Le clan Veunac a bien tort de plastronner

Le G7 s’est mieux passé que prévu. Mais de là à imaginer Veunac en maire réélu…

Pour sauver la Ville en 2020, Biarritz peut trouver mieux.

On a tous connu ce genre de week-end improbable où l’on se retrouve invité pour trois jours chez des gens qu’on connaît peu. La bouffe est médiocre, les hôtes stupides, le décor kitsch à souhait, mais au moment de prendre congé, avec une belle hypocrisie, on dit merci et on promet de se revoir. Bien entendu, on n’en pense pas un mot et c’est avec soulagement que l’on prend congé définitif. Lundi soir, les lampions du G7 étaient à peine éteints, que les fidèles de Veunac (Ils sont rares, mais il en existe), pavoisaient à qui mieux-mieux : « Avec un tel G7, plus rien ne s’oppose à ce que Michel soit réélu triomphalement en mars 2020 ». Ce sont les mêmes qui en 1994 ne voyaient pas comment Balladur pouvait perdre face à Chirac et en 2016 étaient certains que le futur président de la République se nommerait Alain Juppé avant de clamer leur confiance en François Fillon.

Grillé auprès de Macron

Ce n’est pas un hasard si durant tout le G7 on a vu Michel Veunac tendre le cou pour essayer d’être sur la photo. Pas un hasard non plus si le Président de la République s’est tenu à distance raisonnable de celui qui l’invitait. Et pas un hasard du tout si, en rupture totale avec la tradition républicaine, Emmanuel Macron lors de chacune de ses allocutions télévisées s’est bien gardé de prononcer le nom de Michel Veunac, alors qu’il remerciait le Pays basque pour l’accueil fait aux chefs d’état. Lundi 26 août, alors qu’Emmanuel Macron avait souhaité que les représentants d’association de commerçants assistent à la cérémonie de clôture à la mairie, le chef de l’État a finalement fait défection.

Macron avait largement le temps de s’arrêter à la mairie avant de retrouver Anne-Sophie Lapix au phare : il ne l’a pas fait.

Certes la conférence de presse commune avec Trump avait pris beaucoup de retard, mais de nombreux témoins oculaires ont vu Macron quitter le casino Bellevue à 18 h 55. Sachant qu’il avait besoin de quinze minutes pour mettre ses idées en place avant son interview sur France 2 avec Anne-Sophie Lapix, il pouvait largement passer une tête à la mairie, saluer Veunac et remercier tout le monde. Au lieu de cela, il a préféré envoyer Brigitte son épouse. Un choix qui n’est pas innocent.

Avec des émissaires présents depuis plusieurs mois afin de préparer le G7, le Président de la République cerne assez précisément la personnalité et la compétence de Notre-Mimi-rien-qu’à-nous-que-le-monde-nous-envie. Son mouvement politique, LaREM, a besoin de s’élargir au moment des municipales et Biarritz semble prenable. C’est pour cette raison que Michel Veunac, comme Nathalie Motsch, Guy Lafite ou Jacques-André Schneck (les deux derniers sont membres de LaREM depuis plusieurs mois) se sont démenés pour obtenir l’investiture qui fait figure de sésame à leurs yeux. Sans oublier un certain ministre de l’Agriculture qui pourrait mettre tout le monde d’accord. L’investiture LaREM ne sera accordée que très tardivement, mais une chose est sûre : quand il évoque un lien de proximité avec le président, Veunac prend ses désirs pour des réalités et devrait savoir qu’en politique, personne ne fait jamais de sentiment.

Grillé auprès des commerçants

De son métier de sociologue, Michel Veunac a gardé l’habitude de croire qu’une incantation peut ressembler à une action. On l’a vu avec sa phrase fétiche, répétée jusqu’à l’inanité : « Biarritz ne sera pas bunkérisé ». On connaît la suite. Autre mantra dit et redit : « Les commerçants seront indemnisés ». Et comme Veunac n’a vraiment pas honte, il essaie même de faire croire, selon Sud Ouest du 2 septembre, qu’il est soudain devenu un grand défenseur des Biarrots, empêchant les services de sécurité d’enlever les poubelles trop tôt ou l’État rapace de trop spolier les malheureux commerçants qui ont vu pratiquement quinze jours de leur chiffre d’affaires du mois d’août s’envoler.

Sud Ouest, 30 août.

Patrick Darrigade, le très pondéré libraire et marchand de journaux du centre-ville estime avoir perdu « 28 000 euros de chiffre d’affaires pendant le G7 ». Quand la secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances, Agnès Pannier-Runacher, annonce une enveloppe globale de 350 000 euros pour les commerçants biarrots, tout le monde commence à comprendre qu’une petite aumône sera accordée à chacun, mais que les pertes réelles ne seront jamais compensées. Et que dire du reste de la Côte basque, elle aussi sévèrement impactée par le G7 ?

Veunac n’en a cure. Jeudi, alors qu’Agnès Pannier-Runacher écoutait les commerçants qui exprimaient leurs craintes, Mimi-la-suffisance ne cessait de les interrompre en évoquant l’image de Biarritz grâce au G7 et les mirifiques retombées à venir. On a connu plus adroit, même si le mandat presque écoulé nous a prouvé que le maire ne savait pas très bien compter.

Grillé auprès de l’Agglo

Jean-René Etchegaray et Claude Olive n’ont guère apprécié la désinvolture de Veunac à l’égard de Bayonne et Anglet.

De Didier Guillaume à Max Brisson, Michel Veunac a leurré tout le monde cet été en annonçant qu’il ne se représenterait pas. Pour lui, après ce G7 qui s’est bien déroulé, les planètes sont alignées et rien ne pourra désormais empêcher sa réélection. Logiquement, il va donc annoncer fin septembre qu’il va être à nouveau candidat. Mais si, par un hasard extraordinaire, il se trouvait un Biarrot envisageant de voter pour lui, il devra tout de même se poser une question avant de glisser son bulletin dans l’urne. Comment Biarritz peut fonctionner avec l’hostilité de toute l’Agglo ? Aucun des élus du Pays basque ne pardonne à Veunac d’avoir ainsi fait cavalier seul alors qu’il est vice-président de l’Agglo. Lundi dernier à la mairie, il suffisait d’écouter les remarques acides de Claude Olive et Jean-René Etchegaray, maires pondérés et responsables s’il en est, pour comprendre que la rancune ne partira pas avec l’eau du G7.

Veunac ne s’est soucié que de lui-même et de sa réélection quand Macron lui a demandé si un G7 était jouable en août à Biarritz. Il n’a échangé avec aucun des autres élus et ne s’est nullement préoccupé des dommages collatéraux que sa décision pouvait entraîner. Il est clair que si, par un hasard extraordinaire, il attaquait un deuxième mandat après la brillantissime démonstration qu’il nous a faite depuis 2014, il n’obtiendra jamais rien à chaque fois qu’il devra solliciter l’Agglo. C’est d’autant plus ballot que le plan local d’urbanisme, l’aménagement d’un stade ou l’attribution d’une piscine relèvent désormais de l’Agglo où Veunac ne compte que des ennemis. Le choix est donc clair : si l’on ne veut rien pour BIarritz de 2020 à 2026, date à laquelle notre pimpant élu aura 80 ans, il faut voter Veunac.

Croisée en centre-ville, une conseillère municipale qui espère probablement repartir avec Veunac l’an prochain, joue la voix de la sagesse : « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce que l’on aura », ce qui est tout de même une curieuse façon de défendre le bilan du maire. Il existe pourtant une autre variante, bien plus intéressante de cet adage : « On sait ce qu’on perd mais on est sûr que ça ne peut pas être pire ».

Bien seule Arosteguy

Au lendemain du G7, Maïder Arosteguy, craignant que les commerçants de Biarritz ne soient mal indemnisés, a le réflexe de demander à Michel Veunac la création d’une commission de suivi des procédures d’indemnisation. Un réflexe plutôt logique pour une élue. Maïder ne devait pas s’attendre à la volée de bois vert que lui a valu son initiative.

Tout commence avec Richard Tardits, pourtant à ses côtés dans les rangs de l’opposition. Pour lui, les « retombées commerciales sont incommensurables et personne ne dira jamais merci » et il est donc urgent de ne rien faire. Richard va donc se faire un plaisir d’accompagner les commerçants en difficulté chez leur banquier pour expliquer que leurs pertes ne sont pas « incommensurables ».

Louis Vial, devenu pro-Veunac inconditionnel depuis que ce dernier a eu la bonne idée de le nommer adjoint, y va à son tour de son petit couplet. On se demande ce que vient faire le « Biarritz bashing » quand on parle des pertes des commerçants, mais l’évocation des « esprits chagrins » va enchanter Veunac :

Et puis, Patrick Destizon n’est jamais très loin quand se déroule un bal des flagorneurs. Il attaque très fort avec un « Je souscrit » du plus bel effet universitaire, avant de se laver les mains du sort des commerçants : « La présence d’élus n’est ni utile ni souhaitable » :

Biarrots, voilà ce qu’écrivent les élus qui sont censés veiller sur vos intérêts. Souvenez-vous d’eux lorsqu’ils viendront faire la danse du ventre devant vous en mars prochain !

Les manants et les dominants

Chronique d’une ville assiégée.

Malgré l’important déploiement policier, le détecteur de tee-shirt subversif n’a visiblement pas fonctionné.

Ah ils peuvent être amers les gilets jaunes, les demandeurs d’emploi et tous les salariés français à qui on explique benoîtement qu’il est impossible de les augmenter, devant la gabegie de moyens mise en place à l’occasion de ce G7, aussi inutile que les précédents. Sans un mot pour le maire de Biarritz, ce qui a bien fait rire les locaux, Emmanuel Macron, lors de son allocution aux Français samedi à 13 heures, a remercié le Pays basque pour son accueil malgré « quelques désagréments ». C’est bien la moindre des choses ce merci du bout des lèvres quand on n’a pour sa part aucun désagrément, qu’on pète dans la soie pendant trois jours et qu’une bonne partie des frais engagés par la Ville de Biarritz seront pris directement dans la poche des contribuables biarrots.

Si pour le manant de base, simple habitant du centre-ville, les désagréments sont largement compensés par toutes les occasions de rire que nous offrent les envahisseurs actuels ne comprenant rien de rien à Biarritz, pour les commerçants que l’on a menacés de ne pas indemniser s’ils fermaient boutique pendant le G7, cette désinvolture de nouveaux seigneurs féodaux piétinant leur récolte de fin août a de quoi les indigner au-delà de tout.

À pied, à cheval et en voiture…

Alors en attendant de pleurer quand il nous faudra sortir nos picaillons pour régler les folies municipales, profitons de ces trois jours pour rire un maximum devant cette opérette permanente et ce faux décor de ville censée vivre normalement. Jeudi soir, dans un bar désert de la place Clémenceau, dix golgoths, taillés façon deuxièmes lignes de l’équipe de France de rugby, font irruption. Et quand un des rares clients s’avise de leur demander en anglais s’ils font partie de la sécurité d’une délégation étrangère, l’un d’eux, de lin blanc vêtu, affirme qu’ils sont des touristes américains en vacances à Biarritz qui ignoraient que le G7 allait avoir lieu. Crédible comme du Veunac faisant une promesse de piscine olympique à ses administrés !

C’est bête, mais il y a des côtes à Biarritz et il faut parfois mettre pied à terre.

Mêmes fous rires en série avec les unités cyclistes. Les têtes pensantes policières qui les dirigent n’avaient visiblement pas anticipé les côtes fort nombreuses dans Biarritz, ce qui oblige parfois nos policiers d’élite qui pédalent en uniforme avec le pistolet visible à la ceinture à mettre pied à terre. Avouez que cela fait désordre pour des cow-boys.

Le fumier pendant le G7, c’est en prime?

Si les manants en uniforme, communément appelés forces de l’ordre, sont absolument adorables avec les manants locaux et vont même jusqu’à avouer discrètement à quel point ils jugent imbécile ce G7, ils nous offrent parfois un spectacle de première grandeur : dans les airs, sur mer, sur terre aux moyens de véhicules rugissants, de motos gyrofardées, ou de chevaux, ils nous emmerdent quotidiennement et pas seulement au sens figuré. Quel est l’intérêt d’avoir fait venir quarante canassons de la garde républicaine, actuellement logés au centre équestre d’Ilbarritz, si c’est pour laisser des souvenirs fumants et odorants dans une ville où la moindre déjection de chihuahua peut vous valoir une amende record ? À quand Veunac et Lafite avec des poches plastiques pour nettoyer la ville pas bunkerisée pour deux sous qu’ils nous ont annoncée ?  

Le sale samedi de Veunac

Contrairement aux autres médias, Sud Ouest a laissé un peu de place sur la photo aux gloires locales Brisson et Veunac.

Une journée à dégoûter le moindre flagorneur de flagorner ! Si vous croisez Michel Veunac un peu défait et souffrant d’un sévère torticolis, ne vous étonnez pas. Son grand ami Emmanuel Macron a multiplié samedi les camouflets à son égard, ce qui montre bien qu’il ne faut jamais s’abaisser à cirer les pompes des puissants comme l’a fait Mimi-la-Malice, pas très malin en l’occurrence. Premier camouflet avec l’allocution présidentielle où Macron s’est bien gardé de le citer alors que la lippe frémissante et la bajoue rosissante notre premier élu attendait l’onction présidentielle. Il s’agit peut-être d’un simple oubli, mais tous les commentateurs de la parole politique présidentielle y ont vu un signe sérieux pour la future élection municipale. D’autant plus que Didier Guillaume était du voyage !

Il n’est pas né celui qui me piquera mon bout de fromage.

Si Sud Ouest a charitablement mis sur la photo le flagorneur en chef municipal et le tout aussi flagorneur sénateur Max Brisson, d’autres médias ont pris soin de les ignorer soigneusement. Plusieurs chaînes nous ont montré des images désopilantes d’un Veunac se comportant comme un vulgaire quidam de bêtisier télévisé et tendant le cou en direction de Macron pour avoir une chance d’être dans le cadre. Étonnez-vous après cela de ses douleurs aux cervicales ! Quant au sénateur Brisson, c’est au bras droit qu’il a mal tant il l’a laissé tendu longtemps en attendant le top départ du buffet présidentiel. Regardez-le sur la photo, il fait semblant d’écouter mais il est prêt et il n’est pas né celui qui lui piquera son bout de fromage. Quel dommage qu’il ne se soit pas montré aussi rapide à dégainer des critiques contre Michel Veunac quand il était dans l’opposition !

Et puis comme il n’est de bonne compagnie qui ne finisse par se quitter, Macron a très vite sifflé la fin de la récré et a dit à notre Mimi-rien-qu’à-nous-et-que-le-monde-nous-envie, « Maintenant, tu me files ta ville et tu vas jouer ailleurs ». Samedi soir, alors qu’une petite cérémonie à destination de la presse étrangère était organisée aux Halles, plusieurs confrères étrangers se sont étonnés de la solitude du maire qui n’avait que quelques élus locaux pour l’accompagner et personne pour converser avec lui. Comme si les Biarrots avaient une dent contre lui pour la façon dont il les a sacrifiés au profit de son seul intérêt !

Une image déplorable de la Ville

Le vélo à hydrogène, quand on ne peut pas visiter le centre-ville, ne sert pas à grand chose.

La mer démontée de Rayond Devos (Extrait).

L’argument choc de Veunac quand les Biarrots s’inquiétaient des conséquences du G7 était d’annoncer des retombées mirifiques pour Biarritz avec les journalistes « du monde entier qui allaient venir ». La réalité est toute autre. Il suffit de se promener du côté du centre de presse à la Halle d’Iraty pour comprendre. Nos confrères ont été dotés de fringants vélos à hydrogène, histoire de faire de la pub à un fabricant local. On peut donc les voir errer du côté de la gare de la Négresse et pour les plus téméraires s’aventurer jusqu’au PC sécurité du collège Fal avant de rebrousser chemin, dissuadés par la quantité de forces de l’ordre présente. Quelle idée vont-ils avoir de Biarritz après une telle expédition ? Quant aux plus téméraires, aux aventuriers, aux vrais qui se risquent jusqu’au centre de Biarritz, ils ont l’impression de se retrouver dans un sketch de Devos puisque la mer n’est plus visible nulle part tant elle a été privatisée pour les grands de ce monde.

Tout ce qui fait notre façon de vivre, ce mélange rare entre passion sportive, sens aigu de la dérision et conscience de vivre dans un pays de Cocagne va donc échapper complètement aux journalistes, tandis que tous les téléspectateurs qui découvrent Biarritz pour la première fois en garderont l’image d’une ville fermée, barricadée et dissuasive au possible. Biarritz, ville magnifique comme tout le Pays basque, n’avait pas besoin d’une contre-publicité comme celle-là. Heureusement quelques confrères s’efforcent d’échapper aux chemins tout tracés qu’on voudrait leur faire emprunter pour raconter un autre Biarritz que le décor d’opérette fabriqué actuellement où les facteurs roulent à vide pour faire croire à une activité et où les commerçants sont obligés de rester ouverts s’ils veulent espérer une – problématique ! – indemnisation de leurs pertes.

Mensonges d’état et autres approximations

Voilà l’accès réservé aux clients des commerces de la place Bellevue. « Restez ouverts » avait dit le préfet.

Et l’on en revient à l’éternelle histoire des manants et des seigneurs féodaux qui les méprisent. Le préfet qui sait qu’il joue gros sur ce G7 n’a cessé de délivrer des demi-vérités aux commerçants. On est parti d’une indemnisation évidente pour tous, à une indemnité pour ceux dont l’entreprise existe depuis plus de trois ans, puis à une indemnisation uniquement pour ceux qui sont restés ouverts. « On a fait un petit samedi de février » affirme le charcutier Pascal Manoux aux halles. Le fromager pour sa part a préféré fermer à midi tant il s’ennuyait. En encore les halles sont dans la zone bleue avec un minimum de clients sur place. Mais que dire des commerçants de la zone rouge, place Bellevue, qui ont vu avec horreur une palissade opaque être tendue devant leurs vitrines jeudi soir. Une petite plaisanterie dont on s’est bien gardé de les avertir auparavant. Pour accéder chez eux, il faut désormais emprunter une sorte de tranchée qui rappelle la guerre de 14. Tous commencent à comprendre qu’ils ont été menés en bateau, le seul souci du préfet étant de s’assurer de leur calme jusqu’à la date fatidique.

« Qu’est-ce qu’il a mon poisson? Il est pas frais? « . Contrairement aux autres samedis, les poissonniers ont le temps de discuter.

Mais un jour ou l’autre, le bal s’arrête, l’orchestre cesse de jouer et les lampions s’éteignent. Et il conviendra, alors que les élus s’apprêtent à faire une nouvelle danse du ventre devant les électeurs, de se souvenir de ces minuscules représentants qui ont méprisé le travail des Biarrots pour satisfaire leur petite gloriole personnelle. Pour protester contre le traitement infligé au Pays basque, Claude Olive et Jean-René Etchegaray ne sont pas venus saluer Macron, car ils préféraient être présents dans les PC de sécurité de leurs villes pour protéger les habitants. Notre maire collabo, ivre de son importance par chef d’état interposé, n’a jamais émis pour sa part la moindre protestation, n’a jamais rien tenté pour défendre Biarritz et empêcher l’occupant élyséen de saccager la cité balnéaire à l’heure de la récolte

 Nous n’oublierons pas.

Guillaume Barucq en a entendu des mûres et des pas vertes, ce qui est normal pour un écologiste, mais a eu le cran contrairement à bien d’autres élus d’aller au contact des commerçants en colère.

 

Heureusement, l’esprit de résistance est là, avec des restaurateurs qui ne perdent pas leur humour.

Veunac et la malédiction des deux Didier

Chacun de leur côté, Didier Borotra comme Didier Guillaume semblent bien décidés à obtenir les deux oreilles de Veunac au final de la corrida municipale de 2020.

Si Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture en charge de la protection animale, n’a pas eu l’idée du siècle en s’affichant aux arènes de Bayonne, l’association des Citoyens-habitués-à-se-faire-mener-en-bateau-par-les-politiques va néanmoins pouvoir lui décerner une couronne de lauriers qui sera du plus bel effet sur son beau front dégarni. En effet, en annonçant avec de plus en plus d’insistance qu’il envisage de devenir maire de Biarritz, notre parachuté ministériel a obligé notre Mimi-la-Malice-rien-qu’à-nous-et-qu’on-ne-rêve-pas-de-le-garder à brûler ses vaisseaux et à dévoiler sa stratégie.

Depuis plusieurs mois, Michel Veunac la jouait vieux, malade et fatigué, au point que le tout Biarritz, notre sénateur Max Brisson en tête, annonçait que c’était une certitude et que notre alerte septuagénaire n’allait pas faire le mandat de trop après son si « brillant » premier brouillon de six ans. Dans ces colonnes, une commentatrice assidue qui signe Nath B. s’était même déclarée prête à parier avec moi 100 euros sur ce fait, ce qui d’après Christian Brocas aurait constitué une dilapidation inconsidérée de mon patrimoine.

Et puis, aujourd’hui, patatras, notre finaud à écharpe tricolore, dans la foulée de la visite de Christophe Castaner, vient de dévoiler involontairement un pan de la future partie électorale en estimant « déplacé » que le ministre de l’Agriculture annonce son intention de candidature (Sud Ouest / 20 août) : « La moindre correction, c’est d’attendre que le maire sortant se soit prononcé, et comme je l’ai toujours dit, je me prononcerai à la fin du mois de septembre ». Et si Michel Veunac n’annonce sa candidature qu’en février 2020, personne ne se présente ?

Sud Ouest, 20 août.

Admirable déclaration qui en dit long sur ce que Mimi-la-malice pense de Didier Guillaume, un homme qui, selon lui, ne lui arrive même pas à hauteur de ses chaussettes. Et croyez-vous vraiment qu’un maire comme Veunac, dont la capacité d’empathie pour les autres ne peut aller au-delà de son propre nombril, réagirait ainsi s’il n’envisageait pas de se représenter ? Après tout, notre exceptionnel talent local n’aura que 74 ans en 2020, Lafite 71 ans, et le duo infernal a démontré un tel brio dans la gestion d’une ville et d’une équipe municipale qu’il serait vraiment dommage de ne pas en reprendre pour six ans avec des artistes de ce calibre. En privé, Veunac s’affirme agréablement surpris par le sondage « pas si mauvais que cela » qu’il a commandité. Ce qui accrédite encore un peu plus, sauf G7 catastrophique, la piste d’une candidature. Nous ne remercierons donc jamais assez Didier Guillaume d’avoir permis à la vérité d’éclater et de nous faire gagner plusieurs semaines. En nous offrant une opportunité qui mérite d’être regardée de près.

Une idylle de courte durée avec Didier Borotra

Complices au soir du deuxième tour, Didier et Michel vont vite rompre.

Pas de doute, Michel Veunac doit faire des cauchemars la nuit et hurler « Non, Didier ! » sans que son épouse ne sache s’il rêve de Didier Guillaume ou de… Didier Borotra. Car, même s’ils ont eu une courte idylle en 2014 qui a permis au vieux sénateur MoDem de passer le flambeau à son adjoint du même parti, très vite le mariage de raison a tourné court, Veunac refusant même de prendre Didier Borotra au téléphone. Un Michel Veunac, ivre de son nouveau pouvoir et bien décidé à faire payer à « Old Didier » toutes les humiliations qu’il lui a fait subir tout au long de sa carrière. Car avant de devenir ce maire qui pique des colères toutes les cinq minutes, Veunac a été un jeune politique aux convictions fluctuantes et à la colonne vertébrale d’une souplesse totale à force de génuflexions devant les puissants du moment. Veunac, c’était l’homme auquel on pensait systématiquement dès qu’il y avait un tract à distribuer, une corvée à faire, ou une personnalité à aller chercher à l’aéroport un dimanche matin à huit heures, à charge pour lui de l’occuper jusqu’à 11 heures, le temps que les grands de cette Ville finissent de se réveiller. Étonnez-vous après cela qu’il soit encore ivre de sa toute-puissance, totalement habité depuis 2014 par un sentiment de revanche vis-à-vis de tous ceux qui l’ont humilié à plaisir et qu’il ait très vite décidé de ne plus écouter les conseils du « vieux » Didier Borotra.

La politique est une drogue dure et Borotra, comme nombre de retraités de la vie publique n’y échappe pas. Grand copain de François Bayrou, même s’il ignore que ce dernier a engagé sa fille Sophie comme directrice des Halles de Pau, il ne rate jamais une occasion de dire tout le mal qu’il pense de son successeur. Au point que le jour de son procès en appel à Pau pour prise illégale d’intérêt, suite à l’engagement de sa fille à La Cité de l’Océan, les journalistes n’arrivaient pas à le faire parler de son avenir judiciaire tant il avait besoin d’évacuer sa colère contre l’occupant actuel de la mairie de Biarritz. Didier Borotra considère que parmi tous les prétendants au trône de Biarritz, une seule personne a la capacité de diriger cette ville : Nathalie Motsch. Et il est clair que si cette dernière, après avoir multiplié les banderilles en 2019, pouvait s’offrir en mars 2020 les deux oreilles de Veunac, le vieux sénateur ne pleurerait pas dans sa modeste chaumière d’Arbonne.

Didier Guillaume va devoir surveiller ses fréquentations

Pour voir si l’idée de sa candidature prend, Didier Guillaume s’offre un galop d’essai dans tous les médias nationaux.

Reste l’hypothèse Didier Guillaume avec une question de taille. Se présentera-t-il avec le soutien de La REM ou fait-il le forcing alors que rien n’est encore décidé, tant le G7 peut changer la donne ? La tournée des médias et les confidences mollement annoncées en off sur une éventuelle candidature constituent un des grands classiques des politiques désireux de voir comment les citoyens réagissent. Macron en avait fait de même en son temps quand il était un ministre des Finances à états d’âme de François Hollande. Guillaume, le parachuté possible, même s’il a des attaches biarrotes et pris soin de passer ses vacances ici, devra faire gaffe à l’atterrissage s’il se déclare réellement candidat, compte-tenu des lourdes casseroles qu’il trimballe dans son havresac. Sénateur de la Drôme, il avait annoncé sa décision de se retirer de la vie publique pour devenir directeur de la Coupe du Monde de rugby 2023, avant de constater que le poste était purement honorifique. D’où un rétropédalage vigoureux pour revenir dans cette « vie publique » qu’il avait tant décriée et la nécessité de changer d’air, le Drômois pouvant se montrer fort rancunier.

Didier Guillaume est plutôt considéré avec sympathie par les Biarrots, qui cherchent l’homme providentiel ou la femme providentielle qui pourrait permettre à Biarritz de redevenir une Ville normale, à la gestion transparente. À l’exception des candidats déclarés qui trouvent évidemment tous les défauts de la terre à Didier Guillaume, les Biarrots se demandent si un maire qui serait en même temps ministre de l’Agriculture (Ce n’est pas encore clair, mais le cumul devrait être autorisé pour les villes de moins de 30 000 habitants) n’aurait pas quelque capacité à accélérer les dossiers délicats, et, très pris par ses fonctions, peu de temps à consacrer aux copinages permanents qui sont devenus la plaie permanente de la mairie de Biarritz. Un double bénéfice.

Cet avis peut s’entendre et la candidature de Didier Guillaume est tout de même d’un tout autre calibre que celle d’un Veunac ou pire encore d’un Lafite. Reste une interrogation d’importance. Quand on arrive dans une ville qu’on ne connaît pas bien, on a tendance à s’appuyer sur les premières personnes qu’on rencontre et à avoir du mal à appréhender la complexité d’une situation. En panne d’avenir abertzale (les patriotes basques ne veulent pas de lui dans leur liste) et grand copain du ministre de l’Agriculture, Michel Poueyts, cette vieille connaissance, est une fois de plus à la manœuvre. C’est lui, brave homme, qui ouvre son carnet d’adresses au ministre en quête d’avenir électoral, lui qui le présente à Guy Lafite.

Après l’affaire des écuries de Bigueyrie, de l’Hôtel du Palais ou de la villa Sion, les Biarrots n’en peuvent plus des magouilles permanentes et approximations absolues. Guillaume, s’il n’est présent qu’en fin de semaine à Biarritz, devra avoir des hommes de confiance sur qui s’appuyer à Biarritz. Sa liste, s’il en monte une, sera donc encore plus clairement examinée que celle de ses concurrents. Et il a à peu près autant de chances de gagner avec Lafite ou Poueyts dans son sillage, que de passer inaperçu des militants de la cause animale en se rendant aux arènes de Bayonne.

Pour espérer l’emporter, Guillaume devra donc faire attention à ses choix et patienter jusqu’à la fin du G7, car les trois jours d’enfer qui nous sont promis peuvent changer considérablement la donne. Dernier point, l’actuel ministre et potentiel candidat devra vite s’adapter à cet humour biarrot qui consiste à rire de tout et surtout de ses malheurs, à l’image de cet octogénaire découvrant que tous les gendarmes couchés de la ville ont été arasés afin de permettre aux grands de ce monde de mépriser allégrement les limitations de vitesse : « Les gens râlent sur ce G7, mais il a du bon. Certes, on n’a jamais vu à Biarritz autant de CRS debout. Mais grâce à cet événement, on n’a plus de gendarmes couchés ». Et, comme disent les Biarrots, mieux vaut un gendarme couché qu’un gendarme bouché. Ou pire, un gendarme bourré.

 

 

Élus ordinaires d’une ville ordinaire…

Le G7 nous prouve une fois de plus que la majorité ne marche vraiment pas au super (Chronique publiée dans Mediabask, le 8 août).

Les penseurs de la majorité sont déjà concentrés sur le mandat suivant. Ils sont tellement préoccupés des Biarrots qu’il serait vraiment dommage de se passer d’eux dans le futur.

Quand vous les croisez, ils vous expliquent qu’ils ont accepté un mandat par passion de la vie publique et sens exacerbé de l’intérêt général. Et si d’aventure, ils se représentent en 2020, c’est bien entendu parce qu’ils ont cédé à la pression affectueuse de leurs amis et non parce qu’ils y trouvent leur compte.

Imaginons maintenant une ville de la côte basque sur le point d’accueillir un grand sommet international. Le débat n’est pas de savoir si l’initiative est judicieuse ou non, même s’il y aurait beaucoup à dire sur le sujet. Mais dans une ville ordinaire, avec des élus ordinaires, chacun en fonction de sa délégation se préoccuperait de savoir comment les personnes âgées résidant en centre-ville vont pouvoir traverser cet événement sans trop de dommage. Quelques emplois jeunes, dûment badgés, sembleraient particulièrement indiqués, dans cette cité balnéaire où la moyenne d’âge flirte avec les soixante ans, pour recenser les esseulés et voir les menus services à leur rendre pendant le G7.

En effet, au vu des contraintes multipliées à plaisir par l’État pour la venue des grands de ce monde, il n’est pas du tout sûr que le ravitaillement et les tâches quotidiennes puissent se dérouler normalement. Un exemple parmi d’autres ? L’Agglomération annonce que pendant quinze jours, du 19 août au 2 septembre, toutes les poubelles situées dans la zone rouge de la Ville seront neutralisées et inutilisables et que les ordures ménagères devront être portées en zone bleue. À pied, puisque les voitures seront interdites. Sachant que les côtes sont raides à Biarritz, ils vont devenir musclés nos papis et mamies si pendant quinze jours ils doivent faire une grimpette quotidienne pour se délester de leurs déchets ! Et émaciés, puisqu’ils ne sont pas sûrs de pouvoir trouver à se ravitailler.

Évidemment, aucun de ces élus beaux parleurs n’a consacré une seconde de son temps si précieux pour imaginer un dispositif facilitant la vie des plus nécessiteux. On offre aux séquestrés le spectacle de Macron, Trump et Veunac paradant dans une ville déserte et ils oseraient se plaindre ! Un spectacle que les manants ne pourront d’ailleurs voir qu’à la télé puisqu’il sera interdit de se mettre aux fenêtres. Nos élus de la majorité à Biarritz, vous l’avez compris, ne sont pas ordinaires et ils n’ont pas de temps à consacrer à des tâches aussi triviales. Ils sont déjà tellement ivres d’eux-mêmes, tellement occupés à se demander s’ils réussiront à obtenir un selfie avec Macron ou une risette de Brigitte, qu’ils ne vont pas s’encombrer l’esprit avec des gens qui n’avaient qu’à se mettre au vert comme la majorité. Heureusement qu’un élu de l’opposition, même pas candidat en 2020, François Amigorena, a eu la bonne idée de créer une page Facebook « Entraide G7 » pour tenter de limiter les dégâts. Même s’il n’a pas les moyens de la majorité à sa disposition.

Car ainsi va désormais notre démocratie : pendant que certains festoieront au Palais, d’autres se contenteront de la série « Poubelle la vie ! »

Jacques-André Schneck : « L’éthique avant tout »

Le premier candidat déclaré à la mairie de Biarritz est persuadé que la relation incestueuse entre argent et politique est la cause de bien des maux. Élu, il refusera la moindre indemnité.

Il est des signes qui ne trompent pas. Sur la table du salon, les piles de tracts « Biarritz on t’aime ! », dont la distribution a commencé dans les boîtes à lettres de Biarritz, montrent bien que Jacques-André Schneck est plus que jamais décidé à se présenter à la mairie de Biarritz.

Depuis avril 2018, époque où il faisait « une offre aux Biarrots » par l’intermédiaire de ce blog, on a pourtant le sentiment que le projet de Jacques-André Schneck n’a guère avancé, même si on est conscient qu’une campagne électorale, comme un iceberg, doit avant tout s’appuyer sur un socle invisible mais conséquent. L’intéressé ne nie pas : « Je me suis lancé volontairement dans une démarche un peu solitaire, car je voulais mettre en avant des idées auxquelles je tiens ». Fataliste et plein d’humour, il ajoute : « Je pars d’une notoriété que je qualifierais d’assez limitée. Il me fallait donc faire un travail sur les réseaux sociaux ».

Première évocation de candidature, le 22 avril 2018, dans BBB!

Même s’il n’a jamais été élu, Jacques-André Schneck a une réelle expérience de la politique. Petit-fils et fils de gaullistes alsaciens, ancien membre de cabinets ministériels, il est passé par l’UMP puis LR où il soutenait Alain Juppé en 2006. Ami de Franck Riester et Fabienne Keller, il est aujourd’hui membre d’AGIR, la droite constructive, ainsi que de LaREM. Il retient l’idée d’un travail invisible. « J’ai regroupé des motivations et bâti autour de moi un « shadow cabinet » qui a toute ma confiance. J’ai aussi un trésorier de campagne pour être prêt au moment du démarrage officiel de la campagne, mi-septembre. Je dévoilerai en temps utile la liste des gens qui sont à mes côtés et les Biarrots seront informés en toute transparence. »

« Macron s’intéresse beaucoup à Biarritz »

Quand on lui demande contre qui il imagine concourir, Jacques-André Schneck semble assez sûr de son fait : « J’ai plutôt le sentiment que Michel Veunac ne va pas se représenter. À mon sens, Guy Lafite ne rêve que de cela. Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, LaREM et ex-PS de la Drôme suit de très près les affaires biarrotes. » Jacques-André Schneck revient sur la future campagne électorale : « La grande question est de savoir si les élections vont être très politisées ou pas trop. Je ne souhaite pas trop le premier cas (NDLR : qui impliquerait un parachutage du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume), car la gestion d’une ville n’a pas grand-chose à voir avec cela. Dans ma liste, toutes les sensibilités politiques peuvent être représentées, les critères principaux étant la motivation à servir le bien commun et la compétence. » Le futur candidat n’est pas dupe pour autant : « Il est clair que le président Macron s’intéresse beaucoup à Biarritz et que le candidat qui aura l’investiture LaREM a de fortes chances de l’emporter. Après avoir fait une première OPA sur le PS puis une autre sur LaREM, Lafite se voit tête de liste. On verra. »

« Didier Borotra et sa pâle copie Michel Veunac »

La première des quatre pages qui vont être distribuées aux Biarrots.

Avec un de ces petits sourires dont il a le secret, Jacques-André Schneck refuse de dévoiler le fond de sa pensée et préfère en arriver à son cheval de bataille favori : « Ma priorité des priorités sera l’éthique. Quelques soucis familiaux font que je ne suis pas très riche, mais je l’ai dit et redit, si je suis élu, je ne m’octroierai aucune indemnité de mandat puisque je bénéficie déjà d’une retraite ». Suite au navrant épisode François de Rugy, c’est Jacques-André qui se met à rugir : « Il faut réduire immédiatement la relation incestueuse entre argent et politique. C’en est fini de la gouvernance à la Rex Imperator façon Didier Borotra, et sa pâle copie Michel Veunac. » Agacé, il évoque nombre de dossiers traités par Bisque, Bisque, Basque ! qui montrent que Veunac ne laisse pas ses adjoints (en matière d’urbanisme particulièrement) libres de les traiter en toute sérénité… Quand il ne leur pique pas purement et simplement ! « Telle n’est en aucune façon ma conception de la délégation, car fonctionner ainsi, c’est garantir les plus mauvaises décisions et l’inefficacité. Mes mots clés sont la transparence et la consultation des Biarrots. Pour les enjeux les plus importants pour eux, je n’hésiterai jamais à faire un referendum local pour que les Biarrots soient consultés. Pour la plaine d’Aguilera par exemple, je proposerai trois projets pour que les Biarrots choisissent en connaissance de cause. Je viens de visiter un quartier à la pointe du modernisme environnemental et du développement durable à Hambourg et je ferai des propositions en ce sens aux citoyens ».

« Une charte éthique signée par tous les élus »

De la même façon, Jacques-André Schneck souhaite redonner des droits à l’opposition. « La campagne donnera des indications en matière de respect. En tout cas, je fais une promesse : nous ne médirons pas sur nos concurrents » Veunac compris ? « Lui, c’est le maire sortant, il est logique que nous évoquions son bilan. En ce qui concerne l’opposition, je n’exclus pas de confier un poste d’adjoint à l’un de ses membres pour que le débat soit enrichi. Je ferai aussi signer à tous les élus une charte d’éthique et je demanderai à tous ceux qui m’accompagneront de suivre des formations à l’éthique, à la prévention des risques pénaux et à l’expertise dans les domaines de leurs délégations ».

Avant de conclure, catégorique : « La gestion d’une ville est devenue très technique. Je préfèrerais consacrer 200 000 euros dans la formation des élus plutôt que de les gaspiller pour le festival Onda Carioca »

Voilà Cassel prévenu.

À lire aussi : https://jeanyvesviollier.com/2018/04/22/jacques-andre-schneck-je-constate-que-biarritz-souffre/

G7 : le grand bazar a déjà commencé

30 minutes d’attente au minimum pour les nigauds qui ont répondu dès aujourd’hui à la convocation de la sous-préfecture. Pour s’entendre dire que les badges des habitants de l’hyper centre ne sont pas prêts.

Il est bien évident qu’un 1er août, il est beaucoup plus agréable de faire la queue dans un centre style assurances maladie, hôpital ou agence pour l’emploi, avec retrait d’un ticket et maigre espoir d’entendre enfin son numéro d’appel que de déambuler au bord de l’océan. Bons citoyens, décidés à faire preuve de civisme malgré les folies de leur maire cautionnant un G7 en plein mois d’août, les Biarrots ont donc répondu en nombre à la convocation qu’ils avaient reçue par mail de la sous-préfecture de Bayonne. Sauf que cette convocation était une vaste blague qui n’augure pas bien de ce que nous allons endurer dans les semaines à venir.

Quand votre tour de s’avancer vers le guichet disponible arrive enfin, la préposée s’étonne de ne pas trouver votre nom, appelle sa collègue puis sa supérieure hiérarchique. Et d’un seul coup tout s’éclaire. « Vous habitez l’hyper centre ? » Oui, sinon je ne serais pas là à perdre mon temps à cause des caprices des grands de ce monde. « Les badges ne sont pas encore prêts. Il y a encore des vérifications à faire. Ils ne le seront que dans quinze jours » Même les assurances maladie n’osent pas vous faire un coup comme cela ! Et quand vous vitupérez en vous demandant pourquoi dans ce cas-là la sous-préfecture vous a convoqué, tout le monde prend l’air gêné, regarde les mouches au plafond, avant de vous rétorquer cette remarquable réflexion : « C’est comme ça ! »

La sous-préfecture de Bayonne se moque du monde : rien n’indiquait dans le mail que certains Biarrots du centre-ville allaient se déplacer inutilement.

 

« Allô, Allô, Mouriscot ne répond plus »

À gauche, la tour métallique érigée derrière le collège Fal. À droite le camion avec parabole télescopique.

Un « C’est comme ça ! » que nous n’avons probablement pas fini d’entendre tout le mois d’août, tant il est évident que le grand bazar qui va nous pourrir l’existence pendant un mois est destiné à la satisfaction des plus grands au détriment des citoyens ordinaires. Le collège Fal va être le PC sécurité de l’événement pendant la durée du G7. Un peu surpris les riverains ont vu une tour métallique bardée d’antennes être érigée, sans que personne ne juge bon de leur donner la moindre explication. Depuis peu un camion doté d’une sorte de grande parabole téléscopique a pris place non loin de la tour métallique. Là non plus pas la moindre explication. Mais un constat que font les habitatns de ce quartier : les conversations téléphoniques par téléphone portable sont devenues depuis peu très aléatoires et il n’est pas rare de devoir s’y reprendre à quatre ou cinq reprises pour terminer un échange avec ses proches. Vrai ? Faux ? Bisque, Bisque, Basque ! n’ayant aucune compétence en matière de téléphonie se gardera bien de trancher mais déplore le mépris et l’indifférence dans lequel on tient la population.

Débrouille-toi avec tes ordures ménagères !

Et il y a plus fort encore ! Fort benoîtement, l’Agglo distribue à tout-va un tract dans lequel elle annonce que du 19 août au 2 septembre  (soit deux semaines tout de même) toutes les poubelles et containers à ordures seront neutralisés dans la zone rouge. Sachant que les personnes âgées sont majoritaires dans cette zone, et que si l’on part de la place Clemenceau il y a des côtes à avaler de tous côtés, on se demande comment vont faire nos seniors qui, si l’on en croit l’Agglo, n’auront qu’à les déposer en zone bleue. Ils vont devenir musclés nos pépés et mémés en portant leurs sacs poubelle !

Heureusement qu’un des opposants de cette ville, François Amigorena, a eu l’idée de créer une page Facebook « SOS G7 Biarritz », où les plus costauds se proposent d’aider les plus faibles à survivre en milieu hostile le temps du G7, car du côté de la majorité municipale il n’y a vraiment rien à espérer.

https://www.facebook.com/SOS.G7.Biarritz/

Vous imaginez ce que va donner un appartement surchauffé en cette période de fin du mois d’août, avec l’interdiction d’ouvrir ses volets le temps du G7 et quatorze jours de déchets ménagers empilés dans la cuisine en attendant la libération de la ville ?

Mais visiblement, le maire et ses adjoints ne considèrent pas qu’il entre dans leurs attributions de se soucier des Biarrots les plus démunis. La perspective de serrer la louche à Macron, de compter les rides de la première dame et de pouvoir détailler la mystérieuse coiffure de Trump, va amplement suffire à leur bonheur et ils ne vont pas en plus s’encombrer l’esprit avec des détails aussi triviaux que le bien-être des Biarrots nécessiteux.

En espérant que ce sera la dernière valse de tous ces petits roitelets locaux qui déshonorent la politique et qu’un grand coup de balai les attend en mars 2020.

 

Et la fin de l’histoire ?

Face à un journalisme de plus en plus désinvolte, le lecteur doit pousser un coup de gueule. (Chronique publiée dans Mediabask, le 27 juin)

Il faut croire que désormais les écoles de journalistes n’envoient plus leurs étudiants en stages d’été dans des quotidiens régionaux mais en estive auprès de bergers pyrénéens qui leur inculquent le comportement moutonnier.

Nous avons tous été émus par la noyade aux Sables-d’Olonne de trois sauveteurs en mer partis en pleine tempête à la recherche d’un marin pêcheur, Tony Guilbert, et de son chalutier « Le Carrera ». La coque retournée du « Jack Morisseau », le bateau des sauveteurs, la détresse des quatre rescapés, le numéro compassionnel de Macron, nous avons l’impression de n’avoir rien raté.

Les plus audacieux comme BFM ou France Info se sont même aventurés à interviewer la femme du disparu qui a estimé que son mari était toujours « très prudent en mer » ou deux apprentis formés par le marin-pêcheur qui gardaient un « très bon souvenir » de leur ancien patron.

Et tous les moutons-journalistes de rentrer dans leur bergerie-rédaction avec le sentiment du devoir accompli. Mais qui va leur expliquer qu’une histoire, ça a une fin ?

Autant le financement libyen de la campagne électorale de Sarkozy en 2007 n’est pas à la portée du premier journaliste-stagiaire venu, autant il n’était pas très compliqué de poser quelques questions à Saint-Georges d’Oléron où vivait le marin présumé imprudent.

Trois lectures de la même histoire sont en effet possibles. Soit, nous avons affaire à un drame de la misère, l’homme n’arrivant pas à joindre les deux bouts avec sa pension de retraite famélique et se retrouvant obligé de prendre tous les risques pour survivre. Soit, le responsable de cette catastrophe est un mordu de pêche qui ne peut se passer de sa dose d’adrénaline et qui ne rêve de crevettes que les jours de tempête. Soit, nous sommes en présence d’un Harpagon du chalut qui thésaurise son argent, malgré son âge avancé, en se moquant des risques qu’il fait courir aux autres. Vous pouvez chercher, vous ne trouverez nulle part les réponses à ces interrogations simples, que ce soit sur Internet ou dans la presse locale. Mes aimables confrères ont plié les gaules, si l’on peut dire, sans démêler les filets autour de ce drame et sans chercher à appâter quelques voisins avides de se confier.

Même désinvolture avec la légion d’honneur initialement décernée aux trois sauveteurs noyés, avant que l’Élysée ne se ravise et ne pousse la générosité jusqu’à médailler aussi les quatre survivants. Qui a eu l’intelligence de souffler à l’oreille d’Emmanuel Macron qu’il était le président des vivants tout autant que des morts ? Nous n’en saurons rien non plus dans ce qui devient un exercice de désinformation chronique.

Et c’est là qu’on constate qu’on perd décidément beaucoup d’esprit critique avec l’âge. Amusez-vous à lire le début de Cendrillon à vos enfants sans leur raconter si à la fin le carrosse va redevenir citrouille à minuit et vous m’en direz des nouvelles !

Pas comme ces journalistes qui nous prennent de plus en plus pour des courges…