Et deux millions de plus pour la Cité naufragée !

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À plusieurs reprises, Michel Veunac a annoncé triomphalement un mieux très net de la Cité de l’Océan… Le rapport remis aux conseillers de l’agglo le prouve : une fois de plus, il a menti !

Vous referez bien un petit tour de manège ! Il suffit d’être riverain, au lieu d’être élu, pour savoir que la Cité de l’océan est un bide absolu, mais ce n’est pas pour autant que le moussaillon Michel Veunac va cesser de souquer ferme pour nous faire croire au renflouement de la Cité naufragée, à peu près aussi probable que l’élection de Guy Lafite à la Présidence de la République. Et comme le roi des baratineurs à écharpe tricolore ne doute de rien, il nous a déjà fait nombre de grands numéros, lors des derniers conseils municipaux sur le « redressement très net » de la Cité de l’Océan. Les chiffres sont cruels, comme le prouve le rapport remis aux conseillers de l’Agglo, qui vont être appelés demain 20 juillet à mettre à nouveau la main au portefeuille : en comptant les scolaires, les groupes, les tarifs réduits, on arrive à… 136 visiteurs par jour, soit 50 000 annuellement. Où est-il le temps où le premier adjoint Max Brisson, répondant aux questions du Journal du Pays basque (20/9/2011) triomphait à propos de la Cité de l’Océan : « Avec Didier Borotra, Biarritz joue de nouveau dans la cour des grands » et considérait un objectif de 400 000 visiteurs par an « envisageable » ?

http://www.lejpb.com/paperezkoa/20110920/291832/fr/Avec-Didier-Borotra-Biarritz-joue-nouveau-dans-cour-des-grands

Veunac va nous faire détester la Cité de l’Océan

N’importe quel élu normalement constitué, face à un bide aussi durable se poserait des questions sur la réorientation nécessaire du bâtiment pour arrêter le massacre financier, mais notre Michel, sans doute inspiré par les SDF qui traînent place Clémenceau, va arriver ce soir au Conseil de l’Agglo, avec une sébile et une pancarte « Deux millions d’euros pour que ma Cité reste propre »…Et le plus incroyable, c’est que les élus, qu’ils soient de la Région, du département ou de l’Agglo, vont traîner des pieds mais venir au secours du malheureux mendiant, à hauteur de 426 000 euros chacun, tandis que les Biarrots auront l’immense plaisir de voir 852 000 euros (un demi-milliard de centimes tout de même, pour ceux qui comptent encore en anciens francs !) s’envoler en attractions ludo-scientifiques et autres inepties voulues par le monarque Didier Borotra et son pâle suiveur Michel Veunac. Comme le répète à chaque conseil municipal le pilote fou du bâtiment en perdition : « Je vais vous faire aimer la Cité de l’Océan » C’est plutôt mal parti.

Clientélisme électoral et renvois d’ascenseur

La question s’était déjà posée au moment de la recapitalisation de la Cité de l’Océan, en 2015, à hauteur de 1 572 000 euros. Est-ce le rôle d’unecIT2 03 Région, d’un Département ou d’une Agglo de financer un bâtiment qui ne présente aucun intérêt pour les populations concernées ? Sincèrement, il est permis d’en douter.  Alors que la plaisanterie de cette fois-ci (Patience, il y en aura d’autres !) va s’élever à 2 130 000 €, on peut se demander si nos élus ne s’offrent pas quelques petits renvois d’ascenseur avec l’argent public. Et si les alliances, parfois surprenantes, lors des élections départementales et régionales de 2015, ne se sont pas négociées moyennant recapitalisation et subventions pour le malheureux impécunieux biarrot. Dernier point enfin, il semblerait que pour former la future EPCI, les agglomérations vont fusionner en une entité unique, avec leurs actifs… et leurs passifs. Alors c’est le moment de dépenser puisque les dettes vont être planquées sous le tapis commun !

L’ineptie du ludo-scientifique

Si la bienveillance des élus laisse un peu perplexe, l’entêtement de Michel Veunac pose question. À nombre de reprises, avec ses hésitations, ses incertitudes et son absence de feuille de route claire, les électeurs ont pu constater que l’imagination n’était guère au pouvoir du côté de la mairie. Tous ont dit que la société marseillaise qui avait vendu les premières attractions n’avait pas tenu ses promesses et qu’entre le projet présenté et le résultat final il y avait comme la longueur du paquebot France. C’est Michel Veunac qui avait présenté cette société à Didier Borotra, qui, lui, avait fait du béton et de l’architecture sa chasse gardée. Et qui est-ce qui persiste à faire appel à la même société ? Michel Veunac !

Même si une de ces fameuses attractions ludo-scientifiques connait un éphémère succès, elle ne peut pas permettre à un bâtiment comme la Cité de l’Océan de gagner durablement de l’argent. Ces attractions fourguées en moyenne à 500 000 euros pièce, ne sont en fait que des prototypes « bêta » que l’on teste dans les musées avant de les développer pour le grand public dans les deux ans qui suivent. François Amigorena l’avait souligné fort justement, il y a un an, à propos des lunettes à réalité virtuelle qui sont désormais en vente dans toutes les boutiques spécialisées. Et l’on peut vraiment se demander si le bêta n’est pas celui qui achète ce type d’attraction.

Une réorientation vigoureuse de la Cité de l’Océan s’impose donc. Biarritz, avec le surf, a une histoire magnifique et des collections somptueuses qui dorment dans les armoires. Raconter au public une histoire basque, comme le faisait l’ancien Musée de la mer face au rocher de la Vierge, avec la chasse à la baleine, c’est parler au cœur des touristes, et éviter de devoir remettre sans cesse de l’argent au pot, avec des collections pérennes, beaucoup moins onéreuses.

Au lieu de faire preuve d’un entêtement pour le moins suspect, Michel Veunac serait bien inspiré, lui qui s’imagine grand démocrate, d’organiser un referendum pour savoir si les Biarrots veulent qu’on poursuive l’effort dans la direction choisie par la municipalité ou s’il faut réorienter d’urgence le mégalomaniaque bâtiment voulu par Dider Borotra et ses adjoints.

… Et vous ne savez pas quel va être le nom de la prochaine attraction achetée à prix d’or avec l’argent de vos impôts ? « La Cité engloutie » !

Ah, si seulement…

Conseil départemental : inutile et dispendieux

Conseil départemantal

Le Conseil départemental, une assemblée utile? La question se pose vraiment. (Photo Sud ouest)

Comme j’imagine que vous êtes peu nombreux à lire Sud ouest (30/4) avec une calculette à portée de main, Bisque, bisque, Basque!  s’est dévoué pour vous aider à mieux comprendre combien vous coûte le conseil départemental pour lequel vous avez voté récemment. Ils sont 54 élus, à répartir en 3 catégories. Le président et ses quatre vice-présidents, qui émargent à 3041 euros brut par mois (Jean-Jacques Lasserre annonce triomphalement qu’il baisse ses indemnités de 40%, mais, si vous lisez la rubrique l’impertinent déchaîné, vous verrez qu’il n’avait guère le choix), 14 conseillers départementaux délégués à 2718 euros et 35 simples conseillers départementaux à 2508 euros mensuels. Ce qui nous donne un « coût politique » de fonctionnement de 141.071 euros par mois (92 briques, pour les amateurs d’anciens francs)  et un coût annuel de 1.692.852 euros (1 milliard 110 millions d’anciens francs!) Et si l’on multiplie la plaisanterie par 98 (le nombre actuel de conseils départementaux en France), on découvre que la petite cajolerie faite aux élus départementaux pour leur permettre d’exister, donne envie de se tirer une balle dans la tête. Avec ces sommes là, on en ferait quelques kilomètres d’enrobé et on en rénoverait des collèges!

Ce premier chiffre n’est pourtant que la partie visible de l’iceberg. Rajoutez les chauffeurs, les repas (ça mange un conseiller départemental!) et autres indemnités diverses, l’entretien des bâtiments et vous aurez une idée plus précise de la réalité. Dans son numéro daté du 1er mai, La Semaine du Pays basque note que le premier vice-président Max Brisson semble « plus cool » et « plus apaisé » . Ne cherchez pas plus loin : le fait d’être véhiculé et dorloté du matin au soir aux frais du contribuable est sans doute pour beaucoup dans cette actuelle bonne humeur de l’inspecteur général de l’Éducation nationale, qui se morfondait visiblement en tant que premier opposant bénévole de la ville de Biarritz.

Le doublon entre politique et haut-fonctionnaire

Quant à vous, modeste automobiliste, qui empruntez les départementales du pays basque, vous êtes-vous déjà demandé si vous circulez sur une route de gauche ou de droite? Quand le matin vous conduisez votre enfant au collège, avez-vous le sentiment qu’il entre dans un établissement PS, UMP, UDI ou MoDem? Bien sûr que non! La zone de compétence voulue par le législateur pour le conseil départemental est plutôt mince : le social, les routes et les collèges. Et c’est là qu’on commence à prendre conscience que notre pays marche sur la tête.

Pyrénées-Atlantiques_(64)_logo_2015Jusqu’à la loi de décentralisation de 1982, dite loi Deferre, le préfet décidait seul avec son équipe de haut-fonctionnaires de ce qui était bien pour le département, tandis que l’ancien conseil général, devenu depuis conseil départemental, se contentait d’un avis consultatif. Mais François Mitterrand avait trop de petits potentats locaux à récompenser et c’est ainsi que des décisions qui relèvent de l’intérêt général sont devenues des décisions prises par des politiques. Le hic, c’est que les politiques ne sont pas là pour mettre les mains dans le cambouis et que le même nombre de fonctionnaires qu’avant est nécessaire  pour la mise en place des décisions. Le coût politique du conseil départemental laisse rêveur, mais il ne représente rien par rapport au coût de la « machine départementale ». Entre l’antenne de Pau et celle de Bayonne, ce sont 2500 salariés qui font tourner la machine. Ces salariés ne sont pas en cause, mais, à force d’empiler les structures, on commence à mieux comprendre le déficit abyssal de notre pays, plus de 2000 milliards d’euros, alors que l’impôt rapporte « seulement » 2200 milliards chaque année.

(Pour en savoir plus, voir http://www.planetoscope.com/comptes-publics/315-compteur-de-la-dette-publique-de-la-france.html)

Les lâchetés successives de Hollande

Lorsqu’il était candidat à la présidentielle, François Hollande s’était répandu en confidences auprès des journalistes. Il était alors parfaitement conscient que notre pays ne pouvait pas continuer à fonctionner avec 360.000 élus, ce qui constitue un record mondial, et qu’il fallait mettre fin au scandale du cumul des mandats. Mais le roi des petits pas de côté n’est pas l’incarnation même de la bravoure. Un simple froncement de sourcil des sénateurs a fait reculer le gouvernement Ayrault sur le cumul des mandats et le tollé suscité par une éventuelle disparition des départements a eu le même effet sur le capitaine de pédalo qui nous gouverne. Il était pourtant parfaitement logique, alors que la construction européenne semble difficilement pouvoir être remise en cause, d’abandonner le département et de conserver les 22 régions, plus adaptées. Au lieu de cela, on continue avec une assemblée départementale, très coûteuse et aux compétences particulièrement restreintes, et on fait au niveau de la région un « gros machin » qui marie allègrement le pays basque et la Corrèze. Bonjour, la cohérence!

Le plan de carrière des élus locaux

Cette lâcheté dans la modernisation de la France provoque de nombreux dommages collatéraux. Les Français sont parfaitement conscients de la gravité de la situation de notre pays qui s’enfonce inexorablement dans la récession et prêts à faire des efforts pour en sortir. Mais on ne peut pas pratiquer le matraquage fiscal des contribuables ordinaires pendant que les élus pètent dans la soie, bénéficient de mesures fiscales particulièrement clémentes sur leurs indemnités et de notes de frais sans le moindre contrôle. Comment ne pas penser, dans ce même registre, à la directrice de l’INA, Agnès Saal, qui annonçait au personnel une gestion « janséniste »  de l’établissement qu’elle dirigeait et qui se permettait dans le même temps de dépenser, en plus du chauffeur à plein temps qui veillait sur elle, 40.000 euros par an de frais de taxi pour elle et son fils? Elle vient d’être virée et c’est on ne peut plus logique. Pourquoi n’en est-il pas de même avec des élus systématiquement absents qui ne respectent pas leurs mandats?

La plus grosse faillite de Hollande est là, dans son incapacité à réformer le pays et à réconcilier par des règles simples les citoyens avec leurs élus. La récente campagne électorale pour les élections départementales à Biarritz -calamiteuse à souhait!- illustre à merveille ce paradoxe. Attirés par un salaire de cadre supérieur pour un travail loin d’être éreintant, nos candidats se sont trahis, déchirés, presque entre-tués, car tous avaient intégré dans leur plan de carrière cette manne providentielle. L’idéologie ne les a guère préoccupés.

Si les propositions du parti communiste étaient mises en pratique – indemnité alignées sur le SMIC et demi-indemnité pour les retraités ou les salariés qui ont d’autres revenus – nul doute que l’on reviendrait bien vite à un intéressant débat d’idées au lieu de ce spectacle lamentable de matous affamés décidés à se goinfrer seuls la gamelle. Malheureusement, Hollande étant toujours persuadé d’avoir une chance en 2017, il est bien évident que rien ne changera, et que l’on continuera le matraquage fiscal pour assurer, entre autres, le train de vie de nos élus.