestion qui a dû supporter un certain nombre d’erreurs initiales d’investissement et un équilibre économique irréaliste…« 

… Espérons que les malvoyants qui ont fait couler la Cité de l’Océan, ne font plus de politique!

 

19h32, Nathalie Mosch : « Ce n’est pas un sauvetage, mais un équipement qui a convaincu nos partenaires qu’il pouvait avoir une seconde vie…« 

… Nathalie vient de prononcer sans s’en rendre compte  l’oraison funèbre de la première vie de la Cité de l’océan!

 

19h40, Peio Claverie : « Nous avons dans la mandature précédente, beaucoup combattu ce projet. Nous avons critiqué le PPP, la communication, le contenu pas digne du projet (…) Je sais, Monsieur le maire que vous nous avez mis sur la bonne voie. Je suis persuadé que Biarritz-océan, tel que vous le dessinez, c’est l’avenir. Bien sûr que nous allons voter et, à titre personnel, je vous remercie de votre engagement »« 

Selon que vous serez dans l’opposition ou dans la majorité…

 

19h45, Guillaume Barucq : « Moi aussi, j’ai combattu la Cité de l’océan. Grâce à votre engagement, nous avons enfin des signes encourageants. Surtout, on a les gens qui s’approprient cette cité, qui prennent l’habitude d’y aller…« 

… Venir assister aux concerts gratuits ne signifie pas payer son ticket d’entrée!

 

19h15, Patrick Destizon, à son tour, joue les bourgeois de Calais : « Moi aussi, je me suis opposé à la Cité de l’océan depuis 2005. Mais il y a un certain nombre de levées d’hypothèques qui nous paraissent réalistes. Nous vous remercions..« 

… Un dernier coup de brosse à reluire, et les chaussures de Veunac seront parfaites!

 

19h50, Guy Lafite : « Un quart des recettes de Nausicaa, à Boulogne-sur-mer, viennent des boutiques et de la restauration…« 

… Avec zéro visiteur par jour, ce n’est peut-être pas la peine de faire de gros efforts dans ce domaine…

 Les tours de passe-passe de la majorité

 Grisé par son succès, Michel Veunac s’est même permis de plastronner en fin de conseil : « Quel dommage que Saint-Cricq ne soit pas là! » Effectivement, Jean-Benoît Saint-Cricq, comme Richard Tardits et Maïder Arostéguy s’étaient fait excuser pour cause de vacances. Peu avant, les interventions de Frédéric Domège et Bénédicte Darrigade, (19h26 et 19h28) se sont montrées pertinentes, en traduisant les inquiétudes des Biarrots, mais n’ont pas soulevé les problèmes de fond posés par cette recapitalisation et cette réduction de la redevance.

« Je me réjouis que l’Agglomération, le Conseil départemental et la Région volent au secours de la Cité de l’océan, affirme Frédéric Domège. Mais, comme beaucoup de Biarrots, j’ai l’impression d’avoir été un peu trompé sur la marchandise« . Bénédicte Darrigade, elle non plus, n’a pas beaucoup d’illusions sur cette « opération que l’on pourrait qualifier de hasardeuse, lors de la précédente mandature« . Elle affirme son souhait de « sortie de l’ornière pour ce complexe touristique« , mais est parfaitement consciente que « le besoin financier futur sera colossal »

Deux analyses respectables, suivies d’abstentions logiques, mais qui ne soulignent pas assez les deux tours de passe-passe auxquels se livrent l’actuelle majorité.

Veunac a très bien fait la manche auprès des collectivités. dans la perspective des futures élections régionales, mais est-ce le rôle de la Région, de l’Agglo ou du conseil départemental de dilapider ainsi de l’argent public et de stopper d’autres projets, autrement plus intéressants, et qui concernaient l’ensemble des contribuables?

Par ailleurs, tous les flagorneurs de service, ont salué le virage amorcé par Michel Veunac en direction de l’économie de la mer. C’est sûrement une bonne direction, mais que fait-on en attendant de nos attractions à deux balles « dignes des films de fiction des années cinquante », comme les avaient qualifiées François Amigorena, lors d’un précédent conseil. Le même, qui s’est distingué hier soir par sa discrétion. Comment relie-t-on ce grand bateau désespérément vide et sans le moindre intérêt à ce projet? Sur le sujet, Veunac a été étonnamment court et l’on regrette que son meilleur opposant, l’avocat Saint-Cricq,  n’ait pas pu en découdre avec lui.

En attendant, si vous croisez Michel Veunac demain, mettez surtout vos lunettes de soleil, car ses chaussures brillent tellement avec tous ceux qui se sont escrimés dessus, que vous risquez d’être éblouis.

 

Le toupet de Vinci

 Dans le cadre du PPP, Vinci facturait à la Ville 400.000 € par an de frais de maintenance pour la Cité de l’Océan. Avec la sortie du PPP, la municipalité s’est logiquement lancée dans un appel d’offres pour effectuer la maintenance du bâtiment. Et là, surprise, Vinci a postulé et a proposé un contrat d’entretien pour… 145 000 € annuels. Quel aveu!

Désormais, le BO a de l’avance

Bo a de l'avance

Pau qui rit et le BO qui pleure. Mais le premier a Total comme sponsor et le deuxième presque totalement rien.

Les esprits chagrins diront que Michel Veunac ne tient pas ses troupes. Ne redoutant pas d’être taxé de Veunacophilie primaire, Bisque bisque Basque! saluera pour sa part la qualité de la discussion qu’a présidée le maire de Biarritz, lors du conseil municipal du 17 juin à propos de l’avance de 1,5 million d’euros, à consentir au Biarritz Olympique.

Pour avoir vécu en direct, en 2008, le débat sur la naissance de la Cité de l’Océan, avec un Borotra qui refusait toute note discordante dans sa majorité, on imagine sans peine ce qu’aurait donné le conseil d’hier avec Cher Didier aux commandes : dix élus de la majorité  chargés de relayer la pensée du magistrat suprême, afin de noyer l’assistance sous une logorrhée verbale et des opposants à qui on coupe le micro, dès qu’ils ont le malheur de déplaire au commandant suprême.

Bisque bisque Basque! n’est pas devenu soudain fan de Michel Veunac ( qui sur le dossier de la Cité de l’Océan met un entêtement qui frise le ridicule à poursuivre dans le ludo-scientifique ! ), mais le nouveau maire doit être salué comme il convient pour le respect de la démocratie qu’il manifeste et  pour son écoute de tous, y compris quand des membres de sa majorité s’opposent à lui.

Mercredi soir, le conseil municipal a été ce qu’il doit être : un lieu où des citoyens de sensibilité différente s’expriment, échangent et débattent avec passion et sincérité. Tous les conseillers municipaux, qu’ils aient voté pour ou contre cette avance de 1,5 million d’euros, doivent donc être félicités pour la belle image de la politique qu’ils ont donné aux Biarrots, ce qui nous change agréablement des élections départementales.

Alors, au lieu de vous fier à l’homme qui connait l’homme qui a assisté au conseil municipal, installez-vous devant votre ordinateur et jugez-par vous-même. Les interventions sont nombreuses et passionnantes. (début à 1h20 et fin à 2h50)

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

 

Arosteguy, Barucq, Amigorena, Tardits contre le reste du monde

Pour justifier le versement au BO d’1,5 million d’euros au lieu des 300 000 prévus, Michel Veunac explique qu’il « ne s’agit pas d’une subvention de fonctionnement mais d’un contrat dont nous avançons le solde« .

Guillaume Barucq s’étonne : « Ce sujet ne fait pas partie du pacte municipal présenté aux Biarrots en 2014. On peut se demander dans quelles conditions une municipalité peut verser par anticipation une subvention de cinq ans. Je n’ai trouvé aucun exemple. »  Et le médecin biarrots de conclure :  » Ces montants paraissent disproportionnés par rapport à nos moyens actuels « , déclenchant des applaudissements de la salle, ce que la loi interdit et que Michel Veunac a le bon goût de ne pas relever.

Tandis que Max Brisson, absent, fait savoir qu’il votera la subvention, Maïder Arosteguy, elle aussi retenue par ses obligations professionnelles, annonce dans une lettre lue par Pierrette Echevarria qu’elle vote « contre cette délibération qui ne prépare en rien l’avenir et obère le présent ». Elle se demande comment réagiraient les citoyens si le fisc les ponctionnait cinq ans à l’avance.

Très cinglant peu avant sur la Cité de l’Océan et «  ses animations sorties d’un film de science-fiction des années cinquante », François Amigorena estime que « l’argument de reconstitution de trésorerie du BO ne tient pas » et que l’avenir du club est « loin d’être clair et solidement ficelé« .

Quant à celui qui connait le mieux le monde du sport professionnel, Richard Tardits, il annonce qu’il ne votera pas cette avance de trésorerie et souhaite que le BO, donne quelque chose en contrepartie à la Ville en matière de disponibilité du stade pour les jeunes, si le vote lui est favorable.

Darrigade, Brisson, Domège, Poueyts sans surprise

Frédéric Domège, à qui Max Brisson a donné procuration, vole sans surprise au secours du BO :  » Cette histoire, c’est la nôtre, c’est notre bien commun. On peut reprocher aux dirigeants une communication déplorable, mais le vrai responsable, c’est l’évolution du rugby professionnel ».

Bénédicte Darrigade fait sobre : « Je choisis de soutenir le BO, je choisis de soutenir Serge Blanco ».  Alors que les Abertzale avançaient des préoccupations sociales aux élections départementales, Michel Poueyts n’a pas un mot sur les conséquences qu’aura ce vote sur les associations de la Ville et préfère évoquer LE match qu’il a joué en équipe première du BO pour justifier son vote : « Solder une dépense que la Ville doit au BO, c’est naturel, et, en sport, ça s’appelle renvoyer la balle« .

Saint-Cricq, roi du contrepied

Le débat semble très équilibré et bien malin celui qui pourrait pronostiquer le résultat du vote final. Tout le monde attend donc l’intervention de Jean-Benoît Saint-Cricq, persuadé que l’avocat biarrot va se lancer dans une de ces charges dévastatrices dont il a le secret. Et au lieu de cela, le meilleur opposant à Michel Veunac ose une de ces relances improbables, si chères jadis à Serge Blanco!  » C’est sans crainte que cette avance peut être consentie. (…) Le club n’a pas eu le soutien d’une Ville qui lui doit tant.(…) Ne pas faire cette avance, c’est mettre le BO dans une situation intenable « . Et l’homme qui passe à la loupe l’utilisation des deniers publics de poursuivre sa démonstration : il n’est pas normal, alors que l’ancienne tribune menaçait de s’écrouler, que ce soit le BO qui ait avancé l’argent pour la construction de la tribune Kampf, la Ville se contentant de rembourser 300 000 euros par an. « De toutes façons, cet argent on le doit, et si on le donne pas immédiatement au BO, c’est à un liquidateur qu’on va devoir le verser ».  Et l’avocat de conclure : « J’ai vérifié, il n’y a aucun risque de payer deux fois« 

Trente minutes après l’intervention de Guillaume Barucq, une nouvelle salve d’applaudissements résonne dans la salle du conseil municipal.

Michel Veunac se garde bien d’intervenir, car désormais il joue sur du velours avec Guy Lafite. Le grand argentier explique que ce vote va obliger à faire un emprunt pour allouer cette somme au BO, mais que les taux étant très bas, sur cinq ans, les intérêts ne devraient s’élever qu’à 40 000 euros, ce qui est beaucoup pour un particulier mais peu pour une ville moyenne comme Biarritz.

Guillaume Barucq, qui avait demandé un vote à bulletins secrets, avoue son trouble après les arguments échangés, et renonce à sa demande, tout en maintenant son opposition à l’avance. Au final, il n’y aura que sept opposants.

Interrogé un peu plus tard, Jean-Benoît Saint-Cricq, héros involontaire de la soirée, ne cachera pas qu’il a évolué dans sa réflexion : « Quand j’ai reçu l’ordre du jour et que j’ai vu cette avance à voter de 1,5 million d’euros, j’ai immédiatement été contre. Puis en analysant le dossier, en consultant les comptes du club, je me suis rendu compte que c’est la Ville qui était en tort vis à vis du BO et que la moindre des choses c’était de lui rendre justice » .

Décidément, en sport comme en politique, les meilleurs sont toujours ceux qui sont là où on ne les attend pas!

BO : les pitoyables manigances de Veunac

Manigances 2

Le problème majeur du BO? Une assistance clairsemée qui s’est souvent fort ennuyé toute cette saison…

Notre irremplaçable Michel Veunac nous l’avait joué catégorique, il y a un an à peine, lors du Conseil municipal du 12 juin 2014. Cette subvention de 400 000 euros accordée au BO était « EX-CEP-TIO-NNE-LLE! » et allait permettre à la Ville de contrôler les comptes et de remettre de l’ordre dans la maison rouge et blanc. Et ne voilà-t-il pas, que Le-grand-menteur-qui-nous-dirige nous sort de son sac de sport, à cinq jours du prochain conseil municipal une subvention de 1,5 millions d’euros à octroyer toutes affaires cessantes au BO. Avec une explication qui vaut son pesant de Dolpic. Par le biais d’une convention de partenariat signée en 2005, la Ville s’est engagée à verser au club 300 000 euros jusqu’en 2020. Et notre Mozart des Finances, notre grand argentier Lafite, qui n’est jamais en retard quand un mauvais coup se prépare, d’affirmer, péremptoire comme à son habitude (Sud Ouest, 13/6) : la Ville « ne fait que solder la subvention qu’elle avait prévue de verser au BOPB jusqu’en 2020« . Les Finances, c’est simple comme du Lafite, comme on l’a déjà vérifié dans cette magnifique opération de la Cité de l’Océan!

Subvention à entité virtuelle

En réalité, Mimi et Guytou sont tellement débordés par leur dur labeur qu’ils ne doivent pas lire les journaux et savoir qu’une éventuelle fusion est dans l’air entre leur cher BO et l’Aviron bayonnais. Alors que les Finances de la Ville sont exsangues, qu’on mégote sur le nettoyage, sur le personnel municipal et sur les réparations indispensables, ce que demandent nos deux larrons à la majorité, c’est tout simplement de balancer toutes affaires cessantes 1 milliard d’anciens francs à une structure professionnelle, qui, dans quelques jours n’existera peut-être plus. Et de parier sur une entité virtuelle biarrobayonnaise, aux contours imprécis, dont on ne sait rien ou presque. Est-ce vraiment la gestion que l’on doit attendre d’un maire et de son adjoint aux Finances, qui ne savent pas de quoi sera fait l’avenir sportif et financier du BO, mais qui sortent le carnet de chèques sans barguigner?

Les bénévoles vont trinquer

Et qu’on ne vienne pas nous faire un procès comme quoi on serait anti-BO ! Nous sommes tous tristes de voir ce club magnifique tombé si bas et n’espérons qu’une chose : son retour à l’équilibre sportif et financier. Et il n’y a pas un élu dans cette Ville à qui on peut reprocher d’être indifférent au BO. Mais il faut bien avoir conscience que, lorsqu’on octroie un million cinq cents mille euros de subventions à un club professionnel, c’est autant que l’on prend aux associations et à tous ces bénévoles qui font la richesse de la Ville… Dimanche dernier, des enfants d’un club de gym de Biarritz disputaient les championnats de France, sans avoir reçu la moindre aide. Ce sont les parents qui se sont débrouillés pour assumer les frais. Est-ce logique? Une fois de plus, l’argent octroyé au BO, sera retiré aux sauveteurs en mer, aux associations à vocation sociale et à tous ces foyers de vie remarquables de Biarritz. Est-ce souhaitable?

L’heure de vérité pour les élus

Avec le vote de cette subvention et le plan de relance de la Cité de l’Océan, qui a consisté pour Michel Veunac à faire la manche auprès de la région et de l’Agglo, le prochain conseil municipal du 17 juin s’annonce passionnant. Va-t-on voir une majorité « godillot », qui ronchonne en douce mais vote comme un seul homme, ou va-t-on enfin voir des citoyens plein de bon sens oser défier leur maire? Avec beaucoup de courage, Guillaume Barucq, dont on ne peut mettre en cause la passion pour le BO et pour le rugby, a annoncé qu’il voterait contre cette subvention. On espère qu’il y en aura d’autres dans la majorité, et en particulier du côté des abertzale, qui ont toujours affiché une fibre sociale et qui trahiraient leurs électeurs avec ce vote. Et l’on guettera avec attention l’attitude de l’opposition. Le premier-opposant-candidat-à-tout Max Brisson, va avoir du mal cette fois à invoquer une tempête de neige pour justifier son absence. Son vote sera intéressant à suivre et les Biarrots pourront vérifier s’il est plus préoccupé par la défense de leurs intérêts ou par les cajoleries pré-régionales à Michel Veunac. Même occasion pour Frédéric Domège et Bénédicte Darrigade d’envoyer enfin un signal clair à leurs supporters après le désastre des départementales.

Et pour tenter de sourire malgré la morosité ambiante, on s’amusera de l’absence de sens politique de Veunac et de la ruse de son alter ego, Jean-René Etchegaray. Quand l’un sort du vestiaire, fait des moulinets et brasse de l’air, l’autre a bien compris, en fin politique, qu’il n’y avait que des coups à prendre dans cette affaire de fusion qui enflamme le Pays basque et cherche surtout à se faire oublier…

Mais si Veunac était doué en politique, depuis le temps, quelqu’un aurait bien fini par s’en apercevoir!

La réaction d’un ancien élu

Militant communiste, membre du conseil municipal de 2010 à 2014, Bernard Ithurbide a souhaité réagir à cette décision de subventionner le BO à hauteur de 1,5 million d’euros. En 2013, alors qu’il est un fou de rugby absolu, il n’avait pas hésité à refuser une subvention de 300 000 euros au club de son cœur. Voici son message du jour et son intervention de l’époque :

J’ai, malheureusement, l’impression que la population est plus préoccupée par la fusion que par la perfusion que le gouvernement est en train de lui administrer ! Pour ma part je n’aurai pas été choqué que le BO reste seul en Pro D2 et remonte à la force (basque) des poignets avec un maximum de joueurs du crû. D’autres clubs le font, ou essaient de le faire, et c’est tout à leur honneur, même si c’est long et difficile. Ne parle-t-on pas de la glorieuse incertitude du sport?

Sportivement et amicalement.

Bernard

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SUBVENTIONS  BIARRITZ-OLYMPIQUE  PAYS BASQUE, Conseil Municipal  du 30/09/2013

Proposition du Maire : 300 000€, faisant suite à celles de janvier et avril 2013 pour un total de 450000 €

Déclaration de Bernard ITHURBIDE

« Une fois de plus je vais refuser de voter une subvention à ce club qui m’est  si cher. Le choix ayant été fait de rentrer dans le professionnalisme il faut en assumer les conséquences. Le monde de l’argent est impitoyable et je suis étonné que beaucoup de personnes « tombent » – passez-moi l’expression – « de l’armoire ». Ce problème me touche pour trois raisons :

Abonné depuis mon retour au pays en 1995 (fin de l’amateurisme), le club où j’ai appris le B.A- BA du rugby (notamment grâce à Albert BELLOC, décédé il y a peu) me tient particulièrement à cœur et, comme bon nombre de Biarrotes et Biarrots, je vis très mal la situation actuelle.

Mais comme citoyen je souhaite que les impôts, dont je m’acquitte scrupuleusement, soient utilisés plutôt pour la solidarité envers la population la plus défavorisée au travers de services publics de qualité.

Et enfin, comme élu communiste, je pense que cet argent devrait être utilisé pour préparer BIARRITZ à la mise en place des nouveaux rythmes scolaires, puisque à ce jour, l’Etat se désengage et transfère la charge financière  sur les collectivités locales. Nous avons pratiquement une année pour le faire. Une année pour travailler avec les femmes et les hommes compétents dans les différents domaines impactés par cette réforme. Une année pour engager des dépenses permettant de réussir et non pas de critiquer sans faire de propositions. Une année pour préparer la jeunesse Biarrote à un avenir plus souriant , lui permettant de pouvoir vivre et travailler au pays dans des métiers autres que saisonniers ou emplois précaires et travail partiel imposé .

Voilà mon choix et, une fois de plus Monsieur le Maire, je l’assume pleinement.« 

Dur, dur, de se faire exclure…

UMP Christian Brocas masquéBien connu à Biarritz, Christian Brocas fait partie de ceux qui  ne supportent pas la boulimie de Max-Brisson-candidat-à-tout. Cet aimable UMP bon teint, qui a « le cœur et le portefeuille à droite« , comme il se plait à le dire, a donc décidé, aux dernières élections départementales de soutenir la candidature de Bénédicte Darrigade. Lorsqu’il a appris l’exclusion de l’UMP de sa favorite, son sang n’a fait qu’un tour. Il a alors pris sa plus belle plume pour demander d’être lui aussi exclu. Mais l’UMP ne l’entend pas de cette oreille. Thierry Baudier, le directeur de l’UMP, répond suavement à notre récalcitrant, au nom de Laurent Wauquiez : « Nous n’avons aucun motif, à l’heure actuelle, pour procéder à votre exclusion… »  Et de lui expliquer la vision très particulière de l’adhérent façon UMP : « En ce qui concerne votre qualité d’adhérent, celle-ci vous reste effectivement acquise, excepté lorsqu’aucun renouvellement n’a été effectué durant deux années consécutives conformément à nos statuts.« 

Comme dirait le capitaine Haddock, s’énervant contre le sparadrap qui lui colle au doigt, l’UMP ça adhère et pour la quitter, quelle galère!

Adhérents : les chiffres fantaisistes des partis

Le nombre d’adhérents annoncé par chaque parti repose uniquement sur les déclarations faites par ce même parti, sans la moindre vérification. Voilà donc les chiffres, probablement gonflés, comme le montre l’exemple de Christian Brocas, annoncés par chaque formation, fin 2014.

– L’UMP totaliserait 268 336 adhérents contre 345 000 en 2007.

– Le Front National annoncerait 83 000 adhérents.

– Le Parti Communiste afficherait 70 000 adhérents à jour de cotisation.

– PS : Le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, a avoué que seuls 60 000 militants sont à jour de cotisation, mais la direction du PS revendiquerait toujours plus de 100.000 adhérents.

– L’UDI revendiquerait 27 355 adhérents.

– Le MoDem de François Bayrou flirterait avec les 20 000 adhérents.

– Le Parti des Radicaux de Gauche assurerait disposer de 10 000 adhérents.

– Europe Ecologie-Les Verts dépasserait les 10000 membres.

– Le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon serait à 9000.

On s’abstient par la barbichette

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Une opposition qui respire la joie de vivre…

Bisque, bisque, Basque! l’avait annoncé et les faits l’ont confirmé : suite à la pitoyable séquence des élections départementales, le plus important conseil municipal de l’année consacré au budget, vendredi 2 avril, a tourné à la mascarade. Biarrots, si vous êtes mécontents des décisions municipales, vous n’avez plus désormais que deux interlocuteurs possibles pour relayer  votre colère : le tonique Jean-Benoît Saint-Cricq, qui, de mandat d’opposant en mandat d’opposant, démontre une connaissance des dossiers, une pugnacité et un esprit incisif admirables et Frédéric Domège qui a le bon sens de considérer  qu’un opposant est destiné à … s’opposer! Tous les autres se sont dissous, soit dans un sentiment d’impuissance qui ne leur donne plus envie de combattre, soit dans des explications emberlificotées qui n’ont d’autres raisons d’être qu’un pitoyable renvoi d’ascenseur post élections départementales. Dans ce jeu de dupes dont les Biarrots vont inéluctablement faire les frais, il est clair qu’ils sont nombreux désormais à se tenir mutuellement par la barbichette.

Les incantations de Veunac

Avec le très falot capitaine du navire amiral biarrot, c’est du sans surprise. Pour Michel Veunac, qui nous a semblé vendredi soir dépassé comme d’habitude et  fatigué comme jamais (… C’est dur de se mettre à bosser à 69 ans!), l’incantation tient lieu de décision. À en croire le maire, son budget est donc « responsable et ambitieux » et vise « à ajuster les dépenses et à les maintenir strictement sous contrainte » . Il faut dire aussi que Michel Veunac pouvait pousser tranquille sa chansonnette, car avec une opposition comme celle qu’il affronte, il n’a même plus besoin du soutien de sa majorité.

Les conciliations de Brisson

Dans une allocution d’une vingtaine de minutes, Max Brisson s’est efforcé de convaincre l’auditoire, dans son style inimitable, qu’avec Maïder Arostéguy, il demeurait un opposant vigilant, « libre d’approuver ou de critiquer ».

Et c’est vrai que Michel Veunac peut se faire des cheveux blancs avec des critiques comme celles formulées par Max Brisson sur le budget : « Vous avez décidé de vous inscrire non pas dans une posture de rigueur stérile mais de dynamique (…) Aucun chapitre de ce budget ne nous amène à vous dire non »,  avant d’oser, histoire de montrer son indépendance » Ce budget ne marque pas suffisamment de rupture pour dégager des recettes ».

Max, ne tape pas si fort, Michel va finir par s’enrhumer avec les courants d’air que tu fais!

L’occasion était trop belle pour l’ancien sergent-chef devenu capitaine, Frédéric Domège, de rappeler quelques règles de vie municipale : « Si on s’abstient, on n’est plus véritablement dans l’opposition »

Les dénonciations de Saint-Cricq

Fort heureusement, Jean-Benoît Saint-Cricq est venu redonner un peu de dignité à cette soirée, en rappelant que, contrairement à ce qu’affirme Veunac et Lafite, « il y a évidemment augmentation de la fiscalité« . Et le même d’enfoncer le clou : « Je trouve pathétique de voir la cigale se plaindre lorsque la bise est venue. (…) Biarritz est en difficulté avec la crise, alors qu’elle n’aurait pas dû l’être si la Ville avait été correctement gérée. (…) La gestion calamiteuse amène à passer quelques priorités à la trappe et il n’y a pas de miracle possible dans ce budget de rigueur. Nous vivons dans la continuité de l’endettement et du gaspillage symbolisé par la Cité de l’Océan ».

Après cette incisive intervention qui a quelque peu réveillé l’auditoire, Bénédicte Darrigade, qui ne semble plus trop savoir si elle habite Mars ou Vénus après son flirt avec Louis Vial aux élections départementales, s’est bien gardée de prendre la parole, avant de s’abstenir sur le budget, tout comme Marie Hontas, rejoignant donc Maïder Arostéguy et Max Brisson dans cette ahurissante indécision.

Un politique peut parfois être amené à voter blanc, mais qu’il affiche ainsi une absence totale d’avis sur le budget, l’acte majeur de la vie municipale, révèle à quel point la vie politique locale est polluée par des petites considérations tactiques qui n’ont rien à voir avec la bonne marche de la Ville.

Lors de son intervention sur le budget, Max Brisson s’est plaint des quelques esprits chagrins qui ne voyaient en lui qu’un « opposant stérile ». Mais ne sommes-nous vraiment que quelques-uns ? Nul doute que ce curieux vote, pour un prétendu leader de l’opposition, va pour le moins relancer le débat.

Cité de l’Océan : les cachotteries de Veunac

Cité-de-lOcéan à l'envers

Pas de doute, la Cité de l’Océan marche sur la tête…

Comme diraient quelques accros des machines à sous du casino municipal, « Plus je perds, plus je rejoue! ». Mine de rien, avec son budget « responsable et ambitieux » Michel Veunac oblige les Biarrots, qui n’en peuvent plus, à « remettre des sous dans le bouzin » en faisant voter une subvention de 1,3 millions d’euros pour la Cité de l’Océan. Le coût annuel de cette magnifique réalisation qui devait déverser une pluie d’or sur la Ville, selon Didier Borotra en 2008, est donc pour les contribuables de deux millions d’euros par an. Michel Veunac a ensuite amusé la galerie avec des chiffres de fréquentation «  en hausse notable »! Excusez du peu mais l’aquarium et la Cité de l’Océan, pour le premier trimestre 2015, ont totalisé 6 439 visiteurs contre 4 545 en 2014. Vous pouvez faire toutes les multiplications que vous voulez, sachant qu’une année compte quatre trimestres et qu’il y a un peu plus de monde l’été, vous n’arriverez jamais au chiffre minimum de 450 000 visiteurs annuels que Cher Didier annonçait triomphalement.

Et comme Veunac adore le comique répétitif, il a remis ça en annonçant à Jean-Benoît Saint-Cricq qu’il lui ferait « aimer la Cité de l’ Océan », avant de se montrer inutilement blessant avec celui qui s’est montré visionnaire sur le sujet : « Vous faites une fixation négative… Je ne peux pas vous soigner ».

Mais ce petit cachottier de Michel Veunac s’est bien gardé de raconter la vérité au conseil municipal sur ses démarches pour le moins insolites. La situation financière de la Cité naufragée est tellement tendue que notre Michel, la semaine dernière, a cru avoir une idée de génie. Il s’est tourné vers l’agglomération en leur demandant d’entrer à hauteur de 600.000 euros dans le capital de ce désastre industriel et touristique… Michel ne doute décidément pas de son charme et de son pouvoir de conviction, car comme cadeau pourri, on peut difficilement trouver mieux. Cris d’horreur des autres maires qui estiment, à juste titre, que cette Cité naufragée est une affaire purement biarrote, et qu’ils ont des réalisations plus urgentes à faire entre le trait de côte et les écoulements d’eaux usées.

Michel Veunac n’était déjà pas tenu en très haute estime au sein de l’agglomération. Il s’est, cette fois, totalement ridiculisé.

Un peu de clarté espérée

Clarté01Qui n’a jamais été assesseur dans un bureau de vote, un dimanche d’élections départementales, ne peut avoir une idée précise de la définition du mot ennui. Pour s’occuper, on regarde de travers les représentants du camp d’en face, on compte les mouches, fort rares à cette saison, et on se sent soudain rempli d’amour pour chaque Biarrot qui s’est décidé à faire prendre l’air à sa carte d’électeur. On peut aussi se laisser aller au mauvais esprit, la plus délicieuse des gymnastiques du cerveau. Ainsi, sans se concerter, deux assesseurs qui sévissaient dans des bureaux fort éloignés l’un de l’autre, ont eu dimanche le réflexe de m’envoyer un texto pour me raconter qu’ils observaient avec attention les signatures du deuxième tour, et qu’ils les trouvaient étonnamment semblables à celles du premier tour, contrairement au scrutin d’il y a un an.

Les journalistes ne s’intéressent guère aux trains qui arrivent à l’heure. Dans une ville profondément à droite comme Biarritz, la victoire du ticket UMP-MoDem, Brisson-Arostéguy, face au binôme PRG-PS Haye-Lafite, ne constitue pas vraiment une surprise. En revanche, le score 55% contre 45% permet de tirer quelques enseignements, alors que cette calamiteuse campagne des élections départementales, si néfaste à Biarritz, est enfin terminée.

Un ticket qui a plu

Tout d’abord, même si sa personnalité prête parfois à controverse, il n’y a pas de rejet massif de Max Brisson par les électeurs biarrots, contrairement à ce qu’affirmaient tous ses bons amis, il y a un an. Le ticket avec Maïder Arostéguy a visiblement plu et a convaincu les Biarrots. L’histoire ne repasse pas les plats, mais je reste convaincu, fort des nombreux témoignages que j’ai pu recueillir depuis un an, que Max Brisson s’est fait voler comme au coin d’un bois aux élections municipales, et que, dans deux bureaux au moins, il y a eu des accommodements certains avec les urnes.

Malicieusement, la Marquise de Vérité a annoncé dans La Semaine du pays basque que Lasserre et Brisson s’étaient partagé les rôles pour le département. La présidence et le contrôle de l’argent pour le premier, la vice-présidence et la voiture de fonction avec chauffeur pour le second. C’est drôle mais un peu réducteur. Le problème de Max Brisson, maintenant qu’il est légitimé au niveau du département, est de savoir ce qu’il va faire de son mandat de premier opposant à Biarritz, un poste pour lequel il a montré fort peu d’appétit jusque-là. Ragaillardi par cette victoire, va-t-il enfin s’y intéresser ou, conscient qu’un ticket MoDem-UMP est probable aux prochaines régionales, va-t-il laisser sa place à quelqu’un de sa liste? Les Biarrots sont las des petits jeux politiques et un minimum de clarté et de cohérence sont désormais indispensables.

Les arapèdes et les girouettes

Ils vont sans doute s’accrocher à leurs fauteuils comme des arapèdes à leurs rochers, mais, question clarté, on n’aimerait pas non plus être à la place de Bénédicte Darrigade ou de François Amigorena. L’éphémère opposante ralliée à la majorité affirme partout qu’on doit la prendre en compte désormais puisqu’elle pèse 10% des suffrages biarrots, ce qui est une pure vue de l’esprit. Quel est la part de Louis Vial, de Bénédicte Darrigade et de votes anti-Brisson dans ce résultat? Ce qui est sûr, c’est que chaque fois que la dissidente UMP prendra la parole au conseil municipal, personne ne pourra y voir autre chose qu’une manœuvre politique.

Quant à François Amigorena, l’ancien directeur de campagne de Guy Lafite, parti avec le compte Twitter de son rival, en proclamant qu’il était sans étiquette, avant de se raviser et d’appeler à voter Lafite au second tour, il a démontré qu’on pouvait le nommer toutes affaires cessantes adjoint en charge des girouettes de la Ville.

En fait, et c’est malheureux pour les Biarrots, cette élection départementale a surtout permis de comprendre que la majorité municipale n’était qu’une entité virtuelle sans aucune consistance réelle. Michel Veunac, comme à son habitude, n’a pensé qu’à sa gueule en s’affichant au meeting de Max Brisson et a démontré qu’il était incapable de se comporter en leader d’une équipe. Et son premier adjoint, qui fait le boulot pendant que le maire empoche les indemnités doit particulièrement l’avoir mauvaise. Allez gouverner une ville, dans ces conditions, quand l’équipe en place se déteste cordialement!

Pour toutes ces raisons, même si on est entre gens de bonne compagnie qui s’efforceront de ne rien laisser paraître, le conseil municipal du 2 avril prochain va être particulièrement intéressant à observer.

Biarritz, ton univers impitoyable!

Le concours du plus désinvolte

Veunac applaudit Brisson2

Il y a un an, Brisson, à juste titre, voulait contester devant le conseil d’État le résultat des élections municipales. Mardi soir, l’ancien deuxième adjoint Veunac, devenu maire, était venu applaudir l’ancien premier adjoint Brisson, prétendument premier opposant. Une reconstitution de ligue dissoute? (Photo Corine Martineau)

Ils sont comme ces enfants qui arrachent les ailes des mouches sans se douter que les intéressées trouvent l’expérience très moyennement ludique. Tout à leurs petits jeux politiques, les élus biarrots en oublient les mandats pour lesquels ils ont été élus, méprisent leurs électeurs à qui ils ont fait de belles promesses, et se soucient comme d’une guigne de la ville de Biarritz, uniquement préoccupés par la prochaine gamelle qui les attend.

C’est ainsi que mardi soir, au Colisée, les militants UMP qui étaient venus écouter Fillon, ont eu la surprise de voir leur maire Michel Veunac, au premier rang,  applaudir à tout rompre le discours de… Max Brisson! Notre gentil Michel ne faisant jamais rien pour rien et détestant cordialement son ancien rival, avait clairement en tête les prochaines élections régionales et les 2660 euros brut d’argent de poche que rapportent le mandat, attendant de Max-la-menace-pour-personne un gentil renvoi d’ascenseur dans les mois à venir.

La désinvolture du maire de Biarritz, même si le MoDem a passé un pacte pour ces élections départementales avec l’UMP, est totalement sidérante. La moindre des élégances, compte-tenu de la candidature de son premier adjoint, aurait été d’éviter de s’afficher en public et de prendre parti dans le duel entre Brisson et Lafite, mais si Veunac était élégant dans la vie publique on s’en serait aperçu depuis le temps.  Applaudir son premier opposant et bouder son adjoint, il faut tout de même oser!

Et les cocus sont… les Biarrots!

Ces élections départementales auront permis aux électeurs de prendre conscience à quel point les politiciens locaux affichent désinvolture et mépris pour ceux qui les ont fait rois. Car, les grands cocus de ces élections, outre ceux qui ont essuyé un sévère revers dès le premier tour, seront incontestablement les Biarrots. La Ville est en difficulté et il est nécessaire d’agir vite. Mais comment faire après toutes ces trahisons, ces alliances improbables, ces coups de gueule permanents? Vous imaginez l’ambiance sereine dans laquelle vont se passer les prochaines réunions de travail entre le maire et son premier adjoint? Vous imaginez les tensions lorsque des décisions tripartites devront être prises entre Veunac, Lafite et Amigorena? Et vous allez prendre au sérieux les votes de tel ou tel sur les grands projets municipaux? Si Bénédicte Darrigade approuve une orientation de la majorité municipale, qui croira à sa sincérité? Si Max Brisson estime, comme Veunac, qu’il faut réinjecter de l’argent dans la Cité de l’Océan, qui y verra autre chose qu’un remerciement pour son soutien discret pendant la campagne des départementales?

Oui, vraiment, au concours du plus lamentable, les postulants se bousculent au portillon. Si Lafite était cohérent, après le camouflet public que vient de lui infliger Veunac, il démissionnerait immédiatement de son poste de premier adjoint. Si Brisson  avait  du cran, il annoncerait d’ores et déjà son départ du conseil municipal où il s’ennuie tant, sans attendre le résultat de dimanche. Si Bénédicte Darrigade tirait les leçons de son score de premier tour, elle dirait immédiatement adieu à la vie publique, faute d’avoir désormais la moindre crédibilité… Mais tous vont vous expliquer qu’ils sont absolument indispensables à leurs postes et définitivement irremplaçables.

Et l’on se prend à rêver du temps où les politiques avaient un peu de dignité! En 1967, Gaston Deferre, pour avoir traité d’abruti le député gaulliste René Ribière, s’était retrouvé à se battre en duel contre lui à l’épée et lui avait infligé deux belles estafilades. On ne demande pas autant de panache à notre très musclé Guy Lafite, mais à sa place, compte tenu de l’affront que vient de lui faire subir Michel Veunac, on lui conseillerait d’aller à la mairie avec sa planche de surf pour l’aplatir sur la tête du maire félon, ce qui aurait tout de même une autre gueule que de tenter de monter une coalition pour ne pas voter le budget et destituer le maire en place, suivant une tradition très biarrote!

Et les perdants sont…

biarritz score

(Photo Corine Martineau)

L’histoire remonte à presque deux mille trois cents ans, mais semble toujours d’actualité à Biarritz. En 280 avant Jésus-Christ, à Héraclée la bien nommée, Pyrrhus, le roi d’Epire, mit une sévère… raclée aux légions romaines. Mais, dans le combat, il perdit tellement d’hommes qu’il devint dans les semaines qui suivirent une proie facile pour les envahisseurs. À Biarritz, les politiques, à l’occasion de ces élections départementales nous ont offert un tel spectacle, que l’on peut sans risque pronostiquer une victoire… à la Pyrrhus pour celui qui décrochera la timbale, dimanche 29 mars. À l’exception des candidatures militantes qui ont réalisé des scores prévisibles et qui peuvent quitter l’enclos électoral la tête haute, les trahisons, les alliances improbables et les incessantes parties de billard à douze bandes, lors de cette campagne électorale, ont agacé les Biarrots au plus haut point et auront fatalement des conséquences à l’avenir sur la vie politique locale. Revue de détail d’un champ de ruines.

cinq de trèfle

5,52%, septième.

Il est du genre à affirmer « Même pas mal! »  et, à le lire sur Facebook, on pourrait presque croire qu’il triomphe : « Merci aux 537 Biarrot(e)s qui ont voté pour nous. ». La réalité est cruelle. malgré le soutien, sans nul doute décisif de Jean-Philippe Viaud, le repenti de gauche François Amigorena, qui avait décidé, après avoir piqué le compte Twitter de son ancien mentor,  de se présenter sans étiquette, va désormais se trimballer avec une magnifique… étiquette dans le dos. Celle d’un perdant, même pas magnifique, qui ne pèse rien dans la Ville, avec ses 5,52% de suffrages et sa septième place. On le disait discrètement soutenu par Didier Borotra. On mesure ainsi  l’influence de l’ancien maire. Quant à notre sémillant adjoint au tourisme, on lui souhaite bien du plaisir au sein de la majorité municipale quand il devra traiter avec Lafite ou Veunac. Il ne lui reste qu’une solution, s’il est cohérent : démissionner.

6-coeur

6,14%, sixième.

 Frédéric Domège avait promis qu’il se consacrerait à la pêche à la ligne en cas de défaite et fort de ses 6,14% et de sa sixième place, nul doute qu’il doit être en train de préparer ses plombs et ses hameçons. Pourtant, quand il aura digéré sa désillusion, un intéressant rôle politique l’attend. Celui d’opposant efficace à Michel Veunac, lui qui ne s’est pas compromis dans des négociations d’arrière-boutique ou des alliances improbables.

10-carreau

10,97%, quatrième.

 La trahison a ses limites. On imagine mal pour le second tour Louis Vial appeler à voter pour Max Brisson ou Bénédicte Darrigade pour Guy Lafite. Bénédicte Darrigade, comme Frédéric Domège, contestait l’omnipotence de Max Brisson sur Biarritz et sa boulimie de candidat à tout. Il est dommage qu’elle ait manqué de patience, car en se fourvoyant dans cette élection où elle n’avait rien à faire, elle a gâché la sympathie que les Biarrots éprouvaient pour sa personne et pour son nom. Elle était prédestinée à jouer un rôle important au sein de la Ville.  Il va être difficile pour elle de faire oublier désormais sa désinvolture d’élue, qui dix mois après son arrivée comme opposante au sein du conseil municipal, change de casaque et va pactiser avec la majorité. Avec 10,97% de suffrages, elle se retrouve très loin derrière Max. Ce sont ses électeurs qui vont détenir les clés du deuxième tour. Ont-ils voté pour le ticket Darrigade-Vial par détestation du leader de l’UMP, ou, après s’être offert un petit frisson de dissidence, vont-ils sagement regagner les rangs de l’UMP? On le saura dimanche.

valet de pique

13,85%, troisième.

 Frank Perrin a le sourire. Le candidat du Front national sait très bien que son parti est le grand vainqueur au niveau national de ces élections départementales, quoiqu’en disent les commentateurs qui comparent un parti qui s’est présenté seul avec des entités de gauche ou de droite, ce qui n’a aucun sens. Le très policé Frontiste biarrot la joue comme ces pères de famille qui choisissent les placements sans risques. Pas de bruit, pas de vague, mais d’élections en élections, son petit magot fructifie et avec 13,85% de suffrages obtenus, son parti progresse nettement par rapport aux cantonales de 2011. Plutôt clair dans ses choix, il affirme qu’il votera blanc au second tour et raconte que, lors d’un pot qui a réuni les militants dimanche soir, beaucoup affichaient la même intention. Frank Perrin juge que son parti est devenu républicain et que les quelques réflexions racistes de candidats relevées par les médias ne sont que des épiphénomènes. Un avis que semble partager l’opportuniste Sarkozy, avec son « ni-ni » qui met sur le même plan le PS ou le Front national. Un avis que ne cautionnent ni le patron de l’UDI Jean-Christophe Lagarde ni Emmanuel Valls, qui a eu le mérite d’être très clair sur le sujet, en appelant à voter pour la droite républicaine, en cas de duel UMP-FN.

roi de carreau

21,97%, deuxième.

 Avec 21% de voix obtenues, l’agglomérat de gauche, qui regroupait le PS, mais aussi dans certains départements le Front de gauche, le PC et les Verts, a pris une rouste monumentale. Parce qu’il est si peu de gauche, parce que son côté bobo plait, parce qu’il n’a jamais un mot plus haut que l’autre et qu’il enrobe à merveille ses contrevérités et ses approximations, Guy Lafite réussit une très belle performance avec 21,97% de votes en sa faveur dans une ville très à droite comme Biarritz. Et l’on se demande s’il n’est pas capable de créer la surprise, comme Michel Veunac l’avait fait au second tour des municipales. Quoiqu’il arrive, il est évident que cette élection laissera  des traces au sein de la majorité municipale, puisque Michel Veunac, ligoté par les engagements pris avec le MoDem, appelle à voter pour Brisson et non pour son Premier adjoint. Comment voulez-vous ensuite que les Veunac, Lafite, Amigorena, prennent des décisions sereines et favorables à la Ville, après un tel salmigondis?

roi de trèfle

27,21%, premier.

 L’échéance du 29 mars est capitale pour Max Brisson. Avec 27,21% de suffrages, Max et Maïder Arosteguy  se situent dans la moyenne nationale, ce qui n’est pas si mal quand on se retrouve confronté à deux listes dissidentes. Mais la grande inconnue reste la façon dont va s’opérer le report de voix. Déjà les patrons de l’UDI et de l’UMP ne sont absolument pas d’accord sur la façon de gérer l’épineuse question du Front national. Et force est de constater qu’au niveau local, Max Brisson, dont l’intelligence et les qualités ont souvent été soulignées dans ce blog, a multiplié les maladresses, ces derniers temps. En n’anticipant pas la fronde de ses lieutenants, Max s’est retrouvé à manger son chapeau publiquement pour tenter d’annihiler les dissidences et empêcher Corine Martineau de faire une liste. Mais surtout, comme Bénédicte Darrigade, Max n’a guère respecté le mandat pour lequel il a été élu. On peut très bien comprendre qu’un ancien premier adjoint, qui s’est imaginé maire, se complaise difficilement dans le rôle de premier opposant. Max a fait le job avec un manque d’allant total, multipliant les absences ou les excuses bidons. Et au final, au nom d’une alliance avec le MoDem, il s’est trouvé à négocier en douce avec Veunac, tout en jurant ses grands dieux du contraire. C’est Biarritz qui pâtit de ces petits jeux politiques! La moindre des dignités, quand on ne se sent plus l’âme d’un opposant et que l’on se retrouve coincé par des logiques d’appareil, c’est de démissionner de son poste de conseiller municipal pour laisser la place à quelqu’un qui a envie de faire le job. Ce que Max fera certainement s’il est élu dimanche, mais ce qui sera perçu comme une nouvelle manœuvre pas très respectable.

 Pour toutes ces raisons, parce que Guy Lafite est pour moi de gauche comme je suis bonne sœur, parce que Max Brisson a privilégié ses intérêts personnels avant ceux de la Ville, parce que presque tous les candidats de cette élection départementale se sont souciés comme d’une guigne des mandats que les électeurs leur avaient confiés et n’ont pas compris qu’en se ridiculisant, ils ridiculisaient aussi les Biarrots, pour la première fois de ma vie, dimanche, je vais voter blanc. À la réflexion, c’est une belle couleur le blanc.