Barucq désormais presque à poil

C’était prévisible : Comme Saint-Cricq en 2008, le médecin-surfeur vient de se faire lâcher par deux de ses colistiers. Que vont faire maintenant ceux de droite ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le principe de précaution n’est pas un vain mot pour les élus de l’opposition de la liste EHVS, Brice Morin et Lysiann Brao. Quand ils étaient petits, on leur recommandait certainement de tourner sept fois la langue dans leur bouche avant de parler. Cette fois, ils ont préféré la tourner 77 777 fois avant de prendre une décision. C’est donc quarante-deux jours après le dernier conseil municipal du 29 juillet que les deux élus de l’opposition, membres de la liste Barucq ont annoncé dans Mediabask qu’ils reprenaient leur liberté, déplorant que Jean-Batiste Dussausoix-Larralde et Corine Martineau n’aient pas respecté la discipline de groupe et refusé de voter une surtaxe à 60% des résidences secondaires.

https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20200910/euskal-herrian-vert-et-solidaire-reprend-son-independance

Une défection qui ne surprend pas grand monde car le concours de paris était ouvert entre tous les observateurs de la vie biarrote pour savoir combien de temps tiendrait cet improbable attelage composé de gens de gauche et de droite regroupés derrière la bannière écologique de Guillaume Barucq. Personne n’imaginait ces cinq opposants faire route commune jusqu’en 2026, ce qui démontre une fois de plus qu’on ne compose pas une liste électorale au décrochez-moi ça, en assemblant n’importe qui autour de n’importe quoi.

Barucq : « Même pas mal !»

On ne sait jamais avec Guillaume Barucq s’il est foncièrement gentil ou s’il met en avant sa gentillesse comme arme politique. Probablement les deux ! L’élu d’opposition, qui a certainement lu la fable de La Fontaine « Le renard et les raisins », où le rusé animal estime que les raisins beaucoup trop hauts d’une treille « sont trop verts et bons pour des goujats », s’efforce de la jouer grand seigneur : « La richesse et la percussion d’une opposition naissent de sa diversité. Comme en 2014, les courants qui composaient la liste arrivée en deuxième position reprennent leur autonomie. Mais nous continuerons à nous concerter au sein de l’opposition et je reste en excellents termes avec Lysiann Brao, Brice Morin et EHVS. Je comprends leur décision de voler de leurs propres ailes. Je leur souhaite bon vent et je sais qu’ils apporteront un plus à ce conseil municipal pour renforcer les exigences sociales, écologiques et de développement de la langue basque. » Ce qui s’appelle faire bonne figure dans la déroute.

Martineau : Silence radio

Car pour cacher sa totale nudité politique, Guillaume Barucq n’a plus que deux feuilles de vigne à sa disposition. Et, on le sait, les feuilles de vigne ont tendance à tomber l’automne venu. S’il ne veut pas pérorer dans la solitude, à l’image d’un Patrick Destizon obscène lors du dernier conseil municipal dans sa pathétique volonté d’exister, Guillaume Barucq a intérêt à garder à ses côtés Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde et Corine Martineau pour pouvoir varier les interventions et éviter les soliloques. Mais, à supposer qu’il réussisse cet exploit, son image se décentrera forcément aux côtés de ces deux tenants de la droite dure et décomplexée. (Et l’on pouffe de rire rétrospectivement en repensant à Matthieu Accoh expliquant à BBB qu’une alliance avec Nathalie Motsch était impossible car « elle est trop à droite ».  Tandis que tata Corine, c’est l’extrême-gauche ?)

Contactée par message téléphonique, Corine Martineau n’a visiblement pas souhaité répondre. Les deux militants républicains doivent être en pleine réflexion, car il est sûr qu’ils auraient beaucoup plus de visibilité en faisant leur propre groupe d’opposition et auraient à défendre des idées plus évidentes pour eux que celles du médecin-surfeur qui pourrait bien dans les jours à venir avoir à affronter des vagues autrement plus traîtresses que celles de la grande plage.

La politique est un métier impitoyable. Demandez-donc à Jean-Benoît Saint-Cricq ce qu’il en pense.

Les amours d’été ne durent pas toujours

Cette amusante vidéo a été prise le 28 juin dernier, au soir du deuxième tour, dans la permanence électorale de Guillaume Barucq. « On a pris une taule » reconnaît le candidat qui est persuadé qu’il a sous la main une « formidable équipe » et que « 2026, c’est demain. On sera prêts et motivés ». Visiblement, ce soir-là, la voyante Elizabeth Teissier n’était pas invitée.

Les appliqués, les fumistes et le gros lourd

Ce deuxième conseil municipal sur le budget a donné lieu à des échanges fructueux. Malgré certaines absences discutables et un Destizon décidé à faire son intéressant.

À l’aise et maîtrisant ses dossiers, Maïder Arostéguy a su créer une ambiance de dialogues et d’écoute réciproque.

Ôtez-moi d’un doute pour le cas où Alzheimer aurait fait une visite impromptue : la liste conduite au printemps par Nathalie Motsch s’appelait bien, avec une immodestie certaine, « Biarritz en a besoin » et non « Biarritz par-dessus la jambe » ? Hier soir, lors d’un conseil municipal de très belle tenue qui nous ferait presque oublier les errances et autres approximations de Mimi-la-Malice et ses troupes, il y avait de quoi avoir mal au ventre pour tous les gens de qualité qui étaient présents sur la liste de « Calamity Nathalie », en constatant que pour la deuxième fois consécutive leur championne avait donné son pouvoir à Sébastien Carrère et joué les filles de l’air. Comme aurait dit Chevènement, « Un élu, ça fait le job ou ça démissionne ».

Agacement similaire en ce qui concerne le Monsieur météo de TF1, Louis Bodin, absent pour la deuxième fois en deux conseils municipaux. Même si son cas est moins grave que celui de Nathalie Motsch, puisque simple godillot de la majorité, il est exaspérant de constater que les Biarrots crient au « parachuté » quand un ministre envisage d’être candidat dans une ville qu’il pratique depuis trente ans, mais sont en émoi comme des midinettes lors de leur premier bal en voyant le « grand nom parisien » qui va embellir l’affiche, alors que tout le monde sait qu’il sera trop pris par ses activités professionnelles pour consacrer du temps à Biarritz. Et quand je m’étonne sur Twitter de son absence, son beau-père Jean-Bernard Pinatel sort le fusil mitrailleur : « Il apporte son expérience et son conseil à l’adjoint à l’environnement. À l’heure du travail à distance, c’est tout à fait amusant de voir ce genre de réflexion ». Drapeau blanc, Jean-Bernard, mais que je sache le poste de conseiller municipal en télétravail n’a pas encore été prévu par la Constitution.  Et il n’est pas obligatoire d’occuper un mandat pour aider une ville.

Chazouillères explique au lieu de pérorer

Édouard Chazouillères s’est montré plutôt pédagogue et intéressant, mais visiblement certains préfèrent lire le journal.

Mais revenons plutôt aux bons élèves de cette rentrée au lieu de nous intéresser aux fumistes. Tous ceux qui passent actuellement leurs après-midis à la plage confirmeront sans doute une rumeur venue du personnel de la mairie : ce ne sont pas les coups de soleil qui gênent beaucoup Maïder Arostéguy et sa majorité. De mémoire de fonctionnaire territorial, il y a longtemps que l’on n’avait vu une équipe se mettre au travail avec une telle ardeur et impliquer autant les services qui sont globalement ravis de ce bol d’air frais. Bisque, Bisque, Basque ! se gardera bien de toute conclusion anticipée, les bonnes résolutions de la rentrée s’étiolant parfois au cours d’un mandat, mais il est évident que pour rectifier en trois semaines, compte-tenu du Covid, les orientations budgétaires il a fallu que les élus et les services se mobilisent sacrément.

Au lieu des péroraisons autosatisfaites de Guy Lafite et des sentences aussi creuses que définitives de Michel Veunac, nous avons eu droit de la part du maire, d’Adrien Boudousse son premier adjoint, et surtout du « ministre des Finances » Édouard Chazouillères à des explications limpides sur le budget avec des chiffres projetés permettant à chacun de suivre précisément les points évoqués. De la pédagogie à la place de l’enfumage permanent, on va finir par croire que le Dieu de la démocratie et du respect de la vie publique est enfin venu faire un tour à Biarritz !

Et même sentiment de clarté et de connaissance des dossiers lorsque les adjoints, que ce soit Michel Laborde, Richard Tardits, Maud Cascino, Anne Pinatel ou Nicolas Martinez ont pris la parole. Ce conseil dure 3 h 21, mais il mérite vraiment d’être écouté de bout en bout et de sacrifier une séance de bronzette, tant les échanges sont passionnants. Vous y apprendrez entre autres comment le Covid a coûté 4 millions d’euros à la Ville, pourquoi il y a cette année 20% de véhicules automobiles en plus et aurez la confirmation que la danse et le rugby touchent tous les deux annuellement plus d’un million d’euros par an d’argent public.

https://www.youtube.com/watch?v=NN3ZC0Y6WZs

Une opposition constructive et intéressante

D’autant que l’opposition a su se montrer à la hauteur et profiter de la volonté de dialogue, très perceptible lors de ce conseil, pour poser beaucoup de questions intelligentes. Les sept opposants présents ont pris la parole à un moment ou l’autre de la soirée, démontrant souvent une autre vision de l’avenir de la ville mais faisant toujours preuve d’une courtoisie républicaine de bon aloi dans leurs interrogations.

Jean-Baptiste Dussaussois Larralde a fait remarquer que « 92 000 euros seulement pour l’amélioration des eaux de baignade » c’était fort peu, Lysiann Brao s’est interrogée sur les modalités d’attribution de la prime post-Covid, Corine Martineau a défendu une association comme « Équilibre », Brice Morin évoqué son poste de salarié de l’Atabal pour ne pas voter certaines délibérations susceptibles d’entraîner un conflit d’intérêts et Sébastien Carrère demandé des précisions sur le mode de calcul des droits de mutation. À chaque fois, les réponses de la majorité ont été précises et détaillées.

D’habitude, c’est la majorité qui veut augmenter les impôts quand l’opposition se récrie. Le plus surprenant de tous les opposants est donc Guillaume Barucq qui se retrouve à prôner une fiscalité beaucoup plus dure pour les résidents secondaires, ce qui est plutôt inhabituel, même si idéologiquement parlant le docteur à catogan est cohérent avec ses annonces de campagne.

Un vote qui marquera une première lézarde dans l’opposition puisque le « centriste-équilibriste » Barucq votera contre, tout comme Brice Morin et Lysiann Brao, tandis que Corine Martineau et Jean-Baptiste Dussaussois Larralde se rangeront aux côtés de la majorité. Le signe avant-coureur d’un éclatement idéologique de ce groupe d’opposition ?

Un comique malgré lui

« Survivor », l’élu qui ne doit sa place qu’à deux défections, s’est montré insupportable toute la soirée.

On le sait dans tout rassemblement, il y a toujours un gros lourd qui en fait des tonnes et ne comprend rien à l’ambiance générale. À sa place, compte tenu du cinglant échec électoral subi, on raserait les murs, puisque cet élu ne doit son fauteuil d’opposant qu’aux défections successives de Jean-Benoît Saint-Cricq et Jocelyne Castaignède, mais Patrick Destizon n’est pas du genre à se contenter de s’empiffrer gratuitement des petits fours offerts par la Socomix où Maïder Arostéguy lui a laissé un strapontin par charité. Décidé à jouer l’intellectuel de service et à peu près aussi convaincant dans ce rôle que Gérard Larcher briguant un poste de danseur étoile pour les ballets Malandain, l’inénarrable Patriiiiick se lance dans une interminable apologie de la mandature précédente qui ne convainc que lui. Et comme la lumière braquée sur lui s’est éteinte beaucoup trop vite à son goût, il remet le couvert en fin de conseil avec une tirade sur le recrutement d’un cabinet qui va coûter « annuellement 250 000 euros par an ». Notre économiste oublie juste de préciser combien l’absence de cabinet et des compétences qui y sont rattachées a coûté à la Ville lors de la dernière mandature avec les bourdes en série qui auront caractérisé la mandature Veunac, malgré la présence de l’immense adjoint aux travaux qu’il était. Avant que Maïder Arostéguy ne sorte ses griffes pour la seule fois de la soirée en évoquant le recrutement lors du mandat précédent d’Olivier Lépine, « conseiller spécial de Michel Veunac » payé par les contribuables biarrots. Petit élève fessé en public, Patrick Destizon boudera sur sa chaise et arrêtera immédiatement ses attaques.

Et, un peu comme un ivrogne repenti qui garde dans son salon une photo de lui allongé dans le caniveau datant de ses bitures passées, on se dit que finalement c’est peut-être une grande chance pour la vie politique d’avoir au sein du conseil municipal un personnage comme Patrick Destizon : il incarne l’arrivisme, la duplicité et tout ce qu’on déteste dans la politique et rend sympathique ce grand bol d’air frais qui nous arrive avec tous ces nouveaux visages de la majorité et de l’opposition.

Un accord Arostéguy-Etchegaray à propos de Motsch ?

L’information n’est pas encore officielle, mais elle fait déjà beaucoup parler au sein de l’Agglo Pays basque où Biarritz avait perdu une grande part de son crédit grâce à son éblouissant ex-maire. Solidarité UDI oblige, Jean-René Etchegaray souhaiterait garder Nathalie Motsch à la tête de l’AUDAP (Agence d’Urbanisme Atlantique-Pyrénées) où aux dires de tous, elle a effectué un très bon boulot. Il a donc approché par téléphone Maïder Arostéguy pour savoir si cette nomination poserait problème. Apparemment, Maïder Arostéguy aurait fait preuve de sens politique en acceptant le deal. Un deal qui n’interdirait pas à Nathalie Motsch d’honorer de sa présence, au moins une fois avant 2026, le conseil municipal où elle a été élue.

Barucq la joue « Plus belle la liste »

Parcours professionnels magnifiés, convictions fluctuantes, absence de démocratie interne, non-respect de l’humain : qu’est-ce qu’on rigole à Nouvelle vague !

Le fait d’être tête de liste, avec les caméras braquées sur sa personne, plonge visiblement le docteur Barucq dans une grande béatitude.

S’il est une tradition bien ancrée à Biarritz, c’est celle de s’affranchir des règles de la vie publique ! Un peu comme l’incontournable accent marseillais et les galéjades dans « Plus belle la vie », les électeurs biarrots sont priés d’applaudir le folklore local : Bernard Marie qui confondait sa cave personnelle avec celle du Palais ; Didier Borotra qui invitait à tout va le gratin politique dans le palace local mais ne mentionnait jamais sur les factures les noms des bénéficiaires des largesses municipales ; Michel Veunac qui traitait les dossiers en douce et les présentait aux conseillers municipaux au moment où on ne pouvait plus les défaire ; et maintenant Guillaume Barucq qui semble bien décidé à reprendre les traditions ancestrales et intituler le nouveau feuilleton local « Plus belle la liste ».

En effet, en examinant de près la liste Biarritz Nouvelle vague verte et solidaire, on peut se demander s’il y a quelqu’un dans cette liste qui a ouvert le code électoral.

L’article L88-1 est pourtant formel : « Toute personne qui aura sciemment fait acte de candidature sous de faux noms ou de fausses qualités (…) sera punie d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros. ». Ce qui signifie que lorsqu’on est candidat, on doit inscrire la profession que l’on exerce AU JOUR DU DÉPÔT DE LA LISTE et non celle que l’on occupait une décennie avant, ou celle que l’on a toujours rêvé d’exercer.

La liste « Biarritz nouvelle vague », telle que publiée par sud Ouest. Comme par hasard, ce sont des candidats en position éligible et présents dans la nouvelle liste de second tour qui ont un peu « amélioré » leur situation professionnelle.

Si la liste EHVS qui a fusionné avec Guillaume Barucq paraît avoir parfaitement joué le jeu, Biarritz Nouvelle vague semble avoir été tenté de vivifier un peu les parcours de certains colistiers. Il y a des années que Corine Martineau n’est plus dirigeante d’école de danse, que Virginie-Hélène Borteyru-Terpo a quitté la restauration ou que Justine d’Audiffret qui s’annonce en toute simplicité « Agent d’artistes, productrice et chargée de projet » ne veille plus sur le destin d’une quelconque célébrité. Comme s’il était déshonorant de se présenter sous le titre de « Demandeur d’emploi » ou de « Mère au foyer » !

Les questions posées par Bisque, Bisque, Basque ! à ce sujet provoquent comme un léger malaise. Corine Martineau envoie ses diplômes et attestations datant des années quatre-vingt-dix et répond : « Je pense que ce que les gens veulent connaître c’est ton expérience et c’est dans ce but que j’ai gardé le titre, ce qui me paraît essentiel dans une élection où l’expérience de chacun compte. Peut-être aurais-je dû mettre ex devant, mais ce n’est pas parce que tu mets ex-mari que tu renies tes enfants et que tu n’es plus mère. » Allez soutenir ce genre d’explication face à un juge et vous verrez !

Même embarras chez Justine d’Audiffret qui reconnaît ne plus avoir d’activité professionnelle réelle : « J’ai créé l’agence COCO Management (2011-dec 16) (…) Depuis mon installation à Biarritz en septembre dernier, je travaille en tant que freelance et conseil, et ai participé à un projet de conseil artistique pour Roland Garros, malheureusement annulé. J’ai également le plaisir de m’occuper de mes trois enfants. »

Quant à Virginie Borteyru-Terpo qui a longtemps tenu un restaurant à Bayonne mais n’exerce plus depuis plusieurs années, elle semble tomber des nues : « J’ignorais la loi. Je me suis déclaré restauratrice, car je suis une restauratrice dans l’âme, actuellement à la recherche d’une nouvelle affaire ».

La sincérité de l’intéressée est probable, mais n’incombait-il pas aux responsables de la liste de vérifier la véracité des déclarations, surtout concernant des amies très proches de Guillaume Barucq ?

Des nouvelles vagues, très très vagues

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la liste de Guillaume Barucq essuie une nouvelle dissidence après la démission d’Emmanuelle Brisson, jugeant la liste trop à gauche et la prise de distance d’Aurélie Siou estimant la communication du docteur à vélo plutôt catastrophique. Plusieurs colistiers ou ex-colistiers du docteur Barucq, qui selon leurs dires se situent « à gauche », très déçus du comportement de leur tête de liste ont adressé aux médias locaux une très longue lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal ? » accompagnée de captures d’écran des conversations échangées qui prouvent un fonctionnement qui fait un peu frémir.

Extrait de la Lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal? « 

 La Marquise de Vérité, avec son humour habituel dans La Semaine du Pays basque, a déjà raconté l’affaire. Bisque, Bisque, Basque ! de son côté, après une enquête fouillée, a pu vérifier la véracité de ce qui était affirmé. Si Guillaume Barucq met en avant dans ses discours « le renouvellement ou l’humain », il y a apparemment quelques progrès à faire en interne.

Des convictions pour de rire

Lors de son interview sur France Bleu, le 24 mai dernier, Guillaume Barucq d’un fort joli mouvement de catogan avait annoncé qu’il « allait réunir ses colistiers dès le lendemain pour définir la stratégie ». Belle promesse qui n’a pas été suivie d’effet au moins pour les signataires de cette lettre, très impliqués. Pas la moindre réunion du groupe ne s’est tenue et ce n’est que le 1er juin, à la veille de la conférence de presse, qu’est dévoilé aux colistiers l’accord avec EHVS.

Le message qui démontre qu’aucun des colistiers n’était informé du détail des tractations, le 1er juin.

Ces derniers apprennent aussi par la bande que Nathalie Motsch a refusé la place indigne de numéro six qui lui était proposée, mais aussi et surtout que sans la vigilance de EHVS, Barucq arrivait avec sept colistiers de Veunac dans la corbeille de mariage, à savoir Jacques Papon, Louis Vial, Laurent Ortiz, Eric Bonnamy, Marina Gouvry, Grégoire Le Taillandier, Betty Larronde. D’où ces mines de dix pieds de long dans la liste initiale le jour de la conférence de presse, tandis que la liste EHVS affichait le sourire des grands jours : seize places sur trente-cinq quand on a terminé quatrième avec 12% des suffrages, c’est inespéré et on peut presque parler de hold-up du siècle.

Consternation des signataires de la lettre aux médias qui découvrent que leur champion commet quelques arrangements avec la vérité mais aussi et surtout qu’il n’a pas le moindre sens politique ni la moindre conviction idéologique. Comme Bisque, Bisque, Basque ! l’a déjà raconté, Jakes Abeberry que l’on ne peut accuser de ne pas savoir faire de la politique a estimé qu’il n’y avait qu’une solution pour gagner, celle qui consistait à mettre Nathalie Motsch en numéro deux et Brice Morin en trois, ce qui respectait le suffrage des Biarrots. Son point de vue a été minoritaire après un vote en interne, ce qui prouve que la démocratie fonctionne chez EHVS. On ne peut pas en dire autant à Nouvelle vague où visiblement Guillaume Barucq et Corine Martineau ont décidé seuls.

Mêmes incohérences lors des tractations secrètes menées avec la liste Veunac et belle démonstration du peu de cas que fait Guillaume Barucq des convictions. Le 12 février, lors de l’avant-dernier conseil municipal, le docteur surfeur séduit une partie de l’électorat en se prononçant très fermement contre la création du centre de formation du BOPB. Ce qui ne l’empêche pas de négocier en douce avec la liste Veunac et de proposer à trois adjoints qui ont voté en faveur de ce centre de formation une place dans sa liste. Surfer dans un tel océan de contradictions, c’est vraiment du grand art !

L’humain quand on a le temps

Et puis il y a ce qui mortifie le plus les signataires de la lettre, et qui les amène à dire qu’ils ne feront « plus jamais de politique ». C’est le mépris de l’humain, le non-respect des promesses tenues, la désinvolture avec laquelle on traite les compétences, contrairement à tous les beaux discours effectués devant les caméras où l’humain est toujours mis en avant.

Extrait de la Lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal? « 

Certaines captures d’écran du groupe qui échangeait sur WhatsApp montrent une désinvolture totale et des méthodes que même le pire DRH de la grande distribution n’oserait utiliser. Autre anecdote qui montre le peu de respect de l’humain du candidat : « Vous serez sur la liste en position éligible » écrit le 31 mai sans sourciller Guillaume Barucq à un colistier très favorable à cette nouvelle alliance. Avant de se raviser le lendemain et d’annoncer par SMS au malheureux qu’il n’entre plus dans les plans. Conférence de presse, dépôt de la liste en préfecture et le 4 juin, sans le moindre coup de téléphone d’excuse pour ce revirement, envoi d’un faire-part écrit à l’éliminé : « Même si je n’ai pu vous intégrer dans la liste, nous espérons compter sur vous parmi nos premiers soutiens ». Clairement, on a connu plus courageux.

Et se pose désormais la question qui préoccupe tous les Biarrots : est-ce que on peut devenir un bon maire, soucieux de la démocratie et du respect des lois régissant la vie publique, quand avant même d’être élu on commet de tels arrangements avec la vérité, de telles acrobaties avec la démocratie, de telles désinvoltures avec ses colistiers ?

Histoire d’un désamour

Le 15 mars au soir, je n’ai pas le moindre doute. Je vais voter Guillaume Barucq qui semble avoir beaucoup évolué et être capable de faire preuve de plus de fermeté politique. Je suis convaincu qu’il va faire alliance avec Nathalie Motsch, comme il l’a toujours annoncé, et avec EHVS, ce qui va donner à la Ville une liste cohérente et équilibrée.

– Première inquiétude à la fin du confinement, quand j’apprends que Guillaume est prêt à intégrer des membres de la liste Veunac. Je mets cela sur le compte de la trop grande gentillesse du bon docteur.

– Deuxième inquiétude quand je découvre la mauvaise manière faite à Nathalie Motsch, alors que les deux candidats, depuis juillet 2019, parlaient d’un désistement mutuel au soir du premier tour.

– Nouvelle inquiétude quand des membres de la liste me racontent ce qui se passe véritablement à l’intérieur, loin très loin des valeurs humanistes proclamées.

Mail adressé à Guillaume Barucq et Corine Martineau, le 19 juin au matin avec 9 questions posées : Les 4 premières concernent les professions des colistiers et la neuvième une vilaine rumeur accusant Lysiann Brao d’avoir exercé son droit de retrait pendant le confinement, ce qu’elle démentira immédiatement de façon très convaincante.

Guillaume m’informe par SMS que « les personnes mises en cause me répondront personnellement » avant de lancer une menace à peine voilée « Comme vous le savez, il est par contre illégal de diffuser des conversations privées et je m’étonne que vous nous interrogiez là-dessus » Avant de rajouter : « Je vous appellerai après le débat ».

Ce à quoi je réponds qu’un journaliste a tout à fait le droit de faire état de conversations qui lui ont été transmises par une source quand elles concernent la vie publique.

Corine Martineau, Virginie-Hélène Borteyru-Terpo et Justine d’Audiffret répondent très vite.

Quatre questions sur le « fonctionnement démocratique de la liste », les appels du pied à Veunac et la gestion humaine sont donc restées sans réponse, Guillaume Barucq sans doute trop pris par ses activités professionnelles, ayant oublié sa promesse.

Une nouvelle relance de Guillaume Barucq et Corine Martineau par SMS le samedi 20 juin au matin n’a pas connu plus de succès.

 

 

Les vertus du ménage à trois

En refusant une alliance logique qui rassurait les électeurs, Guillaume Barucq a sans doute compromis ses chances de devenir maire de Biarritz.

Ces temps-ci, que ce soit devant les caméras de France 3 ou face à la presse, lors de sa conférence de presse au phare de Biarritz le mardi 2 juin, Guillaume Barucq s’affirme furieusement monogame et répète à l’envi : « Je préfère un couple à deux qui fonctionne, qu’un ménage à trois qui dysfonctionne, ou à quatre, qui explose… » Si l’on peut comprendre la pruderie du très sage docteur à catogan, face aux exploits des « libertins » Destizon et Vial qui auront fréquenté tous les clubs échangistes disponibles sur Biarritz avant de tomber dans les bras de Saint-Cricq, il est dommage que le candidat écologiste n’ait pas compris que les règles qui prévalent ordinairement dans la vie conjugale ne s’appliquent pas à la politique.

Nous avons tous vécu des cérémonies de mariage où une famille est extatique, tandis que l’autre se montre nettement plus réservée. Mardi, pour l’observateur extérieur, le contraste était saisissant entre les mines joyeuses des membres de la liste Abertzale Verte et Solidaire (EHVS) et l’air nettement plus pincé des membres de « Nouvelle Vague Biarritz ». Il faut dire aussi que faire 12,34% des voix au premier tour et se retrouver avec seize candidats sur trente-cinq dans la nouvelle liste recomposée, constitue une aubaine inespérée pour la liste EHVS. Après tout si vous êtes jeune et démuni(e) et qu’un(e) milliardaire vous épouse sans contrat de mariage, il n’est pas interdit d’accepter.

Parfois, les unions les plus improbables s’avèrent les plus durables, mais il est clair que parmi les observateurs extérieurs le scepticisme était de mise. Pour le cas, où Guillaume Barucq l’emporterait, on voit mal comment cette liste qui va de Clémentine Autain  à Bruno Retailleau pourrait fonctionner dans la durée, sans le point d’équilibre que pouvait représenter Nathalie Motsch.

C’est pour ne pas faire peur à Corine Martineau ou aux électeurs que Mathieu Accoh se cache derrière Lysiann Brao sur la photo ?

Vous le savez comme moi, que ce soit à la sortie de l’église pour un couple improbable ou à la fin d’une conférence de presse annonçant la constitution d’une liste de second tour, il est de bon ton de voir la vie en rose. Alors qu’Emmanuelle Brisson, jugeant la liste « trop à gauche », a claqué la porte et refusé une place éligible, ce qui est à son honneur et démontre un beau caractère, Corine Martineau explique suavement qu’elle ne se sent pas gênée par la présence sur sa liste d’abertzale, d’écologistes ou de membres de  » Ensemble Insoumis « , car « c’est une liste locale qui s’est construite avec un programme local ». On prend les paris que la politique va reprendre ses droits dès l’élection terminée ? Quelques minutes plus tard, c’est Mathieu Accoh, représentant de  » Ensemble insoumis « , qui affirme sans rire qu’il était impossible à sa liste de fusionner avec la liste de Nathalie Motsch car « les programmes étaient trop différents et Nathalie Motsch trop à droite » … Tandis que Tata Corine est une gauchiste bien connue ?

Une erreur politique

En trente-cinquième position, Jakes Abeberry était présent lors de la conférence de presse.

Selon des sources abertzale, les discussions au sein du mouvement auraient été « très violentes » entre les jeunes et les plus anciens, Jakes Abeberry estimant que l’on doit « respecter le suffrage universel » et que la nouvelle liste ne pouvait être articulée autrement qu’avec Guillaume Barucq en numéro 1, suivi de Nathalie Motsch et de Brice Morin. Même s’il était présent à la conférence de presse, le vieux leader n’a visiblement pas été suivi et c’est fort dommage.

Contrairement à Guillaume Barucq, qui décidément ne se montre pas grand stratège, Jakes Abeberry sait que dans la vie publique le trio représente souvent l’équation gagnante et permet l’équilibre des forces, quand le duo est dangereux en cas de conflit. C’est bien en s’appuyant sur des socialistes et des membres de LR qu’Emmanuel Macron a su créer à partir de rien le mouvement En Marche. Plus loin de nous, François Mitterrand est devenu président de la République en 1981 en s’aidant des radicaux de gauche et des communistes. Et en 2014, si le docteur Barucq est devenu adjoint à l’environnement, c’est grâce à un « ménage à trois » avec les listes de Veunac et Lafite.

Une erreur psychologique

Mais plus que l’erreur tactique, c’est l’erreur psychologique qui étonne de la part d’un candidat intelligent comme Guillaume Barucq. Pour la première fois depuis des décennies, cette élection était limpide et traduisait clairement ce que voulaient les Biarrots. Le 15 mars au soir, malgré l’angoisse du Covid, tous les passionnés de vie publique avaient de quoi se réjouir : un personnel politique totalement discrédité à force de tromperies et de trahisons allait prendre une retraite bien méritée, et le ou la futur(e) maire de Biarritz allait incarner un renouvellement considérable. Avec une démarcation claire entre Arostéguy, Veunac et Saint-Cricq, plutôt prêts à discuter avec le BO, Barucq, Motsch, EHVS et Karim Guerdane, plutôt fermes face à Aldigé.

Tous ceux qui se sont mariés savent que l’on a toujours un doute au moment de se dire « oui ». Et tous ceux qui ont travaillé dans une entreprise savent que le charmant collègue que l’on côtoie peut devenir un dictateur odieux après avoir reçu une promotion.

Légitimement, les Biarrots s’interrogent sur leur futur maire, se demandent si Maïder Arostéguy qui n’est à l’évidence pas d’extrême-droite même si elle est très à droite, saura prendre ses distances avec son entourage, si Guillaume Barucq, d’un caractère trop gentil, saura faire preuve de fermeté, si Nathalie Motsch, d’un caractère plus affirmé, ne tombera pas dans l’autocratisme d’un Borotra si elle se retrouve avec l’écharpe tricolore.

Comment Guillaume Barucq a pu proposer une place de numéro 6 à Nathalie Motsch, qui constitue une insulte au résultat du scrutin, sans comprendre que le ticket Barucq-Motsch-Morin s’avérait très rassurant pour les Biarrots, la gentillesse visionnaire de l’un étant équilibrée par la technicité et la pugnacité de la deuxième et les préoccupations basques et sociales du troisième ? Avec le maintien de la liste Saint-Cricq, cette liste recomposée aurait pu poser un sérieux problème à Maïder Arostéguy.

Barucq hué au Royalty

On peut s’étonner que Bisque, Bisque, Basque ! clairement à gauche n’éprouve pas plus d’enthousiasme pour cette liste qui est la plus à gauche des quatre, même si Nathalie Motsch a eu tort dans sa conférence de presse de parler de « liste d’extrême-gauche ». La raison est double : cette liste ne respecte pas le suffrage exprimé par les Biarrots et elle paraît vouée à d’inévitables conflits. Sur les réseaux sociaux beaucoup s’étonnent et se montrent plutôt critiques pour le docteur à catogan. Mercredi 3 juin à 14 h 45, alors que les Biarrots fêtaient le déconfinement en retrouvant leurs cafés favoris, Bisque, Bisque, Basque ! a pu assister à une scène surréaliste à la terrasse du Royalty : trois quadragénaires à la mise soignée que j’ai souvent croisés à Biarritz sans pour autant pouvoir les identifier, chantaient à tue-tête « Barucq montre-nous tes fesses, Barucq montre-nous ton cul ! », juste sous les fenêtres du cabinet du docteur qui devait les maudire s’il était en consultation.

Le gentil Guillaume Barucq ne mérite à l’évidence pas un tel traitement, mais il est vrai que dans les mariages improbables, tôt ou tard il y a toujours un gros malin pour chanter : « Les cocus, au balcon ! » …

L’entourloupe faite à Robert Rabagny

Tout le monde sait à quel point Robert Rabagny aime sa ville. « L’indien », avec son masque aux couleurs du BO, est donc arrivé pendant la conférence de presse de Guillaume Barucq et n’a pu résister au plaisir de prendre la parole : « Tout le monde sait que je soutiens Maïder Arostéguy à 150%, mais je me réjouis de voir disparaître certains élus et de voir une liste composée de jeunes et de surfeurs ». Quelques minutes plus tard, une photo, publiée sur les réseaux sociaux et retirée depuis, montrait Rabagny discutant avec les membres de la liste et remerciait Robert « pour son soutien ». Un procédé plus que discutable.

Le premier tour doit être sacralisé

Pour des raisons éthiques, financières et de bon sens, le vote du premier tour des élections municipales ne doit à aucun prix être annulé.

Je les entends déjà ces Cassandre anonymes des réseaux sociaux affirmer que Bisque, Bisque, Basque ! après avoir été le porte-parole de Nathalie Motsch, de Max Brisson ou de Guillaume Barucq – J’en oublie sûrement ! – est devenu celui de Maïder Arostéguy. Mais ce propos se veut plus vaste que les limites de Biarritz et n’a que faire de considérations électoralistes. Même si le Conseil d’État évoque la nécessité d’un « délai raisonnable » entre les deux tours et n’excédant pas trois mois, Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont trois raisons majeures pour décider que le premier tour doit être sacralisé et que le deuxième tour, dans les 6 000 communes qui n’ont pas encore élu leur maire doit être organisé très vite après la fin du confinement.

http://www.senat.fr/leg/pjl19-376-avis-ce.pdf

Eh les gars, vous êtes morts pour rien !

La première raison est éthique. Les chiffres sont un peu flous, mais cinq maires et une dizaine d’assesseurs ayant tenu un bureau de vote sont décédés des suites du coronavirus. Et beaucoup de ces victimes avaient conscience du risque qu’ils prenaient le 15 mars en tenant un bureau de vote.

https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-cinq-maires-et-presidents-d-executifs-locaux-sont-decedes-6803429

De leur côté, nombre de citoyens attachés au suffrage universel ont pris eux aussi leurs responsabilités en allant voter. Et à tous ces gens, l’État s’apprêterait à dire : « C’était une blague ! Les abstentionnistes vous avez eu raison » ?  Par respect pour tous ceux qui ont fait passer l’intérêt national avant leur propre personne, comme Francis Gonzalez le maire de Boucau victime d’un coma de plusieurs jours, ce scrutin ne peut passer à la trappe. À la fin de l’article, vous découvrirez les réactions des candidats biarrots plutôt fatalistes ou qui se réfugient derrière des arguments juridiques comme les deux avocats Nathalie Motsch ou Jean-Benoît Saint-Cricq. Mais, à circonstances exceptionnelles, décisions exceptionnelles. D’autant plus que deux autres points plaident en faveur de la sacralisation du premier tour.

On se serre la ceinture… sauf pour la politique ?

La deuxième raison est économique. La crise économique qui s’annonce va être terrible avec nombre d’entreprises françaises en grande difficulté. La solidarité qui s’est organisée pendant le confinement, avec des initiatives locales qui ont montré que les Français avaient du cœur, va devoir s’organiser, évoluer vers une solidarité du… portefeuille et des impôts en hausse. Le gouvernement dépense sans compter pour tenter de maintenir à flot le navire France et, dans les mois qui viennent, il va sans doute falloir économiser dans beaucoup de domaines. On ferait des efforts dans tous les domaines et, royalement, on réorganiserait une élection à deux tours pour les municipales avec de nouveaux et importants budgets de campagne alloués à tous les candidats. Est-ce une dépense bien raisonnable ?

Autorisés à travailler mais pas à voter ?

La troisième raison relève du simple bon sens. Personne ne sait encore comment va se dérouler le déconfinement progressif prévu à partir du 11 mai, mais il est clair que pour le bien de tous, le gouvernement va essayer de remettre au travail le maximum de Français. Ces deux mois « d’hibernation » nous ont appris beaucoup de choses sur les « gestes barrière » et les comportements de « distanciation sociale ». Une fois déconfinés, on pourrait donc en prenant des précautions aller travailler, continuer à se rendre au supermarché pour ravitailler les siens, mais il serait impossible d’aller voter ? L’argument ne tient pas. On comprend donc mal ce qui s’oppose à une élection de deuxième tour en juin. Les Français vont avoir des tas de problèmes à régler au moment de leur déconfinement et il paraît donc sage de doter au plus vite les villes orphelines d’une équipe municipale qui pourra gouverner sur le long terme. Cette mesure de bon sens aura aussi le mérite d’éradiquer les rêves de « candidats du troisième tour » qui commencent à se dire qu’il serait peut-être judicieux de pointer le bout de sa frimousse électorale dans cette nouvelle compétition qui aurait lieu en octobre 2020 ou mars 2021. À Biarritz, ils sont déjà deux, absents de la joute électorale du 15 mars, à sonder sérieusement leurs amis pour savoir s’ils ne doivent pas y aller.

Alors  on finit au plus vite ce qu’on a commencé en votant dès le 21 juin ?

Biarritz : Arrêtons le massacre !

Sans le moindre scrupule, Michel Veunac, en engageant l’avenir, est en train d’obérer le mandat de celle ou celui qui va lui succéder.

Un maire sortant « normal », arrivé cinquième au premier tour de l’élection et n’ayant plus aucune chance d’endosser l’écharpe tricolore se contenterait d’expédier les affaires courantes afin de faciliter au maximum la tâche de celui qui lui succèdera. Veunac, lui, profite du sursis inespéré que lui offre la pandémie pour continuer à servir ses petits copains. Il va modifier le capital de L’Hôtel du Palais et, sans complexe, lance un concours d’architectes pour le futur centre de formation du BOPB. Alors que la moitié des entreprises biarrotes risque de mettre la clé sous la porte, est-il acceptable d’investir 12 millions d’euros dans un centre de formation ? La réponse appartiendra au prochain maire et sera suivie de très près par les Biarrots. En attendant notre impayable Veunac fait comme s’il avait un mandat devant lui. Sachant que chaque projet retenu sera rémunéré 48 000 euros, c’est entre 150 000 et 250 000 euros qui vont être engloutis par la Ville à un moment où les économies s’imposent plus que jamais.

Les réponses des candidats

Pensez-vous qu’il faut sacraliser le premier tour, même si le vote final pour les municipales se déroule en octobre 2020 ou mars 2021 ou refaire une nouvelle élection à deux tours ?

Maïder Arostéguy

Je me plierai bien évidemment aux décisions du conseil constitutionnel et aux recommandations du comité scientifique. Aucun risque ne doit être pris mettant en jeu la santé des Biarrots. Mais il devient urgent pour notre ville et pour l’agglomération que nous ayons des exécutifs en état optimal de fonctionnement.   Cet entre-deux ne permet pas de décisions fortes. On gère au mieux les affaires courantes.  J’en profite pour saluer le dévouement des services qui sont au travail, police municipale, services techniques, propreté…

Guillaume Barucq

Je me prépare à tout scénario et je m’y adapterai.
D’un côté, ce scrutin est légitime car il aura permis l’élection de milliers de maires en France. D’un autre, si le second tour est programmé au-delà du mois d’octobre, la déconnexion entre les deux tours posera un problème sur la sincérité du scrutin. Quoiqu’il en soit, que nous repartions sur un premier tour ou un second tour, notre objectif sera d’arriver en tête cette fois pour porter ce rassemblement et cet apaisement dont Biarritz a besoin après ce presque… septennat !

Nathalie Motsch

La tentation est grande, par égard pour ceux et celles qui se sont déplacés le 15 mars dernier, de préserver les résultats du 1er tour. Mais les règles électorales de notre pays s’affranchissent de considérations subjectives, à fortiori dans une période de crise où plus que jamais la loi et son application sont garantes des fondements mêmes de notre démocratie et de ses institutions. Le Conseil d’Etat estime ainsi « qu’une mesure de suspension et de report d’un deuxième tour de scrutin n’est admissible que dans des cas exceptionnels, pour des motifs d’intérêt général impérieux et à la condition que le report envisagé ne dépasse pas, eu égard aux circonstances qui le justifient, un délai raisonnable. » Le report envisagé est strictement encadré dans le temps, puisque le second tour doit se tenir dans un délai de trois mois.  Le Conseil d’Etat observe par ailleurs que si la crise persiste à cette échéance et rend impossible l’organisation du deuxième tour avant l’été, il appartiendra aux pouvoirs publics de reprendre l’ensemble des opérations électorales dans les communes où les conseils municipaux sont incomplets. » Vous comprendrez que seule la loi dicte ma réponse.

Liste EHVS (Brice Morin, Lysiann Brao, Mathieu Accoh)

Vu le contexte actuel, il est envisageable et même souhaitable qu’une nouvelle élection soit organisée. Quelles que soient les incertitudes du calendrier électoral que personne ne peut décemment anticiper, les résultats du premier tour demeurent un bon indicateur. Cependant, nous sortirons de cette crise avec des données nouvelles que ce soit pour le second tour ou pour un nouveau scrutin à deux tours : celle de l’expérience d’une crise majeure et de l’absolue nécessité de repenser notre monde et notre économie. C’est pourquoi nous sommes ouverts à toutes les propositions des biarrot-e-s pour enrichir notre projet.

Michel Veunac

Surprise ! Le maire sortant a refusé de répondre à Bisque, Bisque, Basque !

Jean-Benoît Saint-Cricq

Pour ce qui est du maintien du premier tour, il me semble illusoire, car la loi électorale et le Conseil d’État s’y opposent. Normalement, la prochaine élection ne pourra avoir lieu avant l’année prochaine, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité des personnes âgées et aussi de financement de la nouvelle campagne car en octobre l’État n’aura pas remboursé les candidats du premier tour annulé.

Karim Guerdane

Ce premier tour doit être annulé : tout a changé, le deuxième tour est complètement déconnecté dans le temps calendaire mais aussi dans le temps moral. Les priorités proposées par mes concurrents ne sont plus acceptables du tout. Je me laisse le droit de porter mon recours pour rupture d’égalité entre candidats à son terme. (Absence par dizaines de mes documents électoraux dans les circulaires). La communication a été le maître mot de cette campagne, et j’en tire les enseignements pour le futur : j’ai joué l’honnêteté et les valeurs, et je les défendrais encore. Je n’ai pas, ni l’envie, ni le besoin de travestir ma liste pour exister ou être « citoyen » : beaucoup sont prêts à s’asseoir sur leurs principes pour des postes : pas moi. 

La majeure partie de mes adversaires ont atteint leurs plafonds de verre, avec des moyens et une logistique optimale, avec des résultats que je juge faibles. Pour nous, les bases sont jetées, avec 2 mois de campagne et 2 500 euros de budget (10 fois moins à minima que toutes les listes) : cela nous laisse une marge gigantesque quand on apprécie les pourcentages assez faibles réalisés par l’ensemble de listes. Contrairement à ce que pensent beaucoup, c’est notre électorat cible qui s’est le moins déplacé.

Le besoin d’une présence d’une alternative humaniste, solidaire et moderne est d’autant plus criante en ce jour.  Mon message allait déjà dans ce sens, et je n’aurai pas à adapter beaucoup de mesures si ce vote se jouait aujourd’hui ; les programmes de mes concurrents, eux, devraient être totalement chamboulés. Mes premières phrases dans cette campagne ont été : «  Il n’existe pas d’autres alternatives crédibles, donner du sens à notre quotidien…Nous faisons le pari de l’Humain, le seul qui mérite d’être tenté « . C’est d’autant plus vrai trois mois après. 

15 mars 2020, le jour de la libération de Biarritz

Le confinement a fait oublier à quel point le message des électeurs biarrots a été clair. Un virage historique se dessine pour la Ville.

La rumeur affirme – Comment la vérifier en ces temps de confinement ? – que Michel Veunac, dès qu’il a un peu de temps libre, branche son magnétoscope à cassettes pour voir et revoir « Les Bronzés font du ski ». Et quand arrive la réplique culte de Michel Blanc, alias Jean-Claude Dusse dans le film, « On ne sait jamais. Sur un malentendu, ça peut marcher ! », tout le monde est prié de faire silence dans son salon, alors que Notre-encore-maire-que-la-Terre-entière-nous-envie affiche un sourire extatique. Fait-il semblant pour raviver la flamme chez ses maigres troupes ou y croit-il vraiment ? Difficile à dire, mais Michel Veunac s’agite beaucoup au téléphone ces derniers temps, affirmant que si une nouvelle élection à deux tours est organisée, il va « mettre Jean-Baptiste Lemoyne en avant » et « surprendre tout le monde par le score qu’il va réaliser ».

Laissons à notre plus que septuagénaire ses illusions un peu pitoyables, alors que la fin du confinement se dessine et qu’il est temps d’analyser les très clairs signaux que les électeurs biarrots ont envoyé au soir du premier tour. En effet, jamais premier tour n’aura été aussi limpide dans l’histoire politique de Biarritz.

Ce renouvellement que les « jeunes » candidats, Arostéguy, Barucq, Motsch ou Morin appelaient de tous leurs vœux, correspond visiblement aux souhaits des Biarrots. Trouvez-moi un maire sortant en France, un seul qui se soit retrouvé en cinquième position avec le score de 12,22% des suffrages exprimés ! Plus personne ne veut du « système Veunac », qui est en droite ligne avec le système Borotra des derniers mandats, les neurones en moins. Opacité autocratique, renvoi d’ascenseur aux copains, dissimulations aux autres élus, plus personne n’estime que cette façon de gouverner a un avenir possible. Et rien que pour cela, parce que le 15 mars 2020, correspond à une sorte de libération de Biarritz, le champagne mérite d’être sorti.  

Les électeurs âgés ont voté comme d’habitude

Et, même s’il est un peu moins facile que d’habitude de recouper une information, tous les témoignages de ceux qui étaient présents dans les bureaux de vote coïncident : les plus de soixante ans habitant Biarritz ont voté comme d’habitude. C’est la clientèle des quadras-quinquas, ayant encore des enfants sous leur responsabilité, qui a fait défaut. Alors que le confinement se profilait à l’horizon, le 15mars, tous ceux qui avaient de la famille à protéger ont préféré s’abstenir de voter pour mettre les leurs à l’abri. De la même façon tous ceux qui se partagent entre Biarritz, où ils sont inscrits sur les listes électorales, et une grande métropole ont hésité à venir alors que la pandémie devenait de plus en plus menaçante. Michel Veunac raconte donc un gros bobard, un de plus, lorsqu’il affirme qu’il a été pénalisé par l’absence de l’électorat âgé. Ce sont au contraire les plus jeunes élus qui ont pâti de la situation et à l’évidence, si le scrutin avait pu se dérouler dans des conditions plus normales, l’écart avec Veunac aurait été encore plus grand.

Le très beau score de Maïder

Attention à ne pas réécrire l’histoire et à ne pas énoncer a posteriori des évidences qui ne l’étaient pas tout à fait avant le vote. Maïder Arostéguy en obtenant près de huit points de plus que Max Brisson en 2014 (31,47% contre 23, 35%) montre qu’elle a fait une campagne méthodique où elle a su amalgamer le socle traditionnellement important des Républicains et la sympathie personnelle qu’elle a inspirée à des Biarrots qui pensent qu’elle fera un bon maire de rupture après les catastrophiques années Veunac. Avec 16,22% des voix, alors qu’il s’était contenté de 7,26% en 2014, Guillaume Barucq a montré qu’il avait progressé en crédibilité dans l’esprit des Biarrots. Tout en durcissant le ton, il s’est tenu éloigné de toutes les polémiques qui ont enflammé les réseaux sociaux et a mené avec sa liste une campagne très intelligente. Reste Nathalie Motsch qui se retrouve en troisième position à 177 voix seulement de Guillaume Barucq, alors qu’on l’annonçait dans certains sondages à 6% d’intentions de vote. On ne m’ôtera pas de l’idée, alors que les Biarrots voulaient à tout prix une « nouvelle gouvernance » que « Calamity Nathalie » qui offrait dans son programme toutes les garanties demandées par les citoyens de « transparence » et de respect de la démocratie, a commis une erreur stratégique de première importance en faisant monter Didier Borotra sur scène. La fidélité en amitié est respectable, mais les Biarrots ont été déroutés par cette contradiction apparente entre volonté de transparence et référence au passé, même si son score de 14,24% montre que les Biarrots voyaient en l’ancienne adjointe à l’Urbanisme une élue pugnace et compétente tout à fait apte à diriger la Ville.

Des alliances qui ne dureront qu’un temps

Si le deuxième tour s’était déroulé le 22 mars comme prévu, Maïder Arostéguy aurait-elle été élue facilement ? Difficile à dire, mais ce n’est pas si sûr. En effet, contrairement aux élections municipales précédentes, qui avaient vu des alliances improbables comme celle de Max Brisson avec Jean-Benoît Saint-Cricq, alors que tout Biarritz savait qu’ils se détestaient, pour une fois les alliances entre candidats étaient très naturelles et articulées autour de la conduite à tenir face au chantage des dirigeants du Biarritz Olympique. Selon les informations de Bisque, Bisque, Basque ! Nathalie Motsch était prête à rallier Guillaume Barucq, de même que la liste de Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh, tandis que Karim Guerdane aurait appelé à voter pour ce « front républicain du refus ».

Du côté de Maïder Arostéguy, les choses s’avèrent plus compliquées. Jean-Benoît Saint-Cricq avait annoncé, dès le dimanche 20 heures, son intention de se rallier à la lauréate du premier tour. Du jamais vu en politique, où en général on fait au minimum semblant pendant une journée de réfléchir ou de consulter ses troupes. Selon les informations de Bisque, Bisque, Basque ! Michel Veunac aurait lui aussi fait des propositions à Maïder. Qui sagement, et après avoir consulté ses colistiers, aurait décidé de garder sa liste telle qu’elle est, estimant que Veunac comme Saint-Cricq lui feraient perdre plus de voix qu’en gagner. Une décision sage mais qui pouvait laisser imaginer un duel très serré au soir du 22 mars entre Arostéguy et Barucq. Après tout, Michel Veunac est bien devenu maire de Biarritz en 2014 en ne recueillant que 17,43% des suffrages au premier tour. Toutes ces supputations électorales vont sans doute être balayées par la décision d’Emmanuel Macron de recommencer à zéro les élections municipales dans les villes qui n’ont pas choisi leur maire dès le premier tour. En cas de nouvelle élection en octobre 2020 ou mars 2021, qui peut dire si Nathalie Motsch retentera sa chance ou partira derrière Barucq ? Qui peut dire si de nouveaux candidats ne vont pas profiter de l’aubaine ?

Le Palais en danger et Biarritz en difficulté

Pour Biarritz l’aboutissement de cette élection et le départ tant attendu des Veunac et Lafite relèvent de l’urgence absolue. Lors de la visio-conférence qui s’est tenue avec les élus, jeudi 16 avril au matin, les deux ont pris leur voix la plus pleurnicharde pour annoncer aux élus ce que les Amigorena, Lannevère, Motsch, Pinatel, Boissier et d’autres pronostiquaient depuis 2018. Le confinement empêche les travaux de se dérouler à L’Hôtel du Palais. Ce dernier n’ouvrira donc pas cet été et la Ville de Biarritz ne touchera donc aucune redevance, alors qu’elle doit faire face à d’importantes échéances bancaires. « C’est la faute au corona-virus ! »  ont gémi en chœur Mimi-Imperator et La Faillite-nous-voilà !  Comme si l’activité touristique était linéaire ! En 1929 déjà, suite à la crise financière, plusieurs grands hôtels de Biarritz s’étaient retrouvés en difficulté. L’activité touristique n’est jamais planifiable à l’avance et une guerre, une crise financière, la fermeture des frontières peuvent mettre en difficulté un palace.

En 2018, plusieurs élus avaient mis en garde le maire et son adjoint aux Finances contre les risques courus par le montage aventureux proposé. Nous y voilà, et plus vite que prévu ! « Ce n’est pas grave, on va recapitaliser » a affirmé Guy-Lafite-réponse-à-tout. Tout en se gardant bien d’expliquer à qui il compte ouvrir le capital tout en ne perdant pas le contrôle du Palais. À un certain Jean-Claude Decaux ? Comme en 2018, les Biarrots, tout comme les élus, sont jugés trop bêtes pour qu’on leur donne les explications qui s’imposent. Et pendant ce temps-là, Veunac continue à s’agiter en tous sens persuadé que lors d’une nouvelle élection « sur un malentendu, ça peut marcher ! ». Nous ne saurions donc trop lui conseiller de regarder la filmographie intégrale de Michel Blanc. À chaque fois, le comédien mise sur un malentendu pour parvenir à ses fins, mais ça ne marche jamais.

Veunac n’a donc plus qu’une chose à faire au vu de la fessée électorale qu’il vient de prendre : quitter la politique biarrote avec dignité. Mais en est-il capable ?

Mardi : Le premier tour doit être sacralisé

Les réponses des candidats

Quel commentaire vous inspire le résultat de votre liste et éventuellement les résultats obtenus par les autres listes ?

Maïder Arostéguy

Il s’agit d’un résultat très encourageant et très net qui confirme la dynamique des sondages de juin et surtout de janvier   Proximité, actions de terrain et travail participatif ont fait la différence.

Guillaume Barucq

Nous avons plus que rempli notre objectif du premier tour qui était de placer notre liste Biarritz Nouvelle vague sur le podium. Avec cette deuxième place nous étions bien positionnés pour mener une large coalition sur un projet écologique et social et jouer la mairie au second tour. Le message envoyé par les électeurs biarrots est clair : place au renouvellement.

Nous avons subi nous aussi l’abstention avec une part non-négligeable de notre électorat conscient de la situation émergente liée au Covid-19et qui a fait le choix de ne pas venir voter. Au pire cette élection aura servi de sondage en conditions réelles et     servi de révélateur pour bon nombre d’électeurs qui ont vu que notre projet était réaliste et que notre équipe avait les moyens de prendre des responsabilités à la mairie de Biarritz

Nathalie Motsch

Un commentaire enthousiaste et reconnaissant de la confiance des Biarrots : 14,23% des suffrages exprimés pour une toute première élection est un résultat honorable qui nous a rendus heureux. Il démontre la crédibilité de notre équipe et du programme environnemental que nous avions proposé aux biarrots. Nous avons ainsi fait taire les mauvaises langues qui nous créditaient d’à peine 4% ! Nous sommes fiers de ce résultat et surtout très touchés de la confiance que les Biarrots nous ont témoignée.

177 voix nous séparent de Guillaume Barucq, c’est un écart infime qui démontre l’appétence des Biarrots pour nos programmes écologiques et durables. C’est une belle nouvelle qui prend tout son sens dans le contexte actuel : nos modes de vies vont changer et « le bons sens » portera, enfin, des politiques environnementales inédites sur nos territoires. Je note aussi l’arrivée de Karim Guerdane dans le paysage politique biarrot, sa présence démontre l’envie des Biarrots de renouveler le paysage politique.

Liste EHVS (Brice Morin, Lysiann Brao, Mathieu Accoh)

Nous faisons le constat que l’écologie représente a minima 30 % des suffrages sans tenir compte de la grande abstention du premier tour. Alors même que nos têtes de liste, très investis dans notre cité depuis des décennies mais non « professionnels de la politique » ont recueilli 12,34 % des suffrages des votants. C’est un bon score et nous en sommes fiers.

Plus que jamais, cette crise sanitaire et économique sans précédent confirme l’urgence et la nécessité de mettre en place dès aujourd’hui des mesures inédites. L’humilité s’impose face à l’ampleur de ce qui nous frappe. Pour autant, l’ensemble de notre projet en sort renforcé : consommer et agir local, construire une véritable économie circulaire à l’échelle du pays basque y compris au niveau de l’industrie et de la production de matériel de santé (un appel à projet a été lancé par la CAPB pour la production de matériels de santé.), aide aux plus démunis.

L’ensemble des enjeux de transition écologique peuvent être sereinement abordés avec notre liste grâce à un mouvement de gauche progressiste, écologiste et abertzale qui se renforce élection après élection au sein de l’agglomération pays basque. Ensemble nous pèserons !

Biarritz a vocation à mener la barque.

Alors que certains pouvaient encore nous stigmatiser et nous qualifier d’utopistes ou de radicaux, ils doivent se résoudre au constat que la mise en place de nos propositions ne peut attendre plus longtemps.

Les mesures de confinement n’ont fait qu’exacerber les inégalités sociales. Le respect de notre environnement et de notre territoire va de pair avec toutes formes de solidarité et de lien social. L’un ne peut aller sans l’autre. Plus qu’un changement de gouvernants c’est aujourd’hui un changement de gouvernance qui s’impose, d’un mode dépassé d’exercice du pouvoir : plus de démocratie directe et participative.

Michel Veunac : Surprise ! Le maire sortant a refusé de répondre à Bisque, Bisque, Basque !

Jean-Benoît Saint-Cricq

Pas de commentaire particulier à faire. La participation étant faible a peut-être faussé le résultat mais personne ne peut savoir ce qu’auraient voté les 18% qui manquaient.

Karim Guerdane

Le résultat de la liste Biarritz Bonheur me ramène à une certaine logique de moyens, et je m’interroge sur l’abstention inédite qui nous a frappés ; certains de mes colistiers ne sont pas même allés voter à cause des annonces contre-productives du gouvernement, et je ne peux les blâmer. J’assume également ma part de responsabilité et j’avoue ne pas avoir pris la mesure de cet appel au vote. 

La communication a été le maître mot de cette campagne, et j’en tire les enseignements pour le futur : j’ai joué l’honnêteté et les valeurs, et je les défendrais encore. Je n’ai pas, ni l’envie, ni le besoin de travestir ma liste pour exister ou être « citoyen » : beaucoup sont prêts à s’asseoir sur leurs principes pour des postes : pas moi. La majeure partie de mes adversaires ont atteint leurs plafonds de verre, avec des moyens et une logistique optimale, avec des résultats que je juge faibles.

Pour nous, les bases sont jetées, avec 2 mois de campagne et 2 500 euros de budget (10 fois moins à minima que toutes les listes) : cela nous laisse une marge gigantesque quand on apprécie les pourcentages assez faibles réalisés par l’ensemble de listes. Contrairement à ce que pensent beaucoup, c’est notre électorat cible qui s’est le moins déplacé.

Le besoin d’une présence d’une alternative humaniste, solidaire et moderne est d’autant plus criante en ce jour. Mon message allait déjà dans ce sens, et je n’aurai pas à adapter beaucoup de mesures si ce vote se jouait aujourd’hui ; les programmes de mes concurrents, eux, devraient être totalement chamboulés. Mes premières phrases dans cette campagne ont été : «  Il n’existe pas d’autres alternatives crédibles, donner du sens à notre quotidien…Nous faisons le pari de l’Humain, le seul qui mérite d’être tenté « . C’est d’autant plus vrai trois mois après. 

On ne remerciera jamais assez Veunac

Ce mandat à la médiocrité abyssale, avec ses attentats démocratiques à répétition et la débandade de la majorité, aura au moins permis de faire éclore des talents. Biarritz est prête à tourner la page.

L’enfumeur public numéro 1, le Lucky Luke de la phrase creuse, l’homme qui profère des lieux communs plus vite que son ombre est prêt à sévir six ans de plus (Photo-montage Bisque, Bisque, Basque !)

Une fois n’est pas coutume, Bisque, Bisque, Basque ! va faire dans la tendresse au lieu de l’ironie lourde. Ils sont 245 dimanche qui vont se confronter à l’une des activités humaines la plus ingrate qui soit, la politique, en se présentant aux suffrages de leurs concitoyens. Si l’on ajoute les membres des comités de soutien, et les proches, ce sont près de cinq cents personnes qui sont concernées à Biarritz par le scrutin municipal. Et à l’exception d’une vingtaine de professionnels de la vie publique, beaucoup plus soucieux du futur de leurs indemnités que du devenir de Biarritz, (… Hasard, ils ont presque tous trouvé refuge dans la liste à Veunac !), il reste donc plusieurs centaines de Biarrots, qui donnent leur temps et leur énergie sans compter depuis des mois, qui réfléchissent au devenir de la Ville et à un bien vivre ensemble, qui se mettent parfois en danger dans leur vie professionnelle ou leur vie de famille, qui prennent souvent des risques financiers énormes puisque, en dessous de 5% des suffrages obtenus, il n’y aura pas de remboursement des frais. Et l’on dira ensuite que la démocratie n’est pas vivace en France !

À vous tous qui avez passé des heures à tracter dans les rues, à faire du porte-à-porte en essuyant parfois les rebuffades de ceux que vous dérangiez, à imaginer un Biarritz meilleur et plus fraternel, à dialoguer jusqu’à l’épuisement avec les uns et les autres, je tiens à adresser un immense merci pour le message d’espoir que vous nous adressez. Et je tiens aussi à féliciter les directeurs de campagne de toutes les listes, qui se sont toujours efforcés, malgré l’enthousiasme parfois débordant de leurs supporters, de rester dans les limites du jeu démocratique en n’oubliant pas que le 15 mars au soir, il faudra négocier avec les autres listes, fusionner et comprendre le sens donné par les Biarrots à ce scrutin.

Le « connardovirus » souvent présent dans les réseaux sociaux

Qu’on ne s’imagine pas pour autant que Bisque, Bisque, Basque ! soudain visité par la grâce démocratique est devenu aveugle et persuadé que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. En tant que témoin actif d’un combat capital pour l’avenir de Biarritz, je me réjouis de l’activité de tous ceux qui, à visage découvert, ont exprimé sur les réseaux sociaux leurs points de vue et leurs attentes. Malheureusement, si le coronavirus pour le moment épargne quelque peu le Pays basque, le connardovirus, bien présent à Biarritz avec ses trolls masqués balançant leur haine anonyme derrière leurs claviers, est devenu la plaie de la vie publique sur les réseaux sociaux. Avec d’une part des supporters qui ont une fois pour toutes débranché leurs cerveaux et refusent d’entendre tout ce qui n’est pas directement favorable au candidat de leur choix. Et plus grave, des petits malins qui profitent de la pagaille ambiante, pour pousser leurs pions en avançant masqués, multiplier les menaces et faire pression sur les futurs candidats dans ce qui ne peut être qualifié que de chantage abject et de jeu pervers contre la démocratie.

Le mandat parfait de Veunac

L’Hôtel du Palais était l’assurance vie des Biarrots avec une valeur estimée à plus de 200 millions d’euros. Michel Veunac l’a rendu impossible à vendre pendant 75 ans avec le risque que Decaux ne s’en empare.

Ce monde étant imparfait comme on le sait tous, il ne nous reste donc plus qu’à remercier Michel Veunac pour le mandat parfait qu’il vient d’accomplir. Il a en effet en six ans de temps réussi à cocher toutes les cases. Incompétence vertigineuse puisque vous ne trouverez pas un élu de cette ville ou de l’Agglo pour déceler en lui la moindre aptitude à la vie publique, colères à répétition, la mairie étant devenu une pétaudière où les salariés sont en souffrance, hésitations permanentes comme en témoigne le plateau d’Aguilera où pas le moindre permis de construire n’a été déposé pendant des années, Veunac pataugeant dans sa piscine olympique fantôme, incapacité à diriger une équipe ainsi qu’en attestent les départs fracassants de François Amigorena, Édouard Chazouillères, Nathalie Motsch, Guillaume Barucq ou Virginie Lannevère, attentats démocratiques à répétition comme les écuries de Bigueyrie, la villa Sion, l’Hôtel du Palais ou l’aménagement du plateau d’Aguilera… Et on rajoutera même un soupçon de malhonnêteté puisque certains des colistiers de Michel Veunac attendent depuis 2014 d’être remboursés de l’argent qu’ils ont prêté au maire. Une histoire racontée par Bisque, Bisque, Basque ! et que le maire a oublié de démentir.

https://jeanyvesviollier.com/2020/02/25/le-vilain-rapport-a-largent-de-veunac/

Vous avez aimé cette série interminable de 2014 à 2020 avec un nouvel épisode presque chaque semaine ? Alors, si par malheur Veunac est réélu, vous allez adorer ce qui va se passer de 2020 à 2026, avec un maire de 74 ans, ivre de sa toute-puissance qui en fera encore plus à sa tête qu’avant. On ne confie pas les clés de sa voiture à un copain qui a éclusé toute la soirée et qui est visiblement à trois grammes. On ne peut pas confier après tout ce que l’on a enduré à Biarritz, les clés du camion à un maire qui a montré tellement d’inaptitude au poste. Vous envisagez néanmoins de voter dimanche pour le maire sortant ? Alors Bisque, Bisque, Basque ! ne peut rien pour vous si vous aimez souffrir et vous conseille une consultation chez le psy.

On ne gouverne pas avec un pistolet sur la tempe

Bisque, Bisque, Basque ! pour ce qui sera le dernier papier avant le premier tour, tient donc à remercier chaleureusement Michel Veunac pour tous ses errements. Grâce à lui, les Biarrots se sont intéressés à la vie publique et ont singulièrement modifié leur curseur personnel sur ce qui est acceptable et inacceptable à Biarritz en matière de démocratie locale. Et les occasions de s’indigner n’ont pas manqué pendant ce mandat : 600 pages à lire en deux heures avec interdiction de prendre des notes ou des photos dans une salle où les élus étaient surveillés comme des pensionnaires dans un collège privé ! Voilà ce que Veunac a osé infliger à son conseil municipal en 2018, à propos de L’Hôtel du Palais ! Et au final – du jamais vu dans une autre ville de France ! – un maire qui se retrouve en minorité dans sa propre majorité mais qui est sauvé par une partie de son opposition venue lui sauter sur les genoux à point nommé. Avec des enseignants de Sciences-Po, nous avons cherché des votes similaires dans d’autres villes de France, mais Notre-Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-entier-nous-envie est un créatif et n’a pas d’équivalent. Avec ces mêmes enseignants, nous avons cherché début février, une ville faisant voter aux élus une décision à 12 millions d’euros à cinq semaines de la fin du mandat. Nous n’avons pas trouvé.

La vente de la villa Sion, un des grands scandales du mandat.

Mais, avec son Premier adjoint, La-Faillite-Nous-Voilà, qui lui au moins a le bon goût de quitter la vie publique après son flirt raté avec Didier Guillaume, nous avons pu grâce à ce duo improbable percevoir beaucoup de choses en tant que simples citoyens. « À quelque chose, malheur est bon » affirme un vieil adage populaire. En voulant singer Didier Borotra, élu parfois désinvolte avec la loi, comme l’a prouvé l’affaire des PV, mais qui avait une vision pour sa ville, Michel Veunac, personnage falot et dénué d’imagination, a poussé à bout un système de copinage et de clientélisme dont les Biarrots ne veulent plus entendre parler. Grâce à lui, dans toutes les listes figurent désormais des promesses de transparence et de démocratie participative.

Avec ces ultimes acrobaties municipales, nous avons aussi pu mesurer quels sont les élus et candidats sensibles aux pressions (Jean-Baptiste Aldigé a repoussé d’un mois l’assemblée générale où la « faillite » du BO devait être évoquée, ce qui montre bien qu’il s’agissait d’un chantage pur et simple) et quels sont ceux décidés à y résister. On ne gouverne pas avec un pistolet sur la tempe et quand on est un citoyen raisonnable on ne peut pas donner son bulletin de vote à des gens qui, avant même d’endosser l’écharpe tricolore, ont montré leur propension à céder. Bisque, Bisque, Basque ! espère que les scores décevants qu’obtiendront dimanche 15 mars, les listes Arostéguy et Saint-Cricq, élus qui par ailleurs ne manquent pas de qualités, leur permettront de comprendre qu’ils se sont trompés.

Des talents qui émergent et qui rassurent

Et, la nature ayant horreur du vide, on ne remerciera jamais assez Michel Veunac de « la pépinière de talents » qu’il a engendrée en obligeant ses adjoints à prendre leurs responsabilités et à progresser très vite. Qui se souvient de la diaphane Nathalie Motsch, qui a joué les bonnes élèves de la majorité de 2008 à 2014 avant de devenir une élue pugnace, réfléchie et compétente, qui a fait preuve d’un courage remarquable lors de ce mandat après avoir compris le fonctionnement, disons un peu particulier de son chef de file ? Qui se rappelle du Guillaume Barucq de ses débuts, persuadé que la gentillesse et le dialogue pouvaient tout résoudre avant de comprendre que la politique et les bons sentiments ne font jamais bon ménage et de devenir un élu clairvoyant et lucide, n’hésitant pas à exprimer ce qu’il pense ? Pas d’inquiétude à avoir, ces deux élus ont désormais les épaules pour gouverner la Ville, et si d’aventure « la grosse tête » s’emparait d’eux en devenant maire, il y a suffisamment de talents et d’expérience dans les listes qu’ils ont constituées pour les ramener à la raison.

Si la situation n’était pas devenue aussi folle à Biarritz, est-ce que nous aurions eu la chance d’avoir un Karim Guerdane avec ses convictions de gauche, son bon sens et ses idées novatrices comme candidat ?

Si le duo Veunac-Lafite n’avait pas désespéré Pétricot, Parme ou La Négresse, est-ce que nous aurions eu cette intéressante alliance entre les Abertzale, les Verts et la France Insoumise, avec les belles personnalités de Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh ?

C’est à Veunac que l’on doit tout cela, avec ces quatre listes de rupture qui présentent bien des convergences et qui pourraient, au soir du premier tour, constituer la force susceptible de mettre fin à des années de dysfonctionnement à Biarritz et à un retour au dialogue et à la démocratie apaisée. C’est à vous de choisir entre ces quatre listes pour désigner celui ou celle qui doit être chef de file des espoirs biarrots au deuxième tour.

Et comme il convient de remercier Michel Veunac pour tous ces talents qui ont pu éclore grâce à lui, faisons-lui un beau cadeau en le renvoyant chez lui pour lui laisser enfin le temps de s’occuper de ses petits-enfants. Non, non, ne me remerciez pas, Michel, ce sera un plaisir de vous voir quitter la vie publique.

Merci l’ami !

Hasard de la vie, un de mes copains vient de me signer une procuration et son vote, que j’aurais respecté quel qu’il soit, vient à merveille compléter le mien. C’est peut-être idiot, mais j’ai très envie de voir une femme à la tête de Biarritz, car il me semble que sa nomination pourrait profondément changer les vilaines pratiques en cours. Et quand je constate que tous les élus les plus impliqués et combatifs de la majorité comme Hervé Boissier, François Amigorena, Françoise Mimiague ou Brigitte Pradier viennent au soutien de cette candidate, je me dis que Biarritz tient là une opportunité intéressante, car incontestablement il faut du caractère et de la technicité pour être maire et la dame ne manque ni de l’un ni de l’autre. Mais l’égalité des sexes implique aussi que le fait d’être un homme ou une femme ne soit pas un critère déterminant, au moins dans un monde idéal où la parité serait une réalité. Cet autre candidat au stéthoscope et à la planche de surf milite pour un renouvellement profond, il a des idées, de la sincérité et une liste prometteuse autour de lui. Grâce à la loi, je vais pouvoir déposer un bulletin en faveur de chacun de ces deux candidats, en espérant qu’ils fusionnent au deuxième tour, tant ils me semblent proches dans leur vision de l’avenir de Biarritz. Quelle bonne idée, ce copain a eu de s’absenter !

Ce trio qui n’engendre pas la mélancolie

Ils sont trois à diriger la liste Euskal Herrian Vert et Solidaire et visiblement, ce fonctionnement ne pose pas le moindre problème.

Brice Morin, Mathieu Accoh et Lysiann Brao dans leur permanence de l’avenue Kennedy.

Lorsqu’on demande à Lysiann Brao, Brice Morin et Mathieu Accoh à partir de quel score ils feront la fête le 15 mars au soir, le trio éclate de rire : « On fera la fête quoiqu’il arrive ». Dans leur permanence de l’avenue du président Kennedy, les trois militants, bien que venus d’horizons politiques assez éloignés, ont visiblement trouvé une façon de réfléchir ensemble harmonieuse. Pour Bisque, Bisque, Basque ! ils ont accepté de répondre sans détours à toutes les questions.

– On a le sentiment que votre liste a un peu patiné au départ, a eu du mal à trouver ses marques. C’est exact ?

Brice Morin : C’est tout simplement parce que nous n’avons pas procédé comme les autres et que l’élaboration du programme nous a paru essentielle avant d’annoncer des noms. Ensuite, il a été compliqué de faire travailler ensemble des groupes déjà constituées et des personnes isolées.

Mathieu Accoh : Je suis engagé en politique depuis 2005 à cause du déni de démocratie dont les Français ont été victimes au moment du référendum pour le Traité Constitutionnel Européen. Cette question est fondamentale pour moi. On peut ne pas être d’accord mais la volonté populaire, une fois qu’elle s’est exprimée, doit être entendue et suivie. En tant que militant du Parti de Gauche, puis du Front de gauche et de la France Insoumise, je suis confronté à la crise de la représentation et je cherche un outil politique qui me permette de faire avancer mes idées. Soutenir un mouvement citoyen comme l’association Biarritz Euskal herrian paraissait la meilleure démarche. Pour nous, cette rencontre est un événement politique à plusieurs niveaux. D’abord parce que cela fait bouger les lignes entre jacobinisme et culture locale. Ensuite parce que de nombreux symptômes de notre monde malade trouvent une solution évidente à l’échelle locale. Pour ne prendre qu’un exemple l’eusko, monnaie locale basque, est une solution à la fraude ou l’évasion fiscale, cela participe à la relocalisation de l’économie et donc aux circuits courts et donc à l’écologie.  

– Vous diriez que votre trio fonctionne bien ?

Lysiann Brao : C’est une évidence. Le fonctionnement à trois va nous protéger d’un fonctionnement vertical et il évite les conflits d’ego. C’est une immense responsabilité de porter officiellement les valeurs de l’écologie, d’avoir à construire une ville qui protège les plus démunis à un moment où notre système de protection est violemment attaqué. De plus nous sommes à un moment où Biarritz risque de devenir une ville hors-sol, terrain de jeu des touristes et des spéculateurs. Il fallait être au moins trois pour porter une telle responsabilité ! Pour les élections municipales de 2014, j’ai été sollicitée pour travailler sur les questions autour de la jeunesse par l’association Biarritz Autrement pour proposer des actions pour faire revenir des jeunes à Biarritz. L’association a choisi de partir avec Michel Veunac au 1er tour et j’ai donc intégré cette liste. La manière dont se sont passés les évènements, m’a fait me dire que plus jamais je ne repartirai dans un tel contexte politique, vertical et déconnecté

« Croire en l’intelligence collective »

– Parmi les élus abertzale de la précédente mandature, vous n’avez retenu que Maialen Etcheverry. Pourquoi elle et pas Régine Daguerre ou Peio Claverie ?

Brice Morin : Parce que Maialen est la seule qui est restée en contact avec nous. Elle voulait démissionner compte tenu des soubresauts qui agitaient la majorité. C’est nous qui lui avons demandé de rester, de défendre nos idées, ce qu’elle a fait avec beaucoup de conviction même si la situation était très difficile pour elle. Quant aux autres élus que vous citez, ils ont disparu de la circulation et nous n’avons plus eu la moindre nouvelle d’eux après leur élection. Grâce à Maialen Etcheverry, nous avons une partie des clés du fonctionnement de la mairie et nous pourrons aller plus vite lorsque nous serons en position de gouverner.

Matthieu Accoh : Ce mandat de Veunac a été catastrophique. Je me suis engagé avec enthousiasme dans les conseils de quartiers dont j’ai été l’un des présidents (Bibi-Beaurivage, Milady Colline). On a vite vu les limites dues, non pas au dispositif ou à la volonté des participants mais aux freins qui résidaient entièrement dans le refus du maire d’appliquer la charte qu’il avait lui-même écrite ! Hervé Boissier a fait un très bon travail pour promouvoir la démocratie participative mais le problème, c’est que Veunac n’en voulait pas. Je crois encore plus qu’avant à l’intelligence collective et notre projet de démocratie participative a tiré le meilleur des expériences d’autres villes.

Lysiann Brao : La participation, c’est la capacité à être agile, à adapter sa façon de gouverner à la demande des citoyens.

– Quelle est la mesure phare de votre programme ?

Brice Morin : il n’y a pas une mesure phare mais toute une série pour remettre les Biarrots au centre des préoccupations municipales. La démocratie participative sera évidemment omniprésente dans toutes les décisions que nous prendrons. Nous avons prévu de faire des conseils extra-municipaux pour toutes les décisions importantes à prendre et un conseil municipal de la jeunesse pour responsabiliser très vite les jeunes Biarrots.

Lysiann Brao : Nous consacrerons beaucoup de soin au logement pour permettre aux jeunes Biarrots de rester dans leur ville. La situation actuelle est inacceptable. Nous appliquerons une surtaxe maximale de 60% aux résidences secondaires. Bidart et Guéthary ont pris cette décision avant nous et pourtant les chars russes ne sont pas à nos portes !

Matthieu Accoh : Et bien évidemment la transition écologique nous préoccupe beaucoup et nous prendrons des mesures radicales pour préserver le futur comme la signature d’un contrat avec un fournisseur d’électricité 100% renouvelable ou la relance au phare d’un projet d’énergie houlomotrice. Mais l’enjeu de cette élection c’est de savoir si l’écologie n’est ni de droite ni de gauche ou bien si au contraire c’est le système libéral qui a pour objectif de vendre tout, partout et dans la plus grande quantité qui est la cause des problèmes. Vous aurez compris que nous dénonçons l’illusion du capitalisme vert et du greenwashing portés par de nombreux candidats.

« Le pouvoir de l’argent a demandé aux élus de se soumettre »

– J’imagine que vous avez suivi avec attention le conseil municipal du 12 février dernier et les débats autour du Biarritz Olympique…

Brice Morin : Ce débat a ouvert les yeux à tout le monde. Un club professionnel ne peut pas affirmer de cette façon ses demandes. C’est un signal fort que le pouvoir de l’argent a voulu envoyer en demandant aux élus de se soumettre. Bien évidemment, nous ne l’accepterons pas.

– Avez-vous déjà pris une décision sur ce que vous allez faire au soir du premier tour ?

Lysiann Brao : Nous avons pris une décision de fonctionnement. Il faudra qu’une proposition obtienne l’approbation des deux tiers de la liste pour qu’elle soit adoptée et, si nous dépassons les 10% de suffrages obtenus, nous devrons décider si nous nous maintenons pour faire une opposition constructive ou si nous rejoignons une autre liste.

– Est qu’il y a des listes avec lesquelles vous ne vous allierez jamais ?

Les trois, unanimes : Arostéguy, Saint-Cricq, Veunac, ce n’est pas pour nous !

Quand on vous disait que cette liste ne manque pas de caractère et ne louvoie pas pour dire ce qu’elle pense.

 Pour lire le programme en détail : https://www.biarritzvertetsolidaire.eus/fr/ehvs-biarritz/

Journal d’un buté de campagne (8)

Veunac, gonflé de chez gonflé

Les promesses n’engagent que les électeurs imbéciles qui y croient. Le maire sortant en a fait une fois de plus la démonstration avec autorité.

Michel Veunac qui n’avait pas pu défendre ses chances lors du débat de France 3 tant il était aphone, avait retrouvé toute sa superbe lors de l’excellent débat de Médiabask qui est consultable en ligne depuis jeudi. Et qui dit parole intelligible, dit aussi capacité à mentir avec un aplomb absolu. Treize minutes ne s’étaient pas écoulées, que le maire sortant de Biarritz affirmait, avec le culot dont il est capable : « Un bon bilan c’est un mandat où les engagements qui ont été pris ont été tenus ». Un propos tellement énorme que les autres candidats en sont restés bouche bée, tant ce mandat a été celui des promesses non tenues.

https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20200305/les-candidats-de-biarritz-debattent

Conscient d’avoir un peu poussé mémé dans la colline aux hortensias, Mimi-La-Malice, quelques minutes plus tard, parlera de « 70 à 80% de promesses tenues », sans que personne ne relève ce demi-aveu. Pour rafraîchir la mémoire des Biarrots ou de ceux qui n’étaient pas là en 2014, Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de rappeler tout ce qui a été laissé en route dans le programme de celui qui était alors deuxième adjoint de Didier Borotra :

– Ne pas toucher à la fiscalité locale, promesse non tenue sous prétexte de baisse des dotations de l’État, une baisse largement compensée à Biarritz par les droits de mutation sur l’immobilier encaissés par la Ville.

– Aménager le plateau d’Aguilera et construire à cet endroit des logements sociaux. Il a fallu six ans de tergiversations à Veunac pour ne rien faire avant de soudain se réveiller quand Aldigé lui a mis un pistolet sur la tempe. À quatre semaines de la fin de son mandat !

– Construire un bassin olympique de 50 mètres qui manque cruellement dans les Pyrénées-Atlantiques. Promesse annulée après avoir confié une étude à des « experts » rémunérés par la mairie jugeant la réalisation « trop chère ». Effectivement, avec la rénovation du Palais et la construction d’un centre de formation du BO, cet équipement qui contentait tous les Biarrots n’avait plus aucune raison d’être.

Et on vous fait grâce des promesses de respect de la démocratie, de transparence ou de travail en équipe !

Alors, pour tous ceux qui n’ont pas lu une œuvre de fiction depuis longtemps, plongez-vous vite dans le programme de Veunac, vous y découvrirez tout ce qui ne se fera pas entre 2020 et 2026.

BARUCQ, LE SNIPER – C’est un détail auquel les spectateurs ne pensent jamais, mais le tirage au sort des emplacements attribués peut s’avérer crucial. Nathalie Motsch en a fait l’expérience lors du débat de Médiabask en se retrouvant aux côtés de Saint-Cricq et Veunac qui ont pris un malin plaisir à la rendre difficilement audible lors de ses interventions en créant un brouhaha sonore à chaque fois. De son côté, Guillaume Barucq a pu bénéficier d’un environnement plus calme et s’exprimer dans le silence, ce qui lui a permis de sortir largement vainqueur de la confrontation. Où est-il le temps où Guillaume Barucq trouvait des excuses à tout le monde et voulait croire à un dialogue possible entre composantes de la majorité ?   L’homme a changé en étant beaucoup plus ferme dans ses propos. Ne fuyant nullement ses responsabilités d’adjoint, il a tout de même adressé un scud à Michel Veunac en parlant d’un « mandat de transition » Et cette fois, le maire-qui-a-réponse-à-tout en est resté sans voix face à ce « Dégage Pépère ! » de son ancien adjoint.

MORIN, LE MAUVAIS ESPRIT – Les huées dans la salle du conseil municipal, le 12 février dernier, étaient donc une simple vue de l’esprit ? C’est Brice Morin, lors du débat de Médiabask, qui a le mieux réussi à faire dégoupiller Veunac. Du haut de ses 74 printemps, le maire pour quelques jours encore s’est permis de tancer le jeunot : « Ce n’est pas correct de dire que le 12 février les élus ont voté sous la menace et ls pressions », avant de conclure à destination de l’insolent : « Vous êtes obsédé par l’opacité ». On se demande bien pourquoi au vu de la transparence avec laquelle ont été menées les opérations concernant les écuries de Bigueyrie, la vente de la villa Sion, le dossier de cession à Decaux de l’Hôtel du Palais ou les aides multiples et répétées au BO.  

ROBERT CE HÉROS – Tous ceux qui ont dans leur entourage proche un fonctionnaire de la mairie, savent à quel point le personnel n’en peut plus de Veunac et de ses colères permanentes qui n’ont d’égales que ses constantes hésitations. Robert Rabagny avait osé, le 28 février lors de son départ à la retraite, venir dire avec des fleurs à la directrice des ressources humaines ce qu’il pensait de son comportement (lire le Journal d’un buté de campagne 7). Revenu, tout à fait par hasard, mardi dernier à la mairie, Rabagny a provoqué à chaque fois qu’il arrivait dans un bureau des applaudissements nourris. Le 14 juillet 1789 est-t-il sur le point d’être revécu à la mairie ?

LE GROGNARD FAIT PSCHITTT ! – Connu sur les réseaux sociaux pour ses éructations permanentes et sa façon d’être parfois dans la diffamation (au point que Bisque, Bisque, Basque ! a été obligé de le virer du blog), Guy Husson avait annoncé dès le mercredi 3 février qu’il allait distribuer un tract concernant la « malhonnêteté » de Borotra et de Veunac. Et pour que la surprise ne soit pas totale, l’homme qui m’avait jadis insulté en découvrant que j’avais été membre des comités de soldats, avait mis en ligne son tract en invitant ceux qui partageaient son point de vue à le photocopier à leur tour. Mais, jeudi matin, il aura suffi que Louis Vial et un policier municipal fassent les gros yeux au grognard napoléonien pour que la garde meure et décampe au plus vite…

LA SUPERBE MANŒUVRE DE MARTINEAU – Les listes de Maïder Arostéguy et Jean-Benoît Saint-Cricq s’enorgueillissent d’avoir un général dans leur entourage, mais c’est bien la fille de militaire et numéro deux de la liste Barucq, Corine Martineau, qui en a remontré à ces messieurs au niveau de la stratégie d’occupation du terrain, lors du débat organisé au casino par Sud Ouest et France Bleu Pays basque. Arrivés les premiers, les membres de l’équipe « Biarritz Nouvelle vague » avaient pris la précaution de se munir d’un coupe-vent vert fluo aux couleurs de leur champion et de s’emparer des premiers rangs, ce qui fait qu’on ne voyait qu’eux dans la salle quand les autres équipes étaient beaucoup plus dispersées. Une manœuvre comme celle-là, il faut au moins avoir fait l’école militaire de Saint-Cyr pour la réussir !

LE FRANC PARLER DE LYSIANN BRAO – La candidate de Euskal Herrian Vert et Solidaire a laissé parler son tempérament lors du débat au casino municipal. Évoquant le denier mandat de Didier Borotra et le calamiteux mandat de Veunac, elle s’est soudain muée en médecin urgentiste en traitant le problème du logement : « Pendant six ans, voire douze ans, Biarritz a fait un arrêt cardiaque. Le cadavre est encore chaud et d’un seul coup il y a urgence. Il y a autant de logements que d’habitants dans cette ville, mais 42% sont des résidences secondaires. » Même absence de langue de bois, quand Michel Veunac se targuait de ses bons résultats en matière d’eaux de baignade : « Nous les Biarrots, qui allons nous baigner tous les jours, nous pouvons vous dire, cette eau est dégueulasse ! » Michel, tu peux renfiler ton peignoir !

https://www.sudouest.fr/2020/03/04/municipales-a-biarritz-assistez-au-debat-entre-les-sept-candidats-ce-vendredi-au-casino-7276303-4037.php

LE COUP BAS DE SAINT-CRICQ – Le marivaudage entre Saint-Cricq et Veunac, visible de tous lors du débat de Mediabask, s’est poursuivi au casino municipal, avec la volonté très affirmée de clouer le bec à Nathalie Motsch. Alors que l’ex-adjointe à l’Urbanisme affirmait sa volonté de désimperméabiliser la ville, l’avocat biarrot s’est permis de « dénoncer le caractère fantaisiste de ce qu’on vient d’entendre » avant de faire semblant d’être magnanime : « Madame, vous êtes excusable, car vous n’êtes pas d’ici » … Un propos qui rejoint celui de Michel Veunac qui évoque souvent en réunion de majorité « Les Biarrots de souche ». À ce sujet, le troisième opus de François Amigorenan « Vues sur maire » où il évoque les « Vrais Biarrots et Français de souche » est à ne rater sous aucun prétexte.

www.amigorena.fr

QUI SONT LES ENFOIRÉS ? – Le débat au casino a été mené avec beaucoup d’autorité par le trio de journalistes Véronique Fourcade, Michel Garicoïx et, en meneur de jeu, le rédacteur en chef de France Bleu Yves Tusseau. Ce dernier a suscité les rires de l’assistance au moment de conclure à 19 h 57 en souhaitant à tous une « bonne soirée des enfoirés » Et tout le monde de se demander s’il évoquait le débat passé ou la soirée à venir.

EMBOUTEILLAGE SUR LE PARVIS DES HALLES – Ce dimanche 8 mars, Jean-Benoît Saint-Cricq a été le plus rapide à s’installer, tandis qu’un peu partout dans la ville des militants sillonnaient les rues à la recherche de rares électeurs disposés à les écouter. Karim Guerdane, tout comme Guillaume Barucq avaient choisi la grande plage, tandis que l’équipe de Nathalie Motsch se partageait entre la rue Mazagran, les contre-allées du marché et le parvis. Maïder Arostéguy avait dispersé ses militants un peu partout après une présence massive aux Halles le samedi, tandis que l’équipe du maire sortant était représentée par Sylvie Claracq et Éric Bonamy. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’attiraient pas la grande foule. Face à la densité des distributeurs de tracts, un commerçant des halles pestait : « Heureusement que ce cirque se termine bientôt. Il va bientôt y avoir plus de candidats que de clients ».

Journal d’un buté de campagne (7)

L’esclandre de Rabagny à la mairie

L’ancien animateur n’a pas digéré la façon dont il a été viré de la mairie et il l’a fait savoir en dénonçant les « privilèges » dont a bénéficié le fils de la directrice des ressources humaines.

Vendredi matin, lorsque Robert Rabagny est entré dans la mairie avec une rose rouge à la main, tout le petit personnel de la mairie qui le connaît bien et lui garde beaucoup d’affection, s’est demandé ce qu’il avait en tête. Cette fleur était destinée à la directrice des Ressources Humaines de la Ville, Patricia Dumont, qui partait en retraite. Après l’avoir longuement cherchée, Robert a fini par dénicher l’intéressée dans les bureaux de la réglementation et a pu lui remettre son cadeau devant de nombreux témoins riant sous cape. « Oh, Robert, je suis très touchée. Il ne fallait pas ». Un enthousiasme qui va être vite douché par Robert : « Madame, Je suis courtois et c’est pour cette raison que je vous offre des fleurs. Il y a deux mois, je vous ai demandé de regarder mon dossier de retraite pour voir s’il n’y avait pas une erreur ou si je n’avais pas droit à une aide. Quand vous m’avez imposé en 2015 de partir en préretraite pour raisons médicales, vous saviez très bien que je ne toucherais que 750 euros de retraite par mois, alors que j’ai encore une fille à élever. Vous vous êtes bien gardée de me le dire, même si j’étais en pleine dépression avec tout ce que la mairie m’avait fait subir. Je vous ai demandé d’étudier mon dossier et évidemment vous ne l’avez pas fait. Pourtant, vous aussi vous avez un fils et visiblement vous vous en occupez, ce qui est normal. Votre fils, Clément Guyard, est rentré à la mairie comme chargé de mission au développement économique, un poste qui ne sert strictement à rien aux dires de tous mais que Michel Veunac a imposé. Voilà comment fonctionne la Ville et je tenais à vous remercier, Madame, pour tout ce que vous n’avez pas fait en ma faveur. » Et Robert, superbe, de quitter Patricia Dumont éberluée, avant de rajouter : « Et je vais me faire un plaisir de tout raconter à Bisque, Bisque, Basque ! »

Un esclandre qui en dit long sur les pratiques de la mairie. Et pour faire bonne mesure, rajoutons que le poste que va libérer Patricia Dumont, a déjà été promis à Stéphanie Ricord, cette gentille conseillère municipale qui a eu le bon goût d’approuver toutes les décisions du maire pendant la mandature. Après tout, pourquoi se gêner ?

METTEZ FIN À SES SOUFFRANCES ! – Pas de chance pour Michel Veunac, le soir du débat organisé par France 3 région à Bordeaux, il était totalement aphone et absolument inintelligible pour les téléspectateurs. Le lendemain du côté des halles, des plaisantins affirmaient que Mimi-la-Malice avait fait semblant de ne pas pouvoir parler pour être sûr de ne pas proférer de bêtises, tandis que d’autres faisaient mine de s’inquiéter pour l’avenir en imaginant Veunac atteint du coronavirus, contaminant tous ses rivaux, et Karim Guerdane devenant maire puisqu’il était seul à être en duplex à Bayonne.

LYSIANN BRAO EN PREND POUR SON GRADE – Michel Veunac, qui était accompagné de son fils, est sorti en fureur du débat, – « Vite, une clope ! » – et, sa voix subitement retrouvée, s’en est pris vertement à Lysiann Brao qui aurait raconté n’importe quoi et utilisé des chiffres faux.  La candidate EELV, qui a affiché lors du débat un beau caractère, ne s’est pas démontée. Si elle a suivi les conseils municipaux de ces six dernières années, elle n’a pas dû être surprise de l’agression verbale et sait à quel point le duo Veunac-Lafite tient les femmes en haute estime.

PAUVRES GAMINS – Croisant fortuitement deux jeunes distributeurs de tracts à peine en âge d’être lycéens, Bisque, Bisque, Basque ! n’a pu résister au plaisir de les taquiner quelque peu. « C’est étonnant à votre âge d’être favorables à Michel Veunac » Et l’un d’eux d’avouer piteusement : « Mais, Monsieur, on est payés pour faire ça ! ». La liste Veunac croit tellement fort en lui qu’il ne trouve même pas de volontaires pour aller distribuer gratos sa propagande.

LA CONFUSION TOTALE – Le maire sortant est censé avoir trente-cinq colistiers mais, visiblement, la motivation est telle dans sa « bande à Mimiles », ainsi que les habitants surnomment les vieux chevaux de retour de la liste à Veunac, que personne n’a pris le temps de relire la prose du premier édile qui s’est – une fois de plus ! -sérieusement emmêlé les pinceaux sur les futures dates. Il donne rendez-vous aux électeurs, non le 15 et 22 mars comme tout le monde, mais les 20 et 23 mars prochains. Si vous voulez voter pour Veunac à ces dates, cela convient très bien à Bisque, Bisque, Basque !

UNE BELLE COQUILLE DE SAINT-CRICQ – L’avocat biarrot a lui aussi laissé passer une coquille dans son programme puisqu’il parle du réaménagement du « Jardin Pubique », amenant les Biarrots à se demander si dans son audace, Jean-Benoît Saint-Cricq ne veut pas ratiboiser la toison de l’espace public favori des Biarrots. Une aubaine pour François Amigorena qui s’est auto-proclamé « morpion, coupeur de poils en quatre ». Un humour pile-poil.

LA SURENCHÈRE CONTINUE – Maïder Arostéguy avait annoncé, lors de la présentation de sa liste, avoir laissé quarante personnes à la porte du Colisée. Les troupes de Nathalie Motsch affirment que plus de cent personnes n’ont pu rentrer lors de la présentation de la liste « Biarritz en a besoin ». Étant à l’intérieur de la salle, l’affirmation est impossible à vérifier. Mais une chose est sûre : la salle était bondée et la réunion publique a été un franc succès avec une présentation très enlevée des « binômes » de la liste et des applaudissements nourris pour Didier Borotra, qui est sagement resté au premier rang, et pour Jean-René Etchegaray qui est monté sur scène en tant que président de l’UDI pour dire tout le bien qu’il pense de la candidate biarrote de son parti.

LE BRICE HORTEFEUX DE VEUNAC – Patrick Destizon, dans le rôle du méchant de service, se révèle. Chargé auprès de Michel Veunac des sales besognes, comme l’était Brice Hortefeux auprès de Nicolas Sarkozy, il s’est fendu au lendemain de la réunion publique de Nathalie Motsch d’un post vengeur sur la présence de Jean-René Etchegaray, affirmant qu’en tant qu’immense adjoint du maire actuel il s’impose « un droit de réserve » avant de conclure, martial, : « Nous n’avons pas les mêmes valeurs ». Une mauvaise foi assez évidente quand on constate l’omniprésence de Jean-Baptiste Lemoyne dans la liste Veunac. Avec au passage, ce qui la fout assez mal pour un ex-universitaire, une magnifique faute d’orthographe sur « l’immixtion flagrante » d’Etchegaray. L’ex-adjoint confond visiblement l’immiscion dans les affaires des autres, la mission impossible qui est la sienne consistant à faire élire Veunac et la miction urgente qui le conduit à soulager sa vessie.

OH, LE VILAIN COUP BAS – Comme si elle faisait peur à tout le monde, Jean-Benoît Saint-Cricq, lui aussi, s’est cru obligé d’en rajouter une couche au lendemain de la réunion publique de Nathalie Motsch en affirmant sur  Facebook que Jean-René Etchegaray est venu « soutenir l’Aviron Bayonnais » avec une « candidate qui s’oppose au BO ». On commence par céder au chantage d’Aldigé le 12 février et pour justifier son choix, on ne se montre pas solidaire des ses collègues élus qui se font insulter par le président du BO deux jours plus tard et on accuse ensuite carrément de traîtrise une candidate, ce qui est indigne, même en période électorale, de la part d’un élu aussi expérimenté et subtil que Jean-Benoît Saint-Cricq.

COURAGE, FUYONS ! –  Après la publication dans Bisque, Bisque, Basque ! mardi 25 février, de l’article « Le vilain rapport à l’argent de Veunac », le maire sortant et ses maigres troupes, qui avaient pourtant été sollicités avant la parution de l’article, se sont bien gardés de rédiger le moindre démenti officiel. Et quand les Biarrots, stupéfaits d’apprendre que le maire a rançonné ses adjoints et ne les a jamais remboursés, interrogent les soutiens de Veunac, ceux-ci se contentent de lever les yeux au ciel en affirmant que Bisque, Bisque, Basque ! veut la perte du maire actuel, ce qui est vrai, et raconte n’importe quoi, ce qui reste à prouver. Chiche que vous venez au tribunal affirmer la même chose !

LA CAMPAGNE EST UNE FÊTE – Bisque, Bisque, Basque ! n’a pu assister, samedi 29 février à la présentation à Plaza Berri de la liste emmenée conjointement par Brice Morin, Lysiann Brao et Matthieu Accoh, mais, aux dires de Jean-Philippe Viaud, numéro quatre de la liste de Nathalie Motsch mais très ami avec tous les membres de cette liste, la fête a été superbe et s’est terminée bien au-delà de minuit. Démonstration que l’on peut défendre avec ardeur ses idées sans perdre sa joie de vivre. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le collectif a eu la bonne idée de créer un site pour permettre à tous de suivre son actualité.

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