On dit merci qui ? Merci Michel !

Le calamiteux mandat de Veunac a au moins un mérite : faire émerger des élus à fort tempérament qui démontrent leurs qualités.

Bel exploit ! L’artiste Veunac réussit à faire salle comble le 15 octobre.

Est-ce parce qu’elle ambitionne de devenir un jour reine de la Ville que l’adjointe à l’Urbanisme Nathalie Motsch a choisi Le Regina comme cadre de sa conférence de presse, trois jours après celle de Michel Veunac ? En ce lundi matin orageux, les journalistes ne seront pas déçus du voyage, car Calamity Nathalie, comme la surnomment les (rares) fidèles de Veunac est décidée à défourailler à tout va : « Je ne serai pas complice de ce qui est le plus grand scandale jamais connu par Biarritz ». L’anodine mère de famille qui plaçait soigneusement ses pas dans ceux de Didier Borotra lors de la dernière mandature, se révèle soudain bretteuse féroce et politique redoutable. Lors du dernier conseil municipal, son éloquence avait scotché tout le monde. Face aux journalistes, Nathalie Motsch poursuit dans la même veine : « Ce dossier du Palais devrait être à livre ouvert. Le secret des affaires ne marche pas sur un bien public. Ce n’est pas parce que ce montage a été voté en conseil municipal qu’il est vertueux », avant de défendre ardemment un autre opposant au projet : « J’ai été très choquée des attaques contre François Amigorena. Il n’y a qu’un responsable Guy Lafite (…) porteur du projet avec la simplicité et l’humilité qui le caractérisent. »  Et Calamity Nathalie, après ce commentaire au second degré sur l’énarque qu’elle ne porte guère dans son cœur, d’expédier au Premier adjoint une ultime balle entre les deux yeux. « Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes ».

Pour son premier examen devant les journalistes, Nathalie Motsch n’a pas hésité à dresser un tableau inquiétant du montage financier choisi pour Le Palais.

Cohérente avec elle-même, l’adjointe annonce qu’elle saisit à son tour le tribunal administratif de Pau, qui va ouvrir sous peu une annexe spéciale pour Biarritz, pour excès de pouvoir et défaut d’information des élus. Aidée de son conseil, Jean-Charles Vignot, Nathalie Motsch s’attaque à la délibération du 15 octobre en premier lieu et y rattache celle du 30 juillet. « Car les deux votes ont un lien évident. C’est une opération globale dans laquelle la transparence et la communication des pièces ont été tronquées.« 

https://www.sudouest.fr/2018/10/29/video-biarritz-un-nouveau-recours-dans-le-dossier-de-l-hotel-du-palais-5522161-4037.php

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181030/ladjointe-a-lurbanisme-attaque-en-justice-le-montage-de-lhotel-du-palais

Amigorena ne lâche rien

On le disait talentueux mais dilettante. Il vient de subir une incroyable condamnation à trois ans d’inéligibilité pour un carnet à souches non restitué, quand Juppé pour des emplois fictifs ne prenait qu’un an. Beaucoup à sa place se seraient désintéressés de la politique. Mais François Amigorena se révèle tous les jours à l’épreuve du feu. Quand il s’élève contre le dossier du Palais, on ne peut l’accuser d’arrières pensées politiques, contrairement à Lafite ou Veunac, puisqu’il ne participera pas à la compétition de 2020. Comme libéré de cette suspicion qui pesait sur ses actions, l’homme se montre aussi combatif que réfléchi et prend tous les jours plus d’épaisseur. Quand il annonce que les banques ne veulent plus financer la réhabilitation du Palais, les invectives à son encontre pleuvent presque autant que les démentis paniqués de Veunac. Au final, un prêt qui aura bien été modifié et des menaces de procès en diffamation de Veunac, qui le font immédiatement réagir sur Twitter et Facebook. « M. le maire, JE VOUS DEMANDE de m’assigner en diffamation au plus vite. Cela me permettra de produire devant un juge les preuves irréfutables en ma possession ». Beau tempérament de la part de l’élu. Si seulement Veunac et Lafite étaient capables de manifester la même conviction et le même sens des responsabilités

Barucq ne croit plus aux Bisounours

Le « Nous nous sommes tant aimés » de 2014 n’a guère duré longtemps. (Photo Sud Ouest)

Avec un Veunac réussissant à faire fonctionner sa majorité, le docteur Barucq aurait pu être un de ces « alibis écolos » comme on en voit dans tous les conseils municipaux. Un petit tour de vélo électrique et puis s’en va! Mais il est loin le temps où le docteur-surfeur croyait sincèrement qu’avec le dialogue on peut arriver à tout. Cherchant à réconcilier les irréconciliables, Guillaume Barucq a pu prêter à sourire parfois. Mais l’homme est intelligent et apprend vite. « Je croyais tout savoir de l’humain par mon activité de médecin, mais je me rends compte que la politique est un monde vraiment à part », sourit-il. Clair dans ses positions, ne cédant pas aux multiples pressions que lui a fait Veunac, n’hésitant pas à prendre l’initiative, Barucq ne peut que se féliciter de l’indigence du tandem Veunac-Lafite qui va lui permettre de devenir un candidat tout à fait plausible et intéressant dans la perspective de 2020.

Arosteguy a honoré son mandat

Le dessinateur de La Semaine du Pays Basque, Olivier Ruiz semble croire à un duel de dames pour 2020.

Le grand mérite du hold-up démocratique voulu par Veunac et Lafite à propos du Palais est d’avoir passé au révélateur tous les tempéraments. On épargnera aux lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! la liste des rois de la brosse à reluire qui se reconnaîtront sans peine (N’est-ce pas P.C. ou P.D. ?) D’habitude, en fin de mandat, la presse analyse le comportement de l’opposition et passe très vite sur la majorité, habituée qu’elle est à voter systématiquement comme son maire. Il n’y a qu’à Biarritz qu’on voit cinq élus de l’opposition, au mépris du mandat qui leur a été confié par les électeurs, venir au secours d’un maire au moment où sa propre majorité ne lui fait plus confiance. À l’inverse d’un Max Brisson aux déclarations sinusoïdales et souvent calquées sur la stratégie politique du moment, Maïder Arosteguy a exercé un mandat d’opposante très clair et respectueux de ses électeurs, malgré son arrivée au conseil départemental. Vigilante, elle a toujours été sans ambiguïté dans ses déclarations et ne s’en est jamais laissé conter quand les machos de service, Veunac, Lafite ou Claverie tentaient de la déstabiliser à coup de réflexions misogynes. On dit que Maïder Arosteguy et Nathalie Motsch ne s’apprécient guère, ce qui n’a rien de surprenant à l’idée d’un possible « duel de dames » en 2020. Un duel qui aurait tout de même une autre allure que l’éternel retour de ceux qui ruinent la Ville depuis tant d’années.

Tant de talents qui s’affirment !

Plus discret mais tout aussi respectable dans l’exercice de son mandat, on aimerait entendre davantage Richard Tardits qui, on le perçoit nettement, n’apprécie guère ce rôle d’opposant qui lui a échu même s’il fait le job avec application. Constructif et très clair dans ses positions, il mérite le respect des électeurs. En privé, Richard est toujours passionnant à écouter. Lui aussi, s’il se retrouvait dans la majorité en 2020 amènerait sans doute beaucoup de créativité à la Ville. Et même s’il a exclu d’être tête de liste en 2020, il en va bien évidemment de même d’Édouard Chazouillères.

Et que dire de ces fantassins qui ont montré un courage sans faille sous la mitraille ? Françoise Mimiague, Brigitte Pradier, Anne Pinatel, mais aussi Virginie Lannevère et Hervé Boissier ont prouvé qu’ils étaient de véritables élus, soucieux des Biarrots et pas décidés à accepter n’importe quelle sornette, même si elle est présentée par le premier magistrat de la Ville ou son adjoint.

Tandis que Veunac s’indigne devant les journalistes quand on affirme qu’il n’est pas compétent, il ne reste plus aux électeurs qu’à essayer de se consoler en imaginant un avenir meilleur, même si la situation financière de la Ville ne va guère être facile en 2020. Ce mandat est un désastre absolu, beaucoup de Biarrots l’ont compris, mais au moins il aura eu le mérite de nous faire découvrir de nouveaux talents, sans doute à même de gérer la Ville avec plus d’écoute et de respect de la démocratie dans un avenir proche. Alors pour conclure sur les tristes pantalonnades que nous vivons à Biarritz, comment ne pas être tenté en pensant à Veunac, à la façon obscène avec laquelle il a conduit le dossier du Palais, de reprendre le gimmick d’un site coquin et très fréquenté. « On dit merci qui ? »

Dans un tout autre style, ne ratez pas l’explication très technique mais passionnante de Jacques-André Schneck sur la juridiction des sociétés d’économie mixte. Comme l’écrit l’ancien spécialiste des travaux publics, « À tous les administrateurs de la Socomix : Désolé, mais on en a envoyé en prison pour bien moins que cela !« 

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck

 

Et si tout cela finissait au tribunal ?

Face aux irrégularités répétées du maire, les élus de la majorité ne semblent pas tous réaliser qu’ils pourraient avoir à rendre des comptes très prochainement.

Le tribunal administratif ? Le tribunal correctionnel ? Les deux ? Le passage entre les gouttes ? Pronostiqueurs, faites vos paris sur l’avenir judiciaire de Veunac et sa clique…

Stupeur, rires et incrédulité : « Ton maire n’a pas fait cela tout de même ? ». Depuis hier, les coups de téléphone arrivent d’un peu partout en France, tant mes anciens confrères n’arrivent pas à imaginer qu’un élu, qui par définition doit être libre de sa parole, puisse se voir imposer par le premier magistrat de la ville « une charte de confidentialité » lui interdisant de communiquer avec les médias ou les réseaux sociaux. Mais Veunac ose tout et c’est même à cela qu’on le reconnaît !

Coup de chapeau, donc, à Anne Pinatel, Brigitte Pradier et Hervé Boissier qui ont refusé de signer cette charte infâme. Quand un gouvernement devient félon et ne respecte plus les règles élémentaires de la démocratie, c’est un honneur de se révolter. Ces mêmes confrères vont certainement faire chauffer à nouveau le téléphone, quand ils vont apprendre la pitoyable excuse servie à Sud Ouest (21/3) par certains des élus signataires : « On a signé sans regarder » Un élu, c’est bien connu, ça ne sait ni lire, ni écrire, ni même réfléchir. Nous voilà rassurés.

Sud Ouest, 21 mars.

Mais ce nouveau manquement à la démocratie n’est qu’une petite anecdote folklorique par rapport à tout ce qui attend Biarritz. Le premier rapport de la Chambre Régionale des Comptés (CRC) était assassin et un deuxième sur le PPP souscrit par la Ville, qui va être rendu public dans les jours prochains, n’est guère plus aimable. En attendant un audit plus fouillé qui détaillera attentivement l’ensemble de la gestion de la Ville sous l’ère Veunac.

La gestion Veunac relève du tribunal administratif

Sud Ouest, 15 mars.

Bisque, Bisque, Basque ! partage totalement le point de vue de Jean-Benoît Saint-Cricq, qui estime dans Sud Ouest du 15 mars qu’il y a dans le rapport de la CRC, matière à poursuites « si le parquet le veut » Les magistrats, rappelons-le, avaient eu des mots très durs parlant d’irrégularités, malfaçons et dissimulations et cette désinvolture de l’équipe municipale pourrait bien se terminer devant le tribunal administratif. Une décision qui ne dépend pas que du parquet, mais qui peut aussi être provoquée par un membre de l’opposition ou un citoyen déterminé de la Ville.

Car être opposant, ce n’est pas seulement constater à chaque conseil les ratés de la majorité et les dégâts commis par le duo Veunac-Lafite. Quand une décision est inique, quand les manquements aux règles de la démocratie sont monnaie courante, il n’est pas interdit de ruer dans les brancards et de se tourner vers le tribunal administratif pour lui demander son arbitrage. Ce que Jean-Benoît Saint-Cricq et d’autres opposants avaient fait en 2009 pour contester le partenariat public-privé signé au moment de l’édification de La Cité de l’Océan. À l’évidence, les dissimulations permanentes de Veunac lors des conseils municipaux, sa façon de décider seul sans en référer à son conseil d’administration comme l’ont souligné les magistrats de la Cour des Comptes à propos de La Cité de l’Océan et comme ils auraient pu le faire pour L’hôtel du Palais relèvent du tribunal administratif. Au lieu de maugréer et de se lamenter, il suffit juste d’oser.

En correctionnelle pour prise illégale d’intérêt ?

Et finalement la grande question est de savoir si ce pitoyable mandat, le pire jamais connu par les Biarrots, se terminera pour Veunac par une visite du tribunal administratif ou du tribunal correctionnel. Ou les deux, son talent si personnel lui permettant l’embarras du choix.

Didier Borotra, sera finalement jugé en appel à Pau, le 11 décembre prochain, pour prise illégale d’intérêts en compagnie de sa fille et de l’ex-directrice de la Cité de l’Océan, après avoir été relaxé en première instance à Bayonne. Une sorte de parcours traditionnel pour les politiques locaux, si l’on se fie à Odile de Coral, lourdement condamnée en appel après avoir été blanchie à Bayonne.

Au moment du procès en correctionnelle de Didier Borotra, le 1er février  2017, les milieux judiciaires se sont beaucoup étonnés de l’absence à la barre de Michel Veunac. Un maire soucieux des intérêts de sa ville aurait dû demander le remboursement des sommes indûment versées, mais Veunac s’est bien gardé de le faire. Si Françoise Pautrizel a toujours affirmé avoir engagé la fille de Didier Borotra sans en avoir parlé à son père, elle a précisé, lors de son interrogatoire à la police avoir immédiatement informé en 2014 le nouveau maire, Michel Veunac de l’engagement de Sophie Borotra via sa société AGC. Celui-ci lui aurait dit de continuer comme avant.  Et personne n’aurait jamais rien su de cette affaire si Guy Lafite, membre du Conseil d’administration de la Cité de l’Océan n’avait mangé le morceau en parlant à la presse. Pendant quinze mois, Michel Veunac a donc cautionné le versement d’un salaire à la fille de son mentor politique. Cet argent doit être remboursé aux contribuables biarrots et l’on peut vraiment estimer que nous sommes dans un cas de prise illégale d’intérêts totalement avérée.

Mais, bizarrement, personne ne bouge !

Un conseil municipal décisif

Vendredi soir, alors qu’un nouveau conseil municipal haut en couleurs se profile, on espère que les élus, conscients de leurs responsabilités, vont enfin poser les bonnes questions à propos de la politique de stationnement voulue par Veunac au lieu de dire oui à tout. Pourquoi a-t-on signé avec la filiale de Vinci, Streeteo, un contrat qui révolte les Biarrots et dont le maire n’a jamais parlé en public, alors qu’on aurait pu faire beaucoup mieux pour quatre fois moins cher en recrutant des policiers municipaux ou des ASVP ? Pourquoi certains maires comme Juppé font preuve de pragmatisme et reviennent en arrière, tandis que d’autres comme Veunac campent sur leurs positions et tentent des diversions qui ne leurrent personne ? Pourquoi tant de dissimulation et de cachotteries dans ce qui aurait dû relever d’une réflexion collective ?

Allez, les opposants, allez les godillots de la majorité, c’est le moment de poser les questions qui fâchent et qui intéressent les Biarrots !

Sur le sujet des dépenses inconsidérées, lire aussi ce magnifique exemple dans le blog The blond biarrote :

https://blondbiarrote.wordpress.com/2018/03/14/se-faire-enfler-par-une-campagne-de-com/

Une belle occasion pour les élus de demander combien va coûter cette campagne de communication de dernière minute.