Journal d’un buté de campagne (5)

Veunac en lévitation, Aldigé en élucubration

Michel Veunac est désormais persuadé qu’il va gagner l’élection, tandis que Jean-Baptiste Aldigé se distingue une fois de plus.

Les pieds de Michel Veunac ne touchaient plus terre, mercredi soir au sortir du conseil municipal après le vote, sans grande difficulté, des trois délibérations « consultatives » en faveur du BO. Et comme Mimi-La-Malice n’a même pas la reconnaissance du bulletin de vote, il ne se montrait pas tendre envers les Arostéguy, Tardits ou Saint-Cricq qui avaient pourtant voté comme le maire : « Ils veulent me piquer la place, mais il faudrait d’abord qu’ils apprennent à faire de la politique ». Et donc à s’abstenir quand Veunac sort les grosses ficelles. Face à sa garde rapprochée, le septuagénaire a écharpe tricolore se montrait encore plus enthousiaste : « Un vote comme celui-là nous fait gagner au minimum mille voix. Je suis désormais certain d’être réélu ». Et quand un de ses proches évoque devant lui la capacité de nuisance du président Aldigé, il éclate de rire : « Quand j’aurai six ans devant moi, on verra bien ce que je décide. Les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient ».  Il ne reste plus à Aldigé qu’à différer de six ans l’assemblée générale où il menace de dissoudre le BO.

LA DOUCHE FROIDE. Malheureusement pour Notre-maire-que-la-terre-entière-nous-envie l’euphorie a été de courte durée. Jeudi 13 février à 18 heures, se tenait une réunion publique au casino Bellevue organisé par Michel Veunac, ses boys et ses girls et les chaises vides étaient légion. À peine 75 personnes étaient présentes, ce qui ne fait pas lourd si on ôte les 25 colistiers de Mimi-Imperator qui avaient daigné se déplacer. Et encore au vu de la moyenne d’âge des participants, on pouvait presque croire à une sortie organisée par les maisons de retraite de la ville. Il existe donc encore quelques mémés amoureuses de notre beau maire.

MAÏDER REFUSE DU MONDE. – Presque au même moment, Maïder Arostéguy présentait sa liste au Colisée, à 18 h 30 précisément. À 18 h 10, les 189 places assises de la salle de spectacle étaient occupées et une quarantaine de personnes s’étaient installées debout derrière les sièges ou dans les travées. Au point que le régisseur a ordonné la fermeture des portes pour des raisons de sécurité. Voilà qui va faire des envieux.

BARUCQ, LE GRAND VAINQUEUR. – Il nous avait tellement habitué à ménager le Guy et le Michel, à prôner le « Aimons-nous les uns les autres », et à la jouer « Bisounours », que le docteur Barucq a surpris tout son monde avec une intervention très ferme contre les délibérations présentées par Mimi-La-Malice. Si François Amigorena ou Nathalie Motsch ont été très bons mais dans un registre prévisible, l’intervention du docteur à catogan a visiblement marqué les esprits des Biarrots qui n’ont parlé que de lui pendant trois jours aux halles.

LES PILULES MAGIQUES D’HERVÉ BOISSIER. – Très commentées aussi, les interventions de Brigitte Pradier et Maialen Etcheverry, deux conseillères municipales qui interviennent assez peu, mais qui ont fait preuve de beaucoup de détermination dans leurs propos, la première déplorant les « menaces sur des élus qui posent des questions d’élus » et la seconde rappelant combien « elle voit de Biarrots en difficulté ». Mais la rock star de la soirée a été sans conteste Hervé Boissier qui pour sa dernière intervention s’est offert un feu d’artifice verbal à l’encontre de Veunac. Et tout le monde d’évoquer son allusion au film de Francesco Rossi « Main basse sur la Ville » et de se demander s’il n’a pas quelques pilules magiques à refiler à Michel Veunac, histoire de lui redonner un peu de tonus.

ALDIGÉ SE DISTINGUE. – La semaine aurait pu être excellente pour Jean-Baptiste Aldigé. Victoire mercredi au conseil municipal où le président du BO, général Pinatel à ses côtés, est venu mettre un coup de pression aux élus et victoire du club qu’il dirige vendredi à Vannes. Mais se faire oublier n’est pas le genre du personnage. Alors que Guillaume Barucq se félicitait de la victoire du BO, le très diplomate président lui a répondu en langage fleuri : « Comment peux-tu oser pointer ton nez ici ? Elle est pour toi et ta copine Amigorena ce soir #fossoyeurs ». On savourera la façon dont le président s’adresse aux élus. Et parler de « ta copine Amigorena » quand on a soi-même porté plainte pour homophobie contre des supporters bayonnais est d’un bon goût exquis.

DES ÉLUS À INDIGNATION VARIABLE. – La liste abertzale, verte, insoumise emmenée par Brice Morin a fermement réagi aux propos du président du BO : « Biarritz ne devrait pas avoir à traiter avec pareil personnage ». Presque tous les candidats ont officiellement exprimé leur désaccord absolu avec les propos tenus. Sauf erreur de Bisque, Bisque, Basque ! trois têtes de liste se sont pourtant gardés de manifester officiellement leur solidarité républicaine avec les deux élus insultés : Michel Veunac, Maïder Arostéguy et Jean-Benoît Saint-Cricq. Pas très glorieux. Mais quand on accepte le chantage d’un président le mercredi, voilà où cela conduit le samedi.

LE PROMENEUR SOLITAIRE D’ANGLET. – Dimanche en début d’après-midi, Didier Guillaume profitait du beau temps au-dessus du VVF d’Anglet du côté de « Kostaldea ». Curieusement, personne ne l’a vu ce week-end du côté des halles de Biarritz qu’il affectionnait tant il y a peu encore. C’est sûrement parce qu’il ne voulait pas évoquer le cas de Benjamin Griveaux…

DU JEAN LASSALLE EN SAINT-CRICQ. – Jean Lassalle a l’art de faire pleurer de rire les députés même s’ils ne sont pas de son bord politique. Dans ce genre d’exercice, l’avocat biarrot Jean-Benoît Saint-Cricq n’est pas mal non plus et le récit du « mur de la honte » bâti juste en face de son cabinet a fait passer un bon moment au conseil municipal. Dans le bâtiment art déco de la poste, les services de la Ville ont décidé en toute simplicité de transformer une fenêtre en porte d’accès de la police municipale. Mais ils n’avaient pas tenu compte de la pente assez marquée de la rue Jaulery. Il a donc fallu « décaisser le trottoir » et pour que les piétons ne tombent pas bâtir un mur protecteur. Surprise de l’avocat venu avec sa colistière Pierrette Echeverria consulter le permis de construire à la mairie.  Rien, nada, que pouic, et gros embarras des services concernés. « C’est Ubu-roi. On est en pleine science-fiction. Quelqu’un qui ferait ça, se retrouverait en correctionnelle à l’initiative du maire » a asséné l’avocat. « Une erreur des services en voie de règlement, a rétorqué Mimi-Imperator avant de rajouter : Je vais réfléchir à porter plainte contre moi-même. » Et il trouve ça drôle ?

UN BEAU RENFORT POUR KARIM GUERDANE. – La petite musique sociale de la liste « Biarritz bonheur » emmenée par Karim Guerdane a attiré l’attention du parti socialiste, qui a proposé son soutien au candidat. « Et on ne m’a pas posé la moindre condition » affirme le journaliste. Les derniers socialistes en carte, avec à leur tête Laurent Riberolles, devraient donc faire partie de la liste Biarritz Bonheur qui sera dévoilée la semaine prochaine.

GARE À LA BRASSE COULÉE. – Marine Batiste revient sur la promesse qu’avait faite Veunac en 2014 et qu’il n’a jamais tenue : la construction d’une piscine olympique. Une excellente idée qui enchanterait tous les Biarrots. Seul hic : en 2014, la décision n’appartenait qu’à la Ville, elle appartient désormais (comme pour les terrains d’Aguilera) à la communauté d’Agglo du Pays basque. Mais nul doute que les conseillers communautaires ne verseront pas une larme si Veunac venait à partir.

Journal d’un buté de campagne (1)

Le programme électoral de Bisque, Bisque, Basque ! est simple. Faire comprendre aux Biarrots que Michel Veunac est le pire maire de l’histoire de la Ville.

Vous en avez marre d’entendre dans cette campagne électorale mugir ces féroces candidats qui viennent jusque dans nos bras pour nous vendre leurs combats ? Chaque lundi jusqu’au 23 mars, lendemain de l’élection du nouveau maire de Biarritz, Bisque, Bisque, Basque ! va vous offrir sa récolte d’échos insolites.

DÉMENTIS.- Il fallait de l’audace pour imaginer Laurent Riberolles et Corine Martineau tracter main dans la main. Sur la foi d’un écho paru dans Sud Ouest, Bisque, Bisque, Basque ! avait cru pouvoir annoncer le ralliement du secrétaire du PS à la liste de Guillaume Barucq. Laurent Riberolles a gentiment démenti par SMS et nous prenons acte. Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz, est lui monté sur ses grands chevaux à propos du même article : « C’est Michel Veunac qui est venu me chercher et non l’inverse. Ce qui tombe bien car j’avais envie de faire de la politique ». Bénéficier d’une délégation de service public, avoir Michel Veunac et comme patron et comme tête de liste ne lui poserait pas le moindre problème ? « Arrêtez de vous prendre pour une star du journalisme. Moi aussi, j’ai gagné dans ma carrière quelques grands concours ». Dont celui de l’anticipation, puisque Camy-Sarthy avait été félicité pour avoir obtenu le Pôle équestre deux jours avant que les appels d’offres ne soient examinés.

https://jeanyvesviollier.com/2020/01/08/et-on-attaque-quand/

JUDICIEUSE PERMANENCE. – Michel Veunac a installé sa permanence électorale dans les locaux de l’ancien pressing tenu par Monique Lajus, juste à côté du cinéma Le Royal. Un local parfait pour défriper un peu les convictions, raviver les couleurs d’une liste bien défraîchie et repasser devant les électeurs biarrots dans l’espoir de faire six ans de plus.

DES VŒUX TRÈS MALICIEUX. – Lors des vœux du maire, Michel Veunac a surpris tout le monde en allant chercher Nathalie Motsch qui se tenait en périphérie pour l’installer près d’elle… et l’avoir ainsi sur la photo. Le rusé Mimi-la-Malice prend un malin plaisir à laisser entendre en petit comité que Calamity Nathalie est prête à se rallier à lui et à accepter un poste de première adjointe. Ce qui est faux évidemment. Mais diviser pour régner est un art.

QUELLE CLAQUE ! – N’ayant pas beaucoup de talents à faire valoir dans sa liste, Michel Veunac, lors de cette même cérémonie, a tenté de faire applaudir Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État qui prend « l’avion pour Biarritz comme on prend le métro ». Deux ou trois applaudissements du bout des doigts de sa garde rapprochée et c’est tout. Si le compagnon de Frédérique Espagnac avait des doutes sur l’enthousiasme qu’il suscite, il n’en a plus. Participer à La Manif pour tous est une chose, convaincre les Biarrots une autre.

FLAGORNEUR DE CLASSE MONDIALE – La lecture du Facebook des élus est souvent édifiante. En réponse à Mathieu BTZ qui se réjouit de la « déconfiture de Veunac », le très zélé Éric Bonnamy qui rempile après un mandat où rares sont les Biarrots qui ont entendu le son de sa voix, s’étouffe d’indignation : « Veunac transpire Biarritz ». Si Veunac a souvent connu des sueurs froides au cours des conseils, ce n’est sans doute pas à cause de son amour pour Biarritz mais à cause de son improbable majorité.

ENFIN UNE LISTE DE GAUCHE- Les Insoumis biarrots, Biarritz Euskal Herrian et EELV ont décidé d’unir leurs forces pour être un rempart « aux politiques d’austérité et aux désordres écologiques ». Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh devraient apparaître dans cet ordre sur une liste que plus d’une soixantaine de personnes souhaitent rejoindre. (Ils vont faire rêver tous ceux qui n’arrivent pas à boucler leur liste !) Fin du cauchemar pour tous les citoyens de gauche qui se demandaient pour qui voter au premier tour.

L’AVENTURIÈRE DE L’URNE PERDUE- La candidate Marine Batiste, fraîchement encartée à EELV et conviée à cette conférence de presse, a brillé par son absence, ce qui a bien fait ricaner tous ceux qui s’étaient déplacés à Plazza Berri. On murmure en effet, que forte de son appartenance pour le moins récente à EELV, la candidate, venue discuter avec les Abertzale et les Insoumis biarrots avait exigé en toute simplicité… la tête de liste. Ce qui lui a valu d’être vertement reconduite. C’était bien la peine de casser sa tirelire en adhérant aux Verts !