Biarritz joue à « Poubelle la vie »

Entre sauver la planète et sauver ses heures de repos, le choix est souvent vite fait dans une ville qui s’ingénie à compliquer la vie de ceux qui s’efforcent malgré tout de trier leurs déchets.

Sur cette vidéo diffusée par « Le piéton biarrot », on voit nettement les employés de l’Agglo mettre à la poubelle les sacs de déchets recyclables.

Si aucun Biarrot ne doute que le tri des indésirables va être parfaitement effectué au moment du G7, quand les grands de ce monde viendront se baguenauder fin août dans une petite cité balnéaire lustrée comme un sou neuf, ces mêmes Biarrots savent que l’envers du décor n’est pas tout à fait à la hauteur du petit périmètre doré. Comme toutes les villes côtières de la Côte basque, Biarritz rejette ses merdes au large quand les bassins de rétention sont pleins en s’efforçant d’être le plus discret possible pendant la haute saison. Dans le même temps, sans crainte de la contradiction, on exhorte le bon peuple à sauver la planète en opérant un tri sélectif des déchets, même si derrière l’approximation la plus totale est de mise. « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais » a toujours été un dicton fort prisé des politiques.

La vidéo publiée sur Twitter par Le Piéton Biarrot et relayée par près de deux mille internautes a suscité à juste titre l’indignation des Biarrots, car on y voit des employés de l’Agglo s’emparer des sacs transparents spécialement prévus pour les déchets recyclables et les enfourner dans la poubelle multi-usage pour gagner du temps. Elle n’est pas poubelle la vie ? Il ne s’agit nullement de fustiger ces salariés sans doute astreints à des cadences infernales, mais de s’étonner que de telles pratiques soient acceptées.

https://twitter.com/i/status/1120664335888596992

Un piéton et une personne occupée à trier ne peuvent se croiser avenue Jaulerry (Image Mappy).

Il faut reconnaître qu’en matière de containers à déchets, la politique municipale a de quoi laisser perplexe. Quand on peut tout poser au même endroit, comme aux halles, l’endroit est malcommode à souhait, l’avenue Jaulerry ne permettant pas aux piétons de circuler si quelqu’un a des sacs à déposer. Et que dire de cette nouvelle installation sur le parking de l’hippodrome des fleurs qui n’est pas sans rappeler les tranchées de nos glorieux ancêtres ayant disputé la guerre de 14 ? Au niveau esthétique, on doit pouvoir faire mieux même si la mairie sait parfaitement que ni Trump ni Macron ne s’aventureront de ce côté pendant le G7.

Dans les quartiers excentrés, c’est encore pire puisque la Ville a inventé le tri sélectif… partiel !

Rue de Salon, deux containers seulement.

Rue de Salon, à côté du domaine de Françon, vous pouvez déposer vos bouteilles et vos cartons d’emballage, mais débrouillez-vous pour les sacs d’ordures ménagères ou les journaux.

Allée du chanoine Manterola, on vous propose aussi en option les bouteilles (l’apéro à Biarritz, c’est sacré !) et les vieux journaux. Pour le reste faites preuve d’imagination ou utilisez votre voiture pour faire le tour des points de collecte des ordures, ce qui est tout à fait écologique.

Pourtant, malgré tous ces obstacles, malgré ces vidéos décourageantes, les Biarrots doivent persévérer et continuer à pratiquer le tri sélectif en vue de 2020, car à l’évidence nombre d’élus ne sont plus recyclables et ont dépassé depuis fort longtemps la date limite d’utilisation. Comme ils ne renonceront pas d’eux-mêmes, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire pour sauver la Ville avant de sauver la planète.

Des containers du plus bel effet esthétique, parking de l’hippodromes des fleurs.

Un nouveau monde pire que l’ancien 

Que ce soit au niveau national comme au niveau local, la moralisation de la vie politique tarde à se mettre en place. D’où cette première réunion publique de l’association RamDam 64-40.

RamDam 64-40 est une association qui rêve de s’auto-dissoudre. Mais entre la nomination de Richard Ferrand à la tête de l’Assemblée nationale, l’audition devant le Sénat d’un Alexandre Benalla qui s’est consciencieusement payé la tête de ses interlocuteurs, ou les problèmes récurrents de PLU (Plan Local d’Urbanisme) dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, les signaux envoyés par l’Élysée et par les élus ne vont pas du tout dans le sens d’une plus grande moralisation de la vie publique.

À chaque génération, son opération marketing pour enfumer l’électeur. Giscard nous a fait le coup de l’accordéon en compagnie d’Yvette Horner pour nous démontrer à quel point il était près du peuple. Tonton Mitterrand, après s’être auto-proclamé « force tranquille » nous l’a joué « farce tranquille » en faisant espionner les actrices qui le faisaient rêver et en organisant aux frais de la République sa double vie. Chirac, pour nous convaincre de sa ruralité, n’a pas hésité à mettre la main au cul des vaches, tandis que son successeur, l’agité de chez agité Nicolas Sarkozy, la jouait « Casse-toi, pauvre con ! ». On a presque soupiré de soulagement en voyant arriver après lui, Droopy, alias la fraise des bois, l’homme qui s’évade en scooter de l’Élysée, fait tomber la pluie à chacun de ses discours et se prend une merde de pigeon sur le costume présidentiel, le jour où un million de personnes défilent à Paris.  Mais le maître incontesté de l’enfumage politique, le roi de la promesse qui n’engage que les imbéciles qui y croient, c’est bien le petit banquier sorti de nulle part qui a blousé tous ses chevronnés rivaux en 2017 en racontant une histoire à faire ronronner de bonheur toutes les midinettes qui estiment que voter est un devoir civique.

Emmanuel Macron avait promis une moralisation de la vie publique, mais les promesses de 2017 qui lui ont permis de devenir le chouchou des Français sont bien loin.

La nomination de Richard Ferrand est une honte

Dans tout établissement digne de ce nom, que ce soit à l’Élysée ou à l’Assemblée Nationale, il faut un surveillant général pour gronder les trublions ou distribuer les heures de colle. Richard Ferrand, qui avait débuté une carrière d’une rare discrétion au PS, est devenu ce « surgé » redouté de tous les marcheurs en changeant de camp avant tout le monde et en devenant président du groupe parlementaire LREM à l’Assemblée après avoir été éphémère Ministre de la Cohésion des Territoires. Jusqu’à ce que ses agissements à la tête des Mutuelles de Bretagne ne le rattrapent.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Ferrand

L’homme a été blanchi provisoirement par la Justice, mais quand on a fait travailler son fils comme assistant parlementaire ou quand on aide sa maîtresse à s’enrichir sur les dos des Mutualistes de Bretagne peut-on accéder au poste de quatrième personnage de l’État et devenir président de l’Assemblée nationale ? Pas gêné, Emmanuel Macron vient de répondre que oui. Décidément, le « nouveau monde » annoncé par le président ressemble furieusement à l’ancien.

Sans vergogne le nouveau président Ferrand commence d’ailleurs sa fonction avec classe, en proférant une imbécilité sexiste devant les journalistes « Vous me pardonnerez de ne pas être une dame », allusion à sa rivalité pour le poste avec Barbara Pompili et en annonçant qu’il ne renoncera pas à la fonction s’il est mis en examen. On rêve !

Seule la vigilance citoyenne…

RamDam 64-40 ne se bat pas seulement pour les comportements illégaux en politique, mais aussi pour les comportements immoraux, estimant que les politiques doivent être plus exemplaires que les autres. L’association des citoyens décidés à se faire entendre s’intéresse aussi bien aux élus nationaux mis en examen et promus qu’aux élus locaux qui font des acrobaties avec le PLU ou inventent pour leur majorité une « charte de confidentialité » totalement farfelue.

Comme vous pouvez le constater, les sujets de discussions ne manqueront donc pas, mardi soir, à la maison des associations de Biarritz avec un débat organisé autour des communautés d’agglomération.

Visiblement, RamDam 64-40 n’est pas près de s’auto-dissoudre. Et visiblement sans la vigilance des citoyens et donc sans votre présence à cette réunion publique, les comportements des élus locaux n’évolueront guère. Allez, bougez-vous, on vous attend !

L’entrée est libre, mais si pouvez nous envoyer un mail à ramdam6440@gmail.com pour confirmer votre présence, c’est parfait.