Affaire bénigne ou maligne ?

De façon très prévisible, Veunac affirme que le fiasco des écuries de Bigueyrie est une « affaire bénigne » liée à « une succession d’erreurs techniques ». Il est permis de sourire.

 Les pères et mères de famille qui voient arriver la fin du mois avec inquiétude se souviendront, au moment de mettre un nouveau bulletin dans l’urne en 2020, de ce maire qui ose qualifier « d’affaire bénigne » une cession d’un bien communal où les contribuables biarrots ont failli perdre entre 100 000 et 300 000 euros. Quel mépris pour ceux qui s’échinent à temps plein en gagnant le SMIC ! Ces mêmes pères et mères de famille, qui tentent d’y voir clair dans cette affaire, seront ravis d’apprendre que Bisque, Bisque, Basque ! n’est qu’un tissu de fariboles, billevesées et autres calembredaines… Bien qu’à l’origine de l’affaire, l’auteur de ce blog en effet n’a pas été convié à la conférence de presse qui se tenait mardi matin en la mairie de Biarritz. Alors, on a peur ?

Veunac prévisible et consternant

Dans cette conférence de presse façon Corée du Nord, où l’on était prié de croire la bonne parole municipale, Veunac a une fois de plus été prévisible au point d’en être consternant. Cette affaire, il la qualifie de « bénigne » auprès de son entourage. Si Michel Veunac a concédé que l’erreur était de sa responsabilité « et celle de personne d’autre », façon de dédouaner son adjointe qui ruait dans les brancards, il s’est empressé de diriger le projecteur en direction du service de l’urbanisme, parlant « d’erreurs techniques, non intentionnelles, comme cela peut arriver aux meilleurs. »

C’est oublier que sans le flair de Domège et les recours posés par Amigorena, Saint-Cricq et Echeverria, cette vente passait comme un cheval au relais de poste. Une position qui indigne au plus haut point les services administratifs de la mairie, parfaitement conscients qu’on leur fait porter un chapeau beaucoup trop grand pour eux. Les fonctionnaires territoriaux sont habitués à se taire et être désignés comme coupables à chaque coup de Trafalgar… Mais à ce point, avec une telle mauvaise foi ! L’ambiance va être sympa à la mairie de Biarritz dans les jours à venir.

Barucq en casque bleu

Lundi midi, Nathalie Motsch, suite à l’interview paru dans Sud Ouest, a accepté de rencontrer Michel Veunac. Se doutant qu’il n’allait pas lui décerner une guirlande de compliments, elle a demandé qu’il y ait un témoin à leur entretien, ce qui était une sage précaution. C’est le docteur Barucq, même s’il n’est pas médecin urgentiste, qui a accepté de s’y coller. Joint au téléphone, le médecin surfeur qui a l’habitude de mettre un casque quand la vague est forte, ne dément pas sa présence mais se contente de dire qu’il les laisse désormais « se débrouiller comme des grands ».

Aucun des trois protagonistes n’a voulu raconter à Bisque, Bisque, Basque ! ce qui s’était dit, mais des confidences de membres de la majorité, qui se sont retrouvés mêlés à l’affaire, permettent d’y voir plus clair. Veunac menaçait Nathalie Motsch de lui retirer sa délégation si elle n’était pas présente à ses côtés à la conférence de presse. Mais nombre d’élus de la majorité qui ont dû, eux aussi, présenter des délibérations sur des dossiers qui étaient chasse gardée du maire, ont volé au secours de l’adjointe à l’urbanisme et menacé de démissionner, indignés que le maire ait mis plus d’une semaine à laver de tout soupçon son adjointe. D’où l’absence de Nathalie Motsch qui n’avait effectivement rien à faire à cette conférence de presse puisque l’affaire ne l’a jamais concernée.

Une majorité en état de siège

La cession ratée des écuries de Bigueyrie a été une sorte de révélateur pour la majorité. Passé l’enthousiasme initial de la victoire de 2014, les jeunes talents et ceux qui s’imaginent un avenir politique en 2020, ne supportent plus les hésitations permanentes du maire, ses coups de gueule et sa façon de penser que rien n’est de sa faute. Jusqu’à ces dernières semaines, tout le monde râlait en douce dans son coin. Mais l’affaire de l’Hôtel du Palais, avec le constructeur Vinci qui hérite de 9 millions d’euros de travaux sans que la commission des travaux n’ait été saisie, ajoutée à cette cession ratée qui fait singulièrement désordre, commencent à lasser. Bisque, Bisque, Basque ! est persuadé après avoir discuté avec la plupart des figures du conseil municipal que Veunac, est désormais minoritaire au sein de sa majorité. Car il en faut de la constance et de l’indulgence pour le soutenir. En dehors de Lafite, qui se montre de plus en plus distant, de Castaignède et des trois abertzale qu’on a connus en d’autres temps plus soucieux de morale publique, seul Destizon, toujours plus flagorneur que les autres flagorneurs, vole encore publiquement au secours de Michel. Et compte-tenu des dossiers qui arrivent, on peut imaginer de sacrées surprises lors des délibérations futures, si dissidents de la majorité et opposition décident de voter de concert.

Une enquête interne refusée

Car tous ces élus qui n’en peuvent plus de Veunac, ont eu une nouvelle preuve de sa mauvaise foi et de sa duplicité. Le maire de Biarritz, lors de sa conférence de presse, a accusé Bisque, Bisque, Basque ! de n’avoir que des informations « parcellaires » sur le dossier. Que dire du maire alors, puisque « officiellement », c’est ce blog qui lui a successivement appris que le terrain était constructible à 874 m2 puis 1283 ? Quand une approximation de cette importance se produit et qu’on accuse ses services d’erreurs successives, la moindre des choses est d’essayer de comprendre ce qui s’est passé et de diligenter une enquête. C’est ce que lui a demandé sa majorité, qui a réalisé depuis longtemps que l’erreur n’était pas la seule hypothèse possible. Refus catégorique de Veunac, conscient qu’à force de titiller ses services, un sérieux coup de sabot pourrait arriver. L’affaire est donc close, braves gens : il y a eu maladresse des services, vous êtes priés de le croire puisque c’est le maire qui le dit, et une nouvelle erreur se produira bientôt à nouveau puisque le maire refuse d’enquêter pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer. Il a peur qu’on découvre qu’il a piloté le dossier du début à la fin ?

Des ruades à la Société des Courses

Certains détails montrent bien que cette cession n’avait rien d’ordinaire. L’acquéreur que personne ne connaissait, Jimmy Malige, ne veut plus parler à la presse, mais lors de notre conversation, il a reconnu quelques faits tout à fait extraordinaires. Malige n’est jamais venu à la marie ni n’a rencontré Veunac ou un quelconque adjoint, avant que l’urbanisme ne le convoque pour la première fois, près de deux mois après la vente. Mais personne ne s’est étonné de cet acquéreur mystère et ne lui a demandé un centime de garantie pour ce bien. Les premiers versements prévus devaient avoir lieu en avril 2018, ce qui témoigne d’une décontraction sidérante. Si un particulier vendait ainsi sa maison, à un parfait inconnu sans avoir la moindre garantie sur son assise financière, que dirait-on ?

L’agitation qui règne à la Société des Courses montre bien que l’affaire n’est peut-être pas tout à fait celle qu’on essaie de nous vendre. Des administrateurs se sont intéressés au fichier des sociétaires, et ont découvert que le fameux acquéreur miracle, qui montait cette opération « par amitié pour Bertrand Testard », n’avait été pris de passion pour les chevaux que depuis fort peu. Jimmy Malige n’est nullement Sociétaire de la Société des Courses de Trot, comme présenté lors de la délibération du 29 septembre, et avait juste sollicité son admission au moment où il faisait son offre à 545 000 euros. Si ce n’est pas de l’esprit d’à-propos !

Furieux, les membres du conseil d’administration, qui devaient ratifier son adhésion, sont maintenant bien décidés à la refuser. Et à s’intéresser sur l’élan à leur vice-président Bertrand Testard et à ses allées et venues entre la Société des Courses, la mairie d’Anglet où on le voit fréquemment et celle de Biarritz où s’est passé le deal avec Michel Veunac. L’homme clame son innocence et dit que tous les courriers échangés avec la Ville le prouveront. Comme si des échanges privés n’avaient pu avoir lieu. Il est évident qu’il n’est pas le cerveau de l’affaire, mais les administrateurs qui ont le sentiment de ne pas avoir été informés de toutes ses démarches, envisagent de l’exclure lui aussi.

Quelques élus étrangement discrets

Si certaines réactions de politiques sont très claires comme celle de Domège évoquant un « jackpot » à toucher en 2021, ou de Maïder Arosteguy parlant de « république bananière » à propos de la mairie, d’autres observent depuis le début de l’affaire un silence que l’on pourrait qualifier d’embarrassé. Lors du dernier conseil municipal, Guy Lafite avait fait sourire tout le monde, en rejoignant totalement Jean-Benoît Saint-Cricq sur l’évolution nécessaire de la Socomix qui gère Le Palais et en disant le contraire de Veunac. Depuis le début de l’affaire des écuries de la Bigueyrie, celui qui aime se présenter comme un brillant technicien de la finance se garde bien de dire quoi que ce soit en public. Comme s’il avait compris ce qui s’était passé et tenait à ne pas se faire éclabousser. Même chose pour un nouveau sénateur qui avait failli nous faire pleurer en abandonnant son mandat de conseiller municipal et en affirmant que c’est pour mieux servir Biarritz qu’il faisait ce sacrifice. Croisé lundi par hasard à la gare, Max Brisson, très occupé avec son téléphone portable, s’est bien gardé de venir poser quelques questions sur l’affaire en cours. On ne jure plus que par le Palais du Luxembourg ?

Veunac qui ne m’invite pas à sa conférence de presse, Lafite qui se tait, Brisson qui ne cherche pas à savoir… Décidément, les vieux chevaux de retour de la politique biarrote ne goûtent guère cette histoire d’écuries.

Un débat qui tombe à pic

Comment rétablir la confiance entre les médias et les citoyens ? Voilà la question à laquelle Elise Vincent du Monde et Bénédicte Saint-André de Mediabask, vont s’efforcer de répondre avec moi. En espérant un peu d’agitation dans la salle, signe d’un débat de qualité.

Ne tirez pas sur les lampistes…

Ni Motsch, ni l’urbanisme ne sont responsables du fiasco de la vente ratée du domaine de la Bigueyrie. Tout donne à croire que ce dossier était piloté par Veunac et lui seul.

Décidément ces écuries de Parme ressemblent de plus en plus à des écuries d’Augias et le parfum nauséabond qui en émane ne vient pas que du crottin des chevaux. Le cavalier acrobate qui caracole à la tête de la mairie a juste mis quatre jours pour franchir l’obstacle et annoncer, droit dans ses bottes, qu’il annulait la vente du domaine (« Sud Ouest », 2/12). N’est décidément pas Bartabas qui veut !

Et, après cette série d’approximations, l’on commence à deviner quelle va être la ligne de défense de Michel Veunac, relayée abondamment auprès de tous ceux qui le croient encore, ou du moins font semblant. Dix coups de téléphone, aimablement passés à Bisque, Bisque, Basque ! de la part d’interlocuteurs pliés de rire, racontent exactement la même chose. Michel Veunac adore larmoyer : « Ce poste de maire est dur. Tellement dur ! J’ai pris une équipe trop jeune et en réalité, je suis obligé de tout faire. Si j’avais été un peu plus aidé, cette histoire ne serait jamais arrivée. Je prends conscience que mon service de l’urbanisme n’est pas à la hauteur. Quant à Motsch, si elle suivait ses dossiers au lieu d’être toujours absente, ça ne serait pas arrivé ».  Autrement dit, tout le monde est coupable, sauf moi. Une contre-vérité évidente dans ce dossier, piloté de A à Z par le maire et lui seul.

Opposition et majorité unis contre le maire

Dans cette affaire qui sent effectivement très fort, il convient d’abord de féliciter Frédéric Domège. Avec son métier et ses années passées aux affaires, le conseiller d’opposition a eu le flair de deviner que quelque chose n’était pas clair dans cette histoire. Il est sûr que sans ses remarques le 29 septembre, lors du conseil municipal, jamais Bisque, Bisque, Basque ! n’aurait eu l’idée d’enquêter et tout le monde se serait fait berner. Au fur et à mesure des révélations apportées par ce blog, les téléphones portables ont chauffé entre les membres de l’opposition et de la majorité. Les échanges ont été nombreux, l’indignation vive et la consternation totale.

Samedi matin, l’opposition a trouvé le temps de se réunir pour arriver au même constat que la majorité quelques heures plus tôt. Michel Veunac n’a cessé de mentir et l’urbanisme n’a évidemment aucune responsabilité dans ce fiasco. Comme dans toutes les villes de France, les services municipaux de Biarritz, qui abritent d’indéniables compétences, ont fait ce qu’on leur a demandé de faire. Qui peut croire une seconde que l’urbanisme aurait mis sous le coude une proposition supérieure de 105 000 euros sans en parler au maire ? Et Nathalie Motsch, contrairement à ce que dit Veunac, travaille dur… sur les dossiers qu’on lui confie.

Passionné par le béton, comme ses prédécesseurs

S’estimant trahie par le maire, Nathalie Motsch raconte dans Sud Ouest le fonctionnement bien particulier de la majorité municipale.

Sociologue de métier, Michel Veunac devenu maire aurait dû fort logiquement s’intéresser à l’image de la Ville, à la communication, au rayonnement international de Biarritz. Allez comprendre pourquoi, comme ses prédécesseurs, une fois revêtu de l’écharpe tricolore, il s’est soudain pris de passion pour le béton.

Ne voulant pas porter le chapeau dans une affaire où les faits ont démontré qu’elle n’y était pour rien, l’adjointe à l’Urbanisme Nathalie Motsch met en lumière des pratiques inacceptables au sein de la majorité municipale dans Sud Ouest du 2 décembre. Dans le dossier de la cession des écuries de Bigueyrie, comme dans d’autres dossiers majeurs, (Bisque, Bisque, Basque ! vous promet d’autres surprises de taille sous peu), l’adjointe à l’Urbanisme est soigneusement tenue à l’écart et le dossier devient une « chasse gardée » du maire. Est-ce un fonctionnement logique dans une ville d’importance ? Et que cache cette pratique monarchique ?

Des mensonges en série

Même si vous êtes peu au fait de la vie publique, vous pouvez vous poser une question simple. Comment se fait-il qu’un simple citoyen qui ne connaît pas grand monde à Biarritz puisse avoir en quelques minutes et trois coups de téléphone des informations que le maire officiellement ignorait ? Qui peut croire cela une minute ?

Écoutez et réécoutez la vidéo du conseil municipal du 29 septembre 2017. Veunac sait et tente de passer en douce. Et pour ce faire, il envoie son adjointe en première ligne.

Deux mensonges le prouvent :

Quand Veunac répond officiellement à Bisque, Bisque, Basque ! il précise que l’estimation des Domaines s’élève « à 545 000 euros et non 920 000 euros ». Comme si ce dernier chiffre sortait de nulle part ! Mais il ignore à ce moment là qu’une lettre en notre possession et signée de sa main prouve que quatre mois plus tôt, le domaine de la Bigueyrie était encore estimé à 920 000 euros. Une estimation, qui, au vu des informations connues sur la constructibilité de la parcelle, semble on ne peut plus raisonnable.

Et puis, il y a l’ultime mensonge de Veunac à sa majorité pour tenter de sauver sa peau. Quand Nathalie Motsch l’accuse publiquement de ne pas l’avoir informée, Veunac se garde de contredire son adjointe mais cherche à faire croire que l’offre du promoteur Jérôme Rey est arrivée après le conseil, alors que le tampon de la mairie et le certificat du directeur général des services démontrent le contraire.

Alors vous croyez toujours à une simple erreur de l’urbanisme et à un malheureux concours de circonstances ?

L’embarras de la mairie d’Anglet

Et cette affaire pue tellement que la mairie d’Anglet, vendredi dernier, botte en touche. Questionnée par un simple citoyen qui aurait pu, après tout, vouloir se porter acquéreur, elle refuse de communiquer un chiffre aussi simple que les possibilités de construire sur la fameuse parcelle en question.

Le mail adressé par Bisque, Bisque, Basque! à la mairie d’Anglet. La question posée était pourtant simple. Elle n’a pas eu de réponse.

« C’est une affaire purement biarrote. La mairie ne veut pas s’en mêler » affirme un peu gêné le responsable de la communication Philippe Hemmert. On a connu Claude Olive plus inspiré en d’autres temps. À moins que la présence de Jacques Veunac, frère de Michel, au poste d’adjoint, ne l’incite à la discrétion sur ce terrain tellement attractif. Finalement, les grands secrets des politiques ne durent jamais bien longtemps et l’on apprendra très vite que la possibilité totale de la parcelle constructible s’élève bien à 1283 m2. À 545 000 euros, c’était le jackpot assuré pour l’acquéreur… ou son commanditaire.

Testard avoue à demi… puis se rétracte

Bertrand Testard est décidément un garçon changeant. Vendredi, sur sa page Facebook, il écrit : « Vous êtes tous béats devant les écrits de Monsieur Viollier qui se complait à patauger les deux pieds dans la merde ». À quelques mots près, ce que dit le maire.

Samedi, sans doute, un peu paniqué par les propos de Jimmy Malige, publiés la veille, il lâche une bombe, adressée à Bisque, Bisque, Basque !

 

Dimanche, après avoir pris conscience à retardement de ce qu’il vient d’écrire, ou s’être fait morigéner sérieusement par qui de droit, il rétropédale furieusement.

Mais le propos est intéressant et tout le monde remarquera vers qui Monsieur Testard dirige les projecteurs, les « élus ou des spécialistes de l’immobilier ». Mais pourquoi donc un « spécialiste de l’immobilier » serait concerné par cette affaire municipale ?

Et l’on en revient à la personnalité de celui qui a failli acquérir le terrain. Il suffit de discuter dix minutes avec l’intéressé pour comprendre. Jimmy Malige vient d’arriver dans la région et ne connait personne, mais il est allé dénicher un terrain bien caché du côté de Parme sans qu’aucune annonce immobilière ne paraisse. Le même affirme n’avoir jamais su que ce terrain était constructible, ce qui est possible vu son inculture de la région. Il voulait rénover les bâtiments existants, faire huit appartements et avait deux ou trois personnes qui lui avaient promis de l’aide.

Imaginons qu’un grand nom du bâtiment se soit porté acquéreur de la parcelle. Évidemment, tous les conseillers municipaux auraient suivi de près cette cession. Et le pot aux roses, sur cette pépite cachée, aurait été découvert. Tandis qu’avec un inconnu, présenté comme membre de la Société des Courses de Trot, ce qui n’était pas vrai au moment de la transaction, tous les membres du conseil municipal avaient le sentiment d’aider la société sportive.

Si « un de ceux qui lui avait promis de l’aide », avait racheté en 2021 ou 2022, le bâtiment rénové par Jimmy Malige, il pouvait ensuite bâtir 874 m2 de foncier neuf et faire une magnifique culbute. Même en laissant un petit bénéfice à l’acquéreur initial.

Une hypothèse d’école ?

Il est totalement ahurissant que le candidat présenté par Bertrand Testard, inconnu de tous rappelons-le, n’ait jamais été reçu à la mairie avant que Bisque, Bisque, Basque ! ne s’intéresse à l’affaire. Ou alors Monsieur Testard a une sacrée influence dans cette ville ! Vous vendriez, vous, votre appartement à quelqu’un que vous n’avez jamais vu sans même savoir s’il dispose de la surface financière pour le faire ? Si l’urbanisme ne s’est pas inquiété et a dérogé à ses pratiques courantes, c’est bien parce quelqu’un lui a dit de ne pas s’inquiéter. Encore plus révélateur, Jimmy Malige est convoqué lundi dernier à la mairie (où il met les pieds pour la première fois) et on lui suggère soudain de dire qu’il va raser les bâtiments existants. Pourquoi ? Parce que dans ce cas-là la possibilité à construire retombera à 874 m2 au lieu de 1283 et que la « boulette » paraîtra plus acceptable. Si on était sur une simple erreur administrative et une mauvaise estimation du terrain, aurait-on fait tout cela ? Agacé par cette affaire où il regrette d’avoir mis les pieds, le jeune promoteur refuse à juste titre le « témoignage orienté » qu’on lui demande.

Espérons maintenant que la Justice va s’intéresser à cette affaire pour éclaircir les zones d’ombre soulevées par Bisque, Bisque, Basque ! Un souhait que partagera sans doute Michel Veunac, ce chantre absolu de la transparence.

Et pendant ce temps, Veunac pense à 2020 !

Il y a décidément du Hollande chez Veunac ! Début décembre 2016, le seul souci de l’ex-Président de la République était de trouver le moyen de se faire réélire. Notre Michel Veunac bien à nous est tellement convaincu de faire un mandat étincelant qu’il ne parle déjà que de sa réélection. Cette fois, c’est promis, il va se débarrasser de cette majorité éclectique et turbulente qui ne lui vaut que des ennuis et faire une nouvelle alliance au centre et à droite. Et il promet déjà des postes aux imbéciles prêts à le croire. Heureusement, les jeunes talents de la majorité sont en train de comprendre que leur carrière politique pourrait bien se terminer en 2020 avec un tel guide suprême. Il était plus que temps, car la situation de Biarritz mérite autre chose qu’un beau parleur spécialiste du cataplasme verbal et de l’étude inutile pour gagner du temps.

Sur Twitter, un certain Michel VIEUNAC sévit depuis peu. Et quand on regarde les abonnés, on découvre nombre de figures de la vie politique locale. Une parodie qui va faire grincer quelques dents.

1283 m2 constructibles, et un nouveau mensonge de Veunac

Les écuries de Parme ont successivement été annoncées non constructibles, puis constructibles à 583 m2, puis à 874 m2 et enfin à 1283 m2 selon la mairie d’Anglet. On rêve !

Les écuries de la Bigueyrie vues par Google Earth.

Il faut croire qu’il n’y a plus de papier ni de stylo à la maire de Biarritz, lorsqu’il s’agit de rédiger un communiqué. 72 heures après la parution du premier article de Bisque, Bisque, Basque !, l’embarras et le silence radio étaient toujours de mise, avant que le maire ne se fende enfin « d’éléments de réponse » au journal Sud Ouest. Alors que plusieurs conseillers municipaux avaient demandé l’annulation de cette vente, que les chiffres véritables sur les possibilités de construire sur ce terrain surgissaient, le discours officiel servi aux médias qui ne s’intéressent qu’aux discours officiels cherchait à faire porter le chapeau de l’erreur au service de l’urbanisme de Biarritz. Quelle blague !

Ambiance houleuse à la réunion de majorité

C’est un Veunac tout miel et tout sourire qui se présente à la réunion de la majorité qui s’est tenue hier soir, peu avant le match BO-Perpignan. L’air de rien (Sur un malentendu, ça peut marcher !) le maire démarre sur le prochain conseil municipal avant que des élus ne le stoppent et ne lui demandent de parler des sujets qui fâchent, les écuries de Parme et l’Hôtel du Palais. Et notre Veunac, embarrassé, d’expliquer qu’il a reçu une lettre de la mairie d’Anglet lui confirmant que la possibilité de construire est bien de 874 m2 comme Bisque, Bisque, Basque ! l’avait écrit et que le bâti existant peut être réaménagé et transformé, ce qui porte le total à 1283 m2 constructibles. Une sacrée bonne opération, si on se rappelle que dans le cadre d’une « bonne gestion » la mairie était prête à se débarrasser de ces deux parcelles pour 545 000 euros. Et qui sont les responsables de cette bévue, selon le roi de la défausse Veunac ? Les lampistes du service de l’urbanisme !

La colère de Nathalie Motsch

Très en colère et très émue, Nathalie Motsch demande la parole et s’en prend alors au maire, estimant qu’il s’est bien gardé de lui dire la vérité lorsqu’il lui a demandé de lire cette délibération. Devant tous les conseillers de la majorité, un peu médusés par l’ambiance, Nathalie Motsch affirme n’avoir jamais rien su de l’offre du promoteur Jérôme Rey ni entendu parler des demandes de renseignement d’Eiffage. Veunac ne conteste pas les propos de son adjointe à l’urbanisme mais il va sortir une de ces excuses dont il a le secret pour se dédouaner.

Le mensonge éhonté de Veunac

Le maire va affirmer solennellement devant sa majorité qu’il ne savait pas plus que son adjointe que d’autres promoteurs étaient intéressés par cette cession et que l’offre de Jérôme Rey était arrivée après le conseil municipal du 29 septembre.

Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de lui rafraîchir la mémoire avec ce tampon qui prouve que le courrier était en mairie le 26 septembre, soit trois jours avant le conseil municipal.

Qui va croire que l’urbanisme, à la réception de cette lettre, ne s’est pas précipité dans le bureau du maire et a gardé le document sous le coude ? On notera d’ailleurs que la réponse apportée à ce blog, en début d’investigation, était que l’offre de Jérôme Rey n’avait pas pu être prise en compte car les « convocations pour le conseil municipal étaient parties », ce qui est bien une façon de dire que la lettre était arrivée en mairie.

La manœuvre devient très claire. Veunac avait toutes les informations sur ce dossier, mais il a laissé délibérément son adjointe Nathalie Motsch partir au casse-pipe et faire une présentation involontairement fallacieuse de cette vente.

Des faits que la Justice devrait étudier de près.

Le « journaliste de merde » vous salue bien

Bien entendu, lors de cette réunion de majorité, Bisque Bisque, Basque ! s’est fait habiller pour l’hiver, l’auteur de l’article devenant un « Journaliste de merde qui fait les poubelles ». Des qualificatifs qui ne risquent pas d’être adressés à certains confrères locaux et qui me laissent parfaitement indifférent.

Bertrand Testard, l’homme clé de cette affaire est à peu près sur la même ligne et m’accuse sur sa page Facebook de n’être jamais venu sur place voir l’état des écuries. Comme si j’avais eu besoin de le prendre par la main pour visiter et vérifier !

Et franchement, des « journalistes de merde » comme cela qui essaient de promouvoir une information libre, gratuite et indépendante et qui, au passage, vont sans doute faire gagner à la Ville 200 à 300 000 euros si une vente à la bougie est organisée, je suis sûr que les Biarrots aimeraient qu’il y en ait une bonne dizaine.

… Michel, arrête de cauchemarder !

La fronde de l’avenue Moureu

Des riverains en colère, avenue Félix Moureu, ont fait parvenir un courrier au maire, le 30 novembre dernier. Ils réclament une entrevue au maire à propos de la vente de la villa Casamance.  Décidément, Veunac n’a pas de chance avec le béton :

Monsieur le Maire,

En tant que Biarrot, je suis très attaché à la mise en valeur de l’architecture et du patrimoine de notre ville.

Des erreurs ont été commises dans le passé, le Victoria Surf en est malheureusement l’illustration.

Lors d’une réunion au Casino Bellevue, que vous présidiez, vous nous proposé  un plan de respect de l’identité de Biarritz. IL conserverait les témoins de l’architecture privée. En aucun cas il y aurait une rupture avec l’existant, dans la mesure où cela concerne des bâtiments significatifs du patrimoine éclectique de Biarritz.

Aussi pour préserver notre patrimoine, qui parait menacé, nous créons une association, régie par la loi 1901, dont la raison sociale sera :

Protection Patrimoine Architectural Biarrot (2PAB)

Nous avons déjà recueilli  150 signatures,  dans un périmètre assez restreint.. L’ association entend s’opposer, dans un premier temps, à la démolition de la villa Casamance, rue Félix Moureux, maison d’exception.

L’objet n’est pas de bloquer toute politique de développement et de s’opposer à la construction de logements sociaux qui sont nécessaires. Nous souhaitons éviter les constructions anarchiques qui défigureraient un quartier, dont la cohérence doit être maintenue.

Selon vos affirmations, toute modification  devait être le résultat  d’un aspect  participatif  et  se faire après  concertation du milieu associatif. Aussi je vous demande  une entrevue dans les plus brefs délais, afin d’être tenus informés de vos intentions quant à  l’avenir de la villa Casamance.

La rumeur nous dit que le permis de démolir et de construire devraient être signés dans la journée. Nous vous demandons d’y surseoir afin de maintenir un climat de confiance.

Recevez,  Monsieur le Maire, nos respectueuses salutations.

Joël Guyonnie, le président de l’association.

Majorité et opposition demandent l’annulation de la cession

François Amigorena, hier soir, puis Jean-Benoît Saint-Cricq et Pierrette Echeverria, ce matin, ont demandé au maire de réviser sa copie… Avec le soutien implicite de tous les conseillers qui ont le sentiment d’avoir été dupés.

Aucun doute possible : les pistolets sont désormais sortis entre le conseil municipal, le maire et l’adjointe à l’urbanisme.

Bande de ricaneurs, toujours prêts à vous moquer des élus et de leur dur labeur, ayez une pensée émue pour Michel Veunac et son adjointe à l’urbanisme, Nathalie Motsch, car la réunion de majorité qui les attend, demain à 19 heures, risque de valoir son pesant de démentis, d’engueulades et de mains sur le cœur ! Tandis que Michel Veunac, calfeutré dans sa mairie, affichait une humeur exécrable et renvoyait paître les journalistes qui osaient l’interroger après la publication de l’article de ce blog, le téléphone n’a cessé de chauffer entre élus de la majorité et de l’opposition, chacun ayant désormais le sentiment de s’être fait promener dans les grandes largeurs lors de cette délibération du 29 septembre sur la vente du domaine de la Bigueyrie. Et chacun de s’affirmer, le plus souvent sous couvert d’anonymat, pantois devant tant d’incompétence et scandalisé face à une telle désinvolture avec l’argent public. Mais, en matière de vie publique, c’est une chose de s’indigner par derrière et une autre d’agir.

Amigorena ose le premier

François Amigorena, le turbulent adjoint de Michel Veunac, qui s’était déjà opposé au maire sur L’’Hôtel du Palais, a eu le courage de franchir le pas le premier et de se délier d’un pacte de majorité qui n’a aucune raison d’être puisque le maire et son adjointe n’ont pas dit toute la vérité aux élus à l’occasion de cette vente. Fort courageusement, il écrit au maire et à tout le conseil municipal, lundi à 18 heures :

« Monsieur le Maire,

 Le blog « Bisque, bisque, basque ! » a publié ce matin un article à propos de l’adoption, lors de notre Conseil Municipal du 29 septembre dernier, de la délibération n°5 intitulée « Ecuries de Bigueyrie : Décision de cession ».

 Sous réserve que les informations contenues dans cet article soient exactes, il semble que le prix de 545 000 euros auquel la Ville de Biarritz a cédé ce terrain soit très inférieur à la valeur vénale réelle de celui-ci, générant ainsi un important manque à gagner pour notre budget municipal et donc pour les contribuables biarrots.

 Dans cette hypothèse, je vous demanderais en conséquence d’annuler cette délibération, d’organiser une vente aux enchères de ce terrain et de le céder au plus offrant.

 Je vous serais reconnaissant de bien vouloir me faire connaître au plus vite votre position à ce sujet.

 Vous remerciant par avance de votre retour, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, à l’assurance de mes sentiments respectueux. »

Saint-Cricq et Echeverria font un recours juridique

Jean-Benoît Saint-Cricq et Pierrette Echeverria se sont donné une nuit pour réfléchir. Les deux conseillers d’opposition admettent mal la désinvolture de la mairie avec l’argent public et le fait d’avoir dédaigné la proposition du promoteur Jérôme Rey, sous des prétextes fallacieux, comme le certificat, juridiquement totalement fantaisiste, signé par le directeur des services généraux Christophe Landrin. Ce matin à la première heure, ils ont donc déposé un recours juridique pour obtenir l’annulation de cette vente. Voilà qui ne va pas arranger l’humeur de notre maire !

Veunac-Motsch, l’intox continue

Michel Veunac, tout comme Nathalie Motsch se gardent bien de communiquer directement avec Bisque, Bisque, Basque !  mais s’arrangent pour trouver des émissaires susceptibles de faire passer des messages. Clairement, alors que nous poursuivons l’enquête sur les liens avec l’un ou l’autre de l’acquéreur Jimmy Malige, Motsch et Veunac s’accusent mutuellement d’avoir été dupés par l’autre. Nathalie Motsch affirme qu’elle ne connaissait pas bien le dossier et Veunac affirme avoir été trahi par son adjointe. Une chose est sûre : aucun des deux n’a sursauté quand Madame Motsch a affirmé devant ses collègues qu’il était « de bonne gestion » de vendre ce bien « en assez mauvais état » à 545 000 euros.

Comme exemple de bonne gestion, on a connu mieux.

Testard plus si ami que ça avec Malige

Bertrand Testard, vice-président de la Société des Courses de Trot de Biarritz, se montre catégorique : « La proposition d’achat adressée à la mairie par notre société a bien été évoquée en conseil d’administration. Celui qui vous a informé devait être absent ce jour-là ». Le vice-président tient ensuite à nuancer ses propos sur le miraculeux acquéreur des écuries de Parme : « On n’est pas ami intime. Je n’ai pas d’intérêt particulier avec Monsieur Malige » Autrement dit, Monsieur Malige avait acheté le bien 545 000 euros par « amitié » pour le vice-président… sans être toutefois très ami. Un homme aussi généreux et désintéressé que Monsieur Malige mérite vraiment sa statue à l’hippodrome.

Le drôle de jeu de Motsch et Veunac en plein conseil municipal

Mensonge délibéré ou incompétence, le maire et son adjointe ont fait perdre au bas mot 105 000 euros à la Ville dans la cession du domaine de la Bigueyrie, dit écuries de Parme … Et sans doute beaucoup plus.

Ouvrez bien vos esgourdes et dépoussiérez vos neurones, car cet extrait vidéo du conseil municipal du 29 septembre dernier, qui ne dure que trois minutes, va particulièrement vous intéresser… surtout si vous êtes contribuable biarrot.

Comment ça, vous n’avez rien remarqué de particulier, même si l’agitation du conseiller d’opposition Frédéric Domège qui subodore quelque gibier caché dans le fourré vous a intrigué ? Rassurez-vous, le but poursuivi était bien d’endormir l’assistance, quitte à prendre quelques libertés avec la vérité et à passer sous silence quelques informations qui auraient pourtant beaucoup intéressé les élus. Heureusement pour vous, les limiers de Bisque, Bisque, Basque ! étaient là.

I.- LES QUATRE CONTRE-VÉRITÉS DE MOTSCH

Mais reprenons tout d’abord les propos particulièrement édifiants de l’adjointe à l’urbanisme Nathalie Motsch, propos, comme vous avez pu le constater, nullement démentis par Michel Veunac.

« Un terrain de 4150 mètres carrés » FAUX ! l’ensemble fait 7480 mètres carrés

C’est sans doute une étourderie de Madame Motsch. Elle évoque la parcelle, répertoriée au cadastre sous le numéro CV 58 qui fait effectivement 4150 m2, mais ne semble pas savoir qu’une deuxième parcelle, répertoriée CV 59 et estimée à 3330 m2 est elle aussi en vente. Le total est donc bien de 7480 m2, presque le double de ce qui a été annoncé aux conseillers municipaux. Vous remarquerez d’ailleurs que lorsque Frédéric Domège répond en parlant de 7480 m2, ni Motsch ni Veunac ne le reprennent, alors qu’ils auraient dû sursauter puisque l’opposant avance des chiffres totalement différents des leurs. Un ange aux ailes chargées de sacs de ciment passe…

« Un terrain classé  N » FAUX ! Une des parcelles est largement constructible

Et le festival de continuer ! Dans le souci sans doute de minimiser la valeur de ce terrain (la Ville est si riche !), Nathalie Motsch précise à tous « ses chers collègues » que le terrain est « classé en zone N » Et donc non constructible ! Mais cette grande pudique oublie de dire que la deuxième parcelle, CV n° 59 est, elle, parfaitement constructible et qu’une belle opération immobilière peut être réalisée. En effet, le droit à bâtir est de 874 m2, comme le reconnaissent a posteriori les services d’urbanisme de la Ville.

« Une estimation  à 545 000 € » FAUX ! La première estimation s’élevait à 920 000 €

Michel Veunac et Nathalie Motsch font tout pour endormir la méfiance des conseillers municipaux : « Les Domaines ont estimé ce bien à 545 000 euros » Et comme il y a un acquéreur à ce prix-là, tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes immobiliers. Sauf que ces grands timides oublient de dire aux « chers conseillers » que la première estimation des Domaines, pourtant réputés pour leurs évaluations très sages, était de 920 000 euros et que ce prix, allez comprendre pourquoi, a fortement été révisé à la baisse à la demande du maire. Nous y reviendrons.

« Un acquéreur s’est manifesté » FAUX ! Plusieurs promoteurs étaient intéressés  !

Frédéric Domège a raison de s’interroger sur cette transaction bizarre.

Quand on écoute Nathalie Motsch et que l’on voit Michel Veunac opiner du menton, la tentation est grande de saluer ces virtuoses de la vente qui ont su fourguer à un quidam de passage, Jimmy Malige, ces locaux « en très mauvais état » pour 545 000 €. Mais ces grands distraits oublient de dire aux « chers conseillers » que d’autres promoteurs comme Eiffage s’étaient renseignés. Et que Jérôme Rey, promoteur bien connu sur Biarritz, avait proposé… 650 000 € sans la moindre condition restrictive et en laissant, tout comme son heureux rival, la possibilité à la société des courses de trot de continuer à utiliser les locaux jusqu’en 2021. Frédéric Domège a donc tout à fait raison de demander pourquoi une « vente à la bougie » n’a pas été organisée et d’affirmer que pour l’acquéreur, ce sera le « jackpot en 2021 ».

 

II.- LES RÉPONSES EMBARRASSÉES DE LA MAIRIE

Tout arrive ! Pour la première fois depuis sa création en 2013, le blog Bisque, Bisque, Basque !  a reçu une réponse détaillée à ses questions et a pu obtenir des précisons du maire et du service de l’urbanisme. Si Bisque, Bisque, Basque ! se réjouit fortement de cette avancée républicaine, malheureusement les documents fournis posent plus de questions qu’ils n’amènent d’éclaircissements.

Une note de synthèse avec les bons chiffres… mais sans toutes les informations

La note de synthèse distribuée aux conseillers municipaux avant le conseil municipal du 29 septembre parle bien d’un terrain de 7480 m2 à vendre, mais n’évoque pas le revirement des domaines dans leur estimation, ni la constructibilité de la parcelle. Voilà une information pour le moins elliptique !

Un procès-verbal avec d’autres chiffres que ceux évoqués au conseil

Le procès-verbal d’approbation du conseil municipal du 29 septembre, validé lors de la séance suivante du 17 novembre, évoque bien les deux parcelles totalisant 7480 m2, alors que Madame Motsch avait parlé de 4150 m2. Une étourderie est toujours possible lors d’un débat, mais dans ce cas-là, on la signale aux élus. Le décalage entre ce qui a été dit aux élus et le procès-verbal est manifeste, mais… silence radio !

Une proposition à 400 000 € d’Anglet qui date d’octobre 2015

La ville d’Anglet a adressé une proposition pour ce terrain à 400 000 €, comme le souligne Michel Veunac, lors du conseil. Mais le maire oublie de préciser que cette proposition date du 9 octobre 2015. Le prix du foncier a beaucoup évolué entretemps et le bail permettant à la Société des Courses de trot de Biarritz (SCTB) d’utiliser ce terrain était de six ans à l’époque quand il n’est plus que de quatre.

Un certificat du directeur des services qui ne prouve rien

Enfin pour prouver que l’offre de Jérôme Rey, proposant 650 000 euros pour ce terrain le 25 septembre, n’était pas recevable, la mairie nous envoie un certificat de Christophe Landrin, directeur général des services de la Ville, affirmant que les convocations pour le conseil municipal sont parties le 21 septembre. Un certificat qui ne change rien à l’affaire, on le verra, puisqu’une décision de vente n’est effective qu’une fois la délibération  approuvée par le conseil municipal.

 Veunac oublie avoir parlé dans un courrier d’une estimation à 920 000 €

Dans sa réponse à Bisque, Bisque, Basque ! Michel Veunac confirme que l’estimation des Domaines s’élève bien à 545 000 euros et balaie l’hypothèse d’une estimation à 920 000 euros. Il ignore que nous sommes en possession d’une lettre signée de sa main et datant du 4 avril 2017 où il évoque lui-même l’estimation des Domaines à 920 000 euros.

La lettre de la mairie, reçue par Bisque, Bisque, Basque!

Le service de l’urbanisme confirme, encore une fois a posteriori, que les estimations des Domaines n’ont cessé d’évoluer sur ce bien. 490 000 €, le 7 décembre 2009. 920 000 €, le 9 juillet 2014. 900 000 €, en mars 2017. Et 545 000 €, quatre mois plus tard, en juillet 2017. Une chute libre, absolument pas justifiée par une quelconque décote du marché immobilier.

Une possibilité de construire qui augmente soudain d’un tiers

Dans le premier courrier adressé à Bisque, Bisque, Basque ! la mairie affirme que le droit à construire est de 583 m2. Ce blog ayant quelques copains dans l’urbanisme qui ont fait chauffer la calculette, nous insistons car nous pensons le chiffre erroné. Effectivement, l’urbanisme reconnait quatre jours plus tard que le droit à construire est de… 874 m2. Quand on vous dit que ce terrain vendu 545 000 € est une affaire en or !

III.- LES TROIS MYSTÈRES DE CETTE AFFAIRE

La mairie voudrait nous faire croire que tout est normal, mais il est sérieusement permis d’en douter et trois points au moins méritent de sérieux éclaircissements.

Domaines : Veunac joue contre son camp

Les Domaines sont un peu pour une mairie ce qu’est un agent immobilier pour un candidat à la vente de son appartement. Vous avez un trois-pièces en centre-ville et un spécialiste de l’immobilier évalue votre bien à 400 000 euros. Avant d’avoir reçu le moindre acquéreur potentiel, allez-vous contester l’avis de l’expert immobilier et lui demander d’évaluer le bien à 230 000 euros ? C’est peu probable. C’est pourtant ce que va faire Michel Veunac qui dans cette affaire joue contre son camp… Sauf à avoir une idée derrière la tête.

Quatre mois après avoir évalué le bien à 920 000 euros, les Domaines, suite à une intervention de la mairie, font une estimation à 545 000 euros. Et dire que personne ne s’était aperçu d’une telle chute de l’immobilier à Biarritz.

Michel Veunac nous a fait parvenir la dernière estimation des Domaines qui établit la valeur vénale du bien à 545 000 €, (On notera au passage que les Domaines reconnaissent ne pas être venus sur les lieux), mais il ignore que nous sommes en possession d’une lettre datée du 4 avril 2017 et adressée à l’ancien président de la société des courses de trot Guy Claverie. Notre sémillant maire refuse une offre de 500 000 € de la SCTB, occupante des lieux, car « une estimation domaniale est arrivée fixant la valeur à 920 000 € ». Bon prince, le maire reconnaît que « cette estimation lui paraît exagérée » et souhaite que la société des courses puisse faire une offre plus élevée.

C’est le maire lui-même qui parle dans un courrier d’une estimation à 920 000 euros, mais le jour du conseil municipal, il a visiblement totalement oublié cet épisode.

Les maires se plaignent en général de la trop grande frilosité des Domaines en matière d’évaluations, et fort rarement du contraire. Il est donc tout à fait inédit pour un maire désireux de vendre un bien, même s’il souhaite favoriser une association sportive estimable de sa Ville, de réclamer une révision à la baisse du prix proposé. C’est inédit, mais Veunac l’a fait. Et ce qui pose question, c’est de savoir pourquoi toutes ces démarches auprès des Domaines et cette deuxième estimation, tellement basse par rapport à la première, n’ont pas été détaillées aux élus. Contacté par téléphone, un haut fonctionnaire du Ministère des Finances reconnaît qu’il est « très rare que les maires contestent les évaluations des Domaines quand ils sont vendeurs et demandent à ce qu’elles soient revues à la baisse ». Le dernier maire à avoir fait cela s’appelait Eric Woerth, à propos de l’ancien hippodrome de Compiègne et Le Canard s’était permis d’ironiser.

L’éviction injustifiée de Jérôme Rey

Le 25 septembre, le promoteur Jérôme Rey fait parvenir une offre à 650 000 euros à la mairie. Il précise par téléphone que son offre ne comporte aucune clause restrictive. Même si les convocations pour le conseil municipal sont parties et l’ordre du jour arrêté, il est courant de reporter à la séance suivante un point à délibérer, quand surgit un fait nouveau. Surtout quand il y a 105 000 euros à gagner pour une Ville et aucune urgence de calendrier.

L’offre est arrivée parfaitement dans les temps et aurait dû petre évoquée au conseil municipal.

Le service de l’urbanisme affirme « nous étions déjà engagés avec le vendeur et ne pouvions plus reculer » ce qui paraît très exagéré. En effet, l’équivalent de la promesse de vente pour un particulier est la délibération du conseil municipal et personne ne peut se déclarer acquéreur tant que les élus n’ont pas approuvé la délibération. De la même façon, le caractère urgent de cette délibération ne saute pas aux yeux puisque la Société de trot n’avait pas à déménager jusqu’en 2021 et que la décision pouvait aussi bien être prise en décembre qu’en novembre, quand il y a autant d’argent à gagner pour une Ville. Au lieu de cela, Jérôme Rey, reçoit une lettre très surprenante de la mairie où on lui affirme qu’il s’est manifesté trop tard puisque le conseil municipal se serait tenu… le 23 septembre (et non le 29).

Quelle malchance! Encore une erreur imputable à la distraction. le conseil municipal a eu lieu le 29 septembre, mais on parle du 23…

Michel Veunac évoquera sans doute à propos de cette lettre la fatigue liée à son dur labeur ou la faute de frappe intempestive, mais est-ce si sûr ? La réponse du promoteur ne se fait pas attendre et il a bien raison de poser les questions qui fâchent.

Qu’en termes aimables, ces choses sont dites…

 

Et le promoteur de ne pas hésiter à écrire « J’ai été sidéré par la façon dont votre adjointe à l’urbanisme a présenté cette délibération ». Pas toujours facile, le métier de promoteur face aux petites seigneuries locales.

L’étrange Jimmy Malige, cet ami qui se veut du bien

Quand on interroge le service de l’urbanisme sur cet acquéreur, miraculeusement surgi de nulle part pour sauver la SCTB, le fonctionnaire municipal se montre catégorique : « On ne connaît pas Monsieur Malige ». Retrouvé à grand peine sur Internet, le parcours professionnel de l’intéressé étonne : vendeur de vélos en Espagne, de voitures à Clermont-Ferrand, avant de tenir la concession Kia à Anglet puis de démissionner et de créer une société « Concept Inovilla » le 13 décembre 2016 au capital social de, tenez-vous bien, 3 000 €. Une somme qui ne démontre pas forcément une capacité financière à mettre 545 000 € dans une opération immobilière qui rapporte 2 0000 € par an les trois premières années. L’urbanisme botte en touche « On ne fait pas une enquête de moralité sur les acquéreurs qui se présentent ! » Décidément, on aime l’aventure et favoriser les débutants dans cette bonne ville de Biarritz.

Avec un capital social de 3000 euros, on s’achète ce qu’on veut…

Bertrand Testard, vice-président de la Société des Courses de Trot de Biarritz, se montre un peu plus loquace et confirme avoir été l’intermédiaire entre la mairie et l’acquéreur. « On n’avait pas les moyens d’acheter et on a cherché quelqu’un. J’ai fait cela pour le bien de la société. Monsieur Malige, qui est sociétaire, s’est alors porté acquéreur, sans doute par amitié pour moi ». Des amis comme cela, prêt à débourser 545 000 euros cash, avec en contrepartie 6 000 € de loyer les trois premières années, on n’en trouve pas tous les jours dans les pas d’un cheval ! Malheureusement, la belle histoire d’amitié racontée par Monsieur Testard présente quelques faiblesses.

La seule photo qu’on puisse trouver sur Internet de l’acquéreur date d’octobre 2016. À l’époque, il vendait des voitures.

En effet, les membres du conseil d’administration de la SCTB affirment n’avoir jamais été informés de l’offre d’achat faite à la mairie pour 500 000 €, ce qui est tout de même bizarre. Par ailleurs, si vous convoitez un bien immobilier et qu’il vous manque 45 000 € pour l’acquérir, vous trouverez peut-être un ami pour vous prêter la différence à taux préférentiel ou même à taux zéro, comme Jacques Darrigrand, fournisseur important de la Ville, l’avait fait pour financer la campagne électorale 2014 de son ami Michel Veunac. Mais que penseriez-vous de cet ami s’il achetait pour son compte le bien dont vous lui avez parlé et qui vous faisait rêver ? « Je ne sais pas ce que Monsieur Malige compte faire de son bien » affirme avec ingénuité Monsieur Testard, décidément guère curieux.

Présenté par la Société de Trot, Jimmy Malige a « officiellement » acheté le bien pour son propre compte, laissant la SCTB fort démunie dans trois ans, avec un vrai problème pour loger ses chevaux. La philanthropie étant fort rare de nos jours, on peut donc se demander si ce nouveau-venu dans le monde de la promotion immobilière n’est pas le prête-nom, d’une équipe cachant quelques inavouables avidités. Contacté indirectement par les rares personnes à Biarritz qui le connaissent, Monsieur Malige s’est bien gardé de répondre à mon désir d’échanger avec lui. La timidité, sans doute !

MOTSCH DOIT DÉMISSIONNER ET VEUNAC S’EXPLIQUER

Vous avez maintenant presque tous les éléments en possession de Bisque, Bisque, Basque ! Il est fort probable au vu du nombre de personnes impliquées directement ou indirectement dans ce dossier que des rebondissements vont survenir, tandis que nous continuerons à travailler sur des pistes fort intéressantes, non encore évoquées dans cet article pour des raisons juridiques. Biarritz connection, comme on dirait dans les mauvais polars…

Les faits sont de toute façon fort simples. Soit Madame Motsch, par malignité, a délibérément trompé les autres conseillers municipaux, soit elle est incompétente, confondant les terrains constructibles et non constructibles, divisant par deux les surfaces mises en vente et minorant d’un tiers le droit à construire. Pour toutes ces raisons, il est difficile de l’imaginer continuer à son poste d’adjointe à l’urbanisme. Elle doit donc rendre sa délégation pour cesser de faire perdre de l’argent aux contribuables biarrots.

Quant à Michel Veunac, qui semble parfaitement en phase dans cette affaire avec son adjointe, il doit s’expliquer. Le maire de Biarritz semble très bien connaitre ce dossier, comme en témoignent ses courriers adressés à la société des Courses de Trot et aux Domaines. S’est-il fait promener par son adjointe en approuvant la cession à Monsieur Jimmy Malige, ignore-t-il vraiment tout de la personnalité de cet acquéreur, ce qui semble bien léger, ou est-il dans un plan concerté avec son adjointe ?

Nul doute que nous en saurons beaucoup plus bientôt, au vu de la gravité des faits racontés.

Quand papa chasse sur les terres de fifille…

Tordons d’abord le cou à une rumeur persistante. Madame Motsch a bien été avocate au barreau de Paris du 9 février 1999 au 30 juin 2000. Ce n’est pas ce qu’on peut qualifier de carrière au long cours, mais cela fera taire les médisants, même si dans son cas les affaires et la politique ont bien vite été préférées au prétoire. Il faut dire que Madame Motsch a de qui tenir puisque son père, Jacques Chemel, est le propriétaire de nombreuses sociétés dont La Société financière La Boissière Sofilab, basée à Sarlat La Caneda en Dordogne.

Jusque-là sagement cantonné à Sarlat et apparemment retiré des affaires, papa qui a largement dépassé les soixante-dix ans, semble avoir retrouvé tout son appétit pour le béton depuis la nomination de sa fille à l’urbanisme. Achat d’une première très belle propriété du côté de la Milady, ce qui est parfaitement son droit, puis achat de la villa Rubdekia, 27 rue Moureu, avant de se rétracter après avoir signé une promesse de vente, sous prétexte de l’impossibilité de construire une piscine. Un retrait qui est sans doute dû à l’article que Sud Ouest avait consacré au sujet, le 24 octobre dernier, ou Nathalie Motsch affirmait « Je précise qu’à chaque fois que des proches ont besoin des services municipaux qui relèvent de ma compétence, je me défais de ces dossiers qui sont alors traités par un collègue ou le maire directement. » Nous voilà rassurés.

Mais franchement, si ma fille devenait adjointe à l’urbanisme à Libourne, est-ce que je me hasarderais à faire des achats immobiliers en série dans cette ville ? Bien sûr que non, car la politique n’est pas qu’une affaire légale mais aussi morale, et je m’efforcerais de ne pas mettre ma fille dans l’embarras en semant le doute sur son action politique.