Une mouche du coche Veunacosceptique…

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30 mars 2014 : un trio improbable qui peut enfin assouvir ses ambitions… Pour les convictions, on verra plus tard.

La vie de blogueur réserve bien des surprises et vient de me valoir un mail où l’on me considère comme « La mouche du coche » de la Ville, ce qui est tout de même préférable à « La couche du moche », comme le diraient les adeptes de contrepèteries.

Voilà donc ce que m’écrit Philippe Etcheverry, mon excellent con  frère :

«  Une mouche du coche qui pique à tort et à travers n’est plus qu’un vulgaire moustique. 
Ton papier sur la non-fermeture des plages de Biarritz suite à une pollution très localisée sur une plage d’Anglet qui, je te le rappelle, n’a pas entrainé d’interdiction de baignade des autres plages angloyes, en est l’illustration. Ton appel au vote “tout sauf Veunac” pour le deuxième tour des municipales était déjà une indication de ton parti-pris. Pour ma part je continue à harceler mes amis élus sur des questions de sécurité, de transport, d’usage de produits phyto et de communication. Sauf que je leur laisse le temps de mettre tout ça en place avant de piquer si cela s’avérait nécessaire.
Je me sers de mon makila pour avancer sur le chemin mais son dard, dissimulé, n’a rien perdu de son ardeur, je te rassure!
 »

Passons sur l’outrance verbale. En bon talonneur qui adore la castagne, elle me met en joie, même si j’ai tendance à me méfier quand des messieurs d’un âge certain tiennent à mettre en avant l’ardeur de leur dard, même dissimulé. Ce qui me frappe dans ton mail, Philippe, c’est cette vision du journalisme, tellement en contradiction avec la mienne.

Soupe aux choux pour les touristes !

Ainsi donc mon papier sur la qualité des eaux de baignade n’avait pas lieu d’être puisque l’application, « Biarritz info plage » et le très compétent auteur du mail que tu es, nous certifient qu’elle est excellente. Philippe, le journalisme ne consiste pas à rapporter la bonne parole officielle, mais à raconter ce qu’on voit.

Dimanche 10 août après-midi, les nageurs des plages du Port-vieux et de la grande plage baignaient, une fois de plus, dans une sorte de soupe aux choux immonde et devaient écarter à chaque brasse des algues, des morceaux de bois, des lambeaux de plastique et autres déchets mal identifiés. Alors, peut-être que sous l’épaisse couche de potage, la qualité des eaux de baignade était « excellente » comme l’affirmait sans barguigner « Biarritz info plage », mais les hauts le cœur et les récriminations des touristes sortant de l’eau étaient bien réels et sans doute pas très prometteurs pour l’avenir touristique de Biarritz. Marie Darrieussecq, elle–même, a raconté dans Libération  du 9 août à quel point la Côte basque est actuellement dans la merde, au sale et au figuré. On peut penser que le sémillant docteur Guillaume Barucq, que l’on a connu très incisif en 2013, n’aurait pas manqué de vitupérer sur ce problème. Il est amusant de constater que le nouvel adjoint à l’environnement Barucq Guillaume, ne trouve plus rien à redire à l’aspect repoussant  des eaux de baignade, version 2014.

Veunac trois fois pris la main dans le sac

Venons-en, maintenant, au reproche essentiel contenu dans ton mail. Ainsi donc, j’aurais appelé au deuxième tour de l’élection municipale au « Tout sauf Veunac », preuve de mon « parti-pris ». Ceux qui m’ont connu en 2008, à l’époque où mon épouse entrait au conseil municipal, peuvent témoigner qu’entre Brisson et Veunac, mes sympathies allaient plutôt pour ce dernier, lorsqu’on me demandait pour qui je voterais en 2014, si les deux adjoints étaient candidats sur des listes séparées. Scandalisé par le mépris manifesté par Didier Borotra pour son opposition, en particulier lors de la décision de construire la Cité de l’Océan, j’ai commencé à m’intéresser sérieusement à la vie politique locale en 2012, au moment de mon départ du Canard enchaîné. Les premiers éléments que j’ai pu récolter  m’ont tellement sidéré que j’ai pris la décision en 2013 de lancer le blog Bisque, bisque Basque ! 

Oui, et je le revendique en tant que journaliste, j’ai estimé que Michel Veunac ne devait pas être élu maire de Biarritz, mais cette affirmation ne reposait pas sur un quelconque caprice de bobo parisien, fraîchement installé au Pays basque, mais sur l’analyse de faits particulièrement têtus. Trois fois, pendant la campagne électorale, Michel Veunac s’est fait prendre la main dans le sac, en empruntant de l’argent à un fournisseur de la Ville, en rédigeant une étude fort rémunératrice et fort peu consistante pour l’Agglomération et en laissant un membre de son équipe aider le FN à monter sa liste. Même si aucun de ces faits n’est illégal en soi, ils témoignent d’une espèce d’avidité et de désinvolture avec l’éthique publique, incompatibles à mes yeux avec un poste de Premier magistrat de Biarritz. Ensuite, pendant toute la campagne, Michel Veunac et quelques comparses m’ont promis des révélations sur les « turpitudes » des autres candidats et en particulier de Max Brisson. Jamais rien ne m’a été fourni. Au contraire, tout ce que j’ai pu découvrir d’un peu limite me renvoyait toujours à Michel Veunac ou à quelque second couteau de sa liste, déjà en poste lors du précédent mandat. Faute d’un candidat de gauche respectable au second tour, j’assume donc complètement, d’avoir voté le 30 mars pour Max Brisson et la droite, ce qui m’était déjà arrivé en 2002 avec Chirac contre Le Pen.  Et quand, lors des conseils municipaux, j’écoute le trio Max Brisson, Jean-Benoît Saint-Cricq ou Richard Tardits,  qui offre un tel contraste avec l’improbable et disparate majorité municipale, je ne regrette pas mon choix et je me dis que la Ville est vraiment passée à côté d’une équipe performante.

L’ambition plutôt que les convictions pour Lafite et Barucq

Les Biarrots sont parfois étranges pour le Charentais que je suis. Quand Michel Veunac emprunte de l’argent à Jacques Darrigrand, les pragmatiques du bistrot du coin frottent leur pouce contre leur index pour mimer l’argent et me disent dans un clin d’œil : « A sa place, j’aurais fait pareil ». Quand le résultat final de l’élection suppose des reports de voix particulièrement surprenants, voire des tricheries, les blasés haussent les épaules et soupirent : « De toutes façons, ils sont tous pareils, ces hommes politiques ! »

Bisque, bisque, basque ! s’élève totalement en faux contre cette idée. Non,  les politiques ne sont pas tous pourris ! Allez consulter par exemple, le site nosdéputés.fr qui fait le bilan de l’activité parlementaire, cherchez le nom de Colette Capdevielle et vous aurez une petite idée de ce qu’est une députée qui travaille et de l’abnégation que demande un tel poste. Oui certains élus se la coulent douce et profitent du système, mais tous les hommes politiques ne sont pas à mettre dans le même panier, à Biarritz comme en France.

Quelques semaines avant les élections municipales, j’ai pu avoir une conversation informelle avec des hiérarques du parti socialiste au sujet de Guy Lafite. La réponse avait été catégorique. Si Guy Lafite s’alliait avec Michel Veunac, « jamais le parti socialiste ne lui accorderait l’investiture pour le second tour » On connait la suite et la déculottée historique subie par le PS, qui l’a sans doute incité à ne pas trop se monter regardant sur les alliances de second tour. Pour cette raison, j’éprouverais toujours le plus infini respect pour le candidat communiste Bernard Ithurbide qui a préféré se retirer plutôt que de s’allier avec Michel Veunac. Guy Lafite, et ses colistiers, eux, n’ont pas été effleurés par ce genre de scrupules…

… Même déception concernant Guillaume Barucq. Pendant longtemps, j’ai envisagé de voter pour lui au premier tour, avant qu’une discussion dans son cabinet ne me refroidisse complètement. Il était manifeste qu’entre Veunac et Brisson, il irait au plus offrant, que les approximations de l’un et les vertus de l’autre n’entreraient pas en ligne de compte, et qu’il n’envisageait pas une minute de s’installer dans un rôle d’opposant vigilant qui aurait crédibilisé ses débuts en politique. Entre ambition personnelle et convictions, Lafite comme Barucq ont vite fait leur choix et il n’est guère étonnant que nombre de leurs supporters aient eu le sentiment d’être trahis.

Pas d’idée, pas de projet, à part s’augmenter

Un vrai journaliste doit mécontenter tout le monde, tout au long de sa carrière. Quand j’ai salué, la courtoisie que manifestait Michel Veunac à l’égard de son opposition et sa volonté de dialogue, la plupart de ceux qui avaient beaucoup apprécié mes papiers pendant la campagne électorale, ont pensé que, à l’image d’un de mes confrères et ami, j’étais devenu un Veunacophile convaincu.

Je rêve d’un grand maire pour Biarritz, car la situation de la Ville est particulièrement délicate, mais, pour le moment, je reste très Veunacosceptique, car là encore les faits sont têtus.

Trouvez-moi, en dehors de Biarritz, un seul Premier magistrat d’une ville de 25 000 habitants qui n’ait pas encore livré sa feuille de route à ses électeurs ! Michel Veunac nous l’avait promis pour juin, ce grand programme qui allait enchanter les foules. Il l’a finalement différé à octobre et les Biarrots un peu observateurs commencent à se demander si leur nouveau maire a la moindre idée sur ce qu’il doit faire, maintenant qu’il a obtenu le pouvoir. Alors que la situation financière de la Ville est particulièrement délicate, ses seules décisions d’importance ont été de s’attribuer une indemnité mensuelle de 4499,80€, très proche du maximum prévu par la loi et de sérieusement raboter les subventions accordées aux associations. Cinq mois après son élection, « Goinfrounac », comme le surnomment quelques Biarrots facétieux, ne semble toujours pas savoir quoi faire du pouvoir qu’il a tellement souhaité. Voilà qui n’est guère rassurant. Et l’on commence à entendre aux halles des Biarrots qui ont voté Veunac et qui reconnaissent : « Finalement, on aurait dû voter Brisson. Il est beaucoup plus solide. »

 

Voilà, Philippe, en réponse à ton mail qui m’a beaucoup amusé, pourquoi ma vision du journalisme n’a vraiment rien à voir avec la tienne.  Contrairement à toi, « La mouche du coche » n’a pas de beau-frère à la mairie, ne possède pas de terrains familiaux susceptibles de devenir constructibles, n’attend rien de personne, n’a rien à demander, ne convoite aucun poste, n’est membre d’aucun parti, ne sera jamais candidat à une élection, n’est intéressé que par le journalisme pur et dur, n’aura jamais aucun état d’âme pour dénoncer tous  les manquements aux règles de la vie publique, quel qu’en soit l’auteur, et surveillera de très près dans les mois à venir d’éventuelles évolutions du PLU, le Plan Local d’Urbanisme, au cas où quelques miracles se produiraient.

C’est peut-être ça qui fait la force de Bisque, bisque, basque !

C’est le Biarritz Olym… pique notre fric?

BOlympique... notre fric

Août 2013 : match de top 14, BO-Montpellier : les illusions étaient encore de mise.

Rêvons un peu : imaginez que, pendant quinze ans, Miss Pays basque ait pris l’habitude de vous servir votre petit-déjeuner au lit, juste au moment où vous ouvrez les yeux. Il est sûr que le jour où vous devrez aller chercher votre viennoiserie à la boulangerie du coin et vous faire votre café vous-même, vous allez trouver cela difficile, même si c’est le lot commun de la majorité des Français. C’est un peu ce qui arrive à Serge Blanco, président d’un club de « galactiques » il y a peu, et titulaire aujourd’hui d’une place en Pro D2, après avoir failli goûter aux « joies » de la fédérale 1.

L’homme a été le meilleur arrière du monde et il n’est pas étonnant que son charisme et sa personnalité aient suscité des amitiés hors-normes.

Bon connaisseur des hommes et du jeu, Serge Blanco a su créer un groupe exceptionnel, dans les années 2000, qui a ramené à trois reprises le bouclier de Brennus, à sa vraie place, c’est à dire à Biarritz (On n’est pas chauvin du tout!). Le tout avec l’appui financier de Serge Kampf, mécène idéal, donnant sans jamais rien exiger, homme de l’ombre à la hauteur de l’immense talent de Serge Blanco. Sauf que Serge Kampf ne peut désormais plus suivre financièrement et qu’il ne faut pas rêver : le BO ne croisera pas un deuxième Serge Kampf, aussi généreux et désintéressé. Retour sur une subvention municipale « exceptionnelle » et sur le psychodrame qui règne depuis dans la Ville.

 Un procès d’intention qui n’a pas lieu d’être

Envoyons d’abord en touche, d’un coup de pied rageur, les absurdités proférées. De la même façon qu’il y a eu aux élections municipales des comportements discutables, mais qu’on ne peut contester à aucun des candidats une passion viscérale pour sa Ville, il est ridicule d’affirmer que des Biarrots se réjouissent actuellement des malheurs du BO. Allez traîner les oreilles du côté des halles et vous serez édifiés! Personne n’est heureux de la dégringolade du club et tout le monde ne rêve que d’une chose : revoir ce club au plus haut niveau, le plus vite possible. Et je défie quiconque de trouver un seul élu de cette ville qui ne souhaite pas ardemment la réussite des rouges et blancs.

 Une communication totalement déconcertante

Mais aimer son club, ce n’est pas pour autant perdre tout sens critique. Serge Blanco, par sa connaissance du rugby, a pris l’habitude de gouverner seul et l’ancien joueur madré qu’il est resté, sait comme personne nourrir la presse de fausses pistes pour mieux tromper l’adversaire. Totalement encensé par les Biarrots, il y a quelques années, il est très critiqué actuellement et cette versatilité si française doit parfois le  faire sourire. Reconnaissons toutefois qu’il est difficile de cerner exactement ce qu’il a en tête.

On sait que le championnat de ProD2 est extrêmement difficile avec ses matches âpres et disputés tous les dimanches, qui usent les organismes. Derrière le discours lénifiant d’usage (« une remontée la plus rapide possible« ), quelle est la stratégie déployée? Lyon, Toulon, le Racing Métro ont vécu bien des misères avant de retrouver l’élite. Eddie O’Sullivan, Pierre Chadebech et le débutant  Benoît August, le nouveau trio d’entraîneurs, n’ont jamais participé à la Pro D2. Est-ce la façon la plus rapide d’assurer un retour rapide dans l’élite, surtout quand on recrute des joueurs étrangers, qui ont toujours du mal à s’adapter à notre si spécifique championnat et que l’on laisse partir les joyaux maison? À tout le moins, Serge Blanco, au lieu de se contenter de louvoyantes conférences de presse, où il enfile les banalités, devrait préciser son projet et sa stratégie pour que les spectateurs se sentent concernés.

 L’incapacité financière à lutter avec les grosses cylindrées

Le Biarritz Olympique a fort peu de chances de rencontrer un nouveau Serge Kampf. Le bassin économique réduit dans lequel évolue ce club, fait qu’il ne pourra sans doute plus jamais lutter avec les « monstres financiers » que sont Toulon, Clermont, Toulouse, Castres ou Montpellier. L’avenir du BO passe par le sportif et la formation, comme l’a fait l’AJ Auxerre de Guy Roux, en football, pendant des années, pour tenir la dragée haute à ses rivaux plus huppés. On ne fera pas l’insulte à Serge Blanco de prétendre mieux connaître le rugby que lui, mais est-ce ce qu’il croit aux vertus de la formation, ou est-il persuadé que, pour sauver le club, le BO doit obligatoirement faire appel aux joueurs étrangers pour ne pas passer plus d’une saison dans le purgatoire que représente la Pro D2 ?

 Des politiques parfaitement dans leur rôle

Et c’est là où on se rend compte que le rugby marche sur la tête, aussi bien au niveau national, avec les piètres résultats que l’on sait, qu’au niveau local où les munificentes habitudes de l’ovalie finissent par faire perdre tout sens commun aux plus équilibrés des hommes. On est loin du temps, que Serge Blanco se plait à raconter, où les joueurs disputaient un match pour le simple plaisir de défendre leurs couleurs et étaient tout heureux quand les dirigeants leur offraient un gueuleton sur le trajet du retour. Plusieurs élus ont tiré la sonnette d’alarme depuis fort longtemps face aux largesses accordées par Didier Borotra.

L’élu communiste Bernard Ithurbide, à qui on ne reprochera pas de ne pas aimer le rugby, lui qui est abonné depuis vingt ans, intervenait ainsi le 30 septembre 2013 : «  Une fois de plus, je vais refuser de voter une subvention à ce club qui m’est si cher (…) Comme bon nombre de Biarrotes et Biarrots, je vis très mal la situation actuelle. Mais comme citoyen je souhaite que les impôts, dont je m’acquitte scrupuleusement, soient utilisés plutôt pour la solidarité envers la population la plus défavorisée, au travers de services publics de qualité. » Et côté UMP, Max Brisson, ne dit pas autre chose quand il affirme : « La Ville n’a pas vocation à boucher les trous » (Sud Ouest 25/6). Serge Blanco a tout à fait raison quand il affirme que jusque-là le Biarritz Olympique a coûté fort peu cher à la Ville, par rapport aux retombées économiques qu’entraînaient les matches de Coupe d’Europe. Mais Michel Veunac est parfaitement dans son rôle de maire, quand il annonce aux élus et à la population, qu’en échange de cette subvention exceptionnelle de 400 000 € (une somme qui n’est pas anodine pour une ville endettée comme Biarritz!), il demandera un droit de regard sur les finances. Et Serge Blanco a totalement tort de s’énerver contre cette requête, en affirmant sur Radio France bleue Pays basque que « Michel Veunac ferait mieux de s’occuper de la Cité de l’Océan au lieu de vouloir mettre le nez dans les comptes du BO« . Il faut savoir : ou le BO est un club professionnel et une entreprise de spectacle privée et ses comptes ne regardent que la fédération de rugby, ou il est appuyé financièrement par une ville, et il est normal que les contribuables sachent où va leur argent.

À la place des élus, je serais même allé un peu plus loin. Il est légitime de donner de l’argent de poche à son enfant quand il est lycéen. Mais dangereux, vingt ans plus tard, de payer son loyer ou ses vacances, s’il touche un salaire qu’il gaspille allégrement, car vous le sortez de toute réalité économique. Éviter, pour « services rendus » au BO, une infâmante relégation en fédérale 1, en octroyant une subvention exceptionnelle, n’avait rien d’illogique. Mais les élus auraient dû préciser que cette subvention exceptionnelle serait la dernière, quoiqu’il arrive, car le BO, ayant perdu son prestigieux mécène, se doit comme toutes les autres associations, d’adapter désormais sa gestion à ses moyens.

Et si Richard Tardits avait raison ?

Pour beaucoup de confrères, le coup de colère de Blanco contre Veunac était lié surtout au retard pris sur le projet Aguilera, qui permettrait au BO d’obtenir à bon compte un stade agrandi, tout en obtenant un dédommagement conséquent pour les terrains concédés aux promoteurs. Pendant les élections municipales, dans le brouhaha des egos qui se fracassaient, on n’a peut-être pas assez porté attention à la petite musique de Richard Tardits, qui, en matière de sport professionnel, en connait plus qu’un rayon.

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Il a de l’allure, ce stade, quand il est paré de rouge et blanc…

Seul Français ayant joué dans une équipe professionnelle de football américain, Richard estime qu’un club professionnel doit se débrouiller seul, ce qui explique son abstention sur la subvention exceptionnelle accordée au club de rugby (Encore un, que l’on ne pourra suspecter pourtant de détester le BO!). Quant à la plaine de jeux d’Aguilera, Richard Tardits est formel. Surtout ne rien bâtir, mais moderniser et aménager le lieu pour en faire un pôle d’excellence sportive! Et c’est vrai qu’entre Capbreton, spécialisé dans les blessures des sportifs de haut-niveau, et Font-Romeu pour les stages d’oxygénation, Biarritz a une belle place à prendre avec des installations de haut niveau qui attireraient sans doute beaucoup plus de monde que la triste Cité de l’Océan.

Cohérent jusqu’au bout, Richard estime que ces installations, prévoyant une piste d’athlétisme, une piscine olympique et un centre d’hébergement pour les espoirs, pourraient profiter entre autres… au BO. Car Richard est convaincu que le salut du club de rugby ne peut venir que des jeunes, qui transformeraient peu à peu l’improbable amalgame de mercenaires de toutes nationalités, venus croquer de l’or ovale, en centre d’excellence régional. Mais ce projet exige du temps, de la patience, de l’obstination et n’amènerait le BO à remonter dans l’élite que lorsqu’il serait revenu à maturité.

Un calendrier qui n’arrange peut-être pas Serge Blanco, qui sent que le fauteuil de président de la fédération française de rugby lui tend les bras et qui redoute peut-être que le fait d’être président d’un club de Pro D2 ne lui nuise.

En attendant, et même si cette bêcheuse de Miss Pays basque ne vient pas nous servir les croissants au lit tous les matins, nous continuerons les jours de match, pauvres spectateurs amoureux de nos étoiles locales, à applaudir les joueurs et à parer le stade de rouge et blanc, pour qu’Aguilera reste pour les visiteurs un chaudron redouté.

Bernard Ithurbide : « Pourquoi, j’ai choisi Lafite »

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Sculpteur malicieux et amoureux de sa ville, Bernard Ithurbide vaut bien plus
que tous les clichés véhiculés sur l’élu communiste de Biarritz. (Photo Sud Ouest)

Bernard Ithurbide est un risque-tout. On le croise parfois, du côté de la Côte des Basques ou de la Villa Belza, vantant sa ville avec une conviction toute militante devant une petite troupe de collègues d’EDF/GDF, en vacances dans la région. Se doute-t-il, ce téméraire, que le conservateur du Musée de la mer, rêve depuis des lustres de le mettre dans une bouteille de formol, au titre des espèces en voie de disparition ? Un communiste à Biarritz, c’est presque aussi rare qu’un cœlacanthe dans le Golfe de Gascogne, cette espèce de poisson fossile que les scientifiques croyaient à jamais disparue! L’homme est singulier : l’élu municipal peut se montrer aussi rigide et doctrinaire, que le sculpteur, qui expose chaque année au Brouillarta à Biarritz, est chaleureux et créatif.  Bernard a des principes et ne transige pas avec, ce qui est plutôt rare en politique. Assistant en 2013 à une réunion publique qu’il animait, dans le quartier de Pétricot, à un moment où il s’efforçait de recueillir les avis de ses concitoyens, j’avais été surpris par la qualité des interventions de l’assistance, comme si, en présence d’un élu communiste, on pouvait enfin exprimer son ras-le-bol de la politique menée par Didier Borotra et sa propre vision de la ville. De loin la plus tonique et la plus vivifiante de toutes les réunions publiques auxquelles j’ai participé. Il est vrai que nous nous connaissons bien, puisque Bernard a remplacé en 2010 au conseil municipal, mon épouse démissionnaire. Entretien, sans faucille, ni marteau… ni langue de bois avec un vrai personnage.

Quand tu as intégré, en 2010, le conseil municipal qu’est-ce qui t’a frappé?

– Tout semble fait à Biarritz pour que les observateurs ne puissent pas suivre la teneur des débats. La salle est malcommode et les spectateurs n’entendent quasiment rien, contrairement à Anglet ou à Bayonne. Ensuite, ce conseil municipal est troublant puisque tous les partis sont représentés à la fois dans l’opposition et la majorité. Il y a des UMP, des socialistes ou des abertzale dans les deux camps. Finalement, j’étais le seul, en tant que représentant du parti communiste à ne pas avoir un « clone » dans la majorité.

– Le fonctionnement était compliqué?

– Ce qui m’horripile encore maintenant, c’est d’entendre régulièrement après mes interventions : « On ne fait pas de politique dans une commune ». Mais toutes les décisions d’un maire sont politiques! Dans les choix de Didier Borotra, il y a eu des choses intéressantes et d’autres dramatiques, comme la politique du logement. Je n’avais pas mesuré, avant d’arriver au conseil, le pouvoir exorbitant du maire. Il se laisse parfois chatouiller par l’opposition, mais, quand il en a marre, il coupe le micro et c’est fini. Le 13 décembre 2013, alors que nous discutions de l’aide à apporter aux jeunes pour passer le permis de conduire, il m’a répliqué que lui seul déciderait de recours éventuels et je  ne suis pas sûr qu’il plaisantait quand il a conclu son intervention :  » Je veux justifier mon rôle d’autocrate ».

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La Dame blanche

Qu’est-ce qui t’a marqué dans ce dernier mandat de Didier Borotra?

– Je suis arrivé alors que les grandes décisions avaient déjà été votées. Je partageais complètement les craintes de l’opposition. Les faits ont montré que la Cité de l’océan est un projet complètement mégalomaniaque.

Quatre adjoints de la majorité en course pour les prochaines municipales, ça t’étonne?

– Il y a eu un étonnant suivisme de la part des adjoints. Brisson s’efforce de se démarquer mais il a voté sans états d’âme toutes les décisions de Didier Borotra. Veunac envisage de gouverner avec des gens de tous bords, mais je ne suis pas sûr qu’il ait la finesse politique de Borotra pour manœuvrer. Tu vas dire que je suis partisan, mais je pense que Guy Lafite, est moins coupable parce qu’il est là depuis moins longtemps.

Et l’affaire des PV?

– C’est du clientélisme absolu et l’un des problèmes majeurs de cette ville!

Lors du dernier conseil, tu t’es élevé contre le renouvellement anticipé  pour dix ans de la concession « Bleu Café »

– C’est la première fois que je vois un renouvellement de concession anticipé sous prétexte de travaux. La vraie raison de cette hâte, c’est que le propriétaire Roland Héguy est un ami du maire. Comme par hasard, il n’y a eu qu’un seul appel d’offres. J’ai fait remarquer au maire que personne n’avait eu connaissance de l’appel d’offres public, mais il n’a pas daigné répondre. En fait, nous sommes mis devant le fait accompli.

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De deux choses Lune

Changeons de sujet. Vois-tu d’un bon œil les candidatures de Richard Tardits et Guillaume Barucq?

 J’éprouve plutôt de la bienveillance pour eux. Je suis ravi que de nouveaux Biarrots s’impliquent  dans leur ville. Mais dans l’esprit où ils y vont, leur démarche est probablement vouée à l’échec.

Est-ce que c’est facile d’être communiste, à l’approche de ces élections municipales?

Clairement non! Je te rappelle qu’aucune décision n’a été prise au niveau national pour ces élections. Ce sont les communistes locaux qui décident, en fonction de ce qui se passe dans leur ville, s’ils partent avec le Front de gauche ou le parti socialiste. Mais pour le grand public, c’est un peu déroutant.

Justement, explique-moi pourquoi tu te retrouves sur la liste de Guy Lafite, plutôt que sur celle de Mathieu Accoh?

– Je n’ai aucun problème à te répondre. Les communistes de la ville, nous avons d’abord rencontré Mathieu Accoh. Il nous a affirmé qu’il était hors de question pour sa liste de s’allier au deuxième tour avec le candidat socialiste. C’était un vrai problème pour nous, car nous avons le sentiment que les communistes, par leurs préoccupations, amènent de l’humain avec leur présence dans un conseil…

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Rêve de Cyclades

C’est donc pour cette raison que tu as rencontré Guy Lafite?

– Un point important à rectifier. Contrairement à ce qu’a écrit la presse, c’est Guy Lafite qui nous a sollicités et non l’inverse. Je suis venu avec deux camarades, militants à Biarritz et Guy avait deux de ses lieutenants. Sur beaucoup de points, comme l’idée de faire 30% de logements sociaux à Iraty, nous nous sommes retrouvés d’accord. Guy a aussi le souci de revitaliser les quartiers et de développer les transports en commun. Nous essayons d’amener nos idées, comme le développement des jardins familiaux. Nous avons donc décidé de faire liste commune avec lui.

– Est-ce que tu as envisagé le cas de figure où Lafite s’associerait à Veunac au deuxième tour?

Je ne fais pas de politique pour obtenir un quelconque strapontin, mais pour amener des idées. Si les deux listes fusionnaient, je ne pense pas que les communistes poursuivraient l’aventure.

Bernard, se lève, en retard, tout comme moi. Il aime débattre et convaincre et est venu flanqué d’un volumineux dossier. Je ne doute pas une seconde de ce qu’il m’avance, mais à chaque fois, il tient à me montrer une preuve écrite de ses affirmations. Nous quittons le café La Coupole pour regagner la place Clémenceau, et je m’apprête, conformément à ma mauvaise habitude à traverser en slalomant entre les voitures. Bernard m’admoneste gentiment : « Un élu se doit de donner l’exemple. Désolé, mais j’emprunte les passages cloutés« .

Décidément, on ne le changera jamais!