Veunac tente toujours de noyer le canasson

Après l’avoir refusée à grands cris, Veunac accepte une enquête sur la vente des écuries de Parme… En espérant se dédouaner dans une affaire où sa responsabilité est totale.

Ce n’est plus une mairie, c’est une citadelle assiégée…

Surtout levez le nez quand vous passez devant la mairie de Biarritz, car entre les embusqués planqués derrière leurs meurtrières pour décocher un carreau d’arbalète, les minutieux qui font chauffer la poix et l’huile bouillante à l’abri des machicoulis et les vaillants qui fourbissent leurs épées en salle d’armes dans l’attente de l’assaut final, la mairie de Biarritz a tout d’une forteresse assiégée, où le connétable Michel Veunac de la  Bigueyrie, ne sait plus à quel saint se vouer, en dehors des preux chevaliers Lafite, Claverie et Destizon, trois nobliaux d’envergure locale avec qui il est préférable de ne pas partir à la guerre.

Conscient de ne s’être guère montré à son avantage dans cette affaire qui sent vraiment le crottin, le connétable hésite sur la croisade à entreprendre pour redorer son blason où figure cette fière devise : « Sur un malentendu, ça peut marcher ». Michel Veunac de la Bigueyrie ne peut trop charger son service d’urbanisme qui n’est pour rien dans ce fiasco, sous peine de fronde assurée. Le même évite aussi de s’appuyer sur une majorité disparate à qui il a menti éhontément à plusieurs reprises et redoute la colère de l’acquéreur initial Jimmy Malige, grugé magnifiquement et décidé à contester l’annulation de la vente. On a connu situation plus confortable.

Le maire fait des erreurs et ce sont les citoyens qui vont supporter les frais d’une enquête visant à blanchir le maire.

Et ce n’est pas l’annonce par Sud Ouest (14/12) de l’ouverture d’une enquête confiée à « un cabinet extérieur et indépendant » qui va rassurer les contribuables biarrots bernés dans cette affaire. Une fois de plus, nous allons devoir mettre la main au porte-monnaie et payer fort cher un de ces audits à l’eau tiède qui, en conclusion, finira par estimer qu’il y a eu dysfonctionnement des services avant d’absoudre totalement notre malheureux premier magistrat en butte au courroux de la populace. Si ce n’est pas une façon de noyer le canasson, ça y ressemble…

Il existe pourtant d’autres solutions, gratuites et efficaces, comme on le verra un peu plus tard. Mais pour aider ces futurs enquêteurs qui, par ces temps de frimas, pourraient hésiter à sortir de la mairie, Bisque, Bisque, Basque ! va se faire un plaisir de remettre les faits en perspective. 

Une aberration de vendre en 2017

Tous les témoignages au sein de la mairie le confirment. L’urbanisme n’a jamais eu accès au dossier sur la cession des écuries de Parme, Michel Veunac en ayant fait une chasse gardée et affirmant qu’il agissait pour le bien de la Société des Courses de Trot. Étrange affirmation quand on y regarde de près. Certes, la situation financière de la Ville n’est pas brillante et l’addition qui arrive pour rénover L’Hôtel du Palais semble aussi monstrueuse que la vague Belharra, mais rien ne justifiait la hâte à vendre cette parcelle. N’importe quel père de famille sait qu’un bien se vend beaucoup moins cher s’il est loué au lieu d’être libre (30% de décote selon l’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq). Par ailleurs l’hippodrome des Fleurs étant en totale réfection, la Société des Courses se retrouve avec un vrai problème pour loger ses chevaux. Michel Veunac étant convaincu d’être triomphalement réélu en 2020, ainsi qu’il l’affirme à tous ceux qui lui font la politesse de l’écouter sans sourire, on ne comprend vraiment pas la fébrilité manifestée pour cette vente. La bonne gestion voulait incontestablement d’attendre trois ans. Alors pourquoi tant de hâte ?

Une opération très calculée

On ne voit jamais un maire vendeur d’un bien se plaindre d’une estimation trop haute des Domaines. C’est pourtant ce que fait Michel Veunac, défiant ainsi toutes les lois usuelles de la vie publique. Au début de l’année 2017, le domaine de Bigueyrie est estimé par les Domaines à 920 000 €. Quelques mois plus tard, suite à un coup de téléphone du maire qui ne se montre pas en l’affaire un ardent défenseur des intérêts biarrots, les Domaines ramènent l’évaluation à 545 000 €. Entre ces deux estimations, le maire a écrit à la Société des Courses pour lui demander de se porter acquéreur. Et non l’inverse.

Un détail qui a son importance et qui explique la suite.

Le maire sait parfaitement que la Société des Courses, comme nombre de sociétés sportives, n’a pas un fifrelin pour acheter. Mais avec cette lettre et la menace de perdre la jouissance des écuries si elle ne trouve pas un acquéreur décidé à respecter le bail, Bertrand Testard, le vice-président, se sent obligé de se démener. Et sort de sa manche un acquéreur miracle qui évitera à d’autres petits malins qui avaient parfaitement repéré la constructibilité du terrain d’apparaître et d’attirer l’attention des conseillers municipaux sur cette cession que tous ont ratifié en étant persuadés rendre service à la Société des Courses. Libre à ces petits malins dans trois ans de faire une proposition à l’acquéreur et de réaliser un « jackpot » suivant l’expression opportunément employée par Frédéric Domège.

L’ex-acquéreur conteste l’annulation de la vente

En choisissant un acquéreur, Jimmy Malige, qui ne connaissait personne, qui n’était pas membre de la Société des Courses contrairement à la présentation qui en a été faite et qui ne savait même pas que le terrain était constructible puisqu’il voulait juste réaménager les bâtiments existants, le maire de Biarritz pensait ne susciter aucune curiosité et pouvoir mener sa petite opération très tranquillement. On connaît la suite.

Les lecteurs sagaces de Bisque, Bisque, Basque ! auront d’ailleurs remarqué que malgré la pluie de communiqués, conférences de presse et autres opérations d’enfumage, le connétable Michel Veunac de la Bigueyrie s’est bien gardé de démentir les informations essentielles livrées par le manant de ce blog.

– Personne ne connaît l’acquéreur, mais l’urbanisme ne le rencontre pas, ne prend aucun renseignement sur sa capacité financière et se contente d’une simple lettre adressée au maire. Et, laxisme encore plus incroyable, on dit à Malige, après lui avoir annoncé par téléphone le 30 septembre la ratification par le conseil de sa proposition, qu’il ne déboursera les premiers centimes qu’en avril 2018. Même pas un chèque de cinq euros en guise de garantie… On est décidément très cool à la mairie de Biarritz.

– Suite à des questions posées le 22 novembre par Bisque, Bisque, Basque ! Jimmy Malige est convoqué par le service de l’urbanisme le lundi 26 novembre, à la veille du premier article à paraître. C’est la première fois qu’il met les pieds à la mairie de Biarritz. Là, on lui demande de dire qu’il est prêt à raser les bâtiments existants, ce qui minimiserait la constructibilité du terrain et rendrait l’opération plus présentable. Ce qu’il refuse, estimant ne pas avoir les compétences requises pour ce projet. On lui demande alors s’il est prêt à renoncer à la vente. Pourquoi donc, si tout est clean ? Excédé, le jeune promoteur accepte avant de se raviser, estimant qu’il a été dupé.

– L’affaire prend désormais un tour juridique puisque Jimmy Malige a demandé à son avocate Maître Sayagh-Farré de contester l’annulation de la vente puisqu’il souhaite toujours acquérir les écuries de Bigueyrie.

Le silence embarrassé des Abertzale

Ils sont intraitables sur la défense du Pays basque et sur tout ce qui touche à l’urbanisme, ce qui est totalement respectable de la part de patriotes décidés à préserver notre belle région. Mais, un peu comme les Verts au niveau national, lorsqu’ils se retrouvent aux manettes, le propos politique se nuance sérieusement. Comment se fait-il que sur Biarritz et l’affaire des écuries de Bigueyrie où un joli bétonnage se préparait, pas une voix abertzale ne se soit faite entendre ? Peio Claverie et Michel Poueyts sont au soutien du maire et il ne faut pas contrarier leurs intérêts tactiques du moment ? La politique, ce n’est pas cela et ce silence a de quoi surprendre. Voire même d’agacer les plus sympathisants d’entre nous.

Pugnace Sandrine Derville 

Sandrine Derville a balancé un joli pétard en plein conseil municipal d’Anglet.

Opposante au maire de Biarritz, Sandrine Derville, lors du conseil municipal du 13 décembre n’a pas hésité à poser les questions qui fâchent et à mettre la majorité dans l’embarras.

Comme le dit l’opposante avec une fausse ingénuité amusante, « Si un promoteur a proposé 650 000 €, ce n’est sans doute pas par altruisme, mais bien parce qu’il savait pouvoir y réaliser une opération intéressante »

Écoutez bien la réponse de Claude Olive et remarquez comme il pédale sur le sujet et le nombre de fois où il répète « C’est une affaire biarrote » … « Les affaires biarrotes sont les affaires biarrotes » … « Vu l’ampleur qu’a prise cette affaire ».

https://www.anglet.fr/vie-municipale/conseil-municipal/voir-le-conseil-municipal/

Chargé de l’urbanisme, Jacques Veunac est visiblement passionné par cette affaire des écuries de Bigueyrie.

Le débat sur les écuries Bigueyrie dure 13 minutes de 2 h 17 à 2 h 30 et mérite vraiment d’être scruté avec attention. Avec ce demi-aveu d’Olive : « Vous ne pouvez pas avoir les mêmes comparaisons de prix si vous faites du logement social ou du logement privé. Nous ne sommes pas des promoteurs, nous, nous sommes des bailleurs sociaux » Tiens donc, il y aurait donc un promoteur derrière toute cette affaire ?

Mais le plus amusant pour tous ceux qui se piquent d’observation est de scruter pendant ces treize minutes l’attitude de Jacques Veunac. Chargé de l’urbanisme, le frère de Michel devrait être passionné par le sujet. Au lieu de cela, il regarde ses mains, puis ses papiers, avant de s’intéresser à ses chaussettes et de revenir à ses mains, tandis que le maire s’agite. Pas un mot, ni un regard à ses collègues. Bizarre, non ?

Quand les maires trichent avec la loi

Sandrine Derville, qui en connaît décidément long sur les pratiques en usage sur la Côte basque, soulève un deuxième problème très intéressant lors de son intervention, qui rejoint le refus que m’avait opposé la ville d’Anglet de donner la contructibilité des parcelles en vente.

« Si aucun certificat d’urbanisme n’a été délivré, sous quelle forme la ville de Biarritz a-t-elle été informée de limiter à 583 m2 les constructions à édifier ? Au passage, qu’est-ce qui justifie cette surface, pour quelles motivations, alors que le PLU, document opposable en matière d’urbanisme, autorise une surface maximum de 874 m2 pouvant aller jusqu’à 1283 m2 si les constructions actuelles sont conservées ? De toute évidence, c’est une décision de votre part de minorer le droit à construire que le PLU autorise. D’une part, elle n’a semble-t-il aucune valeur légale pour l’estimation de ce terrain. D’autre part, comment l’expliquez-vous ? »

Oh la bonne question que voilà, qui plonge Olive dans le désarroi. Car les petits potentats locaux devenus maires s’arrogent des droits que la Loi ne prévoit pas. Le PLU, ou Plan Local d’Urbanisme, doit être le même pour tous. Ce qui veut dire en clair que si un promoteur décide de construire dans cette zone un bâtiment neuf de deux étages pour une surface de 874 m2, il en a parfaitement le droit. Dire « Je ne veux pas qu’on bétonne » est une hérésie puisque la Loi l’autorise. Mais à force d’arguties, de lambinages et de contestations au moment du dépôt des permis de construire, les maires réussissent à gagner des années en sachant que les promoteurs sont généralement pressés. Didier Borotra était un grand spécialiste de ce genre de combines destinées à rendre le pouvoir au maire et à faire de tout promoteur un obligé. Mais ces agissements sont tout à fait contraires à la Loi et méritent d’être combattus.

Un audit ? Non ! Un magistrat de la Chambre régionale des Comptes ? Oui !

La Chambre Régionale des Comptes offre beaucoup plus de garanties d’impartialité dans ce dossier.

Le lecteur commence à comprendre que cette affaire est un sac de nœuds d’intérêts divers et variés, où les contribuables ont failli être gravement lésés. Et que l’affaire ne se limite pas aux frontières de Biarritz. Un audit où on va faire appel à des amis grassement payés pour dédouaner le maire de Biarritz n’a donc aucun intérêt. D’autant plus qu’une institution, travaillant gratuitement et prévue pour ce genre d’affaires, existe, comme l’a justement souligné Jean-Benoît Saint-Cricq. Il suffit de se tourner vers la Chambre Régionale des Comptes, qui avait déjà fustigé il y a quelques années la gestion Borotra de L’Hôtel du Palais, pour être sûr que le magistrat enquêteur délégué sur place saura rendre un rapport totalement objectif et rétablir la vérité que Bisque, Bisque, Basque ! connaît mais ne peut pas écrire sous peine de poursuites judiciaires, le commanditaire de toute cette embrouille n’ayant rien commis de répréhensible.

Dans sa quête éperdue de la vérité, nul doute que Michel Veunac, qui s’attend mercredi soir à un conseil municipal particulièrement chaud, va proposer à ses « chers collègues » cette solution qui donnerait satisfaction à tout le monde.

֤À moins qu’un citoyen biarrot, exaspéré par toutes ces approximations, ne se décide à porter plainte pour qu’une enquête préliminaire soit ouverte. Une solution dont rêve sans doute le preux chevalier Michel Veunac qui espère pouvoir traverser à nouveau la ville, la tête haute sur son blanc destroyer.

Ne tirez pas sur les lampistes…

Ni Motsch, ni l’urbanisme ne sont responsables du fiasco de la vente ratée du domaine de la Bigueyrie. Tout donne à croire que ce dossier était piloté par Veunac et lui seul.

Décidément ces écuries de Parme ressemblent de plus en plus à des écuries d’Augias et le parfum nauséabond qui en émane ne vient pas que du crottin des chevaux. Le cavalier acrobate qui caracole à la tête de la mairie a juste mis quatre jours pour franchir l’obstacle et annoncer, droit dans ses bottes, qu’il annulait la vente du domaine (« Sud Ouest », 2/12). N’est décidément pas Bartabas qui veut !

Et, après cette série d’approximations, l’on commence à deviner quelle va être la ligne de défense de Michel Veunac, relayée abondamment auprès de tous ceux qui le croient encore, ou du moins font semblant. Dix coups de téléphone, aimablement passés à Bisque, Bisque, Basque ! de la part d’interlocuteurs pliés de rire, racontent exactement la même chose. Michel Veunac adore larmoyer : « Ce poste de maire est dur. Tellement dur ! J’ai pris une équipe trop jeune et en réalité, je suis obligé de tout faire. Si j’avais été un peu plus aidé, cette histoire ne serait jamais arrivée. Je prends conscience que mon service de l’urbanisme n’est pas à la hauteur. Quant à Motsch, si elle suivait ses dossiers au lieu d’être toujours absente, ça ne serait pas arrivé ».  Autrement dit, tout le monde est coupable, sauf moi. Une contre-vérité évidente dans ce dossier, piloté de A à Z par le maire et lui seul.

Opposition et majorité unis contre le maire

Dans cette affaire qui sent effectivement très fort, il convient d’abord de féliciter Frédéric Domège. Avec son métier et ses années passées aux affaires, le conseiller d’opposition a eu le flair de deviner que quelque chose n’était pas clair dans cette histoire. Il est sûr que sans ses remarques le 29 septembre, lors du conseil municipal, jamais Bisque, Bisque, Basque ! n’aurait eu l’idée d’enquêter et tout le monde se serait fait berner. Au fur et à mesure des révélations apportées par ce blog, les téléphones portables ont chauffé entre les membres de l’opposition et de la majorité. Les échanges ont été nombreux, l’indignation vive et la consternation totale.

Samedi matin, l’opposition a trouvé le temps de se réunir pour arriver au même constat que la majorité quelques heures plus tôt. Michel Veunac n’a cessé de mentir et l’urbanisme n’a évidemment aucune responsabilité dans ce fiasco. Comme dans toutes les villes de France, les services municipaux de Biarritz, qui abritent d’indéniables compétences, ont fait ce qu’on leur a demandé de faire. Qui peut croire une seconde que l’urbanisme aurait mis sous le coude une proposition supérieure de 105 000 euros sans en parler au maire ? Et Nathalie Motsch, contrairement à ce que dit Veunac, travaille dur… sur les dossiers qu’on lui confie.

Passionné par le béton, comme ses prédécesseurs

S’estimant trahie par le maire, Nathalie Motsch raconte dans Sud Ouest le fonctionnement bien particulier de la majorité municipale.

Sociologue de métier, Michel Veunac devenu maire aurait dû fort logiquement s’intéresser à l’image de la Ville, à la communication, au rayonnement international de Biarritz. Allez comprendre pourquoi, comme ses prédécesseurs, une fois revêtu de l’écharpe tricolore, il s’est soudain pris de passion pour le béton.

Ne voulant pas porter le chapeau dans une affaire où les faits ont démontré qu’elle n’y était pour rien, l’adjointe à l’Urbanisme Nathalie Motsch met en lumière des pratiques inacceptables au sein de la majorité municipale dans Sud Ouest du 2 décembre. Dans le dossier de la cession des écuries de Bigueyrie, comme dans d’autres dossiers majeurs, (Bisque, Bisque, Basque ! vous promet d’autres surprises de taille sous peu), l’adjointe à l’Urbanisme est soigneusement tenue à l’écart et le dossier devient une « chasse gardée » du maire. Est-ce un fonctionnement logique dans une ville d’importance ? Et que cache cette pratique monarchique ?

Des mensonges en série

Même si vous êtes peu au fait de la vie publique, vous pouvez vous poser une question simple. Comment se fait-il qu’un simple citoyen qui ne connaît pas grand monde à Biarritz puisse avoir en quelques minutes et trois coups de téléphone des informations que le maire officiellement ignorait ? Qui peut croire cela une minute ?

Écoutez et réécoutez la vidéo du conseil municipal du 29 septembre 2017. Veunac sait et tente de passer en douce. Et pour ce faire, il envoie son adjointe en première ligne.

Deux mensonges le prouvent :

Quand Veunac répond officiellement à Bisque, Bisque, Basque ! il précise que l’estimation des Domaines s’élève « à 545 000 euros et non 920 000 euros ». Comme si ce dernier chiffre sortait de nulle part ! Mais il ignore à ce moment là qu’une lettre en notre possession et signée de sa main prouve que quatre mois plus tôt, le domaine de la Bigueyrie était encore estimé à 920 000 euros. Une estimation, qui, au vu des informations connues sur la constructibilité de la parcelle, semble on ne peut plus raisonnable.

Et puis, il y a l’ultime mensonge de Veunac à sa majorité pour tenter de sauver sa peau. Quand Nathalie Motsch l’accuse publiquement de ne pas l’avoir informée, Veunac se garde de contredire son adjointe mais cherche à faire croire que l’offre du promoteur Jérôme Rey est arrivée après le conseil, alors que le tampon de la mairie et le certificat du directeur général des services démontrent le contraire.

Alors vous croyez toujours à une simple erreur de l’urbanisme et à un malheureux concours de circonstances ?

L’embarras de la mairie d’Anglet

Et cette affaire pue tellement que la mairie d’Anglet, vendredi dernier, botte en touche. Questionnée par un simple citoyen qui aurait pu, après tout, vouloir se porter acquéreur, elle refuse de communiquer un chiffre aussi simple que les possibilités de construire sur la fameuse parcelle en question.

Le mail adressé par Bisque, Bisque, Basque! à la mairie d’Anglet. La question posée était pourtant simple. Elle n’a pas eu de réponse.

« C’est une affaire purement biarrote. La mairie ne veut pas s’en mêler » affirme un peu gêné le responsable de la communication Philippe Hemmert. On a connu Claude Olive plus inspiré en d’autres temps. À moins que la présence de Jacques Veunac, frère de Michel, au poste d’adjoint, ne l’incite à la discrétion sur ce terrain tellement attractif. Finalement, les grands secrets des politiques ne durent jamais bien longtemps et l’on apprendra très vite que la possibilité totale de la parcelle constructible s’élève bien à 1283 m2. À 545 000 euros, c’était le jackpot assuré pour l’acquéreur… ou son commanditaire.

Testard avoue à demi… puis se rétracte

Bertrand Testard est décidément un garçon changeant. Vendredi, sur sa page Facebook, il écrit : « Vous êtes tous béats devant les écrits de Monsieur Viollier qui se complait à patauger les deux pieds dans la merde ». À quelques mots près, ce que dit le maire.

Samedi, sans doute, un peu paniqué par les propos de Jimmy Malige, publiés la veille, il lâche une bombe, adressée à Bisque, Bisque, Basque !

 

Dimanche, après avoir pris conscience à retardement de ce qu’il vient d’écrire, ou s’être fait morigéner sérieusement par qui de droit, il rétropédale furieusement.

Mais le propos est intéressant et tout le monde remarquera vers qui Monsieur Testard dirige les projecteurs, les « élus ou des spécialistes de l’immobilier ». Mais pourquoi donc un « spécialiste de l’immobilier » serait concerné par cette affaire municipale ?

Et l’on en revient à la personnalité de celui qui a failli acquérir le terrain. Il suffit de discuter dix minutes avec l’intéressé pour comprendre. Jimmy Malige vient d’arriver dans la région et ne connait personne, mais il est allé dénicher un terrain bien caché du côté de Parme sans qu’aucune annonce immobilière ne paraisse. Le même affirme n’avoir jamais su que ce terrain était constructible, ce qui est possible vu son inculture de la région. Il voulait rénover les bâtiments existants, faire huit appartements et avait deux ou trois personnes qui lui avaient promis de l’aide.

Imaginons qu’un grand nom du bâtiment se soit porté acquéreur de la parcelle. Évidemment, tous les conseillers municipaux auraient suivi de près cette cession. Et le pot aux roses, sur cette pépite cachée, aurait été découvert. Tandis qu’avec un inconnu, présenté comme membre de la Société des Courses de Trot, ce qui n’était pas vrai au moment de la transaction, tous les membres du conseil municipal avaient le sentiment d’aider la société sportive.

Si « un de ceux qui lui avait promis de l’aide », avait racheté en 2021 ou 2022, le bâtiment rénové par Jimmy Malige, il pouvait ensuite bâtir 874 m2 de foncier neuf et faire une magnifique culbute. Même en laissant un petit bénéfice à l’acquéreur initial.

Une hypothèse d’école ?

Il est totalement ahurissant que le candidat présenté par Bertrand Testard, inconnu de tous rappelons-le, n’ait jamais été reçu à la mairie avant que Bisque, Bisque, Basque ! ne s’intéresse à l’affaire. Ou alors Monsieur Testard a une sacrée influence dans cette ville ! Vous vendriez, vous, votre appartement à quelqu’un que vous n’avez jamais vu sans même savoir s’il dispose de la surface financière pour le faire ? Si l’urbanisme ne s’est pas inquiété et a dérogé à ses pratiques courantes, c’est bien parce quelqu’un lui a dit de ne pas s’inquiéter. Encore plus révélateur, Jimmy Malige est convoqué lundi dernier à la mairie (où il met les pieds pour la première fois) et on lui suggère soudain de dire qu’il va raser les bâtiments existants. Pourquoi ? Parce que dans ce cas-là la possibilité à construire retombera à 874 m2 au lieu de 1283 et que la « boulette » paraîtra plus acceptable. Si on était sur une simple erreur administrative et une mauvaise estimation du terrain, aurait-on fait tout cela ? Agacé par cette affaire où il regrette d’avoir mis les pieds, le jeune promoteur refuse à juste titre le « témoignage orienté » qu’on lui demande.

Espérons maintenant que la Justice va s’intéresser à cette affaire pour éclaircir les zones d’ombre soulevées par Bisque, Bisque, Basque ! Un souhait que partagera sans doute Michel Veunac, ce chantre absolu de la transparence.

Et pendant ce temps, Veunac pense à 2020 !

Il y a décidément du Hollande chez Veunac ! Début décembre 2016, le seul souci de l’ex-Président de la République était de trouver le moyen de se faire réélire. Notre Michel Veunac bien à nous est tellement convaincu de faire un mandat étincelant qu’il ne parle déjà que de sa réélection. Cette fois, c’est promis, il va se débarrasser de cette majorité éclectique et turbulente qui ne lui vaut que des ennuis et faire une nouvelle alliance au centre et à droite. Et il promet déjà des postes aux imbéciles prêts à le croire. Heureusement, les jeunes talents de la majorité sont en train de comprendre que leur carrière politique pourrait bien se terminer en 2020 avec un tel guide suprême. Il était plus que temps, car la situation de Biarritz mérite autre chose qu’un beau parleur spécialiste du cataplasme verbal et de l’étude inutile pour gagner du temps.

Sur Twitter, un certain Michel VIEUNAC sévit depuis peu. Et quand on regarde les abonnés, on découvre nombre de figures de la vie politique locale. Une parodie qui va faire grincer quelques dents.

Face à la haine et la bêtise, nul doute possible

Pas de quoi sauter au plafond avec Macron… Mais voter blanc ou s’abstenir, c’est renforcer le Front national.

« On ne débat pas avec le Front national, on le combat » avait dit Jacques Chirac en 2002. Face à la dédiabolisation du Front national, Emmanuel Macron, quinze ans plus tard, a pourtant bien fait d’accepter la confrontation avec Marine Le Pen, permettant à tout Français doté d’un peu de bon sens de percevoir, lors du débat d’hier, la nullité abyssale de celle qui postule sans complexe à la présidence de la République, sans être seulement capable de lire (et comprendre !) les fiches préparées par son entourage.

Deux heures de débat ont suffi à sérieusement écailler le vernis de la bonne mère de famille proche du peuple, et à laisser apparaître la femme haineuse prête à toutes les contradictions (l’euro, les retraites…) pour faire prospérer sa petite chapelle.

La députée Colette Capdevielle a tout à fait raison de rappeler sur Twitter que l’extrême-droite, quand elle prend le pouvoir, ne le rend jamais. L’affaire de la présidence du Front national est ainsi totalement édifiante et montre bien à quel point ce parti a du mal à dénicher des candidats présentables. Obligée de passer la main le temps de la présidentielle, Marine le Pen avait confié les clés du parti dans un premier temps à Jean-François Jalkh. Pas de chance, ce charmant garçon a été contraint de démissionner au bout de quatre jours pour avoir tenu des propos négationnistes et commémoré la mort de Pétain. Steeve Briois, son successeur, ne s’est rendu coupable « que » de diffamation raciale et devra en répondre devant un tribunal. Quant aux deux grands copains de Marine, Frédéric Chatillon et Axel Loustau, ils sont, selon Le Canard enchaîné du 3 mai, adeptes des commémorations hitlériennes et des soirées déguisées en pyjama de déporté juif.

Voilà ce qu’est le Front national qui essaie d’endormir la population et de surfer sur les mécontentements ! Et vous êtes prêts à conforter cette bande de joyeux drilles en vous abstenant ou en votant blanc, ce qui aura pour effet mécanique d’augmenter le score du Front National ?

Arrêter le « to vote or not to vote » !

Alors oui, comme beaucoup, l’ultralibéral Macron, ne me fait guère rêver, même si l’objectivité oblige à reconnaître que dans cette campagne électorale d’une rare médiocrité, il a su garder son flegme et contre-attaquer avec un certain panache. Mais comment peut-on minauder, tergiverser, barguigner, atermoyer ou se poser des questions devant sa glace « To vote or not to vote ? », quand la peste brune est en passe de gangréner notre démocratie. Le silence de Jean-Luc Mélenchon, que l’on a connu plus inspiré en d’autres temps, relève de la faute politique absolue. Un leader politique est là pour exprimer haut et fort son avis et non pour se planquer derrière ceux qui le suivent. Commençons dimanche soir par élire un président respectueux des valeurs républicaines. Après, il sera toujours temps au moment des législatives, d’exprimer à nouveau ses convictions et de doter Macron d’une majorité susceptible de calmer sa libido libérale.

Mais avant cela, faisons le boulot en votant Macron : plus le Front national sera bas et mieux se portera notre démocratie !

Un volontaire pour informer Arosteguy !

Michel Veunac, Max Brisson ou Claude Olive ont été très clairs en lançant des appels à voter Macron. Mais visiblement, la malheureuse candidate aux législatives Maïder Arostéguy ignore totalement qu’une élection présidentielle se déroule cette semaine. Postulant à d’importantes fonctions nationales, elle ne se serait pas permis sinon d’afficher sa présence aux ballets Malandain à l’heure où les Français étaient tous devant leur poste à l’occasion d’un débat qui engage l’avenir de notre pays.

Qui va parler avec elle et faire en sorte qu’elle cesse de se ridiculiser ?

L’assourdissant silence de Maïder Arosteguy

Soutien inconditionnel de Fillon au premier tour, la candidate aux législatives ne parle plus politique depuis le 23 avril. La tentation vote blanc ou Marine Le Pen ?

Avant le premier tour, il n’y en avait que pour Fillon ! Désormais, la page Facebook de Maïder Arosteguy ne s’intéresse plus qu’au sport et à la culture. Un hasard, sans doute…

Voilà une future candidate aux élections législatives qui ne doit pas savoir qu’une présidentielle est en train de se dérouler ! Alors que Max Brisson et Claude Olive, tout en ne cachant pas que cette décision ne leur fait guère plaisir, se sont prononcés clairement en faveur de Macron, Maïder Arosteguy amuse la galerie sur sa page Facebook mais se garde bien de donner la moindre consigne de vote à ceux qui la suivent.

Soudainement passionnée par un spectacle salle Larreko de Saint-Pée-sur-Nivelle, par le travail de l’artiste Alber à la galerie Bouscayrol ou par la victoire du BO, notre sémillante conseillère départementale ne trouve strictement rien à dire sur le second tour présidentiel. Aspirer à entrer à l’Assemblée nationale mais ne pas s’intéresser à l’actualité politique, voilà qui est fâcheux.

Pourtant pendant le premier tour, Maïder s’est montrée très présente pour épauler François Fillon, apparemment pas gênée du tout par les mises en examen du candidat de la Sarthe qui lui avait accordé l’investiture aux législatives. Fraichement ralliée aux Républicains après un long séjour à l’UDI, Maïder a adressé un signal clair à tous ceux qui seraient tentés de voter pour elle en juin prochain, en affirmant haut et fort par son soutien à François Fillon que la victoire de son camp était à ses yeux bien plus importante que la morale en politique.

Quand on aspire à de hautes fonctions politiques et à franchir les portes de l’Assemblée nationale, on se doit d’être claire dans ses choix et ne surtout pas commencer à se planquer avant même d’être élue. Ne pas préciser sa position cette semaine, c’est donner à penser aux républicains de la Côte basque que, pour Maïder comme pour nombre de Fillonistes déçus, existe la tentation du vote Le Pen ou d’un vote blanc qui aura pour effet de conforter le Front national.

Allez, Maïder, du cran ! C’est le moment d’assumer ses choix.

Une superbe haie du déshonneur

À Biarritz, plus d’une centaine d’agitateurs de casseroles ont réservé à François Fillon l’accueil qu’il mérite.

Casseroles et banderoles étaient de sortie à Iraty.

Finalement, ils ne sont pas si difficiles à reconnaître que cela, les Fillonistes ! Il y a les honteux qui regardent le bout de leurs chaussures en pénétrant dans la halle d’Iraty, un peu comme si on les surprenait à l’entrée d’un bordel espagnol, les farauds et faraudes, manteaux de fourrure et tristes figures qui la jouent « Même pas honte ! », et puis cette litanie d’handicapés, qui souffrent d’une malformation congénitale du majeur et qui passent le doigt pointé vers le ciel devant la haie du déshonneur que nous formons. Au moins cent cinquante de ces malheureux, qui pâtissent visiblement beaucoup plus de leur articulation bloquée que des mensonges et approximations de leur champion, ont pu ainsi nous adresser un salut républicain à la mesure de leur intelligence.

Encore un pauvre hère atteint d’une malformation congénitale du majeur.

Les agitateurs de casseroles que nous sommes (une bonne centaine selon Sud Ouest ) ne remercieront donc jamais assez la police de nous avoir placés derrière des balustrades métalliques, tout près de l’entrée principale de la halle d’Iraty, l’endroit parfait pour faire connaissance avec cette France rassie et dépassée.

Fort courageusement, le repris de justesse Fillon, flanqué de ses maigres troupes de notables de seconde zone, a pu ainsi échapper à la bronca en entrant par l’arrière du bâtiment, mais tous les autres, les Fillonistes ordinaires, très ordinaires même, les aveugles à la morale plus qu’élastique venus gober les bobards éhontés de leur candidat, ont bien été obligés de monter les marches d’Iraty au milieu d’un superbe concert de casseroles et de slogans comme « Fillon en prison » ou, histoire que tous ces pauvres bougres ne se perdent pas, « L’escroc, c’est par là, la République, c’est par ici ».

La visite de la France friquée

Merci à la Ville pour l’installation de ces barrières métalliques idéales pour que nos casseroles se fassent entendre.

Le tour rapide dans le parking sursaturé d’Iraty est édifiant : beaucoup de Bordelais et de Toulousains et surtout une magnifique collection de voitures de luxe. Le spectacle des candidats au meeting, tout autant. On découvre une France âgée, friquée et monocolore, où la canne est beaucoup plus présente que les baskets et le costume, sans doute offert par les amis, que la parka.

C’est la France du catholicisme rétrograde, celle qui frétille à Sens commun et déplore le droit à l’avortement et le mariage pour tous. C’est la France frappée d’autisme et de cécité qui ne veut pas voir qu’elle soutient un scélérat.

Les quincailliers se frottent les mains. Grâce à Fillon, les ventes de casseroles explosent…

Côté agitateur de casseroles, l’ambiance est autrement plus joyeuse et l’on se félicite d’être du bon côté de la barrière. Des jeunes, des vieux, des antifascistes, et des casseroles de toutes les formes et les couleurs qui ont dû conforter les bénéfices de tous les quincaillers du coin. Et on dira après que Fillon ne fait rien pour le commerce !

L’homme qui se retrouve avec une nouvelle affaire tous les jours et qui déshonore la démocratie par son attitude, pensait sans doute en organisant ce meeting à Biarritz, trouver une ville toute acquise à sa cause. Au point que Le Figaro, faussement compatissant, a cru bon de s’étonner : « Accueilli par un concert de casseroles, même à Biarritz ». Alors que les partis de gauche – honte à eux ! – n’ont pas appelé à manifester contre ce voyou de la République, savoir qu’une centaine de citoyens courageux se sont déplacés pour lui réserver l’accueil qu’il mérite donne chaud au cœur…

Oui, quelle belle, quelle magnifique soirée !

À ne pas rater, le très bon papier du Monde : « Fillon, une campagne qui se délite »

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/25/francois-fillon-un-candidat-en-perdition_5100606_4854003.html

Avec tout le fric qu’il a empoché, on espère que Fillon va nous rembourser nos investissements fort mal en point.

 Élus : nous n’oublierons pas

Si mon meilleur ami, m’annonçait qu’il rejoint les rangs du Front national, il cesserait dans la seconde d’être mon meilleur ami. Il était frappant de constater, hier, qu’aucun ténor de niveau national n’avait jugé bon de faire le déplacement à Biarritz. Les Baroin, Larcher et consorts confient en privé qu’ils n’y croient plus. Alors les seconds couteaux, les Olive, Brisson ou Arostéguy, ont vu l’occasion de prendre la lumière et se sont précipités pour conforter le voyou de la République. Quand François Fillon aura pris dès le premier tour la claque électorale qu’il mérite et que tout le monde le lâchera, je les imagine déjà nous expliquer qu’ils ont agi ainsi par « fidélité à leur camp ».  Mais un homme politique a-t-il le droit d’être plus aveugle qu’un citoyen ordinaire ? Nos élus locaux nous envoient un message très clair : la victoire de leur camp et donc leur devenir personnel est beaucoup plus important à leurs yeux que toute considération morale comme le rejet d’un candidat à la présidence de la République mis en examen pour « escroquerie aggravée ». Ils font fi de la morale ? Nous oublierons de voter pour eux et les combattrons lors des prochaines échéances électorales.

 

Tous à vos casseroles !

Malgré sa mise en examen et ses mensonges à répétition, il continue ! Fillon doit donc être accueilli comme il convient, vendredi à Biarritz.

Le talent de François Fillon doit être salué comme il se doit.

Fillon fait de nous la risée de l’Europe, mais persiste et signe, alors que l’enquête concernant les emplois de son épouse et de ses enfants vient d’être élargie à des faits de « faux et usage de faux » et « d’escroquerie aggravée ». Notre pays est actuellement classé en vingt-troisième position au niveau de la corruption, derrière l’Estonie ou l’Uruguay et juste devant le Qatar (www.transparency.org). Rien d’étonnant donc à ce que nos confrères européens ne comprennent pas comment ce « Donal Trump à la Française », peut continuer à viser la présidence de la République ; « un candidat disqualifié pour la présidentielle » selon Le Soir, qui « imite le populiste Berlusconi » pour Blitz, tandis que le quotidien libanais L’Orient Le Jour parle d’un « mépris des règles les plus élémentaires de la vie démocratique. ».

L’immoralité de l’un n’excuse pas l’immoralité de l’autre

Oh, on les entend d’ici, ce dernier carré d’autistes fillonistes qui continue à crier au complot et à l’assassinat politique et s’agite actuellement autour des enfants de Bruno Le Roux, comme si l’immoralité d’une affaire (promptement réglée avec la démission du ministre de l’Intérieur !) pouvait excuser l’immoralité bien plus monstrueuse de l’autre. Une affaire Fillon qui ne cesse de s’amplifier d’ailleurs avec des cadeaux d’amis pas du tout désintéressés, des relevés d’horaires de travail de Pénélope qui semblent apocryphes aux policiers, des interventions auprès de riches hommes d’affaires pour vendre son carnet d’adresses d’ancien Premier ministre. Avec, pour le Père-la-morale des primaires, un seul mot d’ordre évident « Par ici la monnaie ! »

Il faudra que des élus tout à fait respectables comme Claude Olive, Max Brisson, ou Maïder Arostéguy, qui annoncent qu’ils seront présents vendredi, halle d’Iraty, pour venir soutenir leur champion, nous expliquent pourquoi ils font passer la logique de parti avant le respect élémentaire de la morale publique et ne prennent pas leurs distances, comme l’a fait Bruno Le Maire, avec des faits qui ne relèvent pas de la droite ou de la gauche mais de l’immoralité démocratique et de l’esprit de lucre.

Si vous avez la curiosité de regarder l’agenda de campagne de François Fillon, vous constaterez d’ailleurs que le rusé Sarthois, qui s’est bien gardé de bouger une oreille lundi soir sur TF1 par peur d’une balle perdue, prévoit assez peu de meetings en province, par crainte des manifestants en colère et des images télé qui s’ensuivraient.

(https://www.fillon2017.fr/agenda/)

En 2012, Sarkozy avait fini réfugié dans un café.

Fort de ses petites habitudes à l’Hôtel du Palais (Merci, Borotra !) et de son enracinement familial à Ascain, Fillon est persuadé qu’il va faire un déplacement sans risque à Biarritz. En 2012, les Bayonnais ont su accueillir comme il convenait Nicolas Sarkozy. Il est plus que temps pour les Biarrots de montrer qu’en matière de contestation, ils ont autant d’aptitudes que leurs voisins et amis. Alors pour rendre un hommage sympathique au talent exceptionnel de ce grand orfèvre de l’utilisation des deniers publics, un concert de casseroles en l’honneur de ce mélomane averti s’impose. Tous à Iraty, vendredi à 18 h !

Père Noël et mère Michèle

(Conte de Noël)

Occupant depuis des décennies ce bel appartement de Ciboure avec une vue magnifique sur l’océan et le fort de Socoa, Michèle reste pourtant indifférente au superbe paysage qui se trouve devant ses yeux, tout comme elle ignore les parures de Noël qui scintillent sous ses fenêtres. Il faut dire aussi qu’elle a tant à faire ! Patrick, son compagnon, inquiet pour la santé d’un de ses proches, a décidé de prolonger son séjour en Dordogne et de la rejoindre un peu plus tard. Passer cette veille de Noël seule, dans cette ancienne cité de corsaires qu’elle chérit particulièrement, ne soucie nullement Michèle qui se réjouit de ce temps libre inespéré, loin de son existence parisienne trépidante.

Pour faire comme tout le monde, Michèle regarde quelques minutes les niaiseries télévisuelles proposées à l’occasion de ce réveillon de Noël, avant de retrouver avec plaisir ses notes et ses carnets. Rien ne lui est plus agréable que le travail. Qui peut-elle entraîner dans l’aventure qu’elle prépare ? À qui faire confiance ? De qui se défier, alors qu’elle a déjà pris tellement de coups, subi tellement de trahisons dans sa carrière ? Tandis que résonnent dans le lointain quelques cantiques de Noël, Michèle répète en boucle sa phrase talisman qui va l’aider à faire les bons choix pour les mois à venir : « Finalement, ce qui est facile n’est pas très intéressant. C’est ce qui est difficile, ce qui exige un effort, qui nous donne le sentiment de vivre un peu plus. Finalement, ce qui est facile n’est pas très intéressant… »

Un léger bruit fait sursauter Michèle. Elle constate qu’elle s’est endormie sur le canapé et aperçoit une lueur diffuse dans la salle à manger. Elle ne pense pas une seconde à un possible cambrioleur. Mue par la curiosité qui a toujours été sa marque de fabrique depuis l’enfance, elle se dirige d’un pas résolu vers la source lumineuse. Avant de trouver le Père Noël penché sur le sapin que son amie Maialen lui a préparé avec soin, comme chaque année.

L’homme affiche un beau visage empreint de douceur, malgré sa barbe blanche.

Je ne t’ai pas fait peur au moins ?

Michèle ne peut s’empêcher de s’esclaffer.

Tu sais, j’ai un peu passé l’âge de croire au Père Noël !

Le vieil homme qui ne s’attendait pas à être dérangé dans son travail, semble hésiter sur la conduite à tenir.

Qu’on soit grand ou petit, tout le monde aime recevoir des cadeaux. Puisque tu es réveillée, profites-en donc pour regarder ce que je t’ai amené. Et si tu avais un verre à m’offrir, ce ne serait pas de refus.

Michèle se dit que les Pères Noël ne ressemblent plus guère à ceux de son enfance et qu’ils ont désormais de drôles de manières. Mais après tout, à part Robert Rabagny à Biarritz, elle n’en a pas connu beaucoup. Elle ramène donc une bouteille d’Egiategia, ce vin blanc fortement iodé, immergé dans l’océan du côté d’Urrugne.

Sitôt les verres servis, Michèle ne résiste pas au plaisir de déballer les deux cadeaux offerts par l’homme en rouge.

Oh, Père Noël, une urne magique ! Et une panoplie de candidate ! Mais comment as-tu deviné que rien ne pouvait me faire plus plaisir ?

Le Père Noël a du mal à réprimer un grand fou-rire.

Tu sais, Michèle, comme tous les politiques, tes souhaits ne sont pas très difficiles à déchiffrer.

Michèle cache difficilement sa joie et son émotion à la vue des cadeaux reçus.

 Je le savais, je le savais ! Je suis certaine que je vais être présidente de la République en 2017. Toi au moins, contrairement à tous les moqueurs, tu crois en moi !

Accablé à l’idée de tous les enfants qui l’attendent encore, le Père Noël qui avait déjà esquissé un pas vers la sortie, se rassoit lourdement.

Mais, Michèle, tu n’as pas compris…

Michèle qui caresse machinalement le velours de sa robe de candidate, interrompt son geste, bouche bée. Le Père Noël s’efforce de se montrer pédagogue, conscient de la situation délicate dans laquelle il s’est fourré.

Quand tu étais petite, qu’est-ce que je t’offrais ?

Michèle sourit, extatique :

– Je ne risque pas d’oublier ! Une visite de l’Assemblée nationale pour mes sept ans ! Une invitation à l’Élysée, pour la fin de l’année 1956, où j’ai pu saluer, à dix ans, le président René Coty. Et puis des panoplies de conseillère municipale, de ministre, un déguisement en général de Gaulle avec le képi à étoiles qui me plaisait tant. Sans compter ces jeux de société « Politica » et « Que la meilleure gagne ! » que j’ai toujours conservés précieusement.

Le Père Noël se fait plus précis.

Et en 1972, qu’as-tu reçu pour Noël quand tu as démarré ta carrière politique ?

Michèle est perplexe. Elle ne voit pas du tout où veut en venir son interlocuteur.

Alors, là, aucun souvenir !

L’homme à barbe blanche sourit malicieusement.

Des parfums, des foulards de marque, et autres fariboles que toutes les jeunes femmes aiment généralement porter.

Michèle n’ose avouer son trou de mémoire. Le Père Noël, pour sa part, continue sur sa lancée.

Ensuite, tu as eu cette fabuleuse carrière politique que tout le monde connaît. Tu es la seule femme à avoir occupé avec brio les quatre ministères régaliens, Défense, Intérieur, Justice et Affaires étrangères…

Finalement, ce Père Noël est un gros macho planqué sous une houppelande rouge. Michèle lui réplique vertement :

Ah, tu ne vas pas t’y mettre toi aussi et me sortir, comme Patrick mon compagnon, que POUR UNE FEMME j’ai eu une carrière inespérée ! Je veux devenir Président de la République !

Le Père Noël qui en a vu bien d’autres ne se départit pas de son calme.

Tu n’es pas la seule à avoir cette ambition. Michèle, toi qui as fait tant de choses dans ton existence et qui a gagné une place bien méritée dans les livres d’histoire, tu ne t’es jamais interrogée sur la fonction du Père Noël ?

Des coriaces, elle en a connu à l’Assemblée nationale où les bellâtres de l’opposition tentaient de lui faire perdre contenance lors des questions au gouvernement, mais cette interrogation doucereuse la laisse sans voix.

L’homme en rouge regarde sa montre avec agacement : « Nom d’un renne, je suis tellement en retard ! Et en plus, il faut que je t’explique ! Tu imagines un monde où tous les rêves seraient réalisés ? Ce serait invivable. Ma mission de Père Noël, c’est d’aider les enfants à croire au possible et les adultes à accepter l’idée de l’impossible. Quel que soit notre âge, nous restons tous d’incorrigibles rêveurs. À 80 ans passés, un ancien Don Juan restera toujours un homme émerveillé par les femmes et qui se remémorera en boucle ses bonnes fortunes passées. Un ancien directeur d’entreprise pensera sans cesse à ses plus beaux conseils d’administration. La nostalgie fait partie de la vie. Je dirais même qu’elle est indispensable à la vie. C’est ainsi qu’avec l’âge, on prend de la distance avec son propre parcours, on abolit ses désirs et ses ambitions pour petit à petit se détacher de tout. Mais je dois reconnaître que le pouvoir est une drogue particulièrement dure et que je vous plains sincèrement les politiques ! »

Michèle a du mal à dissimuler son émotion.

« Écoute-moi plutôt, au lieu de t’attendrir sur ton sort. En dehors de la malencontreuse affaire tunisienne, ton parcours est superbe et tu peux être fière de toi. Tu as baptisé ton mouvement politique « Nouvelle France ». Maintenant, donne l’exemple et laisse la place aux autres… Et quand c’est trop difficile, joue avec les cadeaux que je t’ai apportés. La nostalgie est souvent le premier pas qui mène à la guérison »

Un instant, le Père Noël a le sentiment qu’il va prendre en pleine figure la bouteille vide d’Egiategia. Heureusement Michèle se ressaisit et le Père Noël regrette de ne pas disposer de plus de temps à consacrer à la septuagénaire.

« Tu ne vas pas forcément me croire, Michèle, mais j’éprouve une immense admiration pour tous les politiques. Ce que vous faites, le temps que vous consacrez aux autres, votre altruisme, votre souhait d’un monde meilleur, votre générosité de départ, même si elle se mue souvent avec le temps en féroce égoïsme, défient l’entendement. Pas un salarié normal n’accepterait de faire un tel job sans en référer immédiatement à son syndicat. Et je ne parle même pas des dégâts que vous provoquez dans vos propres familles. Une drogue dure, il n’y a pas d’autre terme !  Quand on a goûté au pouvoir, y renoncer de soi-même, en s’épargnant l’humiliation publique d’une cuisante défaite électorale, est un sacrifice presque équivalent à la peine de mort. Regarde Hollande comme il a tergiversé avant de se rendre à l’évidence. Rassure-toi, tu n’es pas la seule dans ton cas. Je te prends tous les paris que dans vingt ans, Max Brisson ou Peyuco Duhart, s’ils sont encore en position de remporter une élection, seront candidats à tout ce qui passera à leur portée. Et prends le jeune talent d’Anglet, le maire Claude Olive ou celle qui pourrait bien atterrir à l’Assemblée nationale, Maïder Arostéguy, ils finiront sans doute comme toi, à chercher encore un suffrage à emporter à soixante-dix ans passés, s’ils ont l’habileté de réussir une longue carrière politique. Je sais, tu as le sentiment que le sol s’ouvre devant toi en entendant mes propos, mais tu verras, Michèle, après les jours de pouvoir, une vie est possible et elle ne manque pas de saveur. »

Michèle se penche par la fenêtre de son appartement et tente de scruter la grisaille cotonneuse du jour naissant. Pas une voiture ne roule en ce matin de Noël, accentuant l’atmosphère ouatée. Dans le chenal, le chalutier Urtxintxa se laisse porter par les courants de la marée descendante pour se diriger vers Capbreton et ramener les précieux merlus, indispensables aux restaurateurs locaux. Malgré sa nuit agitée, Michèle est bien décidée à ne plus opiner machinalement de la tête quand on lui parle, mais à regarder désormais avec attention le monde qui l’entoure. Elle serre les dents et, comme premier exercice, se force à scruter longuement le chalutier bleu et rouge, les marins qui préparent les lignes destinées à capturer par plus de cent mètres de fonds le poisson roi des tables de Noël, le capitaine à la barre, attentif au jusant qui a piégé bien des débutants. Quand elle s’est levée de fort bonne heure, le premier réflexe de Michèle a été d’inspecter le sapin, aussi dépourvu de cadeaux que la veille au soir. Mais elle s’explique mal les deux verres et la bouteille vide sur le guéridon.

Pour se donner du courage à l’idée de descendre dans la rue dès qu’il y aura un peu plus de monde, pour se prémunir contre les réflexions fielleuses qui seront au départ beaucoup plus nombreuses que les gentilles, elle se répète en boucle, comme pour s’encourager dans le nouveau défi qu’elle se lance, « Finalement, ce qui est facile n’est pas très intéressant. »

Sa décision est prise. Elle va renoncer à ses projets et chercher à réapprendre l’existence en mode ordinaire. À 9 heures, elle va prévenir Patrick, son compagnon qui ne va certainement rien comprendre à la nouvelle situation et à 10 heures, elle enverra un très bref communiqué à l’Agence France Presse.

Noël n’est vraiment pas le jour idéal pour communiquer, mais, en définitive, elle s’en moque. C’est aussi cela la vraie vie.