La vraie vie, selon Virginie…

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Qui va dire à Virginie Calmels qu’une élection régionale, ce n’est pas une émission de télé-réalité et que les téléspectateurs ne votent pas par SMS?

Partie à la conquête d’une région dont on ne sait pas encore précisément le nom, même si Sud-Ouest-Atlantique semble tenir la corde, Virginie Calmels, l’adjointe d’Alain Juppé, profite de chaque meeting, de chaque interview pour se gausser de ses rivaux politiques. À l’en croire, elle et elle seule peut se prévaloir d’une « expertise »  de « femme de terrain ancrée dans la réalité« , contrairement au technocrate Rousset ou au « petit prof » Dartigolles.

L’ancrage dans la réalité variant considérablement d’une personne à l’autre – Marie-Antoinette, quand elle soignait ses moutons au hameau de la Reine à Versailles, était persuadée d’être une véritable fermière et Liliane Bettencourt convaincue qu’Éric Woerth venait à Neuilly pour ses beaux yeux!- il convient donc de s’intéresser à ce brevet de réalisme que s’auto-décerne avec aplomb la blonde quadragénaire, et de regarder d’un peu plus près la vraie vie de Virginie.

La télé-irréalité mène à tout…

Grande modeste, la candidate politique vous avoue qu’avant quarante ans, elle avait déjà organisé trois plans de licenciement,  mais précise que « certains des licenciés lui ont offert des fleurs« , histoire de faire pleurer dans les chaumières. C’est sans doute un pur hasard, si elle oublie très souvent de citer le nom des entreprises qui ont jalonné son parcours. Effectivement Canal+ où elle a sévi comme directrice financière et Endemol comme directrice générale, ne sont peut-être pas tout à fait représentatives du terroir français. Pour mémoire, Endemol, c’est l’entreprise qui, pour faire du fric, filmait Loana, batifolant avec Jean-Édouard dans la piscine d’un loft truffé de caméras, histoire d’apprendre la vraie vie aux adolescents. Le parcours de Virginie Calmels, comme tous les parcours, mérite le respect, mais on ne peut pas vraiment dire que ce curriculum vitae d’une ex-mondaine parisienne l’autorise à se targuer d’une compétence qui saute aux yeux pour diriger une Région.

120 000 euros d’argent de poche

Mais ces approximations pour le moins amusantes, ne vont pas freiner les ardeurs de notre fonceuse, qui semble bien capable de ligoter Alain Juppé sur son fauteuil, s’il ose la contredire. Contrairement à d’autres qui se sont retrouvés en huitième position sur la liste des Pyrénées-Atlantiques, Virginie ne fait pas de politique par nécessité et affirme posséder « un certain détachement à l’égard du matériel« .

Le Canard enchaîné  de cette semaine, sous le titre « Jupette le feu« , a l’excellente idée de rendre très concret le détachement, limite apostolat absolu, de Virginie.

La pauvrette, en 2014, a dû se contenter de ses maigres indemnités d’adjointe d’Alain Juppé, cumulées à quelques modestes conseils d’administration. On est à la limite du conflit d’intérêt, mais il faut bien pouvoir mettre un peu de graisse sur la chaîne de son vélo :

– 45 735 euros de jetons de présence chez Eurodisney (Toujours la vraie vie!).

– 30 000 euros d’Iliad.

– 45 000 euros de Technicolor.

Comment ça, vous ne touchez pas annuellement, en dehors de votre salaire, pour 120 235 euros de jetons de présence ? Alors, c’est que vous n’êtes pas dans la vraie vie, et qu’il serait vraiment aberrant pour vous de voter pour quelqu’un qui est si loin de vos propres réalités quotidiennes et si peu à même de vous représenter…

Les ânes Brisson VeunacÉnorme!

Avec un comité de soutien comme « Le 64 avec Virginie Calmels », la candidate aux Régionales n’a plus besoin d’adversaires. Voilà une copie du tweet qui a circulé, provoquant l’hilarité et la consternation des militants Républicains, avant d’être promptement retiré. Il est vrai que les ânes ont l’air de se porter comme un charme et que l’éleveur ne semble pas avoir de problème pour nourrir ses bêtes…

Brisson à l’insu de son plein gré

Brisson Oxibar

Au jeu du plus malin, Marc Oxibar a bien roulé Max Brisson.

Max Brisson qui laisse sa place VOLONTAIREMENT sur une liste, c’est à peu près aussi crédible que François Hollande qui annoncerait qu’il se met à la musculation ou Nicolas Sarkozy qui déciderait de se faire raccourcir les fémurs car il se trouve trop grand!

Sourires entendus chez les Républicains et chez les centristes, jeudi matin à Biarritz, en apprenant la rétrogradation de Max Brisson de la deuxième à la huitième place de la liste départementale d’union du centre et de la droite pour les élections régionales, sur décision de la commission d’investiture nationale des Républicains. Un sourire qui s’est transformé en hilarité générale de tous ceux qui s’intéressent à la politique, en apprenant l’argumentation du secrétaire départemental, qui, sans doute inspiré par Richard Virenque, s’efforce de faire croire qu’il n’a pas été désavoué et qu’il contrôle la situation : il aurait volontairement cédé sa place à Marc Oxibar.

La lecture de La République des Pyrénées, du 6 et du 7 octobre, nous en apprend beaucoup plus. Le 6 octobre, c’est encore Max-la-Menace, qui tient à montrer ses muscles face à la fronde, après que 120 militants béarnais aient exprimé leur mécontentement sur la composition de la liste : « Quand on est dans un parti, on ne regarde pas les choses par le petit bout de la lorgnette de son territoire. les équilibres sont régionaux. »  assène le gros poupon furibond, qui se cabre quand le journaliste suggère qu’il a surtout pensé à préserver sa propre position.  » Ces attaques personnelles n’honorent pas leurs auteurs« .

De céder sa place à son rival départemental, il n’est nullement question, mais on le sait Max est un grand pudique.

La politique racontée aux enfants

Toute autre musique, le lendemain dans la même journal. Tout le monde pense que le secrétaire départemental des Républicains vient d’essuyer un camouflet terrible, mais Gros-malin dédramatise : « Il y avait une situation de blocage, explique Max Brisson. La commission voulait au moins un Béarnais parmi les trois Républicains sûrs d’être élus. J’ai donc proposé de prendre la place de Marc Oxibar. C’est une réponse à ceux qui trouvaient que je n’avais pensé qu’à moi. Je pense à mon parti et à son avenir« .

La politique, racontée aux enfants, c’est tout de même magnifique et ça donne envie de pleurer dans les chaumières!

Plus drôle encore, notre Michel Veunac, pendant ce temps, sauve sa place de quatrième de liste et est pratiquement sûr d’être réélu, tandis que rien n’est fait pour Max, qui, grand seigneur, avait déjà annoncé dans Sud Ouest qu’il renonçait à son mandat municipal, le seul qui ne lui rapportait rien.

On imagine dans quelques mois, Brisson, au conseil municipal, fou de rage à l’idée d’avoir fait la courte échelle à Veunac, et vert de jalousie en pensant aux indemnités mensuelles de plus de 2500 euros que celui-ci va empocher, tandis qu’il devra se contenter de ses maigres revenus d’inspecteur général et de vice-président du conseil départemental. Et d’un seul coup, contrairement aux deux premières années, plus rien ne va lui plaire dans les décisions du duo Veunac-Lafite :  il va voter contre le budget, contre les subventions à tout va pour le BO ou la Cité de l’Océan. Bref, faire le boulot pour lequel il a été élu, tout en méditant ce vieux dicton béarnais : »Quand on veut manger dans toutes les gamelles, on finit toujours par se les faire piquer ».

Brisson-Veunac, les désœuvrés magnifiques

Remus et Romulus

Romulus-Veunac et Remus-Brisson ont tout compris : la politique, ça doit nourrir son homme…

Sommes-nous bêtes tout de même de nous faire ainsi du souci pour cette prospère et florissante bourgade, à l’avenir radieux, nommée Biarritz! Heureusement le grand leader à écharpe tricolore qui nous dirige vient de nous envoyer un message particulièrement rassurant qui va nous permettre de nous rendormir sur nos deux oreilles.

La gestion de la Ville prend tellement peu de temps à Michel Veunac, lui occupe si peu les neurones, que ce surdoué intellectuel qui maîtrise désormais totalement la situation pour les cinquante ans à venir, est bien obligé de chercher de l’emploi ailleurs. Et ce n’est pas avec la vice-présidence de l’Agglo, la présidence de la SEM de la Cité de l’océan ou celle de l’Hôtel du palais, que notre presque septuagénaire de maire peut remplir ses journées et trouver à rassasier son altruisme, sa générosité et son envie de servir. Fort logiquement, notre grand désœuvré est donc en train de prendre la roue de son meilleur ami politique Max Brisson pour se retrouver en position éligible aux prochaines élections régionales, afin de pouvoir porter haut et fort les couleurs de Biarritz dans l’instance régionale.

Glouton frénétique et glouton pathétique dans le même bateau

Et il n’y aura que des esprits chagrins pour pointer du doigt les 2661,03 euros brut par mois d’indemnité (2927,13 euros, s’il est membre de la commission permanente) comme seule explication à cette ambition régionale. Il est vrai qu’avec 8 000 euros par mois, notre maire est souvent obligé de se serrer la ceinture. Mais, comme il l’a toujours expliqué, il fait de la politique pour servir et non pour se servir, ce dont personne d’ailleurs n’avait jamais douté.

Il est d’ailleurs dommage que ce pauvre Max Brisson, parfois surnommé par ses ennemis le glouton pathétique, tant son appétit de mandat peut-être grand, soit entraîné dans la même polémique. Comment voulez-vous arriver à survivre de nos jours avec un modeste salaire d’inspecteur général? Comme nombre de nos ouvriers actuels, Max est donc amené à multiplier les petits boulots pour subsister, un poste de vice-président du conseil départemental par ci, un mandat de conseiller régional par là. Et l’on ne peut que pardonner à ce pauvre homme, qui trime si durement, ce cri du cœur lorsqu’un ami lui a demandé, il y a quelques mois au moment des élections départementales, pourquoi il se présentait : « Tu comprends, j’ai besoin de pognon!« .

Face à ces deux talents en difficulté, face à cette façon si noble, généreuse et désintéressée de faire de la politique, nous nous devons d’agir en tant que citoyens en votant en décembre pour ces deux brillants porte-drapeaux de notre cité.

Vous imaginez sinon, en cas d’échec électoral, le remords que l’on éprouverait, l’hiver prochain, en retrouvant nos deux compères assis place Clémenceau, devant une sébile, avec deux petits panonceaux : « Une chips pour manger » « Un euro pour rester propre« ?

Alors vite, un petit bulletin dans l’urne pour nos deux nécessiteux!