Les génies définitifs de la Cité de l’océan

Autobus Cité de l'Océan

(Photo Mathieu SUDRES)

Voilà qui va consoler les habitants d’Anglet, Boucau, Bidart ou Bayonne, qui renaudent un peu à l’idée de mettre la main à la poche, encore et encore pour cette Cité de l’Océan où les visiteurs sont à peu près aussi fréquents que les poils sur la poitrine d’un enfant de trois ans. Qu’ils se rassurent, l’argent public est bien utilisé, comme en témoignent l’étude à 48 000 euros confiée à Sophie Borotra sur les économies à réaliser (… avec le succès que l’on sait!) ou cette affiche, à l’arrière des bus, pour inciter les gens à se munir de leur bouée et oser enfin entrer dans la Cité maudite…

Nul doute n’est possible : il a fallu un séminaire de réflexion d’au moins six semaines, regroupant la fine fleur de la créativité publicitaire, alliée à l’élite de l’aristocratie municipale et à une direction hautement qualifiée, avant de concocter ce slogan qui va amener des cohortes de visiteurs aux portes de la Cité naufragée : « L’océan, pourquoi, comment?« 

Et pour 2016, la prochaine campagne sera « L’océan, où et quand « ?

Incantation ne vaut pas action…

Orage

L’orage menace la Cité de l’océan, mais entre les opposants qui ne s’opposent pas et les élus de la majorité qui font assaut d’esprit courtisan pour louer le grand sorcier Veunac, capable de faire tomber la pluie, les Biarrots ont vraiment de quoi se faire du souci.

C’était le dixième conseil municipal présidé par Michel Veunac, jeudi 23 juillet,  depuis son élection en 2014. Et sans conteste le plus nul de tous! Entre les opposants prudents, façon Domège ou Darrigade qui s’opposent sans trop vouloir fâcher le maire, les opposants toujours d’accord avec le maire, au moins jusqu’aux élections régionales, façon Brisson, les repentis, style Claverie ou Destizon, qui font assaut de flagornerie  pour faire oublier leur hostilité passée à la Cité de l’océan (une indemnité d’adjoint, c’est précieux!), et les révoltés d’une seule séance, comme François Amigorena, sagement rentré dans le rang cette fois-ci (encore une indemnité d’adjoint!), on a envie d’inventer un décret municipal interdisant à Jean-Benoît Saint-Cricq de prendre des vacances, pour qu’il y en ait au moins un dans cette assemblée qui offre aux Biarrots une parole de bon sens, libre et dénuée de calculs à court terme.

Encore un million à payer pour les Biarrots à la rentrée

Car disons-le tout net, on vient d’assister à un double enfumage, cette semaine à l’Agglo et à la Ville. La députée Colette Capdevielle a raconté les conditions de vote surréalistes, mercredi soir, qui ont amené les élus de l’Agglo à entrer à hauteur de 400.000 € dans le capital de la Cité de l’océan : pas un document, un chiffre, un élément de réflexion à disposition des élus, priés de voter sans barguigner! Jeudi soir, à Biarritz, dans la salle du conseil municipal, mêmes esquives des questions qui fâchent. Après le 1,5 million d’euros accordés au BO, voilà encore 800.000 euros qui s’échappent de la trésorerie municipale entre l’entrée au capital à hauteur de 400.000€ et la baisse de la redevance pour la même somme. Mais ce n’est qu’un début et la ponction va se faire encore plus amère dans les semaines à venir!

En privé, tous les élus ne parlent que de la décision de Michel Veunac, de se tourner à nouveau vers la Région, L’Agglo, le conseil départemental et… la ville de Biarritz pour trouver à la rentrée 6 millions d’euros afin d’investir dans de nouvelles attractions après avoir recapitalisé la Cité naufragée. Et tous les élus sont à peu près d’accord pour dire que la douloureuse devrait s’élever pour les Biarrots à un million d’euros. Alors comment se fait-il qu’il ne se soit pas trouvé un seul élu pour poser la question publiquement au lieu d’encenser pendant toute la séance le maire pour la façon dont il a conduit ce dossier?

Je te tiens, tu me tiens par la barbichette…

Quel lien entre le ludo-scientifique et l’économie de la mer?

De la même façon, le grand sorcier Veunac, roi de l’incantation qui remplace l’action, (« Je vais vous faire aimer la Cité de l’océan!« ) a longuement expliqué qu’il fallait désormais résolument se tourner vers l’économie de la mer. Excellente idée, mais comment? On aurait aimé qu’un conseiller municipal insiste un peu et demande quelques éléments de réponse à notre brillant sorcier, qui comme ceux qui font la danse de la pluie, se disent qu’un jour ou l’autre elle finira bien par tomber! Allez savoir, peut-être qu’un jour un visiteur va rentrer spontanément à la Cité de l’océan!

Quel lien entre la quincaillerie obsolète et ringarde qui peuple l’actuel bâtiment de la Cité de l’océan, et l’économie de la mer? Nul ne le sait, et Veunac s’est bien gardé de l’expliquer, mais aucun des élus n’a eu la curiosité de poser la moindre question. Veunac s’apprête une nouvelle fois à lever des fonds publics, alors que ce n’est pas le rôle de l’Agglo ou de la Région, pour « investir ». Comme un alchimiste un peu ridicule, persuadé d’avoir trouvé la recette pour transformer le plomb en or, il nous annonce une nouvelle attraction sur le surf. Ce qui semble confirmer qu’il veut continuer avec la même société marseillaise qui lui a vendu ce ludo-scientifique des années 50. Et personne ne lui pose de questions? Et tout le monde trouve cela normal? Eh, les conseillers municipaux, vous vous souvenez que vous êtes censés être les porte-paroles des Biarrots et non les cireurs de pompes du porteur d’écharpe tricolore?

Si Veunac avait un tout petit peu de respect pour les administrés qui l’ont fait roi, il organiserait un référendum, qui coûterait à la Ville beaucoup moins cher que tous les donneurs de leçons (Nausicaa, L’aquarium de la Rochelle, Le Futuroscope…) qu’il a fait venir au chevet de la Cité naufragée., Et l’on saurait enfin si les Biarrots voient un quelconque avenir ludo-scientifique à la Cité de l’océan ou souhaitent que l’on en finisse définitivement avec cette quincaillerie informatique d’un autre âge, qui n’intéresse personne. La population qui décide, au lieu du maire tout seul, voilà qui aurait de l’allure…

Mais quand on a fait ses classes sous Borotra…

 

Les doutes de Maïder Arosteguy

Maïder Arosteguy n’a pas apprécié que le conseil municipal soit  déplacé à fin juillet, l’empêchant d’y participer. Fort gentiment, elle a adressé, la semaine dernière, un texte à « Bisque, bisque, Basque! » :

« Je ne serais pas à ce conseil municipal. Une fois de plus les dates ont été changées! Mais, en accord avec le président du conseil départemental, je voterai pour la recapitalisation de la SEM.

Je suis, en revanche, formellement opposée à toute nouvelle subvention d’investissement et je l’ai dit à Jean-Jacques Lasserre. Je transige donc sur le capital et souhaite qu’une fois remise en état, la machine puisse repartir sur des bases saines et nouvelles. Enfin, nouvelles, j’en doute.

C’est le dernier geste destiné à remettre l’outil sur les rails. Mais c’est le cœur lourd que je me prête à ce marché de dupes ».

Cité de l’océan : l’indignation de Capdevielle et Etcheto

colette-capdevielle--henri-etcheto« Du jamais vu!« . La députée socialiste Colette Capdevielle ne s’est toujours pas remise du vote sur l’entrée de l’Agglo au capital de la Cité de l’océan qui a eu lieu, mercredi soir. Avec Henri Etcheto et la communiste boucalaise Marie-Josée Espiaube,  le trio s’est donc opposé à cette dépense de 400.000€, qui n’a pas semblé poser problème aux autres conseillers.

«  De toute ma carrière politique, je n’ai jamais vu cela. On ne nous a pas fourni un seul document pour nous aider à réfléchir. Et la délibération tient en une page et quart ». Colette Capdevielle n’en revient pas que l’on puisse utiliser l’argent public à des fins aussi discutables et esquisse un avenir qui va faire frémir les contribuables de l’Agglomération : « L’Agglo vient de participer à une recapitalisation de 1,6 million d’euros, mais on parle déjà pour octobre prochain d’une rallonge pour investissements de 6 millions d’euros. Ce dossier m’inquiète. Comme conseillère intercommunautaire, je vais le suivre particulièrement. »

« Ce dossier aussi grave mérite la transparence »

« C’est extraordinaire! On découvre soudain un côté communautaire à cet espace jusque-là spécifiquement biarrot » s’indigne la députée. C’est gentil de penser aux copains quand les déficits surgissent! « Un dossier aussi grave doit être conduit dans la transparence et non en passant des délibérations le 22 ou 23 juillet quand tout le monde a la tête aux vacances« .

Au passage, l’élue socialiste fustige le fonctionnement fort peu démocratique de l’Agglomération : « On aura une véritable intercommunalité et non une politique de guichet quand il y aura des élections démocratiques pour désigner les membres de l’Agglomération. Cinq communes importantes du pays basque gèrent des millions d’euros, alors que les décideurs de cette Agglo n’ont comme légitimité qu’une élection municipale ».

Et Colette Capdevielle d’enfoncer le clou avec Michel Veunac : « Bien sûr que Michel Veunac aurait dû consulter la population et organiser un référendum! »

 Exactement ce que Bisque, bisque Basque! demande.

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Le texte de Colette Capdevielle

Plan de restructuration et de relance économique de la SEM Biarritz Océan

 

Cette délibération pose 4 questions majeures :

 

  1. Une question éthique: désormais, les habitants de Bayonne,  d’Anglet, de Bidart et de Boucau vont payer pour un équipement « hybride », pseudo ludico-culturel spécifiquement biarrot, que souhaitait à l’époque, seul contre tous, l’ancien maire de Biarritz. Que s’est-il passé pour que soudain l’ensemble des élus de l’Agglo considèrent que cet équipement a une vocation communautaire ?  

 

  1. Une question d’information et de transparence: Où sont les documents annexes ? Peut-on voter une telle somme sur la base d’une simple page recto/verso ?

–          Le bilan moral et financier de la SEM ?

–          Les chiffres récents du Musée de la Mer et de la Cité de l’Océan ?

–          Les diagnostics évoqués dans le rapport ?

–          Que sait-on des investissements cités dans la délibération, ceux concernant les nouveaux contenus pédagogiques et les nouveaux programmes de marketing ?

–          Combien les partenaires privés vont-ils apporter ?

 

  1. Une question de cohérence des politiques publiques: je m’interroge sur le contenu du plan de relance économique. Croit-on sérieusement que ce sont quelques casques de réalité virtuelle qui permettront de faire venir 150 000 visiteurs supplémentaires pour atteindre la barre de rentabilité des 450 000 spectateurs ?

–          Soit la Cité de l’Océan à une vocation touristique et l’équipement doit être transformée en véritable musée du surf, musée de l’Océan

–          Soit l’équipement a une vocation plutôt technologique et scientifique, en lien avec le développement d’une nouvelle filière autour de la mer que nous venons de voter juste avant, et dans ce cas il serait souhaitable de repenser totalement le rôle de cet équipement,

 

  1. Une question de financements:

–          D’après les rares informations présentes dans le rapport, l’objectif de 1,8M€ n’est pas atteint par le plan de financement qui serait de 1,6M€

–          De plus, le rapport ne précise pas la répartition des montants entre la reconstitution du fonds de roulement et le financement des outils de marketing numérique.

–          Autre point : les financements affichés sont exclusivement publics : Région, Département, Commune + agglo. La mobilisation des acteurs privés doit aussi se poser. Quid de la participation de Suez ou de la Caisse des Dépôts envisagée un temps ?

–          Enfin, la pérennité budgétaire de l’équipement : il faut rappeler que le déficit s’élève à 682 000 € pour l’exercice 2013 et 597 000 € en 2014. Dans ces conditions, les 1,6M€ de recapitalisation seront consommés en deux ans, au rythme des pertes actuelles.

 

Au vu de ces 4 observations, je rejoins mon collègue Henri Etcheto et je ne prendrai pas part au vote. 

Colette CAPDEVIELLE,
Députée des Pyrénées-Atlantiques 

Le bal des cireurs de pompes

chaussure-glacage

Michel Veunac a pu repartir heureux du dernier conseil municipal. Ses chaussures brillent comme jamais.

Biarrots, vous pensiez vous en tirer avec une nouvelle rallonge de 400.000 €, avec la Cité de l’Océan, comme votre blog favori vous l’avait annoncé? En réalité, il vous en coûtera 800.000 €! En effet, non contente de participer à hauteur de 400.000 € à la recapitalisation de la Société d’Économie Mixte (votée à l’unanimité moins quatre abstentions), la ville de Biarritz vient de réduire  la redevance annuelle que versait la SEM de 1,2 million d’euros à 800.000 euros (Vote à l’unanimité). C’est donc 400.000 € de plus qui s’évaporent des recettes et qui feront défaut aux associations, aux écoles ou à l’entretien.

Croisé peu avant ce conseil municipal, Guillaume Barucq s’était permis un trait d’impertinence : « Heureusement qu’on a des débats contradictoires au sein de la majorité, parce que l’opposition ne nous malmène pas beaucoup ». Le propos était visiblement prémonitoire et le conseil d’hier s’est distingué par la pauvreté des points de vue exprimés et par le surprenant concours de flagorneries adressées à Michel Veunac qui va finir par se prendre pour un grand maire, si ce n’est déjà fait. Un conseil, d’une pauvreté affligeante, à ne regarder que si on n’a vraiment rien d’autre à faire.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

 

19h11, Michel Veunac : « Ces nouveaux actionnaires (La région, l’Agglo, le Conseil départemental) ne sont pas venus pour le sauvetage d’un bateau qui va couler, ils sont venus parce qu’ils y croient« 

… C’est certain, personne ne pensait aux futures régionales!

 

19h15, Michel Veunac : « La SEM a été écrasée par un loyer démesuré et déraisonnable…« 

… Mais qui sont les imbéciles qui ont voté ce loyer?

 

 19h24, Michel Veunac lit une lettre de Max Brisson qui, bien évidemment soutient le maire : « Il faut préserver un outil de gestion qui a dû supporter un certain nombre d’erreurs initiales d’investissement et un équilibre économique irréaliste…« 

… Espérons que les malvoyants qui ont fait couler la Cité de l’Océan, ne font plus de politique!

 

19h32, Nathalie Mosch : « Ce n’est pas un sauvetage, mais un équipement qui a convaincu nos partenaires qu’il pouvait avoir une seconde vie…« 

… Nathalie vient de prononcer sans s’en rendre compte  l’oraison funèbre de la première vie de la Cité de l’océan!

 

19h40, Peio Claverie : « Nous avons dans la mandature précédente, beaucoup combattu ce projet. Nous avons critiqué le PPP, la communication, le contenu pas digne du projet (…) Je sais, Monsieur le maire que vous nous avez mis sur la bonne voie. Je suis persuadé que Biarritz-océan, tel que vous le dessinez, c’est l’avenir. Bien sûr que nous allons voter et, à titre personnel, je vous remercie de votre engagement »« 

Selon que vous serez dans l’opposition ou dans la majorité…

 

19h45, Guillaume Barucq : « Moi aussi, j’ai combattu la Cité de l’océan. Grâce à votre engagement, nous avons enfin des signes encourageants. Surtout, on a les gens qui s’approprient cette cité, qui prennent l’habitude d’y aller…« 

… Venir assister aux concerts gratuits ne signifie pas payer son ticket d’entrée!

 

19h15, Patrick Destizon, à son tour, joue les bourgeois de Calais : « Moi aussi, je me suis opposé à la Cité de l’océan depuis 2005. Mais il y a un certain nombre de levées d’hypothèques qui nous paraissent réalistes. Nous vous remercions..« 

… Un dernier coup de brosse à reluire, et les chaussures de Veunac seront parfaites!

 

19h50, Guy Lafite : « Un quart des recettes de Nausicaa, à Boulogne-sur-mer, viennent des boutiques et de la restauration…« 

… Avec zéro visiteur par jour, ce n’est peut-être pas la peine de faire de gros efforts dans ce domaine…

 Les tours de passe-passe de la majorité

 Grisé par son succès, Michel Veunac s’est même permis de plastronner en fin de conseil : « Quel dommage que Saint-Cricq ne soit pas là! » Effectivement, Jean-Benoît Saint-Cricq, comme Richard Tardits et Maïder Arostéguy s’étaient fait excuser pour cause de vacances. Peu avant, les interventions de Frédéric Domège et Bénédicte Darrigade, (19h26 et 19h28) se sont montrées pertinentes, en traduisant les inquiétudes des Biarrots, mais n’ont pas soulevé les problèmes de fond posés par cette recapitalisation et cette réduction de la redevance.

« Je me réjouis que l’Agglomération, le Conseil départemental et la Région volent au secours de la Cité de l’océan, affirme Frédéric Domège. Mais, comme beaucoup de Biarrots, j’ai l’impression d’avoir été un peu trompé sur la marchandise« . Bénédicte Darrigade, elle non plus, n’a pas beaucoup d’illusions sur cette « opération que l’on pourrait qualifier de hasardeuse, lors de la précédente mandature« . Elle affirme son souhait de « sortie de l’ornière pour ce complexe touristique« , mais est parfaitement consciente que « le besoin financier futur sera colossal »

Deux analyses respectables, suivies d’abstentions logiques, mais qui ne soulignent pas assez les deux tours de passe-passe auxquels se livrent l’actuelle majorité.

Veunac a très bien fait la manche auprès des collectivités. dans la perspective des futures élections régionales, mais est-ce le rôle de la Région, de l’Agglo ou du conseil départemental de dilapider ainsi de l’argent public et de stopper d’autres projets, autrement plus intéressants, et qui concernaient l’ensemble des contribuables?

Par ailleurs, tous les flagorneurs de service, ont salué le virage amorcé par Michel Veunac en direction de l’économie de la mer. C’est sûrement une bonne direction, mais que fait-on en attendant de nos attractions à deux balles « dignes des films de fiction des années cinquante », comme les avaient qualifiées François Amigorena, lors d’un précédent conseil. Le même, qui s’est distingué hier soir par sa discrétion. Comment relie-t-on ce grand bateau désespérément vide et sans le moindre intérêt à ce projet? Sur le sujet, Veunac a été étonnamment court et l’on regrette que son meilleur opposant, l’avocat Saint-Cricq,  n’ait pas pu en découdre avec lui.

En attendant, si vous croisez Michel Veunac demain, mettez surtout vos lunettes de soleil, car ses chaussures brillent tellement avec tous ceux qui se sont escrimés dessus, que vous risquez d’être éblouis.

 

Le toupet de Vinci

 Dans le cadre du PPP, Vinci facturait à la Ville 400.000 € par an de frais de maintenance pour la Cité de l’Océan. Avec la sortie du PPP, la municipalité s’est logiquement lancée dans un appel d’offres pour effectuer la maintenance du bâtiment. Et là, surprise, Vinci a postulé et a proposé un contrat d’entretien pour… 145 000 € annuels. Quel aveu!

Cité de l’océan : les Biarrots vont encore payer

Cité de l'océan

400 000 € vont encore être engloutis par la Ville pour tenter d’attirer quelques visiteurs-fantôme, qui vont repartir en hurlant qu’on ne les y reprendra plus…

Veunac plus fort que Blanco! Alors que l’ancien meilleur arrière du monde n’a finalement pas convaincu les Bayonnais de venir mettre au pot pour son cher BO, le gendre idéal qui dirige Biarritz vient de réussir un fort joli fric-frac à l’Agglomération, après avoir cajolé ses collègues et permis à Jean-René Etchegaray de prendre pied au Conseil des élus du Pays basque, comme Bisque, bisque, Basque! l’a raconté le 27 mai dernier.

Les Bayonnais, mais aussi les habitants d’Anglet, de Bidart et de Boucau, vont donc être tout à fait ravis d’apprendre que leurs impôts vont servir à boucher le trou sans fin de la Cité de l’Océan, à hauteur de 400 000€. Ce symbole absolu des dépenses somptueusement bêtes de la ville de Biarritz, Didier Borotra l’avait voulu seul contre tous et on ne voit pas bien pourquoi les habitants de l’Agglomération doivent désormais payer pour les lubies du monarque déchu et un équipement pseudo-culturel spécifiquement biarrot… Mais les maires, très occupés par leurs petites stratégies personnelles, ont décidé, en contribuant partiellement à une recapitalisation d’un montant prévu de 1,6 million d’euros, de venir en aide à ce pauvre Michel Veunac qui sait si bien tendre la main et faire pleurer l’auditoire quand il évoque sa Cité naufragée.

Borotra décide, les Bayonnais (et les autres) paient

Bêtement, on s’imaginait que le rôle d’une agglomération consistait à mutualiser le ramassage des ordures ménagères ou à organiser le transport scolaire pour générer des économies bénéfiques à tous, mais visiblement nos élus ceints de tricolore en ont décidé autrement. Quant à la préfecture, interrogée par nos soins sur cette étrange utilisation de l’argent public, elle affirme ne rien trouver à redire à ce gaspillage, puisque « le développement économique fait partie des attributions de l’Agglomération« . Il n’est pas prêt de sortir du marasme, le Pays basque, avec de tels investissements!

Poursuivant sa quête désespérée de fonds, Michel Veunac s’est aussi tourné vers la Région. Et, voyez, comme ça tombe bien, Alain Rousset vient de se souvenir que des élections régionales allaient avoir lieu et que l’aide du MoDem pouvait lui permettre de conserver son trône. Il ira donc de sa consistante obole. Ajoutez un petit peu d’argent de poche du Conseil départemental, où sévit le terrifiant opposant à Veunac, Max Brisson, toujours présent sauf les jours de chutes de neige, et l’on approche de la recapitalisation de 1,6 million d’€ souhaitée par notre grand communicant. Pour faire chic, Michel Veunac avait aussi évoqué une participation de Suez et de la Caisse des Dépôts, mais elle ne semble plus d’actualité. C’est bien de l’argent public et uniquement de l’argent public qui va être jeté dans ce puits sans fond qu’est la Cité de l’Océan.

Et pan! 400 000 € à sortir pour les Biarrots

Mais les Biarrots auraient bien tort de sourire des malheurs de leurs voisins, car eux aussi vont mettre la main à la poche, et pas qu’un peu! Comme Tsipras face à ses créanciers européens, Michel Veunac a été prié de participer à l’effort collectif pour sauver la Cité de la noyade.

Si nos informations sont bonnes, lors du prochain conseil municipal du 23 juillet, le bon Michel va expliquer son plan de relance et demander à sa majorité et à ceux de son opposition qui ne trouvent rien à redire sur sa gestion, de voter une subvention de 400 000 €. Compte tenu de la situation financière actuelle, et de l’endettement de la Ville (lire l’analyse de Jean-Benoît Saint-Cricq dans l’impertinent déchaîné), c’est une vraie folie, mais ce n’est pas le genre de détails susceptible d’arrêter les deux rois de la planche à billets que sont Veunac et Lafite.

Veunac persiste dans les attractions des années cinquante

réalité virtuelle

Le problème de Veunac et Lafite, c’est qu’ils ne quittent jamais leurs casques de réalité virtuelle et refusent de voir que la Cité de l’océan, telle qu’elle est conçue, est vouée à l’échec.

Lors du dernier conseil municipal du 17 juin, le débat sur la Cité de l’Océan a complètement été occulté par la subvention d’1,5 million d’€ versée aux BO. Pourtant, François Amigorena, qui se lâche beaucoup plus depuis qu’il s’est fait retirer ses délégations d’adjoint, a tenu des propos fort intéressants sur le sujet, rappelant que le déficit s’élève à 682 000 € pour l’exercice 2013 et 597 000 € en 2014 : « Dans ces conditions, les 1,6 millions de recapitalisation seront consommés en deux ans, au rythme des pertes actuelles » François Amigorena enfonce ensuite le clou sur l’affligeant contenu proposé au public : « Nous sommes en 2015. Un Français sur trois possède une tablette numérique. Inutile donc, de compter les séduire avec des animations sorties d’un film de science-fiction des années cinquante » . Et il fustige par avance l’attraction sur laquelle compte Michel Veunac pour faire enfin entrer les visiteurs : « Les casques de réalité virtuelle, qui serviront à la dimension surf, seront disponibles auprès du grand public, début 2016, pour un prix compris entre 400 et 500 €, prix qui va baisser très vite ».  Avec un peu de chance, Biarritz va réussir à attirer trois visiteurs en deux jours avant que cette attraction ne soit périmée.

 Nous voilà loin des incantations de Michel Veunac « Je vais vous faire aimer la Cité de l’océan ». Une fois de plus, jeudi prochain, les Biarrots vont voir leur argent s’évaporer dans un projet voué à l’échec, tant qu’il ne sera pas totalement repensé… Mais si Veunac avait des idées originales, ou même des idées tout simplement, il y a bien quelqu’un dans cette ville qui s’en serait aperçu.

Quand Borotra soignait l’addition  à plaisir

Le monde des spécialistes des aquariums est étroit et tout finit par se savoir. Les entrepreneurs qui ont postulé au réaménagement du Musée de la Mer en 2008, ne sont toujours pas revenus des négociations qu’ils ont menées avec l’ancien maire de Biarritz et ils en parlent encore. Quand ils présentaient un devis, Didier leur répondait : « Ce n’est pas assez cher! ». Le grand bâtisseur visionnaire était bien décidé à laisser à ses successeurs l’addition à payer pour le Musée de la Mer et la Cité de l’Océan, en souscrivant un partenariat public-privé (PPP). Pour justifier la manœuvre, jugée par la suite illégale, il fallait bien que la somme dépensée soit rondelette. Et on s’étonne maintenant de l’état des Finances de la Ville!

Cité de l’Océan : un référendum s’impose

Nicolas Sarkozy ressuscite l'outil gaullien du référendum, un instrument qu'il réprouvait encore dans un passé récent, et avec lui les risques d'instabilité dans une France prompte à détourner ce type de consultation. Le juriste Guy Carcassonne, spécialiste du droit constitutionnel, estime que le référendum ne saurait en aucun cas être un mode de gouvernement./Photo d'archives/REUTERS/Jean-Paul Pélissier

Et si les contribuables biarrots donnaient leur avis sur la Cité de l’Océan, au lieu de laisser le maire et son équipe n’en faire qu’à leur tête?

Blanco-Veunac même combat! Chacun de leur côté, le président du Biarritz olympique et le maire de la Ville s’efforcent actuellement d’amadouer les gros portefeuilles hexagonaux pour tenter de renflouer leur danseuse favorite. Si tout le monde espère que le Biarritz olympique ne subira pas une relégation financière, les contribuables biarrots s’inquiètent légitimement depuis qu’ils ont appris, dimanche soir dans l’émission « Capital« , que la Cité de l’Océan est « l’avenir de Biarritz » et que leur maire s’emploie à « réparer » les dégâts provoqués par son prédécesseur. Disons-le tout net, le mécano élu en 2014 s’est montré jusqu’à maintenant tellement peu inspiré et maladroit, se contentant de répéter comme un mantra « Je vous ferai aimer la Cité de l’Océan« , que l’on peut craindre après son intervention en compagnie du Mozart de la Finance Guy Lafite, l’échouage définitif de la Cité naufragée.

Ce que mijote Veunac

Michel Veunac l’a annoncé à plusieurs reprises : il dévoilera, lors du conseil municipal de juin prochain son plan de redressement pour la Cité de l’Océan. Plusieurs fuites opportunes permettent de savoir ce qu’il envisage. Dans un premier temps, notre bon Michel qui ne doute de rien, s’est persuadé qu’un sponsor allait se précipiter pour renflouer la Cité de l’Océan et il a vaguement agité le chiffon bleu de « l’économie de la mer » pour attirer du monde dans ce jeu de dupes. Peine perdue. Comme dirait Chirac, l’affaire a très vite fait « Pschiiit« !

Notre leader à écharpe tricolore s’est alors souvenu que la République pouvait se montrer bonne fille. Il s’est donc tourné vers la communauté d’agglomération et la Région pour tenter de soutirer des subventions (Demande respective de 600 000 et 300 000 euros). Bien essayé, mais la requête a soulevé un tollé, en particulier au niveau de l’Agglo, Didier Borotra n’ayant consulté aucun des maires voisins pour lancer sa pharaonique et désertique Cité. Dans le meilleur des cas, Veunac devra donc se contenter d’une aumône symbolique des collectivités locales.

Mais notre maire est un persévérant. Avec Guy Lafite, le duo se déclare persuadé que le concept de la Cité de l’Océan est excellent, que les attractions ludo-scientifiques vont drainer les foules sous peu, et qu’il suffit d’un peu plus de communication, d’un peu plus d’attractions modernisées, d’un peu plus d’argent au pot, pour que tout démarre enfin.

Et pas avare pour deux sous avec notre argent, Michel Veunac et son complice ont décidé de réinjecter 1 million d’euros chaque année jusqu’en 2020 pour permettre à la Cité naufragée de se renflouer. Sans changer quoique ce soit au concept d’origine! De quoi laisser rêveur… ou en colère!

Des décideurs pas très légitimes

Si la mission que votre patron vous a confiée s’avère un fiasco, le salarié que vous êtes est viré et personne n’y trouvera grand chose à redire. En politique, en revanche, vous pouvez manifester une cécité et une incompétence totales et continuer à traiter les dossiers où vous avez démontré votre nullité sans risquer la moindre sanction. Amusez-vous, relisez dans Sud Ouest les déclarations en 2008, des Veunac, Lafite, Brisson sur la Cité de l’Océan. Délectez-vous de leurs éloges sur Borotra-le-visionnaire. Redécouvrez avec quel mépris ils ont traité l’opposition « ringarde et conservatrice », parce qu’elle osait inciter à la prudence et déplorer l’utilisation d’un partenariat public-privé (PPP) avec Vinci. À les entendre, avec ce projet, Biarritz allait gagner beaucoup d’argent… On connait la suite.

Et ce sont les mêmes qui, soudainement, seraient devenus lucides, imaginatifs et capables de nous sortir de l’ornière, par on ne sait quel miracle?

Michel Veunac, pour une fois, a raison quand il affirme que c’est son devoir de maire de concevoir un plan de redressement pour ce désastre municipal qui n’a pas fini de nous ruiner. En revanche, il est à la limite de la malhonnêteté intellectuelle quand il rétorque que son plan de relance de la Cité de l’Océan est inscrit noir sur blanc dans son programme électoral de 2014. Il n’a jamais parlé de dépenser un million d’euros par an pour la nef désertée et ne s’est jamais montré catégorique sur la poursuite des attractions ludo-scientifiques.

D’autres, après un tel échec, se montreraient un peu modestes ou tendraient la main à leur opposition pour demander de l’aide, Jean-Benoît Saint Cricq étant le seul dans l’actuel conseil municipal à avoir vu juste sur ce dossier, mais ce n’est visiblement pas le style de Michel Veunac et Guy Lafite, bien décidés à tenter de battre le record du monde de la gabegie municipale initié par Didier Borotra. Sans demander l’avis aux Biarrots, comme d’habitude.

Le ludo-scientifique n’a aucun avenir

Écoutons encore une fois Jean-Benoît Saint-Cricq, lors de l’émission « Capital » : « C’est le concept même qui est dépassé (…) Un bâtiment fondé sur la vidéo, ça ne peut pas marcher« . Pendant ce temps, en plein conseil municipal, le grand argentier Guy Lafite, qui ignorait les problèmes posés par le PPP et ne savait pas que Sophie Borotra contribuait aux économies de la Cité de l’Océan, explique pourquoi la poursuite des attractions ludo-scientifiques est la seule solution : « l’ensemble des investissements représente 4 millions d’euros. On ne peut pas les rayer comme cela d’un trait de plume« .

Voilà un raisonnement admirable! Vous êtes en train de bâtir la maison familiale, et vous l’avez à demi réalisée lorsque vous apprenez que la falaise sur laquelle vous construisez va s’écrouler. Est-ce que vous allez finir la maison, sous prétexte que vous avez déjà beaucoup dépensé? L’océan, ce n’est pas de l’informatique, de la vidéo, des bornes interactives. La Ville peut mettre autant d’argent qu’elle veut, le ludo-scientifique n’intéressera jamais personne. Et à la vitesse à laquelle évolue l’informatique, tout investissement est voué à devenir ringard immédiatement. Alors, oui, c’est clair, il faut mettre au rebut toute cette quincaillerie informatique que Didier Borotra s’est faite refiler et repenser complètement l’usage de ce bâtiment. Une simple collection pérenne qui ne nécessiterait pas une réactualisation constante diminuerait déjà nettement les coûts. Pourquoi, en attendant l’idée lumineuse, ne pas redonner une chance à un musée du surf qui ne serait pas très difficile à constituer et qui attirerait sans doute plus de touristes amoureux du Pays basque que les actuelles expositions chinoises et autres vidéos périmées que même Arte n’ose plus diffuser à deux heures du matin?

Consulter enfin les Biarrots

À l’évidence, compte tenu des enjeux financiers énormes, et de ce que l’équipe municipale a démontré par le passé, la décision sur l’avenir de la Cité de l’Océan ne peut simplement relever du maire, de son adjoint aux Finances et d’une majorité qui marche au pas. Au lieu de jouer les autocrates, à l’image de son maître à penser Didier Borotra, le grand communicant Veunac, pour une fois, ne se déshonorerait pas en respectant ses électeurs et en organisant un référendum demandant aux Biarrots s’ils sont pour que l’on poursuive l’effort d’investissement dans le ludo-scientifique ou s’ils estiment qu’il vaut mieux reconvertir immédiatement le musée.

Chiche?

Soyez citoyens, prenez vos responsabilités!

Ronchonner avec les copains sur le parvis des halles est une chose, exprimer clairement son point de vue une autre, alors que le dossier « Cité de l’Océan » risque d’obérer pour longtemps les finances municipales. Si vous réagissez en nombre, Bisque, bisque, Basque! se fera un plaisir d’adresser à la mairie vos remarques.

Si vous pensez que la Cité de l’Océan vous concerne de près, n’hésitez pas à recopier cette phrase (ou à en inventer une autre de votre cru) :

 « Monsieur le maire, nous vous demandons d’organiser un référendum sur le devenir de la Cité de l’Océan« 

dans la rubrique « laisser un commentaire », à la fin de cet article.

 Bisque, bisque, basque!  vous tiendra informé du résultat de cet appel.

 

Alors, ça casse ou ça audace ?

Voeux Hollande

Un bureau désespérément vide de tout dossier. Un beau signal envoyé à la France qui travaille…

Ce modèle là, on l’a tous rencontré à un moment ou l’autre de notre existence. L’homme qui annonce, que ce soit dans un vestiaire de rugby, dans une entreprise ou une municipalité, qu’il va tout renverser sur son passage, avant de se désister piteusement, au moment de l’assaut final, pour cause de foulure au petit doigt. Il y avait vraiment quelque chose de pitoyable, le mercredi 31 décembre, à voir ce président le plus impopulaire de la Ve République, s’efforcer de prendre l’air martial et, du haut de ses cheveux teints, annoncer que 2015 doit être «  l’année de l’audace ».

Quand on a raté depuis deux ans tout ce qu’on a annoncé avec tambours et trompettes comme la baisse du chômage ou le retour de la croissance, quand on n’a tenu aucune de ces promesses, quand, tout au long de sa carrière politique, on a été surnommé successivement Flamby, La Fraise des bois, ou Le capitaine de pédalo, il faut un certain culot ou une imagination débordante pour aller se parer des plumes de l’audacieux.

Au cas où notre cher François Hollande serait à court d’idées, ce qui lui arrive plus souvent qu’à son tour, Bisque, bisque, Basque a donc une proposition à formuler, susceptible de faire immédiatement tomber en syncope tous les énarques de la promotion Voltaire qui l’entourent : oublier les cajoleries incessantes faites à la droite la plus réactionnaire, laisser Gattaz maugréer dans son coin,  renvoyer Macron à la nurserie qu’il n’aurait jamais dû quitter et mener enfin une véritable politique de gauche, passant par une hausse immédiate des salaires modestes, une relance de la consommation et un bras d’honneur à l’amie Angela…

Convenez avec moi qu’une vraie politique de gauche, question audace, ça aurait tout de même pour notre ancien conseiller général de Corrèze, perdu dans son costume présidentiel trop grand pour lui, une autre allure qu’une virée nocturne en scooter… Même sans casque !

Et pour en revenir à notre cher Biarritz, oui décidément, il y a énormément de similitudes entre François Hollande et Michel Veunac. Mêmes hésitations perpétuelles chez les deux, même incapacité à tracer une feuille de route claire, même recherche pathétique d’une idée originale, derrière une rondeur apparente et une facilité certaine à communiquer. Si un Biarrot est capable de nous expliquer ce que veut faire Veunac pour la Ville en 2015, nous lui offrons tout de suite une boîte de macarons de chez Adam.

Alors, faute d’imagination, ne parlons pas d’audace, on se raccroche à ce qu’on connait déjà et on s’empresse de chausser les gros sabots de son prédécesseur Didier Borotra. Le 22 décembre dernier, notre grand communicant local a annoncé qu’il allait remettre cinq millions d’euros au pot pour moderniser la piteuse quincaillerie de la désertique Cité de l’Océan. Un peu comme ce père de famille qui est tombé sur une mauvaise série, avec sa berline familiale, et qui s’obstine à changer le moteur, les freins ou l’embrayage, persuadé que des jours meilleurs l’attendent.

Didier Borotra s’est fait berner par des vendeurs qui ont très vite perçu la suffisance du personnage. Le ludo-scientifique, et surtout quand il s’agit de l’océan, n’intéresse personne. Il présente en plus l’inconvénient d’être très vite dépassé et de nécessiter des investissements incessants pour rester dans l’air du temps. Pour limiter le désastre financier, une seule solution : virer ces attractions qui ne dérideraient pas un enfant de cinq ans, et, au lieu d’acheter à grand prix des expositions venues de Chine, faire un musée qui raconte des histoires basques, qui parle de Biarritz, du surf, et de l’océan, avec des objets exposés qui attireront les touristes demain comme dans cinq ans.

Et oui, Michel, l’audace parfois passe par la casse !

La libération de Biarritz n’est pas encore pour demain

cite-ocean

La Cité de l’Océan, une petite plaisanterie toujours désespérément vide, qui nous coûte environ 2 millions d’euros par an…

De la démocratie comme cela, des débats de ce niveau, des élus manifestant pleinement leur sens des responsabilités, on en redemande ! La maison « Bisque, bisque, basque ! » ne s’est guère spécialisée jusqu’à maintenant dans l’envoi de fleurs et n’a pas l’intention de changer, même les lendemains de Noël, mais force est de reconnaître que Michel Veunac, en bon professionnel de la communication, n’a pas son pareil pour créer le dialogue et laisser son opposition s’exprimer comme elle le souhaite, ce qui la change heureusement de l’ère du dictateur Borotra.

Oublions donc cette date désastreuse du 22 décembre, en plein rush des cadeaux de Noël, pour ce dernier conseil municipal de l’année qui proposait, en plat de résistance, le devenir de la Cité de l’Océan. Si vous ne vous contentez pas des rumeurs, si vous voulez pleinement comprendre l’évolution possible de la dernière folie mégalomaniaque de Didier Borotra, connectez-vous tranquillement chez vous et, après les questions courantes, vous allez assister (de 1h28 à 2h31) à ce que la politique peut vous proposer de mieux en matière de débat citoyen.

http://www.biarritz.fr/portail/conseil.html

Résumons-nous : il n’y a plus un élu pour contester l’échec actuel de la Cité de l’Océan qui imaginait accueillir 450 000 visiteurs par an, « des prévisions d’un optimisme extraordinaire » comme l’avoue Michel Veunac. La dégringolade financière s’accentue : 300 000 euros de pertes en 2012, 680 000 euros en 2013. Et surtout un coût annuel pour la Ville, avec les aides diverses et variées et l’achat d’expositions, qui se situe, selon Jean-Benoît Saint-Cricq, «  aux environs de 2 millions d’euros », un chiffre que personne ne semble vraiment contester dans la salle. Seule petite éclaircie « la fragilité juridique liée à la décision du Conseil d’État » a amené la Ville à demander la résiliation du Partenariat Public Privé (PPP) avec Vinci et à renégocier la dette. Mais Vinci comme Dexia n’ont pas la réputation d’être des tendres, prêts à se laisser dépouiller sans réagir. Pour le moment le duo Veunac-Lafite, ne peut annoncer à combien va s’élever la douloureuse car, selon le maire, « nous travaillons avec nos avocats sur les conditions de rupture. Ce protocole d’accord sera prêt pour la séance du 6 février ».

Veunac, Brisson, Saint-Cricq jouent la trêve des confiseurs

Difficile donc de sortir le champagne et de fêter par avance la libération de Biarritz, même si chaque ténor de l’opposition a tenu à afficher ce jour-là son sens des responsabilités. Et en particulier Max Brisson, très favorable à l’époque au projet et qui le reconnait sans la moindre ambiguïté : « Ensemble, nous avons trouvé intéressante la formule du PPP. Sur ce dernier point, au moins, nous avons eu tort (…) Il y a eu aveuglement quant aux chiffres projetés. À l’exception du bâtiment, tout a été conçu a minima. Cet échec, Monsieur le maire, vous n’en êtes pas plus et pas moins responsable que moi (…) Je reste inquiet pour le prix qu’il faudra payer pour en sortir ».

Jean-Benoît Saint-Cricq aurait pu profiter de la soirée pour se féliciter, lui qui avait dénoncé le PPP signé entre Vinci et la Ville et mené une procédure devant le tribunal administratif. Mais, maintenant que le bâtiment existe, il veut trouver une solution. Tout juste se permettra-t-il une petite allusion moqueuse en se proclamant « Père Noël des Biarrots » puisque son intervention va permettre à la Ville d’économiser quelques millions d’euros. L’avocat va ensuite, en bon habitué des prétoires, marteler ses convictions : « Pour qu’un parc d’attractions soit viable, il faut au minimum 25 attractions. Des attractions fondées sur la vidéo sont un peu datées, voire ringardes. »  Le peintre amateur et passionné ne cache pas qu’à son avis, il faut envoyer à la casse tout ce ludo-scientifique d’un autre âge et faire à la place un musée de peinture.

Frédéric Domège n’est pas loin de partager ce point de vue, « Je pense, comme Jean-Benoît, que c’est tout l’intérieur qu’il faut changer. On a l’impression de regarder King Kong, au Grand Rex, en 1966 », tandis que Maïder Arosteguy, en bonne centriste, s’efforce de réconcilier tout le monde : « Dans cette ville, on fait beaucoup de choses et on se donne parfois des objectifs qui sont très ambitieux »…

Le seul qui n’a visiblement pas été visité par l’esprit de Noël, reste Guy Lafite. En 2008, il expliquait à tout le monde, avec sa morgue d’énarque, combien le PPP était formidable, tandis que les opposants Jean-Benoît Saint-Cricq, Peio Claverie, Régine Daguerre, ou Françoise Viollier criaient au fou et lui faisaient passer des coupures de presse expliquant que ce mode de financement constituait une grenade dégoupillée pour les villes, ou, au mieux, une manière de planquer les dettes sous le tapis. Certains raseraient les murs après une telle erreur d’appréciation, mais notre Mozart de la finance ne se sent visiblement nullement responsable et a trouvé un coupable : « Nous avons été pris en otage dans un débat qui traverse la haute fonction publique ».  Avec un tel sens de l’autocritique, nous voilà rassurés lorsqu’il faudra défendre les intérêts de la Ville face à Dexia ou Vinci !

Veunac continue à croire à l’emplâtre sur la jambe de bois

Cité Océan 02

Entre le véritable océan et l’océan sur console, vous choisissez quoi?

La seule petite tension, lors de ces 3 h47 de conseil, est arrivée au moment où l’on s’y attendait le moins, après une intervention plutôt anodine de Jean-Benoît Saint-Cricq plaidant pour un musée de peinture. « Moi, j’ai proposé la relance de Biarritz Océan et les Biarrots m’ont suivi, s’emporte soudain le très policé Michel Veunac. Vous, vous avez proposé autre chose et les Biarrots ne vous ont pas suivi » Derrière cet incident, explicable par les heures de tension accumulées par les participants à ce conseil marathon, se dessinent clairement deux visions complètement antagonistes de l’avenir de la Cité naufragée.

Certes, la reconversion de ce parc d’attractions, inapte à dérider un enfant de cinq ans, et sa transformation en musée classique, représenterait une perte de 4 millions d’euros d’actifs (les attractions existantes) à envoyer à la casse. Mais est-ce bien raisonnable de relancer une formule qui, visiblement ne séduit pas ? Michel Veunac en est persuadé : « Je crois fondamentalement que ce projet est un beau projet ». Il va donc proposer un nouveau contenu et un nouveau management et, par conséquent remettre de l’argent au pot. Très visionnaire jusqu’à maintenant, Jean-Benoît Saint-Cricq est persuadé que c’est la mauvaise stratégie et a alerté ses troupes dès le lendemain du conseil : « Je crains que les économies que j’ai fait réaliser ne soient englouties de nouveau et très rapidement. La mauvaise nouvelle c’est que la Cité de l’Océan poursuit son activité et même va être relancée. En effet, le maire vient de découvrir ce que j’avais indiqué, à savoir que le parc d’attraction était manifestement insuffisant et se propose de recapitaliser la SEM BIARRITZ OCEAN, c’est-à-dire à engloutir encore 5 millions d’euros de plus dans cette affaire. Je crains que même avec une promotion commerciale supplémentaire ce concept suranné ne porte pas davantage de fruits.

Nous verrons bien ce qu’ils ont envisagé puisque le plan de relance nous est annoncé pour le 6 février prochain. »

Soucieux qu’il est de sa Ville, Jean-Benoît souhaite sincèrement se tromper. « Bisque, bisque, Basque » partage malheureusement ses craintes et a le sentiment qu’il n’y a rien à sauver dans cet héritage maudit de Didier Borotra.

Comme nous, vous avez croisé au cours de votre existence, une de ces femmes qui vous confie combien elle est malheureuse avec son mari, combien elle souhaite le divorce, avant d’avouer, les larmes dans les yeux qu’elle reste «  pour les enfants ». Avez-vous vu une seule fois un couple de ce type se sauver, en voulant différer le désastre annoncé ? Il faut parfois savoir rompre. Lundi soir, les élus de tous bords ont effectué un remarquable travail d’autocritique et de recherche de solutions constructives. Mais maintenant, il est grand temps de baisser le rideau et, comme le propose Jean-Benoît Saint-Cricq, de tenter tout autre chose.

Vous qui avez l’océan sous les yeux tous les jours, qui vous enivrez comme moi de sa beauté et de sa force, croyez-vous vraiment que l’achat de quelques vérins pour décupler les sensations des spectateurs, la modernisation de quelques vidéos, ou l’engagement d’un commercial de talent peuvent sauver ce projet imbécile que Didier Borotra – visionnaire première année ! – a imposé à une population qui n’en voulait pas ?

Jean-Yves Viollier

En fin de conseil, Michel Veunac, décidément excellent en meneur de jeu, a eu un mot très chaleureux pour Robert Rabagny : « C’est un ami. Il y a eu une situation qui l’a éloigné de ce qu’il aime faire, mais je pense que ce n’est que partie remise ». Espérons donc que, pour la Cité de l’Océan comme pour le plus célèbre animateur de la Ville, le bon sens va enfin prévaloir.

De plus en plus Borotragique…

Cité-de-lOcéan

Une seule solution, face à cette imbécillité coûteuse qu’est la Cité de l’Océan : fuir en courant!

À sa place on raserait les murs de honte, on tairait le nom de sa maison de retraite et on se cacherait dans le coffre de sa Smart, pour avoir fait n’importe quoi pendant le dernier mandat et être parti en laissant des dettes conséquentes à ses successeurs. Mais ce n’est décidément pas le genre de Didier Borotra, qui ne veut plus qu’on l’appelle autrement que Léonard, en référence au grand génie incompris de la Renaissance, Léonard de Vinci, mais aussi et surtout à l’entrepreneur de travaux publics à qui il a livré la ville de Biarritz.

La Justice est parfois étrange : elle laisse mariner en prison un Jérôme Kerviel sans condamner ses supérieurs de la Société Générale, elle fait appel du jugement de clémence, salué par tous, délivré à l’urgentiste Nicolas Bonnemaison et, six ans après, le Conseil d’État confirme que la ville de Biarritz n’aurait jamais dû engager un contrat de partenariat public-privé pour agrandir le musée de la Mer et construire la Cité de l’Océan.

Et on fait quoi maintenant ? On rase cette hideuse piste de skateboard en béton où les malfaçons sont légion, ce qui serait sans doute la solution la plus économique, et on sort les paquets de kleenex pour pleurer ?

Léonard Borotra

Léonard, alias « Tous des cons sauf moi ».

Tout politique normalement constitué aurait joué la discrétion après un tel fiasco, dénoncé sans relâche depuis 2008 par l’opposition, mais ce n’est pas le style de Léonard qui n’a pas hésité à fustiger les juges dans Sud Ouest (31/7) et à la jouer  » même pas mal !  » (Il a raison, pour le moment, ce n’est pas lui qui a mal, mais notre porte-monnaie de contribuables).

Si l’expression  » toupet colossal  » vous est peu familière, ne courez pas au dictionnaire, mais lisez plutôt du Borotra dans le texte. La décision du Conseil d’État ?  » Une décision politique « . Bravo pour le respect de la Justice de la part d’un ex-homme public!  Et pour continuer dans la nuance :  » Il est connu que les juridictions administratives sont opposées aux PPP. Elles considèrent que c’est le moyen d’échapper aux contraintes des procédures traditionnelles de marchés publics  »  On ne lui fait pas dire. En 2008 déjà, tous les journaux écrivaient que les partenariats public-privé étaient devenus de nouvelles machines à corrompre ou, au minimum à permettre à l’élu mégalomane de dépenser l’argent qu’il n’a pas. Mais il faut croire que Didier Borotra et Guy Lafite, son brillant adjoint aux Finances d’alors, ne lisaient jamais les journaux…

Et Monsieur-je-sais-tout de rajouter une deuxième couche : « Les juges n’ont pas la compétence pour évaluer la complexité de tels dossiers. Ce n’est pas leur métier »…

 … Tandis qu’il est évident qu’un ancien chef d’entreprise en faillite, a les compétences artistiques, une fois devenu maire, pour acheter des statues hors de prix à des amis à New-York, des compétences architecturales pour laisser construire des bâtiments d’une beauté infinie quartier Kléber, et des compétences scientifiques pour choisir, Cité de l’Océan, des attractions ludo-scientifiques  à faire mourir d’ennui n’importe quel enfant de cinq ans possesseur d’une console de jeux.

Mais comment la Ville a-t-elle pu se priver d’un tel talent, d’un tel gestionnaire, d’un homme aussi omniscient ?

Des salariés dûment chapitrés…

Agent tourisme 01

Souriants et disponibles, les jeunes recrues de « Biarritz tourisme » font bien leur travail, même si des consignes strictes leur ont été données.

Vous les avez sans doute remarqués, postés aux endroits stratégiques de la ville, avec leurs scooters bleu et blanc et leurs vêtements siglés  » Biarritz tourisme « . Tous se montrent d’une amabilité sans faille avec leurs visiteurs et s’efforcent de répondre aux demandes les plus improbables. Dans le top case de leurs scooters, ces agents bienveillants disposent même d’une tablette numérique et d’une petite imprimante pour pouvoir offrir immédiatement un billet  de spectacle ou un plan de quartier de la ville à ceux qui le souhaitent.

« Bisque, bisque, basque!« , avec le mauvais esprit légendaire qui le caractérise, n’a pas hésité à se faire passer pour un touriste hésitant, afin d’en savoir un peu plus :

Bonjour, je ne connais pas bien votre ville. Savez-vous où je pourrais voir une partie de cesta punta?

Des matches ont lieu, tous les lundis et mercredis soir au Jai Alai de Biarritz, situé juste à côté du stade Aguilera… Mais ce qu’il ne faut surtout pas rater, c’est la Cité de l’Océan.

En fait, dans la journée, je souhaiterais plutôt trouver une plage relativement tranquille…

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Tablette numérique et imprimante dans le top case du scooter : des fois qu’un touriste serait assez fou pour acheter un billet pour la Cité de l’Océan…

Justement, la plage située juste à côté de la Cité de l’Océan, est la moins fréquentée de Biarritz…

– … Elle n’est pas un peu loin?

Mais non, et le jeudi soir vous avez des animations gratuites qui sont vraiment très sympas, avec des orchestres et ensuite vous pouvez aller visiter la Cité de l’Océan.

Excusez-moi, mais des amis biarrots m’ont dit de ne surtout pas y aller, que le contenu était nul…

La Cité de l’Océan a connu quelques ratés à ses débuts, mais maintenant tout le monde en ressort enchanté

La mairie de Biarritz pourra vraiment féliciter ses jeunes agents, car ils maîtrisent parfaitement la leçon qu’on leur a demandé de réciter, et tant pis pour les gros mensonges proférés. Après tout, c’est bien connu, les touristes sont là pour être grugés et, en les délestant de quelques euros au profit de la Cité naufragée, c’est autant que nous n’aurons pas à payer avec nos impôts locaux.