Borotra et Veunac fessés par la Chambre Régionale des Comptes

Irrégularités, malfaçons, dissimulation de pièces, les magistrats viennent de rédiger un rapport de 114 pages accablant pour « l’inventeur » de la Cité de l’Océan comme pour son successeur.

La Cité de l’Océan, l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire, selon les magistrats chargés de surveiller les Finances publiques.

Une volée de bois vert comme il est rare d’en lire ! Les magistrats de la Chambre régionale des Comptes, plutôt adeptes de la périphrase ou de la tournure ampoulée, n’ont pas vraiment fait dans la nuance au moment de remettre leurs conclusions. Dans les 114 pages de ce rapport consacré à la Cité de l’Océan, tout y passe, de l’inanité du projet, aux malfaçons et aux mensonges répétés sur la billetterie. Sud Ouest (14/3) a fort bien raconté l’affaire, mais le détail de ce qui a été écrit par les magistrats mérite d’être révélé.

Dès la page 3, le ton est donné et les chimères de papy Borotra sont épinglées, puisque la Chambre Régionale des Comptes (CRC) évoque « un modèle économique ambitieux mais irréaliste »

En termes feutrés, la CRC dénonce le fonctionnement cautionné par Borotra et ses adjoints de l’époque, Brisson, Veunac et Lafite d’une société à la gestion « marquée par de nombreuses irrégularités ».

Et ce n’est pas le plan de relance de Michel Veunac et son fameux : « Je vais vous faire aimer la Cité de l’Océan ! » qui changera grand-chose à la situation catastrophique de la Cité naufragée.

Au contraire, la mairie a visiblement joué l’obstruction et a traîné des palmes pour transmettre les procès-verbaux du conseil d’administration de la Cité de l’Océan.

Borotra avait eu au moment du vote de la Cité de l’Océan, des propos très méprisants pour ceux qui s’opposaient à l’édification de son joujou. Dix ans plus tard la CRC donne raison à ces derniers.

Et depuis 2014, comme le souligne l’opposition actuelle, le nombre réel de visiteurs est très en dessous de ce qui est annoncé. 57 000 entrées pour la Cité de l’Océan, ce n’est vraiment pas glorieux.

Alors, pour compenser, on a distribué à tour de bras des entrées gratuites, comme l’a souligné à de nombreuses reprises Jean-Benoît Saint-Cricq.

« Irréalisme » semble décidément être le mot préféré des magistrats de la CRC dans ce rapport.

Rien n’a été fait dans les règles de l’art et la scénographie n’a pas plus été au niveau que le reste.

Et pour couronner le tout, de nombreuses irrégularités ont été commises dans ce dossier où aucune des règles concernant les marchés publics n’ont été respectées. Quant à la gouvernance « de type moniste » (autrement dit, le maire décide et le conseil d’administration approuve), elle est en droite ligne avec tout ce qui se pratique à Biarritz.

Quand on est responsable de l’argent public, on défend les contribuables en s’élevant contre les malfaçons. La scénographie n’a absolument pas tenu ses promesses. Mais, comme la société était dépourvue d’assurance professionnelle (sic !), aucun recours contentieux n’a été effectué. On croit rêver.

Didier Borotra a été le « père » du projet, mais les trois adjoints Brisson, Veunac et Lafite n’ont rien fait pour l’empêcher. Pour ce désastre que les contribuables biarrots n’ont pas fini de payer, ils doivent être sanctionnés en 2020 s’ils ont l’impudence de vouloir prétendre se présenter à nouveau devant les électeurs. La conclusion du rapport de la Chambre Régionale des Comptes est limpide : le premier imbécile venu n’aurait pas fait pire qu’eux dans ce dossier.

Après le fiasco des écuries de la Bigueyrie, Michel Veunac avait annoncé, lors du conseil municipal du 20 décembre, qu’il allait demander aux magistrats de la Chambre Régionale des Comptes d’enquêter. Nul doute que ces derniers vont s’empresser de revenir pour saluer les performances du gestionnaire hors pair Veunac.

Veunac ne peut plus se cacher derrière son petit doigt

Après trois ans d’inexistence totale, le maire de Biarritz doit s’attaquer aux dossiers majeurs de son mandat : la Cité de l’Océan, Le Palais, et la mise à niveau de la Ville.

Depuis 2014, il atermoie, tergiverse, lambine, procrastine, hésite, barguigne, doute, flotte, oscille, biaise et louvoie. Comme le cancre au fond de la classe, il espère que la mouche qui volète dans un rayon de soleil va lui apporter l’inspiration qui lui manque tant. Alors, en attendant l’illumination, il s’offre avec l’argent public des études et même des contre-études pour vérifier si les experts sont d’accord entre eux et exaspère par son indécision et son absence d’imagination aussi bien son opposition que sa majorité… Comment avez-vous deviné qu’il était question de Michel Veunac ?

Et puis, quand les échéances deviennent trop pressantes, confondant action et incantation, notre élu à écharpe tricolore sort une maxime sentencieuse qui lui donne le sentiment d’avancer dans les dossiers en souffrance, : « Je vous ferai aimer la Cité de l’Océan » ou le péremptoire : « Moi vivant, l’Hôtel du Palais ne sera jamais vendu ».

Même si depuis 2014, il fait trembler les murs de la mairie avec ses colères brutales qui traduisent toute son impuissance face à des dossiers qui le dépassent totalement, l’homme Michel Veunac reste à l’évidence un bon bougre. Titulaire d’un bâton de maréchal avec un poste de deuxième adjoint, il n’était juste pas fait pour revêtir l’écharpe tricolore avec le gros temps qui attendait la Ville après le désastreux dernier mandat de Didier Borotra.

Non, la Cité de l’Océan ne va pas mieux…

Si un jour des conseillers municipaux s’avisaient de donner le nom d’une rue à Didier Borotra, on espère qu’ils choisiront une impasse pour la façon qu’il a eu d’envoyer tout le monde dans le mur lors de son dernier mandat. Pour réaliser ses rêves grandiloquents et sa désastreuse Cité de l’Océan, Didier Borotra a planqué les moutons sous le tapis, en ne s’occupant plus des fondamentaux de la Ville, voierie, eaux usés, entretien, au profit du paraître et de sa gloriole personnelle. On connaît la suite…

Malgré le lourd endettement de la Ville, la situation aurait pu être rattrapable avec un maire à poigne. Hélas nos suffrages se sont portés sur Monsieur hésitation permanente ! La façon dont Michel Veunac gère le dossier de la Cité de l’Océan est ainsi particulièrement édifiante. On fait venir des spécialistes, on commande des études, pour finalement… ne rien changer. Et on continue avec le ludo-scientifique qui nécessite des investissements coûteux tous les trois ans et on se gargarise de chiffres soi-disant mirifiques, tout en sachant parfaitement qu’ils ne sont que le résultat d’une politique de dumping forcené. Le papier publié par Sud Ouest, le 22 août dernier, a ainsi beaucoup contribué à embrouiller les esprits, en persuadant les Biarrots que le naufrage est derrière nous : « Dimanche soir, le 20 août, le nombre d’entrées payantes s’établissait à 54 803. S’y ajoutent 2 729 entrées gratuites pour un total de 57 532 visiteurs depuis le 1er janvier.  À la même date de 2016, 45 140 personnes étaient entrées à la Cité de l’Océan, dont 42 757 payantes. » Pour mémoire, on rappellera que la fréquentation des musées à Biarritz dépend beaucoup de la pluie estivale, qui ne nous a pas oubliés cette année, et que Didier Borotra claironnait régulièrement que ce futur joyau, qui lui aura au moins permis de donner du travail à sa fille, atteindrait son point d’équilibre à 350 000 visiteurs par an.  Et qu’un aquarium comme celui de La Rochelle accueille… 800 000 visiteurs par an !

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/2014/08/15/la-rochelle-l-aquarium-fait-le-plein-de-visiteurs-532684.html

Avec ses réformes cosmétiques, au lieu de réorienter vigoureusement le concept, Michel Veunac, comme dans tant d’autres domaines, diffère le problème, s’illusionne de chiffres qui ne sont pas bons et décide qu’il est urgent d’attendre… Biarrots, vous n’avez pas fini de mettre la main au portefeuille pour financer la mégalomanie de Borotra !

Hôtel du Palais : la seule solution, vendre !

Et, malheureusement pour nous, Michel Veunac se retrouve avec un dossier, celui de l’Hôtel du Palais, qui pourrait nous conduire à un désastre bien pire encore que celui de la Cité de l’Océan. L’appel à Four Seasons, a mis le doigt sur tout ce qui manquait au bâtiment de la grande plage pour prétendre au titre de palace. 50 à 70 millions de travaux de rénovation, qui finiront comme toujours à 100 millions d’euros.

Contrairement aux apparences, tout ne baigne pas à « L’Hôtel du Palais »

Michel Veunac a préféré couper la tête du porteur de mauvaises nouvelles au lieu d’écouter. Alors que le temps presse, il va nous annoncer lors du prochain conseil municipal, prévu le 29 septembre, qu’il fait appel à Accor et va faire cautionner l’emprunt nécessaire, puisque la Ville n’a pas un fifrelin, par La Caisse des dépôts.

Double mauvais choix : Accor qui n’a aucune expérience dans le très haut de gamme va essuyer les plâtres avec Le Palais et risque de commettre des erreurs conséquentes. Quant à la Caisse des Dépôts, la philanthropie n’est pas sa préoccupation première et, en cas de catastrophe industrielle comme des attentats qui feraient fuit les touristes hors de France et empêcheraient notre ville de rembourser sa dette, son seul souci serait de brader à vil prix pour récupérer sa mise.

Michel Veunac peut donc bien nous faire tous les mouvements de menton du monde. L’emprunt à faire est tel pour une ville surendettée comme Biarritz que, de facto, les Biarrots ne sont plus propriétaires de L’Hôtel du Palais. Alors que le bâtiment perd de sa valeur d’année en année, le bon sens commanderait de vendre d’urgence ce joujou adoré des politiques locaux qui devient un boulet financier pour les contribuables.  Malheureusement, connaissant Veunac…

Et dire que Veunac pourrait être le maire de la relance !

Quand on circule dans Biarritz, il est pourtant étonnant de voir comme l’idée a fait du chemin dans l’esprit des Biarrots, sans doute à cause du courage de conseillers municipaux comme François Amigorena ou Jean-Benoît Saint-Cricq, qui ont pris clairement position. Et la majorité municipale, même si elle hésite à sortir du bois, pense de même. Il n’est plus guère que Veunac pour continuer à clamer son « Moi vivant ! », ou un spécialiste des combats d’arrière-garde comme Patrick Destizon pour affirmer partout sur les réseaux sociaux qu’il ne faut « jamais vendre les bijoux de famille ». Et si, Monsieur le spécialiste des causes perdues, les bijoux de famille ont toujours servi en cas de mauvaise passe, à remettre à flot tout le monde. Regardons un peu les choses en face au lieu de se cacher derrière son petit doigt.

Aux dires de tout le monde, jamais Biarritz n’a été aussi sale, aussi mal entretenue. La voierie est dans un état pitoyable, on rapièce, on ravaude, sans jamais s’attaquer au fond du problème. Et est-il normal, en 2017, de continuer à déverser les eaux usées en douce après des grandes pluies au lieu de financer enfin des installations modernes, évitant aux visiteurs qui rêvent de baignades dans notre ville, les conjonctivites, otites et autres maladies de peau qu’on leur offre en prime ? Pour caricaturer, quel est l’intérêt de rénover à grand frais le Palais, si tout autour le touriste ne croise que des quasi-favelas.

Avec un peu d’imagination, Michel Veunac pourrait être un maire qui marque l’histoire de la Ville. Il franchit le pas, vend l’Hôtel du Palais, apure la dette de la Ville et profite de l’argent qui lui reste pour mettre enfin à niveau la Ville et avoir un geste fort envers les Biarrots, au lieu de privilégier systématiquement les touristes, comme la réalisation de cette piscine olympique qu’il avait promis dans son programme électoral avant de se dédire.

Mais, une telle décision demande une vision politique, de l’audace, de la témérité, du courage.

Peut-être pas les qualités premières de notre actuel maire qui, sans nul doute, va continuer à tergiverser, lambiner, procrastiner, hésiter, barguigner…

« Palace, Palace ! »

Homme ? Femme ? J’ignore absolument qui est « Biarritz observateur », mais ce qui est sûr, c’est que l’auteur du texte qui suit, adressé ce jour à « Bisque, Bisque, Basque ! », connait parfaitement Biarritz. Analyse du naufrage inévitable qui nous attend avec le capitaine Veunac à la barre.
hotel-du-palaisContrairement à la célèbre série télévisée « Palace » qui avait le don de nous faire rire en se renouvelant d’épisode en épisode, ce conseil municipal a replongé le biarrot dans la désolation tant le déni de réalité est omniprésent. La logorrhée veunacienne fondée sur le recours aux « meilleurs experts de France » est une rhétorique éculée dans une majorité divisée et qui laisse béante les deux boulets financiers que constituent la Cité de l’Océan et l’hôtel du Palais. Tant que ces deux ces dossiers ne seront pas pertinemment traités, le développement de Biarritz restera empêché avec en filigrane une hausse de la fiscalité prévisible pour maintenir le bricolage actuel… auquel ont contribué la plupart des anciens du conseil actuel. Voilà qui explique aussi la bourbe dans laquelle Biarritz se trouve.

Avec des historiques fort différents, ces deux dossiers ont en commun d’être aujourd’hui des abymes financiers dans lesquels sont déversés des flots de subventions publiques diverses qui obèrent tout redressement efficace. En millions d’euros annuel pour le concept mort-né de la cité de l’océan, en pure perte alors qu’éclatent aux yeux de tous (en particuliers des prescripteurs de congrès) les besoins impérieux de remise à niveau de voirie et des outils de tourismes d’affaires, de requalification urbaine (quartier du Port-Vieux), et de rehaussement qualitatif de l’offre commerciale actuellement en décalage avec l’image de Biarritz. C’est l’emploi des jeunes Biarrots qui en est pénalisé. N’évoquons pas ici ce qui devrait idéalement être mené en termes de requalification architecturale afin de réparer des erreurs urbanistiques (requalification de certaines façades ; volontarisme auprès de propriétaires de certains hôtels problématiques).
Quant à l’hôtel du Palais, activité déficitaire financée à bout de bras par le contribuable biarrot (via un loyer dérisoire), comment croire un seul instant que ce qui est avancé procurera autre chose qu’un endettement déraisonnable ? Comment croire qu’un maigre contrat de distribution (et non de gestion) permettra, un contexte géopolitique très peu sûr, d’atteindre des objectifs de chiffres d’affaires et de résultat ultra optimistes nécessaires au remboursement d’un prêt gigantesque (mais somme toute peu important par rapport aux besoins d’entretien d’un vrai palace dans une course effrénée à la personnalisation et à l’innovation) ? Biarritz n’est pas sur la carte mondiale du luxe et de surcroit son offre commerciale est encore inadaptée à une telle clientèle. Les Biarrots n’ont plus vocation à financer avec leur impôt une activité hôtelière qui ne ressort en rien à l’intérêt public. Cela n’est pas sérieux et le conseiller Saint-Cricq a raison d’alerter sur le risque que fait courir un tel bricolage. Le logiciel du passé lui continue bien de tourner dans les têtes de l’exécutif municipal. Tout cela sent l’ignorance du monde réel, la gestion paternaliste d’antan, la jouissance pour un maire de maintenir un pouvoir exorbitant sur quelques centaines de familles biarrotes via l’emploi au Palais. Ces salariés qui resteraient salariés de la Socomix seront les premiers pénalisés : ils ne bénéficieront ni des avantages salariaux de FS, ni de la mobilité et de la formation FS. S’il est persévéré dans cette voie hasardeuse, il faudra tout revoir en 2020. En attendant, les parts de marché seront gagnées par les concurrents.

Biarritz, capitale du surf budgétaire

L’argument en défense et servi telle une antienne sur le « logiciel du passé » relève d’ailleurs de la tactique éculée de l’attribution à ses adversaires de ses propres tares. Grossière ficelle. Surtout, le faible taux de réalisation des engagements pourtant votés qui a été soulevé par le conseiller Brisson reste, en dépit d’un comique effet de manche chiffré par l’adjoint aux travaux, inexpliqué…sauf à comprendre que Biarritz est une capitale du surf budgétaire dans la figure de style classique du décalage des travaux sur les exercices ultérieurs. Et l’on connait la musique : à l’issue d’un premier mandat, on en demande un deuxième pour faire « tout ce qui reste à faire ». La politique à la Grand Papa, c’est fort innovant.

La réalité que les Biarrots vivent au quotidien est pourtant indépassable, irréductible. On se demande parfois si le binôme municipal vit, marche et regarde Biarritz. Le quartier Port-Vieux attend un plan d’urgence pour le sortir de son abandon. En outre, Biarritz promet une AVAP mais n’a toujours pas de charte qualité d’occupation du domaine public soit le minimum d’une station classée pour un urbanisme commercial de qualité. Pire, en 2017 (!) La Rochefoucauld risque de voir arriver un nouvelle folie bétonnière et affairiste sur le BAB, imaginée par « l’ami » du Maire de Biarritz (voir et lire Mairie d’Anglet), ce cher Claude Olive, qui va faire passer son prédécesseur pour un futur prix Pritzker. Niant les besoins d’un rond-point, le béton s’apprête à se déverser, la banalisation de la RN10 à s’étendre aux portes de Biarritz en plein quartier à l’identité remarquable. Quels promoteurs faut-il remercier en contrepartie d’arrangements occultes au prétexte du logement social ? La réaction des habitants promet d’être vive. Cohérence en déshérence.

Le « Wipe out » final

La plongée en abyme fût pour la fin avec un entêtement inepte, servi par un esprit de clocher. Le bon sens, pratique et financier, impose à tout esprit responsable de ne s’engager dans l’onéreuse construction-maintenance d’une piscine de 50 m qu’à la seule échelle de l’agglomération voire de l’EPCI. On le voit, le projet n’est certainement pas mûr à ce stade et on ne comprend vraiment pas en quoi la construction précipitée d’un bassin de 25 m à la seule charge de Biarritz servant -logiquement d’ailleurs- une fréquentation d’habitants de l’agglo contribuerait à l’équilibre (financier) d’Aguiléra. Ici l’on trouverait soudainement 5 ou 6 millions d’euros quand l’urgence est ailleurs.

Un bon point pour l’adjoint à l’environnement qui, demandant du volontarisme dans l’exécution du Plan vélo (tout à fait bienvenu), laisse percevoir son opposition au tracé envisagé rue de l’Impératrice. Pour « ne pas pénaliser le stationnement des résidents», le flux sortant de voitures serait redirigé..vers les rues parallèles (Russie, Lavigerie/Alphonse XIII), voies résidentielles et encore plus étroites ! Une ineptie totale tant en termes de sécurité, de pollution et d’attractivité économique des grands hôtels de la zone. Comment peut-on ignorer à ce point les réalités de déplacement ? Oui au vélo mais avec un partage de bon sens. Faire de la place au vélo doit ici faire reculer le stationnement dans la rue, pas créer une nouvelle congestion.

Au résultat, les images des visages des conseillers municipaux montrent souvent de l’abattement, de la consternation presque une sidération et des colères rentrées. Jusqu’à quand ?

Biarritz Observateur

Les Borotra, ces grands pudiques

C’est la Cité de l’océan ou la Cité des enfants gâtés ?

Une directrice de la Cité de l’Océan qui rendait compte toutes les semaines, mais qui n’a pas jugé bon d’informer son patron, Didier Borotra, d’un contrat passé avec sa fille. Une jeune femme au chômage qui n’annonce pas à sa famille qu’elle a trouvé un travail. Un ancien maire qui, selon ses dires, apprend plusieurs semaines après, l’engagement de sa fille et en est « contrarié », mais pas au point d’empêcher la signature d’un nouveau contrat. Voilà le récit qui nous a été servi au tribunal correctionnel de Bayonne pour justifier les 35 000 euros perçus par Sophie Borotra, fille de. Et comme je ne suis plus partie civile dans cette affaire, ce qui me convient parfaitement maintenant que les faits relèvent de la place publique, me voilà donc libre de faire à nouveau du journalisme et de vous raconter cet après-midi plein d’enseignements au tribunal correctionnel de Bayonne.

UNE JUSTICE REMARQUABLE

C’était ma première incursion dans un tribunal du département et je dois dire que je ne risque pas d’oublier cette audience. Près de quatre heures consacrées à l’affaire, un président, Gérard Denart, qui connaît son dossier sur le bout des doigts et qui laisse le temps aux prévenus de s’expliquer, un procureur, Samuel Vuelta Simon, qui a lui aussi visiblement beaucoup travaillé et prononce un réquisitoire limpide, voilà une Justice qui mérite le respect et dont le verdict me donnera satisfaction, quel qu’il soit. Comme dirait Valérie Trierweiler, « Merci pour ce moment ! ». Contribuable biarrot, j’avais porté plainte pour savoir si de l’argent public avait été indûment perçu et j’ai le sentiment d’avoir quitté le tribunal, en fin d’après-midi avec des réponses à mes questions. Et les sourires affichés dans la salle pendant les explications des prévenus m’ont conforté dans mes sentiments.

ATTACHEZ VOS CEINTURES !

Il y a toujours un gag, lors d’une audience et celui-ci me fera rire longtemps. Au moment de franchir le portique de sécurité, je dépose comme tout le monde ma ceinture mes clés et mon téléphone dans une bannette. Comme je discute avec un confrère, je mets un certain temps à réaliser que ma ceinture force un peu et que le téléphone portable que j’ai en mains n’est pas le mien. Je croise alors le regard impavide de Didier Borotra qui fait semblant de ne pas me reconnaître et réalise soudain que je suis en train de me servir dans ses affaires personnelles. Quelques secondes de plus, et c’était le flagrant délit de vol à la tire…

PAUTRIZEL AU SUPPLICE

C’est Françoise Pautrizel qui est la première à répondre aux questions patientes et méthodiques du président : « À aucun moment, vous ne vous êtes dit en engageant Sophie Borotra, ça peut créer des problèmes ? », « Son inexpérience professionnelle ne vous a pas inquiétée ? », « Saviez-vous que Madame Borotra était dans une situation un peu précaire et aidée par ses parents ? » Et la malheureuse salariée de répéter d’une voix à peine audible : « Je ne suis pas sûre d’en avoir parlé à Didier Borotra », « ¨J’ai engagé Madame Borotra de ma propre initiative », « Didier Borotra n’a pas été informé de l’avenant » (prolongeant en mars 2014 de un an et 24 000 euros le contrat initial).

SOPHIE EN LARMES

Sophie Borotra vit visiblement très mal sa présence au tribunal. Elle s’échappera même pour verser quelques larmes lors d’une suspension d’audience. « Est-ce que vous saviez que votre père était président de la société d’économie mixte ? » La jeune femme ne peut qu’approuver. La situation se complique lorsque les juges lui demandent de dérouler son curriculum vitae professionnel, mince comme un recueil d’aphorismes. Les juges s’étonnent que la très méritante et inexpérimentée Sophie ait pu décrocher un contrat avec la ville de Biarritz six jours seulement après la constitution de sa société AGC. Sophie répète être venue « spontanément » rencontrer Madame Pautrizel, fin août 2013, et réaffirme : « Je n’en ai pas parlé à mon père, qui était très contrarié quand il l’a  appris ». La situation se complique quand le président cherche à savoir si AGC avait décroché d’autres contrats. « Un seul petit contrat », sur un marché public à Pau. La filière MoDem sans doute ? Ensuite, un ange passe quand la fille avoue qu’elle a été assistante parlementaire de son sénateur de père, lors de son séjour en Amérique du Sud… C’est Pénélope qui va être jalouse !

DIDIER-RÉPONSE-À-TOUT

Question confiance en lui, l’ancien maire de Biarritz n’est visiblement pas en retraite. Le président devra même rappeler à l’ordre plusieurs fois l’ancien maire pour qu’il le laisse terminer ses questions avant de répondre. « Je n’ai pas participé à la négociation ni à la décision de ce contrat ». Sortant de son sac, le contrat signé entre la Cité de l’Océan et sa fille, le maire plastronne : « Comment Madame Pautrizel rendait compte ? Par l’intermédiaire de l’administration municipale ». Décidément, que ce soit avec sa police municipale ou son administration, Didier avait beaucoup de soucis… « J’ai appris que ma fille avait signé un contrat à la sortie d’une réunion quand la directrice de la Cité de l’Océan m’a dit : Je suis très contente du travail de votre fille ». Contrarié et tombant visiblement des nues, Borotra père aurait pu mettre fin à ce contrat, ce qu’il s’est bien gardé de faire puisqu’il a été renouvelé en mars 2014, quelques jours avant son départ de la mairie, mais là encore l’ancien maire a une explication. « Il est très difficile d’interrompre un contrat de droit privé. Trois de mes adjoints étaient candidats les uns contre les autres et la situation était tendue. Mon souci, c’était Biarritz et passer cette période politiquement difficile. Je me suis dit que puisque ma fille faisait du bon travail… »

L’IMPLACABLE RÉQUISITOIRE

Des arguments qui n’ont visiblement pas convaincu le procureur Vuelta Simon qui va mettre à mal les arguments évoqués, tout en faisant allusion à l’affaire Fillon, présente dans tous les esprits : « Si nous n’étions pas dans une situation nationale compliquée en termes de probité d’élus, cette audience serait sans doute beaucoup plus détendue ». Et le procureur de décocher ses flèches méthodiquement : « Pour quelle raison externaliser une prestation ? Je me le demande ! » En effet, un contrat d’un montant de 120 000 € avait été signé avec Suez Environnement pour des prestations identiques à celles proposées par Sophie Borotra. « Dans les Pyrénées-Atlantiques, une concurrence farouche existe entre les cabinets de consulting » poursuit le procureur qui s’étonne quelque peu de l’inexpérience de Sophie Borotra. « Le contrat initial (signé en septembre 2013) se résume à huit lignes en stylé télégraphique et l’avenant (signé en mars 2014) à quinze lignes ». Et, petite décoration sur le paquet cadeau, l’autoentreprise AGC n’avait ni assurance ni garantie professionnelle, ce qui arrachera un ironique « Formidable ! » au procureur qui se demande si la constitution de la société AGC n’a pas servi avant tout à masquer le nom trop voyant de Sophie Borotra. « Si ce consultant se présentait dans n’importe quelle entreprise publique ou privée, je doute qu’il serait engagé en six jours »

Outre le viol de la loi puisqu’il n’y a eu ni appel d’offres, ni publicité, ni concurrence, le procureur remarque que l’avenant au contrat a été signé vingt jours avant les élections municipales qui mettaient fin à la vie publique de Didier Borotra, ce qui est sans doute un pur hasard. La conclusion est donc limpide : « La responsabilité des prévenus est avérée. L’élément intentionnel se déduit des faits. Personne ne sait rien, personne ne voit le mal à part le parquet. » Un an de prison avec sursis, 35 000 € d’amende et une privation des droits civiques sont requis contre Didier Borotra, 15 000 € d’amende et trois mois avec sursis contre Sophie Borotra, et 6 000 € d’amende contre Françoise Pautrizel.

LES AVOCATS RAMENT ET ATTAQUENT LA PRESSE

Les trois avocats, Alain Astabie pour Madame Pautrizel, Jean-Baptiste Bordas pour Sophie et Daniel Lalanne pour Didier Borotra donnent l’impression de ramer beaucoup pour défendre leurs clients, ce qui n’est pas illogique dès lors qu’il s’agit de la Cité de l’Océan. Ils s’efforcent de démontrer qu’un appel d’offres n’était pas nécessaire dans le cas présent et plaident la relaxe pour leurs clients, Didier Borotra parce qu’il ne savait pas et les deux autres pour cause d’ignorance de la loi. Maître Astabie, du barreau de Bayonne, se lance même dans une attaque en règle de l’article de Sud Ouest, rédigé par Muriel Bonneville, à l’origine de l’affaire. Selon lui cet article est truffé d’inexactitudes puisqu’on parle de 48 000 € alors que Sophie Borotra n’a effectivement perçu que 35 000 €.

Un argument pour le moins curieux qui tendrait à faire croire qu’il existe des petites et des grandes prises illégales d’intérêt. Le métier de journaliste est comparable à celui de mineur de fond, comme le prouve actuellement le remarquable travail du Canard enchaîné avec la famille Fillon. On cherche, on fouille parfois un peu à l’aveugle avant de ramener à la surface une pépite mal dégrossie que l’on polira ensuite seul ou avec l’aide des confrères. Cette pépite a un nom : la vérité.

Maître, votre façon, pour tenter d’épargner votre cliente, de vous en prendre grossièrement à un journal qui a bien fait son travail, tombe plutôt à plat. Avez-vous conscience, alors que chaque semaine nous amène une nouvelle fournée de scandales politiques en tous genres et d’abus de pouvoir, que sans une presse libre et indépendante, il n’est de démocratie possible ?

Jean-Yves Viollier

 Demain  : Contrat de Sophie Borotra : Veunac savait

On ne réveille pas une opposition qui dort

 

Sophie et Pénélope, même combat ?

Sommée de s’expliquer sur son maigre parcours professionnel, Sophie Borotra a fait sursauter toute l’assistance en affirmant que lors de son séjour en Amérique Latine, elle avait été « pendant trois à six mois » attachée parlementaire de son père. Lors d’une interruption de séance, Didier Borotra a expliqué qu’il était nécessaire de convaincre certains maires de grandes villes de rejoindre le Foro, le forum des amitiés Biarritz-Amérique du Sud. Seul petit hic, cette organisation était purement municipale et ne concernait en rien le sénateur des Pyrénées-Atlantiques qu’était Didier Borotra.  Son indemnité parlementaire n’aurait donc jamais dû servir à cet usage, mais Didier Borotra arguera sans doute du fait qu’il s’est contenté d’imiter Fillon et se fera un plaisir de nous révéler combien il donnait chaque mois à sa fille.

Philippe Morel : « Borotra était le patron pour tout »

philippe-morelAbsent de l’audience, l’ancien patron pendant neuf mois de la SEM, Philippe Morel est un peu tombé de sa chaise en lisant « Sud Ouest » : « Didier Borotra était le patron de tout et nous ne pouvions même pas acheter des crayons sans son autorisation. Quand il dit qu’il n’était au courant de rien, ce n’est pas vrai ». Il raconte comment il a été viré de son poste en vingt secondes : « Didier Borotra est venu me voir. Il m’a dit la ville de Biarritz, c’est moi et je reprends la présidence ». C’était son droit le plus absolu et je n’ai strictement trouvé rien à y redire. Je lui ai juste demandé si je pouvais être vice-président et il m’a répondu non, car il voulait que les quatre courants de sa majorité soient représentés au conseil d’administration. »

Mais à part ça, Didier Borotra ne savait absolument pas ce qui se passait à la Cité de l’Océan.

Une nouvelle soirée tragico-comique

hotel-du-palais-003Un lecteur, sous le pseudo de « Biarritz Observateur » nous a envoyé un commentaire particulièrement intéressant en complément de notre article « Cancres un jour, cancres toujours ». Nous ne résistons pas au plaisir de publier son texte.

Iraty et un débat œcuménique …forcément puisqu’il s’agit de lancer de nouvelles études et concertation avec des réalisations…pour 2025-2030. « Voyons loin » pour ne pas dire tout ce que l’on ne fait pas aujourd’hui après une moitié de mandat ! Comique.

Sur l’Hôtel du Palais, entre les lignes rouges de l’un et les citations croquignolesques de l’autre, Biarritz reste bloquée aux années 50, comme l’a pertinemment fait remarquer Madame Darrigade à propos de Guy Petit et de son intuition « géniale » (Mieux vaudrait rechercher une solution architecturale pour le Victoria Surf de l’époque Guy Petit mais quand on n’arrive déjà pas à réorienter la Cité de l’Oh Néant…). Pourquoi ne pas remonter à Saint Martin ?

Preuve que l’aveuglement n’a pas de frontière politique, aucun n’ose demander la cession des murs comme cela se fait partout ailleurs dans le monde. Mais non, à Biarritz, ces Messieurs sont « responsables » avec l’argent du contribuable biarrot !
Allons donc pour un emprunt de 50 millions d’euros porté par la Socomix donc le contribuable, comme l’a expliqué Monsieur Saint-Cricq, avant d’être accusé de briser la confidentialité et de mettre en danger les négociations. Comme si Four Seasons se sentait menacé par un débat en Conseil municipal, quelle pantalonnade ! Michel Veunac se contredit d’ailleurs puisqu’il reconnait hier soir qu’il n’y a pas grand-chose à négocier dans ces contrats d’adhésion.

Veunac veut tout et ignore tout

Au résultat, Veunac veut tout, comme un enfant capricieux et ignorant de la réalité du secteur hôtelier après moult études payées à grand frais : un classement Palace, une ouverture à l’année (Saint-Jean-Cap Ferrat est fermé six mois par an alors qu’il appartient à des privés), garder la maitrise de la Ville sur le personnel (vit-on encore en économie administrée ? ou ne faut-il pas déplaire à quelques familles ?) et la rénovation ultra-luxe exigée par le futur marié (haut de fourchette de 50 millions en lieu et place de 35 millions semble-t-il avancés par les autres concurrents)….MAIS avec la garantie du contribuable biarrot, principalement, et …de la Caisse des Dépôts, la vieille dame du bon secours pour les causes difficiles.

Une mauvaise analyse qui conduit à faire porter les risques (non théoriques) aux Biarrots via la dette. Or avec un ratio de dix ans la dette de Biarritz est déjà colossale.
Monsieur Saint-Cricq a raison d’attirer l’attention avant que tout ne soit ficelé… Comme cela s’est passé avec la Cité de l’Océan et le PPP fiasco qu’on enseigne désormais aux étudiants en droit. La conjoncture géopolitique est très incertaine en Europe (cf le marasme de l’hôtellerie de luxe à Paris et sur la Côte d’Azur – 1 milliard d’euros de recettes en moins en 2016) …mais Biarritz et ses 26 000 âmes brillerait aux quatre coins du monde pour attirer toute l’année des clients ? Les prévisions très optimistes du futur marié, Four Seasons, ne seraient donc pas ou peu risquées ? Irréaliste.
Soit il faut descendre d’un cran vers un cinq étoiles, luxe, bien géré et rentable (ce que n’est pas l’Hôtel du Palais aujourd’hui et ce que ne propose pas Four Seasons qui veut un programme d’investissement colossal), soit il faut céder les murs avec garantie de la destination hôtelière du bâtiment, dont la vente servira en partie à financer la rénovation voulue par Four Seasons.

Cité de l’Oh Néant : 33 visiteurs en plus chaque jour

Quant à La cité de l’Oh Néant, l’information donnée par le maire est savoureuse : 1000 entrées supplémentaires (gratuites ou payantes ? en août 2016. Calcul fait : soit 33 entrées supplémentaires par jour …pour un investissement 2016 programmé de 1,140 millions. Tragique ! Qui peut supporter une telle gabegie ?

Enfin Aguilera : la grossière technique du flou, celle que préfère Veunac assortie de quelques saillies pontifiantes : Je vous fais une cote mal taillée à 250 logements maximum, entendons-nous, mais je vous refais les tennis. Ne me remerciez pas…On sent poindre le « respect » pour les Biarrots. Aucune assurance donnée sur l’esthétique de ces futurs bâtiments (il faut pourtant impérativement respecter le style néo-basque du quartier, les Biarrots sont excédés par l’expérimentation bétonnée) ni sur leur hauteur (R+ ?) et encore moins sur le devenir du terrain Bendern, auquel les biarrots tiennent plus que tout, autant pour sa valeur sportive, architecturale qu’historique (quel promoteur local, acheteur d’études passées, faut-il remercier ?)

En attendant, Biarritz perd des part de marché dans les congrès, ses principaux outils économiques deviennent obsolètes faute d’entretien régulier, ses rues et trottoirs sont d’un autre âge et le commerce biarrot n’est pas accompagné collectivement vers le haut de gamme (pas de charte qualité d’occupation du domaine public, pas de résolution des conteneurs enterrés dont certains pourrissent l’image de commerces devant lesquels ils sont placés, pas de végétalisation des grandes artères commerçantes grisées par la pierre de Chine ; pas de requalification du quartier Mazagran-Port-Vieux…). La « proximité » qui était l’engagement de campagne du tandem élu n’est vérifiée que lorsqu’il s’agit de ponction fiscale. Pour le reste, le vide et le localisme révèlent une cruelle absence de vision pour Biarritz. Tragique !

Biarritz Observateur

 

Cancres un jour, cancres toujours !

Michel Veunac n’a pas besoin de dire qu’il serre les fesses à l’idée d’emprunter 50 millions d’euros pour rénover l’Hôtel du Palais, ça se voit.

Les profs appellent cela le « syndrôme de septembre ». Même les derniers de la classe, au moment de reprendre le chemin de l’école après les vacances d’été, se veulent plein de bonnes résolutions. Malheureusement, l’illusion se dissipe très vite.  Lors du conseil municipal du 28 septembre, l’espoir a duré plus d’une heure. L’écolier Veunac semble soudain presque capable d’endosser le costume de maire de Biarritz, il est presque capable de dialoguer avec son opposition, presque capable de reconnaître ses erreurs. D’où un début de conseil de très bonne facture où les élus discutent de l’aménagement d’Iraty, « un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer » selon Veunac, tandis que Saint-Cricq approuve l’idée de construire un nouveau pont pour désengorger le quartier de la Négresse et que Brisson fait remarquer judicieusement qu’il existe « des mixités compliquées » et que la cohabitation entre logements sociaux et centres commerciaux ne se passe pas toujours au mieux.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Chassez le prêt-à-penser et il revient au galop ! Pour conclure le débat sur Iraty, Michel Veunac ne peut s’empêcher d’avoir une de ces phrases creuses qu’il affectionne tant car il a soudain l’illusion d’être devenu visionnaire et finirait presque par se croire maire : « C’est un grand projet pour la Ville. Ce sont d’autres qui le feront aboutir. Mais un élu se doit de voir près et de voir loin ». Heureusement, l’élève qui peut envisager la classe supérieure ressurgit lorsque Maïder Arostéguy lance le débat sur le projet Aguilera. Veunac fait preuve d’une désarmante franchise sur ses lambinages passés : « L’opération a connu un peu de mou (…) Aguilera est un plateau sportif. Nous allons requalifier les équipements sportifs existant et en rajouter (…) Dans les zones périphériques, on peut faire 250 logements sociaux » Ce n’est pas une très bonne nouvelle pour le poumon vert de la Ville, mais le dialogue est là et un instant le doute nous taraude. Et si Veunac n’était finalement pas aussi catastrophique qu’on l’a imaginé ?

« Fanfaronner, ce n’est pas mon style » (sic)

Malheureusement au bout d’une heure et quatre minutes à peu près respectables, ressurgit le Veunac des phrases longues et des idées creuses. Sur la Cité de l’océan que tout le monde a vu déserte tout l’été, le cancre patenté se sent obligé d’en faire dix louches d’eau salée : « Je voudrais sans fanfaronner, car ce n’est pas vraiment mon style, vous dire que les derniers chiffres de Biarritz Océan montrent que le plan de redressement nous permet de progresser. » Quand on part de zéro, on ne peut effectivement qu’avoir de bonnes surprises !

Et l’on en arrive au gros morceau de la soirée avec cet emprunt de 50 millions d’euros qu’envisage de faire la SOCOMIX pour restaurer l’Hôtel du Palais et attirer le groupe hôtelier Four Seasons. Un peu comme si vous disiez à votre propriétaire pour l’appartement que vous lui louez : « Je suis prêt à vous verser 10 euros de loyer mensuel supplémentaire, si vous me faites cinq millions d’euros de travaux ». Une décision folle, quand on connaît l’endettement de la Ville et qui a été dénoncée dans ce blog par Max Brisson et Jean-Benoît Saint-Cricq.

https://jeanyvesviollier.com/2016/08/13/hotel-du-palais-oui-mais-en-partenariat/

https://jeanyvesviollier.com/2016/08/12/saint-cricq-debusque-un-nouveau-lievre/

Tandis que Jean-Benoît Saint-Cricq explique les risques que prend la Ville, « La Socomix, voilà bien un singulier montage biarrot ! » et demande « un débat aussi large que possible », Max Brisson parle de « deux lignes rouges à ne pas franchir », « La vente du fonds, c’est une solution économique mais pas politique, car les risques que cela entraînerait, y compris pour le personnel pourraient être nombreux, tandis que l’autre ligne rouge, c’est « La Socomix et le partage du risque ». Frédéric Domège approuve : « La Ville doit rester propriétaire et les Biarrots sont très fiers de leur navire amiral », tandis que Bénédicte Darrigade se montre beaucoup plus nuancée : « Le volet financier m’inquiète. Vous prenez des risques majeurs et inconsidérés. Certains de nos concitoyens seraient prêts à abandonner le label Palace. »

Micro coupé façon Borotra

Et que fait l’élève médiocre ceint de tricolore pendant ce temps ? Il coupe le micro à Jean-Benoît Saint-Cricq, retrouvant les réflexes du tyran Borotra, avec cette vieille ficelle : « Vous vous appropriez la parole des Biarrots ! », la joue cachottier « Je suis au cœur d’une négociation, je ne veux pas la voir sur la place publique ! » avant d’avoir ce double aveu qui en dit long sur l’imagination du duo Veunac-Lafite : « Soixante ans plus tard, l’intuition géniale de Guy Petit, je vais la poursuivre ». Veunac menant en 2016 une politique des années cinquante, voilà qui est rassurant, avant de répondre plus spécifiquement à Bénédicte Darrigade : « Ces inquiétudes, je les entends, je les comprends, je les partage ! » Pas de doute possible, si même Veunac ne sait pas où il va, l’Hôtel du Palais est bien parti !

L’insupportable Lafite

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Monsieur je-sais-tout-et-je-ne-me-trompe-jamais a encore sévi…

Et c’est alors que le fort en thèmes Guy Lafite, qui doit avoir des douleurs chroniques aux cervicales, à force de hocher la tête avec mépris pendant tout le conseil, et une tendinite au cou à force de se rengorger d’autosatisfaction béate, se croit obligé de venir au secours de son seigneur et maître. Oubliant complètement le fiasco de la Cité de l’Océan dont il est en grande partie responsable avec Veunac et Brisson, l’énarque affirme « être entouré pour ce dossier des meilleurs experts » Ceux-là même qui ont annoncé que la Cité de l’Océan allait attirer 450 000 visiteurs ?

Et finalement, comme lors de l’année scolaire précédente, le spectateur qui a enduré les trois heures et vingt-quatre minutes de ce conseil, se demande qui il préfère du mauvais élève sympathique mais peu doué ou du premier de classe qui sait tout sur tout et n’écoute personne.

Avec deux cancres de cet acabit, la Ville a vraiment du souci à se faire !

Au purgatoire avec Lafite…

Nous avons très peu échangé avec Guy Lafite, mais il incarne totalement avec son invraisemblable arrogance, sa technocratie et son refus de reconnaître ses erreurs, la gauche que j’exècre. Ma main à couper qu’il va voter Macron à la prochaine présidentielle ! Et dans mes pires cauchemars, il m’arrive de m’imaginer au purgatoire avec le grand Saint-Pierre qui me laisse le choix entre discuter deux heures avec Guy Lafite ou boire une bouteille du Bordeaux produit par Alexandre de La Cerda. Sachant que l’enfer serait de discuter toute une journée avec Lafite en dégustant du vin de La Cerda !

Le plus beau voyage immobile de Biarritz

Attention danger : vous allez rentrer pour cinq minutes et ne pas voir l’après-midi passer !

C’est une discrète maison adossée à la tribune Serge Kampf, juste en face de l’entrée du Stade Léon Larribau. Elle ne paie pas de mine et pourtant ce musée des anciens du BO contient des trésors et peut vous offrir des après-midis autrement plus enchanteurs qu’une séance de rôtissage à la plage. « Le Stade Toulousain et L’ASM sont déjà venus au renseignement, pour savoir comment nous avons réussi à constituer une collection aussi importante. Eux aussi aimeraient bien avoir un musée consacré à leur équipe favorite », reconnaît avec fierté le président de l’amicale des anciens du Biarritz Olympique, José Urquini, que tout le monde appelle Julio.

Julio Urquini ne se contente pas d’accueillir les visiteurs. Il classe et ordonne toutes les coupures de presse sur son cher BO.

On dit que le rugby fait de vilains vieux, mais Julio est la démonstration faite joueur qu’il ne faut pas se fier aux adages. Malicieux et pétillant, il a porté les couleurs de l’équipe première du BO, au poste de trois-quarts centre, de 1953 à 1955, et ne jure plus que par le rouge et blanc depuis. Exilé à Paris pour raisons professionnelles, le club lui payait le billet de train pour qu’il puisse fouler le carré d’herbe d’Aguilera (C’est ainsi qu’il a pu jouer en championnat contre Limoges ou le redoutable Racing de Crauste, Moncla et Marquesuzaa), avant de lui trouver un job au musée de la mer, ce qui était tout de même nettement plus pratique pour ce joueur de devoir qui se qualifie lui-même de « pas plus doué que cela, mais vaillant ». Et depuis cette époque, Julio conserve toutes les coupures de presse qui lui passent entre les mains.

Questions trophées, le BO n’est pas démuni…

« J’ai commencé à archiver tout ce qui concernait le club de plongée de l’USB, dont j’étais membre et puis, tout naturellement,  j’ai continué avec mon cher BO » Et comme Julio et ses copains, les Darrieussecq, Ithurbide et autres, qui se partagent tour à tour la garde de ce musée, totalement gratuit, disposent d’un sacré réseau et de solides amitiés auprès des joueurs, c’est une formidable déambulation dans le rugby biarrot qui nous est proposée. Là un trophée, là un maillot dédicacé et partout l’émotion omniprésente pour ce club qui nous a tant fait rêver. Clin d’œil datant de l’époque où le rugby était véritablement amateur, on peut voir ainsi le réveil de voyage, offert à Michel Celaya, à l’occasion de sa première tournée avec l’équipe de France, mais aussi des photos du jeune Rabagny à l’école de rugby, ou de Serge Blanco quand il était junior. Et puis toutes ces images de liesse des joueurs et de la foule en rouge et blanc à chaque fois que ce club a soulevé le bouclier de Brennus. Éric, 10 ans, venu avec ses parents du Nord, et qui rêve d’un destin similaire à celui de Slimani ou de Ben Arous est subjugué.

Pour cette famille du Nord, passionnée par le rugby, le musée est une aubaine.

Les parents, qui sont visiblement moins rugby que leur fils, apprécient que des objets et photos concernant toutes les sections amateurs du BO figurent aussi dans le musée, des basketteuses féminines de l’immédiat après-guerre aux vainqueurs de la section tennis, en passant par le rink-hockey.

L’appel du soleil est trop fort. Après une longue discussion avec Julio et un court passage par la salle du premier étage où se trouvent toutes les archives papier minutieusement classées, la famille nordiste prend la direction de la plage, avec un fils au sourire aussi immense que le Stade de France. Avec un éclectisme qui honore les maîtres d’œuvre de ce musée, sont pourtant regroupés, à raison de cinq ou six classeurs par saison, tous les articles de Sud Ouest, Midi Olympique ou de L’Équipe, concernant le BO, mais aussi les exploits et vicissitudes de l’équipe de France et même, ce qui montre une ouverture d’esprit plutôt sympathique, les principaux articles évoquant les « amis-ennemis » de l’Aviron bayonnais.

Musée 09Et en plus, cerise sur la télécommande, si vous le souhaitez, le préposé à la garde du BO, est prêt à vous installer confortablement dans un fauteuil pour vous permettre de regarder les principaux matches de Coupe d’Europe ou de championnat de France de ceux qu’on appelait au début de ce siècle Les Galactiques.

Trois fois que je viens à ce musée et je ne m’en lasse pas, tellement le voyage immobile proposé est superbe !

Cherchez l’erreur !

Au lieu de se ruiner avec des spécialistes qui sont bien incapables de remettre à flot la Cité naufragée, Michel Veunac serait bien inspiré d’envoyer en stage chez les petits poucets du musée des anciens du BO, le personnel de la Cité de l’océan. Très vite ils comprendraient que les visiteurs sont intéressés par les histoires locales et qu’ils se fichent éperdument du grand requin blanc d’Afrique du Sud ou des abysses chinoises, quand ils visitent le Pays basque. D’un côté, un musée gratuit, passionnant et ancré dans le vécu des gens, de l’autre une ruineuse et inintéressante Cité de l’Océan à plus de 15 euros l’entrée. Il y a un problème ?