Borotra et Veunac fessés par la Chambre Régionale des Comptes

Irrégularités, malfaçons, dissimulation de pièces, les magistrats viennent de rédiger un rapport de 114 pages accablant pour « l’inventeur » de la Cité de l’Océan comme pour son successeur.

La Cité de l’Océan, l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire, selon les magistrats chargés de surveiller les Finances publiques.

Une volée de bois vert comme il est rare d’en lire ! Les magistrats de la Chambre régionale des Comptes, plutôt adeptes de la périphrase ou de la tournure ampoulée, n’ont pas vraiment fait dans la nuance au moment de remettre leurs conclusions. Dans les 114 pages de ce rapport consacré à la Cité de l’Océan, tout y passe, de l’inanité du projet, aux malfaçons et aux mensonges répétés sur la billetterie. Sud Ouest (14/3) a fort bien raconté l’affaire, mais le détail de ce qui a été écrit par les magistrats mérite d’être révélé.

Dès la page 3, le ton est donné et les chimères de papy Borotra sont épinglées, puisque la Chambre Régionale des Comptes (CRC) évoque « un modèle économique ambitieux mais irréaliste »

En termes feutrés, la CRC dénonce le fonctionnement cautionné par Borotra et ses adjoints de l’époque, Brisson, Veunac et Lafite d’une société à la gestion « marquée par de nombreuses irrégularités ».

Et ce n’est pas le plan de relance de Michel Veunac et son fameux : « Je vais vous faire aimer la Cité de l’Océan ! » qui changera grand-chose à la situation catastrophique de la Cité naufragée.

Au contraire, la mairie a visiblement joué l’obstruction et a traîné des palmes pour transmettre les procès-verbaux du conseil d’administration de la Cité de l’Océan.

Borotra avait eu au moment du vote de la Cité de l’Océan, des propos très méprisants pour ceux qui s’opposaient à l’édification de son joujou. Dix ans plus tard la CRC donne raison à ces derniers.

Et depuis 2014, comme le souligne l’opposition actuelle, le nombre réel de visiteurs est très en dessous de ce qui est annoncé. 57 000 entrées pour la Cité de l’Océan, ce n’est vraiment pas glorieux.

Alors, pour compenser, on a distribué à tour de bras des entrées gratuites, comme l’a souligné à de nombreuses reprises Jean-Benoît Saint-Cricq.

« Irréalisme » semble décidément être le mot préféré des magistrats de la CRC dans ce rapport.

Rien n’a été fait dans les règles de l’art et la scénographie n’a pas plus été au niveau que le reste.

Et pour couronner le tout, de nombreuses irrégularités ont été commises dans ce dossier où aucune des règles concernant les marchés publics n’ont été respectées. Quant à la gouvernance « de type moniste » (autrement dit, le maire décide et le conseil d’administration approuve), elle est en droite ligne avec tout ce qui se pratique à Biarritz.

Quand on est responsable de l’argent public, on défend les contribuables en s’élevant contre les malfaçons. La scénographie n’a absolument pas tenu ses promesses. Mais, comme la société était dépourvue d’assurance professionnelle (sic !), aucun recours contentieux n’a été effectué. On croit rêver.

Didier Borotra a été le « père » du projet, mais les trois adjoints Brisson, Veunac et Lafite n’ont rien fait pour l’empêcher. Pour ce désastre que les contribuables biarrots n’ont pas fini de payer, ils doivent être sanctionnés en 2020 s’ils ont l’impudence de vouloir prétendre se présenter à nouveau devant les électeurs. La conclusion du rapport de la Chambre Régionale des Comptes est limpide : le premier imbécile venu n’aurait pas fait pire qu’eux dans ce dossier.

Après le fiasco des écuries de la Bigueyrie, Michel Veunac avait annoncé, lors du conseil municipal du 20 décembre, qu’il allait demander aux magistrats de la Chambre Régionale des Comptes d’enquêter. Nul doute que ces derniers vont s’empresser de revenir pour saluer les performances du gestionnaire hors pair Veunac.