Ne pas mésestimer Brisson

Brisson 22

Max Brisson a un passé chargé, mais il peut aussi avoir un avenir.

Parfois je déteste ma passion du journalisme, parce qu’elle m’oblige à dire haut et fort ce que je pense, me conduit à chercher les ennuis et à ne pas hurler avec la meute. Quoi, un blogueur qui oscille entre Front de gauche et parti communiste, qui souhaite vivre au moins une fois dans sa vie un véritable gouvernement socialiste et qui perd son temps à défendre un apparatchik républicain bon teint, alors que tout le monde rigole sous cape de l’éviction au poste de secrétaire départemental de Max Brisson, remplacé par Nicolas Patriarche ! Aucun problème, Bisque, bisque, Basque ! c’est aussi le combat contre les idées reçues, d’où qu’elles viennent.

Très souvent, des proches m’ont demandé comment j’avais pu passer vingt ans à L’Équipe et presque autant au Canard enchaîné. Il existe pourtant un lien évident entre le sport et la politique, car les deux disciplines offrent à leurs figures de proue des défaites, des victoires et des raccourcis d’existence saisissants pour le commun des mortels. Qui aurait parié un ancien franc de l’époque sur l’élection de François Mitterrand après l’attentat bidon de l’Observatoire et qui aurait imaginé Bernard Hinault capable de gagner à nouveau le Tour de France après sa grave blessure au genou ?

Plutôt séduit par « l’animal politique » Brisson, au moment des municipales de 2014 (on me reproche souvent mes écrits de l’époque, mais je reste persuadé qu’il s’est fait voler la victoire aux élections municipales par des manœuvres frauduleuses), Bisque, bisque Basque ! s’est ensuite montré très caustique sur les louvoiements du candidat aux départementales et aux régionales et de l’opposant qui se perdait dans la neige un jour de conseil municipal.

Disons-le tout net, et ça ne fera sans doute pas plaisir à l’intéressé, Brisson a singulièrement manqué de courage face à Borotra en ne s’opposant pas à sa mégalomaniaque Cité de l’Océan, communique souvent de façon désastreuse et n’est pas toujours de la première finesse dans les relations humaines. Mais son intelligence, son bagage politique, sa culture historique me donnent à penser qu’il va savoir analyser la série de revers qu’il subit et en tirer les leçons pour revenir plus fort. Car, s’il décide de se consacrer à Biarritz au lieu de papillonner, il a un autre potentiel que celui qui lui a piqué le fauteuil de maire.

Contrairement au grand naïf Veunac, qui croit que tout le monde l’aime, Max sait parfaitement qu’il est impossible d’avoir des amis en politique. Il a pensé sauver sa peau en surjouant le sarkozysme, mais n’a pas vu que Nicolas Sarkozy, lui-même en difficulté dans l’optique de la présidentielle de 2017, a besoin de ratisser large. Aussi, pour se gagner les bonnes grâces de la Dame, Sarko s’est senti obligé d’offrir la tête de Max à Michèle Alliot-Marie, qui en rêvait depuis des lustres.

Redevenir libre

J’imagine que Max va sans doute passer quelques assez mauvaises semaines, ce qui lui arrive souvent depuis 2014. Mais, s’il prend conscience qu’il n’était plus lui-même à force de tenter de concilier les inconciliables et d’être obnubilé par sa survie politique, s’il comprend que ce revers peut être une chance pour lui en en faisant un homme libre, s’il arrête sa communication à deux balles et ses manœuvres grossières pour amadouer le futur, alors son destin peut être devant lui et les Biarrots vont peut-être avoir la chance de découvrir le vrai Max Brisson, qui a des idées et qui n’a pas besoin de mobiliser cinquante bureaux d’études pour les réaliser.

Oui, je continuerai à voter à gauche toute au premier tour des prochaines municipales, mais, au vu de la situation catastrophique de Biarritz, au vu du deuxième naufrage que nous fait vivre depuis 2014 le beau parleur calamistré flanqué de son grand argentier pontifiant, j’opterai au deuxième tour pour un politique, qui a des défauts comme tous les humains, mais qui est capable de mener à bien ses dossiers. Car il est certain qu’en 2020, la situation de la Ville va exiger autre chose que des beaux discours et des incantations.

Bisque, bisque, Basque ! et La Marquise de Vérité

Le talent est chose rare et Jean-Philippe Ségot n’en manque pas, même si les arabesques de La Marquise de Vérité et ses flèches à répétition sur Max-la-Chips et Ostia-de-Ostia-Lasserre peuvent parfois ressembler à des virages à 180°, par rapport à des prises de position passées. Quand un pilote d’hélicoptère, fait pour diriger La Semaine du Pays basque comme moi pour être bonne sœur, décide de censurer l’ami Jean-Philippe, et vire de sa publication – quel manque de flair !- la rubrique qui lui valait le plus de lecteurs, il est un devoir de la publier et de lui faire le maximum de publicité. Chaque fois que Jean-Philippe me fera l’amitié de m’adresser les lettres de l’impertinente Marquise, vous les retrouverez donc dans ce blog, même si je ne partage pas forcément le point de vue de l’auteur. Dans une presse de moins en moins pluraliste, il n’est d’autre choix possible qu’une solidarité sans faille entre les impertinents de tous crins.