Amigorena dénonce le mensonge de la directrice du Palais

Tous les moyens ne sont pas bons en politique. François Amigorena est scandalisé par la façon dont Cécile Pascouau a menti au conseil municipal. Il nous écrit.

« Le 28 septembre dernier, les membres du Conseil Municipal de Biarritz étaient réunis en Commission Générale afin d’obtenir des informations relatives au projet concernant l’Hôtel du Palais. Pour ce faire, étaient également présents ce soir-là les représentants des différents cabinets de conseil et d’avocats ayant assisté le maire sur le dossier, quelques fonctionnaires communaux et la directrice de l’Hôtel du Palais.

Et dans le cours d’une réunion qui a duré près de cinq heures, c’est cette dernière qui a semé un vent de panique parmi les élus biarrots en déclarant, je la cite : « nous n’avons plus de trésorerie », et « d’ici un mois, un mois et demi, nous ne pourrons plus payer », ce dont la trentaine de personnes présentes ce soir-là peut témoigner.

Cécile Pascouau, directrice du Palais (Photo Sud Ouest)

Cette affirmation incroyablement alarmiste a bien évidemment provoqué une inquiétude compréhensible des élus présents et a beaucoup fait pour accréditer la thèse de Messieurs Veunac et Lafite selon laquelle leur projet pour le Palais est le seul possible et qu’il y a une urgence absolue à le mettre en œuvre immédiatement.

Les sous-entendus de cette thèse, répétée à l’envi tel un mantra depuis des mois sont clairs : les opposants au projet du maire et de son premier adjoint sont des irresponsables qui mettent en péril l’existence même du Palais et les emplois de son personnel.

Quelle directrice croire ?

Et les propos de la directrice ont été très efficaces en ce sens : certains élus, pourtant fermement opposés au projet jusque-là, ont été sérieusement ébranlés dans leurs convictions. Pourtant, le 9 octobre dernier, soit 11 jours à peine après la Commission Générale, la même directrice de l’Hôtel du Palais déclarait à Sud Ouest : « la trésorerie du Palais est de 6 millions d’euros. Il n’y a pas de risque financier. » Mais alors quelle directrice croire ? Celle qui le 28 septembre agite le spectre effrayant d’une faillite à court terme de l’hôtel, ou celle qui, quelques jours plus tard, se veut totalement rassurante ?

Selon mes informations, la deuxième affirmation est la seule vraie et la trésorerie du Palais s’établit actuellement aux environs de 6 millions d’euros, ce qui est cohérent avec ce que je connais du cycle financier de l’hôtel après en avoir été administrateur pendant 4 ans. En effet, à cette époque de l’année, après la haute saison, le niveau de trésorerie habituel de l’hôtel est de l’ordre de 8 millions d’euros.

La Socomix, la société d’exploitation du Palais, a dû cette année faire face à des dépenses exceptionnelles :

– 550 000 euros de frais d’enregistrement pour le bail emphytéotique (sic)

– vraisemblablement plus de 600 000 euros d’avance à Eiffage pour la tranche 2 des travaux de rénovation (oui, vous avez bien lu, le Conseil Municipal ne s’est pas encore prononcé, mais on consent déjà des avances à Eiffage !!!)

– plus de 2 millions d’euros d’honoraires (cabinets de conseil, avocats, etc.)

Il est donc logique qu’il reste environ 6 millions d’euros disponibles dans les caisses.

La première question qui se pose alors est la suivante : ces 6 millions d’euros sont-ils suffisants pour assurer l’avenir de l’Hôtel du Palais à court terme ?

La réponse est définitivement oui.

Pourquoi ce mensonge effronté ?

Les dépenses incompressibles de l’hôtel fermé à partir du 18 octobre prochain s’établissent à hauteur de 500 000 euros par mois. Pas besoin donc d’être diplômé d’une grande école de commerce pour comprendre que 6 millions d’euros de trésorerie disponibles suffisent à tenir le choc sans problème pendant une année complète.

La trésorerie réelle du Palais permet donc de prendre le temps d’envisager sereinement d’autres options, contrairement aux allégations de Messieurs Veunac et Lafite et il n’y a aucune urgence réelle à adopter le projet qu’ils présenteront au Conseil Municipal du 15 octobre.

La seconde question – de loin la plus dérangeante et toujours sans réponse aujourd’hui ! – se formule ainsi : pourquoi la directrice du Palais a-t-elle effrontément menti aux élus représentants des Biarrots et ainsi instrumentalisé leurs craintes légitimes de voir l’hôtel acculé à une illusoire faillite prochaine ?

La réponse est bien évidemment dans la question. »

François Amigorena

NDLR : Les titres et intertitres sont de la rédaction.

 

 

 

 

Streeteo, risée de Paris et bientôt de Biarritz ?

Fumeur de cannabis, conducteur sans permis, ex-délinquant, Streeteo a recruté n’importe qui pour rançonner les automobilistes parisiens… Et ces recrues font évidemment n’importe quoi !

Quand on regarde la page Internet, on pourrait presque croire au sérieux de la société…

Une fois de plus les génies définitifs qui nous gouvernent à Biarritz, ont décidé de matraquer d’abord et de réfléchir ensuite ! Tous ces bons apôtres du civisme qui, notez-le, bénéficient d’une carte gratuite de stationnement et n’hésitent pas comme le maire à abandonner leur véhicule sur le trottoir devant chez eux, n’ouvrent à l’évidence jamais un quotidien national. Car ils se seraient aperçus que la société à qui ils ont confié le racket des automobilistes de la Ville est plus que décriée à Paris. « À croire qu’ils ont recruté les deux cents premiers à la sortie de taule ! » affirme un policier au quotidien « Aujourd’hui » (24/1).

Dès son élection de maire, Michel Veunac, grand spécialiste du stationnement sauvage, n’a pas hésité à garer son véhicule sur un trottoir devant chez lui. C’est beau, le sentiment d’impunité!

En effet les nouveaux cow-boys de Streeteo verbalisent à tour de bras, y compris les handicapés, les médecins avec caducée sur le pare-brise ou même… des voitures de police stationnées sur des places réservées. « C’est de l’incompétence ! », fulmine Yves Assioma du syndicat Alliance Police.

Alors, comme les policiers parisiens peuvent être parfois très joueurs, ils ont lancé une opération appelée « Chasse au pokémon. Attrapez-les tous ! » où ils épluchent systématiquement le passé des nouvelles recrues de Streeteo. Et ce n’est pas triste ! Quelques fichiers S, des anciens délinquants reconvertis en chasseurs d’automobilistes et même, parmi les Streeteo au volant, un chauffeur sans permis de conduire et deux contrôlés positifs au cannabis.

http://www.20minutes.fr/paris/2208147-20180124-paris-racket-harcelement-opposition-monte-creneau-contre-reforme-stationnement

Sans compter tous les bugs de fonctionnement au moment de payer l’amende. Au point qu’Anne Hidalgo en personne s’est émue de la situation.

https://www.marianne.net/societe/stationnement-paris-sous-une-pluie-de-pv-et-de-bugs-au-moment-de-payer-l-amende-fps

Des parcmètres trop éloignés

Un exemple parmi tant d’autres, rue Étienne Ardoin où le parcmètre est caché derrière un renfoncement et pas facile à trouver.

Rien ne prouve qu’à Biarritz, le recrutement effectué par Streeteo soit aussi approximatif, mais pour avoir observé depuis quelques jours le comportement de ces nouvelles terreurs du bitume, plus rapides à verbaliser que Lucky Luke à défourailler, il ne fait aucun doute que la mairie va devoir très vite revoir sa copie sous peine d’une fronde majeure. Si nos élus payaient comme tout le monde leur stationnement, ils auraient noté que les parcmètres sont parfois fort éloignés de l’emplacement de stationnement, voire même dans une rue voisine. Mais, dans leur volonté de racketter l’automobiliste biarrot, et de faire rentrer de l’argent dans les caisses de la Ville pour financer de somptueuses réussites comme la Cité de l’Océan, aucun n’a remarqué un petit détail : le temps de scanner la plaque minéralogique d’un véhicule et de dresser contravention prend trente secondes maximum à un agent Streeteo. C’est-à-dire beaucoup moins que le temps nécessaire au malheureux automobiliste biarrot pour dénicher un parcmètre en état de marche, taper son numéro d’immatriculation et obtenir son ticket. D’où ces contraventions totalement injustes, où l’automobiliste de bonne foi se retrouve verbalisé.

Ce zèle des nouveaux cow-boys a une explication. Toujours dans l’édition d’« Aujourd’hui » (24/1) une recrue raconte : « Quand tu n’as pas réussi à faire tes 400 voitures, le chef te dit « Si ça continue, tu n’auras pas ta prime ». Édifiant, non ?

Une méconnaissance des contraintes des commerçants

Si vous voulez comprendre pourquoi cette décision municipale est absurde et scandaleuse, lisez le dossier très complet publié sur le sujet par le blog « The Blond Biarrote ».

https://blondbiarrote.wordpress.com/2018/01/24/mobilisation-contre-laugmentation-du-prix-du-stationnement-a-biarritz/.

Nos élus qui se voient souvent beaucoup plus grands qu’ils ne le sont à force de fréquenter à l’Hôtel du Palais le gratin politique du moment, n’ont pas compris que Biarritz n’est pas Bordeaux ou Paris, où les possibilités de transports en commun sont nombreuses.

Le témoignage de Sonia, patronne du Bar’bu, que Michel Veunac doit rencontrer aujourd’hui avec une délégation de commerçants mécontents, est tout à fait édifiant. Habitante de Pétricot, elle n’a pas droit à une carte mensuelle de résidente puisqu’elle vit dans une zone de stationnement gratuit. Et quand elle vient travailler avec son véhicule, car il est difficile de faire autrement pour un commerçant qui a toujours des marchandises à déposer, elle a l’obligation sous peine d’amende de déplacer son véhicule toutes les trois heures. Et ses clients, pendant ce temps, ils patientent ?

https://www.change.org/p/association-du-non-%C3%A0-la-nouvelle-politique-de-stationnement-%C3%A0-

Dimanche soir, une pétition contre la politique de stationnement imaginée par la mairie avait déjà recueilli plus de 5000 signatures. Courageux mais pas téméraire comme on le connaît, notre Michel Veunac va certainement distribuer les bonnes paroles, tenter de gagner du temps, avant de faire machine arrière sur les injustices les plus criantes. Mais que d’énergie gaspillée, de temps perdu et de mépris abyssal des Biarrots.

… Vivement 2020 ! Vivement l’arrivée d’un maire digne de ce nom qui ne signera pas n’importe quoi avec n’importe qui !

POUR SIGNER LA PÉTITION :

biarritz?utm_medium=email&utm_source=petition_signer_receipt&utm_campaign=triggered&j=229263&sfmc_sub=201120117&l=32_HTML&u=41927553&mid=7233052&jb=374197

Une liste de non verbalisables ?

Selon plusieurs sources, Streeteo aurait reçu un listing informatique d’une centaine de véhicules à ne verbaliser en aucune circonstance à Biarritz. Nul doute que Michel Veunac va se faire un plaisir de communiquer à Bisque, Bisque, Basque ! la liste nominative des heureux bénéficiaires. À moins que ce blog ne demande pas son avis au maire comme il l’a fait pour les écuries de Bigueyrie…

La dure condition du godillot

Lettre ouverte à Laurent Ortiz qui vient de prendre ses distances avec Guy Lafite et de quitter le groupe « Esprit Biarritz », tout en conservant précieusement ses mandats.

Laurent Ortiz a les épaules solides, mais la démarche politique hésitante.

Mon cher Laurent,

Pardonne-moi ce tutoiement alors que nous ne nous connaissons pas. Comme je te regarde à l’occasion de chaque conseil municipal, j’ai vraiment le sentiment que tu fais partie de mon paysage familier. Certes, tu n’es pas le plus volubile des conseillers municipaux et l’aumône de la parole t’est rarement accordée par ceux qui dirigent la ville aujourd’hui. Mais comme tu as un visage expressif et du mal à cacher tes sentiments, ce qui est un défaut en politique mais une qualité dans la vie courante, je me suis souvent amusé, lorsque le caméraman municipal condescend à accorder quelques secondes d’image aux godillots de la majorité, à détailler tes colères rentrées, tes indignations et tout ce que tu endures depuis 2014. Et j’ai constaté, Laurent, que tu avais souvent la fumée qui sortait des oreilles, lors des conseils municipaux, ce que je comprends sans peine.

Alerté par Sud Ouest (20/1), j’ai lu avec beaucoup d’intérêt ton texte sur ta page Facebook où tu annonces, ce qui est à ton honneur, que tu vas te « positionner aux côtés de tes amis d’enfance », plutôt qu’aux côtés de cette majorité improbable qui tire à hue et à dia depuis des mois. J’ai aussi scruté ton interview dans Mediabask et je dois reconnaître, malgré la sympathie que j’éprouve pour ta démarche, que j’ai souvent eu le sentiment de me retrouver dans le journal intime d’un puceau venant de découvrir les joies de la chair et vivant son premier chagrin d’amour.

L’illusoire équipe municipale

Voilà bientôt quatre ans que tu as été élu et je suis surpris que tu aies mis aussi longtemps à comprendre. Que pouvais-tu attendre d’une majorité aussi improbable composée de centristes, de transfuges de l’UMP, de gens de gauche et d’abertzale ? Comme le guetteur devant une banque, tu as contribué à ce que des braqueurs sans convictions ni programmes s’emparent de la Ville et des avantages sonnants et trébuchants qui vont avec. Et, depuis, comme il n’y a ni grand timonier, ni programme, ni envie de faire ensemble, tu manges régulièrement ton chapeau, obligé que tu es au nom d’un illusoire pacte de la majorité, de voter comme ton groupe, que ce soit sur l’EPCI ou le confortement des falaises de Marbella. Tu n’as pas un peu le sentiment d’avoir été le dindon de la farce électorale ?

Lafite sera toujours Lafite

Accablé par ton récent chagrin d’amour, tu sembles aussi découvrir qui est le vrai Guy Lafite : « Il n’y a au sein du groupe aucune place pour le débat, pour la concertation. Nous devons obligatoirement penser comme lui », affirmes-tu à Mediabask. Mais comment se fait-il que tu sois le dernier à découvrir ce que tout le monde sait à Biarritz ? Lafite est insupportable d’arrogance et n’a l’esprit d’équipe que lorsqu’il a besoin qu’on roule pour lui. S’estimant d’intelligence supérieure, il ne cache jamais son mépris pour la base et les demeurés qui peuplent sa liste. Tu étais un de ces godillots de la majorité, Laurent, un de ces pions à qui on demande de la fermer et de marcher au pas. François Amigorena, qui était le plus à même de faire de l’ombre à l’énarque vaniteux en a fait les frais le premier, il était normal que ton tour arrive un jour. Bienvenue en politique !

La parole libre devrait être la norme

Ensuite, tu annonces, comme quelqu’un qui prépare un exploit retentissant, que tu vas rester « fidèle à tes amis d’enfance » et retrouver ta « liberté de parole et de vote ». L’ancien rugbyman que je suis, fort de deux décennies de plus que toi, te dira que l’amitié est une vertu suprême et que rien ne doit mettre en péril son lien avec ses amis. Je t’approuve donc pleinement. Mais tu ne te sens pas un peu gêné aux entournures quand tu annonces que tu vas voter librement ? Tu es donc en train de nous dire que depuis quatre ans, la majorité municipale vote « aux ordres » ? Figure-toi que cela s’est vu. Est-ce qu’un conseil municipal ne devrait pas être une assemblée de « sages » où chacun dans son désir de servir au mieux la ville exprime en toute simplicité ses convictions au lieu de se plier au diktat d’une majorité municipale plus préoccupée par ses intérêts que par les citoyens ? Si tu as obtenu des suffrages, c’est pour que tu donnes ton opinion, je te le rappelle, et non pour devenir le porte-serviette des Veunac ou Lafite. Il est vraiment dommage de constater qu’il t’a fallu presque quatre ans pour le comprendre.

Casser les chaînes, toutes les chaînes

Ligoté à ton fauteuil municipal, tu as décidé de te libérer et tous les amoureux de la vie publique ne peuvent que s’en réjouir, tant le fonctionnement de cette majorité municipale, où les coups-fourrés succèdent aux défections, pose problème. Malheureusement, si tu as réussi à retrouver le contrôle d’une main, tu as gardé tes entraves et tes boulets aux pieds, comme tu l’avoues toi-même avec une certaine ingénuité dans ta page Facebook : « Je reste toujours membre de la majorité municipale tout en continuant avec engagement et respect ma délégation aux Sports de glisse, mes mandats au sein de l’Agglomération Pays basque et de l’Association nationale des Elus de Sport ».  Et tu crois nous faire plaisir en te drapant dans tes mandats que, bien entendu, tu poursuis par pur dévouement ? Tu penses sincèrement que tes nouveaux amis Veunac et Lafite vont te faciliter la vie auprès des surfeurs et te laisser briller ? En politique, encore plus qu’ailleurs la demi-mesure est impossible. En 2008, mon épouse s’est retrouvée élue de l’opposition. Peu après le parti socialiste lui a demandé de devenir porte-parole en remplacement de Galery Gouret-Houssein. Avant d’investir Guy Lafite (encore lui !) aux départementales de 2010, alors qu’il fricotait avec Borotra dans la majorité. Tu crois que mon épouse est restée en affirmant qu’elle voterait librement dans l’intérêt des Biarrots ? Elle est partie immédiatement, cédant sa place à Bernard Ithurbide, et j’admire sa façon de faire de la politique.

La politique est l’activité humaine la plus cruelle qui soit. Je sais que ta peine est sincère, Laurent, ainsi que ta révolte, mais la liberté à moitié, ça n’existe pas. Tu n’aurais été crédible dans tes propos qu’en renonçant à tous tes mandats, quitte à te représenter en 2020 dans une liste qui te corresponde, avec des convictions encore plus établies. Là, comme tes amis, j’aurais dit chapeau ! Car entre nous, tu ne prends pas grand risque en conservant tes mandats, puisque Veunac, comme l’a démontré le conflit l’opposant à Nathalie Motsch dans l’affaire des écuries de Bigueyrie, n’est même plus majoritaire au sein de sa majorité et dans l’incapacité de retirer sa délégation à quiconque. Ce que tu fais en reprenant ta liberté tout en conservant tes mandats, n’a pas grand sens, Laurent, et ressemble juste à une posture.

Si tu es capable de percevoir au-delà des mots mordants la sympathie que j’éprouve pour toi, Laurent, partageons une bière et je te raconterai l’histoire d’un chanteur des années soixante-dix, Henri Tachan. Son héros affirmait : « Dans mon parti, Y’a qu’moi et c’est déjà l’merdier ! ». Assez prophétique, non, et tout à fait adapté à Biarritz ?

Soutien inconditionnel à Oloronblog

Marre de ces élus qui dégainent la matraque judiciaire dès qu’un citoyen ne leur cire pas les pompes !

C’est un de ces blogs porteur d’une information libre et citoyenne comme on en souhaiterait à toutes les villes de France (https://oloron.blog/). Son auteur Joel Adam, a, entre autres exploits rédactionnels, révélé les capacités d’ubiquité hors du commun de son maire, Hervé Lucbéreilh, capable d’encaisser le même jour des indemnités kilométriques pour un aller-retour Oloron-Bayonne et un Oloron-Tours ou de présenter quelques jours plus tard des notes de frais pour être allé à Paris en avion ET en voiture à la même période. Depuis que Le Canard enchaîné a repris cette information, le torchon brûle à Oloron-Sainte-Marie entre l’élu et le blogueur. À Biarritz, le responsable de Bisque, Bisque, Basque ! est juste un « journaliste de merde qui fait les poubelles », à Oloron, où on ne dédaigne pas l’emphase, le blogueur, aux dires du maire, est un simple « pervers narcissique » et un « délateur digne de la Gestapo ». Rien que ça ?

Mais pas gêné, le maire annonce à Sud Ouest qu’il porte plainte contre le blogueur pour cyber harcèlement.

Des annonces pas toujours suivies d’effet

Ancien cadre de la fonction publique territoriale, ayant pu assister tout au long de sa carrière à bien des turpitudes, Joël Adam ne s’émeut guère de cette annonce du maire, si l’on en croit son blog : « Hervé Lucbéreilh a effectivement brandi cette menace. Mais l’a-t-il vraiment mise à exécution ? Si tel était le cas, je pense que j’en aurais été le premier avisé. Rien de tel à ce jour. Cela étant, j’attends de pied ferme toute procédure de ce genre, si tant est qu’elle arrive. Car rien dans le blog ne caractérise ce délit de cyberharcèlement. » Au Canard enchaîné, nous recevions chaque semaine une dizaine de menaces de plaintes. En réalité, à peine une sur cent se terminait au prétoire, les politiques adorant jouer les offensés et se draper dans leur dignité, tout en sachant pertinemment que les électeurs sont tellement habitués à leurs mensonges qu’ils oublieront bien vite leurs moulinets verbaux.

Le dévoiement de la loi sur le cyberharcèlement

Qu’un adolescent prenne conscience qu’il risque gros depuis 2014, s’il s’amuse à publier des photos dénudées de sa petite copine sur les réseaux sociaux, quoi de plus normal ? Mais quand un blog local parle en priorité du premier magistrat de la ville et consacre de nombreux articles à ses actions, ce n’est pas du cyberharcèlement, mais de l’information libre et citoyenne. Vous pouvez parcourir tout le contenu de « Oloron blog ». Les articles s’appuient sur des faits, la seule différence par rapport à la presse locale étant que le blogueur, journalistiquement et économiquement libre, ne se sent pas obligé de cirer les pompes des édiles locaux.

L’ancien propriétaire de La Semaine du Pays basque, Hubert de Caslou, avait cru judicieux, en juin 2017, de traîner Bisque, Bisque, Basque !, devant le tribunal civil de Grande Instance de Paris pour cyberharcèlement. Sa charmante idée a coûté à l’ancien officier de marine une condamnation à 3 000 euros, le tribunal ayant estimé que les dix-huit articles mis en cause contenaient tous une information justifiant la publication. Qu’on se le dise…

Quand les menaceurs ne sont pas les payeurs…

Cette envie des maires d’en découdre au tribunal, dès qu’un mot dépasse d’un article n’est pas tout à fait liée au hasard. Les élus savent parfaitement que leurs frais de justice seront pris en charge par leur commune, donc par les contribuables. Contrairement à leur opposant qui devra casser sa tire-lire personnelle. L’article L.21236-34 du Code Général des Collectivités territoriales prévoit que la commune accorde une protection juridique au maire dans l’exercice de ses responsabilités. Si un arbre tombe sur un piéton, alors que rien n’indiquait que cela puisse survenir, il est logique que le maire soit défendu gratuitement.

Mais comme pour la loi sur le cyberharcèlement, nos amis politiques se sont empressés de détourner la volonté du législateur à leur profit. Selon la loi, le maire ne peut être défendu aux frais des contribuables que s’il n’a pas commis « une faute détachable » de ses fonctions.

Constituent une faute détachable :

– les faits qui révèlent de préoccupations d’ordre privé.

– les faits qui procèdent d’un comportement incompatible avec les obligations qui s’imposent dans l’exercice de fonctions publiques.

– les faits qui revêtent une particulière gravité.

Quand Didier Borotra se retrouve accusé de « prise illégale d’intérêt » après avoir laissé sa fille signer un contrat avec la Cité de l’Océan dont il est responsable en tant que maire, la « faute détachable » ne fait pas de doute. Ce qui n’empêchera pas le conseil municipal de Biarritz de voter, à quelques exceptions près, la prise en charge des frais de justice de l’ancien maire. Ce qui est une honte !

Les blogs au secours de la presse écrite

Il est désormais de bon ton de vilipender les quotidiens régionaux, ce qui ne sera pas le cas de ce blog. Mais nous sommes tous bien obligés de constater que les riches heures de la presse écrite sont derrière elle et qu’un équilibre économique de plus en plus incertain la fragilise face aux petits potentats locaux, qui crient « Je suis Charlie » les jours d’attentats, mais n’aiment la presse qu’aux ordres. D’où ces articles souvent bien faits, où l’auteur manifeste une prudence de sioux de peur de se retrouver en exil à Dax, comme certains de ses prédécesseurs. Les blogs, avec leur liberté, leur insouciance, leur effervescence, leur absence délibérée de modèle économique, sont à l’écrit ce que les radios libres ont été dans les années quatre-vingts aux radios commerciales.

Toutes ces vigies citoyennes qui passent leur temps à observer ce qui se passe dans leur ville en se moquant éperdument du respect dû aux petits seigneurs locaux, amènent du dynamisme et de la vitalité à l’information et rétablissent un équilibre qui bénéficie au citoyen, profite aux quotidiens institutionnels et oblige l’élu à abandonner son sentiment d’impunité. On l’a vu avec l’affaire des écuries de Parme, il est difficile pour un quotidien régional de ne pas reprendre une information quand un blog la lance et fait causer toute la ville.

Pour toutes ces raisons, « Oloronblog » doit être défendu à la hauteur de ses mérites. Pour ma part, je rêve à Biarritz de pouvoir me consacrer à une écriture personnelle et de me lever le matin en trouvant dans mon journal favori toutes les informations dont j’entends parler lors de mes promenades en ville. Je rêve de fermer Bisque, Bisque, Basque !, devenu inutile, puisque cinquante impertinents, passeront au peigne fin l’actualité de leur ville et la traiteront avec leur regard et leur sensibilité.

Je rêve, mais je suis persuadé que ce jour est proche. Et qui est-ce qui est le plus ringard ? Joel Adam avec son blog généreux et désintéressé où il s’efforce de partager ses savoirs avec ses concitoyens ou Hervé Lucbéreilh avec ses notes de frais étonnantes et ses pathétiques menaces juridiques ?

L’indéférence plutôt que l’indifférence…

Heureuse année 2018 avec le plein d’humour, de dérision et d’impertinence.

Bisque, Bisque, Basque ! est formel : l’excès d’impertinence ne nuit nullement à la santé. Seule la vigilance citoyenne, face à des politiques bien décidés à continuer leurs petits coups en douce, (N’est-ce pas Vincent Bru ? N’est-ce pas Florence Lasserre ? N’est-ce pas Odile de Coral ou Michel Veunac ?) permettra de faire évoluer les mentalités.

Pour que 2018 soit une année heureuse, une seule solution : pratiquez l’indéférence plutôt que l’indifférence !

Une girouette à L’Assemblée… Quel intérêt ?

Interview surréaliste dans Sud Ouest de notre nouveau député. Décidé à vendre ses charmes au plus offrant, Vincent Bru ne sait pas encore quelle casaque il va porter.

Visiblement les brumes de la fête de la veille n’étaient pas tout à fait dissipées, lorsque le très peu charismatique Vincent Bru s’en est allé à la rencontre de Sud Ouest (20/6). Voilà donc un homme qui est le premier surpris de se retrouver élu, mais qui n’a rien prévu, rien anticipé et qui, à l’en croire, ne sait même pas sous quelle casaque il va concourir en arrivant à l’Assemblée nationale, ce qui relève de l’escroquerie absolue pour les électeurs qui lui ont fait confiance. Écoutez-le, c’est à peine croyable, quand on lui demande s’il a repris sa carte du MoDem : « Je suis rattaché au MoDem sur le plan financier, mais je ne sais pas dans quel groupe je siègerai. Peut-être dans celui du MoDem, dans la mesure où ce groupe est loyal envers le Président et le gouvernement ». Et peut-être pas.

La journaliste Emma Saint-Genez n’en revient pas de ce qu’elle entend. Tant de désinvolture et de donjuanisme l’étonne, de la part d’un député qui a deux jours d’ancienneté. Elle se croit obligée de préciser : « C’est pourtant bien François Bayrou, président du MoDem, qui a appuyé votre candidature ?» Et notre volage girouette, qui déteste qu’on lui rappelle ses amours passées, d’avouer du bout des lèvres : « Oui, parce qu’il sait que je suis centriste ».

Soit Vincent Bru est idiot, ce dont on peut douter, soit il est décidé à vendre ses charmes au plus offrant, ce qui est bien plus plausible. Sachant que l’avenir peut s’annoncer compliqué pour Bayrou et sa troupe puisque le Président de la République n’a plus besoin de lui, l’homme de convictions Vincent Bru anticipe et fait du gringue aux Macroniens pur jus, histoire de pouvoir vivre un mandat tranquille au sein de la majorité. La politique dans tout ce qu’elle a de plus consternant, comme ce gros mensonge sur l’UDI où il n’aurait passé qu’un an (Philippe Morel, le délégué départemental, tient les preuves du contraire à disposition de ceux que ça intéresse).

Le fragile maire de Cambo se montre bien imprudent et désinvolte et semble oublier que le nouveau ministre de la Justice est un rancunier, parfois aussi teigneux qu’un officier de gendarmerie qui vous fait souffler dans le ballon un soir de bringue. Si Bru s’avise de faire quelques infidélités à son protecteur béarnais, on risque de voir quelques plumes voler pour notre Zaza Napoli local, comme le surnomme, allez savoir pourquoi, La Marquise de Vérité dans La Semaine du Pays basque.

Un spectacle qui ne fera sans doute pas beaucoup de peine dans le département à nombre de fidèles authentiques d’En Marche.

Article de Sud Ouest du 20 juin.

Pourquoi je suis candidat aux législatives

Sylviane Alaux et Maïder Arostéguy ont du souci à se faire. Je vais les défier le 11 juin prochain dans la VIe circonscription.

Avec, en tête de ce blog, un bandeau intitulé «  Dans mon parti, y a qu’moi et c’est déjà l’merdier », je pensais être totalement à l’abri de ce genre de mésaventure. Mais il faut croire que le métier de député est tellement difficile et mal payé qu’il suscite peu de vocations. Trois partis, et non des moindres, m’ont rendu visite ces dernières semaines pour me convaincre de devenir un futur parlementaire.

Jean Lassalle a été le premier à toquer à ma porte. Venu à pied de son village de Lourdios-Ichère qui n’est qu’à 137 kilomètres de Biarritz, il m’a proposé l’investiture pour être député de son mouvement « Résistons ! » Fervent lecteur du blog, il trouve que j’ai des aptitudes. Malheureusement, quand il m’a demandé d’entonner avec lui un chant béarnais, il a soudain été beaucoup moins convaincu.

Ensuite, ce sont des émissaires de Macron qui sont arrivés avec une liste de tous les randonneurs licenciés du département des Pyrénées-Atlantiques. Ils connaissent tellement peu de monde en dehors du XVIe arrondissement de Paris qu’ils ont estimé que les adeptes du godillot montant comme moi ne pouvaient qu’adhérer à « En marche »  et les représenter. Mais ils ont fui en courant en apprenant que je ne payais même pas l’ISF.

J’aurais adoré être démarché par Mathieu Accoh, charmant professeur de philosophie croisé quelques fois à Biarritz, car « La France insoumise » de Mélenchon, ça me parle et me plaît, mais je n’ai rien vu venir. Alors, en désespoir de cause, je me suis rallié à « Debout la France », parce que ça sonne viril et fait très lever des couleurs pour l’ancien militariste convaincu que je suis. Comme Dupont-Aignan n’avait pas de candidat prévu dans la VIe circonscription des Pyrénées-Atlantiques, le marché a été vite conclu.

Des aptitudes évidentes

Bien sûr, je n’ai pas parlé de cette investiture à mes amis, car je sais que certains vont être déçus. Mais ils vont vite revenir à moi quand je serai élu, car je me prépare très méthodiquement, comme un futur député de haut niveau. Et plus les jours passent, plus je constate que j’ai des atouts à faire valoir pour défendre tous ces électeurs qui ne vont pas manquer de voter pour moi.

– Ma carrière politique est toute jeune, mais s’il est nécessaire pour réussir de changer de casaque aussi souvent que Maïder Arostéguy ou d’être aussi transparent à l’Assemblée nationale que Sylviane Alaux, je suis prêt.

– Pénélope Fillon n’aide son mari que depuis vingt ans. Pour ma part, ça fait trente ans que mon épouse répond au téléphone quand je ne suis pas là et récupère le courrier dans la boîte à lettres. Sans le savoir, elle exerce donc un emploi d’assistante parlementaire à plein temps et comme elle a plus d’ancienneté dans le métier que Pénélope, je lui donnerai l’intégralité de l’enveloppe prévue pour rémunérer mes collaborateurs.

– Mes deux enfants ne sont plus ni collégien, ni lycéen, ils ont même eu le bon goût de décrocher des diplômes et je ne vais donc avoir aucune difficulté à les refiler à un collègue démuni qui les paiera à hauteur de leur mérite, c’est-à-dire beaucoup.

– Un ami, membre du lobby de l’espadrille de Mauléon, m’a déjà donné un tee-shirt à l’effigie de Che Guevara. C’est peu, mais c’est un début. Si vous voulez que je porte beau, n’hésitez donc surtout pas à m’offrir deux costumes à 13 000 €, mais, s’il vous plaît, pas chez Arnys, car ça fait trop catholique réactionnaire.

– Bien évidemment, juste avant mon élection du 11 juin prochain, je vais ouvrir un cabinet de conseil pour faire fructifier l’immense carnet d’adresses que j’ai pu bâtir grâce à Bisque, Bisque, Basque !  Avec un manque d’imagination confondant, certains se contentent pour 50 000  € de vous mettre en relation avec Poutine, tandis que moi je peux pour la moitié vous présenter l’irremplaçable Géronimo, qui vous assurera le succès dans toutes vos entreprises.

– Enfin, je viens de faire un tour dans ma cuisine où je n’ai recensé que trois casseroles, ce qui est un bon début, car je ne cesse de recevoir des promesses de dons depuis que ma candidature commence à être prise très au sérieux dans les milieux politiques. Détail qui ne trompe pas et qui me comble de plaisir, Didier Borotra et Michel Veunac m’ont déjà promis de faire campagne pour moi, tandis que Paul Bismuth hésite encore.

Et comme j’ai toujours été très sport, c’est promis, si je ne suis pas député, je ne serai pas dépité.

… Et, avant de maugréer,  je regarderai toujours la date d’un article publié par un de ces journalistes toujours prêts à raconter n’importe quoi.