Ces artistes qui ne nous déçoivent jamais

En 2020, le confinement a donné des ailes aux politiques et occasionné une rude concurrence pour décrocher les tant convoités klaxons d’or de l’association RamDam 64-40.

Ce n’est pas parce que RamDam 64-40 n’a plus droit aux réunions publiques, que l’association citoyenne se tourne les pouces pour autant. Pour cette quatrième cérémonie de remise des klaxons aux élus ayant légèrement franchi la ligne jaune et des harpes pour ceux qui se sont distingué par leur sens de la vie publique, nous avons collecté tout le mois de décembre les votes de nos nombreux sympathisants avant d’établir ce palmarès tant attendu dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.

Et nous avons dû nous livrer auparavant à un sacré travail d’investigation avec tous les artistes, connus ou méconnus de notre vie locale. Des artistes tellement timides qu’ils préfèrent en général faire leurs coups en douce, en priant pour que des illuminés comme les membres de RamDam ne les débusquent pas… Dans notre inventaire à la Prévert, vous trouverez aussi bien un député landais qui avait chargé un de ses copains de voter en ignorant qu’il n’avait pas le même point de vue que lui, qu’un maire inamovible qui s’occupait des marchés publics à l’Agglo, tout en servant de conseil à Vinci en Espagne, ce qui lui a valu dix ans d’inéligibilité. Mais aussi les rois des Grands Projets Absurdes au pays des croque-maïs, une sénatrice qui ne fait pas dans le social avec ses salariés ou un maire qui rêve de rendre invisibles les conseils municipaux de sa ville. Sans compter quelque communication politique désopilante à force d’être ratée ou un dialogue peu orthodoxe entre Jean Lassalle et un… perroquet.

Le Palmarès :

LANDES

Klaxon d’or : Lionel Causse

Klaxon d’argent : Jean-Marc Lespade, Xavier Fortinon et le préfet des Landes pour leur Grand Projet Absurde.

Klaxon de bronze : Élisabeth Bonjean, Cathy Delmon et Patrick Guilloteau, &lus battus et démissionnaires.

Harpe : Julien Fichot.

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES

Klaxon d’or : Paul Baudry

Klaxon d’argent : Frédérique Espagnac

Klaxon de bronze : Michel Lahorgue

Klaxon spécial et perpétuel : François Bayrou

Klaxon spécial de l’inénarrable : Jean Lassalle

Klaxon spécial de la communication politique ringarde : Nathalie Motsch

Harpe : Joël Adam pour « Oloron blog »

Harpe : George Philip Chartier.

Pour retrouver nos textes, nos vidéos et nos joyeux délires, c’est sur le nouveau blog de RamDam www.ramdam6440.fr. Et vous pouvez au passage en profiter pour vous abonner afin d’être prévenus en temps en en heure de toutes les fantaisies charmantes de nos élus. La démocratie a besoin de vous !

La mort d’un imposteur

Contrairement à un Chirac à qui on pouvait reconnaître certaines qualités, l’inventeur de la communication politique VGE avait tout faux, à commencer par sa particule.

(Photo La Provence)

Mais que c’est bon d’être vieux, le jour de la mort de Valéry Giscard d’Estaing et quelle rigolade en entendant des politiques et des journalistes réécrire une histoire que l’on a vécue en direct ! Car le défunt Giscard était tout sauf ce que l’on vient de vous raconter. « Président moderne, réformateur, défenseur de la cause des femmes », c’est fou comme les Elkabbach, Duhamel et autres commentateurs enamourés de l’époque peuvent avoir la mémoire sélective. La seule modernité de Giscard aura été de copier les méthodes électorales de John Fitzgerald Kennedy et de développer à partir de 1970 une communication tout à fait inédite pour l’époque : match de football contre les commerçants de Chamalières, duo d’accordéon avec Yvette Horner sur le tour de France et une fois élu, pour asseoir son côté peuple, un petit-déjeuner de Noël avec trois éboueurs et deux repas chez des Français soigneusement choisis.

On met aussi au crédit de Giscard deux réformes majeures, la majorité à dix-huit ans et le droit à l’avortement des femmes. La réalité est tout autre. En 1974, beaucoup n’avaient toujours pas digéré la façon dont Pompidou et la CGT avaient remis la France au travail et la rue restait très turbulente avec, en particulier en 1973 des affrontements très violents entre la police et les manifestants opposés à la loi Debré. Il fallait donc bien donner un gadget aux jeunes chevelus.

Quant à l’épique bataille menée par Simone Weil épaulée par Françoise Giroud pour l’avortement, Giscard a lui-même reconnu qu’il n’y était pas favorable et qu’il avait simplement cédé à l’air du temps et au fait que les femmes avaient voté en nombre pour lui.

À l’image d’un Sarkozy, annonçant en 2007 que s’il était élu, il irait se retirer dans un monastère pour réfléchir avant de se retrouver au lendemain de sa victoire sur le yacht de Bolloré, il ne fallut que quelques semaines en 1974 pour découvrir le vrai Giscard. Alors que la tradition française voulait lors des réceptions internationales que l’on serve les femmes en premier, Giscard a fait rétablir l’ordre monarchique datant des rois de France et exigé d’être servi en premier. Dans le même style, lorsqu’il invite à Brégançon son Premier ministre Jacques Chirac accompagné de Bernadette, il les reçoit avec Anne-Aymone, son épouse, installés dans de confortables fauteuils tandis que le chef du gouvernement se contente d’une chaise. Naïf, le chef du gouvernement s’attendait à avoir une ample discussion politique avec le Président. Giscard, pour sa part, avait jugé bon d’inviter en même temps son moniteur de ski. On ne peut mieux illustrer le peu de considération que Giscard pouvait éprouver pour tout autre que lui.

Le septennat de Giscard a peut-être été celui du lancement du TGV, conçu et imaginé par son prédécesseur, mais il a été surtout celui des scandales à répétition et d’assassinats jamais élucidés, au point que le très estimé sénateur Pierre Marcilhacy, s’étonnera dans Le Matin de Paris du 29 octobre 1980 : « On meurt beaucoup et beaucoup trop mystérieusement sous la Ve République. Je n’aime pas ça » Assassinat de Jean De Broglie, grand copain de Giscard, de l’ancien ministre gaulliste Joseph Fontanet ou de Robert Boulin, tous ces crimes n’ayant jamais été élucidés. Sans compter l’affaire des diamants de Bokassa qui lui coûtera sa réélection en 1981 au profit de François Mitterrand.

Et n’allez surtout pas croire que Giscard a cessé d’être ridicule ou a oublié sa rapacité naturelle, une fois évincé de l’Élysée. Pendant quarante ans, il a émargé au conseil constitutionnel, histoire d’ajouter à sa retraite d’ancien inspecteur des Finances, et à sa retraite de Président de la République (6000 euros par mois) 12 000 euros par mois d’argent de poche. Même chose avec les gardes du corps qui veillaient sur lui dans sa résidence d’Authon où il s’est éteint. Le monarque en retraite disposait de quinze gendarmes à son service pour un coût annuel de 1,1 million de francs, mais quand au moment des attentats de Charlie Hebdo, le ministre de l’Intérieur lui a timidement demandé s’il pouvait récupérer un ou deux gendarmes pour les affecter à la lutte anti-terroriste, Giscard s’est récrié et a refusé, en affirmant que l’on s’attaquait à la République.

Même cuistrerie pédante avec cette fausse particule achetée dans la même solderie que celle d’un célèbre chroniqueur russophile de la Côte basque, ou ce poste d’académicien obtenu en 2003, malgré une production littéraire digne d’une bibliothèque de collège. Dans ses brefs opuscules que son éditeur qualifiait de romans, le septuagénaire émoustillé se complaisait à raconter sans aucun talent ses émois amoureux, que ce soit dans « Le Passage » (1994) ou dans « Mathilda » (2011). Dans ce dernier ouvrage, il laissait entendre que la princesse Diana n’avait pas été insensible à son charme. Ce qui lui avait valu une réflexion vacharde de Chirac en plein Conseil constitutionnel.  Pendant un soporifique discours de Giscard, Chichi qui en connaissait un rayon en matière de séduction, avait demandé à voix haute à son voisin immédiat : « Tu trouves qu’il a une tête à avoir baisé une princesse ? ». Éclat de rire général. Écarlate, Giscard était parti en claquant la porte, avant de revenir très vite histoire de percevoir ses émoluments.

Les sept ans au pouvoir de Giscard ? Une des pires périodes de la Ve République et une série de contes à dormir debout, n’en doutez pas, que l’on va vous servir jusqu’au jour de ses obsèques. Là où Chirac, par pudeur, dissimulait l’empathie qu’il éprouvait pour ses semblables, l’imposteur Giscard, par pur calcul, mimait une empathie qu’il n’éprouvait en fait que pour lui-même. Et le pire, c’est qu’il existe encore quelques idiots pour se proclamer Giscardiens !

https://www.liberation.fr/france/2015/09/11/ces-morts-mysterieux-de-la-ve-republique_1380270

http://polemitique.blogspot.com/2011/03/fausse-noblesse-et-vrais-imposteurs.html

https://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20150128trib86bcce70f/valery-giscard-d-estaing-le-plus-couteux-des-anciens-presidents.html

La proposition citoyenne de Bisque, Bisque, Basque !

Réduits à la portion congrue dans « Biarritz Magazine », les élus d’opposition de Biarritz pourront s’exprimer chaque mois confortablement dans ce blog.

La situation actuelle telle que la voit le Docteur Oualam.

Bisque, Bisque, Basque ! adore les contre-pieds. Patrick Destizon a sans doute été surpris de recevoir un SMS lui proposant, comme à tous les membres de l’opposition d’être hébergé tous les premiers du mois dans « Bisque, Bisque, Basque ! ». Et la liberté d’expression ne saurant être restreinte, l’élu aura même le droit d’écrire que je suis un imbécile qui n’a écrit que des bêtises à son sujet, sans craindre la moindre censure. Et en plus il disposera chaque mois pour sa tribune de 4500 signes, (trois feuillets dans le jargon de la presse), soit quatre fois et demi la place qui lui est allouée dans « Biarritz magazine ».

« C’est royal ! », s’est exclamé par retour de SMS Guillaume Barucq.

Les autres opposants n’ont pas été encore contactés, mais la proposition de Bisque, Bisque, Basque ! est valable pour tous, sans faire de distinguo, contrairement au conseil municipal de mercredi soir, entre les membres et les non-membres d’un parti politique, les têtes de liste ou les dissidents, les possesseurs de page Facebook et les non-possesseurs. Et si un élu de la majorité, peu satisfait des 38 pages du magazine qui lui sont réservées, éprouve le besoin d’écrire, il sera lui aussi bien accueilli. La vie publique est passionnante et mérite d’être partagée avec le plus grand nombre, car elle est l’affaire de tous.

Arostéguy : « Bravo pour cette initiative »

En effet, on reproche trop souvent aux élus d’être simplistes, voire populistes, pour accepter comme seule possibilité d’expression de l’opposition un court billet de 1000 signes. Le politique a besoin d’exprimer ses idées, de les développer, de les nuancer et ne doit pas être réduit à deux ou trois « petites phrases ».

La proposition de Bisque, Bisque, Basque ! est très simple et peut prendre effet dès le 1er décembre pour ceux qui le souhaitent. Tout texte d’opposant qui me parviendra par mail (jeanyvesviollier@gmail.com) avant le 28 du mois en cours sera publié le 1er du mois suivant.

Comme indiqué précédemment, le texte ne devra pas excéder les 4500 signes, être accompagné d’un document d’illustration et si possible d’un ou deux intertitres pour amener une respiration dans le récit.

Contactée sur cette proposition par courtoisie républicaine, Maïder Arostéguy a répondu par mail : « Bravo pour cette initiative ! ».  Puisque tout le monde semble intéressé par cette initiative, il ne vous reste plus, Mesdames et Messieurs de l’opposition, qu’à sortir votre plus beau stylo. On attend avec impatience vos tribunes.

Un Castex totalement Cressonisé

Inventeur de l’Absurdie totalitaire, le Premier ministre émarge à la catégorie des très vite oubliables, façon Édith Cresson ou Jean-Pierre Raffarin.

Que celui qui est capable d’écouter l’actuel Premier ministre plus de trente minutes sans ciller lève la main ! « Croque-mémés » comme le surnomment les habitants de Prades pour sa propension à embrasser tout ce qui bouge est certainement un brave homme, mais, avec sa façon de rouler des mirettes, de hocher la tête et d’articuler comme s’il avait abusé de l’eau ferrugineuse, très vite le téléspectateur n’en peut plus de cette autoparodie de Premier ministre et n’a plus qu’une envie, hurler « Bourvil, sors de ce corps ! ».

Il y a à l’évidence un mélange de Woody Allen et de Bourvil en la personne de ce Premier ministre que personne ne comprend…

Le propos n’est pas de contester cette deuxième vague de contamination, beaucoup plus grave que la première au Pays basque et qui mérite un surcroît de précautions. Mais en ces temps de confinement difficile et d’indispensable privation de libertés élémentaires, on peut se demander si Emmanuel Macron, après l’austère mais compréhensible Édouard Phillipe, n’a pas nommé Jean Castex pour dérider les Français et les aider à mieux vivre cette période délicate. Bourvil-Castex à Matignon, c’est à peu près aussi probable que si on avait proposé à l’époque à Louis de Funès d’incarner le général de Gaulle !

Le « brave homme », en voulant faire plaisir à tout le monde et en étant incapable d’imposer son autorité, fait virer notre pays en Absurdie totalitaire, avec un mélange de laxisme et de règlements stupides qui entraînent des palabres risibles et des querelles interminables, à un moment où le personnel médical a mieux à faire.

Picoler plutôt que lire

Au pays de la gastronomie, et c’est bien le moins, l’ancien élu de Prades s’était déjà montré très créatif en inventant, en même temps que le couvre-feu, « le café-andouillette ». Les bistrots étant fermés mais les restaurants ouverts, le malheureux qui souhaitait prendre un petit noir à 9 heures du matin était obligé de commander en même temps un plat, accompagné de la recommandation du serveur : « Mangez-le le plus lentement possible, car je serai obligé de vous mettre dehors quand vous aurez terminé ».

En France, entre lire et picoler le choix est vite fait.

Même pagaille et mêmes incohérences en ce qui concerne les commerces depuis le confinement. On aurait pu imaginer que tous les commerces soient fermés comme en mars, à l’exception des commerces de bouche, ou qu’on autorise un nombre limité de clients, proportionnellement au nombre de mètres carrés de l’enseigne. Au lieu de cela, les marchands de vins sont ouverts, ce qui me réjouit pour les deux adorables cavistes de la place Clemenceau, et les libraires fermés, ce qui me consterne. Tandis que dans un premier temps les grandes surfaces continuaient à vendre du papier imprimé, avant que le gouvernement ne révise sa copie, Amazon se frotte les mains, voit son chiffre d’affaires exploser et pousse même l’hypocrisie jusqu’à proposer son aide aux petits commerces, un peu comme le bourreau s’enquiert de la santé du futur décapité.

Un exemple parmi d’autres de la confusion ambiante créée par Bourvil-Castex : samedi dernier, la FNAC refusait de vendre à ses clients une liseuse, produit interdit par décret énarchique comme les livres, tandis qu’à deux pas de là DARTY n’avait pas le moindre état d’âme pour délivrer le même objet à un acquéreur qui en demandait. Ces deux enseignes font pourtant partie du même groupe !

Dans ses attrayants rayons, la FNAC proposait de « choisir les yeux fermés ». Souhait exaucé !

Et que dire de tous ces surfeurs que l’on retrouve chaque jour à l’eau, Côte des Basques ou sur la grande plage, prêts à présenter leur certificat médical en cas de contrôle de la police ? Nous vivions depuis des lustres à Biarritz et ignorions qu’il y avait dans cette ville autant de dépressifs prêts à se jeter à l’eau !

Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que notre cher et dépassé Premier ministre dans un spasme incontrôlé, dimanche dernier sur TF1, trouve le moyen d’adresser à tous les Français un magnifique et involontaire doigt d’honneur qui a fait se tordre la planète entière. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas !

De Gaulle disait « Vous m’avez compris », Castex pour sa part préfère le langage des signes.

L’énorme responsabilité de Macron

Plutôt que d’accabler Jean Castex qui est déjà totalement Cressonisé (ce n’est pas une recette inédite de « Top Chef », mais un adjectif utilisé en politique pour parler d’un élu qui a atteint son seuil d’incompétence), la véritable question à se poser, toujours sans réponse claire à ce jour, est de se demander pourquoi Emmanuel Macron s’est séparé d’Édouard Philippe, Premier ministre, apprécié et pédagogue qui parlait aux Français comme à des adultes. Parce que sa popularité faisait de l’ombre à Jupiter ? C’est l’explication la plus probable et sans doute la raison pour laquelle mi-avril, Le Président de la République, avait repris la main à la télévision. Pour nous parler de ce déconfinement qui aurait dû s’accompagner de mille précautions ? Jupiter est bien au-dessus de toutes ces contingences bassement matérielles et le seul sujet qui l’intéressait ce soir-là, à la grande surprise des Français encore confinés, était « la nouvelle voie » que semblait seul percevoir le président, et qui lui permettrait d’être triomphalement réélu en 2022.

Si les Français ont dansé tout l’été, sans trop écouter les Cassandre de la deuxième vague inévitable, c’est par un besoin logique de liberté mais aussi et surtout parce que le Président de la république lui-même, par ses propos et ses préoccupations purement électoralistes, traitait le virus avec beaucoup de désinvolture comme une vieille affaire du passé et ne semblait préoccupé que par son avenir politique.

Il était donc logique de se débarrasser d’un Premier ministre remarquable et qui faisait bien le boulot, au profit d’un « apparatchik » de bonne volonté mais sans la moindre envergure.
Cruellement, Le Parisien, mardi 3 novembre faisait semblant de constater que les messages de Jean Castex ne passent pas et titrait : « Y-a-t-il un problème Castex ? ».
Poser la question, c’est déjà y répondre.

La mairie estime avoir tenu tous ses engagements

Suite à l’article « De candidate à maire, la virevolte de Maïder », la mairie a demandé un droit de réponse que Bisque, Bisque, Basque! s’empresse de publier.

Image du projet dans un publi-reportage de Sud Ouest.

Le commentaire de Bisque, Bisque, Basque!

Une fois de plus, les réseaux sociaux se sont emparés de l’article publié pour tout mélanger ou régler des vieux comptes qui remontent à la campagne électorale. Je n’ai jamais dit, jamais écrit, jamais pensé que l’annulation du projet Ocean Start pouvait être remise en cause. Cette promesse de campagne a été tenue. Je me suis juste contenté de raconter la mésaventure des riverains du 36 rue de Cristobal qui ont le sentiment d’avoir été bien promenés. Techniquement, la réponse de la mairie est irréprochable. Mais ce n’est pas une histoire technique mais humaine que je raconte. Une histoire vieille comme le monde politique, où, lorsqu’on est en campagne électorale, on est tenté de dire à ses interlocuteurs ce qu’ils ont envie d’entendre. Deux exemples : le tract de campagne de la future maire parlait de « sanctuariser la zone verte littorale de la Milady« , mais visiblement le 36 rue de Cristobal n’était pas concerné par cette affirmation. C’est bête, personne n’a eu l’idée pendant la campagne de le dire aux riverains mécontents!

De même le mail envoyé par Maïder Arostéguy mi-juillet aux révoltés de la rue Cristobal disait  » Je n’accorderai plus de permis de ce type, c’est certain« . Là aussi, faute d’explication supplémentaire, les riverains en colère s’étaient persuadés que le projet de la Sagec ne verrait jamais le jour. C’est ce décalage fascinant entre ce que l’on annonce quand on est candidat et ce que l’on fait quand on enfile l’écharpe de maire qui méritait d’être conté, même si cette petite histoire révélatrice ne pèse pas grand chose, au regard des scandales qui ont jalonné le mandat précédent.

Une Arostégaffe spontanée ou calculée ?

En évoquant « les punks à chien venus de l’Est », on peut se demander si le maire de Biarritz s’est raté ou a cherché à cajoler son électorat dans le sens du poil.

Avec ses phrases à l’emporte-pièce, Maïder Arostégaffe fait le bonheur des commentateurs. Mais n’est-ce pas une façon habile de promener tout le monde ?

N’en déplaise à tous les chihuahuas des réseaux sociaux, toujours prêts à aboyer sur tout ce qui bouge sans jamais rien proposer de constructif, le début de mandat de Maïder Arostéguy et de son équipe est bon. Quand Michel Veunac, en 2014, faisait 158 fois le tour de son bureau avant de se décider à élaguer ou non un arbre, « Cheftaine Maïder » tient ses promesses de campagne et fonce. Création du marché Saint-Charles, aménagements des horaires de stationnement payant pour aider les commerçants, résiliation du contrat Streeteo… Toutes ces mesures font du bien à la Ville et méritent d’être saluées. Mais, ce qui a le plus surpris tous ceux qui ont vu en 2008 débuter Maïder Arostéguy en politique est l’autorité avec laquelle le nouveau maire de Biarritz a conduit ses premiers conseils municipaux, maîtrisant totalement ses dossiers et laissant la parole à l’opposition. Sans pour autant transformer ce grand rendez-vous municipal en champ de foire, contrairement à son prédécesseur.

Alors que tout semble sous contrôle et que la communication « arostéguienne » paraît réglée au millimètre, la sortie la semaine dernière de « Maïder Arostégaffe » à France Bleu sur la différence entre « les SDF traditionnels et les punks à chien venus de l’Est » interpelle beaucoup.

Le propos a de quoi hérisser pas mal de monde, même si on ne peut pas se plaindre à la fois de la langue de bois pratiquée par la plupart des politiques et de la spontanéité de langage de la nouvelle maire. La vraie question que se pose Bisque, Bisque, Basque ! outre le devenir de ces SDF, est de savoir si ces petites phrases ne seraient pas en fait beaucoup moins spontanées qu’elles n’y paraissent. Alors, Maïder Arostéguy sympathique gaffeuse ou rouée absolue ?

Le maire doit être le maire de tous

Avec douze ans d’expérience politique, Maïder Arostéguy ne peut ignorer qu’un maire n’a pas le droit de faire le tri entre ses administrés, même si comme tout humain elle peut éprouver des sympathies et des antipathies. Pas question dans ce blog de faire de la gauche angélique ou des procès d’intention alors que la nouvelle mandature démarre à peine. Mais un maire doit toujours avoir en tête que ce sont les plus faibles, les plus démunis qui doivent mobiliser le plus l’équipe municipale. En faisant une telle déclaration à la radio locale, Maïder sait donc parfaitement qu’elle se met à la faute par rapport aux principes républicains qui doivent prévaloir à la destinée d’une ville. D’autant plus que tous ceux qui sont sur le terrain et côtoient les SDF mis en cause estiment que les Français à la rue sont souvent beaucoup plus indisciplinés et turbulents que leurs collègues de l’Est.

Des petites phrases très connotées

Deuxième question qui mérite d’être posée après les sorties de notre « Arostégaffeuse » sur « les femmes voilées au Pays basque », sur « Les Gave qui après tout ne sont ni Auschwitz ni Buchenwald » ou sur « les punks à chien venus de l’Est », c’est la cohérence politique, consciente ou non, des propos tenus. Un débat un peu stupide pendant la campagne électorale a cherché à présenter Maïder Arostéguy comme quelqu’un d’extrême-droite, alors que l’intéressée a oscillé entre Jean-Christophe Lagarde et François Fillon. Mais ces petites phrases sont tout de même extrêmement connotées à droite et l’on doit donc se demander si Maïder Arostéguy est beaucoup plus à droite qu’elle ne l’imagine elle-même ou si elle distille ce genre de propos délibérément, car elle sait qu’ils auront le soutien de beaucoup de Biarrots. Il est très révélateur de constater les très nombreux encouragements que ses propos ont reçu sur les réseaux sociaux.

Un calendrier qui devrait amener des éclaircissements

Fort heureusement le calendrier devrait très vite nous apporter des éléments de réponse. Demain, 1er octobre, le maire de Biarritz tient une conférence de presse où elle va évoquer les dossiers pourris hérités de son prédécesseur comme L’Hôtel du Palais. Vendredi 2 octobre, le conseil municipal devrait nous en apprendre un peu plus. Et dans les jours qui viennent, on devrait savoir si la transformation du Point d’Accueil de Jour des SDF en centre d’accueil pour les femmes victimes de violence, cache une réelle volonté de trouver une solution pour les 70 marginaux qui battent le pavé de la Ville ou une volonté de les exfiltrer en douceur et donc de refiler la patate chaude aux autres communes.

Un divorce inéluctable

Jean-Baptiste Aldigé est un ancien petit joueur de rugby qui, à force de gesticulations, voudrait faire croire qu’il a été grand. Et un petit président qui n’arrivera jamais à être grand. Le chef de file du BO porte une atteinte considérable à l’image de Biarritz dont il se contrefiche éperdument, même s’il empoche sans barguigner l’argent municipal. Selon Sud Ouest, une bande son enregistrée clandestinement lors d’une rencontre avec des supporters circulerait dans la ville et Jean-Baptiste Aldigé tiendrait des propos injurieux sur Maïder Arostéguy.

Le nouveau maire de Biarritz a totalement raison de porter le différend sur la place publique et de ne pas se laisser intimider, au lieu de manœuvrer en coulisses comme le faisait Michel Veunac, face à ce trublion qui brandit de façon récurrente la menace de partir et de laisser le club en fédérale. Aldigé ne semble pas réaliser que beaucoup d’amoureux du rugby préfèrent un BO libre et apte à se reconstruire en fédérale plutôt qu’aux mains de l’improbable trio Aldigé, Louis-Vincent et Charles Gave.

Et comme décidément, il ne doute de rien, Aldigé affirme selon Sud Ouest qu’il est pour beaucoup dans l’élection de Maïder Arostéguy. Un exemple type de la folie des grandeurs du personnage : si dix supporters lors de ces municipales ont été influencés par sa façon de jouer au moulin à vent, c’est bien le bout du monde.

Le renvoi d’ascenseur ne connaît pas la crise

Quand l’éditorialiste politique de Sud Ouest devient chroniqueur littéraire, le coup de cœur du jour ne doit pas grand-chose au hasard.

Bruno Dive, s’il arrête la critique littéraire pourra prétendre au rôle de liftier.

Président de l’association de la presse ministérielle depuis 2018, Bruno Dive est un acrobate hors-pair que j’ai pu admirer pendant seize ans au « Canard enchaîné ». Abonné à Sud Ouest, je pouvais lire le matin ses éditoriaux de centre-droit, bien conformes au lectorat du quotidien régional, puis l’après-midi relire la poignée d’échos qu’il offrait chaque lundi au « Canard », nettement plus épicés à gauche. La cuisine, c’est un art !

Dans Sud Ouest daté du 20 septembre, en plus d’un papier sur Macron, « En ce moment, tout l’énerve », l’éditorialiste politique se fait chroniqueur littéraire en page 30 pour saluer le livre sur Michel Piccoli d’Anne-Sophie Mercier « journaliste au Canard enchaîné » qui signe chaque semaine une « prise de bec » remarquée. »  Et pour achever de convaincre le lecteur sur les qualités de l’auteur dotée « d’une plume alerte » Dive se décarcasse : « C’est le grand talent d’Anne-Sophie Mercier de nous aider à percer le mystère de ce personnage public et engagé qui aimait tant se protéger ».

Critique dans Sud Ouest dimanche du 20 septembre 2020.

Ce grand distrait de Bruno Dive, tout à sa passion de la littérature, a juste oublié de préciser une chose aux lecteurs : il connaît très bien Anne-Sophie Mercier puisqu’il la croise toutes les semaines au siège du « Canard enchaîné ».

Critique parue dans Le Canard enchaîné.

Et comme le renvoi d’ascenseur est décidément un art très pratiqué dans la presse française, comment ne pas être saisi d’émotion en se rappelant en quels termes élogieux, la chroniqueuse littéraire Anne-Sophie Mercier parlait dans « Le Canard » du livre de Bruno Dive, « Au cœur du pouvoir » : « Un livre utile et documenté de Bruno Dive, éditorialiste à Sud Ouest qui a eu accès dans les heures qui ont suivi les attaques aux protagonistes et a recueilli nombre de témoignages inédits ».

Si après tous ces allers et retours dans l’ascenseur qui va vous conduire au septième ciel littéraire, vous n’avez pas envie d’acheter ces deux ouvrages, c’est vraiment à désespérer de tout !

Il y a quelques années, quand un journaliste de « Libération » évoquait le livre d’un de ses collègues, un surtitre intitulé « Spécial copinage » prévenait opportunément le lecteur de la situation. Mais c’était l’époque où la presse écrite manifestait encore un semblant de vertu.

Le pas de géant de RamDam 64-40

Réorganisation totale, nouveau blog, l’association citoyenne ne se l’est pas coulée douce pendant le confinement.

Pendant le confinement, l’ancien président de RamDam 64-40 Michel Gellato, alias Kim M’ Me Suive, s’est assidûment entraîné à la pêche aux gros poissons politiques. (Photo François BERLAND)

Et dire que certains ont passé leur temps à roupiller devant Netflix de mars à mai ! Privés du sel de leur existence, la vie publique, les membres de l’association citoyenne RamDam 64-40 ont mis à profit ce temps de réclusion forcée pour réfléchir et se réorganiser. De nouvelles recrues ont grossi les rangs de l’association et désormais les principales villes des Landes et Pyrénées-Atlantiques ont leur observateur averti qui va au contact des élus et signale tout ce qui lui semble un peu hors des clous.

Reste l’impossibilité actuelle d’organiser des réunions publiques en raison des contraintes sanitaires. Très vite, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il devenait urgent de créer un média où nous pourrions exprimer notre propre petite musique, commenter avec notre regard l’actualité des Landes et Pyrénées-Atlantiques, voire même publier nos propres scoops grâce à notre réseau d’informateurs.

Comme vous l’avez bien compris l’association regorge de talents multiples et se distingue par ses capacités exceptionnelles à confectionner des îles flottantes à l’orange, à traquer les insectes drosophiles dans les pâtures ou à désigner les gloutons laissant traîner leurs gros doigts dans les confitures publiques.

Mais tout cela était un peu juste pour faire un blog lisible et moderne.
C’est pour cette raison que nous nous sommes tournés vers une directrice artistique professionnelle, Aïtana Design, (http://www.aitanadesign.com) qui par passion citoyenne et militante tient depuis plusieurs mois la main des grands enfants que nous sommes et vers Alex, un développeur à la patience infinie.

www.ramdam6440.fr est en ligne depuis le 15 septembre et nous espérons que vous serez aussi fiers que nous du résultat obtenu.

 

Le plus simple pour vous tenir informé de toutes nos nouvelles parutions (Nous en prévoyons deux à trois par semaine) est de cliquer sur le bouton « Abonnez-vous » dans la colonne de droite de la page d’accueil.

Grande nouveauté par rapport à la page Facebook de l’association, tous les articles seront signés par leurs auteurs, car l’expression citoyenne doit se dérouler à visage découvert. Et compte tenu des actuelles dérives des réseaux sociaux où trolls haineux et courageux anonymes du clavier pullulent, nous ne publierons que les commentaires écrits eux aussi à visage découvert.

Et l’on dira ensuite que septembre n’est pas le mois des bonnes résolutions !

Au menu de cette semaine :

– Pourquoi la Pignada d’Anglet a brûlé

https://ramdam6440.fr/2020/09/10/pourquoi-la-pignada-danglet-a-brule/

– Les Grands Projets Absurdes des élus

https://ramdam6440.fr/2020/09/10/chez-les-elus-chose-promise-nest-pas-chose-due/

– Bayrou, le haut-commissaire aux planques

https://ramdam6440.fr/2020/09/13/bayrou-le-haut-commissaire-aux-planques/

–  Jean-Baptiste Lemoyne, Don Juan en brasse coulée

https://ramdam6440.fr/2020/09/14/lemoyne-don-juan-en-brasse-coulee/ 

– Jean-René Etchegaray, le virtuose de la double casquette

https://ramdam6440.fr/2020/09/12/le-virtuose-de-la-double-casquette/

– Ciboure : le carrosse de Monsieur le maire est avancé

https://ramdam6440.fr/2020/09/08/le-carrosse-de-monsieur-le-maire-est-avance-2/

 

Barucq désormais presque à poil

C’était prévisible : Comme Saint-Cricq en 2008, le médecin-surfeur vient de se faire lâcher par deux de ses colistiers. Que vont faire maintenant ceux de droite ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le principe de précaution n’est pas un vain mot pour les élus de l’opposition de la liste EHVS, Brice Morin et Lysiann Brao. Quand ils étaient petits, on leur recommandait certainement de tourner sept fois la langue dans leur bouche avant de parler. Cette fois, ils ont préféré la tourner 77 777 fois avant de prendre une décision. C’est donc quarante-deux jours après le dernier conseil municipal du 29 juillet que les deux élus de l’opposition, membres de la liste Barucq ont annoncé dans Mediabask qu’ils reprenaient leur liberté, déplorant que Jean-Batiste Dussausoix-Larralde et Corine Martineau n’aient pas respecté la discipline de groupe et refusé de voter une surtaxe à 60% des résidences secondaires.

https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20200910/euskal-herrian-vert-et-solidaire-reprend-son-independance

Une défection qui ne surprend pas grand monde car le concours de paris était ouvert entre tous les observateurs de la vie biarrote pour savoir combien de temps tiendrait cet improbable attelage composé de gens de gauche et de droite regroupés derrière la bannière écologique de Guillaume Barucq. Personne n’imaginait ces cinq opposants faire route commune jusqu’en 2026, ce qui démontre une fois de plus qu’on ne compose pas une liste électorale au décrochez-moi ça, en assemblant n’importe qui autour de n’importe quoi.

Barucq : « Même pas mal !»

On ne sait jamais avec Guillaume Barucq s’il est foncièrement gentil ou s’il met en avant sa gentillesse comme arme politique. Probablement les deux ! L’élu d’opposition, qui a certainement lu la fable de La Fontaine « Le renard et les raisins », où le rusé animal estime que les raisins beaucoup trop hauts d’une treille « sont trop verts et bons pour des goujats », s’efforce de la jouer grand seigneur : « La richesse et la percussion d’une opposition naissent de sa diversité. Comme en 2014, les courants qui composaient la liste arrivée en deuxième position reprennent leur autonomie. Mais nous continuerons à nous concerter au sein de l’opposition et je reste en excellents termes avec Lysiann Brao, Brice Morin et EHVS. Je comprends leur décision de voler de leurs propres ailes. Je leur souhaite bon vent et je sais qu’ils apporteront un plus à ce conseil municipal pour renforcer les exigences sociales, écologiques et de développement de la langue basque. » Ce qui s’appelle faire bonne figure dans la déroute.

Martineau : Silence radio

Car pour cacher sa totale nudité politique, Guillaume Barucq n’a plus que deux feuilles de vigne à sa disposition. Et, on le sait, les feuilles de vigne ont tendance à tomber l’automne venu. S’il ne veut pas pérorer dans la solitude, à l’image d’un Patrick Destizon obscène lors du dernier conseil municipal dans sa pathétique volonté d’exister, Guillaume Barucq a intérêt à garder à ses côtés Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde et Corine Martineau pour pouvoir varier les interventions et éviter les soliloques. Mais, à supposer qu’il réussisse cet exploit, son image se décentrera forcément aux côtés de ces deux tenants de la droite dure et décomplexée. (Et l’on pouffe de rire rétrospectivement en repensant à Matthieu Accoh expliquant à BBB qu’une alliance avec Nathalie Motsch était impossible car « elle est trop à droite ».  Tandis que tata Corine, c’est l’extrême-gauche ?)

Contactée par message téléphonique, Corine Martineau n’a visiblement pas souhaité répondre. Les deux militants républicains doivent être en pleine réflexion, car il est sûr qu’ils auraient beaucoup plus de visibilité en faisant leur propre groupe d’opposition et auraient à défendre des idées plus évidentes pour eux que celles du médecin-surfeur qui pourrait bien dans les jours à venir avoir à affronter des vagues autrement plus traîtresses que celles de la grande plage.

La politique est un métier impitoyable. Demandez-donc à Jean-Benoît Saint-Cricq ce qu’il en pense.

Les amours d’été ne durent pas toujours

Cette amusante vidéo a été prise le 28 juin dernier, au soir du deuxième tour, dans la permanence électorale de Guillaume Barucq. « On a pris une taule » reconnaît le candidat qui est persuadé qu’il a sous la main une « formidable équipe » et que « 2026, c’est demain. On sera prêts et motivés ». Visiblement, ce soir-là, la voyante Elizabeth Teissier n’était pas invitée.