Le plus beau voyage immobile de Biarritz

Attention danger : vous allez rentrer pour cinq minutes et ne pas voir l’après-midi passer !

C’est une discrète maison adossée à la tribune Serge Kampf, juste en face de l’entrée du Stade Léon Larribau. Elle ne paie pas de mine et pourtant ce musée des anciens du BO contient des trésors et peut vous offrir des après-midis autrement plus enchanteurs qu’une séance de rôtissage à la plage. « Le Stade Toulousain et L’ASM sont déjà venus au renseignement, pour savoir comment nous avons réussi à constituer une collection aussi importante. Eux aussi aimeraient bien avoir un musée consacré à leur équipe favorite », reconnaît avec fierté le président de l’amicale des anciens du Biarritz Olympique, José Urquini, que tout le monde appelle Julio.

Julio Urquini ne se contente pas d’accueillir les visiteurs. Il classe et ordonne toutes les coupures de presse sur son cher BO.

On dit que le rugby fait de vilains vieux, mais Julio est la démonstration faite joueur qu’il ne faut pas se fier aux adages. Malicieux et pétillant, il a porté les couleurs de l’équipe première du BO, au poste de trois-quarts centre, de 1953 à 1955, et ne jure plus que par le rouge et blanc depuis. Exilé à Paris pour raisons professionnelles, le club lui payait le billet de train pour qu’il puisse fouler le carré d’herbe d’Aguilera (C’est ainsi qu’il a pu jouer en championnat contre Limoges ou le redoutable Racing de Crauste, Moncla et Marquesuzaa), avant de lui trouver un job au musée de la mer, ce qui était tout de même nettement plus pratique pour ce joueur de devoir qui se qualifie lui-même de « pas plus doué que cela, mais vaillant ». Et depuis cette époque, Julio conserve toutes les coupures de presse qui lui passent entre les mains.

Questions trophées, le BO n’est pas démuni…

« J’ai commencé à archiver tout ce qui concernait le club de plongée de l’USB, dont j’étais membre et puis, tout naturellement,  j’ai continué avec mon cher BO » Et comme Julio et ses copains, les Darrieussecq, Ithurbide et autres, qui se partagent tour à tour la garde de ce musée, totalement gratuit, disposent d’un sacré réseau et de solides amitiés auprès des joueurs, c’est une formidable déambulation dans le rugby biarrot qui nous est proposée. Là un trophée, là un maillot dédicacé et partout l’émotion omniprésente pour ce club qui nous a tant fait rêver. Clin d’œil datant de l’époque où le rugby était véritablement amateur, on peut voir ainsi le réveil de voyage, offert à Michel Celaya, à l’occasion de sa première tournée avec l’équipe de France, mais aussi des photos du jeune Rabagny à l’école de rugby, ou de Serge Blanco quand il était junior. Et puis toutes ces images de liesse des joueurs et de la foule en rouge et blanc à chaque fois que ce club a soulevé le bouclier de Brennus. Éric, 10 ans, venu avec ses parents du Nord, et qui rêve d’un destin similaire à celui de Slimani ou de Ben Arous est subjugué.

Pour cette famille du Nord, passionnée par le rugby, le musée est une aubaine.

Les parents, qui sont visiblement moins rugby que leur fils, apprécient que des objets et photos concernant toutes les sections amateurs du BO figurent aussi dans le musée, des basketteuses féminines de l’immédiat après-guerre aux vainqueurs de la section tennis, en passant par le rink-hockey.

L’appel du soleil est trop fort. Après une longue discussion avec Julio et un court passage par la salle du premier étage où se trouvent toutes les archives papier minutieusement classées, la famille nordiste prend la direction de la plage, avec un fils au sourire aussi immense que le Stade de France. Avec un éclectisme qui honore les maîtres d’œuvre de ce musée, sont pourtant regroupés, à raison de cinq ou six classeurs par saison, tous les articles de Sud Ouest, Midi Olympique ou de L’Équipe, concernant le BO, mais aussi les exploits et vicissitudes de l’équipe de France et même, ce qui montre une ouverture d’esprit plutôt sympathique, les principaux articles évoquant les « amis-ennemis » de l’Aviron bayonnais.

Musée 09Et en plus, cerise sur la télécommande, si vous le souhaitez, le préposé à la garde du BO, est prêt à vous installer confortablement dans un fauteuil pour vous permettre de regarder les principaux matches de Coupe d’Europe ou de championnat de France de ceux qu’on appelait au début de ce siècle Les Galactiques.

Trois fois que je viens à ce musée et je ne m’en lasse pas, tellement le voyage immobile proposé est superbe !

Cherchez l’erreur !

Au lieu de se ruiner avec des spécialistes qui sont bien incapables de remettre à flot la Cité naufragée, Michel Veunac serait bien inspiré d’envoyer en stage chez les petits poucets du musée des anciens du BO, le personnel de la Cité de l’océan. Très vite ils comprendraient que les visiteurs sont intéressés par les histoires locales et qu’ils se fichent éperdument du grand requin blanc d’Afrique du Sud ou des abysses chinoises, quand ils visitent le Pays basque. D’un côté, un musée gratuit, passionnant et ancré dans le vécu des gens, de l’autre une ruineuse et inintéressante Cité de l’Océan à plus de 15 euros l’entrée. Il y a un problème ?

Le 8 mai, c’est tout le monde au pas !

Donald-au-garde-a-vousPlus respectueux de sa Ville et de l’histoire de son pays, que l’ancien conseiller municipal communiste, Bernard Ithurbide, ça n’existe pas ! Ce qui ne l’a pas empêché de se faire admonester en public par un ancien officier supérieur. Mais en matière de bêtise galonnée, le mieux est toujours à venir…

Perpétuant le geste d’Arnaud ARANA, évadé de France puis déporté politique, et d’Yvette GOURDIN, ancienne conseillère municipale PCF, le 8 mai dernier, avec un jeune communiste, nous avons déposé au pied du monument aux Morts une gerbe dédiée à toutes les victimes du nazisme. A la fin de la commémoration nous sommes vivement interpelés par un citoyen qui nous a reproché d’avoir mis nos mains dans le dos et non pas le petit doigt sur la couture du pantalon pendant que La Marseillaise retentissait. La solennité du moment m’a retenu de « l’envoyer à dix mètres ». Si ce Monsieur est en manque d’autoritarisme il peut essayer de calmer les goélands qui n’arrêtent pas de criailler pendant la minute de silence ou tenter de faire cesser la pluie qui trempe les papiers du maitre de cérémonie. Il parait que ce quidam est un ancien officier supérieur. Il aurait mieux fait, nous le pensons avec mon jeune camarade qui a été choqué, de s’abstenir d’un tel comportement et plutôt se féliciter de voir que le Parti Communiste entretient la flamme de la Résistance.

Bernard Ithurbide

Fusion, confusion ou fusion à la c…

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Même quand il expose ses sculptures, Bernard Ithurbide a toujours une pensée pour le BO.

Ancien conseiller municipal communiste, Bernard Ithurbide a grandi avec le maillot rouge et blanc. Quand il le peut, il tient la permanence du musée du BO. Pour autant, il est opposé à l’avance consentie par la mairie à son club et ne souhaite pas une quelconque fusion avec l’Aviron. Voici le texte qu’il nous a fait parvenir.

Au risque de redites, quelques remarques sur ce sujet qui préoccupe plus une partie de la population et les médias que la situation économique du pays. Bouleverser l’histoire sportive et notamment rugbystique de deux villes parce que les résultats sportifs n’ont pas été à la hauteur des espérances tant des supporters que de celles et ceux qui ont «mis au pot » me parait tout à fait déraisonnable.

Quand on place de l’argent et des espoirs dans une initiative quelconque on peut et on doit s’attendre à des désillusions. Le rugby étant devenu professionnel il fallait des bases financières solides qui n’existent pas dans  notre environnement. Je veux parler d’industriels s’engageant dans le mécénat ou le partenariat comme c’est le cas dans bon nombre de clubs. Certes Oyonnax fait exception (quoique !) mais ne dit-on pas qu’une hirondelle ne fait pas le printemps ?

On pourrait, en poussant un peu loin le bouchon de la provocation, suggérer la fusion Biarritz-Olympique, Aviron-Bayonnais, Section Paloise comme c’est le cas pour Clermont, Toulouse, Toulon, Agen, La Rochelle, Brive, Racing 92, Stade-Français, seuls clubs en Top 14 de leurs départements respectifs.

Comme bon nombre d’autres clubs historiques le font aujourd’hui, je pense qu’il faut assumer ses propres difficultés et non pas attendre de miracle (même Lourdes ne l’a pas fait avec Tarbes !) de la fusion. La fusion serait un emplâtre sur une jambe de bois – et chacun sait qu’au rugby les jambes de bois sont proscrites.

Pensons aussi à celles et ceux – sportifs ou administratifs – qui peuvent se retrouver sans emploi du jour au lendemain dans une période de chômage croissant. Être « sport » c’est aussi penser aux autres et « jouer collectif ».

Sachons garder les pieds sur terre. La raison doit l’emporter. Le BO en Pro D2 est à sa place au vu des dernières saisons. Aux dirigeants et aux joueurs de se mobiliser. Il y a au Pays Basque de jeunes joueurs de valeur. Pour se proclamer club du Pays Basque encore faut-il puiser dans les ressources locales. Faisons avec eux le nécessaire pour gagner sur les terrains le droit de remonter dans l’élite.

Mais peut-on se prétendre club du Pays Basque quand on sait que Bayonne était gasconne jusqu’à l’usurpation du « titre de capitale de la province du Labourd » à la commune d’Ustaritz et qu’à Biarritz, ville gasconne et basque, on ne parlait le basque qu’à partir d’Harrausta (quartier dont il est beaucoup question en ce moment pour des raisons autres que rugbystiques.)

Ne chantait-t-on pas autrefois, le BO est bâti sur pierre, l’Aviron sur du chocolat, et le BO oui, oui, oui et le BO non, non, non et le BO ne périra pas ! Reprenons au vol ce refrain et ne comptons  pas sur une fusion « miraculeuse » pour sortir notre club des difficultés.

L’argent des impôts des Biarrots a son utilité dans bien d’autres domaines que le sport professionnel et le prétexte de l’entretien des tribunes parait assez léger d’autant qu’il n’y aurait que quatre rencontres par saison.

Bernard Ithurbide

Domège, en premier de cordée

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Pour cette participante, il n’y a pas de doute : l’étoile montante, c’est Domège.

En ce moment, Frédéric Domège est heureux et ça se voit à la façon qu’il a de se couler dans son costume et de se mouvoir avec aisance dans l’espace, alors qu’il s’attaque à une sacrée montagne avec ces élections départementales, où neuf binômes s’opposeront à Biarritz : « Bien sûr, j’espère ne pas prendre une taule dimanche, mais tu ne peux pas savoir  le bien que cela fait de dire ce que l’on pense ». Dans la salle du casino qu’il a réservée, mercredi soir, il claque la bise aux arrivantes, a un mot gentil pour chacun, avant de démontrer à la centaine de participants venus pour l’occasion qu’il est tout de même beaucoup plus facile de faire de la politique quand on se sent en accord avec ses idées :

«  D’habitude, je parle en avant-dernier. Je suis un peu le chauffeur de salle, attaque avec humour Fredo-la-malice.  Je vous dois donc une explication. Qu’est-ce que je fais là? En mars dernier, les électeurs ont manifesté leur désir de changement. Nous ne pouvons pas faire comme s’il ne s’était rien passé… »

L’homme est calme et serein. Il a visiblement digéré les tempêtes essuyées les derniers mois et n’est jamais dans l’acrimonie. « La candidature de Max Brisson me paraît inopportune. Je n’ai pas apprécié que notre chef de file déserte les deux premiers conseils. Moi aussi, je n’étais pas bien après cette défaite, mais je tenais à assumer mon rôle d’opposant. »

L’épisode comique où Max Brisson, officiellement bloqué par la neige à Albi, s’est retrouvé pris en photo à Bayonne, est vite expédié : « Au cours du débat d’orientation budgétaire, j’ai eu le sentiment d’être le seul opposant… La liste de Brisson s’appelle « Fidèles à Biarritz » mais elle n’est certainement pas… fidèle aux Biarrots! »

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Dans la salle du casino municipal, une bonne centaine de participants.

Domège ne veut visiblement pas s’étendre sur les querelles internes et il est très clair sur ce que sera son attitude dimanche 22 mars au soir. « Ce premier tour constituera une primaire grandeur nature entre les candidats de droite. Bien entendu, pour le deuxième tour, il faudra faire barrage à la gauche. »

Alors que le domaine de compétence des futurs conseillers départementaux reste très flou, Frédéric Domège fustige les décisions prises à Biarritz par une majorité qui multiplie les études dilatoires : « Kléber va devenir un quartier comme on avait décidé de ne plus en faire depuis les années soixante. Les ouvertures sont tellement rapprochées que les gens vont pouvoir s’offrir un coup à boire d’une fenêtre à l’autre. Et pendant ce temps, la crèche qui était prévue dans ce quartier vient d’être abandonnée par la majorité municipale. »

Et le candidat, qui prend visiblement goût au micro, de marteler : « Biarritz est un équilibre! »

Un quatuor qui s’apprécie

Marie-Pierre Mayer, la pharmacienne de Saint-Charles, raconte alors son parcours, elle qui n’est pas Biarrote d’origine, mais qui se félicite tous les jours depuis vingt ans de vivre ici. Petite-fille de mineur, elle est « fascinée par ces gaullistes débordant d’énergie qui œuvrent pour la France. » et a « toujours été intéressée par la politique ».

Mira Schor, sa remplaçante, ne cache pas que le fait d’avoir été exclue de l’UMP reste une blessure à vif : « J’ai le coeur et l’âme UMP, même si nous ne pouvons pas le dire ouvertement. » Travaillant à L’Hôtel du Palais, elle se réjouit de «  vivre une aventure humaine extraordinaire » et se déclare très optimiste au vu de l’accueil réservé par les Biarrots lors des distributions de tracts.

Jean Dabadie, le remplaçant de Frédéric Domège, a fait de solides études à l’étranger avant de revenir à  Biarritz, «  ma ville », en 2009 et de prendre la gérance de L’Hôtel du Clair de lune. Non encarté, il veut incarner le bon sens des gens de terrain.

Le quatuor n’a pas besoin de dire qu’il s’apprécie. Les sourires, les fous-rires sont nombreux et comme le souligne Marie-Pierre Mayer, « Frédéric sait diriger, mais il sait aussi écouter ».

On est loin des ces mariages forcés, il y a un an, où Veunac, Barucq et Lafite d’un côté, Brisson, Saint-Cricq et Tardits de l’autre, semblaient aussi ravis de convoler ensemble que les lycéennes enlevées par Boko Haram, le jour où elles découvrent l’époux qu’on leur destine.

Comme me disait un vieux guide pyrénéen, « quand une cordée fonctionne, la montagne devient tellement plus simple! »

Pour moi, ce sera Ithurbide-Raffy

Quand un gouvernement de gauche vote des lois de droite, comme la loi Macron, il faut le rappeler à ses devoirs et voter à gauche de la gauche. Contrairement aux précédentes cantonales, ces nouvelles élections départementales ont été marquées par des débats beaucoup plus nationaux que locaux, avec une forte inquiétude sur le score du Front national. Voter communiste, un parti pour lequel j’ai toujours eu beaucoup de tendresse, ne me posera donc aucun problème, puisque j’ai toujours préféré les militants sincères aux énarques arrogants dont ce n’est jamais la faute (Suivez mon regard…). Je ne cache pas que si j’avais disposé d’un deuxième bulletin, je l’aurais certainement donné au ticket Daguerre-Istèque, tellement ils sont enthousiastes, chaleureux et rafraichissants dans leur volonté de défendre le Pays basque. Mais, n’habitant que depuis douze ans à Biarritz, j’avoue que je suis parfois déconcerté par les stratégies « ondoyantes » des Abertzale, même si on m’a expliqué que c’était normal, puisque c’était un mouvement et non un  parti.

Après avoir ruminé ma colère pendant des semaines, j’ai décidé en mai 2012 de ne pas passer une minute de plus au « Canard enchaîné » qui, à mes yeux, avait gravement triché avec ses lecteurs. C’est sans doute pour cette raison que la démarche de Frédéric Domège m’est sympathique. Parce qu’il y a une sincérité dans sa révolte que j’apprécie. Biarritz a besoin d’opposants qui s’opposent, Biarritz crève de ces petits jeux politiques où l’opposition saute dans les bras de la majorité ou deale en douce avec elle, loin des regards, comme un vendeur de cannabis dans un hall d’immeuble. Frédéric, pour peu qu’il soit élu, retombera peut-être un jour dans ces petits jeux politiques que les électeurs exècrent. Mais, pour le moment, sa démarche est celle d’un homme indigné qui a décidé d’être lui-même…

… Et, rien que pour ça, il mérite le plus total respect.

Bernard Ithurbide, Sophie Raffy : «On est soucieux pour Biarritz»

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La lutte contre l’austérité va être le cheval de bataille des deux candidats communistes aux élections départementales.

Quarante années les séparent mais c’est avec une belle unanimité et beaucoup de complicité communiste qu’ils affirment : «La politique, c’est quelque chose d’extraordinaire!».  Sophie Raffy, 34 ans, architecte d’intérieur et maman de deux enfants et Bernard Ithurbide, 74 ans, cadre retraité d’EDF-GDF, mais aussi ancien conseiller municipal de Biarritz et sculpteur passionné, incarnent effectivement le meilleur de la politique, loin des compromis, des trahisons et du spectacle lamentable que nous offrent actuellement d’autres listes. Solides dans leurs convictions communistes, et cohérents avec eux-mêmes, ils se préparent avec plaisir à cette campagne électorale des élections départementales.

« La lutte contre l’austérité va être notre fil conducteur,  précise Sophie Raffy. Nous, les jeunes, on est habitués à vivre comme cela, mais nous devons construire pour demain afin que nos enfants ne subissent pas la même chose ».

Distributions de tracts et rencontres avec les habitants sont au programme. «  Nous allons aussi essayer d’être présents aux halles de Biarritz, mais, lors de la campagne des municipales, on nous a fait les pires difficultés à chaque fois que le parti communiste a voulu distribuer des tracts, alors que personne ne semblait gêné quand c’était la liste de Brisson ou de Veunac, raconte Bernard Ithurbide.  J’ai d’ailleurs noté une belle erreur dans le dépliant que distribue Frédéric Domège, puisqu’il parle de la victoire aux municipales d’une « coalition de gauche et de centre gauche soutenue par le parti communiste », alors que nous avons quitté la liste Guy Lafite après le premier tour, quand il s’est allié à Michel Veunac. »

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Bernard Ithurbide n’a pas résisté au plaisir de faire découvrir son atelier de sculpteur à Sophie Raffy.

«  Nous allons prochainement dévoiler nos douze propositions pour ce scrutin, mais il en est une qui nous tient particulièrement à cœur, relève la jeune architecte d’intérieur. Nous sommes totalement contre le cumul des mandats et nous allons demander que l’indemnité des futurs conseillers départementaux ne dépasse pas le salaire mensuel d’un ouvrier qualifié. » On en connait qui vont croiser les doigts pour que cette division par deux de l’indemnité prévue ne se réalise pas, car elle mettrait sacrément à mal leur plan de carrière!

« En revanche, surenchérit Bernard Ithurbide,  nous sommes à fond pour une structure départementale, dans la mesure où les rôles entre élus sont bien répartis. Pour nous ce sont les gens qui habitent sur place qui sont les plus compétents pour prendre les bonnes décisions. Il semblerait que la voierie et les collèges vont relever de la responsabilité des conseillers départementaux. On trouverait assez normal que les lycées dépendent aussi de cette assemblée. »

« Ne pas faciliter le travail du Front national »

Inéluctablement, la conversation revient sur les petites manœuvres qui ont agité le personnel politique biarrot, ces derniers mois, sur les neuf binômes en présence, quand la moyenne n’est que de quatre dans le département, sur les petites manœuvres et grandes trahisons qui font que plus personne ne sait qui fait partie de la majorité et de l’opposition. «  C’en est grotesque, s’emporte l’ancien élu de l’opposition municipale.  Je ne sais pas qui je déteste le plus entre les élus qui ne respectent pas leur mandat et les vierges farouches de l’apolitisme comme François Amigorena, qui découvre soudain qu’il n’est plus de gauche… »

Et les deux de réagir avec unanimité : «  On est un peu soucieux pour Biarritz, car tout aura été fait pour faciliter le travail du Front national ».

On ne leur fait pas dire.

Michel Blanc à l’assaut de Biarritz

Comme l’acteur français, nos hommes politiques biarrots, guettent l’ouverture et sont persuadés pouvoir triompher sur un malentendu lors des prochaines départementales…

Michel BlancIls sont admirables de rectitude, portés par leurs convictions, pas intéressés pour deux sous, respectueux de leurs mandats et ne récoltent que des moqueries ! On se demande bien pourquoi. Petit tour d’horizon grinçant sur Biarritz, où neuf binômes sont désormais en lice pour les prochaines élections départementales. Nul ne sait encore quel sera le rôle exact de ces conseillers, mais, éperdus de confiance en eux, ils sont persuadés être les plus aptes pour exercer ce mandat… plutôt rémunérateur. Ce qui explique peut-être bien des frénésies.

Le boulimique candidat-à-tout mange son chapeau

BrissonL’inspecteur général de l’Éducation nationale Max Brisson, allié pour cette élection à Maïder Arosteguy, a oublié un principe essentiel du management. Lorsqu’un pot de merde surgit, il faut se précipiter pour le régler, car sinon il vous revient en pleine poire. Accablé par sa défaite imprévue aux municipales, Max n’a pas prêté attention à la contestation qui émanait de ses rangs, pensant qu’elle s’estomperait avec le temps. Résultat : il a failli se retrouver avec trois listes dissidentes de l’UMP face à lui et a dû sérieusement s’agiter pour éteindre partiellement l’incendie. Intitulé « Le pompier pyromane », voici l’article qu’écrivait Corine Martineau sur sa page Facebook, le 5 février dernier : « Nous lui devons tous quelque chose. Mais quoi, n’aurait-il pas dû s’effacer cette fois afin de mieux rebondir quand la plaie se serait refermée ? L’ami a un appétit d’ogre et ne s’embarrasse pas de scrupules quand ses intérêts sont en jeu. Il avait le devoir de réunir nos 350 militants biarrots et leur donner la parole… Or là, que fait-il ? Il décide, et sans scrupule aucun, il vous demande de parapher. »

Quelques tractations plus tard, Max, soudain sous le charme de Corine à l’approche de la Saint-Valentin, écrit sur sa propre page, le 13 février : « Je salue le nécessaire effort d’unité et de rassemblement que fait Corine Martineau en retirant sa candidature aux élections départementales. (…) Pour toutes ces raisons, je suis convaincu de la nécessité qu’elle prenne des responsabilités éminentes au sein d’une UMP qui doit renouveler ses idées, son discours et ses actions. Son énergie, son imagination et le renouveau qu’elle porte en elle sont en effet autant de qualités dont l’UMP biarrote aura besoin pour se reconstruire et aller de l’avant. »

Voilà un troc de bon aloi, ou on ne s’y connait pas ! Tout le monde mesure le dynamisme et le militantisme de Corine Martineau et c’est sans doute une bonne nouvelle pour l’UMP où elle va amener beaucoup d’enthousiasme, mais le chapeau a été bien difficile à avaler pour le candidat-à-tout.

D’autant plus qu’il lui reste encore deux sacrés cailloux sur l’estomac, avec Frédéric Domège et Bénédicte Darrigade. Signataire au niveau départemental d’un accord avec l’UDI et le MoDem, Max Brisson s’efforce de faire croire qu’il demeure un opposant féroce au maire MoDem de Biarritz Michel Veunac. Pas de chance, lors du conseil municipal décisif sur les orientations budgétaires, Max retardé par la neige se retrouve dans l’impossibilité d’être présent à Biarritz… mais pas à Bayonne, lors d’une réunion  avec les têtes de liste du département ! Absent à un conseil sur deux, Max a vraiment de la peine à rester crédible quand il s’annonce « opposant féroce » à Michel Veunac, et il est tentant d’écouter les membres de l’opposition comme de la majorité qui affirment qu’un deal a été passé entre les deux anciens adjoints pour ne pas se nuire aux élections départementales comme aux prochaines régionales, Max s’engageant à quitter le conseil municipal dès mars, s’il est élu.

L’ex-rugbyman prend le trou

Brisson DomègeEn ancien trois-quarts centre qu’il est resté, Frédéric Domège a vu un espace se libérer sur le terrain politique et il s’y est engouffré. Il faut dire aussi qu’il rongeait son frein depuis un bon bout de temps, cantonné qu’il était au rôle de coupeur de citrons de l’ami Max Brisson. Le patron de l’UMP départementale, en novembre dernier, répétait encore qu’il n’irait pas aux élections départementales, « ce coupe-gorge » et avait annoncé à Frédéric que cette fois c’était lui… Avant de se raviser ! Frédéric a bien compris que nombre d’électeurs UMP n’ont pas digéré l’aveu de François Bayrou, annonçant qu’à titre personnel il voterait Hollande en 2012. Il a noté les absences de plus en plus voyantes de son chef de file au conseil municipal et s’est décidé à incarner sur Biarritz une opposition beaucoup plus ferme à Michel Veunac, persuadé que s’il réussit sa percée en devançant Max, il peut être élu. Furieux de se retrouver sous le coup d’une menace d’exclusion de l’UMP, ainsi que sa colistière Marie-Pierre Mayer (pourtant bien prévisible !), il est désormais décidé à distribuer des bourre-pif et affirme que Max ne part à ces élections que pour des raisons pécuniaires. Frédéric considère que « le premier tour constituera pour la droite et le centre une primaire grandeur nature ». Il est clair en tout cas que le 22 mars au soir, à la fin du premier tour, l’un des deux rivaux devra oublier la politique et se consacrer à la pêche à la ligne.

Plus rapide au sprint que son beau-père

Traitre Darrigade (1)Lors du premier conseil municipal, furieuse de voir son chef de file absent, Bénédicte Darrigade, en compagnie d’une de ses colistières, avait créé la surprise en votant pour … Michel Veunac au poste de maire. Encore une fois, Max Brisson avait fait semblant de ne rien voir et dès le conseil suivant, tout semblait revenu dans l’ordre. Mais c’était oublier les désirs d’émancipation de la dame, décidée à être candidate aux élections départementales, après avoir été la suppléante de Max. Après quelques appels du pied à des figures biarrotes de la société civile, puis un bref flirt avec François Amigorena (… qui ne sera pas sans conséquence, comme on le découvrira un peu plus tard), « l’opposante » Bénédicte Darrigade enfilait le maillot de championne du monde de la versatilité politique et réglait tout le monde au sprint en s’acoquinant avec le débonnaire Louis Vial, membre de la majorité municipale, et l’insignifiant Édouard Chazouillères, celui-là même qui affirmait vouloir pendre les journalistes à des crocs de boucher. Dame de petite conviction politique, ne manifestant pas le moindre respect pour le mandat que les électeurs lui avaient confié dix mois plus tôt, Bénédicte Darrigade est persuadée réussir ainsi à devancer Max Brisson. Ce qui peut être un bon calcul, car, en politique, la traîtrise paie souvent.

L’énarque, par l’odeur alléché…

LafiteGuy Lafite avait juré qu’il ne ferait pas la campagne des élections départementales et avait demandé à François Amigorena de se préparer. Mais le « spécialiste » des Finances, qui était le seul à ne pas connaître en 2008 la toxicité des partenariats public-privé, a commencé à suivre avec beaucoup d’intérêt les échanges de coups entre membres de l’UMP. Scandalisé par la désinvolture avec laquelle Michel Veunac traite sa propre majorité, et ce ticket inédit Darrigade-Vial, conscient que si l’opposition est en lambeaux, la majorité ne vaut guère mieux, le bobo Lafite, avec ses pulls en cachemire si rassurants pour la bourgeoisie biarrote, s’est dit que le ticket rose très très pâle qu’il forme avec Ghis Haye, face à une droite éparpillée, pouvait lui permettre de se retrouver au second tour en opposition à un candidat du Front national et de l’emporter, même si le département, c’est le moins qu’on puisse dire, n’est pas à gauche. Le voilà donc dans la course, en se disant que, sur un malentendu, la victoire est possible!

La vengeance du cocu

AmigorenaIl se répand partout en ville en grommelant. « Arrêtez de me faire passer pour un mec de gauche ». Élu depuis 1995 dans des conseils municipaux comme Bidart, où il n’a jamais réussi à émerger, le très ambitieux François Amigorena pensait enfin, en jetant son dévolu sur Biarritz,  avoir trouvé une ville à la hauteur de l’immense estime qu’il se porte. Il n’a donc pas hésité une seconde à devenir le directeur de campagne de Guy Lafite, sans même s’apercevoir –quel étourdi !- qu’il concourait sous les couleurs de la gauche. Conscient que cette orientation politique n’est guère porteuse à Biarritz, il la joue désormais furieusement chef d’entreprise et membre apolitique de la société civile pour tenter de limiter la casse. Cocufié deux fois dans cette campagne électorale, par Bénédicte Darrigade tout d’abord, puis par son mentor en politique Guy Lafite, François Amigorena est conscient qu’il n’a aucune chance en liant son destin à celui de Martine Vals, mais espère entraîner dans sa chute les deux listes de ceux qui se sont moqués de lui… Pour, enfin, avoir le sentiment d’exister.

Ne pas sous-estimer Jean Zay

franck-perrin-chef-de-file-du-front-national_1671613_800x400Sympathique et discret, Franck Perrin, à l’image de Florian Philippot, incarne à merveille ce nouveau Front national, tellement plus redoutable que celui de Jean-Marie Le Pen qui se disqualifiait par ces excès verbaux. Lors du débat politique organisé par TVPI, pendant les élections municipales, l’ancien salarié de l’office du Tourisme avait sidéré tout le monde en évoquant son homme politique favori, Jean Zay, ce ministre radical-socialiste assassiné par les miliciens en 1944. En binôme avec Peggy Lepretre, peu connue sur Biarritz, Frank Perrin doit se frotter les mains en voyant le spectacle pitoyable offert par la majorité comme par l’opposition, à l’occasion de ces élections départementales. Et si, porté par la vague de mécontentement qui agite le pays, par ce ras-le-bol de l’UMPS, dénoncé par Marine Le Pen, il était la surprise du deuxième tour ?

Trois binômes cohérents

Ils ne représentent qu’un tiers des candidats mais, contrairement aux autres, leur candidature est cohérente au regard de leur parcours politique. On connait les convictions communistes de Bernard Ithurbide et de Sophie Raffy et il est donc logique de les voir défendre les couleurs de leur parti. Élue de la majorité après un mandat passé dans l’opposition, le médecin Régine Daguerre, qui continue à exercer à plein temps, effectue aussi un travail remarquable dans le domaine qu’elle affectionne, le social, sans trop se soucier des petits jeux politiques municipaux. Abertzale jusqu’au bout des ongles, il est logique qu’elle se présente avec Serge Istèque. Même chose pour Samantha Goicoetchea et Jordan Lavignasse qui défendront le minuscule parti de Dupont-Aignan « Debout la France ». Ces trois binômes ne s’offusqueront sans doute pas si on estime que leurs chances de figurer au second tour sont faibles.

Une fois de plus, c’est Biarritz qui perd !

les_bronzes_1978_portrait_w858Toutes ces manœuvres, ces passages dans le camp adverse et ces chamailleries de cour d’école, pourraient prêter à sourire si, une fois de plus, le perdant n’était le contribuable biarrot. Il devient de plus en plus visible que Michel Veunac ne dirige plus rien ni personne, comme en témoignent les coups de gueule récurrents entre alliés d’hier, qui réveillent régulièrement les employés municipaux. Il ne serait vraiment pas surprenant qu’à un moment ou l’autre Michel Veunac, à l’image d’un Bernard Marie en son temps, soit mis en minorité par son propre camp au moment du vote du budget. Car le temps presse et le maire démontre chaque jour son incapacité à agir et à décider, se contentant de solutions désastreuses comme de réinvestir dans la Cité de l’Océan. Si l’opposition n’était pas elle-même totalement divisée, elle pourrait se frotter les mains d’une telle situation. Mais, à l’exception de Richard Tardits et de Jean-Benoît Saint-Cricq, opposants fermes, intelligents et constructifs, qui ne sont pas du genre à pactiser en douce, entre ceux qui ont changé de camp en cours de mandat et ceux qui ont dealé discrètement, plus personne ne s’y retrouve. Frédéric Domège semble décidé à combattre les décisions du maire et à incarner une opposition digne de ce nom. Mais quel poids politique aura-t-il au soir du premier tour ?

Il est encore temps…

Ancien conseiller municipal d’opposition, Bernard Ithurbide reste un inlassable piéton de Biarritz et un amoureux inconditionnel de sa ville. Il nous a fait parvenir ce petit texte que nous publions avec plaisir.

Stade Larribau 01Un jour de flânerie sur le site d’AGUILERA mon regard a rencontré, caché dans une encoignure derrière un vantail de portail, une plaque de marbre endommagée comportant le nom du stade Léon LARRIBAU. Il y aura soixante ans, dans quelques jours, que ce nom de baptême fut donné à cette enceinte en mémoire d’un rugbyman du BO, premier international amateur du club, mort pour la France lors de la première guerre mondiale.

Il serait tout à l’honneur du BOPB, même s’il est un club professionnel aujourd’hui, de reposer une nouvelle plaque qui, au travers de Léon LARRIBAU rappellerait le sacrifice de tous ces jeunes, sportifs ou non au moment où nous commémorons le centième anniversaire de ce terrible conflit.

Bernard Ithurbide

Une mouche du coche Veunacosceptique…

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30 mars 2014 : un trio improbable qui peut enfin assouvir ses ambitions… Pour les convictions, on verra plus tard.

La vie de blogueur réserve bien des surprises et vient de me valoir un mail où l’on me considère comme « La mouche du coche » de la Ville, ce qui est tout de même préférable à « La couche du moche », comme le diraient les adeptes de contrepèteries.

Voilà donc ce que m’écrit Philippe Etcheverry, mon excellent con  frère :

«  Une mouche du coche qui pique à tort et à travers n’est plus qu’un vulgaire moustique. 
Ton papier sur la non-fermeture des plages de Biarritz suite à une pollution très localisée sur une plage d’Anglet qui, je te le rappelle, n’a pas entrainé d’interdiction de baignade des autres plages angloyes, en est l’illustration. Ton appel au vote “tout sauf Veunac” pour le deuxième tour des municipales était déjà une indication de ton parti-pris. Pour ma part je continue à harceler mes amis élus sur des questions de sécurité, de transport, d’usage de produits phyto et de communication. Sauf que je leur laisse le temps de mettre tout ça en place avant de piquer si cela s’avérait nécessaire.
Je me sers de mon makila pour avancer sur le chemin mais son dard, dissimulé, n’a rien perdu de son ardeur, je te rassure!
 »

Passons sur l’outrance verbale. En bon talonneur qui adore la castagne, elle me met en joie, même si j’ai tendance à me méfier quand des messieurs d’un âge certain tiennent à mettre en avant l’ardeur de leur dard, même dissimulé. Ce qui me frappe dans ton mail, Philippe, c’est cette vision du journalisme, tellement en contradiction avec la mienne.

Soupe aux choux pour les touristes !

Ainsi donc mon papier sur la qualité des eaux de baignade n’avait pas lieu d’être puisque l’application, « Biarritz info plage » et le très compétent auteur du mail que tu es, nous certifient qu’elle est excellente. Philippe, le journalisme ne consiste pas à rapporter la bonne parole officielle, mais à raconter ce qu’on voit.

Dimanche 10 août après-midi, les nageurs des plages du Port-vieux et de la grande plage baignaient, une fois de plus, dans une sorte de soupe aux choux immonde et devaient écarter à chaque brasse des algues, des morceaux de bois, des lambeaux de plastique et autres déchets mal identifiés. Alors, peut-être que sous l’épaisse couche de potage, la qualité des eaux de baignade était « excellente » comme l’affirmait sans barguigner « Biarritz info plage », mais les hauts le cœur et les récriminations des touristes sortant de l’eau étaient bien réels et sans doute pas très prometteurs pour l’avenir touristique de Biarritz. Marie Darrieussecq, elle–même, a raconté dans Libération  du 9 août à quel point la Côte basque est actuellement dans la merde, au sale et au figuré. On peut penser que le sémillant docteur Guillaume Barucq, que l’on a connu très incisif en 2013, n’aurait pas manqué de vitupérer sur ce problème. Il est amusant de constater que le nouvel adjoint à l’environnement Barucq Guillaume, ne trouve plus rien à redire à l’aspect repoussant  des eaux de baignade, version 2014.

Veunac trois fois pris la main dans le sac

Venons-en, maintenant, au reproche essentiel contenu dans ton mail. Ainsi donc, j’aurais appelé au deuxième tour de l’élection municipale au « Tout sauf Veunac », preuve de mon « parti-pris ». Ceux qui m’ont connu en 2008, à l’époque où mon épouse entrait au conseil municipal, peuvent témoigner qu’entre Brisson et Veunac, mes sympathies allaient plutôt pour ce dernier, lorsqu’on me demandait pour qui je voterais en 2014, si les deux adjoints étaient candidats sur des listes séparées. Scandalisé par le mépris manifesté par Didier Borotra pour son opposition, en particulier lors de la décision de construire la Cité de l’Océan, j’ai commencé à m’intéresser sérieusement à la vie politique locale en 2012, au moment de mon départ du Canard enchaîné. Les premiers éléments que j’ai pu récolter  m’ont tellement sidéré que j’ai pris la décision en 2013 de lancer le blog Bisque, bisque Basque ! 

Oui, et je le revendique en tant que journaliste, j’ai estimé que Michel Veunac ne devait pas être élu maire de Biarritz, mais cette affirmation ne reposait pas sur un quelconque caprice de bobo parisien, fraîchement installé au Pays basque, mais sur l’analyse de faits particulièrement têtus. Trois fois, pendant la campagne électorale, Michel Veunac s’est fait prendre la main dans le sac, en empruntant de l’argent à un fournisseur de la Ville, en rédigeant une étude fort rémunératrice et fort peu consistante pour l’Agglomération et en laissant un membre de son équipe aider le FN à monter sa liste. Même si aucun de ces faits n’est illégal en soi, ils témoignent d’une espèce d’avidité et de désinvolture avec l’éthique publique, incompatibles à mes yeux avec un poste de Premier magistrat de Biarritz. Ensuite, pendant toute la campagne, Michel Veunac et quelques comparses m’ont promis des révélations sur les « turpitudes » des autres candidats et en particulier de Max Brisson. Jamais rien ne m’a été fourni. Au contraire, tout ce que j’ai pu découvrir d’un peu limite me renvoyait toujours à Michel Veunac ou à quelque second couteau de sa liste, déjà en poste lors du précédent mandat. Faute d’un candidat de gauche respectable au second tour, j’assume donc complètement, d’avoir voté le 30 mars pour Max Brisson et la droite, ce qui m’était déjà arrivé en 2002 avec Chirac contre Le Pen.  Et quand, lors des conseils municipaux, j’écoute le trio Max Brisson, Jean-Benoît Saint-Cricq ou Richard Tardits,  qui offre un tel contraste avec l’improbable et disparate majorité municipale, je ne regrette pas mon choix et je me dis que la Ville est vraiment passée à côté d’une équipe performante.

L’ambition plutôt que les convictions pour Lafite et Barucq

Les Biarrots sont parfois étranges pour le Charentais que je suis. Quand Michel Veunac emprunte de l’argent à Jacques Darrigrand, les pragmatiques du bistrot du coin frottent leur pouce contre leur index pour mimer l’argent et me disent dans un clin d’œil : « A sa place, j’aurais fait pareil ». Quand le résultat final de l’élection suppose des reports de voix particulièrement surprenants, voire des tricheries, les blasés haussent les épaules et soupirent : « De toutes façons, ils sont tous pareils, ces hommes politiques ! »

Bisque, bisque, basque ! s’élève totalement en faux contre cette idée. Non,  les politiques ne sont pas tous pourris ! Allez consulter par exemple, le site nosdéputés.fr qui fait le bilan de l’activité parlementaire, cherchez le nom de Colette Capdevielle et vous aurez une petite idée de ce qu’est une députée qui travaille et de l’abnégation que demande un tel poste. Oui certains élus se la coulent douce et profitent du système, mais tous les hommes politiques ne sont pas à mettre dans le même panier, à Biarritz comme en France.

Quelques semaines avant les élections municipales, j’ai pu avoir une conversation informelle avec des hiérarques du parti socialiste au sujet de Guy Lafite. La réponse avait été catégorique. Si Guy Lafite s’alliait avec Michel Veunac, « jamais le parti socialiste ne lui accorderait l’investiture pour le second tour » On connait la suite et la déculottée historique subie par le PS, qui l’a sans doute incité à ne pas trop se monter regardant sur les alliances de second tour. Pour cette raison, j’éprouverais toujours le plus infini respect pour le candidat communiste Bernard Ithurbide qui a préféré se retirer plutôt que de s’allier avec Michel Veunac. Guy Lafite, et ses colistiers, eux, n’ont pas été effleurés par ce genre de scrupules…

… Même déception concernant Guillaume Barucq. Pendant longtemps, j’ai envisagé de voter pour lui au premier tour, avant qu’une discussion dans son cabinet ne me refroidisse complètement. Il était manifeste qu’entre Veunac et Brisson, il irait au plus offrant, que les approximations de l’un et les vertus de l’autre n’entreraient pas en ligne de compte, et qu’il n’envisageait pas une minute de s’installer dans un rôle d’opposant vigilant qui aurait crédibilisé ses débuts en politique. Entre ambition personnelle et convictions, Lafite comme Barucq ont vite fait leur choix et il n’est guère étonnant que nombre de leurs supporters aient eu le sentiment d’être trahis.

Pas d’idée, pas de projet, à part s’augmenter

Un vrai journaliste doit mécontenter tout le monde, tout au long de sa carrière. Quand j’ai salué, la courtoisie que manifestait Michel Veunac à l’égard de son opposition et sa volonté de dialogue, la plupart de ceux qui avaient beaucoup apprécié mes papiers pendant la campagne électorale, ont pensé que, à l’image d’un de mes confrères et ami, j’étais devenu un Veunacophile convaincu.

Je rêve d’un grand maire pour Biarritz, car la situation de la Ville est particulièrement délicate, mais, pour le moment, je reste très Veunacosceptique, car là encore les faits sont têtus.

Trouvez-moi, en dehors de Biarritz, un seul Premier magistrat d’une ville de 25 000 habitants qui n’ait pas encore livré sa feuille de route à ses électeurs ! Michel Veunac nous l’avait promis pour juin, ce grand programme qui allait enchanter les foules. Il l’a finalement différé à octobre et les Biarrots un peu observateurs commencent à se demander si leur nouveau maire a la moindre idée sur ce qu’il doit faire, maintenant qu’il a obtenu le pouvoir. Alors que la situation financière de la Ville est particulièrement délicate, ses seules décisions d’importance ont été de s’attribuer une indemnité mensuelle de 4499,80€, très proche du maximum prévu par la loi et de sérieusement raboter les subventions accordées aux associations. Cinq mois après son élection, « Goinfrounac », comme le surnomment quelques Biarrots facétieux, ne semble toujours pas savoir quoi faire du pouvoir qu’il a tellement souhaité. Voilà qui n’est guère rassurant. Et l’on commence à entendre aux halles des Biarrots qui ont voté Veunac et qui reconnaissent : « Finalement, on aurait dû voter Brisson. Il est beaucoup plus solide. »

 

Voilà, Philippe, en réponse à ton mail qui m’a beaucoup amusé, pourquoi ma vision du journalisme n’a vraiment rien à voir avec la tienne.  Contrairement à toi, « La mouche du coche » n’a pas de beau-frère à la mairie, ne possède pas de terrains familiaux susceptibles de devenir constructibles, n’attend rien de personne, n’a rien à demander, ne convoite aucun poste, n’est membre d’aucun parti, ne sera jamais candidat à une élection, n’est intéressé que par le journalisme pur et dur, n’aura jamais aucun état d’âme pour dénoncer tous  les manquements aux règles de la vie publique, quel qu’en soit l’auteur, et surveillera de très près dans les mois à venir d’éventuelles évolutions du PLU, le Plan Local d’Urbanisme, au cas où quelques miracles se produiraient.

C’est peut-être ça qui fait la force de Bisque, bisque, basque !

C’est le Biarritz Olym… pique notre fric?

BOlympique... notre fric

Août 2013 : match de top 14, BO-Montpellier : les illusions étaient encore de mise.

Rêvons un peu : imaginez que, pendant quinze ans, Miss Pays basque ait pris l’habitude de vous servir votre petit-déjeuner au lit, juste au moment où vous ouvrez les yeux. Il est sûr que le jour où vous devrez aller chercher votre viennoiserie à la boulangerie du coin et vous faire votre café vous-même, vous allez trouver cela difficile, même si c’est le lot commun de la majorité des Français. C’est un peu ce qui arrive à Serge Blanco, président d’un club de « galactiques » il y a peu, et titulaire aujourd’hui d’une place en Pro D2, après avoir failli goûter aux « joies » de la fédérale 1.

L’homme a été le meilleur arrière du monde et il n’est pas étonnant que son charisme et sa personnalité aient suscité des amitiés hors-normes.

Bon connaisseur des hommes et du jeu, Serge Blanco a su créer un groupe exceptionnel, dans les années 2000, qui a ramené à trois reprises le bouclier de Brennus, à sa vraie place, c’est à dire à Biarritz (On n’est pas chauvin du tout!). Le tout avec l’appui financier de Serge Kampf, mécène idéal, donnant sans jamais rien exiger, homme de l’ombre à la hauteur de l’immense talent de Serge Blanco. Sauf que Serge Kampf ne peut désormais plus suivre financièrement et qu’il ne faut pas rêver : le BO ne croisera pas un deuxième Serge Kampf, aussi généreux et désintéressé. Retour sur une subvention municipale « exceptionnelle » et sur le psychodrame qui règne depuis dans la Ville.

 Un procès d’intention qui n’a pas lieu d’être

Envoyons d’abord en touche, d’un coup de pied rageur, les absurdités proférées. De la même façon qu’il y a eu aux élections municipales des comportements discutables, mais qu’on ne peut contester à aucun des candidats une passion viscérale pour sa Ville, il est ridicule d’affirmer que des Biarrots se réjouissent actuellement des malheurs du BO. Allez traîner les oreilles du côté des halles et vous serez édifiés! Personne n’est heureux de la dégringolade du club et tout le monde ne rêve que d’une chose : revoir ce club au plus haut niveau, le plus vite possible. Et je défie quiconque de trouver un seul élu de cette ville qui ne souhaite pas ardemment la réussite des rouges et blancs.

 Une communication totalement déconcertante

Mais aimer son club, ce n’est pas pour autant perdre tout sens critique. Serge Blanco, par sa connaissance du rugby, a pris l’habitude de gouverner seul et l’ancien joueur madré qu’il est resté, sait comme personne nourrir la presse de fausses pistes pour mieux tromper l’adversaire. Totalement encensé par les Biarrots, il y a quelques années, il est très critiqué actuellement et cette versatilité si française doit parfois le  faire sourire. Reconnaissons toutefois qu’il est difficile de cerner exactement ce qu’il a en tête.

On sait que le championnat de ProD2 est extrêmement difficile avec ses matches âpres et disputés tous les dimanches, qui usent les organismes. Derrière le discours lénifiant d’usage (« une remontée la plus rapide possible« ), quelle est la stratégie déployée? Lyon, Toulon, le Racing Métro ont vécu bien des misères avant de retrouver l’élite. Eddie O’Sullivan, Pierre Chadebech et le débutant  Benoît August, le nouveau trio d’entraîneurs, n’ont jamais participé à la Pro D2. Est-ce la façon la plus rapide d’assurer un retour rapide dans l’élite, surtout quand on recrute des joueurs étrangers, qui ont toujours du mal à s’adapter à notre si spécifique championnat et que l’on laisse partir les joyaux maison? À tout le moins, Serge Blanco, au lieu de se contenter de louvoyantes conférences de presse, où il enfile les banalités, devrait préciser son projet et sa stratégie pour que les spectateurs se sentent concernés.

 L’incapacité financière à lutter avec les grosses cylindrées

Le Biarritz Olympique a fort peu de chances de rencontrer un nouveau Serge Kampf. Le bassin économique réduit dans lequel évolue ce club, fait qu’il ne pourra sans doute plus jamais lutter avec les « monstres financiers » que sont Toulon, Clermont, Toulouse, Castres ou Montpellier. L’avenir du BO passe par le sportif et la formation, comme l’a fait l’AJ Auxerre de Guy Roux, en football, pendant des années, pour tenir la dragée haute à ses rivaux plus huppés. On ne fera pas l’insulte à Serge Blanco de prétendre mieux connaître le rugby que lui, mais est-ce ce qu’il croit aux vertus de la formation, ou est-il persuadé que, pour sauver le club, le BO doit obligatoirement faire appel aux joueurs étrangers pour ne pas passer plus d’une saison dans le purgatoire que représente la Pro D2 ?

 Des politiques parfaitement dans leur rôle

Et c’est là où on se rend compte que le rugby marche sur la tête, aussi bien au niveau national, avec les piètres résultats que l’on sait, qu’au niveau local où les munificentes habitudes de l’ovalie finissent par faire perdre tout sens commun aux plus équilibrés des hommes. On est loin du temps, que Serge Blanco se plait à raconter, où les joueurs disputaient un match pour le simple plaisir de défendre leurs couleurs et étaient tout heureux quand les dirigeants leur offraient un gueuleton sur le trajet du retour. Plusieurs élus ont tiré la sonnette d’alarme depuis fort longtemps face aux largesses accordées par Didier Borotra.

L’élu communiste Bernard Ithurbide, à qui on ne reprochera pas de ne pas aimer le rugby, lui qui est abonné depuis vingt ans, intervenait ainsi le 30 septembre 2013 : «  Une fois de plus, je vais refuser de voter une subvention à ce club qui m’est si cher (…) Comme bon nombre de Biarrotes et Biarrots, je vis très mal la situation actuelle. Mais comme citoyen je souhaite que les impôts, dont je m’acquitte scrupuleusement, soient utilisés plutôt pour la solidarité envers la population la plus défavorisée, au travers de services publics de qualité. » Et côté UMP, Max Brisson, ne dit pas autre chose quand il affirme : « La Ville n’a pas vocation à boucher les trous » (Sud Ouest 25/6). Serge Blanco a tout à fait raison quand il affirme que jusque-là le Biarritz Olympique a coûté fort peu cher à la Ville, par rapport aux retombées économiques qu’entraînaient les matches de Coupe d’Europe. Mais Michel Veunac est parfaitement dans son rôle de maire, quand il annonce aux élus et à la population, qu’en échange de cette subvention exceptionnelle de 400 000 € (une somme qui n’est pas anodine pour une ville endettée comme Biarritz!), il demandera un droit de regard sur les finances. Et Serge Blanco a totalement tort de s’énerver contre cette requête, en affirmant sur Radio France bleue Pays basque que « Michel Veunac ferait mieux de s’occuper de la Cité de l’Océan au lieu de vouloir mettre le nez dans les comptes du BO« . Il faut savoir : ou le BO est un club professionnel et une entreprise de spectacle privée et ses comptes ne regardent que la fédération de rugby, ou il est appuyé financièrement par une ville, et il est normal que les contribuables sachent où va leur argent.

À la place des élus, je serais même allé un peu plus loin. Il est légitime de donner de l’argent de poche à son enfant quand il est lycéen. Mais dangereux, vingt ans plus tard, de payer son loyer ou ses vacances, s’il touche un salaire qu’il gaspille allégrement, car vous le sortez de toute réalité économique. Éviter, pour « services rendus » au BO, une infâmante relégation en fédérale 1, en octroyant une subvention exceptionnelle, n’avait rien d’illogique. Mais les élus auraient dû préciser que cette subvention exceptionnelle serait la dernière, quoiqu’il arrive, car le BO, ayant perdu son prestigieux mécène, se doit comme toutes les autres associations, d’adapter désormais sa gestion à ses moyens.

Et si Richard Tardits avait raison ?

Pour beaucoup de confrères, le coup de colère de Blanco contre Veunac était lié surtout au retard pris sur le projet Aguilera, qui permettrait au BO d’obtenir à bon compte un stade agrandi, tout en obtenant un dédommagement conséquent pour les terrains concédés aux promoteurs. Pendant les élections municipales, dans le brouhaha des egos qui se fracassaient, on n’a peut-être pas assez porté attention à la petite musique de Richard Tardits, qui, en matière de sport professionnel, en connait plus qu’un rayon.

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Il a de l’allure, ce stade, quand il est paré de rouge et blanc…

Seul Français ayant joué dans une équipe professionnelle de football américain, Richard estime qu’un club professionnel doit se débrouiller seul, ce qui explique son abstention sur la subvention exceptionnelle accordée au club de rugby (Encore un, que l’on ne pourra suspecter pourtant de détester le BO!). Quant à la plaine de jeux d’Aguilera, Richard Tardits est formel. Surtout ne rien bâtir, mais moderniser et aménager le lieu pour en faire un pôle d’excellence sportive! Et c’est vrai qu’entre Capbreton, spécialisé dans les blessures des sportifs de haut-niveau, et Font-Romeu pour les stages d’oxygénation, Biarritz a une belle place à prendre avec des installations de haut niveau qui attireraient sans doute beaucoup plus de monde que la triste Cité de l’Océan.

Cohérent jusqu’au bout, Richard estime que ces installations, prévoyant une piste d’athlétisme, une piscine olympique et un centre d’hébergement pour les espoirs, pourraient profiter entre autres… au BO. Car Richard est convaincu que le salut du club de rugby ne peut venir que des jeunes, qui transformeraient peu à peu l’improbable amalgame de mercenaires de toutes nationalités, venus croquer de l’or ovale, en centre d’excellence régional. Mais ce projet exige du temps, de la patience, de l’obstination et n’amènerait le BO à remonter dans l’élite que lorsqu’il serait revenu à maturité.

Un calendrier qui n’arrange peut-être pas Serge Blanco, qui sent que le fauteuil de président de la fédération française de rugby lui tend les bras et qui redoute peut-être que le fait d’être président d’un club de Pro D2 ne lui nuise.

En attendant, et même si cette bêcheuse de Miss Pays basque ne vient pas nous servir les croissants au lit tous les matins, nous continuerons les jours de match, pauvres spectateurs amoureux de nos étoiles locales, à applaudir les joueurs et à parer le stade de rouge et blanc, pour qu’Aguilera reste pour les visiteurs un chaudron redouté.

Bernard Ithurbide : « Pourquoi, j’ai choisi Lafite »

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Sculpteur malicieux et amoureux de sa ville, Bernard Ithurbide vaut bien plus
que tous les clichés véhiculés sur l’élu communiste de Biarritz. (Photo Sud Ouest)

Bernard Ithurbide est un risque-tout. On le croise parfois, du côté de la Côte des Basques ou de la Villa Belza, vantant sa ville avec une conviction toute militante devant une petite troupe de collègues d’EDF/GDF, en vacances dans la région. Se doute-t-il, ce téméraire, que le conservateur du Musée de la mer, rêve depuis des lustres de le mettre dans une bouteille de formol, au titre des espèces en voie de disparition ? Un communiste à Biarritz, c’est presque aussi rare qu’un cœlacanthe dans le Golfe de Gascogne, cette espèce de poisson fossile que les scientifiques croyaient à jamais disparue! L’homme est singulier : l’élu municipal peut se montrer aussi rigide et doctrinaire, que le sculpteur, qui expose chaque année au Brouillarta à Biarritz, est chaleureux et créatif.  Bernard a des principes et ne transige pas avec, ce qui est plutôt rare en politique. Assistant en 2013 à une réunion publique qu’il animait, dans le quartier de Pétricot, à un moment où il s’efforçait de recueillir les avis de ses concitoyens, j’avais été surpris par la qualité des interventions de l’assistance, comme si, en présence d’un élu communiste, on pouvait enfin exprimer son ras-le-bol de la politique menée par Didier Borotra et sa propre vision de la ville. De loin la plus tonique et la plus vivifiante de toutes les réunions publiques auxquelles j’ai participé. Il est vrai que nous nous connaissons bien, puisque Bernard a remplacé en 2010 au conseil municipal, mon épouse démissionnaire. Entretien, sans faucille, ni marteau… ni langue de bois avec un vrai personnage.

Quand tu as intégré, en 2010, le conseil municipal qu’est-ce qui t’a frappé?

– Tout semble fait à Biarritz pour que les observateurs ne puissent pas suivre la teneur des débats. La salle est malcommode et les spectateurs n’entendent quasiment rien, contrairement à Anglet ou à Bayonne. Ensuite, ce conseil municipal est troublant puisque tous les partis sont représentés à la fois dans l’opposition et la majorité. Il y a des UMP, des socialistes ou des abertzale dans les deux camps. Finalement, j’étais le seul, en tant que représentant du parti communiste à ne pas avoir un « clone » dans la majorité.

– Le fonctionnement était compliqué?

– Ce qui m’horripile encore maintenant, c’est d’entendre régulièrement après mes interventions : « On ne fait pas de politique dans une commune ». Mais toutes les décisions d’un maire sont politiques! Dans les choix de Didier Borotra, il y a eu des choses intéressantes et d’autres dramatiques, comme la politique du logement. Je n’avais pas mesuré, avant d’arriver au conseil, le pouvoir exorbitant du maire. Il se laisse parfois chatouiller par l’opposition, mais, quand il en a marre, il coupe le micro et c’est fini. Le 13 décembre 2013, alors que nous discutions de l’aide à apporter aux jeunes pour passer le permis de conduire, il m’a répliqué que lui seul déciderait de recours éventuels et je  ne suis pas sûr qu’il plaisantait quand il a conclu son intervention :  » Je veux justifier mon rôle d’autocrate ».

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La Dame blanche

Qu’est-ce qui t’a marqué dans ce dernier mandat de Didier Borotra?

– Je suis arrivé alors que les grandes décisions avaient déjà été votées. Je partageais complètement les craintes de l’opposition. Les faits ont montré que la Cité de l’océan est un projet complètement mégalomaniaque.

Quatre adjoints de la majorité en course pour les prochaines municipales, ça t’étonne?

– Il y a eu un étonnant suivisme de la part des adjoints. Brisson s’efforce de se démarquer mais il a voté sans états d’âme toutes les décisions de Didier Borotra. Veunac envisage de gouverner avec des gens de tous bords, mais je ne suis pas sûr qu’il ait la finesse politique de Borotra pour manœuvrer. Tu vas dire que je suis partisan, mais je pense que Guy Lafite, est moins coupable parce qu’il est là depuis moins longtemps.

Et l’affaire des PV?

– C’est du clientélisme absolu et l’un des problèmes majeurs de cette ville!

Lors du dernier conseil, tu t’es élevé contre le renouvellement anticipé  pour dix ans de la concession « Bleu Café »

– C’est la première fois que je vois un renouvellement de concession anticipé sous prétexte de travaux. La vraie raison de cette hâte, c’est que le propriétaire Roland Héguy est un ami du maire. Comme par hasard, il n’y a eu qu’un seul appel d’offres. J’ai fait remarquer au maire que personne n’avait eu connaissance de l’appel d’offres public, mais il n’a pas daigné répondre. En fait, nous sommes mis devant le fait accompli.

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De deux choses Lune

Changeons de sujet. Vois-tu d’un bon œil les candidatures de Richard Tardits et Guillaume Barucq?

 J’éprouve plutôt de la bienveillance pour eux. Je suis ravi que de nouveaux Biarrots s’impliquent  dans leur ville. Mais dans l’esprit où ils y vont, leur démarche est probablement vouée à l’échec.

Est-ce que c’est facile d’être communiste, à l’approche de ces élections municipales?

Clairement non! Je te rappelle qu’aucune décision n’a été prise au niveau national pour ces élections. Ce sont les communistes locaux qui décident, en fonction de ce qui se passe dans leur ville, s’ils partent avec le Front de gauche ou le parti socialiste. Mais pour le grand public, c’est un peu déroutant.

Justement, explique-moi pourquoi tu te retrouves sur la liste de Guy Lafite, plutôt que sur celle de Mathieu Accoh?

– Je n’ai aucun problème à te répondre. Les communistes de la ville, nous avons d’abord rencontré Mathieu Accoh. Il nous a affirmé qu’il était hors de question pour sa liste de s’allier au deuxième tour avec le candidat socialiste. C’était un vrai problème pour nous, car nous avons le sentiment que les communistes, par leurs préoccupations, amènent de l’humain avec leur présence dans un conseil…

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Rêve de Cyclades

C’est donc pour cette raison que tu as rencontré Guy Lafite?

– Un point important à rectifier. Contrairement à ce qu’a écrit la presse, c’est Guy Lafite qui nous a sollicités et non l’inverse. Je suis venu avec deux camarades, militants à Biarritz et Guy avait deux de ses lieutenants. Sur beaucoup de points, comme l’idée de faire 30% de logements sociaux à Iraty, nous nous sommes retrouvés d’accord. Guy a aussi le souci de revitaliser les quartiers et de développer les transports en commun. Nous essayons d’amener nos idées, comme le développement des jardins familiaux. Nous avons donc décidé de faire liste commune avec lui.

– Est-ce que tu as envisagé le cas de figure où Lafite s’associerait à Veunac au deuxième tour?

Je ne fais pas de politique pour obtenir un quelconque strapontin, mais pour amener des idées. Si les deux listes fusionnaient, je ne pense pas que les communistes poursuivraient l’aventure.

Bernard, se lève, en retard, tout comme moi. Il aime débattre et convaincre et est venu flanqué d’un volumineux dossier. Je ne doute pas une seconde de ce qu’il m’avance, mais à chaque fois, il tient à me montrer une preuve écrite de ses affirmations. Nous quittons le café La Coupole pour regagner la place Clémenceau, et je m’apprête, conformément à ma mauvaise habitude à traverser en slalomant entre les voitures. Bernard m’admoneste gentiment : « Un élu se doit de donner l’exemple. Désolé, mais j’emprunte les passages cloutés« .

Décidément, on ne le changera jamais!