« Grâce à mon action, des affaires ont été médiatisées »

Il n’y a que Jean-Philippe Ségot pour vous interroger sur vos tee-shirts improbables. Entretien publié dans La Semaine du Pays basque du 6 septembre 2019.

– On pourrait dire que cela a été une mauvaise saison pour vous. Dans l’été, il y a eu un G7 que vous annonciez calamiteux en matière de sécurité et qui s’est déroulé d’une façon assez remarquable, Didier Borotra a été relaxé en appel après un procès très médiatisé, et Michel Veunac semble avoir des chiffres relativement favorables, dans le sondage effectué en juillet, pour être réélu maire de Biarritz s’il se représente…

– Mauvaise saison si on veut… J’ai été effectivement assez agacé de voir que Didier Borotra n’a pas été condamné. Mais cela a été une excellente saison aussi parce que c’est toujours grâce à des événements comme cela que surgissent des vérités imprévues. Parlons du G7. Michel Veunac est définitivement grillé auprès de l’Agglo. Comment peut-on envisager d’être maire de Biarritz en 2020 quand on est haï et détesté du maire de Bayonne, du maire d’Anglet et de l’ensemble de l’Agglo ? Quant à Didier Borotra, OK il a gagné. Mais vous m’accorderez une victoire à la Pyrrhus. Grâce à mon action, ces histoires ont été médiatisées. Tout le monde sait maintenant de quoi il ressort, tout le monde a pris conscience de la qualité du boulot que faisait Sophie Borotra. Je suis content, j’ai gagné.

Justement, il pourrait y avoir des prolongements sur Sophie Borotra après ce que vous avez écrit avec certains de vos confrères ?

– Oui, ça a bougé beaucoup du côté de Pau. Je rappelle qu’elle a déclaré à la barre qu’elle est directrice des halles de Pau, en habitant à Biarritz et en étant vue souvent dans une salle de sport locale. C’est quand même un poste assez intéressant. Je ne sais pas si l’association des contribuables palois va aller jusqu’au bout de sa démarche qui était de saisir le procureur. Je n’en sais rien.

Revenons-en à Michel Veunac avec un chiffre que vous n’avez peut-être pas, parce que vous ne savez pas tout même si vous savez beaucoup de choses. Le sondage donne 62 % de bonnes opinions parmi les gens consultés. On raconte qu’il aurait dans les 27 % d’intentions de vote au premier tour…

Les sondages me font marrer. Au Canard enchaîné, j’en ai vu passer des sondages. En 1994, ce n’était même pas la peine de faire l’élection si on écoutait Le Monde. Balladur était élu. En 2016, c’était Juppé, il n’y avait aucun doute. Début 2017, c’était Fillon. La bataille n’est pas finie. J’ai joué au rugby, j’ai vécu plein de matchs qui paraissaient perdus et que j’ai gagnés. J’ai vécu des matchs que je pensais gagnés et qui ont été perdus.

Vous êtes un garçon intelligent et assez railleur pour se moquer de lui-même, je l’espère. Vous n’avez pas le sentiment d’être d’une mauvaise foi rare, et du coup de tourner un peu en rond ?

– Pas du tout. L’objectivité n’existe pas. Je le dis toujours à mes élèves en école de journalisme. Quand je faisais la rubrique « Couac », je recevais 600 courriers pour prendre trois histoires. Vous auriez pris trois histoires différentes et un autre en aurait encore pris trois autres. Je m’amuse comme jamais. Quand je tapais sur les politiques quand je travaillais au Canard enchaîné, c’était un peu abstrait. Là, j’ai l’impression de labourer mon sillon profondément, d’aller jusqu’au bout d’un combat intéressant. C’est ce qui fait que jusqu’au soir du deuxième tour, je ferai tout pour empêcher Veunac et Lafite d’être élus.

S’ils sont réélus, vous repartez pour un combat de six ans ?

– Oui c’est fort possible. La seule personne qui peut m’empêcher de le faire, c’est Françoise, mon épouse. Si elle me dit « arrête, tu es vieux, tu es con et tu te ridiculises, je l’écouterais. Mais sinon pourquoi pas ?

Donc quand on fait de la politique, il faut envoyer des fleurs à Madame Viollier pour espérer être dans vos bons petits papiers ?

– C’est la seule personne que j’écoute et ça me va très bien.

Votre métier, même localement, est parfois un peu dangereux. J’ai regardé ce qui se passait ces derniers temps. Il semble que le président du Biarritz Olympique avait envie de vous mettre une claque si vous passiez par là. Et puis il y a un autre personnage dont vous allez nous parler aussi qui est président d’une association commerciale à Iraty…

– Il est peut-être aussi vice-président de son conseil syndical dans son immeuble…

Et qui ferait une enquête sur votre patrimoine. Sur vos avoirs en Suisse, j’imagine ?

– On parle de Christian Brocas. Il enquête sérieusement sur mes avoirs en Suisse. Cela m’amuse donc je lui ai répondu que moi aussi j’allais enquêter sérieusement sur ses avoirs. On verra qui gagnera la partie. C’est là aussi tout à fait intéressant.

C’est un peu le sel de la vie ? Vous avez eu un incident de santé important mais pas trop grave il y a quelque temps. C’est vrai que – comme le disent vos amis – continuer le combat est votre meilleur médicament ?

Sans doute. J’ai eu deux accidents graves de santé dans ma vie. Un premier à 30 ans quand j’ai rencontré Françoise. J’ai vraiment pensé que j’allais mourir d’une tumeur de l’oreille interne.

– J’ai craint un moment que ça soit la rencontre avec Françoise qui ait été le premier accident grave !

– Le deuxième accident est l’AVC que j’ai fait. Sincèrement, je ne me faisais aucune illusion parce que mon père avait fait un AVC et il était mort d’une hémorragie massive quelques jours après. Pendant presqu’une semaine j’étais en soin intensif, surveillé toutes les deux heures. Cela laisse le temps de réfléchir. Finalement, cela clarifie les choses. Tout d’abord et pas du tout avec forfanterie, j’étais serein. Je me disais que pour un mec un peu pauvre, j’ai eu une belle vie. Deuxièmement, je me suis dit que j’aimais écrire dans la vie. Et troisièmement, que j’aimais combattre ! Je savais que si je guérissais, je persévérerai dans la direction que j’avais prise. Oui, je vis dangereusement. Oui, Aldigé veut me mettre une claque parce que j’ai travaillé sur une rumeur qui semble-t-il est injustifiée. Brocas me menace avec ses petits muscles et ça me fait rigoler. Mais plus que jamais je continuerai à me battre pour mes idées et mes convictions. En plus, vous m’accorderez que je me bats gratuitement, bénévolement et même, ça me coûte de l’argent. Je ne demande rien et personne ne peut dire que j’ai demandé quoi que ce soit. Je ne vends rien, je n’ai rien. Je le fais par conviction citoyenne. Ramdam rentre dans la même démarche de conviction citoyenne.

RamDam 64-40, c’est une association de défense des citoyens. Viollier, c’est aussi un succès en librairie avec une bande dessinée. Il y a eu trois tomes de Patxaran et Manzana et beaucoup de gens que je rencontre me disent « À quand la suite ? »

– Ma femme ne m’a pas quitté, c’est l’essentiel. Mon dessinateur m’a quitté, il faut faire avec. Je ne sais pas où il est. Cela me fait très drôle parce que quand j’arrive aux urgences de l’hôpital de Bayonne, l’infirmière me dit « ah c’est vous Patxaran et Manzana ! » Alors oui, je regrette parce que j’adorais ce moyen d’expression qu’est la bande dessinée. Le dessinateur, Pierre Georges – qui est aussi passé brièvement par La Semaine – est-il dans l’Est ? Est-il avec son épouse ? Je ne sais pas, je n’ai plus de nouvelles. Sans conflit avec lui, je tiens à le préciser.

– Il y a aussi votre façon d’agresser quasiment quotidiennement le bon goût des Biarrots en portant des T-shirts improbables. Où trouvez-vous des choses pareilles ? Et est-ce que vous allez continuer cette agression permanente, peut-être même l’hiver avec des pulls ?

– Je n’ai pas encore trouvé la solution pour faire des pulls à slogan. Les T-shirts, je me les fais moi-même. J’ai trouvé un site sur internet. Je prends des idées, je prends des morceaux et je les compose. Je préfère cela nettement à porter des marques. Oui, oui, je suis mal sapé et je le revendique. Cela m’amuse par rapport aux Biarrots tellement tirés à quatre épingles. C’est ma façon d’être et de m’exprimer.

Nous allons terminer par une question un peu plus sérieuse. Quand on vous écoute, avec votre ton de poil à gratter permanent, est-ce que vous respectez les décisions de justice et puis celles des urnes ? Dans l’affaire Borotra, autant il a été condamné dans l’affaire des PV deux fois – il est en Cassation aujourd’hui – autant dans l’histoire de l’emploi de sa fille, il a été relaxé deux fois. Et puis Michel Veunac ou d’autres ont été élus et ont eu une majorité. Est-ce qu’il n’y a pas un moment où pour bien occuper sa place dans la société, on ne doit pas respecter les décisions de justice et celles des électeurs ?

– Je n’ai aucun problème avec cela. Il n’est pas interdit de commenter une décision de justice. Il est interdit d’outrager les magistrats. Ce que je constate dans l’affaire Borotra, c’est que cette prise illégale d’intérêt, n’est pas une « vue de l’esprit de Viollier ». Il y a un procureur à Bayonne qui a estimé ma demande légitime et qui a décidé d’envoyer le trio en correctionnelle. Quand il a été relaxé à Bayonne, le même procureur a décidé de faire appel à Pau. Et à Pau, le procureur a été très sévère avec la famille Borotra. Après, les magistrats ont estimé que l’histoire présentée par Didier Borotra était crédible. Dont acte. C’est terminé. Quant au suffrage des urnes, je le respecte mais je crois que pendant trop de décennies, et surtout au Pays Basque, un maire était élu, on lui foutait la paix pendant six ans et on attendait qu’il soit réélu. Non ! La citoyenneté, c’est d’exercer le contre-pouvoir. Quand il y a quelque chose au hasard, une écurie annoncée inconstructible qui devient constructible, une villa qui semble être promise à un copain et tout… C’est mon rôle de poil à gratter de le dire. Je suis d’autant plus à l’aise que je n’ai aucune ambition politique, que je ne sais absolument pas pour qui je voterai et je respecte profondément le suffrage des urnes.

Les amis qui vous connaissent bien disent que rien n’exclurait dans un second tour que vous votiez pour Michel Veunac selon qui serait en face de lui…

Prêt à voter Veunac, si Lafite se trouvait au deuxième tour face à lui. C’est dire!

Oui. Il n’y a qu’un cas de figure où je peux voter Veunac. Il y en a un que je déteste encore plus que Veunac, c’est Guy Lafite. Veunac a un côté sympa, Lafite a un côté odieux. Imaginons – cataclysme absolu – un deuxième tour Lafite face à Veunac, je vote Veunac. C’est acquis. Sinon, oui, je voterai pour son opposant. Je pense que la ville doit revenir à un fonctionnement normal. Anglet et Bayonne ont des fonctionnements normaux, Biarritz a un fonctionnement anormal. Donc, toute personne susceptible de battre Michel Veunac m’apparaît hyper intéressante et ce sera la ligne éditoriale de Bisque, Bisque, Basque !

C’est subjectif de détester Guy Lafite… même si cela amuse beaucoup la Marquise.

C’est une antipathie innée, viscérale et personnelle.

Et vous le revendiquez ?

– Je le revendique totalement. Il y a son mépris permanent, son côté hautain et tout. C’est un personnage que je déteste. Je demande l’asile politique à Anglet ou Bayonne s’il est élu.

Selon que vous serez ancien maire ou gilet jaune…

Didier Borotra a été relaxé par la Cour d’appel de Pau. Sa fille Sophie et l’ancienne directrice de la Cité de l’Océan Françoise Pautrizel aussi.

Candide père et Candide fille, ici à la barre du tribunal de Pau, sont désormais totalement blanchis.

L’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. La relaxe de Didier Borotra, de sa fille Sophie et de l’ancienne directrice de la Cité de l’Océan Françoise Pautrizel prononcée par la Cour d’appel de Pau jeudi dernier, deux ans après le jugement similaire du tribunal correctionnel de Bayonne, lave donc de tout soupçon de prise illégale d’intérêt ou de complicité de prise illégale d’intérêt le trio.

De la même façon que l’on a répété pendant des générations aux petits Antillais que leurs ancêtres étaient des Gaulois, au nom de la cohésion nationale, voici donc l’histoire en sept points que la Justice a validée :

1.- Didier Borotra, maire de Biarritz, ne savait pas que sa fille Sophie avait été engagée par Françoise Pautrizel, qui travaillait sous ses ordres, en tant que directrice de la Cité de l’Océan.

2.- Didier Borotra n’a appris que fin décembre 2013 l’engagement de sa fille et en a été « très contrarié ». Pour autant, la contrariété n’a pas été jusqu’à faire cesser la mission, avant son départ en avril 2014, ce qui ressemble fortement à une prise illégale d’intérêt.

3.- Michel Veunac, immédiatement informé de la situation par Madame Pautrizel le jour de son élection, a décidé de continuer pendant près d’un an avec Sophie avant que Guy Lafite ne panique et ne révèle la situation à la presse. Là aussi, personne n’a estimé qu’il pouvait s’agir d’une complicité de prise illégale d’intérêt.

4.- Sophie Borotra n’avait pas de bureau, n’a jamais écrit une ligne, s’est contenté de « préconisations orales » mais seul des mauvais esprits peuvent s’imaginer qu’il s’agit d’un emploi fictif.

5.- La Cité de l’Océan avait signé un contrat de recherche d’économies avec Suez environnement de 120 000 euros pour des prestations identiques à ce que proposait AGC, l’entreprise montée pour l’occasion par Sophie Borotra, entreprise qui n’avait ni assurance ni garantie professionnelle.

6.- Sophie Borotra, lors de l’audience en correctionnelle, a reconnu avoir été assistante parlementaire de son père lorsqu’elle vivait en Amérique du Sud, ce qui était légal à l’époque mais pas très moral, et n’avoir en dehors de la Cité de l’Océan obtenu pour son entreprise AGC qu’un seul contrat… avec la ville de Pau. Ville où, après son départ de Biarritz, elle finira directrice des Halles sans que François Bayrou ne soit officiellement informé de sa nomination. Quand on vous dit que l’Histoire balbutie…

7.- Les investigations financières de la police ont montré qu’au titre « de la solidarité familiale » Didier Borotra versait 3500 euros mensuellement à sa fille. Miracle de la télépathie, alors que Didier Borotra n’était absolument pas au courant de l’engagement de sa fille, il a cessé les versements à l’instant même où elle démarrait son magnifique travail à La Cité de l’Océan.

Vous le constatez comme moi, le dossier ne tenait donc absolument pas la route et malgré les réquisitions des procureurs Vuelta-Simon à Bayonne, réclamant pour Didier Borotra 35 000 euros d’amende et un an de prison avec sursis, et Boiron à Pau réclamant pour Didier Borotra 35 000 euros d’amende et trois mois de prison avec sursis, le verdict ne pouvait être qu’une relaxe générale.

À l’heure où on embastille à tout-va le moindre gilet jaune découvert en possession d’une « arme par destination » ou l’auteur d’un selfie devant une voiture qui brûle, il est donc rassurant de constater que les tribunaux ont su montrer de la bienveillance à l’égard d’une malheureuse jeune fille un peu écrasée par l’ombre tutélaire de son papa et n’ont pas estimé que les propos tenus à la barre relevaient du conte à dormir debout.

l Pour ceux qui n’auraient pas suivi, les comptes-rendus d’audience fait à l’époque par Bisque Bisque, Basque ! :

https://jeanyvesviollier.com/2017/02/01/les-borotra-ces-grands-pudiques/

https://jeanyvesviollier.com/2019/05/17/chez-les-borotra-on-se-fait-des-cheques-mais-on-ne-se-parle-pas/

Bayrou et les « diffamateurs »

Voir François Bayrou, l’homme qui a dû abandonner précipitamment le ministère de la Justice tant les menaces judiciaires pesaient sur lui, fanfaronner sur Twitter et écrire « Les diffamateurs en seront pour leurs frais » relève du surréalisme.

On notera au passage le mépris de caste du maire de Pau qui s’enthousiasme de la relaxe de ses amis Sophie et Didier mais oublie la grande victime de ce procès, Françoise Pautrizel.

Si le propos sur « les diffamateurs » me vise, puisque je suis à l’origine en compagnie de maître Malherbe, de la plainte qui a conduit le trio au tribunal, je me sens particulièrement à l’aise : la « citoyenneté » pour laquelle nous militons à RamDam 64-40 implique de contrôler les faits et gestes de nos élus et de signaler ce qui nous paraît relever de manquements à la loi.

La possible prise illégale d’intérêt que nous avons transmise au procureur de Bayonne n’était pas une vue de l’esprit puisqu’après une enquête policière, le procureur Samuel Vuelta-Simon a décidé d’expédier le trio au tribunal correctionnel en janvier 2017.

Et si, quand il parle de « diffamateurs », François Bayrou pense aux deux procureurs Vuelta-Simon et Boiron pour qui la prise illégale d’intérêt ne semblait faire aucun doute lors de leurs réquisitoires, il démontre une bien curieuse idée de la Justice.

Veunac et la malédiction des deux Didier

Chacun de leur côté, Didier Borotra comme Didier Guillaume semblent bien décidés à obtenir les deux oreilles de Veunac au final de la corrida municipale de 2020.

Si Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture en charge de la protection animale, n’a pas eu l’idée du siècle en s’affichant aux arènes de Bayonne, l’association des Citoyens-habitués-à-se-faire-mener-en-bateau-par-les-politiques va néanmoins pouvoir lui décerner une couronne de lauriers qui sera du plus bel effet sur son beau front dégarni. En effet, en annonçant avec de plus en plus d’insistance qu’il envisage de devenir maire de Biarritz, notre parachuté ministériel a obligé notre Mimi-la-Malice-rien-qu’à-nous-et-qu’on-ne-rêve-pas-de-le-garder à brûler ses vaisseaux et à dévoiler sa stratégie.

Depuis plusieurs mois, Michel Veunac la jouait vieux, malade et fatigué, au point que le tout Biarritz, notre sénateur Max Brisson en tête, annonçait que c’était une certitude et que notre alerte septuagénaire n’allait pas faire le mandat de trop après son si « brillant » premier brouillon de six ans. Dans ces colonnes, une commentatrice assidue qui signe Nath B. s’était même déclarée prête à parier avec moi 100 euros sur ce fait, ce qui d’après Christian Brocas aurait constitué une dilapidation inconsidérée de mon patrimoine.

Et puis, aujourd’hui, patatras, notre finaud à écharpe tricolore, dans la foulée de la visite de Christophe Castaner, vient de dévoiler involontairement un pan de la future partie électorale en estimant « déplacé » que le ministre de l’Agriculture annonce son intention de candidature (Sud Ouest / 20 août) : « La moindre correction, c’est d’attendre que le maire sortant se soit prononcé, et comme je l’ai toujours dit, je me prononcerai à la fin du mois de septembre ». Et si Michel Veunac n’annonce sa candidature qu’en février 2020, personne ne se présente ?

Sud Ouest, 20 août.

Admirable déclaration qui en dit long sur ce que Mimi-la-malice pense de Didier Guillaume, un homme qui, selon lui, ne lui arrive même pas à hauteur de ses chaussettes. Et croyez-vous vraiment qu’un maire comme Veunac, dont la capacité d’empathie pour les autres ne peut aller au-delà de son propre nombril, réagirait ainsi s’il n’envisageait pas de se représenter ? Après tout, notre exceptionnel talent local n’aura que 74 ans en 2020, Lafite 71 ans, et le duo infernal a démontré un tel brio dans la gestion d’une ville et d’une équipe municipale qu’il serait vraiment dommage de ne pas en reprendre pour six ans avec des artistes de ce calibre. En privé, Veunac s’affirme agréablement surpris par le sondage « pas si mauvais que cela » qu’il a commandité. Ce qui accrédite encore un peu plus, sauf G7 catastrophique, la piste d’une candidature. Nous ne remercierons donc jamais assez Didier Guillaume d’avoir permis à la vérité d’éclater et de nous faire gagner plusieurs semaines. En nous offrant une opportunité qui mérite d’être regardée de près.

Une idylle de courte durée avec Didier Borotra

Complices au soir du deuxième tour, Didier et Michel vont vite rompre.

Pas de doute, Michel Veunac doit faire des cauchemars la nuit et hurler « Non, Didier ! » sans que son épouse ne sache s’il rêve de Didier Guillaume ou de… Didier Borotra. Car, même s’ils ont eu une courte idylle en 2014 qui a permis au vieux sénateur MoDem de passer le flambeau à son adjoint du même parti, très vite le mariage de raison a tourné court, Veunac refusant même de prendre Didier Borotra au téléphone. Un Michel Veunac, ivre de son nouveau pouvoir et bien décidé à faire payer à « Old Didier » toutes les humiliations qu’il lui a fait subir tout au long de sa carrière. Car avant de devenir ce maire qui pique des colères toutes les cinq minutes, Veunac a été un jeune politique aux convictions fluctuantes et à la colonne vertébrale d’une souplesse totale à force de génuflexions devant les puissants du moment. Veunac, c’était l’homme auquel on pensait systématiquement dès qu’il y avait un tract à distribuer, une corvée à faire, ou une personnalité à aller chercher à l’aéroport un dimanche matin à huit heures, à charge pour lui de l’occuper jusqu’à 11 heures, le temps que les grands de cette Ville finissent de se réveiller. Étonnez-vous après cela qu’il soit encore ivre de sa toute-puissance, totalement habité depuis 2014 par un sentiment de revanche vis-à-vis de tous ceux qui l’ont humilié à plaisir et qu’il ait très vite décidé de ne plus écouter les conseils du « vieux » Didier Borotra.

La politique est une drogue dure et Borotra, comme nombre de retraités de la vie publique n’y échappe pas. Grand copain de François Bayrou, même s’il ignore que ce dernier a engagé sa fille Sophie comme directrice des Halles de Pau, il ne rate jamais une occasion de dire tout le mal qu’il pense de son successeur. Au point que le jour de son procès en appel à Pau pour prise illégale d’intérêt, suite à l’engagement de sa fille à La Cité de l’Océan, les journalistes n’arrivaient pas à le faire parler de son avenir judiciaire tant il avait besoin d’évacuer sa colère contre l’occupant actuel de la mairie de Biarritz. Didier Borotra considère que parmi tous les prétendants au trône de Biarritz, une seule personne a la capacité de diriger cette ville : Nathalie Motsch. Et il est clair que si cette dernière, après avoir multiplié les banderilles en 2019, pouvait s’offrir en mars 2020 les deux oreilles de Veunac, le vieux sénateur ne pleurerait pas dans sa modeste chaumière d’Arbonne.

Didier Guillaume va devoir surveiller ses fréquentations

Pour voir si l’idée de sa candidature prend, Didier Guillaume s’offre un galop d’essai dans tous les médias nationaux.

Reste l’hypothèse Didier Guillaume avec une question de taille. Se présentera-t-il avec le soutien de La REM ou fait-il le forcing alors que rien n’est encore décidé, tant le G7 peut changer la donne ? La tournée des médias et les confidences mollement annoncées en off sur une éventuelle candidature constituent un des grands classiques des politiques désireux de voir comment les citoyens réagissent. Macron en avait fait de même en son temps quand il était un ministre des Finances à états d’âme de François Hollande. Guillaume, le parachuté possible, même s’il a des attaches biarrotes et pris soin de passer ses vacances ici, devra faire gaffe à l’atterrissage s’il se déclare réellement candidat, compte-tenu des lourdes casseroles qu’il trimballe dans son havresac. Sénateur de la Drôme, il avait annoncé sa décision de se retirer de la vie publique pour devenir directeur de la Coupe du Monde de rugby 2023, avant de constater que le poste était purement honorifique. D’où un rétropédalage vigoureux pour revenir dans cette « vie publique » qu’il avait tant décriée et la nécessité de changer d’air, le Drômois pouvant se montrer fort rancunier.

Didier Guillaume est plutôt considéré avec sympathie par les Biarrots, qui cherchent l’homme providentiel ou la femme providentielle qui pourrait permettre à Biarritz de redevenir une Ville normale, à la gestion transparente. À l’exception des candidats déclarés qui trouvent évidemment tous les défauts de la terre à Didier Guillaume, les Biarrots se demandent si un maire qui serait en même temps ministre de l’Agriculture (Ce n’est pas encore clair, mais le cumul devrait être autorisé pour les villes de moins de 30 000 habitants) n’aurait pas quelque capacité à accélérer les dossiers délicats, et, très pris par ses fonctions, peu de temps à consacrer aux copinages permanents qui sont devenus la plaie permanente de la mairie de Biarritz. Un double bénéfice.

Cet avis peut s’entendre et la candidature de Didier Guillaume est tout de même d’un tout autre calibre que celle d’un Veunac ou pire encore d’un Lafite. Reste une interrogation d’importance. Quand on arrive dans une ville qu’on ne connaît pas bien, on a tendance à s’appuyer sur les premières personnes qu’on rencontre et à avoir du mal à appréhender la complexité d’une situation. En panne d’avenir abertzale (les patriotes basques ne veulent pas de lui dans leur liste) et grand copain du ministre de l’Agriculture, Michel Poueyts, cette vieille connaissance, est une fois de plus à la manœuvre. C’est lui, brave homme, qui ouvre son carnet d’adresses au ministre en quête d’avenir électoral, lui qui le présente à Guy Lafite.

Après l’affaire des écuries de Bigueyrie, de l’Hôtel du Palais ou de la villa Sion, les Biarrots n’en peuvent plus des magouilles permanentes et approximations absolues. Guillaume, s’il n’est présent qu’en fin de semaine à Biarritz, devra avoir des hommes de confiance sur qui s’appuyer à Biarritz. Sa liste, s’il en monte une, sera donc encore plus clairement examinée que celle de ses concurrents. Et il a à peu près autant de chances de gagner avec Lafite ou Poueyts dans son sillage, que de passer inaperçu des militants de la cause animale en se rendant aux arènes de Bayonne.

Pour espérer l’emporter, Guillaume devra donc faire attention à ses choix et patienter jusqu’à la fin du G7, car les trois jours d’enfer qui nous sont promis peuvent changer considérablement la donne. Dernier point, l’actuel ministre et potentiel candidat devra vite s’adapter à cet humour biarrot qui consiste à rire de tout et surtout de ses malheurs, à l’image de cet octogénaire découvrant que tous les gendarmes couchés de la ville ont été arasés afin de permettre aux grands de ce monde de mépriser allégrement les limitations de vitesse : « Les gens râlent sur ce G7, mais il a du bon. Certes, on n’a jamais vu à Biarritz autant de CRS debout. Mais grâce à cet événement, on n’a plus de gendarmes couchés ». Et, comme disent les Biarrots, mieux vaut un gendarme couché qu’un gendarme bouché. Ou pire, un gendarme bourré.

 

 

Les salades d’été de Mimi-la-malice

L’été, avec l’arrivée des touristes, est l’époque idéale pour des plats du jour un peu approximatifs. Visite dans les arrière-cuisines municipales. 

La spécialité culinaire favorite de Veunac : le fondant vanille-fraise.

Tous les maîtres-queux (regardez dans le dictionnaire avant de faire des interprétations hâtives !) vous le diront : quand un plat a du succès auprès du public, il ne faut surtout pas le supprimer de la carte. Il y a deux ans, Veunac avait tarabusté sa majorité pour la convaincre de s’offrir un petit sondage, histoire de mesurer la popularité de tel ou tel. Bien entendu, ce sondage « AB-SO-LU-MENT IN-DIS-PEN-SA-BLE ! » offert par les contribuables biarrots, n’était pas réalisé dans la perspective des élections municipales (Quelle vulgarité de croire cela !) mais pour mesurer l’efficacité des services. Les écuries de Bigueyrie, la villa Sion, l’hôtel du Palais et autres spécialités du chef Mimi ayant provisoirement relégué ce sondage au fond du congélateur, notre Veunac-rien-qu’à-nous-et-qu’on-mesure-la-chance-que-l’on-a, vient de le ressortir à l’improviste à quelques mois des élections municipales, si l’on en croit le journal Sud Ouest du 29 juin et les témoignages de nombreux Biarrots, surpris qu’on leur demande par téléphone ce qu’ils pensaient de tel ou tel élu.

Sud Ouest du 29 juin.

Évidemment, seuls les esprits chagrins, les rétifs à toute poésie culinaire qui préfèrent voir écrit sur la carte « Salade verte du jour » à « Délice de la limace » vont s’imaginer que ce sondage a une quelconque visée électorale alors qu’il est évident qu’il n’a été commandé que pour parachever la pluie de bienfaits qui s’abat sur les Biarrots depuis 2014. Et pour le prouver, notre marmiton à écharpe tricolore va s’empresser, lors du prochain conseil municipal prévu le 18 juillet prochain, de rendre public le coût de cette opération si ce sondage n’a pas été payé sur ses propres deniers (François Amigorena lui a déjà demandé par mail). Et en prime, puisque les contribuables biarrots ont probablement financé ce sondage, il pourra nous communiquer les cotes de popularité de chacun, histoire de nous faire passer un bon moment.  

Allo, L’Agglo, il y a quelqu’un ?

On le sait, le cuisinier municipal en chef adore le mois de juillet pour mitonner une de ces spécialités dont il a le secret. En 2018, il avait attendu le 30 juillet pour sortir du four, avec l’appui de cinq élus de l’opposition, le calamiteux projet de l’Hôtel du Palais et l’emporter par 18 voix contre 17. Cette année, les Biarrots trouveront à la carte du menu du 18 juillet « Désaffection et déclassement du domaine public de la villa Sion » et une « décision modificative de crédits n 2 : budget annexe Zone Aguilera ». Il aurait été plus simple de mettre à la carte « L’entrée du jour » et « La spécialité du chef » car nous en saurions tout autant ! Méfiance donc pour les quelques élus encore d’opposition qui devront arriver au conseil municipal en ayant en tête ce vieux proverbe « En juillet, toujours tu te feras rouler dans la farine par le chef cuisinier ».  Ce qui s’est déjà produit le 5 juin dernier.

Veunac a en effet servi aux élus une magnifique préparation de son cru à propos de l’aménagement d’Aguilera. C’est l’Agglo qui lui aurait conseillé de faire une procédure Mecdu unique pour la construction des logements et l’aménagement de l’enceinte sportive. Seul bémol à cette belle histoire, selon des sources bien informées, Michel Veunac dont les rapports avec l’Agglo sont exécrables (il était encore absent lors du dernier conseil communautaire du 6 juillet) n’aurait jamais pris conseil auprès de personne. Quoi de plus simple dans ces cas-là pour un journaliste que de poser la question à cette communauté publique ? Ce qu’a fait Bisque, Bisque Basque ! dès le 7 juin, avec des demandes à ne pas effaroucher un enfant de 7 ans.

Mais il faut croire décidément que rien n’est simple dans cette Agglo qui se refuse à toute publicité des débats et qui maîtrise à l’évidence l’art de botter en touche. Après de multiples relances, j’ai fini par obtenir le 28 juin un mail laconique de l’attachée de presse m’indiquant « Sur le dossier d’Aguilera, il appartient au Maire de Biarritz de s’exprimer et non aux services de l’Agglomération ».

Une réponse inadmissible qui montre bien que l’Agglo est pour le moment l’Agglo des élites et non l’Agglo de tous et que les élus, même s’ils se détestent entre eux, se tiennent encore et toujours par la barbichette. Mais nul doute que Veunac, s’il a véritablement demandé conseil à l’Agglo, se fera un plaisir de fournir les preuves écrites de ses démarches.

Brisson ferait bien de se méfier

(Photo Sud Ouest

Et l’on en arrive au sujet qui passionne actuellement tous les Biarrots : Veunac va-t-il annoncer qu’il se représente en septembre après son calamiteux premier mandat qui a vu presque tous ses adjoints partir dans l’opposition ? Max Brisson, qui suit de très près les affaires biarrotes, affirme à tout va que Veunac est « épuisé » et ne se représentera pas en septembre. Les photos d’un Veunac, 73 ans tout de même, livide aux côtés de Christophe Castaner pourraient donner quelque consistance à cette thèse. D’autant plus qu’un autre Biarrot célèbre, exilé à Arbonne, s’agite beaucoup pour compliquer la vie de son successeur. Didier Borotra appelle régulièrement son grand ami François Bayrou, celui même qui a engagé à l’insu de son plein gré Sophie Borotra comme directrice des halles de Pau, pour le convaincre que le MoDem ne doit pas donner l’investiture à ce maire catastrophique. Mais malgré ce défavorable alignement de planètes, Max Brisson, qui s’est déjà fait avoir en 2014 en n’imaginant pas que Veunac puisse le battre, ferait bien de se méfier.

Veunac, un chef qui goûte sa propre cuisine.

Quelqu’un pouvait-il imaginer Paul Bocuse renoncer à cuisiner avant que la mort ne l’emporte ? Le pouvoir est une drogue dure et, même si Veunac se laisse parfois aller à dire qu’il ne va pas se représenter histoire que ses proches courtisans lui affirment qu’il est indispensable, il est bien évident que l’animal politique qui dirige la Ville, pour peu que le G7 se déroule sans trop de casse, va se requinquer et annoncer qu’il repart de plus belle. En effet, Veunac affirme à ses proches n’avoir aucun doute sur sa réélection face à une opposition totalement morcelée.

Tous les propriétaires de gargotes à touristes le savent : la rédaction de la carte est bien plus importante pour décider le visiteur à franchir la porte de l’établissement que ce qui est servi dans l’assiette. Avec le marmiton Veunac et ses pas très appétissants brouets présentés à chaque conseil on peut donc craindre le pire. Franchement, vous avez envie d’en reprendre pour six ans ?

Chez les Borotra, on se fait des chèques mais on ne se parle pas

Le système de défense de Didier Borotra pour justifier l’engagement de sa fille à la Cité de l’Océan a paru bien fragile devant la Cour d’appel de Pau.

À la sortie de l’audience, Didier Borotra discute avec quelques soutiens.

Comment reconnait-on quelqu’un qui sort du tribunal, lorsqu’on déambule dans les rues commerçantes de Pau ? À ses oreilles qui traînent par terre de fatigue après quatre heures d’audience ! Entre l’intention et l’action, on le sait, il y a parfois comme un léger décalage. Le maniement du micro, contrairement à la publicité des débats, n’est visiblement pas inscrit au programme des facultés de droit, ce qui est bien dommage.

Si la présidente de la chambre d’appel de Pau, Anne Dufau, captant les signaux de désespoir des nombreux journalistes et membres de l’association RamDam 64-40 venus à l’audience, a fait de louables efforts pour que l’assistance puisse suivre les débats, il n’en a pas été de même de ses collègues masculins, l’avocat général Dominique Boiron ou les avocats de la défense Daniel Lalanne, Jean-Baptiste Bordas ou Alain Astabie, qui, sans doute victimes de quelques poussées de testostérone, se sont sentis obligés de déambuler de long en large devant leurs micros ne permettant de comprendre ce qu’ils disaient que par éclipses. Heureusement, l’histoire racontée à la barre par Didier Borotra, sa fille Sophie et l’ex-directrice de la Cité de l’Océan Françoise Pautrizel est tellement croquignolette que les journalistes ont pu reconstituer toutes les « perles » qui ont jalonné l’audience.

On prend les mêmes et on recommence

Parfois, entre le procès en correctionnelle et celui en appel, les versions évoluent. Parfois les prévenus décident de s’accrocher à leur version, ce qui a été le cas, hier à Pau. D’où un grand sentiment de redite pour ceux qui avaient assisté en janvier 2017 au procès correctionnel à Bayonne où les trois prévenus avaient été relaxés de prise illégale d’intérêt et complicité de prise illégale d’intérêt, avant que le procureur ne fasse appel de la décision.

https://jeanyvesviollier.com/2017/02/01/les-borotra-ces-grands-pudiques/

Seule différence notable, Didier Borotra a paru beaucoup moins flambant qu’il y a deux ans, même si avec ses longs monologues il a souvent agacé les magistrats, tandis que Sophie Borotra et Françoise Pautrizel se sont montrées plus combattives qu’en 2017. Il faut dire que la tâche était rude pour les prévenus : expliquer comment Sophie Borotra, quelques jours après avoir créé son auto-entreprise, a pu signer en septembre 2013 un contrat avec la directrice de la Cité de l’océan, Françoise Pautrizel, sans que son père qui était maire de la Ville et président de la Société d’économie mixte ne soit informé par l’une ou l’autre.

« Guerre civile » à Biarritz

L’argument avancé par Didier Borotra qui aurait découvert « incidemment » en décembre 2013 que sa fille travaillait depuis deux mois à La Cité de l’Océan va faire sourire plus d’un Biarrot. Selon les dires de l’ex-maire « la tension était telle entre ses trois adjoints tous candidats à la mairie » qu’il était pris jour et nuit par « le climat de guerre civile » qui régnait à Biarritz. Les Biarrots ne se souviennent pas avoir vu des chars ou des hommes en armes sillonner les rues de la Ville, mais si notre ex-bon maire le dit…

Et s’il a laissé le contrat de sa fille courir après l’avoir découvert tardivement, c’est uniquement pour ne pas ajouter du trouble au trouble. Une version qui ne convainc nullement l’avocat général Boiron qui demande pourquoi le contrat de Sophie Borotra a alors été renouvelé en mars 2014, passant de 11 000 euros à 24 000 euros, trois semaines avant le retrait définitif de la vie publique du maire.

Grand moment de solitude pour Didier Borotra. Et grands moments de solitude ensuite pour Sophie Borotra et Françoise Pautrizel, la première expliquant que son immense carrière professionnelle justifiait tout à fait ce poste tandis que la seconde, de lin blanc vêtu, affirmait ne pas avoir vu le problème en engageant la fille du maire.

Des affirmations qui ne résistent pas toujours très bien aux investigations menées par la Police judiciaire en novembre et décembre 2015 qui a pu établir que le compte de Sophie Borotra était alimenté de « manière non négligeable » par ses parents au titre de la « solidarité familiale » comme l’a déclaré Didier Borotra aux policiers puisque leur fille récemment revenue d’Amérique du Sud se trouvait sans emploi. Miracle, au moment où elle démarre son activité à la Cité de l’Océan et alors qu’elle n’a officiellement pas informé sa famille de son activité, les parents, avec cet instinct infaillible dès lors qu’il s’agit de leur progéniture, réduisent considérablement la voilure financière pour que leur fille, désormais accablée par un terrible labeur dont on n’a retrouvé nulle trace écrite conserve sensiblement les mêmes revenus. Tout ceci n’est-il pas admirable ?

Sophie la grande muette

Sophie Borotra avec son conseil, maître Jean-Baptiste Bordas.

C’est le moment que choisit fort subtilement la deuxième conseillère Viviane Peyrot pour interroger Sophie Borotra sur ses relations avec ses parents. Un ange passe, car Sophie Borotra voit bien le piège qui lui est tendu : « On ne se voit pas tous les jours, on ne se téléphone pas. Mon père est un bon communicant ici mais pas forcément avec ses proches… Je ne lui ai pas dit d’ailleurs il y a un an que j’avais trouvé un poste à Pau » Autrement dit, si Didier Borotra et Sophie se sont chaleureusement embrassés au bar du Palais et ont mangé ensemble avant l’audience (juste à mes côtés pour leur plus grand plaisir !) c’est uniquement pour amuser la galerie. La réalité c’est que papa fait des chèques à sa fille mais ne parle jamais de rien avec elle et qu’il ne lit pas non plus les journaux puisqu’il ignorait que son grand copain François Bayrou avait nommé sa fille directrice des halles de Pau. On est prié de le croire.

« Des trucs qu’on fait en deux heures de temps »

Il a tout d’un gros chat paisible et endormi, alors qu’il surveille sa proie sous sa paupière mi-close. S’il n’impressionne pas par son physique, l’avocat-général Dominique Boiron doit compter quelques concours d’éloquence à son actif, car il possède à l’évidence l’arme fatale des prétoires, le mot qui tue. Au point que les trois avocats de la défense après son intervention, pédaleront comme des coureurs du Tour de France pour tenter d’estomper son intervention et déploreront unanimement « la férocité » du réquisitoire.

D’entrée l’avocat général note « qu’il se passe de drôles de choses sur la Côte basque et qu’un certain nombre d’élus locaux se croient tout permis » estimant que c’est « se moquer du monde » quand on est sénateur et qu’on fait la loi de ne pas savoir qu’une convention avec une personne doit être soumise à l’autorisation du conseil d’administration. Dominique Boiron évoque ensuite le rapport de la Chambre régionale des Comptes et les anomalies constatées à propos de la Cité de l’Océan puis s’étonne que « le tribunal de Bayonne ait avalé la couleuvre » en relaxant les prévenus. Pour lui, « personne n’a été impressionné par la compétence de Madame Borotra. Madame Pautrizel qui cherchait à faire des économies est tombé par hasard sur Madame Borotra, alors qu’il existe 210 cabinets de conseil et gestion à Biarritz » L’avocat général note aussi que le contrat en lui-même ne contient pas la moindre contrainte imposée. Quant à la réalité du travail effectué « des économies sur le téléphone et l’assurance », il se déchaîne : « Des trucs qu’on fait en deux heures dans un bureau deviennent l’essentiel de la mission de Madame Borotra ! » estimant même qu’on est « dans la logique du site les furets.com qui consiste à gagner quelques euros. »

Fort logiquement, tandis que les avocats de la défense s’efforcent de démontrer que le jugement de relaxe à Bayonne était parfaitement équitable, l’avocat général réclame 12 mois de prison avec sursis et 35 000 euros d’amende pour Didier Borotra, avec interdiction des droits civiques pendant cinq ans, 4 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour Sophie Borotra et Françoise Pautrizel.

La décision sera connue le 29 août prochain.

Deux grands absents à ce procès

Depuis 2015 Didier Borotra et Guy Lafite ne s’aiment plus et ils ont quelques raisons pour cela. C’est en effet notre grand argentier en pull cachemire qui aurait paniqué et informé Sud Ouest que derrière l’agence AGC se cachait Sophie Borotra. Le procès-verbal d’audition de Madame Pautrizel est très éloquent. Si elle affirme ne pas avoir informé Didier Borotra du recrutement de sa fille, elle est très claire, en ce qui concerne le nouveau maire annonçant avoir prévenu Michel Veunac, devenu président de la SEM Cité de l’Océan, de la situation dès son élection.

Dans ces conditions, puisque le contrat a continué pendant presque un an, alors que tout prouve que Michel Veunac et Guy Lafite étaient parfaitement informés, on peut se demander pourquoi ils n’ont pas été inculpés de complicité de prise illégale d’intérêt.

Et si les deux compères ne savaient pas que Sophie Borotra travaillait pour la Cité de l’Océan, comme ils l’ont dit à l’époque dans Sud Ouest, ces deux élus soucieux des deniers publics auraient dû se porter partie civile pour réclamer au nom de la Ville le remboursement des deniers indûment perçus.

Mais « Mimi-La-Malice » et « La Faillite-nous-voilà !»  sont tellement occupés à cajoler Macron qu’ils n’ont plus le temps de rien… Et puis, avec 35 000 euros, on fait quoi de nos jours ?

Sur le sujet, lire aussi :

https://jeanyvesviollier.com/2017/02/02/contrat-de-sophie-borotra-veunac-savait/

https://jeanyvesviollier.com/2018/12/09/didier-borotra-lhomme-a-qui-on-cachait-tout/

Trois petits anges égarés au tribunal

 

Accusés d’avoir favorisé la sœur du maire, les trois élus dacquois ont fait un grand numéro au tribunal correctionnel de Bayonne. Une affaire qui rappelle celle de Sophie Borotra travaillant pour papa à la Cité de l’Océan.

De gauche à droite, André Drouin, adjoint aux Finances, Élisabeth Bonjean, actuelle maire de Dax et Gabriel Bellocq, maire de Dax au moment des faits.

Rien n’est plus touchant qu’un élu cherchant à convaincre le tribunal de sa bonne foi. Gabriel Bellocq, maire de Dax au moment des faits : « J’étais dans le décisionnel pas dans l’opérationnel » Sous-entendu, j’étais maire mais je ne savais pas ce qui se passait à l’Office de Tourisme. Élisabeth Bonjean, première adjointe à l’époque, devenue maire en 2016 : « J’étais en Nouvelle-Zélande à l’époque des faits. J’ai vaguement su que ma sœur postulait pour une mission à l’Office de Tourisme et ne m’en suis pas inquiétée plus que cela ». André Drouin, chargé des Finances, et supérieur direct de la directrice de l’Office de Tourisme : « Personne n’a dit que c’était sa sœur, mais personne ne l’a caché » Encore un élu spécialiste en sémantique et désinvolture publique !

Car, derrière les belles déclarations d’intention, les faits sont têtus. Revenue de Loire-Atlantique pour s’installer au Pays Basque, Joelle Burgau de la Tullaye, sœur d’Elisabeth Bonjean, avait crée une société d’import-export de produits australiens, nommé « Naturabilis ». Le chiffre d’affaires de cette société parle de lui-même. 1700 euros annuels en 2011, 16 000 euros en 2012 et 17 000 euros en 2013, années où un miraculeux contrat  de 25 916 euros hors taxes avec l’Office de Tourisme dacquois est venu arrondir les fins de mois, puis 1060 euros annuels en 2014.

Bien entendu, les trois élus cités n’hésitent pas à accabler les services et particulièrement la directrice de l’Office de Tourisme, « incompétente et seule décisionnaire pour les marchés de moins de 90 000 euros ». Cette fois encore, comme le rappellent le président Gérard Denard puis le procureur Samuel Vuelta-Simon, les faits mettent à mal les affirmations des prévenus. Six entreprises avaient postulé à l’appel d’offres de l’Office de Tourisme et c’est Naturabilis, la moins bien classée de toutes avec 23 points sur 100, qui avait remporté le marché.

Ils ont tout appris par voie de presse

À en croire le trio d’élus, la décision incombait aux services et ils ne s’en sont pas mêlés. Sauf que la police judiciaire chargée de l’enquête a recensé 427 SMS comminatoires et suaves d’André Drouin, adressés à la directrice de l’Office du Tourisme, du genre « Fais pas chier ! », « Et ce cahier des charges, il est rédigé ? », « Tu as l’impression que je t’impose quelque chose… » et ce magnifique « Si elle ne s’exécute pas, c’est moi qui l’exécute ! »

Visiblement, la directrice de l’Office du Tourisme a tout fait pour que Naturabilis n’obtienne pas le marché. « Je refuse de faire le sale boulot. Encore une magouille ! » écrit-elle à une collègue. Aux policiers qui l’interrogent, elle déclare : « Drouin m’a dit que je devais choisir cette offre et c’est tout ! ». La directrice raconte aussi « J’ai pris rendez-vous avec le maire. Il m’a reçu et donné l’ordre de signer dès le lendemain… Et que je ne m’avise pas d’être en arrêt maladie ! ».

 Gabriel Bellocq ne nie pas cette réunion avec la directrice mais, par malchance, sur tout ce dossier, il a la mémoire qui flanche : « Je n’ai jamais su avant l’attribution du marché que la lauréate était la sœur de ma Première adjointe. Ce n’est que cinq ans après que j’ai découvert par voie de presse ce qui m’a conduit ici ». Même trou de mémoire pour Élisabeth Bonjean : « J’étais destinataire en copie des messages concernant ma sœur, mais je reçois tellement de mails que je ne peux pas prêter attention à tout. J’ai tout découvert par la presse en 2017. J’ai peu de souvenirs précis et à aucun moment je n’ai été l’entremetteuse. »

Des arguments qui ne convainquent pas le Procureur de la République, Samuel Vuelta-Simon, qui au terme d’un réquisitoire tranchant – « Les trois prévenus ont sciemment faussé le jeu dans un marché public » – réclame pour favoritisme et prise illégale d’intérêt une condamnation à six mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour Gabriel Bellocq et Élisabeth Bonjean, trois mois avec sursis, 20 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité pour le second couteau André Drouin et 15 000 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité pour Joelle Burgau de la Tullaye.

Les quatre avocats des prévenus, après cette démonstration implacable du procureur, ont sans doute connu des jours d’audience plus faciles, même si, sans surprise, ils ont plaidé la relaxe de leurs clients, victimes d’un « complotisme judiciaire ». Et le malaise grandit quand maître Bellegarde, avocat de Gabriel Bellocq, se tourne vers l’assistance pour répéter à plusieurs reprises : « Est-ce que Gabriel Bellocq est stupide ? » Poser la question, maître, c’est parfois déjà y répondre.

Verdict le 5 mars 2019.

Didier Borotra, l’homme à qui on cachait tout

Didier Borotra a réussi à convaincre les juges bayonnais qu’il n’était pas au courant de l’engagement de sa fille au sein de La Cité de l’Océan qu’il présidait. Les juges de la Cour d’appel de Pau seront-ils du même avis, mardi prochain ?

(Photo Sud Ouest)

 Jean-Philippe Ségot m’a interviewé dans La Semaine du Pays basque datée du 7 décembre 2018. Voici l’intégralité de l’entretien.

– Dans quelques jours, à Pau, aura lieu le procès en appel de ce que l’on appelle « L’Affaire Borotra ». Qui est à l’initiative de cet appel devant le tribunal correctionnel ?

Il convient d’abord de rendre à Sud Ouest ce qui revient à Sud Ouest. C’est un article publié par Muriel Bonneville le 7 février 2015 et intitulé « Le flou règne sur l’étude de recherche d’économies » qui me décide à passer à l’action. J’avais eu vent d’un conseil d’administration de la société d’économie mixte de la Cité de l’Océan très houleux où un administrateur avait parlé de « folie qui pouvait envoyer tout le monde en prison ». Dix minutes après la lecture de l’article, j’ai le bon réflexe de téléphoner à la directrice de la Cité de l’Océan pour avoir communication des écrits rédigés par Sophie Borotra dans le cadre de son contrat. La réponse de la directrice, Madame Pautrizel, est journalistiquement inespérée : « Cette jeune femme n’a pas de bureau chez nous et n’a pas rédigé de rapport. Mais elle nous a fait des préconisations orales très pertinentes ».  A partir de cette réponse, qui ne permettait plus de produire devant la Justice des documents postdatés, j’étais quasiment sûr que ce contrat était suspect. Le réseau mis en place depuis la création de « Bisque, Bisque, Basque ! », en juillet 2013, a fonctionné et m’a donné des éléments supplémentaires. Ce qui m’a décidé à aller voir un avocat, maître Malherbe, et à porter plainte sur ses conseils pour prise illégale d’intérêt.

– En quoi consiste précisément cette affaire qui réunit Borotra père et fille, et l’ancienne directrice de Biarritz Océan, devant le tribunal ?

– En septembre 2013, alors que Sophie Borotra, fille de Didier, vient de rentrer en France pour mettre au monde un enfant, elle crée une société AGC et propose « spontanément » ses services à la Cité de l’Océan « sans en parler à son père ». Six jours plus tard, elle signe un contrat avec la Cité de l’Océan pour une étude de « recherche d’économie » (Alors qu’un contrat avec Suez existait déjà !) et son père, quand il l’apprendra, se déclarera « très contrarié », selon ses dires à la barre du tribunal correctionnel de Bayonne… Ce qui ne l’empêchera pas de laisser sa fille poursuivre le contrat. Tout cela est difficile à croire. D’autant plus que les investigations policières ont montré que Sophie Borotra touchait de la Cité de l’Océan une somme mensuelle qui correspondait exactement à ce que lui donnait sa famille, au titre de la « solidarité familiale » quand elle était au chômage.

– Où est la limite entre légalité et illégalité dans ce genre de comportement ?

C’est à la Justice et à personne d’autre de l’établir. Je suis donc allé voir maître Malherbe pour savoir si la prise illégale d’intérêt était « une vue de l’esprit ». Non seulement, il a abondé dans mon sens, mais a refusé de se faire payer puisque Bisque, Bisque, Basque ! est un blog gratuit et citoyen. Le 25 juin 2015, le procureur décide d’ouvrir une enquête. Le 8 décembre 2015, Didier Borotra, Sophie Borotra et Françoise Pautrizel sont interrogés par la police avant d’être convoqués au tribunal correctionnel le 31 janvier 2017, pour prise illégale d’intérêt et complicité de prise illégale d’intérêt.

– Quelles furent les motivations du tribunal correctionnel de Bayonne, en première instance, pour rendre un jugement disculpant les Borotra et Madame Pautrizel ?

Mystères de la Justice ! J’ai trouvé remarquable l’audience qui a duré plus de trois heures. Le président Gérard Denart comme le procureur Samuel Vuelta-Simon maitrisaient parfaitement leur dossier. Au passage, on en a appris des belles. Malmenée par les juges sur son maigre bagage professionnel, Sophie Borotra a lâché qu’elle avait été assistante parlementaire de son père, sénateur. Alors qu’elle vivait en Amérique du Sud ! À la fin de l’audience, tous les confrères sont venus me voir pour me dire à quel point ils étaient persuadés que le trio allait être lourdement condamné. Il faut croire que le tribunal a cru plausible cette version voulant que Françoise Pautrizel ait engagé la fille de son président sans lui en parler, puisque le trio a été relaxé. Heureusement, le procureur a immédiatement fait appel d’où ce nouveau procès en cour d’appel de Pau, le 11 décembre prochain. Pour ma part, je suis débouté comme partie civile, ce qui m’arrange car je retrouve ainsi ma liberté d’écrire sur le sujet.

 – Vous êtes à l’origine de la révélation de cette affaire. Comment en avez-vous eu vent et comment avez-vous pu enquêter ? Avez-vous subi des pressions au cours de votre enquête ? En subissez-vous parfois ? De quelles sortes ?

Je travaille avec des réseaux très solides et difficilement identifiables, ce qui agace bien l’actuelle mairie je crois. Pourvu qu’un jour je ne devienne pas gâteux et me mette à lâcher des noms d’informateur, car je crois que beaucoup tomberaient de leurs chaises ! Des pressions, des menaces de procès, j’en subis continuellement. Tout cela fait partie de la vie d’un journaliste et me laisse assez indifférent.

– Une affaire qui pour vous est révélatrice de la défiance des citoyens face à certains hommes politiques et à cette fameuse expression « Tous des voleurs » ?

Je déteste l’expression « Tous des voleurs ! » ou « Tous pourris ! », car il y a une majorité d’élus qui font bien leur travail. En revanche, existait un « système » qui se poursuit encore aujourd’hui, de passe-droits et de copinages, tout à fait inadmissible. Lorsque Steven Holl, qui était l’architecte le plus cher, s’est vu confier la conception de la Cité de l’Océan, il s’est immédiatement fait assister par un cabinet d’architectes bayonnais où travaillait… Laurent Borotra, ce qui est plus que limite. Et des histoires comme cela, j’en ai encore et encore !

– Cette affaire, votre rôle de lanceur d’alerte, a-t-elle été à l’origine de votre envie de fonder avec quelques citoyens votre association « RamDam » ? Ou en est cette association quelques mois après sa naissance ?

– Effectivement, c’est grâce à Didier Borotra que s’est créé RamDam 64-40. Peut-être devrions-nous en faire notre président d’honneur ? Dans le procès Borotra, j’ai sollicité Anticor, dont j’étais membre, pour être partie civile. Et là, courage fuyons ! Mais j’avais repéré dans l’association des citoyens remarquables, des gens de terrain qui menaient dans leurs villes, que ce soit à Ciboure, Saint-Jean-de-Luz, Urrugne, Lahonce ou Ondres, des combats édifiants. Comme nous étions d’accord sur la « nécessaire moralisation de la vie publique » mais totalement opposés politiquement, nous nous sommes laissés un an pour voir si nous arrivions à fonctionner. La réponse est clairement oui. RamDam 64-40, c’est comme une équipe de rugby, il y a des grands et des petits, des impulsifs et des réfléchis, des gens de droite et d’autres de gauche. Lors de notre première réunion publique en septembre 2018, à la maison des Associations de Biarritz, nous nous sommes retrouvés avec une vingtaine de personnes debout tant la salle était bondée. Et dans la foulée, une cinquantaine de personnes ont signé un chèque pour devenir sympathisants de l’association, ce qui montre bien qu’il y a un problème de confiance entre les citoyens et les élus. Comme je le répète à nos nouveaux adhérents : « Soyez économes de votre vindicte, il y a tellement de politiques nécessiteux ! »

– Finalement, un ancien journaliste du Canard Enchainé est incorrigible, non ? Jamais à la retraite…

Tout le monde sait ce que je pense de Veunac et Lafite. Je rêve de m’arrêter, mais tant qu’ils seront aux manettes, je les combattrai, car ils incarnent tout ce que je déteste en politique.