Petits arrangements avec la démocratie

Nicolas Dupont-Aignan a parfaitement raison : le débat organisé par TF1, avec… cinq candidats seulement, est inacceptable.

Les électeurs, et eux seuls, ont le droit de décider qui est un petit ou un grand candidat. Mais sûrement pas les sondeurs ou TF1 !

Quand on voit la constance avec laquelle les sondeurs se trompent, que ce soit en France ou aux États-Unis, on se demande pourquoi TF1, pour son débat de lundi soir, n’a pas préféré baser sa sélection sur les candidats aux yeux bleus ou ceux qui sont gauchers, plutôt que sur les cinq candidats qui seraient en tête des intentions de vote… selon ces spécialistes de la désinformation qui n’avaient vu venir ni Fillon ni Hamon, lors des primaires.

Invité au journal de TF1, samedi soir, le candidat Nicolas Dupont-Aignan a décidé de quitter le plateau pour protester « Je souhaite que par mon geste, votre chaîne renoue avec la démocratie ». Une attitude que semblent comprendre les électeurs puisqu’il totalisait dimanche soir plus de 37 000 commentaires favorables sur sa page Facebook.

Déterminé, Nicolas Dupont-Aignan a même déposé un recours devant le Conseil d’État pour être invité à débattre par la première chaîne, recours qui a été rejeté.

Le CSA pas gêné

Quant au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, pas gêné du tout malgré le rôle de gendarme des programmes qu’il devrait tenir, il a estimé que « l’organisation d’un débat avec cinq candidats relevait de la liberté éditoriale de TF1 et ne remettait pas en cause les règles du pluralisme dans la mesure où le principe de l’équité était respecté par ailleurs. ». On croit complètement rêver, car comment des candidats comme Philippe Poutou ou Jean Lassalle qui se sont qualifiés in extremis le 17 mars dernier, peuvent-ils apparaître de façon crédible dans les sondages ?

Avec les primaires, cette vaste farce où un petit pourcentage des Français décide pour les autres du casting à venir, avec les casseroles et la mise en examen de Fillon qui passe en force et avec cet oukase de TF1, qui décide d’elle-même qui sont les grands et les petits candidats, c’est toute notre démocratie qui est mise en pièce petit à petit.

Je ne partage absolument pas les idées de Nicolas Dupont-Aignan, mais si Mélenchon Hamon et Macron avaient un peu de dignité (un terme que Fillon ne connaît pas), ils devraient refuser de participer à cette mascarade. Marine Le Pen, pour sa part, a clairement défendu la position de Nicolas Dupont-Aignan et estimé que tous les candidats devaient être traités à égalité.

Quant à nous, téléspectateurs d’un soir et futurs électeurs, si ce débat doit se dérouler dans ces conditions, consacrons notre « temps de cerveau humain disponible », selon l’expression du PDG de l’époque Patrick Le Lay, à de toutes autres activités que ce débat tronqué et truqué…

… Comme lire avec attention, sur Internet, les programmes détaillés de chaque candidat, histoire d’en apprendre beaucoup plus.

De plus en plus Borotragique…

Cité-de-lOcéan

Une seule solution, face à cette imbécillité coûteuse qu’est la Cité de l’Océan : fuir en courant!

À sa place on raserait les murs de honte, on tairait le nom de sa maison de retraite et on se cacherait dans le coffre de sa Smart, pour avoir fait n’importe quoi pendant le dernier mandat et être parti en laissant des dettes conséquentes à ses successeurs. Mais ce n’est décidément pas le genre de Didier Borotra, qui ne veut plus qu’on l’appelle autrement que Léonard, en référence au grand génie incompris de la Renaissance, Léonard de Vinci, mais aussi et surtout à l’entrepreneur de travaux publics à qui il a livré la ville de Biarritz.

La Justice est parfois étrange : elle laisse mariner en prison un Jérôme Kerviel sans condamner ses supérieurs de la Société Générale, elle fait appel du jugement de clémence, salué par tous, délivré à l’urgentiste Nicolas Bonnemaison et, six ans après, le Conseil d’État confirme que la ville de Biarritz n’aurait jamais dû engager un contrat de partenariat public-privé pour agrandir le musée de la Mer et construire la Cité de l’Océan.

Et on fait quoi maintenant ? On rase cette hideuse piste de skateboard en béton où les malfaçons sont légion, ce qui serait sans doute la solution la plus économique, et on sort les paquets de kleenex pour pleurer ?

Léonard Borotra

Léonard, alias « Tous des cons sauf moi ».

Tout politique normalement constitué aurait joué la discrétion après un tel fiasco, dénoncé sans relâche depuis 2008 par l’opposition, mais ce n’est pas le style de Léonard qui n’a pas hésité à fustiger les juges dans Sud Ouest (31/7) et à la jouer  » même pas mal !  » (Il a raison, pour le moment, ce n’est pas lui qui a mal, mais notre porte-monnaie de contribuables).

Si l’expression  » toupet colossal  » vous est peu familière, ne courez pas au dictionnaire, mais lisez plutôt du Borotra dans le texte. La décision du Conseil d’État ?  » Une décision politique « . Bravo pour le respect de la Justice de la part d’un ex-homme public!  Et pour continuer dans la nuance :  » Il est connu que les juridictions administratives sont opposées aux PPP. Elles considèrent que c’est le moyen d’échapper aux contraintes des procédures traditionnelles de marchés publics  »  On ne lui fait pas dire. En 2008 déjà, tous les journaux écrivaient que les partenariats public-privé étaient devenus de nouvelles machines à corrompre ou, au minimum à permettre à l’élu mégalomane de dépenser l’argent qu’il n’a pas. Mais il faut croire que Didier Borotra et Guy Lafite, son brillant adjoint aux Finances d’alors, ne lisaient jamais les journaux…

Et Monsieur-je-sais-tout de rajouter une deuxième couche : « Les juges n’ont pas la compétence pour évaluer la complexité de tels dossiers. Ce n’est pas leur métier »…

 … Tandis qu’il est évident qu’un ancien chef d’entreprise en faillite, a les compétences artistiques, une fois devenu maire, pour acheter des statues hors de prix à des amis à New-York, des compétences architecturales pour laisser construire des bâtiments d’une beauté infinie quartier Kléber, et des compétences scientifiques pour choisir, Cité de l’Océan, des attractions ludo-scientifiques  à faire mourir d’ennui n’importe quel enfant de cinq ans possesseur d’une console de jeux.

Mais comment la Ville a-t-elle pu se priver d’un tel talent, d’un tel gestionnaire, d’un homme aussi omniscient ?