Journal d’un buté de campagne (5)

Veunac en lévitation, Aldigé en élucubration

Michel Veunac est désormais persuadé qu’il va gagner l’élection, tandis que Jean-Baptiste Aldigé se distingue une fois de plus.

Les pieds de Michel Veunac ne touchaient plus terre, mercredi soir au sortir du conseil municipal après le vote, sans grande difficulté, des trois délibérations « consultatives » en faveur du BO. Et comme Mimi-La-Malice n’a même pas la reconnaissance du bulletin de vote, il ne se montrait pas tendre envers les Arostéguy, Tardits ou Saint-Cricq qui avaient pourtant voté comme le maire : « Ils veulent me piquer la place, mais il faudrait d’abord qu’ils apprennent à faire de la politique ». Et donc à s’abstenir quand Veunac sort les grosses ficelles. Face à sa garde rapprochée, le septuagénaire a écharpe tricolore se montrait encore plus enthousiaste : « Un vote comme celui-là nous fait gagner au minimum mille voix. Je suis désormais certain d’être réélu ». Et quand un de ses proches évoque devant lui la capacité de nuisance du président Aldigé, il éclate de rire : « Quand j’aurai six ans devant moi, on verra bien ce que je décide. Les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient ».  Il ne reste plus à Aldigé qu’à différer de six ans l’assemblée générale où il menace de dissoudre le BO.

LA DOUCHE FROIDE. Malheureusement pour Notre-maire-que-la-terre-entière-nous-envie l’euphorie a été de courte durée. Jeudi 13 février à 18 heures, se tenait une réunion publique au casino Bellevue organisé par Michel Veunac, ses boys et ses girls et les chaises vides étaient légion. À peine 75 personnes étaient présentes, ce qui ne fait pas lourd si on ôte les 25 colistiers de Mimi-Imperator qui avaient daigné se déplacer. Et encore au vu de la moyenne d’âge des participants, on pouvait presque croire à une sortie organisée par les maisons de retraite de la ville. Il existe donc encore quelques mémés amoureuses de notre beau maire.

MAÏDER REFUSE DU MONDE. – Presque au même moment, Maïder Arostéguy présentait sa liste au Colisée, à 18 h 30 précisément. À 18 h 10, les 189 places assises de la salle de spectacle étaient occupées et une quarantaine de personnes s’étaient installées debout derrière les sièges ou dans les travées. Au point que le régisseur a ordonné la fermeture des portes pour des raisons de sécurité. Voilà qui va faire des envieux.

BARUCQ, LE GRAND VAINQUEUR. – Il nous avait tellement habitué à ménager le Guy et le Michel, à prôner le « Aimons-nous les uns les autres », et à la jouer « Bisounours », que le docteur Barucq a surpris tout son monde avec une intervention très ferme contre les délibérations présentées par Mimi-La-Malice. Si François Amigorena ou Nathalie Motsch ont été très bons mais dans un registre prévisible, l’intervention du docteur à catogan a visiblement marqué les esprits des Biarrots qui n’ont parlé que de lui pendant trois jours aux halles.

LES PILULES MAGIQUES D’HERVÉ BOISSIER. – Très commentées aussi, les interventions de Brigitte Pradier et Maialen Etcheverry, deux conseillères municipales qui interviennent assez peu, mais qui ont fait preuve de beaucoup de détermination dans leurs propos, la première déplorant les « menaces sur des élus qui posent des questions d’élus » et la seconde rappelant combien « elle voit de Biarrots en difficulté ». Mais la rock star de la soirée a été sans conteste Hervé Boissier qui pour sa dernière intervention s’est offert un feu d’artifice verbal à l’encontre de Veunac. Et tout le monde d’évoquer son allusion au film de Francesco Rossi « Main basse sur la Ville » et de se demander s’il n’a pas quelques pilules magiques à refiler à Michel Veunac, histoire de lui redonner un peu de tonus.

ALDIGÉ SE DISTINGUE. – La semaine aurait pu être excellente pour Jean-Baptiste Aldigé. Victoire mercredi au conseil municipal où le président du BO, général Pinatel à ses côtés, est venu mettre un coup de pression aux élus et victoire du club qu’il dirige vendredi à Vannes. Mais se faire oublier n’est pas le genre du personnage. Alors que Guillaume Barucq se félicitait de la victoire du BO, le très diplomate président lui a répondu en langage fleuri : « Comment peux-tu oser pointer ton nez ici ? Elle est pour toi et ta copine Amigorena ce soir #fossoyeurs ». On savourera la façon dont le président s’adresse aux élus. Et parler de « ta copine Amigorena » quand on a soi-même porté plainte pour homophobie contre des supporters bayonnais est d’un bon goût exquis.

DES ÉLUS À INDIGNATION VARIABLE. – La liste abertzale, verte, insoumise emmenée par Brice Morin a fermement réagi aux propos du président du BO : « Biarritz ne devrait pas avoir à traiter avec pareil personnage ». Presque tous les candidats ont officiellement exprimé leur désaccord absolu avec les propos tenus. Sauf erreur de Bisque, Bisque, Basque ! trois têtes de liste se sont pourtant gardés de manifester officiellement leur solidarité républicaine avec les deux élus insultés : Michel Veunac, Maïder Arostéguy et Jean-Benoît Saint-Cricq. Pas très glorieux. Mais quand on accepte le chantage d’un président le mercredi, voilà où cela conduit le samedi.

LE PROMENEUR SOLITAIRE D’ANGLET. – Dimanche en début d’après-midi, Didier Guillaume profitait du beau temps au-dessus du VVF d’Anglet du côté de « Kostaldea ». Curieusement, personne ne l’a vu ce week-end du côté des halles de Biarritz qu’il affectionnait tant il y a peu encore. C’est sûrement parce qu’il ne voulait pas évoquer le cas de Benjamin Griveaux…

DU JEAN LASSALLE EN SAINT-CRICQ. – Jean Lassalle a l’art de faire pleurer de rire les députés même s’ils ne sont pas de son bord politique. Dans ce genre d’exercice, l’avocat biarrot Jean-Benoît Saint-Cricq n’est pas mal non plus et le récit du « mur de la honte » bâti juste en face de son cabinet a fait passer un bon moment au conseil municipal. Dans le bâtiment art déco de la poste, les services de la Ville ont décidé en toute simplicité de transformer une fenêtre en porte d’accès de la police municipale. Mais ils n’avaient pas tenu compte de la pente assez marquée de la rue Jaulery. Il a donc fallu « décaisser le trottoir » et pour que les piétons ne tombent pas bâtir un mur protecteur. Surprise de l’avocat venu avec sa colistière Pierrette Echeverria consulter le permis de construire à la mairie.  Rien, nada, que pouic, et gros embarras des services concernés. « C’est Ubu-roi. On est en pleine science-fiction. Quelqu’un qui ferait ça, se retrouverait en correctionnelle à l’initiative du maire » a asséné l’avocat. « Une erreur des services en voie de règlement, a rétorqué Mimi-Imperator avant de rajouter : Je vais réfléchir à porter plainte contre moi-même. » Et il trouve ça drôle ?

UN BEAU RENFORT POUR KARIM GUERDANE. – La petite musique sociale de la liste « Biarritz bonheur » emmenée par Karim Guerdane a attiré l’attention du parti socialiste, qui a proposé son soutien au candidat. « Et on ne m’a pas posé la moindre condition » affirme le journaliste. Les derniers socialistes en carte, avec à leur tête Laurent Riberolles, devraient donc faire partie de la liste Biarritz Bonheur qui sera dévoilée la semaine prochaine.

GARE À LA BRASSE COULÉE. – Marine Batiste revient sur la promesse qu’avait faite Veunac en 2014 et qu’il n’a jamais tenue : la construction d’une piscine olympique. Une excellente idée qui enchanterait tous les Biarrots. Seul hic : en 2014, la décision n’appartenait qu’à la Ville, elle appartient désormais (comme pour les terrains d’Aguilera) à la communauté d’Agglo du Pays basque. Mais nul doute que les conseillers communautaires ne verseront pas une larme si Veunac venait à partir.

Journal d’un buté de campagne (4)

Un hold-up signé Veunac

Une délibération scandaleuse à cinq semaines de la fin du mandat, une pétition à signer d’urgence, des bagarres de cour d’école, ainsi va la vie électorale à Biarritz.

Trouvez-moi en France un maire, un seul, qui comme Michel Veunac soit en train d’engager sa ville à hauteur de 12 millions d’euros à cinq semaines de la fin de son mandat et je vous promets que Bisque, Bisque, Basque ! cessera de dire du mal du premier magistrat de Biarritz pour se consacrer à la rédaction d’un ouvrage en vingt-cinq tomes intitulé « Les très riches heures du duc Michel de Biarritz comblant de bienfaits sa population en pâmoison devant lui ».

Mercredi 12 février prochain, trois délibérations seront consacrées à l’aménagement d’Aguilera. Officiellement, elles seront consultatives, mais en réalité elles engagent l’avenir de la Ville. Il est totalement scandaleux de faire prendre à un conseil municipal de telles décisions au bout de cinq ans et onze mois de mandat, alors qu’à l’évidence cette décision doit appartenir à l’équipe qui sera élue le 22 mars prochain.

Et qu’on ne vienne pas nous dire que le sauvetage du BO ne peut être opéré que le 12 février, ce qui expliquerait cette précipitation ! Que la construction du centre de formation, pour un budget de 12 millions d’euros, soit plus d’un an de la capacité d’investissement de la Ville, ne peut attendre six semaines de plus, le temps que la nouvelle équipe élue se mette en place et prenne une décision sereine. Qu’on ne vienne pas m’affirmer qu’il y a des élus qui souhaitent la fin du BO, même si, ce qui est logique, les avis des élus divergent sur les solutions à apporter pour réduire le déficit chronique du club.

Maïder Arostéguy, Jean-Benoît Saint-Cricq et quelques autres semblent penser que la solution proposée est la bonne, ce qui est parfaitement leur droit. En revanche, au vu du nouvel attentat démocratique que vient d’organiser Michel Veunac, tous les élus dignes de ce nom doivent se révolter en refusant d’avaliser mercredi à la va-vite une décision qui doit être discutée dans un climat autrement apaisé. Voter mercredi les trois délibérations, c’est cautionner les pratiques anti-démocratiques de Veunac.

En organisant son assemblée générale le 3 mars prochain et en menaçant de mettre en liquidation judiciaire le BO, Jean-Baptiste Aldigé, soutenu par la famille Gave, sait parfaitement ce qu’il fait : il met la pression sur Michel Veunac qu’il accuse de l’avoir promené ces derniers mois. Et comme Veunac caresse encore l’espoir insensé d’être réélu et a bien conscience d’avoir un pistolet braqué sur la tempe, il essaie à coup de décisions de dernière minute de calmer la colère des dirigeants du BO et des manifestants qui ne manqueront pas de s’agglutiner mercredi devant la mairie.

Même si on adore le rugby et le BO, l’attitude de chaque élu.e, sa complaisance ou sa fermeté seront examinées de près par tous les Biarrots. La future élection municipale pourrait très bien se jouer le 12 février.

Car clairement, on ne répond pas quand on est élu à un chantage par un autre chantage.

LA PÉTITION QUI S’IMPOSE. – François Amigorena a été le premier à se révolter contre le nouveau coup de force de Michel Veunac. Samedi après-midi, il a lancé une pétition pour que Michel Veunac retire les trois délibérations concernant le BO : « Quand les Biarrots peinent à se loger, quand notre voirie et nos trottoirs sont tristement dégradés, quand les écoles de nos enfants nécessitent des rénovations urgentes, quand nos transports collectifs sont largement défaillants, quand la qualité de nos eaux de baignade est constamment menacée », le centre de formation à 12 millions d’euros est-il «  un investissement prioritaire ? De plus, les élus de Biarritz n’ont eu droit qu’à une Commission Générale d’une durée de 2h30 pour prendre connaissance de l’ensemble de ces éléments. À un mois à peine des prochaines élections municipales, il s’agit d’un véritable hold-up démocratique. »

Une pétition qui devrait être signée par tous les Biarrots respectueux de la démocratie, histoire d’envoyer un signal fort à la mairie.

https://www.change.org/p/michel-veunac-m-veunac-retirez-les-3-d%C3%A9lib%C3%A9rations-bopb-conseil-municipal-de-biarritz-du-12-02-2020?recruiter=477519246&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

TOUJOURS AUSSI BUTÉ ! – Plusieurs lecteurs se sont étonnés de l’appellation de cette rubrique : « Journal d’un buté de campagne ». Outre la ressemblance avec le « Journal d’un curé de campagne » de Georges Bernanos, publié en 1936 et dont pas grand monde visiblement ne se souvient, ce titre a été choisi parce que depuis six ans, Bisque, Bisque, Basque ! s’efforce de vous démontrer à quel point Michel Veunac est une catastrophe pour la Ville. N’attendez pas de ce blog des consignes de vote en faveur de tel ou tel, juste un combat d’un journaliste d’opinion, du genre buté de chez buté, pour que l’actuel maire de Biarritz se consacre à sa famille dès le 23 mars 2020.

INCESSANTES CHAMAILLERIES. – Lorsqu’ils se sont déclarés candidats, tous les prétendants ont affirmé qu’ils ne se présentaient pas par ambition personnelle mais pour mettre fin au mandat calamiteux de Michel Veunac. Et tous ont affirmé qu’ils ne taperaient pas sur leurs rivaux électoraux.  Mais comme il se passe toujours quelque chose à Biarritz, Maïder Arostéguy a réussi au même moment à être annoncée en tête du sondage organisé par Sud Ouest et France Bleu et à se saborder avec une phrase pour le moins malencontreuse à un journaliste de Mediapart sur la famille Gave qui n’aurait pas construit « Auschwitz ni Buchenwald ».  Un propos que la candidate des Républicains a immédiatement regretté. Ce qui n’a pas empêché tous ses rivaux électoraux de se déchaîner contre elle, malgré les promesses faites de non-agression. Et qui s’est frotté les mains en se disant qu’on l’oubliait pendant une semaine ? Mimi-La-Malice ! S’il est réélu, quelques examens de conscience vont être nécessaires.

LE SIGNE QUI NE TROMPE PAS – En 2014, La Semaine du Pays basque qui avait pris fait et cause pour Max Brisson pendant la campagne avait surpris tout son monde : une semaine après son élection, l’hebdomadaire local qualifiait Michel Veunac d’homme « humaniste et moderne », deux qualités qui laissaient un peu perplexes les lecteurs de l’époque. Dans le numéro daté du 7 février 2020, où un récit nuancé et intelligent est effectué du dérapage verbal de Maïder Arostéguy, la candidate soutenue par Max Brisson est qualifiée de femme « humaniste et tolérante ». Si La Semaine du Pays basque rajoute « moderne » dans son prochain numéro, aucun doute possible, Maïder va être élue.

BARUCQ DÉMISSIONNAIRE ? – L’entourage proche affirmait sous le sceau du secret, la semaine dernière que Guillaume Barucq, avait enfin pris sa décision et qu’il allait annoncer lors du conseil municipal du 12 février sa démission de son poste d’adjoint. Compte tenu des prévisibles turbulences du prochain conseil, rien n’est encore fait. Les mauvais esprits diront que l’adjoint vert n’aura pas perdu trop d’argent en abandonnant ses fonctions quatre semaines avant la fin du mandat, quand les optimistes estimeront que mieux vaut tard que jamais.

CANTINE ÉLECTORALE. – Benoît Hamon, avec sa proposition de revenu universel lors de la campagne présidentielle de 2017, avait dérouté tous ses plus fidèles soutiens, car il avait été bien incapable de chiffrer sa proposition et d’expliquer comment il pensait la financer. Toutes proportions gardées, Guillaume Barucq vient de faire de même la semaine dernière avec sa proposition de cantine gratuite pour tous les petits Biarrots. L’idée est loin d’être idiote, mais pourquoi l’annoncer en février 2020 quand on s’est déclaré en septembre 2019 et pourquoi ne pas étayer cette proposition par des chiffres sur les revenus moyens des parents d’enfants d’écoles primaires ?

SAINT-CRICQ ASSAISONNE VEUNAC. – Lors de la réunion publique tenue au Maitena café, le jeudi 6 février, Jean-Benoît Saint-Cricq a réuni une belle chambrée d’une soixantaine de personnes. Derrière les figures imposées comme la sécurité, les navettes ou la saleté des rues, le candidat a surpris beaucoup de monde en tapant très fort contre le maire sortant. « Ce qui caractérise l’équipe sortante, c’est sa grande indécision. Michel Veunac ne sait pas trancher (…) Quand je pense que cette personne a la prétention de vouloir être maire ». Les années passent et les discours changent…

BIEN MALIN QUI SAURA. – Mais quand on demande à Jean-Benoît Saint-Cricq qui il choisira au soir du premier tour si par malheur il n’arrivait pas en tête, entre « la personne qui ne sait pas trancher » ou « l’ancienne colistière qui a fait du chemin depuis », ou même un autre candidat car une surprise est toujours possible, Jean-Benoît botte en touche avec une habileté que ne renierait pas l’ouvreur du XV de France Romain Ntamack : « Je ne peux pas m’imaginer autrement qu’en tête le 15 mars au soir »… Nous voilà bien avancés.

DAGUERRE LASSE. – Élue discrète mais saluée unanimement pour ses compétences, Régine Daguerre, adjointe à la prévention sociale, avait décidé de rejoindre la liste de Didier Guillaume, qui lui paraissait la mieux à même de défendre Biarritz. La volte-face du ministre ne lui cause pas d’états d’âme. Médecin de sensibilité abertzale, l’élue met fin, provisoirement peut-être, à sa vie politique : « J’arrête là. Je n’irai pas me vendre, ça ne fait pas partie de mes valeurs.  D’autres l’ont fait ou le feront. Je leur laisse. » Des noms ! Des noms !

UN MAIRE LUCIDE. – À 74 ans, ce maire estime qu’il est plus que temps de passer la main. Rassurez-vous, il ne s’agit pas de notre Michel-Veunac-rien-qu’à-nous-que-la-terre-entière-nous-envie, mais de Jacques Cassiau-Haurie, le maire de Biron qui estime que l’heure de la retraite a largement sonné pour lui. Dire qu’il existe des maires parfaitement lucides ailleurs qu’à Biarritz !

LE CHAMPION DES RÉSEAUX SOCIAUX. – Ne cherchez pas trop les traces de Michel Veunac sur les réseaux sociaux. Avec son équipe de « geeks » rassemblés autour d’un minitel, le maire actuel a visiblement décidé d’abandonner à d’autres la bataille des réseaux sociaux. Quatre tweets en deux mois, c’est un peu à l’image de ce maire qui a différé tout le mandat les décisions à prendre et qui souhaite qu’elles soient votées le 12 février à quatre semaines du premier tour des élections municipales.

Journal d’un buté de campagne (3)

Les cocus au balcon… puis au téléphon

Un ministre aux colistiers absents, des « sans liste » qui cherchent fortune ailleurs, un Veunac KO debout, une Maïder prudente, récit d’une folle semaine biarrote.

DÉNI TOTAL. – Mercredi soir 29 janvier, après l’annonce du retrait des deux ministres, les journalistes locaux se sont précipités pour interviewer les colistiers de Didier Guillaume. Ces derniers, malgré l’information relayée par tous les médias, soutenaient que leur héros allait démissionner dès le lendemain du ministère de l’Agriculture. Pour preuve « il a prévu une réunion publique ce vendredi » Las, le jeudi a permis de constater que l’abandon de Biarritz par le toujours ministre était effectif et que ni Lafite ni Brisson ne se montraient très enthousiastes pour devenir tête de liste. Tous alors de se précipiter vendredi matin, en fonction des affinités, au téléphone pour tenter de trouver place sur une liste encore prête à les accueillir. Les convictions, il n’y a que ça de vrai.  

LES VALISES ÉTAIENT PRÊTES. – Après son entretien mardi avec Emmanuel Macron, Didier Guillaume s’était montré catégorique auprès de ses soutiens : ses valises étaient prêtes, son aller-simple Paris-Biarritz en avion retenu pour mercredi soir, « où il arrivait à plein temps », la réunion prévue avec LaRem devant être une simple formalité. Sauf que notre ministre de l’Agriculture commençait à avoir de sérieux doutes depuis 10 jours. Ses poissons-pilote Michel Poueyts et Guy Lafite lui avaient parlé d’une ville qui n’attendait que lui et promis des salles combles à chacune de ses sorties. La réalité s’était montrée toute autre et de son propre aveu, Didier Guillaume reconnaissait que « l’élection allait être difficile à gagner ». Sur ce, le 24 janvier, le ministre de l’Agriculture apprend que son grand copain Michel Poueyts est mis en examen pour corruption dans une affaire de trafics de billets de rugby. Misant sur la présomption d’innocence, Guillaume décide malgré tout de continuer. Avant de découvrir que le procès du fonctionnaire en prison qui rénovait les permis de conduire contre des places de rugby se tiendra le 11 février prochain à Pau. Avec le risque que le cas de son copain Poueyts qui jure de son innocence sur sa page Facebook soit largement cité par la presse. Voilà comment l’agriculture française a gardé son grand homme.

LA « FRONDINETTE » DE LEMOYNE. – Lors de la réunion de LaRem où devait se traiter les cas des deux ministres concurrents à Biarritz mais aussi celui de Cédric Villani, tout le monde s’attendait à ce que les difficultés proviennent de Didier Guillaume, bien décidé à démissionner. En fait le ministre de l’Agriculture a assez vite abdiqué pour les raisons expliquées un peu plus haut. En revanche, c’est Jean-Baptiste Lemoyne qui a fait des manières en expliquant que son cas n’avait rien à voir avec celui de Didier Guillaume et qu’il était juste un « soutien » de Michel Veunac. Le néo-Biarrot a tellement agacé tout le monde qu’une suspension de séance a été décidée, histoire de laisser le temps à Emmanuel Macron de téléphoner à l’impétrant. En substance, le président de la République, très colère, lui aurait dit : « Tu as une heure pour choisir. Soit tu restes à ton poste, soit tu te présentes à Biarritz. Mais pas les deux ! » Et comme Lemoyne a besoin de ses émoluments de secrétaire d’État, il est soudain devenu docile. Quand on parle pognon, c’est fou comme les choses s’arrangent.

VEUNAC KO DEBOUT. – Convié au débat organisé par France Bleu – Sud Ouest où il s’imaginait en tête du sondage organisé par les deux médias, Michel Veunac a pris une grosse claque en découvrant que Maïder Arostéguy le devançait largement. Le maire sortant s’est efforcé de faire bonne figure au micro en répétant : « Je considère que mon bilan est de bonne qualité ». Mais, au dire de tous les témoins, il était KO debout et incapable, sans le bras secourable de son épouse, de regagner seul sa voiture.

LES CHIFFRES QUI TUENT. – C’est l’analyste politique d’Ipsos, commanditaire du sondage, qui s’est montré le plus sévère pour Michel Veunac, visiblement assez peu populaire parmi les 500 personnes sondées. Si Maïder Arostéguy réunit 63% d’opinions favorables et Guillaume Barucq 53%, Veunac n’est qu’à 44%, un chiffre extraordinairement bas pour un maire sortant. Et quand les sondés jugent le bilan, c’est encore pire. Pour l’analyste d’Ipsos, Veunac est « très sévèrement noté par les Biarrots. Pour qu’un maire sortant puisse être réélu, il lui faut en règle générale 66% de sondés estimant qu’il a un bon bilan » Veunac plafonne à 50% de sondés considérant que son bilan est honorable. Ce qui tient déjà du miracle, compte tenu du mandat calamiteux qu’il a fait vivre à tous.

 LES VACHERIES DE MAÏDER. – Nettement en tête, Maïder Arostéguy s’est gardée au micro de France Bleu Pays Basque de tout triomphalisme à six semaines du premier tour. Quand on évoque le soutien du sénateur Max Brisson qui s’est soudain réveillé à 16 h 58 sur son Facebook, soit deux minutes avant les résultats du sondage, Maïder fait dans la sobriété suave : « J’accepte son soutien avec grand plaisir » Un ange passe… Et quand le journaliste, malicieux lui demande si elle est prête à accueillir dans sa liste des transfuges de la liste Didier Guillaume, Maïder répond tout aussi malicieusement : « Ma liste est bouclée. Mais si certains veulent me rejoindre au sein du comité de soutien, ils sont les bienvenus » Oh, la vilaine, qui veut priver des élus méritants et désintéressés de leur place au chaud au conseil municipal et leur demande de travailler gratos !

BRISSON AU PALMARÈS DU RIRE. – Malgré la concurrence de trois réunions publiques, belle assistance jeudi 30 janvier, à la Maison des Associations, pour la remise des klaxons et des harpes aux élus les plus méritants par l’association RamDam. Alors que les esseulés de la liste Guillaume se réunissaient pour savoir s’ils ne pouvaient trouver un leader de rechange, Max Brisson, lauréat d’un klaxon d’argent pour « la rectitude de ses convictions et son soutien sans faille à la candidate de sa famille politique » a suscité le plus de rires et de moqueries dans l’assistance. C’est François Bayrou, vainqueur du klaxon d’or qui va être jaloux !

LA MENACE QUI FAIT TREMBLER. – Bonne dernière mais pas désarçonnée pour autant, Marine Batiste a stupéfié les participants du débat par son culot : « L’écologie ça ne s’improvise pas. Je n’apporterai, en tout cas, mon soutien à personne. ». Qui va oser dire à la candidate qui a été présentée par « Libération » comme investie par les Verts et s’est pris un cinglant démenti d’EELV, qu’au vu du nombre insignifiant de voix qu’elle représente, tout le monde s’en fout ?

LE VRAI VAINQUEUR ? – Karim Guerdane, journaliste de son métier, a su mettre en évidence son résultat : « Vous devriez titrer sur le score que je réalise, car approcher les 5 %, en moins de trois semaines de campagne c’est enthousiasmant ; ça signifie que dans cette campagne il y a aussi une voix pour le citoyen et je suis content de l’incarner. À mon sens, la question sociale doit être prioritaire. » Derrière la boutade, l’enfant de Saint-Charles a probablement raison. À force de repeindre en vert leurs listes, les candidats semblent avoir un peu oublié les plus démunis et les dégâts que peut faire la politique ultra-libérale de Macron. Gageons que tous les candidats vont soudainement mettre un peu de social dans leurs programmes. De là à le mettre en pratique ensuite…

JANUS VEUNAC. – À croire que le encore maire de Biarritz a eu le temps de prendre quelques pilules magiques entre le siège de France Bleu et le centre-ville de Biarritz ! Vendredi soir, l’ambiance était totalement mortifère au sein de sa permanence après la publication du sondage, Louis Vial et Patrick Destizon, tirant une tête de dix pieds de long comme s’ils venaient d’enterrer leur grand-père. Mais Super-Mimi est arrivé vers 20 heures, remonté comme jamais en rappelant qu’en 2014 Max Brisson était annoncé largement vainqueur. Et le pire, c’est que ses maigres troupes l’ont cru et sont ressorties gonflées à bloc. Ce que c’est d’être un grand leader charismatique !

IL VA LES TUER ! – Bravant le coronavirus et ne prenant pas en compte l’âge avancé de sa troupe pour un travail aussi matinal, Veunac avait mis tout le monde au boulot dès 9h30 samedi matin aux halles centrales de Biarritz (Le maire ne doit pas savoir qu’il existe des quartiers plus démunis à Biarritz) à distribuer sa propagande. Mamie Jeanine Blanco, Papy Robert ou Tonton Vial haranguaient comme jamais les chalands, vêtus de leurs assez ridicules écharpes blanches (Pour signifier sans doute que le mandat a été vierge de toute bavure). Un seul jeune dans la troupe : l’homme qui se perd encore dans Biarritz, Jean-Baptiste Lemoyne. Il suffisait d’écouter les commentaires peu amènes des Biarrots à quelque distance du groupe des distributeurs de tracts pour constater que Veunac a intérêt à investir dans un remonte-pente haut de gamme s’il veut être réélu.

LA PERLE DE LA LISTE ? – Ayant perdu la seule « nouveauté » de sa liste avec Jean-Baptiste Lemoyne, Michel Veunac se trouve désormais fort démuni avec son équipe de vieux chevaux de retour de la politique qui se sont distingués pendant tout le mandat par leur absence d’idées et leur servilité inégalable. Mais le super vendeur Mimi-la-Malice clame partout que sa liste va étonner et qu’il a une « recrue de choix ». Aux dernières nouvelles, la recrue de choix serait Christian Brocas, l’homme qui a passé six ans à tailler Max Brisson qu’il soutenait en 2014 et Michel Veunac qu’il soutient désormais. C’était notre rubrique : pour une gamelle, je suis prêt à tout.

MONSIEUR X OU MONSIEUR Y ? – Chaque semaine, Bisque, Bisque, Basque ! s’extasie devant la malice de la rubrique politique de La Semaine du Pays basque, avec une Marquise de Vérité très bien informée et un Monsieur X qui, sous couvert de décoder la vie politique biarrote, encense Veunac au-delà de tout. Pas de chance pour l’hebdomadaire local, Bisque, Bisque, Basque ! a son propre informateur, Monsieur Y, très proche du président. Selon Monsieur Y, Macron a compris depuis fort longtemps les limites de Veunac et ne le tient pas en haute estime comme en témoignent les discours d’après G7 où le nom du maire de Biarritz avait été soigneusement biffé. Monsieur X et Monsieur Y ? Sûrement deux collègues de bureau qui se détestent !

ET MAINTENANT LA MOMOBILE. – Maïder Arostéguy sillonne les quartiers avec un monospace gris que ses colistiers surnomment la « Mamamobile ». Depuis ce week-end, Nathalie Motsch a jeté son dévolu sur un véhicule électrique du plus bel effet que l’on surnommera la « Momobile ». En appréciant le clin d’oeil appuyé fait à Jean-Baptiste Aldigé et aux supporters du BO avec les belles couleurs rouge et blanc du véhicule.

Journal d’un buté de campagne (2)

Des permanences illuminées, des insultes gratinées, le bonjour d’Antoine, le trou récurrent du BO et encore et toujours les manœuvres de Mimi-La-Malice.

APPRENDS TA VILLE ! – Avec un directeur de publication comme celui-là, Bisque, Bisque Basque ! ne serait pas très bien barré. Sur l’affiche annonçant fièrement sa première réunion publique au Colisée, Michel Veunac se proclame « Directeur de publication ». Las, le candidat montre qu’il ne relit rien puisqu’il ne connaît visiblement pas sa Ville et situe le Colisée avenue Saraste et non Sarasate. Il n’y avait sur cette affiche que cinquante mots à vérifier et même cela l’apprenti Veunac n’a pas su le faire correctement. Voilà qui rassure pour l’avenir.

AVENUE DES PRÉTENDANTS. – En 2014, tout se jouait rue du Helder où Max Brisson et Michel Veunac avaient leurs permanences à un magasin d’intervalle. Cette année, c’est l’avenue du Maréchal Foch qui semble remporter tous les suffrages avec à l’intérieur de l’espace Foch la permanence de Maider Arostéguy, peu après Le Royal, celle de Michel Veunac, à côté du Sissinou celle de Jean-Benoît Saint-Cricq et au 25 de l’Avenue, celle de Nathalie Motsch. Au point que les Biarrots ne parlent plus que de « l’avenue des prétendants ». Seul Guillaume Barucq fait bande à part en ayant établi ses quartiers électoraux rue Gambetta. Une certitude : pour les alliances au soir du premier tour, le chemin ne sera pas long à faire.

LA PLUS BELLE POUR ALLER VOTER. – Si certaines permanences sont chichement décorées avec l’affiche du candidat pour seul ornement, celle de Maïder Arostéguy, riche en couleurs avec une planche de surf orange vif, une coiffe d’indien un ballon aux couleurs du BO et une chistera, attire l’œil. Les machos de service vont encore dire que Maïder soigne la forme plus que le fond. Mais nul doute possible : sa permanence est la plus belle.

LE BORDEL HOLLANDAIS DE SAINT-CRICQ. – Incontestable affluence, jeudi soir, pour l’inauguration de la permanence électorale de Jean-Benoît Saint-Cricq. Dans un premier temps, le candidat avait placardé une affiche à son effigie avant de la retirer et de se contenter d’un modeste et collectif « Biarritz ensemble ».  Mais la surprise nocturne des passants est venue des lumières rouges et de la grande vitrine de l’établissement choisi qui ne sont pas sans rappeler certaines maisons spécialisées d’Amsterdam. Après le Saint-Cricq chahuté de 2018, allons-nous avoir un Saint-Cricq dévergondé en 2020 ?

CETTE MAUVAISE LANGUE DE GUY. – Le premier adjoint « La Faillite-Nous-Voilà » ne rate pas une occasion de se moquer des maigres soutiens de la liste emmenée par Michel Veunac. « Il a tellement peu de monde autour de lui que le voilà obligé de repartir avec les Castaignède, Blanco, Destizon, Vial, alors qu’il affirmait ne vouloir d’eux à aucun prix ». Il est vrai que les nouveautés sur sa liste promises par Veunac semblent quelque peu se faire attendre.

MOTS FLÉCHÉS BIENVENUS. – Bisque Bisque, Basque ! a passé de longs moments à faire le trottoir pour observer la permanence de Michel Veunac et confirme totalement les propos de Guy Lafite. Il ne s’y passe rien et tous les « invendus » de la politique biarrote qui n’ont eu d’autre choix que de poursuivre avec le maire sortant s’y ennuient de longues heures sans recevoir la moindre visite. Si vous avez quelques mots fléchés ou sudokus en trop pour les occuper, soyez charitables…

APPELEZ-LE GUYGUILLAUME. – Lundi matin sur France Bleu Pays basque, le ministre de l’Agriculture a surpris tout son monde en adoptant une position totalement alignée sur celle des dirigeants du BO. Un coup de brosse à reluire sur Jean-Baptiste Aldigé, « un gestionnaire avisé » et une position pour le moins favorable au BO sur la dernière réserve foncière appartenant à la Ville. Quand on sait que Jean-Baptiste Aldigé ne tarit pas d’éloges sur le Premier adjoint, « le seul à avoir compris mon projet », on constate que Guy Lafite, même s’il ne sera pas l’adjoint de Didier Guillaume, va à l’évidence rester son inspirateur, ce qui n’est pas la meilleure nouvelle du monde.

LE ROI DE L’ENFUMAGE. – Quand vous avez un pistolet braqué sur la tempe, vous êtes généralement du même avis que celui qui tient le pistolet. La commission générale consacrée au BO mercredi 22 janvier a été perçue par la majorité des élus comme un vaste enfumage ou plutôt, comme l’a dit Nathalie Motsch, une « mascarade ». Veunac, à quelques semaines des élections a fait plancher les élus sur quatre projets possibles, alors qu’il sait parfaitement qu’il n’a pas la main et doit attendre le feu vert de l’Agglo. Mais Aldigé a la langue bien pendue et Veunac redoute de se faire flinguer par lui en pleine campagne électorale. D’où ces signaux d’apaisement et de bonne volonté pour faire croire que Mimi se décarcasse pour le BO.

UN MINI TRUMP ? – Tous ou presque le pensent, mais très peu le disent par crainte de représailles sur un sujet aussi sensible que le BO. Les élus sont sortis furieux de cette réunion en ayant le sentiment de s’être fait manipuler une fois de plus par Mimi-la-Malice. Est-il raisonnable de prendre une décision qui engage l’avenir de Biarritz à quatre semaines d’une élection ? Si les points de vue sont partagés sur ce qu’il faut faire pour le BO, tous les élus ayant le désir sincère d’aider le club phare de la Ville, l’unanimité se fait contre la personnalité pour le moins rugueuse du président Aldigé qui a réussi à se fâcher avec tout le monde ou presque. Dans un tweet, François Amigorena a magnifiquement résumé le problème : « En adoptant le comportement d’un mini-Trump de sous-préfecture, indigne d’un président de club de rugby de Pro D2, M. Aldigé est devenu le principal obstacle à l’élaboration d’un projet juste et pérenne pour le BOPB et la plaine d’Aguilera », ce qui lui a valu (en douce) des félicitations de ses collègues de tous bords politiques.

CLASSE PRÉSIDENTIELLE – S’il est quelqu’un doté d’une exquise urbanité, c’est bien Guillaume Barucq. Au sortir de la commission générale, le docteur Barucq, pourtant fervent défenseur du BO, a exprimé des doutes sur la méthode choisie, ce qui lui a valu de recevoir un tweet plein de poésie du président du BO sur… ses « bijoux de famille ». C’était notre rubrique, « Amis de la poésie, bonsoir ! »

KAMPF TOUJOURS LE SAUVEUR – Pour éviter tout dépôt de bilan du BO juste avant les scrutins du 15 et 22 mars, Michel Veunac croit avoir trouvé une ruse et s’agite énormément au téléphone pour être sûr d’avoir la majorité lors du prochain conseil municipal du 12 février. La Ville rembourse 300 000 euros par an au BO pour la tribune Kampf qui avait été financée par le club au temps de sa splendeur. Comme il reste une dizaine d’annuités à payer, la Ville anticiperait et donnerait les 3 millions de reliquat dès cette année, ce qui correspondrait au « trou » actuel du BO. Il est très fort ce Veunac pour engager l’argent de celui qui lui succèdera !

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C’EST ANTOINE QU’ELLE PRÉFÈRE – Nathalie Motsch avait annoncé dans un communiqué de presse qu’elle n’assisterait pas à la commission générale. Il faut dire aussi qu’à la même heure arrivait sur Biarritz Antoine Waechter, venu accorder à la candidate « la caution morale » de son microscopique Mouvement Écologiste Indépendant (MEI). Le lendemain, lors de la conférence de presse commune, Antoine Waechter qui souhaitait apparaître plus vert que vert a même précisé que, pour limiter son empreinte carbone, il était venu en train. Pour épater les foules, il aurait dû venir à pied de son Alsace natale.

Un Didier Guillaume très convenu

Le ministre de l’Agriculture s’est livré à un prêchi-prêcha électoral fort prévisible avec la volonté affirmée de ne surtout fâcher personne.

Non, l’homme au chapeau Serge Istèque n’est pas là par hasard sur la photo, mais au terme d’une stratégie très élaborée.

La déclaration de candidature d’un homme politique est au journalisme ce que la leçon de mathématiques est au cancre. Un moment qui pourrait être d’un ennui mortel si le paysage derrière la fenêtre ne venait sauver le mauvais élève et la succulente comédie humaine qui se déroule dans ces occasions divertir le porteur de stylo. Foule des grands jours, samedi matin, dans le hall du jai-aläï d’Aguilera, à l’occasion de la conférence de presse donnée par Didier Guillaume. Les médias nationaux sont nombreux tandis que, côté supporters, nous assistons à un raccourci saisissant de tout ce qu’est devenue LaRem, cette lessiveuse idéologique apte à lyophiliser toutes les convictions les plus établies, qui permet aux Républicains bon teint, aux rares représentants de la gauche et aux Abertzale de se taper désormais sur le ventre sans complexe.

C’est une cohorte enamourée qui arrive dans le sillage de Didier Guillaume où l’on reconnaît Guy Lafite, Michel Poueyts, mais aussi Régine Daguerre, Frédéric Domège, Alain Pouyau ou la présidente de « Femmes de droite » Maria François.

Un câlin électoral pas très défenestrant

Et c’est là qu’il convient d’admirer, alors que la conférence de presse n’a pas encore démarré, la capacité à jouer placé de certains. Prenez par exemple le président de l’association des commerçants des halles, l’homme au chapeau gris de la photo, Serge Istèque. Négligemment, quinze minutes avant que Didier Guillaume ne prenne la parole, il va s’installer au pied du pupitre juste à côté du micro en devisant avec ceux qui passent. Et bien malin celui qui l’en délogera ! Philippe Nalpas fera une tentative pour que l’espace autour du candidat se dégage mais en vain. Andy Wahrol avait précisé que chaque individu connaitrait son « quart d’heure de célébrité » mais avait oublié de préciser à quelles contorsions il fallait se livrer pour y arriver.

Après des préliminaires aussi prévisibles, il était clair que le « câlin électoral » prodigué par le candidat ministre n’allait pas être du genre défenestrant. Quelques punchline bien troussées afin de donner un peu de picore aux médias « Je ne viens pas là par amour mais par raison ». Des critiques tellement diaphanes, tellement voilées, que seuls les connaisseurs, adeptes de l’entre-soi, peuvent les décoder. « Biarritz a besoin d’une nouvelle impulsion », façon en creux de dire qu’il est grand temps pour papy Veunac de s’occuper de ses petits-enfants. Enfin des promesses de « passer à la vitesse supérieure » pour « faire rayonner notre ville en France et à l’international ». Trop d’imagination tue l’imagination !

Ajoutez au passage un hommage appuyé au premier adjoint : « Je veux saluer le Premier adjoint qui a réussi à ce que les Finances soient très bonnes », ce qui montre bien que Didier Guillaume n’est pas souvent à Biarritz et n’a pas encore découvert les dettes planquées sous le tapis par « La Faillite nous voilà ! », avant de préciser dans un heureux mouvement de balancier « Aucun des adjoints de l’actuelle municipalité ne sera adjoint dans la prochaine ».  

Rajoutez la nécessité de « faire travailler ensemble des hommes et des femmes », la promesse d’une « ville citoyenne » et la belle réponse du présumé parachuté « Les racines les plus fortes sont celles que l’on se choisit ».  Comme vous le découvrez en lisant cet article, vous avez bien fait de rester aux halles à prendre un café plutôt que de monter jusqu’à Aguilera.

Non au parachute de secours

Même sentiment de malaise lors du pot qui suit la déclaration de candidature. De l’attaché de presse qui vient vous expliquer qu’il a beaucoup insisté pour que Bisque, Bisque, Basque ! soit convié, comme si le fait d’être ou non invité allait changer quoi que ce soit à l’esprit d’impertinence assumé par ce blog, à tous ces élus qui vous expliquent que depuis le premier jour ce mandat est un désastre (pourquoi diable ne se sont-ils pas manifestés bruyamment pour dénoncer l’incurie de Veunac aux côtés des Nathalie Motsch ou Maïder Arostéguy ?), on a le sentiment d’être dans le vieux monde des élites qui estiment que le citoyen ordinaire n’a pas à connaître la vérité. Sentiment renforcé par le discours de Didier Guillaume qui ne veut attaquer personne et surtout pas se risquer à faire le bilan de son prédécesseur alors que la population est totalement traumatisée par ce qui s’est passé pendant six ans.

L’honnêteté intellectuelle oblige à dire que l’exercice est difficile et que l’on a rarement vu un homme politique à son avantage dans cet exercice. On sent que Didier Guillaume en a sous la pédale et serait à la tête de la Ville d’une toute autre dimension que l’actuel maire. En tant qu’homme de gauche, j’ai envie de croire en lui et l’on va donc lui faire crédit au moins jusqu’à sa prochaine réunion publique, en espérant que le candidat va enfin fendre l’armure. Mais certains détails ne trompent pas. Il est des hommes amoureux qui quittent tout du jour au lendemain pour suivre la femme qu’ils aiment. Il en est d’autres qui naviguent de longs mois entre épouse légitime et maîtresse avant de voir comment les événements tourneront. Didier Guillaume a annoncé qu’il démissionnerait du ministère de l’Agriculture s’il était élu. Ce qui est une façon de dire qu’il va faire campagne à Biarritz en fin de semaine tout en occupant son poste de ministre le reste du temps. « Biarritz est la seule ville non capitale connue dans le monde entier » affirme l’intéressé.

Alors peut-être que la moindre des choses était de se consacrer à plein temps à Biarritz et de prouver aux Biarrots, en démissionnant de ses fonctions, qu’on est prêt à prendre tous les risques pour diriger la ville qu’on aime, au lieu de garder… un parachute de secours.

Être de gauche n’est pas une maladie honteuse

À plusieurs reprises, des Biarrots sont venus m’aborder avec la mine de conspirateurs désireux d’évoquer les turpitudes de Gabriel Matzneff avec les adolescents pré-pubères : « On voterait bien pour lui, mais Didier Guillaume est de gauche ». Comme si je n’avais pas l’information ! Je déplore justement que pas une fois lors de sa conférence de presse, le ministre de l’Agriculture n’ait cru bon d’évoquer son long cheminement à gauche ou ses « valeurs de gauche » avant de se rallier à Emmanuel Macron.

Plus que jamais, le communiqué de Mathieu Accoh, au nom des Insoumis biarrots, pose les bonnes questions : « Qui me représente en tant qu’électeur biarrot ? » C’est donc avec plaisir que nous le publions dans son intégralité.

Mathieu Accoh, porte-parole des Insoumis biarrots (Photo Sud Ouest)

« L’électorat de Biarritz soucieux de justice sociale, d’égalité, de transparence démocratique et d’indépendance par rapport aux intérêts économiques peut légitimement se poser cette question : qui me représente ? Qui aujourd’hui parmi les chômeurs, les ouvriers, les employés, les personnels précaires, les retraités aux petits revenus, l’ensemble des classes populaires pour résumer, est représenté au Sénat, à l’Assemblée nationale ou plus près de nous au conseil municipal ? Cette partie de la population est-elle vouée à ne même plus pouvoir se rendre aux urnes dans une ville comme Biarritz ? Des centaines de milliers de Français ont manifesté leur détresse et leur colère pendant des mois sur les ronds-points, ont battu le pavé depuis des semaines pour défendre notre système de retraite. Et pourtant la volonté et les intérêts de cette majorité sont systématiquement piétinés et humiliés. Pour l’instant huit listes semblent se rassembler dans le souci de ne pas paraître « à gauche » comme si l’idéal de services publics de qualité, d’égalité dans la redistribution des richesses, de démocratie, de préservation des biens communs et de nos écosystèmes n’était plus qu’un lointain souvenir et tout sauf un objectif. C’est face à ce trop-plein unicolore qui semble se satisfaire de la contagion de la pauvreté, de l’accumulation insensée et ostentatoire de richesse, de la destruction d’une nature que le capitalisme vert n’enrayera pas, que nous, insoumis biarrots, écologistes, citoyens investis dans la vie associative, décidons de nous engager dans cette campagne électorale. Nous avons le souci de représenter l’électorat de gauche et d’empêcher la division des listes partageant la même fibre écologique et sociale, c’est pourquoi nous allons œuvrer à l’unité dans les prochaines semaines en espérant que les Biarrots soucieux d’une vie plus juste et plus proche de la nature trouveront une réponse dans nos propositions. »

Mathieu Accoh, pour les Insoumis biarrots

Et on attaque quand ?

 Si les trois écuries Arostéguy, Barucq, Motsch semblent en place, pour les autres le flou est encore de rigueur.

Avec huit à dix listes en compétition, il est clair qu’il va y avoir des morts au soir du premier tour.

Comme si cela manquait à notre bonheur, une nouvelle liste vient d’éclore si l’on en croit Sud Ouest du 7 janvier. Mené par l’enfant de Saint-Charles Karim Guerdane, elle s’intitule Biarritz Bonheur par allusion à l’heureux temps où les Biarrots pouvaient faire leurs courses quotidiennes dans le grand magasin de la Place Clemenceau, devenu depuis les snobinardes Galeries Lafayette. Joli nom pour une liste électorale, même si on peut se demander si ajouter de la confusion à la confusion ne fait pas au final le jeu du maire sortant Veunac.

Alors que se prépare l’assaut final, après cette drôle de guerre où chacun a fourbi ses armes et amassé des troupes, une tournée des popotes s’impose. Si les bataillons de Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch semblent prêts au combat, d’autres sections d’assaut gardent la fleur au fusil et paraissent éprouver quelque peine à se mettre en ordre de marche. C’est donc le moment ou jamais de passer les troupes en revue avec le général Bisque, Bisque, Basque ! ce planqué de l’arrière qui a beaucoup moins de faits d’armes à faire valoir que le général Jean-Bernard Pinatel ou l’exubérant Guy Husson.

 

MAÏDER SE PACSE

Maïder Arostéguy peut afficher un sourire radieux. Elle vient d’annoncer aux journalistes locaux son récent PACS et le fiancé est plutôt du genre bel homme musculeux avec qui on peut aller à la guerre sans rien avoir à craindre. Richard Tardits, en effet, a décidé de s’allier à Maïder, un choix plutôt logique compte tenu de la sensibilité très libérale des deux tourtereaux et une initiative qu’on ne peut que saluer car elle va dans le bon sens.

 

MARIAGE POUR TOUS CHEZ BARUCQ

Chez Guillaume Barucq, on semble plutôt militer pour le mariage pour tous et les alliances… surprenantes. Si Corine Martineau a encore impressionné les foules pendant les vacances de Noël, avec sa capacité à aller distribuer des tracts aux bigorneaux du rocher de la Vierge ou à se baigner avec les ours blancs puisque la situation politique le commande, que dire de l’arrivée du responsable de la section socialiste Laurent Riberolles à ses côtés ? Un peu comme si Philippe de Villiers et Olivier Besancenot décidaient d’aller écouter ensemble une messe en latin du côté de Domezain.

 

VRAI OU FAUX SONDAGE POUR MOTSCH ?

L’affaire du faux-vrai sondage, lancé sur Twitter par Oier Oronos et annonçant que l’ex adjointe à l’Urbanisme se retrouvait en deuxième position derrière Veunac, agace profondément le camp de Nathalie Motsch qui est persuadé avoir affaire à un coup monté des services secrets adverses. Si l’on détaille le compte du « troll » Oier Oronos, on peut imaginer que c’est un ardent partisan de « Calamity Nathalie ». Mais est-ce si sûr ? En temps de guerre, le propre de l’agent double est de jouer… double jeu. Encenser pendant des mois une rivale pour mieux lui faire porter le chapeau ensuite peut s’avérer très astucieux. Bisque, Bisque, Basque ! est bien incapable de démêler le vrai du faux dans ce sondage flatteur pour Nathalie Motsch et pour Michel Veunac et sévère pour Maïder Arostéguy et Guillaume Barucq, mais peut témoigner que deux membres de la majorité actuelle restés fidèles à Michel Veunac (une espèce très rare !) murmuraient sous le manteau les chiffres finalement publiés plusieurs jours plus tard par Oier Oronos. Intox de Veunac pour galvaniser ses troupes, ou sondage réel financé par un promoteur ami du maire ? La question mérite d’être posée.

 

LES FANTÔMES DE LA LISTE VEUNAC

Quant au maire sortant Michel Veunac, il a beau clamer qu’il est en « pleine forme », il suffit de le voir marcher avec sa capote bleue horizon, son pantalon rouge garance et ses bandes molletières pour comprendre que ceux qui l’ont vu naître, comme l’aurait dit Coluche, ne sont plus tout jeunes. À l’évidence, Veunac peine à attirer de nouveaux talents dans sa liste, ce qu’on peut comprendre après le calamiteux mandat qu’il vient d’accomplir. Sa garde rapprochée se compose donc des bénis oui-oui qui ne peuvent envisager de renoncer à la vie municipale et aux indemnités qui vont avec : Jocelyne Castaignède, Patrick Destizon, Ghis Haye, ainsi que de l’inénarrable secrétaire d’état Jean-Baptiste Lemoyne, l’homme qui change de convictions à chaque fois que le vent tourne et qui pour le moment se bat avec les plans de la ville pour tenter d’apprendre le nom des quartiers. Et pour rajouter au scandale, quelques « obligés » du maire qui ont été gentiment conviés à venir lui apporter leur soutien comme le cavalier Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz. C’est un peu comme si votre employeur vous obligeait à vous présenter sur la liste électorale qu’il est en train de monter. Si une liste comme celle-là réussit à séduire les Biarrots, c’est à désespérer de la politique.

 

GUILLAUME JOUE LE PLEIN TEMPS

Biarritz n’est pas une maîtresse que l’on honore à la va-vite en fin de semaine mais une grande dame qui mérite d’être choyée à plein temps, ce que Didier Guillaume semble avoir compris. Après avoir beaucoup hésité sur la stratégie à suivre, l’actuel ministre de l’Agriculture paraît décidé à démissionner du gouvernement, ce qui est sage. Pas étonnant qu’il ait connu quelques états d’âme, car ses deux poissons-pilote Guy Lafite et Michel Poueyts, surtout soucieux de leur propre survie politique, lui ont promis pour le convaincre d’y aller des foules en délire et des salles plus que combles. L’homme est suffisamment habile politique pour avoir vite compris que ses deux amis avaient un peu enjolivé la situation et que la partie était loin d’être gagnée. Si le procès en parachutage que lui font tous ses détracteurs (y compris le docteur Oualam dans les colonnes de ce blog !) me paraît hors de propos pour quelqu’un qui fréquente Biarritz depuis trente ans, il reste maintenant à voir ce que va proposer le candidat et surtout avec qui il compte gouverner. Samedi à 11 heures, au jai alaï, on devrait en savoir un peu plus.

 

SAINT-CRICQ Y CROIT TOUJOURS

Jean-Benoît Saint-Cricq, que tout le monde voyait partir avec Veunac, a finalement décidé de jouer solo. Le vieux routier des élections municipales biarrotes fourmille d’idées et d’enthousiasme. Malheureusement, il ne semble pas mesurer les dégâts faits à son image par ce mandat où il a commencé en s’opposant fermement à Veunac et Lafite avant de les rejoindre à un moment où ils étaient en grande difficulté sur le dossier de L’Hôtel du Palais et de leur sauver la mise par son ralliement. Le candidat assure qu’il sera en ordre de marche le 15 janvier avec une équipe plus mobilisée que jamais. On connaît les qualités et la « technicité » de Jean-Benoît Saint-Cricq, mais, s’il veut espérer quelque chose, il faudra que l’avocat biarrot s’explique sur les choix qui l’ont conduit à saccager la bonne image que les Biarrots avaient de lui.

 

MARINE BATISTE PLUS VERTE QUE VERTE

En 1971, lors du congrès d’Épinay, François Mitterrand avait réussi le tour de force de signer sa première adhésion au Parti socialiste le jour même où il avait été nommé Premier secrétaire. Nourrie aux grands classiques socialistes, puisqu’elle a travaillé dans l’entourage de Bertrand Delanoë, Marine Batiste, tente de faire de même en se découvrant soudain une conviction plus verte que verte et en adhérant il y a peu à Europe Écologie Les Verts (EELV) quelques jours après qu’un authentique militant de ce parti, qui labourait le terrain biarrot depuis quinze ans, Éric Ménard, ait été exclu pour avoir rejoint le camp de Nathalie Motsch. Et même si elle n’a pas encore l’investiture du parti, Marine Batiste lance un appel du pied aux Abertzale pour une alliance semblable à celle que fait Sophie Bussière avec Jean-Claude Iriart à Bayonne. Mais n’est pas François Mitterrand qui veut et l’affaire pourrait capoter très vite.

Ne reste donc plus à tous ces généraux ou aspirants généraux, bien au chaud dans leurs quartiers-généraux et se rêvant déjà tous en vainqueurs, qu’à trouver l’infanterie nécessaire à leurs ambitions. Suivant que l’on aura huit ou dix listes, c’est entre trois cents et trois cent cinquante couillons qu’il va falloir convaincre de venir faire de la figuration sur les listes, d’aller tracter dans le froid, de marcher au pas et éventuellement de donner quelques subsides pour financer la future campagne.

Il est désormais plus que temps pour tous ces candidats de se plonger dans « L’art de la guerre » du Chinois Sun Tzu, car il ne fait aucun doute que la bataille pour conquérir Biarritz va être féroce.

Max Brisson : « Biarritz est la risée du département »

Le sénateur a envisagé un moment d’être lui-même candidat. Mais il ne veut pas rajouter de la confusion à la confusion et estime que « plus le temps passe plus cette volonté s’émousse ».

Ironie de l’histoire ou sentiment que la page est définitivement tournée ?  C’est au « Café de Paris » que Max Brisson me propose de partager un verre, à l’endroit même où nous avions dîné six ans plus tôt, en compagnie de Jean-Philippe Ségot. Et à l’époque aucun de nous trois n’imaginait que Michel Veunac pouvait un jour devenir maire. Cette élection de 2014 est toujours étudiée à Sciences-Po, tant les résultats entre le premier et le deuxième tour ont été surprenants, et en particulier dans deux bureaux de vote, mais visiblement c’est de l’histoire ancienne pour Max Brisson, souriant et détendu en ce début de vacances parlementaires. Il fait comme si cette énorme blessure était définitivement guérie : « La République n’aura pas été mauvaise fille à mon égard », estime-t-il par allusion à son élection au conseil départemental en 2015 et à sa victoire de septembre 2017 aux élections sénatoriales.

« Ce mandat est totalement chaotique »

Brisson et Veunac, en 2014, dans l’attente des résultats. (Photo Sud Ouest)

« On me prête beaucoup d’intentions mais je suis sorti du jeu biarrot pour m’investir pleinement dans mon mandat de sénateur des Pyrénées-Atlantiques. Et dans mes fonctions au quotidien, je m’adresse plus aux maires du département qu’aux acteurs biarrots. Mais je reste un citoyen biarrot, un électeur biarrot et un élu biarrot. Je porte un regard très critique sur les six années qui viennent de s’écouler. En 2014, la mayonnaise a été suffisante pour permettre à Veunac de gagner mais pas pour gouverner. On a eu pendant six ans le résultat du bal des seconds, capables en 48 heures de s’entendre ”contre”, mais pas pour gérer dans la durée une ville comme Biarritz.   D’où l’éparpillement, l’émiettement, la fragmentation à répétition de la majorité issue des alliances contre nature de 2014. Ce qui aurait été naturel, c’est que Michel Veunac reconnaisse qu’il avait fini, avec 17%, deuxième du premier tour et me rejoigne puisque j’étais en tête. Des alliances avec des personnes de sensibilité différentes sont possibles, j’en ai d’ailleurs accompagné, ce qui m’a valu d’être exclu de mon parti quand je me suis rapproché de Didier Borotra, mais les projets étaient travaillés au cordeau et très en amont. Ce sont ces petits arrangements politiciens qui expliquent le mandat totalement chaotique dans lequel Michel Veunac semble se délecter puisqu’il en redemande. »

En ancien bon élève qu’il est, Max Brisson a visiblement préparé cet entretien. Il sort des feuilles manuscrites d’une chemise en carton avec des grands chiffres pour ne pas oublier tous les sujets qu’il veut aborder. Nous évoquons aussi brièvement les « divergences de vue » qui l’opposent parfois à Bisque, Bisque, Basque ! et le sentiment d’injustice qu’il ressent, en particulier quand on lui dit qu’il « fait de la politique à l’ancienne » : « On me reproche parfois de faire de la politique à l’ancienne, mais les conseillers municipaux, les adjoints qui tapent sur le maire, c’est aussi la vieille politique. On a perdu tout sens des règles de l’ancien monde qui fait que la démocratie fonctionne. Dans mon rôle de sénateur, les maires me parlent de Biarritz, c’est vrai, mais pour s’en moquer. On est devenu la risée du département. Ce qui me chagrine c’est que les mêmes causes vont produire les mêmes effets. Si le maire est le fruit de petits arrangements réglés en vingt-quatre heures au soir du premier tour, on obtiendra le même résultat qu’en 2014. »

 « J’attends un projet d’impulsion »

Conseiller départemental et sénateur apprécié de ses collègues pour sa grosse capacité de travail, Max Brisson va-t-il enfin dire qui il va soutenir lors des prochaines municipales, lui qu’on accuse d’être allé voir toutes les listes ? « Je dirai le moment venu le projet qui me convient le mieux. Pour le moment, je ne connais pas le plat, je ne connais pas la sauce. J’attends un projet d’impulsion. De savoir quelles sont les trois ou quatre idées fortes de la future mandature. J’attends le rassemblement de gens différents qui ont eu des engagements politiques mais qui sont prêts à se retrouver sur une feuille de route partagée. Il faut des figures et de la légitimité. Il faut un patron à la tête d’une mairie, il faut de l’incarnation car le maire dit plus souvent non que oui. » Un portrait en creux de lui-même, tel qu’il se perçoit ?

Max Brisson soupire. Visiblement le destin de Biarritz lui tient toujours à cœur.  « Pour l’instant, je n’ai pris aucune position. Je ne me suis jamais caché de voir souvent Michel Veunac, Maïder Arostéguy ou Didier Guillaume. Je vois, je regarde et je l’assume. Contrairement à une légende tenace, j’ai souvent fait des choix courageux dans ma carrière politique. Je me méfie des solutions restrictives, des idéologies totalement arrêtées. »

« Oui, j’ai envisagé d’être candidat, mais cette volonté s’émousse »

Difficile de résister à la tentation de lui demander s’il a envisagé ou s’il envisage toujours de se porter candidat : « Oui, je l’ai envisagé. Mais plus le temps passe et plus cette volonté s’émousse, car je n’ai pas envie de rajouter à la cacophonie ambiante. Désormais, je suis plus dans l’idée d’un soutien que d’une participation. Mais si un candidat se retirait début janvier, ce qui me paraît fort peu probable, j’envisagerais une éventuelle candidature. » Voilà qui est précis.

La politique est parfois difficile à comprendre pour le novice. Comment se fait-il qu’un sénateur membre des Républicains ne soutienne pas la candidate investie par son parti. ? « Je rappelle tout d’abord que j’étais proche d’Alain Juppé et que je suis proche de Valérie Pécresse qui vient de quitter le parti auquel j’appartiens ».

« La base actuelle de Veunac est étroite »

Maïder Arostéguy, Max Brisson et Philippe Nalpas, lorsqu’ils faisaient liste commune au moment des élections départementales de 2015.

Alors qu’on s’attend à voir Max Brisson un peu en difficulté sur le sujet, il va au contraire passer en revue (presque) tous les candidats déclarés. « J’ai de la sympathie pour la personne et pour la femme politique qu’est Maïder Arostéguy, mais je rappelle qu’elle était à l’UDI il y a peu encore. Je considère que Maïder est de ma famille politique mais que gravitent dans son entourage des personnes représentant la droite que je ne supporte pas. Je la soutiendrai peut-être mais je n’ai pas encore pris de décision et je ne suis pas disposé à recevoir de leçons de fidélité de ma famille politique alors que c’est la mienne depuis que j’ai une conscience politique ».

« Je n’ai aucun problème pour parler librement et publiquement de chacun des candidats. Je suis surpris de l’autosatisfaction de Michel Veunac sur son bilan et sa méthode de gouvernement. Le ressenti majoritaire est celui d’un mandat manqué. Il gagnerait à l’accepter. À sa décharge, l’hallali permanent qu’il subit m’a conduit parfois à voler à son secours. La base de Veunac est à l’heure actuelle étroite et il est devenu clivant. Biarritz n’aime pas les clivages, je sais de quoi je parle. »

« J’ai eu plusieurs rencontres avec Jean-Baptiste Lemoyne et estimé que ça pouvait être quelqu’un capable de réussir à Biarritz. Je l’aurais bien vu incarner une alternative. Il en a décidé autrement ».

« Je regrette que Nathalie Motsch ne jure que par Didier Borotra et oublie que j’ai été son premier mentor en politique. »

« Je vois Didier Guillaume, je ne m’en cache pas, aussi bien à Biarritz qu’à Paris. Sa candidature n’est pas encore en place et je ne sais pas pour le moment s’il est capable de sortir du marigot, de s’adresser à tous les Biarrots, de montrer son attachement pour notre ville et la plus-value qu’il pourrait apporter. »

« Quant à Philippe Nalpas, qui a décidé de rejoindre Didier Guillaume, personne ne m’engage, personne n’est mon poisson-pilote, pas même mon collaborateur. Philippe Nalpas a droit à son autonomie politique, à son autonomie d’action mais ça ne préjuge pas de ma position future. »

« Je ne suis pas un superhéros de la politique »

Mais n’est-il pas surprenant, à moins de trois mois des élections qu’un élu expérimenté soit incapable de dire pour qui il va voter ? Max Brisson s’amuse de la question : « Je ne suis pas un super héros de la politique. Je serais Angloy ou Bayonnais, je ne me poserais pas de question. Je serais Hendayais, je sais pour qui je ne voterais pas, même si j’ai de l’estime pour le maire sortant. Mais à Biarritz, la situation est d’une complexité totale et comme tout le monde j’ai vraiment besoin de réfléchir. »

Pressé et légèrement en retard, Max Brisson repart vers un autre rendez-vous. Visiblement, même en vacances, la vie publique n’est jamais loin. L’homme paraît plus détendu, plus apaisé qu’il y a six ans. Sa mémoire, sa culture politique sont fascinantes. La complexité de sa pensée, qui donne le sentiment qu’il est toujours à la manœuvre, tout autant. Malgré ses qualités et ses défauts, on se dit que les Biarrots ont vraiment fait le mauvais choix il y a six ans. Avec Brisson maire, nous aurions sans doute eu un mandat d’une toute autre tenue. L’urgence maintenant étant de ne pas refaire les mêmes erreurs et de ne pas renouveler la catastrophe de 2014. 

Consternation la plus totale

Biarritz est-elle la ville la plus mal dirigée de France ? On peut se poser la question après le désolant conseil municipal du 19 décembre.

Du maire rural mal dégrossi, du conseiller municipal qui n’a toujours pas compris quel est son rôle, de l’arriviste prêt à tuer sa mère pour sa survie politique, ils ont dû en croiser lors de leurs respectives carrières politiques, mais parions que Didier Guillaume et Jean-Baptiste Lemoyne, lorsqu’ils se sont isolés chacun de leur côté pour suivre sur Internet le dernier conseil municipal biarrot, ont dû laisser échapper quelques soupirs de désolation et se demander pourquoi ils se sont embarqués dans une galère électorale qui ne s’annonce vraiment pas comme une croisière de rêve.

youtube.com/watch?v=CcKuUswE6rE&t=4347s

Récemment, un internaute, persuadé que j’allais abonder dans son sens, se plaignait du maire d’Anglet, Claude Olive, qui organisait son dernier conseil municipal mi-décembre, se demandant comment la Ville allait être gérée jusqu’aux élections. Ce citoyen de bonne foi ne voyait pas que ce dernier conseil, trois mois avant la fin du mandat, traduit une gestion saine et respectueuse des dossiers qui ont été ficelés à temps afin de laisser à l’équipe suivante la possibilité de prendre ses propres décisions.

Aucun risque qu’une telle situation n’arrive à Biarritz où le duo infernal composé d’un vieux maire de 73 ans, pitoyablement cramponné à la barre du pouvoir comme un mourant accroche la main du curé venu lui délivrer l’extrême onction, et d’un premier adjoint toujours aussi arrogant, misogyne et méprisant, de surcroît bien décidé à soutenir Didier Guillaume et à combattre son propre maire, nous a offert le spectacle le plus pitoyable et le plus indigne de tout ce mandat où ,les électeurs n’ont pourtant guère manqué d’occasions de huer et de conspuer.

Veunac n’a visiblement pas été visité par l’esprit de Noël

Quand les bons élèves font leur sac la veille, le cancre cherche ses affaires à l’heure où il devrait être déjà à l’école. Tenir trois mois avant les élections municipales un conseil municipal de presque cinq heures avec trente-trois délibérations à voter, dont des décisions lourdes de sens pour l’avenir, relève au mieux de la farce électorale et au pire du foutage de gueule absolu. Et pour que les Biarrots regrettent jusqu’au bout leur vote de 2014, un nouveau conseil est prévu en février, où, parions-le, les intérêts particuliers, les copains et les obligés ne seront pas oubliés dans la distribution.

Regrettons aussi l’attitude un peu frileuse d’actuels élus et futurs candidats qui estiment conserver leurs chances en se contentant de critiques modérées dans le but de ratisser large, quand une union de salut public contre les attentats démocratiques à répétition que nous infligent Veunac et Lafite devrait se constituer à chaque conseil. Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq, Édouard Chazouillères ou Anne Pinatel n’ont pas dit des choses inintéressantes, mais sont toujours intervenus avec une volonté de modération dans leurs propos qui nous laisse sur notre faim face à la duplicité de la majorité municipale.

Nathalie Motsch a semblé parfois bien seule face à une majorité qui ose tout.

Il y avait pourtant de quoi hurler dans ce conseil municipal où la volonté de tromper les élus et les Biarrots, la désinformation systématique, les cachotteries, demi-vérités et autres manœuvres insupportables ont été de mise toute la soirée. À quand un fonctionnement normal et respectueux de la démocratie ? Et ce n’est pas la phrase malencontreuse de Veunac sur « l’esprit de Noël », ce qui lui a valu une bronca du public et la consternation de ses propres troupes, qui pouvait donner le sentiment d’une gouvernance apaisée et digne.  

Une fois de plus, seule Nathalie Motsch, technique mais aussi politique et tellement limpide dans ses démonstrations, a eu le courage de monter au front pour tenter d’arrêter l’irréparable, rejointe dans certaines de ces critiques par l’inoxydable Hervé Boissier et par… Jean-Benoît Saint-Cricq qui lui aussi s’est efforcé de mettre en garde le duo de prestidigitateurs Veunac-Lafite contre leur inconscience juridique.

Villa Sion : c’est le moins-disant qui l’a

Et commençons par une question simple pour vérifier vos futures aptitudes d’élus. En effet, il n’y a qu’une dizaine de listes à Biarritz et vous avez encore largement le temps de monter la vôtre. Si deux acquéreurs se manifestent pour le studio que vous vendez, l’un vous proposant 200 000 euros et l’autre 170 000 euros, avec qui signez-vous ? Vous avez répondu avec celui qui offre 200 000 euros ? Passez votre chemin, vous n’êtes pas fait pour la politique !

En ce qui concerne la fameuse villa Sion, que la Ville voulait vendre au prix des Domaines, soit 980 000 euros avec le parc puis 1,1, million d’euros sans le parc (Comprenne qui pourra !) avant qu’Édouard Chazouillères n’obtienne le report de la délibération, deux offres sont parvenues, l’une à 2 millions d’euros et l’autre à 1,7 millions émanant de la société Alaéna Cosmétiques, avec à la clé la promesse d’une trentaine d’emplois crées. Que cette deuxième offre retienne l’attention de politiques responsables ne pose pas de problème, à condition que tout soit transparent. Or, une fois de plus, les conseillers municipaux n’ont pas eu la moindre information sur la société concurrente ni le détail de l’appel d’offres. Et voilà comment on s’assoit sur 300 000 euros qui pouvaient entrer dans l’escarcelle municipale sans avoir le moindre élément d’information !

https://jeanyvesviollier.com/2018/09/30/la-villa-sion-un-nouveau-bigueyrie/

Successivement proposée à 980 000 euros puis à 1,1 million d’euros, la villa SIon va sans doute partir pour 1,7 million d’euros alors qu’un acquéreur en proposait 2 millions d’euros. Pourquoi ce choix surprenant? La mairie n’a daigné donner aucune réponse.

… Mais s’il n’y avait que cela. Si vous êtes un citoyen ordinaire vendant votre studio, vous allez faire en sorte que tous les contentieux juridiques possibles avec vos voisins soient réglés avant de vendre. Démonstration, une fois de plus, que vous n’êtes pas fait pour la politique. Pierre Delalonde, le propriétaire du Château-Boulart, l’ancien « ami personnel » du maire qui fait percer des sorties sans accord sur le parc municipal, a déposé deux recours juridiques contre cette vente. Mais Veunac et Lafite balaient tout cela d’un revers de main en disant que « les juristes de la Ville sont confiants et qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter ».

Un point de vue qui va faire sursauter les deux avocats présents dans la salle. Nathalie Motsch conseille à la Ville de surseoir à sa décision, avis partagé par Jean-Benoît Saint-Cricq. Les deux soulignent aussi qu’une quarantaine de voitures vont être autorisées chaque jour à stationner dans le parc appartenant à la Ville, alors que les règlements municipaux imposent une place de parking pour 60 mètres carrés. « Cet avantage a été négocié dans le prix » balaie d’un revers de main Mimi-Imperator qui va se faire des copains avec toutes les victimes des pruneurs fous de Streeteo.

Et la farce continue, la majorité municipale mentant avec un aplomb sidérant : « Ce bien n’est pas utilisé depuis deux ans et est une charge pour la Ville » affirme Veunac. Effectivement, on a viré dare-dare les associations qui fréquentaient la villa Sion et tenté de le vendre en douce à un propriétaire-ami, qui désormais fait des recours contre la Ville. Sentant son maître en difficulté, Peio Claverie en fait dix louches : « On a sorti les associations du bâtiment pour raison de sécurité ! ». Rappelons donc à notre cireur de pompes municipales qu’à l’époque le directeur de cabinet de Michel Veunac, Guillaume Snollaerts, résidait villa Sion et qu’il  ne s’est jamais plaint d’occuper un galetas.  

«  Quand c’est pas clair, c’est qu’il y a un loup ! »  aime à répéter Martine Aubry. Dans le cas de Biarritz, ce n’est pas un loup solitaire mais une meute entière qui sévit à chaque délibération municipale.

Ne leur achetez pas une voiture d’occasion !

Et l’on en vient à L’Hôtel du Palais, dossier traité délibérément à plus de 22 heures, en misant sur la légitime fatigue des conseillers municipaux. En 2018, tout était clair. Veunac et Lafite nous détaillaient leur mirifique opération pour éviter un prêt bancaire alors que L’Hôtel du Palais devait être rénové : confier un bail emphytéotique de 75 ans à la Socomix pour la rendre sexy et qu’elle puisse emprunter l’argent nécessaire. Autrement dit, une façon éhontée de planquer la dette municipale sous le tapis, en perdant le contrôle du palace et en laissant entrer JC Decaux dans le montage financier, le puissant homme d’affaires guettant le moment où la Ville ne pourra plus suivre financièrement pour s’emparer du palace à bon compte.

Mais le savant ravaudage imaginé par l’énarque qui ne se trompe jamais mais n’arrive pas à duper grand monde avec ses invraisemblables raccommodages n’aura même pas tenu jusqu’au prochain mandat électoral. La Compagnie Financière du Louvre a décidé de quitter le navire et pour ne pas perdre le contrôle de l’entreprise, il faut racheter ses actions à hauteur de 1,7 millions d’euros, somme que notre génie financier qui aime Veunac, Didier Guillaume et les Biarrots, souhaite emprunter, tout en nous annonçant que la Caisse des Dépôts et Consignations désire entrer dans la capital et racheter les actions. Vous avez suivi ? Ce n’est pas grave car ce qu’on nous explique n’est probablement pas la vérité ! Nathalie Motsch, dénonce à juste titre « L’Arlésienne » que constitue cette Caisse des Dépôts et Consignations, toujours annoncée et jamais présente, comme si Veunac et Lafite étaient capables de nous baratiner quelque peu…

Quant au citoyen vendeur de studio qui ne comprend pas pourquoi, lorsqu’on est sûr de toucher 1,700 million d’euros avec la vente de la villa Sion, (dixit Veunac) on emprunte 1,750 million d’euros à la banque pour racheter des actions de l’Hôtel du Palais, actions qui, de surcroît, doivent être rachetées immédiatement par un autre établissement, nous avons la démonstration qu’il n’est décidément pas fait pour la politique.

Bisque, Bisque, Basque ! pour sa part a trop de respect pour la lucidité, l’abnégation et le sens de l’argent public de nos actuels dirigeants pour s’imaginer que la vérité puisse être autre que celle exprimée dans l’enceinte du conseil municipal.

Avec tout de même une certitude : si Lafite ou Veunac me proposent de racheter une voiture d’occasion, je crois que je vais passer mon chemin, tant est grande la conviction que le compteur sera trafiqué et les révisions négligées.

 

 

 

 

 

 

 

 

Schneck et Motsch donnent l’exemple

Enfin un peu de bon sens dans ce monde de brutes avec une alliance entre deux candidats préoccupés d’éthique !

Dans mon village natal, lorsque deux enfants d’une fratrie se chacaillaient, il y avait toujours un adulte pour se tourner vers le plus âgé des belligérants en affirmant : « Tu es le plus grand, tu dois être le plus raisonnable ». Propos qui avait le don suprême d’agacer l’aîné que j’étais. J’ignore si Jacques-André Schneck a entendu cette phrase lors de son enfance, mais force est de constater que le premier candidat déclaré sait mettre ses actes en accord avec ses propos. Sur sa page Facebook, l’ancien énarque n’a cessé de prôner l’alliance des forces vives de la Ville, seul moyen d’empêcher une réélection de Michel Veunac et il paie de sa personne en rejoignant avec ses troupes l’équipe de Nathalie Motsch.

Avec la sincérité qui le caractérise, le candidat reconnaît dans Sud Ouest (19/12) que ne plus être en première ligne, « demande de passer par-dessus une blessure d’ego. Mais cette démarche résonne avec ma vision de l’intérêt général. Rejoindre Nathalie Motsch, c’est une manière de rendre mes actes conformes à ma parole. » Redevenant politique, Jacques-André Schneck précise sa pensée, persuadé que la candidature de Didier Guillaume change profondément la donne électorale : « Il n’est pas heureux à mon sens que les Biarrots n’aient de facto le choix qu’entre deux listes en raison de l’éparpillement des autres. Il faut proposer un troisième choix et pour moi seul le regroupement entre candidats locaux peut offrir ce choix. »

Nathalie Motsch de son côté, candidate investie par l’UDI, se réjouit du large rassemblement qu’elle est en train de créer : « Nous sommes dans une élection municipale, il faut construire un projet pour l’avenir de Biarritz, nous nous devons de dépasser les clivages politiques. Et tout ce beau monde collabore pour un vrai beau projet crédible et réalisable pour Biarritz, c’est le seul objectif qui nous anime. »

« Il en va du salut de Biarritz »

Soucieux de déontologie, pragmatiques et efficaces, les deux candidats partagent à l’évidence nombre de valeurs communes et ont la même lecture politique de la situation actuelle. « Il faut que les autres candidats locaux entendent bien que la division les dessert et fait le jeu du maire sortant notamment » affirme Jacques-André Schneck, tandis que Nathalie Motsch le complète : « l’offre politique est illisible aujourd’hui pour les Biarrots et je trouve cela dommageable pour l’avenir de Biarritz. Les ambitions personnelles sont à mettre de côté, la situation ne s’y prête pas, nous ne pouvons revivre un mandat comme celui que nous venons de vivre, il en va du salut de Biarritz. »

Il est effectivement ahurissant qu’un maire de 74 ans qui a offert pendant six ans aux Biarrots le spectacle d’une majorité indigne s’empoignant joyeusement à la moindre occasion, d’un maire sans compétence et exerçant le pouvoir en solitaire, d’un politicien roué obligé d’exhiber comme prise de guerre le falot Jean-Baptiste Lemoyne pour tenter de faire croire que tout va changer, puisse être en mesure de se représenter.

L’alliance entre Nathalie Motsch et Jacques-André Schneck, alliance qui, souhaitons-le, en préfigurera d’autres, doit sérieusement amener à s’interroger tous ces candidats qui, faisant passer leur ego avant l’intérêt des Biarrots, affirment encore qu’ils veulent savoir combien ils pèsent au soir du premier tour avant de décider à qui ils vont se rallier. Personne ne perd son temps à peser un fétu de paille et le 15 mars, au soir du premier tour, il sera beaucoup trop tard pour créer des alliances qui ne duperont personne, à l’image de Brisson et Saint-Cricq en 2014. Avec le résultat que l’on connaît.

 

 

« Quelqu’un de chez nous »

La candidature du ministre de l’Agriculture fait enrager tous ceux qui ne voient pas plus loin que leur chauvinisme.

La Une de Sud Ouest du 10 décembre.

Sauf à avoir vécu depuis le jour de sa naissance dans son village natal, on a tous pratiqué le parachutisme à un moment ou l’autre de son existence que ce soit pour des raisons scolaires, professionnelles ou électorales. Merci donc a tous ceux qui m’ont copieusement insulté après la publication de « Guillaume pose ses couilles sur la table » avec des attaques qui volaient parfois… en dessous de la ceinture. Je leur dois un délicieux dimanche, tellement leur colère et la faiblesse de leur argumentation m’ont fait rire et rappelé ces matches de rugby disputés en terre adverse où le public me sifflait pour quelques marrons distribués et sublimait complètement le joueur médiocre que j’étais.

Pour principal exemple, ce général local, bon copain de surcroît, qui s’est efforcé de faire coup double en un seul SMS, histoire d’économiser les cartouches, m’alignant et alignant le directeur de La Semaine en ayant visiblement complètement oublié comment doit fonctionner  la presse d’opinion. Mais peut-être a-t-il tout simplement peur que son épouse  ne soit pas réélue avec la nouvelle carte électorale qui se dessine ?

Non, Bisque, Bisque, Basque !, pas plus qu’il n’a été auparavant celui de Nathalie Motsch, n’est devenu le porte-parole de Didier Guillaume en affirmant que la candidature du ministre de l’Agriculture changeait complètement la donne et faisait bouger les lignes. Mais j’ai bien conscience qu’avec mon général favori, un mot de plus et c’était la corvée de bois. À quoi tient un destin !

Saga vendéenne

Et tout d’abord pour clôturer ce débat que je trouve totalement scandaleux sur les « purs Biarrots », les « à peu près Biarrots » et les « pas du tout Biarrots », discours que je récuserai toujours car on voit où il peut nous conduire au niveau national, quelques bribes de mon histoire familiale.

En 1954, ma famille labourait encore la terre avec des boeufs.

En 1932 mon grand-père,  alors âgé de vingt-cinq ans, n’arrivant plus à vivre de la minuscule ferme familiale héritée de ses parents qu’il cultivait avec son jeune frère en Vendée du côté de Bourg-sous-La-Roche, décide de tout vendre et de reprendre comme métayer une ferme abandonnée depuis trente ans, juste à côté de Saintes, à La Chapelle-des-Pots. Les deux frères, mais aussi ma grand-mère, ses parents et beaux-parents feront à pied les 140 kilomètres qui séparent les deux communes avec les six vaches qui étaient leur seule fortune. Dormant dans les fossés, laissant au bétail le temps de paître, ma famille mettra une semaine pour accomplir ce périple et arriver dans un village beaucoup plus riche que le sien où elle se fera traiter de « Ventrachoux », le surnom aimable que les Charentais donnaient aux Vendéens. Malgré cela ma famille fera petit à petit sa place au soleil, avec mon grand-père qui sera remobilisé pendant la guerre et obtiendra en tant que sergent-chef plusieurs citations pour faits de bravoure. Il me semble même qu’il était croix de guerre, mais les breloques ne nous intéressant guère dans la famille, j’ai trop peur de mon général favori pour l’affirmer.

Conseiller municipal à la Libération, il deviendra premier adjoint pendant deux mandats  et, au moment où le maire à qui il est resté fidèle jusqu’au bout  passera la main (Voilà qui nous change de Biarritz !), il postulera pour l’écharpe tricolore.

Élu en  1965 maire de sa commune sur un score étriqué, trente-deux ans après son arrivée dans ce village charentais, il racontera jusqu’à sa mort combien il avait été blessé par les propos de bons copains qui lui avaient affirmé pendant la campagne électorale : « Auguste, on ne peut pas voter pour toi. Tu es un migrant ».

Pour toutes ces raisons, et vous pouvez bien tempêter et tambouriner autant que vous voulez, je ne reprocherai jamais à Didier Guillaume ses origines, car la question qui m’importe est de savoir s’il est un bon maire potentiel pour Biarritz. Sachant que si j’estime qu’il est nul, je l’écrirai aussi sans le moindre état d’âme. Pour ma part, résidant depuis quinze ans à Biarritz, je me considère toujours comme un invité du Pays basque, ce qui ne m’empêche, comme la loi m’y autorise et comme doivent le faire les journalistes d’opinion, à donner haut et fort mon avis. Sachant qu’un non-parachuté qui n’a jamais rien vu, rien vécu et n’a jamais quitté son village ne me paraît pas plus attirant qu’un parachuté plein d’envie.

Voici donc, par « quelqu’un qui n’est pas de chez nous », mais qui professionnellement a vécu nombre d’élections, ma lecture de la partie électorale qui est en train de se jouer.

Le G7 a tout faussé

Se déclarer candidat avant ou après le G7 ? Seule Maïder Arostéguy s’est lancée dès juin et a eu un peu de temps pour ratisser la Ville. Pour tous les autres qui sont partis après le G7, il était difficile de prévoir qu’ils allaient se retrouver au centre d’une « drôle de guerre » ne leur laissant que peu de visibilité. En effet, avec le sens de la manoeuvre consommé qu’on lui connaît, Veunac a mobilisé l’attention de tous en faisant semblant d’hésiter (Certains dans ce blog m’ont parié jusqu’à 100 euros qu’il n’irait pas !), puis en multipliant les voyages à Paris pour tenter de négocier l’investiture tandis que Macron souhaitait le débrancher en douceur. Puis en exhibant comme une prise de guerre le pâlichon secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne, tandis que Didier Guillaume se tortillait de plus en plus sur son tracteur ministériel pour tenter de faire savoir que Biarritz l’intéressait. Et pendant ce temps, les candidats déclarés, à l’abri de la mitraille derrière les fortifications de la ligne Maginot, comptaient les semaines sans pouvoir se permettre la moindre sortie ni la moindre visibilité.

Les cigales locales se trouvent soudain fort démunies

Certains messages de candidats ou candidates déclarés,  très vindicatifs à mon égard, ne m’ont guère étonné. La politique est une discipline cruelle, une des activités humaines les plus injustes avec le sport, car ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne. Max Brisson peut en parler. L’alignement des planètes fait que parfois l’échec sera au bout de la campagne électorale, même si on est excellent. Je comprends que, quand on travaille à longueur de journée pour l’emporter, que l’on engage des frais de campagne importants pour sa permanence et sa communication, on frémisse en voyant tous ses efforts mis à mal.

Mais même si le temps de l’instrospective cruelle n’est pas encore venu pour ces candidats, j’estime pour ma part qu’ils ont une grande part de responsabilité dans la situation surréaliste que connaît Biarritz et je leur conseille d’urgence de relire la fable de La Fontaine « La cigale et la fourmi ».

En effet, à l’exception notable de Jacques-André Schneck qui depuis le premier jour prône la nécessité d’alliances pour vaincre Veunac, chacune des cigales locales a cru que la bataille allait être relativement facile avec un Veunac démonétisé et peinant à faire sa liste. Chacun s’est imaginé vainqueur et tout le monde a chanté tout l’automne en attendant de danser au printemps, proposant aux autres des alliances à la condition expresse d’être tête de liste et que les autres candidats intègrent le rang.

À se demander pour l’observateur extérieur si ces candidats, qui prônent tous une nouvelle façon de faire de la politique, qui affirment tous qu’un nouveau mandat de Veunac serait catastrophique et qui nous promettent tous moralisation de la vie publique à gogo, nouvelle gouvernance et respect des droits de l’opposition, ne s’aiment pas en définitive beaucoup plus qu’ils n’aiment les Biarrots et ne sont pas beaucoup plus préoccupés par le devenir de leurs fonds de commerce que par une gouvernance de salut public pour permettre à Biarritz de sortir de l’ornière.

La nature a horreur du vide et Guillaume s’engouffre

Ils ne l’avoueront jamais, car ce serait terrible pour eux, mais c’est leur incapacité à s’allier, à avancer ensemble et le risque majeur que Veunac soit réélu, avec leurs divergences à deux sous d’habitants d’un village gaulois, qui a provoqué la déclaration de candidature de Guillaume. En politique, le vide ne pardonne pas. Macron l’a compris en 2017 quand il a vu l’espace entre un parti socialiste exsangue et des Républicains à la ramasse. Didier Guillaume fait de même et comment lui donner tort ? Tous les supporters des écuries déclarées peuvent bien s’agiter désormais sur les évolutions politiques du ministre de l’Agriculture, sur son absence d’implantation locale ou sur les défaillances de ses soutiens, cette candidature fait considérablement bouger les lignes et oblige les candidats déclarés à un sacré examen de conscience.

Bisque, Bisque, Basque ! n’a pas de boule de cristal, ne connait pas le candidat Guillaume pour savoir s’il tient la route ou non. Mais quand une personnalité de niveau national, de surcroît vieux routier de la politique, décide de se lancer dans l’arène biarrote , difficile de ne pas s’intéresser à ce qu’il va dire et à ce qu’il propose. Et qu’on ne vienne pas nous sortir l’argument du parachuté dont on sait ce que je pense. Si Antoine Dupont ou Gaël Fickou décidaient de venir jouer pour le BO, est-ce qu’on les refuserait sous prétexte qu’ils ne sont pas Biarrots d’origine ?

Une joute électorale qui se bipolarise, qu’on le veuille ou non

Et l’on reste parfois confondu par la naïveté affichée de cetains candidats. Quand un ministre et un secrétaire d’État, issus du même parti, s’affrontent dans la ville qui a accueilli le G7, comment voulez-vous que les médias locaux mais aussi nationaux ne s’intéressent pas à la joute ? Guillaume Barucq a raison dans un tweet publié aujourd’hui de déplorer que le duel Lemoyne-Guillaume rende « les autres candidats invisibles », mais c’est un fait inéluctable et les imprécations n’y changeront rien. Il a tort quand il s’est imaginé, étant bien avec tout le monde, qu’il pouvait devenir un faiseur de roi au soir du premier tour.

Dans une ville qui compte 22 500 inscrits sur les listes électorales, dont beaucoup de résidents secondaires votant à Biarritz mais peu au fait de la vie politique locale, ce duel entre membres du gouvernement va « mécaniquement » affaiblir les autres listes. La tentation de voter « utile » dès le premier tour sera grande.

Je ne me réjouis nullement de cette situation mais c’est un fait. Et en dehors d’une alliance de dernière minute entre les Arostéguy, Motsch, Barucq, Schneck et éventuellement Tardits, alliance qui paraîtra sans doute suspecte aux électeurs car bien trop tardive, chacun en restant enfermé dans son pré carré me paraît en grand péril.

Même si dans une élection tout reste possible jusqu’au soir du deuxième tour, ce qui nous a valu un désastre absolu de six ans avec Veunac et Lafite. Franchement, vous avez envie qu’on recommence les mêmes erreurs ?