Les appliqués, les fumistes et le gros lourd

Ce deuxième conseil municipal sur le budget a donné lieu à des échanges fructueux. Malgré certaines absences discutables et un Destizon décidé à faire son intéressant.

À l’aise et maîtrisant ses dossiers, Maïder Arostéguy a su créer une ambiance de dialogues et d’écoute réciproque.

Ôtez-moi d’un doute pour le cas où Alzheimer aurait fait une visite impromptue : la liste conduite au printemps par Nathalie Motsch s’appelait bien, avec une immodestie certaine, « Biarritz en a besoin » et non « Biarritz par-dessus la jambe » ? Hier soir, lors d’un conseil municipal de très belle tenue qui nous ferait presque oublier les errances et autres approximations de Mimi-la-Malice et ses troupes, il y avait de quoi avoir mal au ventre pour tous les gens de qualité qui étaient présents sur la liste de « Calamity Nathalie », en constatant que pour la deuxième fois consécutive leur championne avait donné son pouvoir à Sébastien Carrère et joué les filles de l’air. Comme aurait dit Chevènement, « Un élu, ça fait le job ou ça démissionne ».

Agacement similaire en ce qui concerne le Monsieur météo de TF1, Louis Bodin, absent pour la deuxième fois en deux conseils municipaux. Même si son cas est moins grave que celui de Nathalie Motsch, puisque simple godillot de la majorité, il est exaspérant de constater que les Biarrots crient au « parachuté » quand un ministre envisage d’être candidat dans une ville qu’il pratique depuis trente ans, mais sont en émoi comme des midinettes lors de leur premier bal en voyant le « grand nom parisien » qui va embellir l’affiche, alors que tout le monde sait qu’il sera trop pris par ses activités professionnelles pour consacrer du temps à Biarritz. Et quand je m’étonne sur Twitter de son absence, son beau-père Jean-Bernard Pinatel sort le fusil mitrailleur : « Il apporte son expérience et son conseil à l’adjoint à l’environnement. À l’heure du travail à distance, c’est tout à fait amusant de voir ce genre de réflexion ». Drapeau blanc, Jean-Bernard, mais que je sache le poste de conseiller municipal en télétravail n’a pas encore été prévu par la Constitution.  Et il n’est pas obligatoire d’occuper un mandat pour aider une ville.

Chazouillères explique au lieu de pérorer

Édouard Chazouillères s’est montré plutôt pédagogue et intéressant, mais visiblement certains préfèrent lire le journal.

Mais revenons plutôt aux bons élèves de cette rentrée au lieu de nous intéresser aux fumistes. Tous ceux qui passent actuellement leurs après-midis à la plage confirmeront sans doute une rumeur venue du personnel de la mairie : ce ne sont pas les coups de soleil qui gênent beaucoup Maïder Arostéguy et sa majorité. De mémoire de fonctionnaire territorial, il y a longtemps que l’on n’avait vu une équipe se mettre au travail avec une telle ardeur et impliquer autant les services qui sont globalement ravis de ce bol d’air frais. Bisque, Bisque, Basque ! se gardera bien de toute conclusion anticipée, les bonnes résolutions de la rentrée s’étiolant parfois au cours d’un mandat, mais il est évident que pour rectifier en trois semaines, compte-tenu du Covid, les orientations budgétaires il a fallu que les élus et les services se mobilisent sacrément.

Au lieu des péroraisons autosatisfaites de Guy Lafite et des sentences aussi creuses que définitives de Michel Veunac, nous avons eu droit de la part du maire, d’Adrien Boudousse son premier adjoint, et surtout du « ministre des Finances » Édouard Chazouillères à des explications limpides sur le budget avec des chiffres projetés permettant à chacun de suivre précisément les points évoqués. De la pédagogie à la place de l’enfumage permanent, on va finir par croire que le Dieu de la démocratie et du respect de la vie publique est enfin venu faire un tour à Biarritz !

Et même sentiment de clarté et de connaissance des dossiers lorsque les adjoints, que ce soit Michel Laborde, Richard Tardits, Maud Cascino, Anne Pinatel ou Nicolas Martinez ont pris la parole. Ce conseil dure 3 h 21, mais il mérite vraiment d’être écouté de bout en bout et de sacrifier une séance de bronzette, tant les échanges sont passionnants. Vous y apprendrez entre autres comment le Covid a coûté 4 millions d’euros à la Ville, pourquoi il y a cette année 20% de véhicules automobiles en plus et aurez la confirmation que la danse et le rugby touchent tous les deux annuellement plus d’un million d’euros par an d’argent public.

https://www.youtube.com/watch?v=NN3ZC0Y6WZs

Une opposition constructive et intéressante

D’autant que l’opposition a su se montrer à la hauteur et profiter de la volonté de dialogue, très perceptible lors de ce conseil, pour poser beaucoup de questions intelligentes. Les sept opposants présents ont pris la parole à un moment ou l’autre de la soirée, démontrant souvent une autre vision de l’avenir de la ville mais faisant toujours preuve d’une courtoisie républicaine de bon aloi dans leurs interrogations.

Jean-Baptiste Dussaussois Larralde a fait remarquer que « 92 000 euros seulement pour l’amélioration des eaux de baignade » c’était fort peu, Lysiann Brao s’est interrogée sur les modalités d’attribution de la prime post-Covid, Corine Martineau a défendu une association comme « Équilibre », Brice Morin évoqué son poste de salarié de l’Atabal pour ne pas voter certaines délibérations susceptibles d’entraîner un conflit d’intérêts et Sébastien Carrère demandé des précisions sur le mode de calcul des droits de mutation. À chaque fois, les réponses de la majorité ont été précises et détaillées.

D’habitude, c’est la majorité qui veut augmenter les impôts quand l’opposition se récrie. Le plus surprenant de tous les opposants est donc Guillaume Barucq qui se retrouve à prôner une fiscalité beaucoup plus dure pour les résidents secondaires, ce qui est plutôt inhabituel, même si idéologiquement parlant le docteur à catogan est cohérent avec ses annonces de campagne.

Un vote qui marquera une première lézarde dans l’opposition puisque le « centriste-équilibriste » Barucq votera contre, tout comme Brice Morin et Lysiann Brao, tandis que Corine Martineau et Jean-Baptiste Dussaussois Larralde se rangeront aux côtés de la majorité. Le signe avant-coureur d’un éclatement idéologique de ce groupe d’opposition ?

Un comique malgré lui

« Survivor », l’élu qui ne doit sa place qu’à deux défections, s’est montré insupportable toute la soirée.

On le sait dans tout rassemblement, il y a toujours un gros lourd qui en fait des tonnes et ne comprend rien à l’ambiance générale. À sa place, compte tenu du cinglant échec électoral subi, on raserait les murs, puisque cet élu ne doit son fauteuil d’opposant qu’aux défections successives de Jean-Benoît Saint-Cricq et Jocelyne Castaignède, mais Patrick Destizon n’est pas du genre à se contenter de s’empiffrer gratuitement des petits fours offerts par la Socomix où Maïder Arostéguy lui a laissé un strapontin par charité. Décidé à jouer l’intellectuel de service et à peu près aussi convaincant dans ce rôle que Gérard Larcher briguant un poste de danseur étoile pour les ballets Malandain, l’inénarrable Patriiiiick se lance dans une interminable apologie de la mandature précédente qui ne convainc que lui. Et comme la lumière braquée sur lui s’est éteinte beaucoup trop vite à son goût, il remet le couvert en fin de conseil avec une tirade sur le recrutement d’un cabinet qui va coûter « annuellement 250 000 euros par an ». Notre économiste oublie juste de préciser combien l’absence de cabinet et des compétences qui y sont rattachées a coûté à la Ville lors de la dernière mandature avec les bourdes en série qui auront caractérisé la mandature Veunac, malgré la présence de l’immense adjoint aux travaux qu’il était. Avant que Maïder Arostéguy ne sorte ses griffes pour la seule fois de la soirée en évoquant le recrutement lors du mandat précédent d’Olivier Lépine, « conseiller spécial de Michel Veunac » payé par les contribuables biarrots. Petit élève fessé en public, Patrick Destizon boudera sur sa chaise et arrêtera immédiatement ses attaques.

Et, un peu comme un ivrogne repenti qui garde dans son salon une photo de lui allongé dans le caniveau datant de ses bitures passées, on se dit que finalement c’est peut-être une grande chance pour la vie politique d’avoir au sein du conseil municipal un personnage comme Patrick Destizon : il incarne l’arrivisme, la duplicité et tout ce qu’on déteste dans la politique et rend sympathique ce grand bol d’air frais qui nous arrive avec tous ces nouveaux visages de la majorité et de l’opposition.

Un accord Arostéguy-Etchegaray à propos de Motsch ?

L’information n’est pas encore officielle, mais elle fait déjà beaucoup parler au sein de l’Agglo Pays basque où Biarritz avait perdu une grande part de son crédit grâce à son éblouissant ex-maire. Solidarité UDI oblige, Jean-René Etchegaray souhaiterait garder Nathalie Motsch à la tête de l’AUDAP (Agence d’Urbanisme Atlantique-Pyrénées) où aux dires de tous, elle a effectué un très bon boulot. Il a donc approché par téléphone Maïder Arostéguy pour savoir si cette nomination poserait problème. Apparemment, Maïder Arostéguy aurait fait preuve de sens politique en acceptant le deal. Un deal qui n’interdirait pas à Nathalie Motsch d’honorer de sa présence, au moins une fois avant 2026, le conseil municipal où elle a été élue.

Plutôt bluffante

Maïder Arostéguy a fait preuve de beaucoup d’autorité, et aussi de malice, pour conduire son premier conseil municipal.

La première magistrate a joué sa partition avec beaucoup d’aisance.

Les vieux Biarrots qui ont connu Maïder Arostéguy enfant – on l’imagine très bien petite fille espiègle et pétulante comme elle le laisse encore paraître quand elle oublie de se contrôler – ont dû se frotter les yeux à plusieurs reprises en regardant leur nouvelle maire mener son premier conseil municipal avec la maestria d’un vieux briscard de la politique et se dire : « Elle a parcouru un sacré chemin, la petite ! ». Sans vouloir entacher en quoi que ce soit l’image de la nouvelle élue, il fallait une sacrée imagination en 2008, lorsque la timide Maïder faisait ses premiers pas en politique aux côtés de Destizon et Saint-Cricq, pour voir en elle une future maire. Ses proches affirment que dès 2009, Maïder Arostéguy annonçait qu’elle serait un jour maire de sa ville. Démonstration qu’en politique, il faut une volonté hors du commun alliée à d’heureux concours de circonstance pour réussir.

Tout avait pourtant commencé, le vendredi 3 juillet, lors de l’élection du maire au casino Bellevue, par une petite faute de goût de son équipe. L’une des deux salles qui prolonge la rotonde avait été « privatisée » par les proches de la candidate. Compte-tenu de la taille des salles, chaque citoyen avait pu trouver une place respectant la distanciation sociale et l’on peut comprendre le désir d’une équipe, en campagne depuis deux ans, d’applaudir leur championne, mais le signal envoyé n’était pas très heureux : le jour où l’on revêt l’écharpe tricolore, on ne peut pas adresser un message subliminal à ses concitoyens en leur disant qu’il y aura une salle pour le tout-venant et une autre pour les proches, la stricte égalité devant prévaloir. Hervé Boissier avait dénoncé cet état de fait avec vigueur et il avait raison.

Motsch et Martineau absentes

Vendredi 10 juillet, à l’occasion du premier conseil municipal présidé par notre nouvelle maire, c’est l’opposition qui à son tour a commis une grosse faute de goût. Si dans les rangs de la majorité Louis Bodin, retenu à Paris pour cause de préparatifs du 14 juillet, avait donné procuration à Anne Pinatel, deux figures majeures de l’opposition avaient elles aussi laissé un pouvoir. Nathalie Motsch à son colistier Sébastien Carrère, et Corine Martineau à Guillaume Barucq. Le législateur a prévu ce cas d’espèce, mais la moindre des choses était une explication publique à ces défections. Il arrive à des gens très bien d’être malades ou d’avoir un souci familial, mais, venant de deux figures importantes de l’opposition, qui ont clamé pendant des mois que Biarritz avait besoin d’elles, on espère que c’est n’est pas un simple motif de convenance personnelle ou un désir de vacances qui est à l’origine de ces deux curieuses absences. Le spectateur en restera pour ses frais et n’aura pas le moindre éclaircissement, ce qui est bien dommage.

Une véritable place faite à l’opposition

Toujours courtois, Guillaume Barucq va sans doute lui aussi profondément contribuer à modifier en tant qu’opposant la teneur des débats municipaux.

Surviennent ensuite les classiques figures de style lors d’un premier conseil municipal comme les émoluments de chacun et la distribution des rôles. Avec beaucoup d’habileté, Maïder Arostéguy annonce qu’elle a diminué de 6% son indemnité par rapport à Michel Veunac (un goinfre de première, celui-là !) afin de pouvoir redistribuer la somme à ses adjoints. Divisé par 13, la bonification doit à peu près correspondre au prix d’un paquet de Carambar pour chacun, mais le geste est là.

Très à l’aise, présentation power-point à l’appui, Maïder Arostéguy détaille ensuite le rôle de chacun de ses treize adjoints, de ses huit conseillers délégués et des subdélégués de sa majorité. Avec la courtoisie qui le caractérise, Guillaume Barucq évoque ensuite les « droits de l’opposition » et les demandes qu’il formule comme un bureau à la mairie pour pouvoir réunir son groupe. Arostéguy s’attendait visiblement à cette question et annonce que dès le prochain conseil tout sera réglé, décochant au passage une flèche à Borotra et Veunac : « Vous aurez une visite guidée de la mairie comme je ne l’ai pas eu quand je suis arrivée dans l’opposition et vous rencontrerez tout le personnel communal ».

Puis comme un magicien sortant un lapin de son chapeau « Magic Maïder » va même plus loin dans ses propositions à l’opposition : « Il est logique que l’opposition préside une commission. On pourrait vous confier les Finances, mais compte-tenu de votre parcours, nous vous proposerons la présidence de la commission environnement » Sourire de Guillaume Barucq, qui va vite se rembrunir, suite à une « espièglerie » fort calculée de Maïder : « Je ne veux pas me mêler de la vie de votre groupe, mais je verrai très bien à la tête de cette commission Monsieur Dussaussois Larralde » (Ce colistier de Guillaume Barucq est ingénieur eau et environnement ) Gueule du médecin à catogan qui ne pipe mot et réalise que le maire est en train de mettre le bazar dans son propre groupe en lui créant un rival.

Mais, on le sait d’expérience, lorsqu’on participe à un dîner, les engueulades ont rarement lieu à l’apéritif. Maïder maîtrise visiblement son sujet et amène un ton enjoué qui rend très agréable ce conseil « fluide, apaisé et constructif » selon les mots de la première élue.

Un cabinet musclé s’impose

Sébastien Carrère, en l’absence de Nathalie Motsch, est intervenu sur la composition du futur cabinet du maire.

La seule tension perceptible de la part de l’opposition se produira au moment du vote pour la création d’un cabinet un peu « armé », avec le recrutement d’un chef de cabinet, d’un directeur de cabinet et d’un chargé de mission, « un outil qui n’existait pas ou si peu auparavant ». On s’en souvient, Michel Veunac, à force de piquer les dossiers et de ne dire à personne ce qu’il faisait, avait réussi à dégoûter son propre chef de cabinet qui avait démissionné. On connait la suite et le désastre de la fin de mandat.

Pas encore tout à fait à l’aise dans l’exercice, l’opposant Sébastien Carrère se demande si ces créations de poste sont « justifiées », tandis que Lysiann Brao s’étonne du coût que va impliquer un tel recrutement.

Maïder Arostéguy réplique que « pour être performant, il faut une structure et des ressources humaines » et il semble difficile de lui donner tort, tant la complexité des dossiers à traiter dans une ville comme Biarritz nécessite une interface solide entre les élus et les services.  L’argument du coût que cela entraînera semble tiré par les cheveux, quand les erreurs faites par une mairie mal dirigée se chiffrent vite en milliers d’euros. La mandature précédente est là pour nous le rappeler.

Figures imposées et figures libres

Ce conseil municipal rondement mené se termine sur une note souriante puisque Maïder Arostéguy propose à tous les Biarrots un pique-nique républicain au Lac Marion à l’occasion du 14 juillet où à la fin des agapes « tous les élus nettoieront le site pour qu’il soit propre », avant d’annoncer que le prochain conseil municipal se tiendra le 29 juillet et sera consacré au vote du budget qui avait été retardé pour cause de Covid.

Et il sera intéressant de voir si Maïder Arostéguy réussit à manifester la même fermeté souriante lors de ce conseil où les enjeux seront d’importance. Les patineurs le savent : c’est une chose de réussir les figures imposées que l’on a répété à l’envi, et une toute autre chose de réussir les figures libres. La nouvelle maire a plutôt bien passé la première épreuve. Reste à savoir maintenant si le côté « sympathique gaffeuse » de Maïder ne va pas ressurgir si elle est un peu chahutée par l’opposition et obligée de sortir du fil conducteur manifestement très élaboré qu’elle avait préparé hier soir.

Bisque, Bisque, Basque ! qui souhaite le meilleur pour sa ville va suivre tout cela avec beaucoup d’intérêt et se fera un plaisir de vous le conter à sa façon.

 

À RETENIR :

https://www.youtube.com/watch?v=gezYdfAJh7U

Ce conseil dure 82’ et mérite d’être écouté de bout en bout pour découvrir les nouveaux protagonistes du théâtre municipal et le « style » que cherche à imposer Maïder Arostéguy.

Si vous n’avez pas le temps, vous pouvez toujours jeter un œil sur le « trombinoscope » des élus, publié sur le site de la mairie.

https://ville.biarritz.fr/annuaires/annuaire-des-elus-330.html

 

Des soucis pour Bisque, Bisque, Basque!

Vouloir faire dialoguer un journaliste charentais avec un robot californien pour tenter de réparer le site devenu inaccessible, c’est comme demander à un joueur de badminton et à un rugbyman professionnel de trouver les points communs de leurs deux sports. Heureusement, Aitana design, la femme qui sait apprivoiser les robots et les soumettre à sa volonté a pu solutionner le problème. Il était temps, car vous avez été plusieurs centaines à m’envoyer des messages pour déplorer de ne pouvoir lire cet article. Espérons maintenant qu’il n’y aura plus d’incident technique pour toute la future mandature de Maïder Arostéguy, car il serait bien étonnant que BBB ne trouve rien à dire. 

 

 

 

 

Barucq la joue « Plus belle la liste »

Parcours professionnels magnifiés, convictions fluctuantes, absence de démocratie interne, non-respect de l’humain : qu’est-ce qu’on rigole à Nouvelle vague !

Le fait d’être tête de liste, avec les caméras braquées sur sa personne, plonge visiblement le docteur Barucq dans une grande béatitude.

S’il est une tradition bien ancrée à Biarritz, c’est celle de s’affranchir des règles de la vie publique ! Un peu comme l’incontournable accent marseillais et les galéjades dans « Plus belle la vie », les électeurs biarrots sont priés d’applaudir le folklore local : Bernard Marie qui confondait sa cave personnelle avec celle du Palais ; Didier Borotra qui invitait à tout va le gratin politique dans le palace local mais ne mentionnait jamais sur les factures les noms des bénéficiaires des largesses municipales ; Michel Veunac qui traitait les dossiers en douce et les présentait aux conseillers municipaux au moment où on ne pouvait plus les défaire ; et maintenant Guillaume Barucq qui semble bien décidé à reprendre les traditions ancestrales et intituler le nouveau feuilleton local « Plus belle la liste ».

En effet, en examinant de près la liste Biarritz Nouvelle vague verte et solidaire, on peut se demander s’il y a quelqu’un dans cette liste qui a ouvert le code électoral.

L’article L88-1 est pourtant formel : « Toute personne qui aura sciemment fait acte de candidature sous de faux noms ou de fausses qualités (…) sera punie d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros. ». Ce qui signifie que lorsqu’on est candidat, on doit inscrire la profession que l’on exerce AU JOUR DU DÉPÔT DE LA LISTE et non celle que l’on occupait une décennie avant, ou celle que l’on a toujours rêvé d’exercer.

La liste « Biarritz nouvelle vague », telle que publiée par sud Ouest. Comme par hasard, ce sont des candidats en position éligible et présents dans la nouvelle liste de second tour qui ont un peu « amélioré » leur situation professionnelle.

Si la liste EHVS qui a fusionné avec Guillaume Barucq paraît avoir parfaitement joué le jeu, Biarritz Nouvelle vague semble avoir été tenté de vivifier un peu les parcours de certains colistiers. Il y a des années que Corine Martineau n’est plus dirigeante d’école de danse, que Virginie-Hélène Borteyru-Terpo a quitté la restauration ou que Justine d’Audiffret qui s’annonce en toute simplicité « Agent d’artistes, productrice et chargée de projet » ne veille plus sur le destin d’une quelconque célébrité. Comme s’il était déshonorant de se présenter sous le titre de « Demandeur d’emploi » ou de « Mère au foyer » !

Les questions posées par Bisque, Bisque, Basque ! à ce sujet provoquent comme un léger malaise. Corine Martineau envoie ses diplômes et attestations datant des années quatre-vingt-dix et répond : « Je pense que ce que les gens veulent connaître c’est ton expérience et c’est dans ce but que j’ai gardé le titre, ce qui me paraît essentiel dans une élection où l’expérience de chacun compte. Peut-être aurais-je dû mettre ex devant, mais ce n’est pas parce que tu mets ex-mari que tu renies tes enfants et que tu n’es plus mère. » Allez soutenir ce genre d’explication face à un juge et vous verrez !

Même embarras chez Justine d’Audiffret qui reconnaît ne plus avoir d’activité professionnelle réelle : « J’ai créé l’agence COCO Management (2011-dec 16) (…) Depuis mon installation à Biarritz en septembre dernier, je travaille en tant que freelance et conseil, et ai participé à un projet de conseil artistique pour Roland Garros, malheureusement annulé. J’ai également le plaisir de m’occuper de mes trois enfants. »

Quant à Virginie Borteyru-Terpo qui a longtemps tenu un restaurant à Bayonne mais n’exerce plus depuis plusieurs années, elle semble tomber des nues : « J’ignorais la loi. Je me suis déclaré restauratrice, car je suis une restauratrice dans l’âme, actuellement à la recherche d’une nouvelle affaire ».

La sincérité de l’intéressée est probable, mais n’incombait-il pas aux responsables de la liste de vérifier la véracité des déclarations, surtout concernant des amies très proches de Guillaume Barucq ?

Des nouvelles vagues, très très vagues

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la liste de Guillaume Barucq essuie une nouvelle dissidence après la démission d’Emmanuelle Brisson, jugeant la liste trop à gauche et la prise de distance d’Aurélie Siou estimant la communication du docteur à vélo plutôt catastrophique. Plusieurs colistiers ou ex-colistiers du docteur Barucq, qui selon leurs dires se situent « à gauche », très déçus du comportement de leur tête de liste ont adressé aux médias locaux une très longue lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal ? » accompagnée de captures d’écran des conversations échangées qui prouvent un fonctionnement qui fait un peu frémir.

Extrait de la Lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal? « 

 La Marquise de Vérité, avec son humour habituel dans La Semaine du Pays basque, a déjà raconté l’affaire. Bisque, Bisque, Basque ! de son côté, après une enquête fouillée, a pu vérifier la véracité de ce qui était affirmé. Si Guillaume Barucq met en avant dans ses discours « le renouvellement ou l’humain », il y a apparemment quelques progrès à faire en interne.

Des convictions pour de rire

Lors de son interview sur France Bleu, le 24 mai dernier, Guillaume Barucq d’un fort joli mouvement de catogan avait annoncé qu’il « allait réunir ses colistiers dès le lendemain pour définir la stratégie ». Belle promesse qui n’a pas été suivie d’effet au moins pour les signataires de cette lettre, très impliqués. Pas la moindre réunion du groupe ne s’est tenue et ce n’est que le 1er juin, à la veille de la conférence de presse, qu’est dévoilé aux colistiers l’accord avec EHVS.

Le message qui démontre qu’aucun des colistiers n’était informé du détail des tractations, le 1er juin.

Ces derniers apprennent aussi par la bande que Nathalie Motsch a refusé la place indigne de numéro six qui lui était proposée, mais aussi et surtout que sans la vigilance de EHVS, Barucq arrivait avec sept colistiers de Veunac dans la corbeille de mariage, à savoir Jacques Papon, Louis Vial, Laurent Ortiz, Eric Bonnamy, Marina Gouvry, Grégoire Le Taillandier, Betty Larronde. D’où ces mines de dix pieds de long dans la liste initiale le jour de la conférence de presse, tandis que la liste EHVS affichait le sourire des grands jours : seize places sur trente-cinq quand on a terminé quatrième avec 12% des suffrages, c’est inespéré et on peut presque parler de hold-up du siècle.

Consternation des signataires de la lettre aux médias qui découvrent que leur champion commet quelques arrangements avec la vérité mais aussi et surtout qu’il n’a pas le moindre sens politique ni la moindre conviction idéologique. Comme Bisque, Bisque, Basque ! l’a déjà raconté, Jakes Abeberry que l’on ne peut accuser de ne pas savoir faire de la politique a estimé qu’il n’y avait qu’une solution pour gagner, celle qui consistait à mettre Nathalie Motsch en numéro deux et Brice Morin en trois, ce qui respectait le suffrage des Biarrots. Son point de vue a été minoritaire après un vote en interne, ce qui prouve que la démocratie fonctionne chez EHVS. On ne peut pas en dire autant à Nouvelle vague où visiblement Guillaume Barucq et Corine Martineau ont décidé seuls.

Mêmes incohérences lors des tractations secrètes menées avec la liste Veunac et belle démonstration du peu de cas que fait Guillaume Barucq des convictions. Le 12 février, lors de l’avant-dernier conseil municipal, le docteur surfeur séduit une partie de l’électorat en se prononçant très fermement contre la création du centre de formation du BOPB. Ce qui ne l’empêche pas de négocier en douce avec la liste Veunac et de proposer à trois adjoints qui ont voté en faveur de ce centre de formation une place dans sa liste. Surfer dans un tel océan de contradictions, c’est vraiment du grand art !

L’humain quand on a le temps

Et puis il y a ce qui mortifie le plus les signataires de la lettre, et qui les amène à dire qu’ils ne feront « plus jamais de politique ». C’est le mépris de l’humain, le non-respect des promesses tenues, la désinvolture avec laquelle on traite les compétences, contrairement à tous les beaux discours effectués devant les caméras où l’humain est toujours mis en avant.

Extrait de la Lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal? « 

Certaines captures d’écran du groupe qui échangeait sur WhatsApp montrent une désinvolture totale et des méthodes que même le pire DRH de la grande distribution n’oserait utiliser. Autre anecdote qui montre le peu de respect de l’humain du candidat : « Vous serez sur la liste en position éligible » écrit le 31 mai sans sourciller Guillaume Barucq à un colistier très favorable à cette nouvelle alliance. Avant de se raviser le lendemain et d’annoncer par SMS au malheureux qu’il n’entre plus dans les plans. Conférence de presse, dépôt de la liste en préfecture et le 4 juin, sans le moindre coup de téléphone d’excuse pour ce revirement, envoi d’un faire-part écrit à l’éliminé : « Même si je n’ai pu vous intégrer dans la liste, nous espérons compter sur vous parmi nos premiers soutiens ». Clairement, on a connu plus courageux.

Et se pose désormais la question qui préoccupe tous les Biarrots : est-ce que on peut devenir un bon maire, soucieux de la démocratie et du respect des lois régissant la vie publique, quand avant même d’être élu on commet de tels arrangements avec la vérité, de telles acrobaties avec la démocratie, de telles désinvoltures avec ses colistiers ?

Histoire d’un désamour

Le 15 mars au soir, je n’ai pas le moindre doute. Je vais voter Guillaume Barucq qui semble avoir beaucoup évolué et être capable de faire preuve de plus de fermeté politique. Je suis convaincu qu’il va faire alliance avec Nathalie Motsch, comme il l’a toujours annoncé, et avec EHVS, ce qui va donner à la Ville une liste cohérente et équilibrée.

– Première inquiétude à la fin du confinement, quand j’apprends que Guillaume est prêt à intégrer des membres de la liste Veunac. Je mets cela sur le compte de la trop grande gentillesse du bon docteur.

– Deuxième inquiétude quand je découvre la mauvaise manière faite à Nathalie Motsch, alors que les deux candidats, depuis juillet 2019, parlaient d’un désistement mutuel au soir du premier tour.

– Nouvelle inquiétude quand des membres de la liste me racontent ce qui se passe véritablement à l’intérieur, loin très loin des valeurs humanistes proclamées.

Mail adressé à Guillaume Barucq et Corine Martineau, le 19 juin au matin avec 9 questions posées : Les 4 premières concernent les professions des colistiers et la neuvième une vilaine rumeur accusant Lysiann Brao d’avoir exercé son droit de retrait pendant le confinement, ce qu’elle démentira immédiatement de façon très convaincante.

Guillaume m’informe par SMS que « les personnes mises en cause me répondront personnellement » avant de lancer une menace à peine voilée « Comme vous le savez, il est par contre illégal de diffuser des conversations privées et je m’étonne que vous nous interrogiez là-dessus » Avant de rajouter : « Je vous appellerai après le débat ».

Ce à quoi je réponds qu’un journaliste a tout à fait le droit de faire état de conversations qui lui ont été transmises par une source quand elles concernent la vie publique.

Corine Martineau, Virginie-Hélène Borteyru-Terpo et Justine d’Audiffret répondent très vite.

Quatre questions sur le « fonctionnement démocratique de la liste », les appels du pied à Veunac et la gestion humaine sont donc restées sans réponse, Guillaume Barucq sans doute trop pris par ses activités professionnelles, ayant oublié sa promesse.

Une nouvelle relance de Guillaume Barucq et Corine Martineau par SMS le samedi 20 juin au matin n’a pas connu plus de succès.

 

 

Journal d’un buté de campagne (8)

Veunac, gonflé de chez gonflé

Les promesses n’engagent que les électeurs imbéciles qui y croient. Le maire sortant en a fait une fois de plus la démonstration avec autorité.

Michel Veunac qui n’avait pas pu défendre ses chances lors du débat de France 3 tant il était aphone, avait retrouvé toute sa superbe lors de l’excellent débat de Médiabask qui est consultable en ligne depuis jeudi. Et qui dit parole intelligible, dit aussi capacité à mentir avec un aplomb absolu. Treize minutes ne s’étaient pas écoulées, que le maire sortant de Biarritz affirmait, avec le culot dont il est capable : « Un bon bilan c’est un mandat où les engagements qui ont été pris ont été tenus ». Un propos tellement énorme que les autres candidats en sont restés bouche bée, tant ce mandat a été celui des promesses non tenues.

https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20200305/les-candidats-de-biarritz-debattent

Conscient d’avoir un peu poussé mémé dans la colline aux hortensias, Mimi-La-Malice, quelques minutes plus tard, parlera de « 70 à 80% de promesses tenues », sans que personne ne relève ce demi-aveu. Pour rafraîchir la mémoire des Biarrots ou de ceux qui n’étaient pas là en 2014, Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de rappeler tout ce qui a été laissé en route dans le programme de celui qui était alors deuxième adjoint de Didier Borotra :

– Ne pas toucher à la fiscalité locale, promesse non tenue sous prétexte de baisse des dotations de l’État, une baisse largement compensée à Biarritz par les droits de mutation sur l’immobilier encaissés par la Ville.

– Aménager le plateau d’Aguilera et construire à cet endroit des logements sociaux. Il a fallu six ans de tergiversations à Veunac pour ne rien faire avant de soudain se réveiller quand Aldigé lui a mis un pistolet sur la tempe. À quatre semaines de la fin de son mandat !

– Construire un bassin olympique de 50 mètres qui manque cruellement dans les Pyrénées-Atlantiques. Promesse annulée après avoir confié une étude à des « experts » rémunérés par la mairie jugeant la réalisation « trop chère ». Effectivement, avec la rénovation du Palais et la construction d’un centre de formation du BO, cet équipement qui contentait tous les Biarrots n’avait plus aucune raison d’être.

Et on vous fait grâce des promesses de respect de la démocratie, de transparence ou de travail en équipe !

Alors, pour tous ceux qui n’ont pas lu une œuvre de fiction depuis longtemps, plongez-vous vite dans le programme de Veunac, vous y découvrirez tout ce qui ne se fera pas entre 2020 et 2026.

BARUCQ, LE SNIPER – C’est un détail auquel les spectateurs ne pensent jamais, mais le tirage au sort des emplacements attribués peut s’avérer crucial. Nathalie Motsch en a fait l’expérience lors du débat de Médiabask en se retrouvant aux côtés de Saint-Cricq et Veunac qui ont pris un malin plaisir à la rendre difficilement audible lors de ses interventions en créant un brouhaha sonore à chaque fois. De son côté, Guillaume Barucq a pu bénéficier d’un environnement plus calme et s’exprimer dans le silence, ce qui lui a permis de sortir largement vainqueur de la confrontation. Où est-il le temps où Guillaume Barucq trouvait des excuses à tout le monde et voulait croire à un dialogue possible entre composantes de la majorité ?   L’homme a changé en étant beaucoup plus ferme dans ses propos. Ne fuyant nullement ses responsabilités d’adjoint, il a tout de même adressé un scud à Michel Veunac en parlant d’un « mandat de transition » Et cette fois, le maire-qui-a-réponse-à-tout en est resté sans voix face à ce « Dégage Pépère ! » de son ancien adjoint.

MORIN, LE MAUVAIS ESPRIT – Les huées dans la salle du conseil municipal, le 12 février dernier, étaient donc une simple vue de l’esprit ? C’est Brice Morin, lors du débat de Médiabask, qui a le mieux réussi à faire dégoupiller Veunac. Du haut de ses 74 printemps, le maire pour quelques jours encore s’est permis de tancer le jeunot : « Ce n’est pas correct de dire que le 12 février les élus ont voté sous la menace et ls pressions », avant de conclure à destination de l’insolent : « Vous êtes obsédé par l’opacité ». On se demande bien pourquoi au vu de la transparence avec laquelle ont été menées les opérations concernant les écuries de Bigueyrie, la vente de la villa Sion, le dossier de cession à Decaux de l’Hôtel du Palais ou les aides multiples et répétées au BO.  

ROBERT CE HÉROS – Tous ceux qui ont dans leur entourage proche un fonctionnaire de la mairie, savent à quel point le personnel n’en peut plus de Veunac et de ses colères permanentes qui n’ont d’égales que ses constantes hésitations. Robert Rabagny avait osé, le 28 février lors de son départ à la retraite, venir dire avec des fleurs à la directrice des ressources humaines ce qu’il pensait de son comportement (lire le Journal d’un buté de campagne 7). Revenu, tout à fait par hasard, mardi dernier à la mairie, Rabagny a provoqué à chaque fois qu’il arrivait dans un bureau des applaudissements nourris. Le 14 juillet 1789 est-t-il sur le point d’être revécu à la mairie ?

LE GROGNARD FAIT PSCHITTT ! – Connu sur les réseaux sociaux pour ses éructations permanentes et sa façon d’être parfois dans la diffamation (au point que Bisque, Bisque, Basque ! a été obligé de le virer du blog), Guy Husson avait annoncé dès le mercredi 3 février qu’il allait distribuer un tract concernant la « malhonnêteté » de Borotra et de Veunac. Et pour que la surprise ne soit pas totale, l’homme qui m’avait jadis insulté en découvrant que j’avais été membre des comités de soldats, avait mis en ligne son tract en invitant ceux qui partageaient son point de vue à le photocopier à leur tour. Mais, jeudi matin, il aura suffi que Louis Vial et un policier municipal fassent les gros yeux au grognard napoléonien pour que la garde meure et décampe au plus vite…

LA SUPERBE MANŒUVRE DE MARTINEAU – Les listes de Maïder Arostéguy et Jean-Benoît Saint-Cricq s’enorgueillissent d’avoir un général dans leur entourage, mais c’est bien la fille de militaire et numéro deux de la liste Barucq, Corine Martineau, qui en a remontré à ces messieurs au niveau de la stratégie d’occupation du terrain, lors du débat organisé au casino par Sud Ouest et France Bleu Pays basque. Arrivés les premiers, les membres de l’équipe « Biarritz Nouvelle vague » avaient pris la précaution de se munir d’un coupe-vent vert fluo aux couleurs de leur champion et de s’emparer des premiers rangs, ce qui fait qu’on ne voyait qu’eux dans la salle quand les autres équipes étaient beaucoup plus dispersées. Une manœuvre comme celle-là, il faut au moins avoir fait l’école militaire de Saint-Cyr pour la réussir !

LE FRANC PARLER DE LYSIANN BRAO – La candidate de Euskal Herrian Vert et Solidaire a laissé parler son tempérament lors du débat au casino municipal. Évoquant le denier mandat de Didier Borotra et le calamiteux mandat de Veunac, elle s’est soudain muée en médecin urgentiste en traitant le problème du logement : « Pendant six ans, voire douze ans, Biarritz a fait un arrêt cardiaque. Le cadavre est encore chaud et d’un seul coup il y a urgence. Il y a autant de logements que d’habitants dans cette ville, mais 42% sont des résidences secondaires. » Même absence de langue de bois, quand Michel Veunac se targuait de ses bons résultats en matière d’eaux de baignade : « Nous les Biarrots, qui allons nous baigner tous les jours, nous pouvons vous dire, cette eau est dégueulasse ! » Michel, tu peux renfiler ton peignoir !

https://www.sudouest.fr/2020/03/04/municipales-a-biarritz-assistez-au-debat-entre-les-sept-candidats-ce-vendredi-au-casino-7276303-4037.php

LE COUP BAS DE SAINT-CRICQ – Le marivaudage entre Saint-Cricq et Veunac, visible de tous lors du débat de Mediabask, s’est poursuivi au casino municipal, avec la volonté très affirmée de clouer le bec à Nathalie Motsch. Alors que l’ex-adjointe à l’Urbanisme affirmait sa volonté de désimperméabiliser la ville, l’avocat biarrot s’est permis de « dénoncer le caractère fantaisiste de ce qu’on vient d’entendre » avant de faire semblant d’être magnanime : « Madame, vous êtes excusable, car vous n’êtes pas d’ici » … Un propos qui rejoint celui de Michel Veunac qui évoque souvent en réunion de majorité « Les Biarrots de souche ». À ce sujet, le troisième opus de François Amigorenan « Vues sur maire » où il évoque les « Vrais Biarrots et Français de souche » est à ne rater sous aucun prétexte.

www.amigorena.fr

QUI SONT LES ENFOIRÉS ? – Le débat au casino a été mené avec beaucoup d’autorité par le trio de journalistes Véronique Fourcade, Michel Garicoïx et, en meneur de jeu, le rédacteur en chef de France Bleu Yves Tusseau. Ce dernier a suscité les rires de l’assistance au moment de conclure à 19 h 57 en souhaitant à tous une « bonne soirée des enfoirés » Et tout le monde de se demander s’il évoquait le débat passé ou la soirée à venir.

EMBOUTEILLAGE SUR LE PARVIS DES HALLES – Ce dimanche 8 mars, Jean-Benoît Saint-Cricq a été le plus rapide à s’installer, tandis qu’un peu partout dans la ville des militants sillonnaient les rues à la recherche de rares électeurs disposés à les écouter. Karim Guerdane, tout comme Guillaume Barucq avaient choisi la grande plage, tandis que l’équipe de Nathalie Motsch se partageait entre la rue Mazagran, les contre-allées du marché et le parvis. Maïder Arostéguy avait dispersé ses militants un peu partout après une présence massive aux Halles le samedi, tandis que l’équipe du maire sortant était représentée par Sylvie Claracq et Éric Bonamy. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’attiraient pas la grande foule. Face à la densité des distributeurs de tracts, un commerçant des halles pestait : « Heureusement que ce cirque se termine bientôt. Il va bientôt y avoir plus de candidats que de clients ».

Journal d’un buté de campagne (1)

Le programme électoral de Bisque, Bisque, Basque ! est simple. Faire comprendre aux Biarrots que Michel Veunac est le pire maire de l’histoire de la Ville.

Vous en avez marre d’entendre dans cette campagne électorale mugir ces féroces candidats qui viennent jusque dans nos bras pour nous vendre leurs combats ? Chaque lundi jusqu’au 23 mars, lendemain de l’élection du nouveau maire de Biarritz, Bisque, Bisque, Basque ! va vous offrir sa récolte d’échos insolites.

DÉMENTIS.- Il fallait de l’audace pour imaginer Laurent Riberolles et Corine Martineau tracter main dans la main. Sur la foi d’un écho paru dans Sud Ouest, Bisque, Bisque, Basque ! avait cru pouvoir annoncer le ralliement du secrétaire du PS à la liste de Guillaume Barucq. Laurent Riberolles a gentiment démenti par SMS et nous prenons acte. Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz, est lui monté sur ses grands chevaux à propos du même article : « C’est Michel Veunac qui est venu me chercher et non l’inverse. Ce qui tombe bien car j’avais envie de faire de la politique ». Bénéficier d’une délégation de service public, avoir Michel Veunac et comme patron et comme tête de liste ne lui poserait pas le moindre problème ? « Arrêtez de vous prendre pour une star du journalisme. Moi aussi, j’ai gagné dans ma carrière quelques grands concours ». Dont celui de l’anticipation, puisque Camy-Sarthy avait été félicité pour avoir obtenu le Pôle équestre deux jours avant que les appels d’offres ne soient examinés.

https://jeanyvesviollier.com/2020/01/08/et-on-attaque-quand/

JUDICIEUSE PERMANENCE. – Michel Veunac a installé sa permanence électorale dans les locaux de l’ancien pressing tenu par Monique Lajus, juste à côté du cinéma Le Royal. Un local parfait pour défriper un peu les convictions, raviver les couleurs d’une liste bien défraîchie et repasser devant les électeurs biarrots dans l’espoir de faire six ans de plus.

DES VŒUX TRÈS MALICIEUX. – Lors des vœux du maire, Michel Veunac a surpris tout le monde en allant chercher Nathalie Motsch qui se tenait en périphérie pour l’installer près d’elle… et l’avoir ainsi sur la photo. Le rusé Mimi-la-Malice prend un malin plaisir à laisser entendre en petit comité que Calamity Nathalie est prête à se rallier à lui et à accepter un poste de première adjointe. Ce qui est faux évidemment. Mais diviser pour régner est un art.

QUELLE CLAQUE ! – N’ayant pas beaucoup de talents à faire valoir dans sa liste, Michel Veunac, lors de cette même cérémonie, a tenté de faire applaudir Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’État qui prend « l’avion pour Biarritz comme on prend le métro ». Deux ou trois applaudissements du bout des doigts de sa garde rapprochée et c’est tout. Si le compagnon de Frédérique Espagnac avait des doutes sur l’enthousiasme qu’il suscite, il n’en a plus. Participer à La Manif pour tous est une chose, convaincre les Biarrots une autre.

FLAGORNEUR DE CLASSE MONDIALE – La lecture du Facebook des élus est souvent édifiante. En réponse à Mathieu BTZ qui se réjouit de la « déconfiture de Veunac », le très zélé Éric Bonnamy qui rempile après un mandat où rares sont les Biarrots qui ont entendu le son de sa voix, s’étouffe d’indignation : « Veunac transpire Biarritz ». Si Veunac a souvent connu des sueurs froides au cours des conseils, ce n’est sans doute pas à cause de son amour pour Biarritz mais à cause de son improbable majorité.

ENFIN UNE LISTE DE GAUCHE- Les Insoumis biarrots, Biarritz Euskal Herrian et EELV ont décidé d’unir leurs forces pour être un rempart « aux politiques d’austérité et aux désordres écologiques ». Brice Morin, Lysiann Brao et Mathieu Accoh devraient apparaître dans cet ordre sur une liste que plus d’une soixantaine de personnes souhaitent rejoindre. (Ils vont faire rêver tous ceux qui n’arrivent pas à boucler leur liste !) Fin du cauchemar pour tous les citoyens de gauche qui se demandaient pour qui voter au premier tour.

L’AVENTURIÈRE DE L’URNE PERDUE- La candidate Marine Batiste, fraîchement encartée à EELV et conviée à cette conférence de presse, a brillé par son absence, ce qui a bien fait ricaner tous ceux qui s’étaient déplacés à Plazza Berri. On murmure en effet, que forte de son appartenance pour le moins récente à EELV, la candidate, venue discuter avec les Abertzale et les Insoumis biarrots avait exigé en toute simplicité… la tête de liste. Ce qui lui a valu d’être vertement reconduite. C’était bien la peine de casser sa tirelire en adhérant aux Verts !

Et on attaque quand ?

 Si les trois écuries Arostéguy, Barucq, Motsch semblent en place, pour les autres le flou est encore de rigueur.

Avec huit à dix listes en compétition, il est clair qu’il va y avoir des morts au soir du premier tour.

Comme si cela manquait à notre bonheur, une nouvelle liste vient d’éclore si l’on en croit Sud Ouest du 7 janvier. Mené par l’enfant de Saint-Charles Karim Guerdane, elle s’intitule Biarritz Bonheur par allusion à l’heureux temps où les Biarrots pouvaient faire leurs courses quotidiennes dans le grand magasin de la Place Clemenceau, devenu depuis les snobinardes Galeries Lafayette. Joli nom pour une liste électorale, même si on peut se demander si ajouter de la confusion à la confusion ne fait pas au final le jeu du maire sortant Veunac.

Alors que se prépare l’assaut final, après cette drôle de guerre où chacun a fourbi ses armes et amassé des troupes, une tournée des popotes s’impose. Si les bataillons de Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch semblent prêts au combat, d’autres sections d’assaut gardent la fleur au fusil et paraissent éprouver quelque peine à se mettre en ordre de marche. C’est donc le moment ou jamais de passer les troupes en revue avec le général Bisque, Bisque, Basque ! ce planqué de l’arrière qui a beaucoup moins de faits d’armes à faire valoir que le général Jean-Bernard Pinatel ou l’exubérant Guy Husson.

 

MAÏDER SE PACSE

Maïder Arostéguy peut afficher un sourire radieux. Elle vient d’annoncer aux journalistes locaux son récent PACS et le fiancé est plutôt du genre bel homme musculeux avec qui on peut aller à la guerre sans rien avoir à craindre. Richard Tardits, en effet, a décidé de s’allier à Maïder, un choix plutôt logique compte tenu de la sensibilité très libérale des deux tourtereaux et une initiative qu’on ne peut que saluer car elle va dans le bon sens.

 

MARIAGE POUR TOUS CHEZ BARUCQ

Chez Guillaume Barucq, on semble plutôt militer pour le mariage pour tous et les alliances… surprenantes. Si Corine Martineau a encore impressionné les foules pendant les vacances de Noël, avec sa capacité à aller distribuer des tracts aux bigorneaux du rocher de la Vierge ou à se baigner avec les ours blancs puisque la situation politique le commande, que dire de l’arrivée du responsable de la section socialiste Laurent Riberolles à ses côtés ? Un peu comme si Philippe de Villiers et Olivier Besancenot décidaient d’aller écouter ensemble une messe en latin du côté de Domezain.

 

VRAI OU FAUX SONDAGE POUR MOTSCH ?

L’affaire du faux-vrai sondage, lancé sur Twitter par Oier Oronos et annonçant que l’ex adjointe à l’Urbanisme se retrouvait en deuxième position derrière Veunac, agace profondément le camp de Nathalie Motsch qui est persuadé avoir affaire à un coup monté des services secrets adverses. Si l’on détaille le compte du « troll » Oier Oronos, on peut imaginer que c’est un ardent partisan de « Calamity Nathalie ». Mais est-ce si sûr ? En temps de guerre, le propre de l’agent double est de jouer… double jeu. Encenser pendant des mois une rivale pour mieux lui faire porter le chapeau ensuite peut s’avérer très astucieux. Bisque, Bisque, Basque ! est bien incapable de démêler le vrai du faux dans ce sondage flatteur pour Nathalie Motsch et pour Michel Veunac et sévère pour Maïder Arostéguy et Guillaume Barucq, mais peut témoigner que deux membres de la majorité actuelle restés fidèles à Michel Veunac (une espèce très rare !) murmuraient sous le manteau les chiffres finalement publiés plusieurs jours plus tard par Oier Oronos. Intox de Veunac pour galvaniser ses troupes, ou sondage réel financé par un promoteur ami du maire ? La question mérite d’être posée.

 

LES FANTÔMES DE LA LISTE VEUNAC

Quant au maire sortant Michel Veunac, il a beau clamer qu’il est en « pleine forme », il suffit de le voir marcher avec sa capote bleue horizon, son pantalon rouge garance et ses bandes molletières pour comprendre que ceux qui l’ont vu naître, comme l’aurait dit Coluche, ne sont plus tout jeunes. À l’évidence, Veunac peine à attirer de nouveaux talents dans sa liste, ce qu’on peut comprendre après le calamiteux mandat qu’il vient d’accomplir. Sa garde rapprochée se compose donc des bénis oui-oui qui ne peuvent envisager de renoncer à la vie municipale et aux indemnités qui vont avec : Jocelyne Castaignède, Patrick Destizon, Ghis Haye, ainsi que de l’inénarrable secrétaire d’état Jean-Baptiste Lemoyne, l’homme qui change de convictions à chaque fois que le vent tourne et qui pour le moment se bat avec les plans de la ville pour tenter d’apprendre le nom des quartiers. Et pour rajouter au scandale, quelques « obligés » du maire qui ont été gentiment conviés à venir lui apporter leur soutien comme le cavalier Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz. C’est un peu comme si votre employeur vous obligeait à vous présenter sur la liste électorale qu’il est en train de monter. Si une liste comme celle-là réussit à séduire les Biarrots, c’est à désespérer de la politique.

 

GUILLAUME JOUE LE PLEIN TEMPS

Biarritz n’est pas une maîtresse que l’on honore à la va-vite en fin de semaine mais une grande dame qui mérite d’être choyée à plein temps, ce que Didier Guillaume semble avoir compris. Après avoir beaucoup hésité sur la stratégie à suivre, l’actuel ministre de l’Agriculture paraît décidé à démissionner du gouvernement, ce qui est sage. Pas étonnant qu’il ait connu quelques états d’âme, car ses deux poissons-pilote Guy Lafite et Michel Poueyts, surtout soucieux de leur propre survie politique, lui ont promis pour le convaincre d’y aller des foules en délire et des salles plus que combles. L’homme est suffisamment habile politique pour avoir vite compris que ses deux amis avaient un peu enjolivé la situation et que la partie était loin d’être gagnée. Si le procès en parachutage que lui font tous ses détracteurs (y compris le docteur Oualam dans les colonnes de ce blog !) me paraît hors de propos pour quelqu’un qui fréquente Biarritz depuis trente ans, il reste maintenant à voir ce que va proposer le candidat et surtout avec qui il compte gouverner. Samedi à 11 heures, au jai alaï, on devrait en savoir un peu plus.

 

SAINT-CRICQ Y CROIT TOUJOURS

Jean-Benoît Saint-Cricq, que tout le monde voyait partir avec Veunac, a finalement décidé de jouer solo. Le vieux routier des élections municipales biarrotes fourmille d’idées et d’enthousiasme. Malheureusement, il ne semble pas mesurer les dégâts faits à son image par ce mandat où il a commencé en s’opposant fermement à Veunac et Lafite avant de les rejoindre à un moment où ils étaient en grande difficulté sur le dossier de L’Hôtel du Palais et de leur sauver la mise par son ralliement. Le candidat assure qu’il sera en ordre de marche le 15 janvier avec une équipe plus mobilisée que jamais. On connaît les qualités et la « technicité » de Jean-Benoît Saint-Cricq, mais, s’il veut espérer quelque chose, il faudra que l’avocat biarrot s’explique sur les choix qui l’ont conduit à saccager la bonne image que les Biarrots avaient de lui.

 

MARINE BATISTE PLUS VERTE QUE VERTE

En 1971, lors du congrès d’Épinay, François Mitterrand avait réussi le tour de force de signer sa première adhésion au Parti socialiste le jour même où il avait été nommé Premier secrétaire. Nourrie aux grands classiques socialistes, puisqu’elle a travaillé dans l’entourage de Bertrand Delanoë, Marine Batiste, tente de faire de même en se découvrant soudain une conviction plus verte que verte et en adhérant il y a peu à Europe Écologie Les Verts (EELV) quelques jours après qu’un authentique militant de ce parti, qui labourait le terrain biarrot depuis quinze ans, Éric Ménard, ait été exclu pour avoir rejoint le camp de Nathalie Motsch. Et même si elle n’a pas encore l’investiture du parti, Marine Batiste lance un appel du pied aux Abertzale pour une alliance semblable à celle que fait Sophie Bussière avec Jean-Claude Iriart à Bayonne. Mais n’est pas François Mitterrand qui veut et l’affaire pourrait capoter très vite.

Ne reste donc plus à tous ces généraux ou aspirants généraux, bien au chaud dans leurs quartiers-généraux et se rêvant déjà tous en vainqueurs, qu’à trouver l’infanterie nécessaire à leurs ambitions. Suivant que l’on aura huit ou dix listes, c’est entre trois cents et trois cent cinquante couillons qu’il va falloir convaincre de venir faire de la figuration sur les listes, d’aller tracter dans le froid, de marcher au pas et éventuellement de donner quelques subsides pour financer la future campagne.

Il est désormais plus que temps pour tous ces candidats de se plonger dans « L’art de la guerre » du Chinois Sun Tzu, car il ne fait aucun doute que la bataille pour conquérir Biarritz va être féroce.

RamDam 64-40 est décidément tout terrain

La réunion publique de l’association citoyenne a été l’occasion d’échanges passionnants et d’une parole très apaisée entre élus et citoyens.

Et dire que ce nouveau-né prometteur a tout juste vingt-deux mois ! À RamDam, ce n’est pas parce qu’on marche à peine qu’on a peur de la difficulté : faire une réunion publique un jour de pluie basque, dans un lieu bayonnais peu connu du grand public (beaucoup se sont perdus du côté de l’université !) et pendant les vacances scolaires, c’est faire le pari d’une salle vide. Merveilleuse surprise, plus de soixante-dix personnes avaient pris place jeudi soir dans l’amphithéâtre du conseil permanent de la Communauté d’Agglo pour mettre, comme convenu, leur grain de sel dans les futures élections municipales. RamDam 64-40 militant pour que les élus s’engagent et non pour qu’ils dégagent, de nombreux candidats ont honoré ce rendez-vous citoyen, comme Jean-Claude Iriart et Sophie Bussière, Colette Capdevielle, François-Xavier Menou, Nathalie Motsch, Jacques-André Schneck ou Corine Martineau ainsi que de nombreux candidats des Landes.

Est-ce la proximité de l’échéance électorale qui rend tout le monde soudain attentif et à l’écoute des autres ? Tous les élus jouent le jeu en évitant de dérouler leur programme et en faisant des propositions particulièrement intéressantes, destinées à alimenter la future « lettre d’engagement » et la proposition de MDI (Minimum Démocratique Indispensable) que RamDam 64-40 souhaite faire parvenir mi-décembre aux têtes de liste des agglomérations des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Et les « simples citoyens » ne se gênent pas pour faire eux aussi des propositions ébouriffantes.

Première énorme surprise, alors que l’idée d’un contrôle citoyen faisait encore hurler les politiques il y a dix ans, les élus sont désormais unanimes pour estimer que l’action des politiques doit être supervisée par les citoyens. C’est le choix de la méthode qui suscite le débat. Jacques-André Schneck, candidat à Biarritz souhaite nommer un déontologue, tandis que Nathalie Motsch, elle aussi candidate à Biarritz, s’engage à organiser au bout de deux ans de mandat une enquête de satisfaction et promet une « gouvernance partagée » avec un organisme indépendant disposant d’un droit de veto sur les futurs projets municipaux. D’autres parlent de « conseil des sages » ou de citoyens tirés au sort pour superviser l’action municipale.

Le président Michel Gellato, par ailleurs rédacteur du journal satirique « Le panier à salades », n’a pas manqué de mettre son grain de sel dans le débat.

Le respect de l’opposition fait aussi l’unanimité, alors que les exemples palois ou biarrots choisis par RamDam 64-40 montrent qu’on en est fort loin. Jean-Claude Iriart affirme qu’un membre de l’opposition sera systématiquement présent dans toutes les commissions importantes de la Ville, tandis qu’un autre participant suggère que le principal opposant de la majorité municipale soit automatiquement nommé à la tête de la commission des Finances pour qu’un contrôle effectif des dépenses soit effectué.

Les idées fusent de tous côtés et le président Gellato, en s’efforçant de tout noter, est à la peine tant les propositions abondent,. Le cumul des mandats, le manque de transparence, le favoritisme sont évoqués. Colette Capdevielle approuve sans réserve, « même si cela coûte cher », la publicité systématique des débats pour les grandes métropoles et la possibilité que tous puissent les suivre sur Internet. François Amigorena fait rire tout le monde en racontant comment il a dû batailler en 2014 pour convaincre Michel Veunac de laisser filmer les conseils municipaux. Qui aurait mesuré l’étendue du désastre sans cet indispensable outil de la démocratie ?

Les lenteurs de la Justice, la possibilité d’accéder aux documents administratifs grâce à la CADA, mais aussi les prises illégales d’intérêt sont passées en revue.

Un des participants, saisi d’enthousiasme, propose même que RamDam 64-40  dépose des projets de lois au Parlement pour aider à la représentation des citoyens face aux élus. RamDam va en parler à Richard Ferrand mais a conscience d’avoir encore un peu de travail devant lui.

Seul regret de cette soirée véritablement enthousiasmante, alors que Mediabask et La Semaine du Pays basque étaient présents, Sud Ouest a boudé RamDam 64-40 et n’a même pas daigné répondre ni à mes mails ni à mes coups de téléphone.

Mais dans ce dur métier de journaliste, on ne peut pas tout faire : compter les palombes et s’intéresser aux actions citoyennes.

Le débat a été animé par Dominique Lapierre, farouche surveillant des dérives landaises.

L’ex-députée Colette Capdevielle considère que toutes les villes d’importance doivent permettre l’accès aux conseils municipaux par la vidéo.

 

Un très vague « Biarritz nouvelle vague »

Le presque quasi-certain candidat Guillaume Barucq a présenté son mouvement citoyen « Biarritz nouvelle vague ». Mais a parfois eu du mal à surfer sur ses contradictions.

Allez, avouez-le, vous avez tous eu droit le jour de la fête des mères ou des pères à un collier de nouilles de votre chérubin préféré et vous vous êtes extasiés sur ce cadeau amoureusement confectionné, comme le veut la bienséance familiale. Sauf qu’à la quatorzième injonction de la chair de votre chair vous demandant si ce collier vous plaît et quand vous allez le porter, vous avez ressenti comme un léger découragement.

Pour le lancement de son mouvement citoyen, « Biarritz Nouvelle vague », (Truffaut et Godard étaient excusés), Guillaume Barucq avait fait dans la symbolique lourde avec une conférence de presse à Olatua, la vague en langue basque, et dans le viseur des photographes le rocher de la vierge (Pour le cas où un miracle se produirait en 2020).

Qu’on ne s’y trompe pas : Bisque, Bisque, Basque ! regarde avec beaucoup de sympathie la candidature de Guillaume Barucq. Quant à la garde rapprochée qui a été présentée à la presse, composée de Jean-Baptiste Dussaussois, Corine Martineau, Aude Chabrier, Julien Roulland et Frédéric de Bailliencourt, elle est tout à fait intéressante et susceptible d’apporter des idées nouvelles à Biarritz.

Mais de la même façon qu’il est préférable de prendre quelques cours de surf à la Côte des Basques avant de se coltiner la vague de Parlementia, on ne peut pas en politique balayer d’un revers de main ce qui s’est passé avant, comme a cherché à le faire la journaliste et néo-biarrote depuis 2018 Aube Chatrier affirmant que « la politique, ça n’intéresse pas les gens ». Bien sûr que si !

C’est donc à une déclaration de candidature beaucoup plus normande que biarrote, tant elle était sinueuse et chantournée, qu’a pu assister la presse.

Dans le bateau naufragé de la majorité ou dans le canot des secours ?

Avec le rocher de la Vierge en arrière-plan.

On le sait Guillaume Barucq a de nombreuses idées intéressantes pour la Ville, mais, en voulant être ami avec tout le monde et en s’efforçant de réconcilier les inconciliables au cours du mandant 2014-2020, il est souvent apparu comme un élu « bisounours » très loin des réalités politiques.

Sans surprise, les axes forts de sa campagne vont tourner autour du logement des jeunes à Biarritz (plus de la moitié du groupe impulsé par Guillaume Barucq en 2014 a été contraint de déménager), les mobilités douces et la pollution des eaux de baignade.

C’est ensuite que cela se complique. Guillaume Barucq peut-il faire abstraction du mandat qui vient de s’écouler, le plus calamiteux de l’histoire de Biarritz aux yeux de Bisque, Bisque, Basque ? Guillaume Barucq oscille entre des peut-être bien que oui, peut-être bien que non, très normands. « J’ai annoncé ma décision à Michel Veunac et à Guy Lafite. Ils l’ont très bien comprise ». Les acrobaties et l’absence de convictions, ils connaissent ! « Je ne suis pas encore candidat déclaré officiel, même si… » Qui aurait pu penser le contraire ? « Le docteur Barucq et le docteur Veunac ont peut-être des préconisations différentes pour l’avenir de la Ville » Nul n’en doute et c’est bien là le problème.

La garde rapprochée : de gauche à droite, Jean-Baptiste Dussaussois, Corine Martineau, Guillaume Barucq, Aude Chabrier, Julien Roulland et Frédéric de Bailliencourt,

Alors que Michel Veunac a annoncé qu’il se déclarera en septembre et que Guy Lafite est prêt à prendre son relais si les circonstances contraignaient Veunac à ne pas se présenter, comment peut-on être décidé à rester jusqu’au bout dans la majorité tout en conduisant une liste qui va s’opposer au maire sortant ?

Là encore, le représentant du bien-nommé « Biarritz nouvelle vague », demeure on ne peut plus… vague. « Je ne vais pas critiquer le passé » … « La carte du parti, on ne la sortira à aucun moment, le but est de favoriser la proximité avec les Biarrots » avant de conclure par une phrase mille fois entendue : « Je préfère rester à l’intérieur de la majorité car c’est là que je suis le plus utile ».  Une minute après, le futur candidat raconte comment il a été écarté d’un dossier environnemental ! Comme Motsch de l’Urbanisme, Amigorena du tourisme ou Chazouillères du commerce !

Hélas en politique, il faut choisir son camp à un moment donné. Porter son collier de nouilles pour faire plaisir à son enfant ou le contrarier. Guillaume Barucq est intelligent. Nul doute qu’il va comprendre qu’on ne peut être ici et ailleurs en même temps, dans le bateau naufragé de la majorité et dans le canot des sauveteurs en mer décidés à porter secours aux Biarrots en péril.

Pas de mouette rieuse à l’horizon

Heureusement, il est des signes qui ne trompent pas. Alors que la canicule était annoncée sur Biarritz, quelques gouttes de pluie se sont invitées au début de la conférence de presse, obligeant à sortir les parasols. Avec son humour habituel, Guillaume Barucq a parlé de la malédiction de François Hollande qui ne pouvait prononcer un discours sans se faire doucher. Mais contrairement au président malheureux et dépassé que la France a connu de 2012 à 2017, pas une mouette rieuse n’est venue viser le polo vert du candidat pendant son allocution. La preuve que le médecin biarrot peut échapper à la malédiction hollandaise et a un bel avenir devant lui s’il réussit à s’allier avec les autres opposants au duo infernal Veunac-Lafite et à comprendre que les Biarrots n’en peuvent plus des combines d’appareil, des alliances improbables, des négociations de soir de premier tour et qu’ils souhaitent des candidats qui soient déterminés à ne pas reconduire les errances des deux derniers mandats. Chiche, Guillaume !

 

Arostéguy fait de l’accrobranche

Ils sont nombreux à avoir beaucoup à perdre en cas de défection de Fillon.

(Photo La Semaine du Pays basque)

Mercredi, François Fillon est décidé à renoncer avant sa conférence de presse où il annonce… qu’il continue ! C’est la conjuration de médiocres qui l’entoure, déterminée à se partager le futur gâteau même s’il est un peu faisandé, qui le pousse à se ridiculiser encore un peu plus et à discréditer notre vie politique. Baroin se verrait bien Premier ministre, et les Morano ou Pecresse ne dédaigneraient pas un petit maroquin. Et pendant ce temps, Juppé, qui serait sans doute plébiscité par la majorité des Français, attend qu’on lui fasse signe.

Même problématique au niveau local, où ce sont souvent ceux qui ont beaucoup à perdre qui crient à l’assassinat politique, en espérant que quelques gogos vont les suivre, tout en sachant parfaitement au fond d’eux-mêmes que Fillon est absolument indéfendable. En quittant L’UDI, il y a quelques mois, pour les Républicains, Maïder Arostéguy, a montré une capacité certaine à la voltige. En écoutant sa copine Corine Martineau, et en pariant, quasiment seule avec Claude Olive, sur François Fillon, notre sémillante conseillère départementale a gagné le gros lot de la loterie électorale : une investiture pour les législatives. On comprend qu’il soit difficile de renoncer à ses rêves, mais doit-on tout accepter sous prétexte d’ambition personnelle ?

Le communiqué de presse de Maïder Arostéguy diffusé hier est soit d’une mauvaise foi abyssale, soit d’une naïveté confondante. Au point que Bisque, Bisque, Basque !  s’est amusé à l’annoter. L’accrobranche c’est très bien, à condition toutefois de ne pas se prendre une grosse gamelle électorale à force de défendre l’indéfendable.

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Les sourires en coin d’une Filloniste historique

fillon-martineauSon téléphone n’arrête pas de sonner, les messages de félicitations de pleuvoir, et, depuis une dizaine de jours, ses amis ne se comptent plus. Corine Martineau n’est pas dupe de cette soudaine agitation de tous ceux qui jouent placés. Alors que nous sommes politiquement aux antipodes, ce qui n’empêche pas le respect et la sympathie, il était intéressant d’entendre pourquoi, en 2015, cette militante fervente des Républicains, a choisi le camp de celui qu’on qualifiait alors de « Mister Nobody », avant de devenir le vainqueur-surprise de la primaire de la droite.

– Qu’est-ce qui t’amène à choisir Fillon ?

– « En politique, il n’y a qu’une vérité : le terrain ! J’ai été très intéressée par le tour de France qu’a entrepris François Fillon pendant trois ans. Et encore plus quand j’ai découvert qu’à chaque visite, il se tournait vers des gens de la société civile pour obtenir des remontées d’informations et effectuer un vrai travail de fond.

– Quelles sont les personnalités connues qui partagent ton engouement d’alors ?

– Je suis seule sur Biarritz et à part le maire d’Anglet, Claude Olive, les soutiens à Fillon sont plutôt discrets. Tous les Républicains sont Sarkozystes avant de devenir Juppéistes et j’ai droit à des plaisanteries répétitives comme « Fillon ne passera jamais. Il a raté le coche. »

– Tu as cru en lui dès le début ?

Au sommet de la Rhune.

– Je ne vais pas refaire l’histoire maintenant que c’est facile. Je ne pensais pas qu’il réussirait un score aussi élevé, mais j’ai toujours pensé qu’il allait s’imposer. Lors de la montée de la Rhune en compagnie de ses soutiens (juillet 2016), il nous a fait passer un moment très agréable, manifestant beaucoup d’écoute à chacun et réussissant pendant deux heures à parler tout en grimpant, ce qui démontre une belle condition physique. Son programme, comme son côté humain, m’ont séduit. J’ai pensé qu’il allait gagner car sur le terrain les gens affirmaient en avoir marre des politiques avec des casseroles, refusaient quelqu’un de trop âgé, et souhaitaient malgré tout un candidat expérimenté. Il me semblait qu’il incarnait la synthèse parfaite des attentes des électeurs. Et puis, c’est un chat, il avance sans faire de bruit contrairement à d’autres que l’on peut côtoyer dans la région (Grand éclat de rire).

– Qui vient assez vite te rejoindre dans le soutien à Fillon ?

En janvier 2016, Maïder Arostéguy choisit à son tour Fillon. Tour à tour, nous nous rendons à Paris le rencontrer ainsi que son équipe de campagne. En avril, lors d’un rassemblement des relais territoriaux, je pose une question en annonçant que je suis de Biarritz. Après la réunion, des gens du département des Pyrénées Atlantiques se font connaître. De là est parti le comité de soutien à François Fillon avant que Paris ne me désigne comme présidente du comité de soutien à Biarritz.

– Tout s’est bien passé ?

– Nous avons très bien fonctionné avec Pau et le Béarn. Je suis allée tracter à Orthez et à chaque fois, l’accueil a été très chaleureux. Le terrain m’a confirmé ce que je ressentais. Nous avons tout de même distribué 30 000 journaux. Les politiques n’ont pas encore compris l’importance des réseaux sociaux, où chacun lit de son côté et découvre que des gens pensent comme eux.

– À quel moment, as-tu cru à la victoire possible ?

– Lors du meeting organisé à Biarritz, on a senti que ça basculait. Le journaliste de BFM TV, venu pour la circonstance, m’a même confié : « On ne pensait pas voir ça à Biarritz » Pour lui, c’était une terre définitivement acquise à Juppé.

– Et le soir du premier tour ?

– (Corine lève les yeux au ciel !) Nous étions tous rassemblés à Saint-Jean-de-Luz et quand les résultats ont commencé à être connus, j’ai soudain vu Nathalie Motsch et Patrick Destizon venir me faire un vibrant éloge de François Fillon. Je ne suis pas dupe. Même chose avec les félicitations d’Édouard Chazouillères reçues ce soir-là.

– Et maintenant, quel est le programme ?

– On continue à se mobiliser plus que jamais en vue des présidentielles de 2017. En janvier, on va connaître les investitures pour les élections législatives. Je souhaite que Maïder Arostéguy soit désignée, plutôt qu’un ou une Filloniste de dernière heure. Et si on rétorque que Maïder est depuis trop peu de temps dans notre parti pour obtenir l’investiture, alors, en tant qu’ancienne militante du parti, je poserai ma candidature pour ces législatives.

– Que penses-tu de Bayrou et Macron ?

– Macron, plus jeune plus neuf, va bouffer les voix de Bayrou. Les gens ont besoin de rigueur et d’assurance. Les deux en sont totalement dépourvus.

– Comment vois-tu la primaire de gauche ?

– Je pense que Hollande pourrait sortir vainqueur de cette primaire, s’il se présente. L’autre hypothèse est Arnaud Montebourg car il fait figure d’homme neuf. Je ne crois pas à Valls, votre Sarkozy de gauche, car il est trop clivant.

– Je réalise soudain que tu ne m’as pas parlé de Max Brissson. C’est un hasard ?

– (Grand sourire) Sans doute ! Max va évidemment se rallier au vainqueur de la primaire. Je prendrai Max dans mon équipe pour travailler, s’il est d’accord. »

C’est comme si c’était fait !

Vous pouvez retrouver les points de vue décapants de Corine Martineau sur son Facebook :

(https://www.facebook.com/corine.martineau1)