RamDam 64-40 est décidément tout terrain

La réunion publique de l’association citoyenne a été l’occasion d’échanges passionnants et d’une parole très apaisée entre élus et citoyens.

Et dire que ce nouveau-né prometteur a tout juste vingt-deux mois ! À RamDam, ce n’est pas parce qu’on marche à peine qu’on a peur de la difficulté : faire une réunion publique un jour de pluie basque, dans un lieu bayonnais peu connu du grand public (beaucoup se sont perdus du côté de l’université !) et pendant les vacances scolaires, c’est faire le pari d’une salle vide. Merveilleuse surprise, plus de soixante-dix personnes avaient pris place jeudi soir dans l’amphithéâtre du conseil permanent de la Communauté d’Agglo pour mettre, comme convenu, leur grain de sel dans les futures élections municipales. RamDam 64-40 militant pour que les élus s’engagent et non pour qu’ils dégagent, de nombreux candidats ont honoré ce rendez-vous citoyen, comme Jean-Claude Iriart et Sophie Bussière, Colette Capdevielle, François-Xavier Menou, Nathalie Motsch, Jacques-André Schneck ou Corine Martineau ainsi que de nombreux candidats des Landes.

Est-ce la proximité de l’échéance électorale qui rend tout le monde soudain attentif et à l’écoute des autres ? Tous les élus jouent le jeu en évitant de dérouler leur programme et en faisant des propositions particulièrement intéressantes, destinées à alimenter la future « lettre d’engagement » et la proposition de MDI (Minimum Démocratique Indispensable) que RamDam 64-40 souhaite faire parvenir mi-décembre aux têtes de liste des agglomérations des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Et les « simples citoyens » ne se gênent pas pour faire eux aussi des propositions ébouriffantes.

Première énorme surprise, alors que l’idée d’un contrôle citoyen faisait encore hurler les politiques il y a dix ans, les élus sont désormais unanimes pour estimer que l’action des politiques doit être supervisée par les citoyens. C’est le choix de la méthode qui suscite le débat. Jacques-André Schneck, candidat à Biarritz souhaite nommer un déontologue, tandis que Nathalie Motsch, elle aussi candidate à Biarritz, s’engage à organiser au bout de deux ans de mandat une enquête de satisfaction et promet une « gouvernance partagée » avec un organisme indépendant disposant d’un droit de veto sur les futurs projets municipaux. D’autres parlent de « conseil des sages » ou de citoyens tirés au sort pour superviser l’action municipale.

Le président Michel Gellato, par ailleurs rédacteur du journal satirique « Le panier à salades », n’a pas manqué de mettre son grain de sel dans le débat.

Le respect de l’opposition fait aussi l’unanimité, alors que les exemples palois ou biarrots choisis par RamDam 64-40 montrent qu’on en est fort loin. Jean-Claude Iriart affirme qu’un membre de l’opposition sera systématiquement présent dans toutes les commissions importantes de la Ville, tandis qu’un autre participant suggère que le principal opposant de la majorité municipale soit automatiquement nommé à la tête de la commission des Finances pour qu’un contrôle effectif des dépenses soit effectué.

Les idées fusent de tous côtés et le président Gellato, en s’efforçant de tout noter, est à la peine tant les propositions abondent,. Le cumul des mandats, le manque de transparence, le favoritisme sont évoqués. Colette Capdevielle approuve sans réserve, « même si cela coûte cher », la publicité systématique des débats pour les grandes métropoles et la possibilité que tous puissent les suivre sur Internet. François Amigorena fait rire tout le monde en racontant comment il a dû batailler en 2014 pour convaincre Michel Veunac de laisser filmer les conseils municipaux. Qui aurait mesuré l’étendue du désastre sans cet indispensable outil de la démocratie ?

Les lenteurs de la Justice, la possibilité d’accéder aux documents administratifs grâce à la CADA, mais aussi les prises illégales d’intérêt sont passées en revue.

Un des participants, saisi d’enthousiasme, propose même que RamDam 64-40  dépose des projets de lois au Parlement pour aider à la représentation des citoyens face aux élus. RamDam va en parler à Richard Ferrand mais a conscience d’avoir encore un peu de travail devant lui.

Seul regret de cette soirée véritablement enthousiasmante, alors que Mediabask et La Semaine du Pays basque étaient présents, Sud Ouest a boudé RamDam 64-40 et n’a même pas daigné répondre ni à mes mails ni à mes coups de téléphone.

Mais dans ce dur métier de journaliste, on ne peut pas tout faire : compter les palombes et s’intéresser aux actions citoyennes.

Le débat a été animé par Dominique Lapierre, farouche surveillant des dérives landaises.

L’ex-députée Colette Capdevielle considère que toutes les villes d’importance doivent permettre l’accès aux conseils municipaux par la vidéo.

 

Ce n’est qu’un début, le RamDam continue

À l’occasion de sa première réunion publique, l’association RamDam 64-40 a connu une grosse affluence. La moralisation de la vie publique devient l’affaire de tous.

Les pronostiqueurs les plus téméraires estimaient que la « petite » association RamDam 64-40 pourrait rouler des mécaniques si elle réussissait un mardi de septembre à 18 heures, horaire pas très facile à l’évidence, à remplir l’équivalent de trois cabines téléphoniques. Grosse surprise donc, à la maison des Associations de Biarritz, où il a fallu rajouter des chaises, puisque quatre-vingts personnes avaient fait le déplacement. Démonstration que la moralisation de la vie publique n’est pas seulement le dada de quelques illuminés, mais préoccupe de plus en plus les citoyens.

Biarritz, Ciboure, Urrugne, Ascain, mais aussi Lahonce, Villefranque, Ondres, Dax, Pau ou Oloron ont déjà été l’objet en 2017 des attentions de l’association RamDam 64-40 qui se propose de mailler de plus en plus le territoire des Landes et des Pyrénées-Atlantiques. Nombre de citoyens ou représentants d’association sont venus raconter les difficultés qu’ils rencontraient pour obtenir des informations et contrôler des élus en dehors des périodes électorales.

MIchel Gellato, à gauche, et Dominique Lapierre au micro. ( Photo Daniel Velez )

Un propos repris par Dominique Lapierre et Michel Gellato, respectivement président et trésorier de RamDam, qui s’étonnent que les débats de la communauté de communes du Pays basque ne soient pas accessibles par Internet, alors qu’ils sont filmés et qui déplorent que trois ans de marchés publics demeurent invisibles.

Le président de la communauté d’agglomérations Jean-René Etchegaray s’est engagé à rencontrer les représentants de RamDam 64-40 et se fera un plaisir de répondre dans quelques jours aux nombreuses questions évoquées par la salle.

( Photo Daniel Velez )

Les politiques ne sont pas « tous pourris », contrairement à ce que répètent à l’envi certains partis extrémistes, mais le « nouveau monde » promis par Macron est encore fort loin et les citoyens doivent faire preuve de la plus extrême vigilance à l’égard de leurs élus. Ainsi que de compétence car on les noie volontairement sous un jargon technocratique pour qu’ils ne s’approchent pas de la vérité.

En attendant en décembre 2018, la remise des klaxons d’or, d’argent et de béton, récompensant les élus les plus désinvoltes (et il y en a !), ainsi que les harpes pour les élus qui auront manifesté un véritable sens de l’intérêt général, vingt-sept des participants de cette réunion ont manifesté le désir de devenir sympathisants ou adhérents de RamDam 64-40, ce qui démontre à quel point des pratiques qui ont été tolérées pendant des années ne sont plus acceptables en 2018.

Devenir sympathisant ou adhérent de RamDAM 64-40

Plusieurs élus ou personnalités impliquées dans la vie publique sont venus assister à cette première réunion publique, comme François-Xavier Menou, suppléant de Vincent Bru, Mathieu Accoh pour la France Insoumise, Hervé Boissier et François Amigorena, conseillers municipaux de Biarritz, ou Philippe Morel, membre-fondateur de RamDam qui vient de reprendre du service comme secrétaire départemental de l’UDI. Gentleman Philippe, pour lequel nous éprouvons tous beaucoup d’affection à RamDam, a d’ailleurs profité de cette réunion publique pour annoncer qu’il quittait le bureau pour rester simple membre, car il y a à ses yeux incompatibilité entre un engagement militant et un engagement à RamDam.

Effectivement, nous ne souhaitons pas à RamDam avoir des citoyens engagés en politique comme membres actifs, cat tôt ou tard surgiraient des conflits d’intérêt. C’est pour cette raison que nous avons créé deux niveaux d’adhésion.

Celui qui le souhaite et partage notre combat peut devenir sympathisant moyennant 20 euros annuels. Les sympathisants participeront à la désignation des klaxons et des harpes RamDam et recevront tous les deux mois une lettre d’informations détaillant nos actions.

En ce qui concerne les adhérents, nous espérons devenir une sorte de centre de formation permanent de « vigies républicaines » qui surveillent une partie du territoire local et alertent en cas d’anomalies. Pour que l’équilibre des sensibilités politiques soit respecté au sein de l’association et pour que les membres actifs soient véritablement… actifs et ne se mettent pas en péril dans le cadre de leurs activités professionnelles, toutes les adhésions sont soumises à un entretien et un vote des membres du bureau.

Si vous voulez devenir sympathisant ou adhérer, il vous suffit de nous adresser un mail à : ramdam6440@gmail.com

 

 

 

À Ondres, on est sérieusement outillé

Il ne faut pas remonter bien loin dans l’arbre généalogique de chacun d’entre nous pour retrouver des ancêtres paysans. Les journées du patrimoine offrent donc une magnifique occasion de vivifier ses racines. Présentée il y a deux ans, et encore améliorée depuis, cette collection d’outils anciens, visible à Ondres samedi et dimanche, propose un merveilleux voyage à travers le temps et les régions de France.

Collectionneur passionné qui met la même minutie à traquer l’outil improbable pour enrichir sa collection qu’à détecter les approximations des élus en tant que président de RamDam 64-40, Dominique Lapierre détaille soigneusement chaque objet et explique son usage.

Grâce à Dominique, j’ai enfin pu comprendre l’usage qui était fait de certains outils présents à la ferme familiale et dont personne ne semblait plus se servir. Une visite inoubliable.

À Ondres aussi, le maire agite la matraque judiciaire

Encore une nouvelle tentative d’intimidation de Bisque, Bisque, Basque !

Éric Guilloteau, le maire d’Ondres, aime les journalistes… Surtout quand ils marchent au pas.

Ancien élu d’opposition à Ondres, démissionnaire depuis, Dominique Lapierre, membre d’Anticor a fait parvenir la semaine dernière une lettre à Bisque, Bisque, Basque ! Suite à une audience au Tribunal administratif de Pau, le 28 juin dernier, il racontait sa surprise d’avoir été débouté, alors qu’un membre de la majorité municipale a participé à un débat concernant le Plan Local d’Urbanisme (PLU), ce qui est interdit par la loi puisqu’il était directement concerné. Et l’ancien responsable de la sécurité des courses automobiles au ministère des Sports concluait, un peu amer : « La prochaine loi de moralisation de la vie publique, chère à l’éphémère ministre de la justice béarnais, semble vouloir zapper le niveau de la politique locale pourtant bien gangrénée. À en juger ceux qui se sont fait prendre les doigts dans le pot de confiture à Lahonce, Biarritz, Urrugne ou Ciboure notre sud-ouest va-t-il devenir le pays de cocagne pour les élus peu scrupuleux dont le patrimoine prospère au fil des mandats ? »

Intéressé par le sujet, Bisque, Bisque, basque ! publie la lettre sans se douter qu’il va s’attirer les foudres du maire Éric Guilloteau, qui menaçe immédiatement l’auteur du blog d’un procès en diffamation si l’article n’est pas immédiatement retiré. Et sur quel ton !

Le plus suavement possible, Bisque, Bisque, basque ! qui a connu un paquet d’agités politiques dans sa vie antérieure, s’efforce de lui répondre :

Se rendant compte qu’il a peut-être ignoré quelques règles élémentaires de bienséance, Éric Guilloteau se fait plus aimable au téléphone. Il m’explique que la justice lui a donné raison, m’adresse des documents le prouvant, mais, au lieu de faire usage d’un droit de réponse comme le prévoit la loi, le cowboy landais qui brandit la menace judiciaire plus vite que son ombre, continue à évoquer un procès en diffamation si je ne retire pas l’article. Ce que je ferai à contre cœur, ignorant encore à ce moment le verdict du procès m’opposant à Hubert de Caslou (Lire l’article au-dessus).

Mais il y a décidément, chez cet élu socialiste un goût certain pour le rapport de force et ce n’est pas le maire communiste de Tarnos, Jean-Marc Lespade qui dira le contraire. Quelques heures plus tard, je recevrai un troisième mail où il concède une erreur, mais explique que la modification du PLU a conduit l’élu concerné à… un appauvrissement.

Puis il en revient à sa tête de turc favorite, Dominique Lapierre, avant de clamer son mépris pour les médias locaux, qui ne « ressortent pas grandis » de cette affaire, puisqu’ils ne sont pas d’accord avec le maire de Ondres.

Bisque, Bisque, Basque ! estimant que les tribunaux sont déjà suffisamment engorgés, se gardera de publier les dernières lignes du mail reçu, totalement injurieux pour Dominique Lapierre, car ils pourraient valoir de sérieux ennuis au premier magistrat d’Ondres. Et comme il vaut mieux rire de tout, même avec ceux qui manquent parfois sérieusement d’humour, Bisque, Bisque, Basque ! a retrouvé le magazine municipal numéro 65, daté de décembre 2015 où le maire y va de son couplet sur la liberté d’expression.

https://www.ondres.fr/ville-ondres/wp-content/uploads/2015/12/Magazine-Municipal_n65_decembre2015.pdf

Encore un maire qui n’hésite pas à dire « Je suis Charlie ! » … mais uniquement quand la liberté de la presse ne le dérange pas.