Prendre des Vinci pour des lanternes

Lanterne Vinci

Ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage! Vinci annonce qu’il renonce à son activité parking. L’évêque affirme qu’il ne souhaite pas vendre son terrain à la ville. Mais notre Didier, plus amoureux passionné que jamais, veut à tout prix faire voter ses conseillers pour mettre deux jolis parkings de plus dans la corbeille de mariée du bétonneur adoré.

Encore un grand numéro de Borotrapèze volant, lundi 30 septembre à la mairie! Le Monsieur Loyal de service, l’homme qui repeint sa mairie en gris quand les adjoints ont le dos tourné,  ne cache plus sa passion frénétique pour son bétonneur adoré et tient à déclarer sa flamme avant sa prochaine et attendue sortie de scène. Pour cette exceptionnelle soirée offerte par le cirque municipal, notre Didier adoré avait sorti le tapis rouge, et la police qui va avec, pour accueillir les nombreux citoyens désireux d’assister à ce nouveau tour de passe-passe. Et les spectateurs,  pas déçus, pourront dire un jour à leurs enfants : « J’y étais! ». Des applaudissements nourris pour le magicien Saint-Cricq, qui a sorti des frelons de son haut de forme, et pour le charmeur de serpents Guy Lafite (plutôt habitué à avaler des couleuvres!) qui ont mis en rogne l’amoureux déçu, maire tonitruant, menaçant de faire intervenir la police contre les spectateurs.

Car Didier avait préparé un numéro exceptionnel et a été fort marri des réactions plutôt mitigées de la salle. Il nous avait déjà fait le coup de « Je sors de terre une magnifique Cité de l’Océan sans débourser un fifrelin. Vos enfants paieront! » et il pensait subjuguer les foules avec ce nouveau numéro intitulé « Mon petit Vinci que j’adore« , inspiré de la chanson « Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous »...

… Mais il y a toujours des rabat-joies pour contrarier cet amour si pur, si noble, si désintéressé que porte le sémillant septuagénaire à son bétonneur favori. Sur son trapèze, il avait prévu une contre-volée piquée avec changement de mains et pensait gagner tout le monde à sa cause… mais, dans sa hâte à faire voter le projet, il a juste oublié un petit détail de rien du tout. Monseigneur Aillez-voir-ailleurs, l’ensoutané hostile au mariage pour tous, a rappelé que le terrain, que Borotra veut offrir à la voracité du bétonneur, appartient à l’évêché.

Et le pieux Jean-Benoît Saint-Cricq de ne pas résister au plaisir d’enfoncer le clou en lisant la lettre envoyée par l’évêque : « En l’état, un tel contrat, s’il était signé, serait entaché d’une irrégularité pouvant aboutir à sa nullité, pour porter sur un bien dont ne dispose pas la Ville. » Et, comble, le communiste Bernard Itthurbide, avec son habituel mauvais esprit de lanceur de couteaux anticapitaliste, de frapper au cœur de la cible en rappelant que « quand un client paie 100 € à Vinci, 25 € reviennent aux actionnaires. »!

Une soirée décidément pleine de surprise, puisque c’est le clown blanc, le pâle, le timide, le falot Guy Lafite, l’homme qui s’excuse de demander pardon et essuie vos chaussures avec son cachemire, qui porte l’estocade fatale à notre septuagénaire amoureux en refusant de voter le projet : «  Nous sommes déjà assez dépendants de Vinci et il ne semble pas souhaitable d’aggraver cette dépendance. Vinci n’est pas une banque et ne peut donc nous offrir de bonnes conditions de financement. On va emprunter in fine trop, trop court et trop cher.« 

Et nos chers futurs candidats qui tous rêvent de devenir calife à la place du calife dès 2014? Tous les adjoints, à savoir Max Brisson, Michel Veunac et Michel Poueyts se sont montrés très préoccupés pendant tout le débat par les lacets de leurs chaussures… avant de voter le projet comme un seul homme, ce qu’a fait aussi Peio Claverie, que l’on a connu plus mordant en d’autres temps. Ce qui n’augure de rien de bon pour l’avenir de Biarritz, car comme disait le très rustique Chirac :  » Les couilles, ça pousse rarement avec l’âge ! «