Les appliqués, les fumistes et le gros lourd

Ce deuxième conseil municipal sur le budget a donné lieu à des échanges fructueux. Malgré certaines absences discutables et un Destizon décidé à faire son intéressant.

À l’aise et maîtrisant ses dossiers, Maïder Arostéguy a su créer une ambiance de dialogues et d’écoute réciproque.

Ôtez-moi d’un doute pour le cas où Alzheimer aurait fait une visite impromptue : la liste conduite au printemps par Nathalie Motsch s’appelait bien, avec une immodestie certaine, « Biarritz en a besoin » et non « Biarritz par-dessus la jambe » ? Hier soir, lors d’un conseil municipal de très belle tenue qui nous ferait presque oublier les errances et autres approximations de Mimi-la-Malice et ses troupes, il y avait de quoi avoir mal au ventre pour tous les gens de qualité qui étaient présents sur la liste de « Calamity Nathalie », en constatant que pour la deuxième fois consécutive leur championne avait donné son pouvoir à Sébastien Carrère et joué les filles de l’air. Comme aurait dit Chevènement, « Un élu, ça fait le job ou ça démissionne ».

Agacement similaire en ce qui concerne le Monsieur météo de TF1, Louis Bodin, absent pour la deuxième fois en deux conseils municipaux. Même si son cas est moins grave que celui de Nathalie Motsch, puisque simple godillot de la majorité, il est exaspérant de constater que les Biarrots crient au « parachuté » quand un ministre envisage d’être candidat dans une ville qu’il pratique depuis trente ans, mais sont en émoi comme des midinettes lors de leur premier bal en voyant le « grand nom parisien » qui va embellir l’affiche, alors que tout le monde sait qu’il sera trop pris par ses activités professionnelles pour consacrer du temps à Biarritz. Et quand je m’étonne sur Twitter de son absence, son beau-père Jean-Bernard Pinatel sort le fusil mitrailleur : « Il apporte son expérience et son conseil à l’adjoint à l’environnement. À l’heure du travail à distance, c’est tout à fait amusant de voir ce genre de réflexion ». Drapeau blanc, Jean-Bernard, mais que je sache le poste de conseiller municipal en télétravail n’a pas encore été prévu par la Constitution.  Et il n’est pas obligatoire d’occuper un mandat pour aider une ville.

Chazouillères explique au lieu de pérorer

Édouard Chazouillères s’est montré plutôt pédagogue et intéressant, mais visiblement certains préfèrent lire le journal.

Mais revenons plutôt aux bons élèves de cette rentrée au lieu de nous intéresser aux fumistes. Tous ceux qui passent actuellement leurs après-midis à la plage confirmeront sans doute une rumeur venue du personnel de la mairie : ce ne sont pas les coups de soleil qui gênent beaucoup Maïder Arostéguy et sa majorité. De mémoire de fonctionnaire territorial, il y a longtemps que l’on n’avait vu une équipe se mettre au travail avec une telle ardeur et impliquer autant les services qui sont globalement ravis de ce bol d’air frais. Bisque, Bisque, Basque ! se gardera bien de toute conclusion anticipée, les bonnes résolutions de la rentrée s’étiolant parfois au cours d’un mandat, mais il est évident que pour rectifier en trois semaines, compte-tenu du Covid, les orientations budgétaires il a fallu que les élus et les services se mobilisent sacrément.

Au lieu des péroraisons autosatisfaites de Guy Lafite et des sentences aussi creuses que définitives de Michel Veunac, nous avons eu droit de la part du maire, d’Adrien Boudousse son premier adjoint, et surtout du « ministre des Finances » Édouard Chazouillères à des explications limpides sur le budget avec des chiffres projetés permettant à chacun de suivre précisément les points évoqués. De la pédagogie à la place de l’enfumage permanent, on va finir par croire que le Dieu de la démocratie et du respect de la vie publique est enfin venu faire un tour à Biarritz !

Et même sentiment de clarté et de connaissance des dossiers lorsque les adjoints, que ce soit Michel Laborde, Richard Tardits, Maud Cascino, Anne Pinatel ou Nicolas Martinez ont pris la parole. Ce conseil dure 3 h 21, mais il mérite vraiment d’être écouté de bout en bout et de sacrifier une séance de bronzette, tant les échanges sont passionnants. Vous y apprendrez entre autres comment le Covid a coûté 4 millions d’euros à la Ville, pourquoi il y a cette année 20% de véhicules automobiles en plus et aurez la confirmation que la danse et le rugby touchent tous les deux annuellement plus d’un million d’euros par an d’argent public.

https://www.youtube.com/watch?v=NN3ZC0Y6WZs

Une opposition constructive et intéressante

D’autant que l’opposition a su se montrer à la hauteur et profiter de la volonté de dialogue, très perceptible lors de ce conseil, pour poser beaucoup de questions intelligentes. Les sept opposants présents ont pris la parole à un moment ou l’autre de la soirée, démontrant souvent une autre vision de l’avenir de la ville mais faisant toujours preuve d’une courtoisie républicaine de bon aloi dans leurs interrogations.

Jean-Baptiste Dussaussois Larralde a fait remarquer que « 92 000 euros seulement pour l’amélioration des eaux de baignade » c’était fort peu, Lysiann Brao s’est interrogée sur les modalités d’attribution de la prime post-Covid, Corine Martineau a défendu une association comme « Équilibre », Brice Morin évoqué son poste de salarié de l’Atabal pour ne pas voter certaines délibérations susceptibles d’entraîner un conflit d’intérêts et Sébastien Carrère demandé des précisions sur le mode de calcul des droits de mutation. À chaque fois, les réponses de la majorité ont été précises et détaillées.

D’habitude, c’est la majorité qui veut augmenter les impôts quand l’opposition se récrie. Le plus surprenant de tous les opposants est donc Guillaume Barucq qui se retrouve à prôner une fiscalité beaucoup plus dure pour les résidents secondaires, ce qui est plutôt inhabituel, même si idéologiquement parlant le docteur à catogan est cohérent avec ses annonces de campagne.

Un vote qui marquera une première lézarde dans l’opposition puisque le « centriste-équilibriste » Barucq votera contre, tout comme Brice Morin et Lysiann Brao, tandis que Corine Martineau et Jean-Baptiste Dussaussois Larralde se rangeront aux côtés de la majorité. Le signe avant-coureur d’un éclatement idéologique de ce groupe d’opposition ?

Un comique malgré lui

« Survivor », l’élu qui ne doit sa place qu’à deux défections, s’est montré insupportable toute la soirée.

On le sait dans tout rassemblement, il y a toujours un gros lourd qui en fait des tonnes et ne comprend rien à l’ambiance générale. À sa place, compte tenu du cinglant échec électoral subi, on raserait les murs, puisque cet élu ne doit son fauteuil d’opposant qu’aux défections successives de Jean-Benoît Saint-Cricq et Jocelyne Castaignède, mais Patrick Destizon n’est pas du genre à se contenter de s’empiffrer gratuitement des petits fours offerts par la Socomix où Maïder Arostéguy lui a laissé un strapontin par charité. Décidé à jouer l’intellectuel de service et à peu près aussi convaincant dans ce rôle que Gérard Larcher briguant un poste de danseur étoile pour les ballets Malandain, l’inénarrable Patriiiiick se lance dans une interminable apologie de la mandature précédente qui ne convainc que lui. Et comme la lumière braquée sur lui s’est éteinte beaucoup trop vite à son goût, il remet le couvert en fin de conseil avec une tirade sur le recrutement d’un cabinet qui va coûter « annuellement 250 000 euros par an ». Notre économiste oublie juste de préciser combien l’absence de cabinet et des compétences qui y sont rattachées a coûté à la Ville lors de la dernière mandature avec les bourdes en série qui auront caractérisé la mandature Veunac, malgré la présence de l’immense adjoint aux travaux qu’il était. Avant que Maïder Arostéguy ne sorte ses griffes pour la seule fois de la soirée en évoquant le recrutement lors du mandat précédent d’Olivier Lépine, « conseiller spécial de Michel Veunac » payé par les contribuables biarrots. Petit élève fessé en public, Patrick Destizon boudera sur sa chaise et arrêtera immédiatement ses attaques.

Et, un peu comme un ivrogne repenti qui garde dans son salon une photo de lui allongé dans le caniveau datant de ses bitures passées, on se dit que finalement c’est peut-être une grande chance pour la vie politique d’avoir au sein du conseil municipal un personnage comme Patrick Destizon : il incarne l’arrivisme, la duplicité et tout ce qu’on déteste dans la politique et rend sympathique ce grand bol d’air frais qui nous arrive avec tous ces nouveaux visages de la majorité et de l’opposition.

Un accord Arostéguy-Etchegaray à propos de Motsch ?

L’information n’est pas encore officielle, mais elle fait déjà beaucoup parler au sein de l’Agglo Pays basque où Biarritz avait perdu une grande part de son crédit grâce à son éblouissant ex-maire. Solidarité UDI oblige, Jean-René Etchegaray souhaiterait garder Nathalie Motsch à la tête de l’AUDAP (Agence d’Urbanisme Atlantique-Pyrénées) où aux dires de tous, elle a effectué un très bon boulot. Il a donc approché par téléphone Maïder Arostéguy pour savoir si cette nomination poserait problème. Apparemment, Maïder Arostéguy aurait fait preuve de sens politique en acceptant le deal. Un deal qui n’interdirait pas à Nathalie Motsch d’honorer de sa présence, au moins une fois avant 2026, le conseil municipal où elle a été élue.

Le degré zéro de la démocratie

Le dernier conseil municipal présidé par Michel Veunac, du moins faut-il l’espérer, aura été sans conteste possible le pire de tous.

Bénédicte Darrigade est une élue discrète mais pragmatique qui, après avoir envisagé de figurer sur la liste de Didier Guillaume, va quitter la vie publique sur la pointe des pieds. Elle a voté hier soir pour les trois délibérations en faveur du BO, ce qui n’était pas la meilleure idée du monde tant les dés étaient pipés, mais a parfaitement résumé l’ambiance de ce dernier conseil municipal de la mandature Veunac qui aurait dû être léger et apaisant et s’est révélé consternant : « Le sentiment des Biarrots est que ce conseil municipal est nauséabond ».

https://www.youtube.com/watch?v=txD6UaJg848&t=1929s

Bon résumé, mais est-ce vraiment étonnant avec un maire qui se contrefiche de la démocratie et dont le seul souci est d’être réélu ? Bisque, Bisque, Basque ! avait mis au défi les troupes de Veunac de trouver une seule ville en France où une délibération de cette importance est votée à quatre semaines de la fin du mandat. Et une seule ville de France où une telle pression est organisée sur les élus avec Jean-Baptiste Aldigé et ses troupes en personne dans la salle pour huer les élus récalcitrants ? Vous pouvez chercher, ça n’existe qu’à Biarritz et c’est consternant.

Officiellement, les trois délibérations pour l’aménagement d’Aguilera étaient « pour rire ». Ce n’est pas Bisque, Bisque, Basque ! qui l’affirme, mais Michel Veunac : « C’est une délibération de principe qui indique une orientation, une volonté politique, un chemin à suivre. Une délibération qui n’engage pas juridiquement ».  Belles paroles, sauf qu’en cours de soirée on découvrira que ces délibérations largement votées ne seront pas si faciles que cela à annuler, ne serait-ce qu’à cause des études qui seront lancées et des cabinets d’architectes à dédommager en cas de changement d’orientation.

Bisque, Bisque, Basque ! n’accordera donc que peu d’intérêt aux Arostéguy, Domège, Saint-Cricq, et aux affidés du maire, qui ont voté en faveur de ces délibérations. Au lieu de protester comme il se doit contre cette farce à quatre semaines de la fin du mandat, ils auront involontairement aidé le maire à se faire réélire comme on le verra un peu plus loin.

Heureusement quelques élus ont eu le cran de ne pas avoir peur des huées d’une partie du public et de s’élever contre ce nouvel attentat démocratique imaginé par Michel Veunac.

Barucq retrouve ses bijoux de famille

La première surprise est venue de Guillaume Barucq qui, en réponse sans doute au tweet moqueur du président Aldigé, a montré qu’il avait retrouvé ses bijoux de famille pour le conseil municipal. L’adjoint à l’environnement démissionne de ses fonctions pour « retrouver sa liberté de parole » et affirme dans un discours très dur pour le maire en place qu’il n’a pas « le monopole du cœur du BO » et votera contre « ce vrai-faux sauvetage »

Très inspiré le docteur Barucq poursuit en demandant que les citoyens soient consultés pour une décision de cette importance et se gausse au passage de la propagande des dirigeants du BO « Les élus seraient responsables de la situation du BO, après avoir versé plus de 10 millions au club ? »

Amigorena : « Quand c’est flou… »

François Amigorena, à son tour fustige le calendrier du maire et le « mépris stupéfiant pour la défense de l’intérêt général des Biarrots ».

Il pointe du doigt toutes les obligations que n’a pas remplies le BO, comme l’entretien de la villa Rose, affirme que « quand c’est flou, c’est qu’il y a un énorme loup » et estime qu’au vu des conditions consenties au club de rugby « toutes les sociétés de la planète voudraient signer un contrat avec la ville de Biarritz » Beau résumé.

Boissier déplore la « Main basse sur la ville »

Quel contraste entre le fourbe Michel Veunac, politicien retors prêt à tout pour sa survie et le très honnête Hervé Boissier, soucieux jusqu’à la dernière minute de son mandat de l’intérêt des Biarrots. Le premier s’accroche à toutes les branches possibles pour tenter de continue à péter dans la soie pendant six ans de plus, quand le deuxième se retire avec dignité. Quel magnifique maire aurait pourtant fait Hervé Boissier, avec son calme, sa pondération et son courage ! Nullement intimidé par les huées provenant de la salle, le conseiller chargé de la démocratie participative s’est livré à un réquisitoire impitoyable du mandat Veunac.

Hervé Boissier revient ensuite sur la commission générale de janvier et le « superbe show lyrique » du maire affirmant que « Le BO c’est l’âme de Biarritz ». Le conseiller municipal se montre sans pitié : « J’ai admiré ce bel exemple de sophisme. Moi, je m’imaginais que l’âme de Biarritz, c’était ses habitants, son océan, ses quartiers, sa vie sociale, ses artisans, ses commerçants » avant de préciser sa pensée : « Le BO est une entreprise privée de spectacles sportifs dont les dirigeants ne se sont jamais cachés d’être ici pour faire du business ». Un ange, un ballon ovale sous l’aile passe.

Et le conseiller de conclure en se demandant si des promesses n’ont pas été faites à Aldigé et aux Gave par Veunac. Comme si c’était le genre de Mimi-La-Malice de faire des promesses en douce sans en parler à son conseil municipal… Il a vraiment mauvais esprit ce Boissier !

Motsch « On marche sur du sable »

Pour s'expliquer, Nathalie Motsch se tourne vers le public.Quand Nathalie Motsch prend la parole, la tension est telle que l’ex-adjointe à l’Urbanisme est obligée de se tourner vers le public pour défendre son point de vue. Calomniée sur les réseaux sociaux, accusée de rouler en douce pour l’Aviron, Nathalie Motsch rappelle son attachement pour le club de rugby mais est bien obligée de constater que cette délibération est « la pire des infâmies de ce mandat ».

Avant de conclure, amère, « Ces délibérations n’ont aucun sens. On marche sur du sable ».

Veunac : « Ce soir, on a gagné 1000 voix »

Mais tout cela laisse de marbre Michel Veunac. Il sait parfaitement que l’essentiel pour lui est de faire croire à la famille Gave, au moins jusqu’au 22 mars, qu’il souhaite aider le BO afin de ne pas se prendre quelques saillies verbales de Jean-Baptiste Aldigé qui pourraient mettre à mal sa campagne électorale. L’adoption des trois délibérations est donc un immense soulagement pour lui. Quelques minutes après la fin du conseil, Michel Veunac, euphorique, confiera à son proche entourage : « Ce soir, on a gagné mille voix en notre faveur ».

Et les Arostéguy, Saint-Cricq, Chazouillères et autres qui ont cru sincèrement voler au secours du BO et qui découvrent qu’ils ont en fait aidé le maire à se faire réélire, ils n’ont pas le sentiment d’être légèrement cocus ?

L’oeil de Hong Kong était là pour surveiller les déclarations des élus.

Un président ne devrait pas faire ça

En guerre avec les élus qui ne partagent pas son point de vue, en guerre avec les journalistes, en guerre avec ceux qui l’ont fait venir comme Jack Isaac, Jean-Baptiste Aldigé est le vrai problème du Biarritz Olympique et son départ devrait être le préalable à toute négociation entre le BO et la Ville, tant l’ancien joueur se montre incapable d’endosser le costume d’un président. Hier soir, après avoir menacé verbalement un journaliste de Mediabask, François Berland, le président est venu assister en personne au conseil municipal avec des troupes qui huaient tous ceux qui émettaient des réserves sur les délibérations proposées. Jean-Baptiste, si tu aimes le BO autant que tu le dis, casse-toi, c’est le plus grand service que tu pourrais rendre au club…

 

 

 

Consternation la plus totale

Biarritz est-elle la ville la plus mal dirigée de France ? On peut se poser la question après le désolant conseil municipal du 19 décembre.

Du maire rural mal dégrossi, du conseiller municipal qui n’a toujours pas compris quel est son rôle, de l’arriviste prêt à tuer sa mère pour sa survie politique, ils ont dû en croiser lors de leurs respectives carrières politiques, mais parions que Didier Guillaume et Jean-Baptiste Lemoyne, lorsqu’ils se sont isolés chacun de leur côté pour suivre sur Internet le dernier conseil municipal biarrot, ont dû laisser échapper quelques soupirs de désolation et se demander pourquoi ils se sont embarqués dans une galère électorale qui ne s’annonce vraiment pas comme une croisière de rêve.

youtube.com/watch?v=CcKuUswE6rE&t=4347s

Récemment, un internaute, persuadé que j’allais abonder dans son sens, se plaignait du maire d’Anglet, Claude Olive, qui organisait son dernier conseil municipal mi-décembre, se demandant comment la Ville allait être gérée jusqu’aux élections. Ce citoyen de bonne foi ne voyait pas que ce dernier conseil, trois mois avant la fin du mandat, traduit une gestion saine et respectueuse des dossiers qui ont été ficelés à temps afin de laisser à l’équipe suivante la possibilité de prendre ses propres décisions.

Aucun risque qu’une telle situation n’arrive à Biarritz où le duo infernal composé d’un vieux maire de 73 ans, pitoyablement cramponné à la barre du pouvoir comme un mourant accroche la main du curé venu lui délivrer l’extrême onction, et d’un premier adjoint toujours aussi arrogant, misogyne et méprisant, de surcroît bien décidé à soutenir Didier Guillaume et à combattre son propre maire, nous a offert le spectacle le plus pitoyable et le plus indigne de tout ce mandat où ,les électeurs n’ont pourtant guère manqué d’occasions de huer et de conspuer.

Veunac n’a visiblement pas été visité par l’esprit de Noël

Quand les bons élèves font leur sac la veille, le cancre cherche ses affaires à l’heure où il devrait être déjà à l’école. Tenir trois mois avant les élections municipales un conseil municipal de presque cinq heures avec trente-trois délibérations à voter, dont des décisions lourdes de sens pour l’avenir, relève au mieux de la farce électorale et au pire du foutage de gueule absolu. Et pour que les Biarrots regrettent jusqu’au bout leur vote de 2014, un nouveau conseil est prévu en février, où, parions-le, les intérêts particuliers, les copains et les obligés ne seront pas oubliés dans la distribution.

Regrettons aussi l’attitude un peu frileuse d’actuels élus et futurs candidats qui estiment conserver leurs chances en se contentant de critiques modérées dans le but de ratisser large, quand une union de salut public contre les attentats démocratiques à répétition que nous infligent Veunac et Lafite devrait se constituer à chaque conseil. Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq, Édouard Chazouillères ou Anne Pinatel n’ont pas dit des choses inintéressantes, mais sont toujours intervenus avec une volonté de modération dans leurs propos qui nous laisse sur notre faim face à la duplicité de la majorité municipale.

Nathalie Motsch a semblé parfois bien seule face à une majorité qui ose tout.

Il y avait pourtant de quoi hurler dans ce conseil municipal où la volonté de tromper les élus et les Biarrots, la désinformation systématique, les cachotteries, demi-vérités et autres manœuvres insupportables ont été de mise toute la soirée. À quand un fonctionnement normal et respectueux de la démocratie ? Et ce n’est pas la phrase malencontreuse de Veunac sur « l’esprit de Noël », ce qui lui a valu une bronca du public et la consternation de ses propres troupes, qui pouvait donner le sentiment d’une gouvernance apaisée et digne.  

Une fois de plus, seule Nathalie Motsch, technique mais aussi politique et tellement limpide dans ses démonstrations, a eu le courage de monter au front pour tenter d’arrêter l’irréparable, rejointe dans certaines de ces critiques par l’inoxydable Hervé Boissier et par… Jean-Benoît Saint-Cricq qui lui aussi s’est efforcé de mettre en garde le duo de prestidigitateurs Veunac-Lafite contre leur inconscience juridique.

Villa Sion : c’est le moins-disant qui l’a

Et commençons par une question simple pour vérifier vos futures aptitudes d’élus. En effet, il n’y a qu’une dizaine de listes à Biarritz et vous avez encore largement le temps de monter la vôtre. Si deux acquéreurs se manifestent pour le studio que vous vendez, l’un vous proposant 200 000 euros et l’autre 170 000 euros, avec qui signez-vous ? Vous avez répondu avec celui qui offre 200 000 euros ? Passez votre chemin, vous n’êtes pas fait pour la politique !

En ce qui concerne la fameuse villa Sion, que la Ville voulait vendre au prix des Domaines, soit 980 000 euros avec le parc puis 1,1, million d’euros sans le parc (Comprenne qui pourra !) avant qu’Édouard Chazouillères n’obtienne le report de la délibération, deux offres sont parvenues, l’une à 2 millions d’euros et l’autre à 1,7 millions émanant de la société Alaéna Cosmétiques, avec à la clé la promesse d’une trentaine d’emplois crées. Que cette deuxième offre retienne l’attention de politiques responsables ne pose pas de problème, à condition que tout soit transparent. Or, une fois de plus, les conseillers municipaux n’ont pas eu la moindre information sur la société concurrente ni le détail de l’appel d’offres. Et voilà comment on s’assoit sur 300 000 euros qui pouvaient entrer dans l’escarcelle municipale sans avoir le moindre élément d’information !

https://jeanyvesviollier.com/2018/09/30/la-villa-sion-un-nouveau-bigueyrie/

Successivement proposée à 980 000 euros puis à 1,1 million d’euros, la villa SIon va sans doute partir pour 1,7 million d’euros alors qu’un acquéreur en proposait 2 millions d’euros. Pourquoi ce choix surprenant? La mairie n’a daigné donner aucune réponse.

… Mais s’il n’y avait que cela. Si vous êtes un citoyen ordinaire vendant votre studio, vous allez faire en sorte que tous les contentieux juridiques possibles avec vos voisins soient réglés avant de vendre. Démonstration, une fois de plus, que vous n’êtes pas fait pour la politique. Pierre Delalonde, le propriétaire du Château-Boulart, l’ancien « ami personnel » du maire qui fait percer des sorties sans accord sur le parc municipal, a déposé deux recours juridiques contre cette vente. Mais Veunac et Lafite balaient tout cela d’un revers de main en disant que « les juristes de la Ville sont confiants et qu’il n’y a aucune raison de s’inquiéter ».

Un point de vue qui va faire sursauter les deux avocats présents dans la salle. Nathalie Motsch conseille à la Ville de surseoir à sa décision, avis partagé par Jean-Benoît Saint-Cricq. Les deux soulignent aussi qu’une quarantaine de voitures vont être autorisées chaque jour à stationner dans le parc appartenant à la Ville, alors que les règlements municipaux imposent une place de parking pour 60 mètres carrés. « Cet avantage a été négocié dans le prix » balaie d’un revers de main Mimi-Imperator qui va se faire des copains avec toutes les victimes des pruneurs fous de Streeteo.

Et la farce continue, la majorité municipale mentant avec un aplomb sidérant : « Ce bien n’est pas utilisé depuis deux ans et est une charge pour la Ville » affirme Veunac. Effectivement, on a viré dare-dare les associations qui fréquentaient la villa Sion et tenté de le vendre en douce à un propriétaire-ami, qui désormais fait des recours contre la Ville. Sentant son maître en difficulté, Peio Claverie en fait dix louches : « On a sorti les associations du bâtiment pour raison de sécurité ! ». Rappelons donc à notre cireur de pompes municipales qu’à l’époque le directeur de cabinet de Michel Veunac, Guillaume Snollaerts, résidait villa Sion et qu’il  ne s’est jamais plaint d’occuper un galetas.  

«  Quand c’est pas clair, c’est qu’il y a un loup ! »  aime à répéter Martine Aubry. Dans le cas de Biarritz, ce n’est pas un loup solitaire mais une meute entière qui sévit à chaque délibération municipale.

Ne leur achetez pas une voiture d’occasion !

Et l’on en vient à L’Hôtel du Palais, dossier traité délibérément à plus de 22 heures, en misant sur la légitime fatigue des conseillers municipaux. En 2018, tout était clair. Veunac et Lafite nous détaillaient leur mirifique opération pour éviter un prêt bancaire alors que L’Hôtel du Palais devait être rénové : confier un bail emphytéotique de 75 ans à la Socomix pour la rendre sexy et qu’elle puisse emprunter l’argent nécessaire. Autrement dit, une façon éhontée de planquer la dette municipale sous le tapis, en perdant le contrôle du palace et en laissant entrer JC Decaux dans le montage financier, le puissant homme d’affaires guettant le moment où la Ville ne pourra plus suivre financièrement pour s’emparer du palace à bon compte.

Mais le savant ravaudage imaginé par l’énarque qui ne se trompe jamais mais n’arrive pas à duper grand monde avec ses invraisemblables raccommodages n’aura même pas tenu jusqu’au prochain mandat électoral. La Compagnie Financière du Louvre a décidé de quitter le navire et pour ne pas perdre le contrôle de l’entreprise, il faut racheter ses actions à hauteur de 1,7 millions d’euros, somme que notre génie financier qui aime Veunac, Didier Guillaume et les Biarrots, souhaite emprunter, tout en nous annonçant que la Caisse des Dépôts et Consignations désire entrer dans la capital et racheter les actions. Vous avez suivi ? Ce n’est pas grave car ce qu’on nous explique n’est probablement pas la vérité ! Nathalie Motsch, dénonce à juste titre « L’Arlésienne » que constitue cette Caisse des Dépôts et Consignations, toujours annoncée et jamais présente, comme si Veunac et Lafite étaient capables de nous baratiner quelque peu…

Quant au citoyen vendeur de studio qui ne comprend pas pourquoi, lorsqu’on est sûr de toucher 1,700 million d’euros avec la vente de la villa Sion, (dixit Veunac) on emprunte 1,750 million d’euros à la banque pour racheter des actions de l’Hôtel du Palais, actions qui, de surcroît, doivent être rachetées immédiatement par un autre établissement, nous avons la démonstration qu’il n’est décidément pas fait pour la politique.

Bisque, Bisque, Basque ! pour sa part a trop de respect pour la lucidité, l’abnégation et le sens de l’argent public de nos actuels dirigeants pour s’imaginer que la vérité puisse être autre que celle exprimée dans l’enceinte du conseil municipal.

Avec tout de même une certitude : si Lafite ou Veunac me proposent de racheter une voiture d’occasion, je crois que je vais passer mon chemin, tant est grande la conviction que le compteur sera trafiqué et les révisions négligées.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les malices élyséennes de La Semaine

Ce n’est pas par hasard si un dithyrambe de deux pages vient de paraître dans La Semaine. Le soldat Veunac avait rendez-vous jeudi à Paris et il fallait faire croire qu’il comptait encore quelques soutiens.

Ce n’est pas à un vieux chef d’orchestre comme Michel Veunac qu’on va apprendre à jouer de la musique ! Si Mimi-la-Malice se représente aux prochaines élections municipales, vous êtes priés de croire que c’est uniquement parce qu’il n’a pas fini sa tâche et que ses amis le poussent à poursuivre. Ce n’est évidemment pas par goût du pouvoir, des honneurs et des subsides qui vont avec, qu’un homme comme lui enchaînerait un deuxième mandat à 74 ans bien sonnés. Juste l’occasion une fois de plus de se sacrifier et de montrer son sens public et son altruisme.

Il ne s’est pas tué tout seul, Veunac ?

On connaît tous la soudaine et inextinguible passion pour Michel Veunac qu’affiche La Semaine du Pays basque, depuis le premier jour de son élection.  Ce qui n’a pas empêché le lecteur passionné que je suis de sursauter en lisant l’enquête des pages 2 et 3 de l’hebdomadaire, intitulée «  Mais qui veut tuer Veunac ? » signée par Jean-Philippe Ségot. Naïvement, pour avoir bien suivi pendant six ans ce calamiteux mandat comme jamais Biarritz n’en avait connu, j’avais tendance à croire que Veunac s’était tué tout seul avec son goût du pouvoir solitaire, ses hésitations, son incapacité à fédérer son équipe, ses copinages permanents et ses cachotteries systématiques.

Heureusement, La Semaine  est là pour remettre les petits bolcheviks dans le droit chemin et leur apprendre que les démissions successives d’Amigorena, Chazouillères, Motsch, Lannevère et autres relèvent d’une « tempête dans un bidet », que Max Brisson affiche « l’élégance de l’hippopotame », que le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume serait en fait un « ministre sous-marinier »  et que le « débranché »  Veunac va se rebrancher avant de gagner les doigts dans la prise la prochaine élection.

Une vérification du calendrier s’impose. Le chef d’orchestre Veunac sait donner le la à ses musiciens, mais quel est l’intérêt de ce dithyrambe sans recul à plus de trois mois des élections, alors qu’il aurait eu une toute autre efficacité vers mi-février ?

Un article qui arrive à point…

C’est du côté de Veunac et non de La Semaine qu’il faut chercher. Bisque, Bisque, Basque ! persiste et signe : la garde rapprochée de Macron cherche bien à « débrancher » Veunac et à mettre fin à ses souffrances, ce qui dans le cas présent relève de la plus totale humanité. Mais Mimi-la-Malice, soit pour continuer à faire monter les enchères, soit parce qu’il ne peut désormais plus envisager son existence sans une écharpe tricolore autour de la poitrine, est bien décidé à aller jusqu’au bout et à mener campagne, même s’il ne sait pas trop avec qui faire route.

Jeudi dernier, notre sémillant-maire-que-le-monde-entier-nous-envie était à nouveau reçu à Paris pour un entretien qui s’annonçait compliqué pour lui. Et miracle, quelques heures avant la rencontre prévue, un PDF de cet article pouvant faire croire aux instances parisiennes que Veunac avait encore des soutiens à Biarritz atterrissait sur le bureau. Entre amis, c’est bien la moindre des choses de se rendre des petits services de ce genre.

Un bidet ou une piscine olympique ?

Reste que la ficelle est un peu grosse et que la « tempête dans un bidet » a fait un peu tousser en haut lieu. En effet, la situation autour de Veunac relève du jamais vu pour un maire normal d’une ville normale. Outre les démissions des trois adjoints déjà cités Amigorena, Chazouillères, Motsch, il faut maintenant rajouter le premier adjoint Guy Lafite qui annonce sur France Bleu Pays basque qu’il ne repartira pas aux côtés de Veunac et qu’il soutiendra Didier Guillaume et les abertzale Poueyts et Daguerre qui viennent à leur tour de lâcher Veunac.

https://www.francebleu.fr/infos/politique/biarritz-guy-lafite-lache-veunac-et-rejoint-guillaume-1575037703

Pour caser tout ce beau monde dans un bidet, ça va être un peu compliqué. Désormais compte tenu de la débandade générale, on est beaucoup plus près de… la piscine olympique que du bidet, cette fameuse piscine olympique que Veunac avait promise aux Biarrots et qu’ils n’ont jamais vue. Manquerait plus que « l’hippopotame » Brisson décide à son tour de se jeter dans le grand bain !

Un appel du pied?

La nouvelle permanence électorale choisie par Guillaume Barucq interpelle. L’homme qui revendique la « place aux jeunes » a choisi un ancien magasin d’antiquités pour faire campagne. Ses détracteurs vont encore dire que c’est pour pouvoir s’allier le cas échéant à Michel Veunac au soir du premier tour. 

Villa Sion : Et si on jouait franc-jeu ?

La municipalité veut faire une fleur à Pierre Delalonde pour mieux négocier les terrains qui lui appartiennent à Iraty. Est-ce inavouable ?

Ruser, biaiser, renarder, finasser, leurrer, bluffer, broder, contourner, feindre, falsifier, enjoliver, louvoyer, mentir par omission, tergiverser, tournicoter, prétexter, simuler, dissimuler, insinuer, arranger, contrefaire, duper, embobiner, enjôler, inventer, tromper, truquer, égarer, sont tellement devenus le pain quotidien depuis 2014 du duo Veunac-Lafite qu’il ne leur vient même plus à l’idée de dire la vérité aux Biarrots. Nous en avons encore un magnifique exemple avec la villa Sion, celle qu’Édouard Chazouillères a si joliment qualifié lors du dernier conseil municipal de « villa brouillon ».

L’intérêt des Biarrots ? Une vaste blague !

Si l’on a déménagé en catastrophe les associations qui se trouvaient et en particulier le club de billard, ce n’est pas comme l’a affirmé en septembre 2018 « La Faillite, nous voilà ! » pour faire de « la gestion intelligente du patrimoine biarrot ». La villa Sion était parfaitement adaptée pour accueillir des associations et suffisamment en bon état pour abriter le logement de fonction du directeur de cabinet du maire. Il n’y avait donc strictement aucune raison de la vendre. Sauf qu’un grand ami de la mairie, Pierre Delalonde, se retrouvait dans la panade après l’acquisition du château Boulard qu’il avait prévu de rénover pour faire de l’événementiel, jusqu’à ce que la commission de sécurité estime qu’il était impossible d’accueillir du public, faute d’un dégagement suffisant. Et, c’est bien connu, si l’équipe dirigeante se fiche éperdument des Biarrots, elle vole toujours au secours des amis.

D’où cette vente précipitée à un prix défiant toute concurrence jusqu’à ce que le conseil municipal rue un peu dans les brancards. Dans ce cas précis, un soupçon de franchise n’aurait pas nui, même si, visiblement, le mot reste inconnu de l’équipe dirigeante. Dramatiquement en retard dans le domaine du logement social (on ne peut pas rénover le Palais et se soucier du logement des jeunes Biarrots…) la Ville lorgne depuis longtemps sur les terrains d’Iraty qui appartiennent à… Pierre Delalonde. Plutôt que se lancer dans une procédure longue et coûteuse d’expropriation, il est intelligent d’essayer de négocier avec l’homme d’affaires qui a la réputation d’être redoutable quand il s’agit de ses intérêts. Mais pourquoi ne pas le dire publiquement au lieu de raconter en plein conseil des bobards que ne goberaient pas des enfants de dix ans ?

Les Domaines particulièrement imprévisibles

Une belle bâtisse dans un quartier privilégié, vendue au final à 2750 euros le mètre carré.

Et l’on en revient à l’estimation initiale des Domaines de 980 000 euros, comprenant la maison, la possibilité d’un grand parking pour de nombreuses voitures et un jardin public, peu fréquenté et entraînant des servitudes de passage plutôt mineures.  Soit 2400 euros du mètre carré pour les deux étages habitables, sachant que le dernier étage est aménageable facilement. Une fois de plus, prenant les Biarrots pour des imbéciles à qui on peut faire gober n’importe quoi, Veunac et Lafite ont délibérément confondu le « prix plancher » des Domaines, en dessous duquel une Ville n’a pas le droit de vendre, avec le prix réel, sachant que le prix moyen à Biarritz, selon le fichier des notaires, est de 5310 euros le mètre carré. Compte-tenu de l’emplacement et du bâtiment et même s’il faut prévoir 1000 euros de rénovation au mètre carré, on peut estimer le manque à gagner pour la Ville entre 500 et 700 000 euros. Une décontraction qui s’explique par le fait que, bien avant le conseil municipal, Pïerre Delalonde s’était vanté un peu partout qu’il allait avoir cette villa à prix d’ami. Finalement, suivant l’avis d’experts juridiques, la mairie revisite sa copie et décide de vendre la maison sur son assiette au sol, c’est-à-dire sans le moindre mètre carré de verdure et sans parking, ce qui est un peu curieux quand on oblige les établissements du centre-ville à avoir des parkings correspondant à la surface acquise. Et là, alors que le bien est beaucoup moins intéressant que dans sa version initiale, les Domaines augmentent le prix de vente de 130 000 euros, estimant qu’on ne peut pas vendre cette maison en dessous de 1,1 millions d’euros. Ce qui passe l’ensemble à 2750 euros le mètre carré habitable. Comprenne qui pourra.

Un droit de passage spécial copinage

Si la Ville veut faire une bonne affaire, il n’y a qu’un choix possible. En rouge, le jardin public qui reste en l’état. En bleu la villa Sion avec son prolongement naturel. L’accès commun reste le même. L’ensemble vaut alors beaucoup plus cher. Et si Pierre Delalonde ne l’achète pas, il se retrouve avec un problème par rapports à ses projets concernant le château Boulard.

Que s’est-il donc passé pour expliquer ce changement de stratégie, sachant que Pierre Delalonde, comme s’il était sûr du résultat final, n’a cessé de faire des travaux dans son château tout cet hiver, ainsi que peuvent en témoigner tous les riverains ? Pour être aimable avec l’actuel propriétaire des terrains d’Iraty, la mairie a une fois de plus inventé une solution qui dessert les intérêts des Biarrots. En vendant la maison privée du jardin qui le prolonge, la Ville peut alors octroyer un droit de passage à Pierre Delalonde qui n’a même plus besoin d’acheter la villa Sion. À la mairie, on murmure qu’on lui demanderait une redevance annuelle de 2 000 euros, ce qui est vraiment cadeau. Hervé Boissier et Nathalie Motsch se sont étonnés à juste titre de ce curieux découpage qui ne prévoit pas d’emplacement de parking pour les futurs acquéreurs de la villa Sion.

Mais dialoguer, débattre, se concerter, être soucieux de l’intérêt général, prévoir, étudier, réfléchir, conférer, discuter, anticiper, conjecturer, imaginer, escompter, cogiter, approfondir, méditer sont visiblement des vertus démocratiques totalement étrangères au duo Veunac-Lafite qui ne jure décidément que par les copains.  

Questions pour un fripon

Au niveau de l’ellipse, de la dissimulation et des demi-vérités, Veunac s’avère décidément un candidat imbattable. La preuve avec le dernier conseil municipal.

« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » affirmait la grand-mère de Martine Aubry. Ceux qui ont eu le courage d’assister jusqu’au bout au dernier conseil municipal, 3 h 46 tout de même, sont ressortis avec le sentiment de ne pas avoir été confrontés à un loup solitaire, mais à une meute innombrable, propre à donner des insomnies à n’importe quel berger pyrénéen. Avec un Veunac, visiblement gonflé à bloc par les résultats des européennes, rasé de près même s’il affirme ne pas penser tous les matins aux prochaines élections municipales et devenu un orfèvre dans l’art de promener son conseil municipal. Bisque, Bisque, Basque ! va donc s’efforcer de débusquer avec votre aide tous les loups probables dissimulés derrière les phrases onctueuses de Mimi-la-malice.

https://www.youtube.com/watch?v=40QjG-qWbgQ

On le sait, avant d’attaquer le gros morceau représenté par le dossier Aguilera, il est toujours nécessaire de chauffer la salle avec un intermède comique. Une fois de plus, c’est l’inénarrable Ghislaine Haye qui s’y est collée avec un vibrant hommage au disparu Coco Léglise, « homme discret et humaniste » et symbole « du militantisme et de l’engagement vrai » Ce petit couplet sur l’engagement vrai prononcé par la militante socialiste Haye, celle qui a refusé lors du vote de l’Hôtel du Palais de se conformer à la décision de refus prise par les militants de son parti et s’est empressée de cajoler le maire pour sauver ses émoluments d’adjointe, était un pur bonheur et laissait bien augurer de la suite.

Et effectivement, les Biarrots ne vont pas être déçus avec la prestation d’un Veunac très en forme et qui va promener son monde avec une maestria confondante. Avec, au final, la perspective pour les Biarrots d’être une fois de plus cocus.

Loup n° 1 : la fausse repentance

Le débat sur Aguilera s’engage à la 51e minute. Calme et posé, Veunac explique que le retard sur l’aménagement du plateau d’Aguilera, inscrit dans son programme électoral de 2014, est lié aux hésitations autour de la piscine. Il affirme que le projet global d’aménagement proposé par Jean-Baptiste Aldigé est « non recevable » car soumis à des « obstacles juridiques de toute nature » et qu’on se dirige donc en concertation avec le BO vers « un projet de coproduction ».

Le commentaire de BBB : Dès l’annonce du projet Aguilera, Nathalie Motsch avait souligné l’impossibilité juridique de le mener à bien, ce qui lui avait valu d’être insultée.  Mais Veunac n’a pas un mot d’excuse pour saluer la lucidité de son élue ou regretter ce qui s’est passé. Par ailleurs la piscine a bon dos pour excuser le retard. Un article très documenté de Sud Ouest à propos du réaménagement de Jean-Dauger intitulé « La refonte du stade pourrait aller vite » nous apprend que Jean-René Etchegaray a déposé un permis de construire dès le début de son mandat ce qui lui permet de lancer les travaux maintenant. Veunac, qui avait inscrit ce réaménagement d’Aguilera à son programme, a pour sa part lambiné et tergiversé comme à son habitude sans déposer le moindre permis.

Loup n° 2 : un projet global voulu par l’Agglo (55e minute)

Veunac explique ensuite qu’il va falloir passer par une procédure MECDU (Mise en compatibiliité des documents d’urbanisme) : « Nous sommes allés voir l’Agglo qui nous a conseillé de raisonner sur un aménagement global », c’est-à-dire de lancer une seule demande pour la partie logement et pour la réhabilitation de l’enceinte sportive.

Le commentaire de BBB : Tout cela semble parfaitement raisonnable. Sauf qu’il y a un léger problème. Selon plusieurs sources internes à l’Agglo, la ville de Biarritz n’aurait jamais fait la moindre demande en ce sens, les échanges ces derniers temps se limitant à de grosses engueulades entre Veunac et l’Agglo. Bisque, Bisque, Basque ! a donc contacté vendredi le service de presse de l’Agglo pour savoir à quelle date les représentants de la ville de Biarritz avaient rencontré les responsables de l’Agglo, et si des documents écrits avaient été rédigés. Pas de réponse pour le moment, mais il est évident que Michel Veunac se fera un plaisir de mettre tous les éléments prouvant ses dires à disposition de la presse.

Loup n° 3 : un prochain conseil bien hâtif (60e minute)

Avec son air de ne pas y toucher, Veunac annonce ensuite qu’un conseil municipal aura lieu le 3 juillet prochain : « Si les choses n’avancent pas trop mal, nous pourrons avoir des éléments sur la programmation et le financement possibles ».

Le commentaire de BBB : Pourquoi tant de hâte, alors que la procédure MECDU prend au minimum dix-huit mois ? Veunac a visiblement quelque chose à faire voter le 3 juillet prochain mais se garde bien d’expliquer à ses conseillers ce qu’il a en tête. Nous y reviendrons.

Loup n° 4 : la phrase de trop (105e minute)

Calme et posé, comme à son habitude, Édouard Chazouillères demande au maire de préciser le calendrier des travaux. Entre les dix-huit mois de la procédure MECDU puis le dépôt spécifique des permis de construire, il faut compter deux ans au minimum. Raisonnablement, on peut donc envisager les premiers coups de pioche fin 2020 voir mi 2021. Agacé, Veunac ne dément pas mais ajoute : « Tout ce qui pourra avancer avant cette date avancera ».

Le commentaire de BBB : Avec cet aveu, qui relève sans doute plus de la maladresse que d’une confidence délibérée, on arrive sans doute au cœur du dossier Aguilera. Lors de la conférence de presse de présentation de l’équipe, le président du BO Jean-Baptiste Aldigé s’est montré étonnamment calme, alors que le retard de deux ans sur le projet, implique que le famille Gave remette au pot trois millions d’euros, somme qui correspondra probablement au déficit du club pour les deux saisons à venir. Qu’est-ce qui se cache donc derrière ce « Tout ce qui pourra avancer » ? Les Biarrots aimeraient le savoir, un maire étant garant de la loi et ne pouvant autoriser des travaux sans permis de construire.

Loup n° 5 : Veunac s’abrite à nouveau derrière l’Agglo (107e minute)

Dans une intervention de très haute volée, Nathalie Motsch déplore qu’on ait « vendu du rêve aux Biarrots » et estime « qu’on ne décide pas à dix mois des élections municipales de ce que sera Aguilera » Il semble assez logique en effet que ce soit l’équipe élue pour six ans en 2020 qui prenne en charge ce dossier. Nathalie Motsch revient aussi sur la stratégie prévue et affirme qu’il est impossible de regrouper dans une seule procédure des modifications qui relèvent de l’intérêt général avec les logements sociaux et d’autres qui sont d’ordre commercial avec la création de boutiques dans l’enceinte sportive. Visiblement Veunac n’a cure de ces propos et réitère : « Moi les conseils que j’ai, ce sont ceux de l’Agglo. Ils ont mis trois semaines pour me répondre ».

Le commentaire de BBB : Avant le très précipité conseil municipal du 3 juillet, nous espérons pouvoir avoir les réponses. Veunac se conforme-t-il comme il le dit aux desiderata de l’Agglo ou cherche-t-il à faire, comme semble le penser Nathalie Motsch, un paquet-cadeau d’Aguilera, la construction de logements sociaux et l’aménagement de l’enceinte sportive devenant indissolublement liés.

Un nouveau bail emphytéotique le 3 juillet prochain ?

Motsch et Chazouillères se retrouvent dans la détestation des méthodes du duo Veunac et Lafite.

Comme les lecteurs pourront le constater, ce conseil municipal relevait donc plus d’un spectacle de prestidigitation que d’une assemblée de sages où l’on débat en toute transparence. Le courage des élus qui ont flairé le piège, en votant contre comme Hervé Boissier, en s’abstenant comme Maialen Etcheverry, ou en refusant de participer au vote comme Nathalie Motsch doit être salué. Trop de dissimulations cachent à l’évidence un plan d’ensemble, comme dans le cas de l’Hôtel du Palais, que l’on se refuse à dévoiler aux élus.

Bisque, Bisque, Basque ! va donc avancer quelques hypothèses, à charge pour le maire de rassurer les élus et les citoyens biarrots, si elles s’avèrent de pures élucubrations.

Quand Lafite parle, Françoise Mimiague est visiblement passionnée.

Veunac n’a pas dit pourquoi il convoquait à une date tout à fait inhabituelle les élus. On va le savoir sous peu, mais je verrais bien une extension du bail emphytéotique alloué au BO et comprenant toute la zone où des réaménagements sont prévus. Ainsi, les modifications prévues ne seraient plus du ressort de la Ville et tout pourrait aller beaucoup plus vite. Et s’il se trouve un opérateur – au hasard Pichet – qui accepte de faire les travaux sans que cela ne coûte un sou aux Biarrots, pourquoi se priver. Et si, au terme d’un appel d’offres en bonne et due forme, Pichet était retenu pour construire les logements sociaux d’Aguilera – le hasard fait si bien les choses parfois ! -, alors tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes et au final on se retrouverait tout près du projet initial voulu par la famille Gave. Comme l’a dit Jean-Baptiste Aldigé lors de sa conférence de presse « les travaux à Aguilera ont déjà commencé avec l’aménagement de Bender et du stade d’athlétisme »

Toutes ces hypothèses ne sont peut-être que pure construction d’esprit. On va pouvoir très vite vérifier dans les jours à venir si l’Agglo et Veunac marchent main dans la main et si les procédures publiques vont être respectées.

Mais, avec des Veunac et Lafite qui depuis 2014 n’ont cessé de mentir, de ruser ou de louvoyer, comment ne pas avoir envie de crier au loup à chaque dossier qui se présente ?

Arosteguy-Chazouillères, un ticket intéressant

Au lendemain de ce conseil municipal, Maïder Arosteguy a annoncé qu’elle serait candidate pour 2020, ce qui ne constitue pas une véritable surprise. Ce qui est intéressant en revanche est de voir que tous les candidats opposés à Veunac, que ce soit Barucq, Motsch ou Maïder semblent décidés à faire de la morale publique leur cheval de bataille. Après les dernières années de Borotra et le calamiteux mandat du duo Veunac-Lafite, il était plus que temps ! Maïder Arosteguy a choisi le sympathique Thomas Habas comme directeur de campagne et s’est montrée très entourée lors de sa conférence de presse. On notait en particulier la présence de Philippe Domège, de Jean-Bernard Pinatel ou de son épouse Anne Laffolé-Pinatel. Mais c’est surtout Édouard Chazouillères qui aura marqué les esprits avec une intervention très musclée sur le respect : respect des institutions, respect des lois, respect des élus et de l’opposition. Nul doute qu’avec le dossier Aguilera, qui ne semble pas tout à fait dans les clous de l’orthodoxie, en matière de règles publiques, Édouard va avoir beaucoup à dire.

Chazouillères, belle gueule et ironie mordante

Courtois et pondéré, l’ancien adjoint au commerce manifeste beaucoup de talent pour les petites phrases et estime que « Veunac fait le mandat de trop ».

Le rendez-vous, pris au Royalty, tient un peu de retrouvailles entre adversaires de rugby qui partagent une bière après s’être sérieusement chamaillés pendant le match. En 2014, alors qu’il était le directeur de campagne de Michel Veunac, Édouard Chazouillères avait lancé, au détour d’une conversation « off » avec un journaliste, à propos de ceux qu’il pensait « monter une affaire » contre son candidat, « ils finiront, comme disait l’autre, sur un croc de boucher » en référence aux propos privés rapporté de Sarkozy à l’endroit des instigateurs de l’affaire Clearstream ». Déjà la dent dure ! Il reconnaît un propos malheureux, une envolée bravache, une imprudence, bref un écart de jeunesse. Depuis, alors que nous ne nous connaissions pas, nous nous sommes parlés… et appréciés, car Édouard Chazouillères est très politique et réfléchi.

Le jour de sa démission de son poste d’adjoint.

Visiblement l’ancien adjoint, malgré sa démission de son poste au commerce, a marqué les esprits, car les électeurs locaux demandent souvent de ses nouvelles ou s’interrogent sur ses intentions en 2020. « Je ne suis pas très surpris que les Biarrots se retrouvent dans mes préoccupations actuelles. Le rôle que je me suis fixé depuis ma démission et ce, jusqu’à la fin du mandat, est d’être, avec d’autres, dans une vigilance totale vis-à-vis des décisions mauvaises voire litigieuses du maire. 
Ceci dit, repérer, dénoncer et rattraper les bêtises de Veunac, cela devient un job à plein temps ! ». On l’a vu récemment avec son action pour obtenir l’annulation in extremis de la subvention de 100.000€ au festival brésilien de Vincent Cassel Onda Carioca.

La conversation roule sur la liste élaborée par le futur maire au soir du premier tour de 2014 et sur les nombreux talents qu’elle recelait, talents qui ont tous à un moment ou l’autre décidé de démissionner de leurs fonctions. « Le bon manager, c’est celui qui recrute des meilleurs que lui et qui n’en a pas peur ». Michel, pourquoi tu tousses ?

Depuis sa démission, Chazouillères affirme que ses rapports avec le maire confinent au « néant absolu » et ajoute « qu’ils étaient déjà proches de zéro avant sa démission ! » Curieusement, Michel Poueyts qui lui a succédé au commerce ne l’a jamais contacté sur le moindre dossier. Parce qu’il est omniscient ou parce qu’il ne fait rien ?

« Il faut établir des règles saines »

 Chazouillères ne veut pas épiloguer estimant que « comme c’est, hélas, souvent le cas chez les maires – Veunac fait le mandat de trop », ce qui est particulièrement cruel si l’on se souvient que Veunac en est à son premier mandat de maire. Quant aux rares élus qui suivent inconditionnellement le maire, ils ne trouvent pas plus grâce à ses yeux : « Tous les élus, non démissionnaires, issus de la majorité sont solidaires du maire et comptables de son bilan et par conséquent, étant donné la médiocrité de ce mandat, aucun élu sortant ne dispose, à mes yeux, de la légitimité pour prétendre à la fonction de Maire en 2020. »

On ne saurait être plus clair. Édouard Chazouillères veut se projeter au-delà de 2020 : « Je n’ai aucun regret sur ce qui s’est passé. Je vais travailler pour que le ou la future maire soit l’antithèse de ce qu’a été Veunac. Il faut que l’élection de 2020 permette de changer totalement le système. Changer le système pour remettre le citoyen au cœur de tout. »

Soudain passionné, l’ex-adjoint énumère tout ce qu’il faut changer : « Contrairement à ce qui se passe dans ce mandat, il faut établir des règles saines de respect de l’argent public, des lois, des citoyens, des élus et des salariés de la mairie » La démonstration se poursuit : « En France, le maire est le dernier élu à bénéficier encore de la confiance des citoyens. C’est extrêmement important qu’il participe, par son action, à préserver l’espoir que les citoyens croient encore en la politique et en leurs élus. Or on constate que très souvent le maire utilise les failles de la loi, des réglementations et des procédures, obligeant les services de la mairie à « tordre » ces règles, pour imposer ses vues politiques et ses choix personnels ». A la question « mais vous ne croyez pas que tous les maires font un peu cela ? », Chazouillères répond « si des maires le font c’est fort dommage ! Car je crois foncièrement qu’un élu, et qu’un maire en particulier, doit scrupuleusement garantir la bonne application des procédures et des lois ; sinon on accroît la crise du politique et les citoyens finiront par ne plus croire en personne. Regardez l’exemple de l’attribution de la subvention à Onda Carioca dans l’irrespect total des procédures pourtant imposées à l’ensemble des associations de la ville ; c’est l’iniquité totale, résultat les dirigeants d’association sont en colère et n’ont plus ni confiance ni respect pour la mairie. »

Clairement visés, les dossiers du Palais mais aussi d’Aguilera, « le plus gros échec de la mandature ! Cinq ans que ça devait avancer et ça n’a pas bougé d’un pouce ! ». L’embarras du maire face au projet porté par Jean-Baptiste Aldigé et le promoteur Pichet ne le surprend pas : « Quand un maire n’avance pas, qu’il ne fait pas émerger de projets, un investisseur, lui, avance avec son projet, projet qui est du coup subi et qui ne correspond pas tout à fait à ce que le maire aurait imaginé ». Sur la conduite de ce dossier, l’élu n’a pas le moindre doute : « La gestion du foncier public relève de la compétence de la Ville. Le projet doit être retravaillé avec le porteur de projet sous la direction de la Ville et en respectant les règles qui régissent la vie publique.» Voilà qui est clair.  

« Oui, je soutiendrai un ou une candidate »

 Avec des idées aussi précises, est-ce une future tête de liste pour 2020 qui parle ? Édouard Chazouillères réfute catégoriquement l’hypothèse, car «  mes priorités sont familiales et professionnelles ». Passionné de vie publique, Édouard Chazouillères ne s’imagine pourtant pas sans mandat : « Oui, je serai derrière un ou une candidate, je discute en ce moment avec les prétendants ». Une façon de faire monter les enchères ? L’hypothèse est balayée d’un revers de main et, sans complexe aucun, l’ancien adjoint détaille les qualités et défauts de chacune des supposées têtes de liste.

« Nathalie Motsch ? J’apprécie son esprit critique. Je lui reconnais un certain talent et le sens de la communication, quand elle n’en fait pas trop… Je goûte moins le rôle qu’elle tente de jouer depuis quelques temps de critiqueur en chef avec beaucoup d’effets de manches ; c’est un peu le nouveau Saint-Cricq…en jupon !» Bien évidemment, le Saint-Cricq évoqué est celui qui s’est opposé pendant quatorze ans aux maires de Biarritz et non celui qui vient piteusement de se rallier à Veunac.

Le défilé continue : « Guillaume Barucq ? J’aime sa fraîcheur, son côté rêveur, son écoute, sa simplicité. En politique, il en faut. Il faudra clarifier quelques points pour travailler ensemble. » Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes des Bisounours ? « J’aime le Guillaume habituellement anticonformiste. J’aime moins celui qui met un costume et une cravate pour accueillir Macron ! 

 Reste Maïder dont la rumeur le dit très proche : « Maïder Arosteguy ? J’apprécie sa personnalité, son relationnel, sa grande qualité d’écoute et notamment sa capacité à prendre l’avis des uns et des autres et d’entendre des positions parfois très opposées à la sienne avant de décider. Elle connaît par cœur Biarritz et pour les électeurs, s’appeler Barucq ou Arosteguy ça compte».

Édouard évoque aussi François Amigorena: « C’est un talent et nous avons eu  une certaine complicité depuis le début du mandat. Les Biarrots ne savent pas par exemple que nous sommes à l’origine tous les deux de la mise en ligne des conseils municipaux, en ayant, dans la lancée de la campagne, contacté un prestataire de service alors que Veunac y était dans un premier temps opposé, nous lançant un « Hors de question ! » et souhaitait que la décision (de ne pas diffuser les conseils) passe par le service communication ; avant de s’y résoudre sous notre insistance appuyée par d’autres collègues élus.». Les Biarrots, qui ont pu mesurer sur Internet l’étendue du désastre à chaque conseil, seront donc éternellement reconnaissants aux deux larrons d’avoir réussi à obtenir la publicité des débats.

Édouard Chazouillères poursuit une réflexion en solitaire avant de décider qui il va suivre.

En attendant 2026 et un duel qui pourrait, entre autres, opposer Édouard à François, est-ce qu’un front commun des opposants à Veunac et Lafite ne serait pas dans l’immédiat la solution pour ne pas subir le duo infernal six ans de plus ? Chazouillères lève les yeux au ciel, un peu résigné. Comme Bisque, Bisque, Basque !, il vient d’apprendre que Guillaume Barucq va annoncer sa candidature en juin et qu’il ira seul car il veut voir ce qu’il pèse politiquement.

« Pour avoir une chance de vaincre, il faudra s’allier au soir du premier tour mais il faudra travailler les choses en amont et surtout se respecter pendant la campagne. Chacun va vivre sa vie et présenter son projet, ce qui n’est pas inintéressant ».

 Édouard Chazouillères évoque les élections de Hollande ou de Macron et estime que les surprises sont nombreuses en politique. Pour lui, rien n’est encore joué pour 2020, le G7, suivant qu’il se déroule bien ou mal, pouvant considérablement changer la donne. Alors qu’il n’est plus membre d’aucun parti, l’ancien adjoint reste passionné par la chose publique : « Mon engagement politique, je le vois au niveau local et sur la durée. Je n’ai pas d’ambition particulière, je n’ai pas de plan de carrière – c’est ce que je combats en politique – mais si je peux être utile, je m’impliquerai. À quel poste, je n’en sais rien, mais ce que je veux éviter, c’est que les mauvais ne l’emportent ! »

Vaste programme, comme aurait dit De Gaulle !

Honteux moqué contre honteux adulé

Quand Vincent Bru ne se souvient plus de son appartenance au MoDem, La Semaine se moque. Quand Veunac est dans le même cas, silence radio.

La Semaine du Pays basque du 10 mai.

On le sait tous, la vie dans les rédactions n’est pas un long fleuve tranquille. Il suffit de feuilleter La Semaine du Pays basque du 10 mai pour vite ressentir comme un léger décalage rédactionnel entre la sémillante Marquise de Vérité et le propriétaire-directeur de la rédaction Jean-Philippe Ségot. L’impertinente Marquise dans sa désopilante rubrique hebdomadaire épingle cette fois-ci le député Vincent Bru et son goût immodéré pour les médias. Après une apparition remarquée aux côtés d’une serveuse dans une rubrique que l’on aurait pu intituler « Ouin-Ouin découvre le monde du travail », notre député local vient de se commettre dans une émission de France 3 intitulée « 20 heures, le rattrapage » dans laquelle la présentatrice l’annonce comme « député en Marche », ce que l’ex-maire de Cambo se garde bien de démentir. La timidité, sans doute.

Une timidité fort peu goûtée par la Marquise de Vérité qui, dans un article intitulé « La p’tite culotte à Bru » (Achetez le journal et vous saurez pourquoi !) se moque des pudeurs de vierge effarouchée de notre député et s’interroge : « Est-ce que brusquement être député MoDem, cela fait moins chic que d’être qualifié par une présentatrice à la télé de député En Marche ? Ou Tonton Bayrou sent-il le pâté pas frais ? »

Veunac ne sent pas le pâté

Ce n’est pas le chroniqueur politique Jean-Philippe Ségot qui se permettrait de comparer Michel Veunac, malgré son âge canonique, à un « pâté pas frais ». Dans une interview de deux pages où les questions les plus incisives se succèdent et où l’on craint pour la santé mentale de Mimi-la-Malice tellement il est malmené, le directeur de la rédaction de La Semaine attaque le maire septuagénaire avec une délectable férocité : « Il semblerait qu’au cours de plusieurs réunions liées au G7 vous ayez fait preuve d’un certain caractère et de fermeté. Le maire de Biarritz refuse-t-il qu’on lui impose certaines choses ? ». Avant d’enchaîner avec cette autre question qui en aurait ébranlé plus d’un : « L’un de vos adversaires les plus acharnés, Jean-Benoît Saint-Cricq, dit clairement que le bilan financier de la Ville est fort satisfaisant ». C’est ballot, mais Bisque, Bisque, Basque ! avait tendance à comparer la fermeté de Veunac à celle d’un fromage blanc du jour et s’était persuadé, comme bien d’autres Biarrots qui ne doivent rien comprendre à la vie publique, que Saint-Cricq était devenu depuis un an le plus fidèle encensoir de Veunac.

Heureusement, l’homme remarquable qui dirige Biarritz et qui est connu pour sa fermeté et son esprit de décision a réponse à tout et peut faire montre une fois de plus de son immense talent. Charitable, il concède quelques « contraintes et embarras » de deux ou trois jours pour les Biarrots mais promet en contrepartie une pluie de bienfaits. Les maires de la communauté d’Agglomérations du Pays basque sont furieux que le maire de Biarritz, accessoirement vice-président de l’Agglo ait joué perso dans l’affaire du G7 en ne prévenant personne mais Veunac explique qu’il a toujours été collectif et que tout le Pays Basque bénéficiera de l’événement. Effectivement, le contre-sommet et les violences des blacks-blocs seront probablement pour d’autres villes que Biarritz. Veunac offre aux maires locaux des animations gratuites pendant l’été et ils se plaignent !

Retournements de vestes à tous les étages

Veunac enchaîne en affirmant que les travaux au Palais sont une réussite totale et affirme que la liste dont il se sent proche pour les futures européennes est la liste « Renaissance » de la République en marche. Pas une fois, il n’évoque en deux pages son appartenance au Modem (On a honte ?) mais par chance il n’a pas La Marquise de Vérité en face de lui et peut donc continuer à nous embobiner dans les grandes largeurs. Avec ce petit coup de patte au passage pour « les réseaux sociaux qui contribuent à démanteler et hystériser la vie publique et où chacun peut célébrer son ego » Pas de doute, si Amigorena, Chazouillères, Motsch, Lannevère ont successivement démissionné, si la majorité actuelle ressemble à une pétaudière comme il est rare d’en rencontrer, c’est la faute des blogs locaux et ce n’est dû en aucun cas à l’absence de talent du duo Veunac-Lafite (Encore un, qui a rallié en douce la République en Marche sans même daigner en informer ses électeurs qui s’imaginent qu’il est toujours à gauche !)

Qu’on ne s’y trompe pas, malgré ces coups de becs amicaux, La Semaine est un hebdomadaire que j’adore pour de multiples raisons : le directeur même s’il a la plume sélective a du talent, les politiques ont de la place pour s’exprimer, et surtout on trouve chaque semaine ou presque un vrai bonheur de lecture, que ce soit la lettre de La Marquise de Vérité, une chronique ou un article local. Mais qu’est-ce que j’aimerais que la sagace Marquise de Vérité consacre une de ses prochaines lettres à Jean-Philippe Ségot ! Peut-être que le « petit bolchévique enragé » que je suis selon les dires de La Marquise, comprendrait enfin comment le fervent partisan de Max Brisson jusqu’en 2014 est soudain devenu Veunacophile militant.  

Après tout, comme nous le prouvent Veunac, Lafite et Bru, le retournement de veste en politique s’élève parfois au rang d’œuvre d’art.

Veunac ne fait même plus semblant

Lors du dernier conseil, le maire de Biarritz a montré une fois de plus son mépris pour l’équipe municipale et le peu de cas qu’il fait de la démocratie. Le tout sous un air de samba.

La villa Sion est à nouveau au centre d’une farce municipale.

Didier Borotra cultivait l’art de ne pas répondre lors des conseils municipaux, mais son fils spirituel, Michel Veunac, est en train de le surpasser. À chaque conseil municipal, Mimi-la-Malice inscrit un sujet brûlant sur lequel l’opposition va s’exciter – mercredi dernier, c’était la subvention de 150 000 euros pour le BO omnisports – laisse les snipers se déchaîner sans se départir de son sourire de gendre idéal, avant de conclure par un « Merci mon cher collègue » et d’enchaîner comme si de rien n’était. Une technique bien connue en politique que Jacques Chirac appelait « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ».

Et puis, comme à chaque conseil municipal, quand tout le monde est bien usé par quatre heures de palabres fort inutiles, on glisse en douce une petite délibération en pariant sur la fatigue physique et mentale de tous pour qu’elle passe sans problème.

https://www.youtube.com/watch?v=CR2bhqlUVGk

Cette fois, après le marathon verbal autour de l’omnisports, tout le conseil municipal a laissé filer une subvention de 100 000 euros pour un festival brésilien organisé par Vincent Cassel peu après le G7.  Ce n’est qu’après le conseil que les élus – et on peut les comprendre, tant Veunac sait être soporifique sans avoir à forcer son talent ! – se sont réveillés et ont compris qu’ils ont été mystifiés. Donner 100 000 euros pour ce pseudo-événement qui va se dérouler à quelques semaines du festival Latino, tandis que l’historique Maïder Arosteguy Cup, qui fête ses trente-cinq ans cette année, ne bénéficie que de 6 000 euros d’aide municipale, c’est un peu pousser mémé dans la favela.

Au point qu’Édouard Chazouillères, sans doute parce qu’il est allergique à la samba et aux danseuses brésiliennes, vient de demander officiellement au maire que la délibération soit revotée avec le soutien de sept autres conseillers municipaux.

Bigueyrie et Sion toujours d’actualité

Ceux qui regardent peu les conseils municipaux pourraient penser que les actuels élus sont décidément bien distraits. Il n’en est rien. Veunac et Lafite ont instauré depuis 2014 un système d’une telle opacité, comme tout le monde a pu le constater au moment de la réhabilitation de L’Hôtel du Palais, que chaque délibération doit être scrutée à la loupe en se demandant où est le piège tendu par le duo infernal. Les deux délibérations sur Bigueyrie et Sion, mercredi dernier, le démontrent facilement. Les tentatives pour vendre les écuries de Bigueyrie fin 2017 et la villa Sion en septembre 2018 recouvrent à chaque fois la même réalité : faire plaisir à un copain au détriment de l’intérêt des Biarrots.

Les écuries de Bigueyrie, on s’en souvient, avaient été annoncées non constructibles, alors qu’il est possible d’arriver à 1200 mètres carrés habitables. Mais maintenant que le commanditaire de l’opération ne peut plus apparaître derrière l’acquéreur prête-nom Jimmy Malige, on traîne, on lambine car l’opération urgente n’a plus de raison d’être. Au point où on en est, autant attendre la fin du bail de la société des courses en 2021, pour mieux vendre ce bien.

Manœuvre encore plus tortueuse autour de la villa Sion, comme vous allez pouvoir le vérifier en trois photos. On s’en souvient, la propriétaire du château Boulard, Pierre Delalonde, grand ami du maire, s’était retrouvé face à un problème imprévu. Alors qu’il était en train d’aménager son château pour en faire un lieu d’événementiel, la commission de sécurité avait mis son veto faute d’une sortie de secours suffisante. Qu’à cela ne tienne, la mairie s’était empressée de voler au secours du promoteur en virant précipitamment les associations qui occupaient la villa Sion et en proposant de mettre en vente à 980 000 euros le bien. 8 800 mètres carrés de jardin, même s’il y a une servitude sur une partie et plus de 400 mètres carrés habitables, voilà qui s’appelle un prix d’ami.  Une manœuvre tellement grossière qu’elle avait été retoquée le 28 septembre 2018, jour du conseil municipal.

Explications en trois photos :

LA SITUATION ACTUELLE

En bleu, le périmètre du château Boulard. On comprend pourquoi les services de sécurité ne veulent pas d’un accueil du public, tant l’espace autour du château est restreint. En rouge, la villa Sion avec un jardin qui lui fait face et sur la gauche un jardin public. En rachetant l’ensemble pour 980 000 euros, Pierre Delalonde n’avait plus aucun problème. Malheureusement pour lui, il s’est un peu trop vanté du joli coup qu’il allait faire, ce qui a permis à tous d’être vigilant.

LE NOUVEAU PROJET MUNICIPAL

Veunac a fait plancher les services juridiques pour que le terrain soit débarrassé de ses servitudes, ce qui part d’une louable intention. En bleu en haut, le périmètre du château Boulard inchangé. En bleu en bas, ce qui serait mis en vente, c’est-à-dire la villa Sion et son « terrain d’assiette de 207 mètres carrés ». Le tout pour 1 million d’euros « ou un peu plus si Les Domaines l’évaluent davantage ». Vous avez bien entendu, Veunac demande à ses conseillers municipaux de voter un redécoupage du terrain sans même avoir une estimation du prix. « C’est le dossier Sion ou le dossier brouillon ? » demande Édouard Chazouillères, tandis que Nathalie Motsch affirme « Vous prenez les élus pour des pantins », rappelant que cet ensemble avait été donné à la Ville pour 1 euro et devait rester pour les associations.

Pourquoi ce si étrange découpage qui rend bien peu « sexy » la villa Sion puisqu’elle n’a plus du tout de terrain ? Bisque, Bisque, Basque ! s’est rendu à plusieurs reprises cet hiver villa Sion et a pu constater de visu que les travaux continuaient comme avant au château Boulard avec une importante délégation de maçons étrangers. Comme si son propriétaire, malgré le refus de la commission de sécurité, savait que la mairie allait lui trouver une solution. En effet, en vendant la villa Sion sans terrain, il suffira à la mairie de signer une concession de passage (coût annuel selon les spécialistes 2 000 à 3 000 euros) pour que les problèmes du château Boulard soient résolus. Elle n’est pas belle la vie quand on a des copains ?

LA PROPOSITION DE BISQUE, BISQUE, BASQUE !

En bleu en haut, le périmètre du château Boulard inchangé. En bleu en bas, ce qui serait mis en vente, c’est-à-dire la villa Sion MAIS AUSSI l’espace vert dans le prolongement. En rouge, la partie jardin public restant propriété de la Ville. Dans ce cas de figure, la villa Sion devient très intéressante pour des acquéreurs et peut sans grand souci être vendue 500 000 euros de plus. Une vente aux enchères au lieu d’un gré à gré serait d’ailleurs judicieuse. Seul problème, le propriétaire du château Boulard se trouve dans une situation difficile s’il n’acquiert pas ce bien. Mais quel est le rôle d’un maire, défendre les intérêts des Biarrots ou ceux d’un particulier ?

Le plafond au plancher et inversement

Dernier détail amusant, de ce conseil municipal totalement édifiant sur le mépris qu’affiche Veunac et Lafite pour les élus et les procédures démocratiques et transparentes, le débat autour de l’estimation des Domaines. Rappelons-le encore une fois, l’estimation des Domaines est le prix plancher en dessous duquel une collectivité territoriale n’a pas l’autorisation de vendre. Or à chaque fois, quand il a prévu de refiler un bien communal à un copain, le gestionnaire intelligent « La Faillite nous voilà ! », brandit l’étendard du prix plancher comme une référence absolue, alors qu’il n’est pas interdit d’essayer de viser un prix plafond, surtout dans une ville comme Biarritz où les prix de l’immobilier s’envolent.

Mais après tout, dans une ville qui marche sur la tête, n’est-il pas logique de confondre le plancher et le plafond ?

Saint-Cricq au fond du seau

Quelle tristesse de voir le superbe opposant d’hier obligé, pour exister sans offenser ses nouveaux amis, de disserter sur… les déjections canines. Le jour où on parle orientations budgétaires!

Avec une opposition comme celle-là, avec des Saint-Cricq, Puyau, Domège totalement enamourés, Michel Veunac n’a même plus besoin de majorité… ça tombe très bien puisqu’à l’évidence il n’en a plus, ce qui ne soucie guère celui qui est devenu aux dires de ses détracteurs « la risée de la Côte basque ». Le vieil homme à écharpe tricolore semble toujours aussi perdu, est capable de se tromper dans ses votes en arguant d’une procuration qu’il n’avait pas, utilise des ficelles de la taille de câbles, mais il sait faire de la politique ! Et vendredi soir, lors de ce dernier conseil municipal édifiant et désespérant à la fois, notre Mimi-la-Malice a une fois de plus royalement enfumé tout le monde.

https://www.youtube.com/watch?v=L2e4pLO4WHA

En plaçant en quatrième point de l’ordre du jour le retrait de délégation de Nathalie Motsch, braquant sur elle les projecteurs des médias à un horaire idéal pour les bouclages, et en point vingt-huit le débat d’orientation budgétaire, à l’heure où tout le monde dort, Super-Mimi a magnifiquement joué le coup, à la manière des adversaires du XV de France qui laissent le pack bleu cracher son venin la première mi-temps en attendant tranquillement la suite pour reprendre le contrôle du match. Une ruse que Maïder Arosteguy, trop contente au passage de montrer le peu de cas qu’elle fait de Nathalie Motsch, dénoncera dans l’indifférence.

Sans adversaire, la partie est difficile

En laissant tous les soutiens de Nathalie Motsch s’exprimer et en interdisant à ses troupes de répliquer, Michel Veunac, sous les yeux de son épouse vêtue de rouge tout comme Nathalie Motsch, a subi pendant quarante-cinq minutes une volée de bois vert mémorable qui semble l’avoir laissé parfaitement indifférent.

Une fois Nathalie Motsch partie, Super Mimi, comme à l’accoutumée, s’est emmêlé les pinceaux sur à peu près tous les sujets, que ce soit l’élection du nouvel adjoint Laurent Ortiz, promu pour avoir bien voté sur le dossier du Palais en octobre, ou la nouvelle politique de stationnement, la notion de taux de rotation des véhicules le laissant à peu près aussi démuni qu’un gallinacé devant un couteau.

L’essentiel était ailleurs et à 22 h 30, l’homme qui ne se trompe jamais et qui d’année en année cumule les exploits financiers, à se demander comment la Ville peut se retrouver dans une telle situation avec tous les miracles qu’il réalise, vous avez compris que l’on parle de « La-Faillite-nous voilà », s’est lancé, sous prétexte d’orientation budgétaire, dans une apologie de son action à faire pleurer de rire n’importe quel étudiant en première année d’économie.

Le grand show de l’énarque fanfaron

Le livre que tous les Biarrots devraient lire.

Si pour équilibrer mon budget, je vends la maison qui m’appartient et explique le même jour à mes copains que je pratique de « la gestion intelligente », ils vont sans doute sourire. Quand on sort du budget municipal l’emprunt pour rénover le Palais en le planquant dans la coquille vide qu’est la Socomix, on peut jouer à l’énarque fanfaron. Surtout quand la bulle spéculative immobilière vous est favorable et gonfle mécaniquement – pour quelques temps du moins ! – vos recettes. Et comme décidément, notre brillant argentier a tous les toupets, il nous explique dans la foulée avoir réalisé un emprunt auprès des banques, car « les taux étaient particulièrement intéressants ». Un peu comme un mari qui rentre à la maison et annonce à son épouse et ses cinq enfants qu’au lieu d’acheter la berline prévue, il a fait l’acquisition d’une Ferrari car elle était en soldes.

Toutes ces rodomontades de petit coq ivre de lui-même auraient mérité d’être reprises, mais la fatigue, l’heure tardive et le fort légitime sentiment d’user de la salive pour rien avec un tandem qui n’écoute personne auront eu raison des plus endurants conseillers. Silence radio de François Amigorena, d’Édouard Chazouillères et même de Maïder Arosteguy qui avait déjà bien bataillé pendant les quatre premières heures du conseil.

Heureusement, trois opposants féroces étaient là pour défendre l’honneur des Biarrots après les fadaises entendues sur les prévisions budgétaires.

Des opposants d’une férocité extrême

C’est Alain Puyau qui lance la première flèche et frappe l’équipe dirigeante en plein cœur. « Les chiffres et les taux sont peu critiquables », mais le rapport qui a été remis aux élus est « peu lisible » et il aurait fallu « changer les polices de caractère ». Tout le monde sait que le brave Puyau n’a aucun caractère, mais malmener l’équipe dirigeante à ce point-là !

C’est ensuite Frédéric Domège qui intervient pour dire que les choix budgétaires vont dans le « bon sens » et qu’il approuve les propos de ses collègues. Domège, c’est connu, c’est le bon sens près de chez nous.

Le match de trop de Saint-Cricq

Mais, à l’image de ces sportifs qui ne savent pas s’arrêter à temps et s’obstinent à revenir dans les stades où ils se sont couverts de gloire alors qu’ils n’y ont plus leur place, les sourires se dissipent et laissent place à une profonde tristesse au moment de l’intervention de Jean-Benoît Saint-Cricq. Comment le brillant opposant dont les interventions pertinentes et travaillées étaient toujours attendues avec impatience et crainte pendant quatorze ans, peut-il s’être tiré une balle dans le pied à ce point-là ?

 Dans la droite ligne de son ralliement à la majorité sur le dossier du Palais en juin et octobre, « l’opposant » Saint-Cricq trouve désormais remarquables toutes les décisions de l’équipe dirigeante : « Ce qui compte, c’est la direction qui a été prise. Elle est incontestablement bonne ». Heureux de distribuer les bons points, Saint-Cricq ajoute même à l’égard du tandem Veunac-Lafite : « Vous êtes sur la bonne voie ».  Mais comme il faut exister tout de même, montrer son indépendance sans fâcher ses nouveaux amis, le brillant avocat biarrot va se permettre une critique terrible sur la façon dont est dirigée cette ville : « On voit fleurir dans nos belles rues des déjections canines qui vivent leur belle vie jusqu’à ce que la pluie ait fait son œuvre et que tout ça se délite. Ce n’est pas très agréable de suivre la vie d’un étron sur le trottoir biarrot pendant une quinzaine de jours. »

Les Biarrots en avaient déjà conscience, mais après cette désespérante séance de bénis oui-oui qui a duré près de cinq heures, ils repartent avec une certitude : la Ville est dans une merde noire !

Quelle dégelée !

Si vous voulez avoir une idée exacte de ce qui se passe à la mairie, prenez quarante-cinq minutes pour écouter tous les griefs adressés au maire. Et vous pourrez au passage admirer ses talents d’encaisseur (De la minute 13 à 1h02, moment où Veunac décide de couper le micro de Nathalie Motsch).

Des griefs littéraires, façon Amigorena, qui avec son talent habituel évoque « La cour du roi Pétaud avec ses bouffons tristes et son monarque acariâtre ». Des envolées humanistes avec un texte très touchant de Guillaume Barucq qui pleure « la dream team que nous formions en 2014 » et « le psychodrame permanent ». Du réalisme avec Brigitte Pradier et Hervé Boissier qui constate que « comme aux Galeries Lafayette, il se passe toujours quelque chose » à la mairie. Des interventions plus nuancées comme celles d’Anne Pinatel évoquant le général de Villiers ou d’Édouard Chazouillères qui pense que Nathalie Motsch, comme le préconisait Jean-Pierre Chevènement en son temps (« Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ») aurait dû partir d’elle-même.

Et puis, Nathalie Motsch qui, l’émotion aidant, a commis un discours un peu trop long mais remarquable dans sa partie centrale, évoquant « un management à l’envers, rétrograde, et c’est probablement le seul fait d’arme de ce mandat : l’exceptionnelle réussite de l’échec au moment de fracasser une équipe en quatre ans. » « Calamity Nathalie » s’en est ensuite prise à son grand copain l’énarque sarcastique : « Écoutez-moi bien, Monsieur le Premier adjoint, moi qui n’ai à vos yeux que des « ambitions ridicules ». Je ne vous reconnais aucune légitimité, votre équipe part en miettes et vous resterez pour la postérité le fossoyeur du Palais »

45 minutes pour vous convaincre que ce mandat est un désastre à nul autre pareil (À 23 heures, dans la salle ne restaient plus que l’épouse du maire et une journaliste de Mediabask, tous les autres avaient jeté l’éponge, écœurés). Un désastre qui n’empêche pas Michel Veunac d’avoir des chances d’être réélu en 2020 si des ententes ne se font pas et que chaque opposant y va de sa liste. Comme dirait mon confrère de L’Équipe Pierre Michel Bonnot à propos du manager du XV de France Jacques Brunel, l’opposition à Veunac est actuellement « aussi emmerdée qu’un caméléon atterrissant sur un tissu écossais ». Il va falloir s’adapter, et vite !