Une superbe haie du déshonneur

À Biarritz, plus d’une centaine d’agitateurs de casseroles ont réservé à François Fillon l’accueil qu’il mérite.

Casseroles et banderoles étaient de sortie à Iraty.

Finalement, ils ne sont pas si difficiles à reconnaître que cela, les Fillonistes ! Il y a les honteux qui regardent le bout de leurs chaussures en pénétrant dans la halle d’Iraty, un peu comme si on les surprenait à l’entrée d’un bordel espagnol, les farauds et faraudes, manteaux de fourrure et tristes figures qui la jouent « Même pas honte ! », et puis cette litanie d’handicapés, qui souffrent d’une malformation congénitale du majeur et qui passent le doigt pointé vers le ciel devant la haie du déshonneur que nous formons. Au moins cent cinquante de ces malheureux, qui pâtissent visiblement beaucoup plus de leur articulation bloquée que des mensonges et approximations de leur champion, ont pu ainsi nous adresser un salut républicain à la mesure de leur intelligence.

Encore un pauvre hère atteint d’une malformation congénitale du majeur.

Les agitateurs de casseroles que nous sommes (une bonne centaine selon Sud Ouest ) ne remercieront donc jamais assez la police de nous avoir placés derrière des balustrades métalliques, tout près de l’entrée principale de la halle d’Iraty, l’endroit parfait pour faire connaissance avec cette France rassie et dépassée.

Fort courageusement, le repris de justesse Fillon, flanqué de ses maigres troupes de notables de seconde zone, a pu ainsi échapper à la bronca en entrant par l’arrière du bâtiment, mais tous les autres, les Fillonistes ordinaires, très ordinaires même, les aveugles à la morale plus qu’élastique venus gober les bobards éhontés de leur candidat, ont bien été obligés de monter les marches d’Iraty au milieu d’un superbe concert de casseroles et de slogans comme « Fillon en prison » ou, histoire que tous ces pauvres bougres ne se perdent pas, « L’escroc, c’est par là, la République, c’est par ici ».

La visite de la France friquée

Merci à la Ville pour l’installation de ces barrières métalliques idéales pour que nos casseroles se fassent entendre.

Le tour rapide dans le parking sursaturé d’Iraty est édifiant : beaucoup de Bordelais et de Toulousains et surtout une magnifique collection de voitures de luxe. Le spectacle des candidats au meeting, tout autant. On découvre une France âgée, friquée et monocolore, où la canne est beaucoup plus présente que les baskets et le costume, sans doute offert par les amis, que la parka.

C’est la France du catholicisme rétrograde, celle qui frétille à Sens commun et déplore le droit à l’avortement et le mariage pour tous. C’est la France frappée d’autisme et de cécité qui ne veut pas voir qu’elle soutient un scélérat.

Les quincailliers se frottent les mains. Grâce à Fillon, les ventes de casseroles explosent…

Côté agitateur de casseroles, l’ambiance est autrement plus joyeuse et l’on se félicite d’être du bon côté de la barrière. Des jeunes, des vieux, des antifascistes, et des casseroles de toutes les formes et les couleurs qui ont dû conforter les bénéfices de tous les quincaillers du coin. Et on dira après que Fillon ne fait rien pour le commerce !

L’homme qui se retrouve avec une nouvelle affaire tous les jours et qui déshonore la démocratie par son attitude, pensait sans doute en organisant ce meeting à Biarritz, trouver une ville toute acquise à sa cause. Au point que Le Figaro, faussement compatissant, a cru bon de s’étonner : « Accueilli par un concert de casseroles, même à Biarritz ». Alors que les partis de gauche – honte à eux ! – n’ont pas appelé à manifester contre ce voyou de la République, savoir qu’une centaine de citoyens courageux se sont déplacés pour lui réserver l’accueil qu’il mérite donne chaud au cœur…

Oui, quelle belle, quelle magnifique soirée !

À ne pas rater, le très bon papier du Monde : « Fillon, une campagne qui se délite »

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/25/francois-fillon-un-candidat-en-perdition_5100606_4854003.html

Avec tout le fric qu’il a empoché, on espère que Fillon va nous rembourser nos investissements fort mal en point.

 Élus : nous n’oublierons pas

Si mon meilleur ami, m’annonçait qu’il rejoint les rangs du Front national, il cesserait dans la seconde d’être mon meilleur ami. Il était frappant de constater, hier, qu’aucun ténor de niveau national n’avait jugé bon de faire le déplacement à Biarritz. Les Baroin, Larcher et consorts confient en privé qu’ils n’y croient plus. Alors les seconds couteaux, les Olive, Brisson ou Arostéguy, ont vu l’occasion de prendre la lumière et se sont précipités pour conforter le voyou de la République. Quand François Fillon aura pris dès le premier tour la claque électorale qu’il mérite et que tout le monde le lâchera, je les imagine déjà nous expliquer qu’ils ont agi ainsi par « fidélité à leur camp ».  Mais un homme politique a-t-il le droit d’être plus aveugle qu’un citoyen ordinaire ? Nos élus locaux nous envoient un message très clair : la victoire de leur camp et donc leur devenir personnel est beaucoup plus important à leurs yeux que toute considération morale comme le rejet d’un candidat à la présidence de la République mis en examen pour « escroquerie aggravée ». Ils font fi de la morale ? Nous oublierons de voter pour eux et les combattrons lors des prochaines échéances électorales.