Gilets jaunes : les artistes s’en mêlent

Revisitant les événements qui agitent notre pays, Victor La Licorne met à disposition du public textiles et affiches pour manifester sa colère.

Le meilleur slogan du monde n’aura jamais la force d’une image. L’artiste biarrot Victor La Licorne que nous apprécions particulièrement à Bisque, Bisque, Basque ! l’a parfaitement compris et a transformé son actuelle indignation en images fortes. Ses illustrations politiques et revendiquées comme telles, étaient exposées sous le titre « La beauté dans la rue », vendredi 18 janvier au Newquay Pub à Biarritz, mêlant textiles et affiches de tous formats.

Dans l’univers de Victor La Licorne, que l’on peut suivre sur Facebook (https://facebook.com/VictorLaLicorne) et Instagram (www.instagram.com/victorlalicorne/), vous trouverez par exemple un Président de la République qui révèle son vrai visage dénué d’empathie, rappelant Jack Nicholson dans Shining, au dos d’un gilet jaune qui fera de vous le plus beau pour aller manifester.

À moins que vous ne préfériez cette image d’un ancien proche conseiller de Macron, se laissant aller à des violences policières dignes d’un CRS de mai 1968, alors que les forces de l’ordre nous expliquent encore ce matin fort benoîtement qu’elles ne peuvent se passer de flashball (Qu’en pense Lola, victime d’un tir tendu et d’une triple fracture de la mâchoire ?), cette « Benallisation des violences policières », visiblement assumée par le gouvernement mérite d’être dénoncée.

Heureusement, pour Victor La Licorne, l’amour a aussi sa place avec cette image revisitée d’un manifestant en fauteuil roulant embrassant une Marianne assise sur ses genoux et croyant à l’avenir même si les forces de l’ordre obscurcissent l’horizon.

Pour l’artiste biarrot, il ne fait pas de doute que « L’amour vaincra ». Ce point de vue sera-t-il partagé par tous ceux qui seront dans la rue encore aujourd’hui, qu’ils soient en gilets jaunes ou en casques noirs et matraques ?

Les affiches sont à retrouver chez Blackbird Biarritz, avenue de Verdun, ou directement sur le Facebook et Instagram de l’artiste. N’hésitez pas à le suivre, il paraît qu’une mise aux enchères du fameux gilet jaune « macronisé » aura bientôt lieu et que l’argent servira aux victimes du mouvement ! Bravo !

 

 

 

Gouvernement pyromane et médias aux ordres

Pourquoi les médias, concernant Christophe Dettinger et Didier Andrieux, utilisent des vidéos tronquées alors que d’autres sont beaucoup plus édifiantes ? Pourquoi le gouvernement attise les haines et fait deux poids deux mesures ?

Devinette : Trouvez celui qui est le vrai boxeur et celui qui pose pour la photo.

En 2014, celui qui n’était alors que maire du Havre, s’était laissé filmer par son condisciple Laurent Cibien dans une salle de boxe en compagnie du champion de kick-boxing Jérôme Le Banner. Disons-le tout net, avec ses petits bras en allumettes et sa silhouette maigrelette, le « guerrier » Édouard Philippe prêtait un peu à sourire. Même sentiment hier soir sur TF1, en voyant celui qui est devenu Premier ministre faire un prévisible numéro de fermeté et annoncer que le gouvernement allait se montrer impitoyable avec les casseurs. La parole du « boxeur » Édouard Philippe serait crédible si le gouvernement décidait de traiter avec équité tous les fauteurs de troubles, ce qui n’est pas le cas. Pour parodier La Fontaine : « Selon que vous serez gilet jaune ou commandant de police »…

Un boxeur qui défend une femme avant de se rebeller

Prenons le cas de Christophe Dettinger, cet ancien boxeur professionnel filmé en train de frapper un CRS. Tous les médias chez qui les syndicats policiers ont table ouverte (BFM, TF1, Le Figaro…) se sont contentés de deux brèves séquences. L’une où l’on voit ce grand gaillard manifestant à visage découvert frapper un policier au sol et l’autre où il affronte avec un certain courage – et beaucoup plus de style qu’Édouard Philippe ! – un CRS casqué et armé d’une matraque. Les torts de l’homme semblent accablants. Ce qui est ennuyeux, c’est que d’autres vidéos, disponibles sur Youtube en un clic et quelques secondes de recherche, montrent la véritable histoire, celle que les médias aux ordres se gardent bien d’utiliser.

https://www.youtube.com/watch?v=-NTwurUqUwo

Acte 1.- Christophe Dettinger manifeste tranquillement sur la passerelle Léopold Senghor, en compagnie de sa femme et d’un ami. Avec sa haute silhouette et son bonnet noir, on le voit au sixième ou septième rang, lorsque la situation se durcit. Un mouvement de foule et il se retrouve gazé en plein visage par un CRS, alors qu’il n’a strictement rien fait.

Acte 2.- Une femme est projetée à terre juste à côté de lui. Alors qu’elle tente de se protéger la tête, un CRS la frappe. C’est ce même CRS, mis à terre par un autre manifestant, qui se fait frapper par le boxeur. Cette vidéo a été visible quelques heures sur le site du Parisien. Curieux hasard, elle n’est plus accessible.

Acte 3.- Fou de colère, Dettinger saute de la passerelle supérieure pour rejoindre la partie inférieure qui mène aux berges de la Seine et frappe un policier. Comme le dira celui qui est devenu fonctionnaire territorial à Massy et qui manifestait à visage découvert, « J’ai vu la répression, la police nous gazer, j’ai vu la police faire mal à des gens avec des flashballs, j’ai vu des retraités se faire gazer, j’ai vu plein de trucs ». Puis de marteler, en conclusion, qu’il est un citoyen « lambda »« Je travaille, j’arrive à finir mes fins de mois mais c’est compliqué. Je manifeste pour tous les retraités, pour le futur de mes enfants, pour les mères célibataires (…) J’ai la colère du peuple qui est en moi. Les présidents, les ministres, l’État, se gavent sur notre dos. C’est toujours nous, les petits qui payons. Moi quand j’entends « les gueux », les « sans dents », je me sens concerné ». Voilà l’homme que les médias ont présenté comme un dangereux délinquant, en se gardant bien de raconter l’incident dans sa totalité !

Benalla, Andrieux même combat

Passons maintenant à Toulon et au délicieux commandant Didier Andrieux, décoré de la Légion d’honneur. Peu avant la remise de sa médaille, il avait cassé le nez d’un major de sa compagnie mais avait toujours affirmé qu’il « visait une armoire » (Celle-là, il fallait oser !). Et que voit-on sur la vidéo ? Un homme noir qui a été interpellé et qui attend calmement qu’on l’embarque se faire frapper à trois reprises sans sommation par le colérique commandant. Ce dernier, n’ayant visiblement pas épongé sa bile, s’en prend ensuite à d’autres manifestants avec la même violence. Comme dirait Coluche, c’est terrible la police, au bout de cinquante réprimandes, on risque un blâme.

https://www.youtube.com/watch?v=CnUR-mqMNYo

Un chef d’entreprise, dans le Var, s’est offert quelques ironiques panneaux de publicité.

Ce gradé colérique n’est visiblement pas fait pour diriger des opérations de maintien de l’ordre, mais Édouard Philippe n’a pas semblé très ému par la situation, hier sur TF1. Tandis que le boxeur, actuellement en garde-à-vue risque une lourde peine de prison, ce galonné puncheur se contentera d’être entendu par la police des polices.

Comment s’étonner ensuite que les gilets jaunes soient exaspérés ?

Une violence inégalée en France

Il aura fallu attendre l’acte VIII, samedi dernier, pour que les gilets jaunes manifestent enfin avec un service d’ordre délimitant le périmètre et empêchant les autonomes ou les pilleurs de s’infiltrer dans le cortège avant de se livrer à d’inadmissibles exactions. La CGT pratique ainsi depuis des lustres assurant la sécurité de ceux qui viennent manifester et… l’ordre public.

Les grenades de désencerclement doivent être lancées au sol pour minimiser les risques. Samedi, à deux reprises, les CRS les ont lancées dans la foule. Un miracle qu’il n’y ait pas eu de blessés graves.

Le gouvernement a délibérément joué le pourrissement et la décrédibilisation du mouvement. Les dégâts faits à des magasins, les coups assénés à des fonctionnaires sont inacceptables mais les journalistes auraient dû faire preuve d’un peu plus de curiosité lors des manifestations. Les imbéciles en gilets jaunes posant devant des voitures brûlées et embarqués par fournées pour être conduits au tribunal étaient à l’évidence des « puceaux » des manifestations ayant mal jugé de la situation et ayant suivi des casseurs aguerris qui ont su se replier à temps et ne pas se faire prendre. Comment les journalistes n’ont-ils pas dénoncé ce que n’importe quel spectateur pouvait voir devant sa télévision ? Des CRS multipliant les tirs tendus de flashball, souvent destinés à des passants étrangers à la manifestation. C’est ainsi que Lola à Biarritz a subi une triple fracture de la mâchoire alors qu’elle était en train de filmer la manifestation. Mais aussi, des policiers en civil quittant les rangs des manifestants après les avoir bien « chauffés » avant de rejoindre la police pour tirer sur ceux qu’ils côtoyaient peu auparavant. Il n’est pas scandaleux que des policiers s’infiltrent dans des manifestations pour repérer les casseurs. Mais le bon goût voudrait dans ce cas-là de s’abstenir d’agir ensuite avec les forces de l’ordre. Et surtout, beaucoup plus grave, un usage absolument interdit des grenades de désencerclement, cette arme de guerre que dénonce Amnesty International. Cette grenade a tué Rémi Fraisse et ne doit être utilisée qu’au sol et dans des conditions d’urgence absolue. Lors de la séquence sur la passerelle Léopold Senghor, on voit très nettement à deux reprises les CRS lancer ce type de grenades au-dessus de la foule. Avec le risque de faire un carnage. Les fonctionnaires fautifs doivent être sanctionnés de la même manière que les casseurs. On prend les paris qu’il n’en sera rien ?

Les incidents multiples, la verbalisation des gilets jaunes installés sur des ronds-points pour « entrave à la circulation » montrent cette volonté de fermeté du gouvernement. Mais la fermeté ne peut aller sans la justice. Les vœux de nouvel an totalement hors sol de Macron ont démontré que ce gouvernement ne maîtrise plus rien. Le ridicule saupoudrage à l’égard des plus démunis face à des injustices de plus en plus répétitives, la volonté de ne pas aller chercher l’argent là où il est, c’est-à-dire chez les plus riches, le prélèvement à la source pour les salariés mais pas pour les entreprises et ce sentiment que ce gouvernement de pompiers pyromanes fait tout pour attiser la colère populaire, vont finir par nous conduire au désastre.

Les médias, avec des airs de douairière compassée, ont déploré qu’un boxeur puisse utiliser son « savoir », en l’occurrence ses poings face à un fonctionnaire de police. Reproche-t-on à Macron d’utiliser ses neurones à mauvais escient face à des interlocuteurs qui en ont beaucoup moins que lui ? C’est pourtant ce qu’il fait avec ses petites phrases méprisantes et discriminatoires à l’égard des plus démunis.

Vite une VIe République un peu plus présentable, où la « noblesse électorale » ne s’accaparera pas tous les pouvoirs et tous les privilèges en méprisant les revendications légitimes des plus démunis.

Tu n’es pas le bienvenu, Manu !

Mardi, les élus enamourés accueilleront le Président de la République dans un Biarritz barricadé. Mais bien peu de Biarrots se réjouissent du futur G7.

Photomontage extrait du blog « Les moutons rebelles »

Vous êtes sûrs que notre pays a connu une révolution et que les privilèges ont été abolis ? Pour ma part, je ne vois pas de différence significative entre ces nobles qui saccageaient les récoltes des paysans en chassant à courre, il y a plus de deux siècles, et ce Président qui va obérer la future saison touristique en décrétant que le G7 se tiendra à Biarritz en plein mois d’août. Même morgue de caste, même mépris des populations qui travaillent, même volonté de faire continuellement la leçon aux plus pauvres et d’épargner systématiquement les plus riches.

Emmanuel, la courtoisie républicaine voudrait qu’on se réjouisse de ta venue, mais tu manques tellement de courtoisie à notre égard qu’à l’impossible nul n’est tenu.

Lundi soir à la télé, tu nous as fait le grand numéro du bourgeois de Calais, ou plutôt du bourgeois du Touquet, en pleine repentance, mais qui peut te prendre au sérieux ? Pour justifier les cadeaux fiscaux destinés aux plus riches, suppression de l’ISF et Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), tu as donné plus de quatre milliards à ceux qui, t’ont fait roi et tu te retrouves maintenant fort démuni pour distribuer des miettes quand les gilets jaunes sont dans la rue. Mais comme tu adores faire la leçon aux Français, tu continues à défendre ta « théorie du ruissellement », voulant que l’argent versé aux riches finisse par profiter aux pauvres. Tu ne vois pas qu’avec le matraquage fiscal auquel tu te livres, tes petits ruisseaux font les grandes misères ?

Si encore, conscient d’être un privilégié depuis l’enfance, tu avais la dignité de la mettre un peu en veilleuse. Mais visiblement, tu n’as pas retenu les leçons du « Casse-toi, pauvre con ! » de Sarkozy, ou les « sans-dents » de Hollande et tu te permets, avec une belle inconscience de classe, un festival de petites phrases méprisantes. Les « illettrés », les « fainéants », les « cyniques » ou les « gaulois réfractaires », ceux qui ne veulent pas travailler « pour se payer un costard », par flemme de « traverser la rue », alors qu’on leur consacre « un pognon de dingue », apprécient beaucoup de ne pas savoir comment ils vont offrir des jouets à leurs enfants pour Noël tout en se faisant insulter par leur Président.

Brigitte et Emmanuel Macron vous le diront : Biarritz est une ville où on fait de belles rencontres (Photo Paris Match, août 2016)

Mardi prochain, tu vas parader dans un Biarritz barricadé et à ta dévotion, avec autour de toi des petits élus locaux qui vont te regarder comme si tu étais capable de les guérir des écrouelles mentales qui les frappent. Mais as-tu conscience que deux jours avant ta venue, les commerçants qui ont des commandes à honorer, les chefs d’entreprise qui ont besoin de circuler n’arrivent pas à avoir la moindre réponse de la mairie sur ce qu’ils pourront ou ne pourront pas faire ?

Et comme tu dois être en panne de phrases creuses, tu as même prévu un entretien en tête à tête avec Michel Veunac. En revanche, des questions aussi triviales que celles posées par des élus comme Guillaume Barucq sur le coût du G7 et le fait de savoir qui va payer l’addition de ce raout présidentiel, ou sur un dédommagement possible pour le manque à gagner que vont subir tous ceux qui vivent du tourisme, ou sur des aides pour la rénovation de L’Hôtel du Palais, ne t’intéressent visiblement pas. Le mépris de caste, encore et toujours !

Pour ma part, je ne m’abaisserai même pas à venir manifester pour ta venue. Pas envie de me prendre un coup de froid, un coup de chaud ou même un coup de sang avec des policiers aux abois et n’hésitant jamais à frapper les manants et les gueux qui osent dire qu’ils ne sont pas d’accord. Puisque tu aimes les beaux vêtements, je me contenterai donc de t’offrir le joli « costard » que tu es en train de lire et de me permettre ce conseil amical : en attendant une VIe République, plus que jamais nécessaire, traverse la rue et change de job, car, à l’évidence, tu n’es pas et tu ne seras jamais le président de tous les Français.

 

 

Veunac en pleine panade majoritaire

Poussé par Lafite, Veunac souhaite retirer sa délégation à Motsch le 12 décembre prochain, mais est bien conscient qu’il lui ouvre un boulevard politique.

Voilà l’homme qui promettait de rassembler Biarritz en 2014. C’est réussi ! Et l’on admirera au passage la « sincérité » de l’image. Ce n’est plus un logiciel de retouche qui a été utilisé, mais une truelle !

Jeudi dernier, les conseillers présents à la réunion de majorité se sont demandés un instant si Michel Veunac, n’avait pas avalé un flacon entier de ginko biloba, cet extrait d’un abricotier chinois qui stimule les fonctions cérébrales et fait voir la vie en rose, tant le premier magistrat semblait euphorique. L’explication est toute simple : mieux qu’une pilule magique, Veunac s’est fait… dorer la pilule en beauté par Emmanuel Macron qui l’a invité à faire partie des 2 000 maires autorisés à lui poser des questions (Avec Veunac, il ne risquait pas grand-chose…) et, comble de félicité, l’a retenu à dîner à l’Élysée en compagnie de neuf autres élus.

C’est le partage des tâches, ou plutôt le marché de dupes façon Président de la République : les Biarrots paieront l’addition du G7, en échange de quelques flatteries adressées à un maire déjà ivre de lui-même.

Malheureusement, chez les cyclothymiques la félicité ne dure guère et au bout de quelques minutes, Mimi-impérator avec ses colères, ses invectives et ses menaces est déjà de retour, ce jeudi soir face à sa majorité. Naïvement, les élus qui ont fait le déplacement – il en manque une dizaine ! – s’attendent à ce que soit évoqué l’ordre du jour du prochain conseil municipal, finalement reporté au 12 décembre. Comme si la conduite de la Ville intéresse encore le maire ! En fait, le seul sujet évoqué est Nathalie Motsch et son refus d’obtempérer. Pour Veunac, le marché est simple : soit l’adjointe à l’Urbanisme retire son recours devant le tribunal administratif et il passe l’éponge sur sa récente incartade, soit elle démissionne.

Jeannine Blanco prend rarement la parole, mais aurait pu s’abstenir cette fois encore.

Et comme à Biarritz, les comiques troupiers ne reculent devant rien, plusieurs flagorneurs de service se croient obligés de faire de la surenchère. Le plus drôle étant le sermon de Jeannine Blanco sur la nécessaire discipline de majorité. Quand on vient comme elle, comme Ghis Haye et Alain Robert, de s’asseoir sur les consignes du parti socialiste et de voter en faveur de l’Hôtel du Palais, on est tout à fait bien placée pour faire la morale aux autres.

Nathalie Motsch demande à parler en dernier et se montre très claire dans sa position. Non, elle ne retirera pas son recours car il est légitime, non elle ne démissionnera pas, car le dossier Hôtel du Palais ne fait pas partie du pacte de majorité et elle ne s’est donc pas montrée déloyale en exprimant son indignation sur ce dossier.

Veunac pris en tenaille

L’affaire Motsch illustre à merveille les actuelles dissensions entre Veunac et Lafite. Dans la foulée du conseil municipal du 15 octobre, Mimi-la-malice avait évoqué un instant avec ses proches l’idée de faire une charrette massive avec tous les adjoints et les élus s’étant opposés à lui dans le dossier Hôtel du Palais. Exit Barucq, Motsch, Mimiague, Boissier, avant d’annoncer une recomposition de la majorité, dans laquelle Domège, Puyau, Darrigade et Saint-Cricq trouveraient toute leur place.

Nathalie Motsch, droite dans ses bottes de sept lieues. Depuis le dossier du Palais, elle a l’impression qu’un boulevard politique s’offre à elle.

Mais Veunac est trop fin politique pour ne pas percevoir les inconvénients de cette idée. Les opposants de pacotille qui lui servent la soupe depuis deux conseils sont beaucoup plus utiles à la porte de la majorité jusqu’en 2020 plutôt qu’en alliés officiels. Et le cas Barucq reste délicat, compte tenu de son poids politique et de ses soutiens. Quant à « Calamity Motsch », comme la surnomment ses ennemis, puisqu’elle est désormais prête à défourailler sur tous les dossiers, Veunac ne peut s’empêcher d’affirmer en privé une certaine admiration pour le caractère et le talent oratoire qu’elle manifeste. L’idée est donc de l’admonester tout en lui pardonnant. Veunac se montre grand seigneur et en même temps, en la maintenant dans ses fonctions d’adjointe à l’Urbanisme tout en lui ôtant l’accès à tous les dossiers « sensibles » de la Ville, gérés par le seul Touret, il la contrôle un peu mieux.

La crise de nerfs de « La Faillite nous voilà ! »

C’est sans compter sur le manque de nerfs du Premier adjoint aux Finances qui fiche par terre ce beau projet. Dans le dossier du Palais, Veunac et Lafite sont parfaitement conscients qu’ils ont au minimum roulé sur la ligne jaune et contrevenu aux us et coutumes de la vie publique. Quand leurs opposants parlent d’aller au pénal, ils savent parfaitement que ce n’est pas une simple vue de l’esprit. Pour mémoire, les élus hostiles au projet du Palais, malgré leurs demandes répétées, n’ont toujours pas vu les nouveaux contrats signés avec les banques, ce qui est pour le moins surprenant. On aurait quelque chose à cacher ?

« Calamity Motsch », sortant les colts, a parlé de « casse du siècle » dans cette affaire. Ce qui est sûr c’est que le duo mis en cause dans ce dossier n’affiche plus désormais une très grande solidarité. Lors de la réunion du 12 novembre, Lafite avait surpris tout le monde en apostrophant en public Veunac à propos de l’adjointe à l’Urbanisme. « Je ne veux plus travailler avec elle. Michel, tu prends tes responsabilités ! »  Voilà pourquoi Michel Veunac s’est résigné à retirer sa délégation à son adjointe, tout en déplorant le manque de sens politique de celui que les Biarrots surnomment désormais « La Faillite, nous voilà ! »

Le maire est bien conscient que la nouvelle passionaria de Biarritz est déterminée à aller jusqu’au bout en 2020 et qu’elle va constituer une adversaire redoutable. En privé, il déplore la nervosité de Lafite et estime qu’en lui retirant sa délégation, il lui ouvre un boulevard politique. Pour une fois Motsch et Veunac semblent parfaitement d’accord et, en refusant de retirer son recours ou de démissionner, force est de constater que Nathalie Motsch a fait preuve de beaucoup de sens tactique.

Jusqu’où ira l’opposition ?

Veunac affirme avoir l’accord tacite de Saint-Cricq pour voter en faveur de l’éviction de Nathalie Motsch. Impossible de savoir si c’est de l’info ou de l’intox. Mais tout paraît désormais possible de la part de celui qui a été le meilleur opposant de la Ville pendant quatorze ans.

Heureusement Veunac garde plus d’un tour dans son sac à malices. Il n’a pas oublié qu’il a été mis en minorité au sein de ses propres troupes le 30 juillet dernier et que le retrait de délégation de Motsch pourrait être problématique lors du prochain conseil municipal qu’il a repoussé au 12 décembre pour respecter les formes légales. Info ou intox, Veunac s’est vanté auprès de sa garde rapprochée d’avoir contacté Saint-Cricq et d’avoir obtenu de lui l’assurance qu’il voterait ainsi que les autres membres de l’opposition favorables au dossier du Palais en faveur du retrait de délégation de Motsch. Quand on est ridicules, pourquoi s’arrêter à mi-chemin !

Depuis plus de trois mois, Bisque, Bisque, Basque ! sollicite ses confrères pour trouver un exemple d’une ville de moyenne importance où l’opposition a rallié le maire le jour où il se retrouvait en difficulté avec sa propre majorité. L’imagination des politiques étant sans limite, il doit certainement exister un endroit autre que Biarritz où des élus se sont livrés à de telles acrobaties éhontées. Mais, malgré la promesse d’offrir au confrère qui me trouverait la réponse les œuvres complètes de Michel Veunac en papier vergé Vélin avec reliure plein cuir doré à l’or fin, personne n’a pu dénicher l’équivalent de ce qui vient de se passer à Biarritz.

L’opposition peut rejoindre momentanément un maire dans un projet. Mais la morale républicaine veut, si le maire est en difficulté dans son propre camp, que l’on s’abstienne. Dans le cas du retrait de délégation d’une adjointe, il en est de même. On laisse la majorité se débrouiller entre elle.

Souhaitons donc un vote à main levée pour que l’on puisse mesurer une fois de plus à quel point une bonne moitié de nos élus n’a plus le moindre respect pour son mandat et pour ses électeurs.

Si Veunac va bien avoir besoin dans les jours qui viennent de ses petites pilules de ginko biloba, les Biarrots, eux, n’ont visiblement pas fini d’avaler des kilos d’anxiolytiques !

Un grand moment comique

La vidéo dure presque une heure et trente minutes mais elle vaut tous les sketches irrésistibles que vous avez déjà pu voir. Piètre orateur un peu bredouillant, Michel Veunac, ce jeudi 27 mars 2014 au casino Bellevue, joue les rassembleurs face à l’ogre Brisson et encense à tout va. « François Amigorena, ce chef d’entreprise qui parcourt le monde entier.  Nous avons la chance à Biarritz d’avoir des personnalités exceptionnelles comme celle-là ». C’est le temps où tout le monde s’aime, tout le monde y croit, derrière le vieux sage Veunac. Barucq, Motsch, Claverie, tressent des couronnes de laurier à l’homme qui va rassembler Biarritz. À vous dégoûter à tout jamais des politiques.

https://www.youtube.com/watch?v=RpiyI9xMW8A

 

 

 

 

 

 

L’indécente mascarade autour du Palais

Depuis 2014, Veunac et Lafite multiplient les contre-vérités pour parvenir à leurs fins et endetter la Ville sur 75 ans. Lundi prochain, empêchez-les de nuire !

600 pages à lire en six heures : si ce n’est pas une injure à la démocratie, ça y ressemble (Photo François Amigorena)

Six cents pages à avaler en six heures maximum, boîte d’aspirine non fournie ! Voilà le régime incroyable auquel ont été soumis les conseillers municipaux mercredi 3 octobre avant d’avoir droit, à partir de 18 heures, à une commission générale qui a duré cinq heures. Avec un seul son de cloche répété à l’envi par Veunac et Lafite, aidés de sept intervenants dont l’avocat Thierry Laloum : « Il n’y a pas d’autres solutions ». Histoire de faire douter tous ceux qui sont hostiles au projet.

« Le déséquilibre des forces était terrifiant, raconte un opposant au projet. D’un côté Veunac-Lafite et un staff pour les aider qui bosse depuis des mois. De l’autre des opposants qui avaient six heures pour maîtriser le dossier ». Retour sur une opération d’intoxication qui dure depuis des années.

UN CALENDRIER VOLONTAIREMENT DÉMENTIEL

Alors que les deux camps comptent leurs voix avant le conseil municipal du 15 octobre, la stratégie de la dramatisation voulue par Veunac devient très claire. Il va expliquer aux Biarrots et aux rares conseillers qui le suivent encore que la Ville n’a pas le choix et qu’il faut faire les travaux d’urgence sous peine de perdre la qualification de palace. En fait, c’est comme s’il évoquait sa propre incapacité à diriger Biarritz. À force de lambiner et d’hésiter en écartant toutes les solutions, comme la vente du fonds ou des murs, à force de promener Four Seasons au profit d’Accor avant de se rabattre sur Hyatt, il n’a plus qu’un choix : s’endetter au-delà de toute raison et risquer de perdre le Palais.

Veunac et Lafite n’ont peur de rien…sauf de la démocratie!

Pour parvenir à ses fins, le duo Veunac-Lafite n’a donc pas hésité à se livrer à des dénis de démocratie ahurissants et à écarter délibérément tous les éléments d’information qui auraient permis au conseil municipal mais aussi aux membres du conseil d’administration de la Socomix d’appréhender le dossier plus tôt. Mardi 2 octobre, les membres du conseil d’administration ont ainsi découvert que depuis le 1er janvier, les commerciaux de l’Hôtel du Palais avaient interdiction de vendre des chambres après le 18 octobre, sans que cette information essentielle ne leur ait été communiquée. Autrement dit, les jeux étaient faits depuis longtemps. Veunac, qui a déjà signé tous les contrats pour que les travaux commencent le 20 octobre, va avoir beau jeu d’expliquer le 15 octobre que la Ville va se ruiner si elle se dédit et que tout le monde doit donc voter pour son projet démentiel. Sans vouloir se substituer à la Justice, il semble évident que le recours devant le tribunal administratif déposé par François Amigorena pour défaut d’information du conseil municipal va aboutir. Malheureusement, le temps de la Justice étant ce qu’il est, comme pour la Cité de l’Océan, il sera bien trop tard.

UNE CHARGE DE 3 MILLIONS D’EUROS PAR AN POUR LES BIARROTS

Le défaut des néo-convertis, c’est qu’ils se sentent toujours obligés de faire du zèle. En 2017, Jean-Benoît Saint-Cricq était totalement opposé au projet de signature d’un bail emphytéotique de 75 ans, en faveur de la Socomix. Mystère de la politique – ou plutôt prévisible évolution d’un politique qui se morfond dans l’opposition ! – notre pugnace avocat est devenu inconditionnel du projet. Mais, en voulant se justifier dans La Semaine du Pays basque ! (21/9) il en raconte une bien bonne qui va mettre d’excellente humeur tous les contribuables biarrots. La Chambre Régionale des Comptes avait en son temps fustigé la gestion Borotra, qui dépensait plus pour le Palais que la Ville ne recevait de redevance de l’hôtel dont elle était propriétaire. Saint-Cricq, qui avait maintes fois souligné le risque qu’un hôtelier mécontent ne saisisse le Conseil de la Concurrence pour subvention déguisée, révèle dans La Semaine, le coût réel du Palais :

Les Biarrots vont être ravis d’apprendre que chaque année ils subventionnent à hauteur de 3 millions d’euros les vacances des personnalités, magnats russes et hommes politiques qui viennent se prélasser dans leur emblématique établissement. Mais comment imaginer qu’à l’avenir, les contribuables vont payer moins alors que l’équipe dirigeante obère l’avenir de la Ville avec un emprunt de 70 millions d’euros étalé sur 75 ans ? Et pendant ce temps-là, les routes à Biarritz rivalisent d’ornières, les bâtiments municipaux se disputent le titre du plus lépreux, et les déchets s’accumulent un peu partout, en dehors du petit périmètre sacré réservé aux touristes.

LE JOUJOU DES POLITIQUES ET NON LE PATRIMOINE DE TOUS

Ce n’est pas un hasard si L’Hôtel du Palais est le seul en France, et sans doute même dans le monde, à appartenir à une ville, une incongruité qui fait sourire partout ailleurs qu’à Biarritz. L’argument du « patrimoine des Biarrots » a été utilisé pendant des générations pour justifier la gestion ahurissante de ce palace, alors que « faire de l’hôtellerie » n’est nullement la vocation d’une ville. Quant au risque que le bâtiment soit livré en cas de vente à des spéculateurs immobiliers, menace régulièrement brandie par Veunac et Lafite, elle est imaginaire puisqu’on peut définir dans le PLU une obligation à ce que le bâtiment reste à vocation hôtelière.

Guy Lafite et son épouse, ivres de bonheur de côtoyer les plus grands, le 15 août 2017 à l’Hôtel du Palais.

L’explication est donc tout autre que celle que nos politiques nous livrent le cœur sur la main. Nous vivons tous les jours cette dérive de la Ve République où les indemnités, initialement modestes, versées aux élus, permettent en s’additionnant – communauté d’agglo, conseil départemental, région – de vivre plus que confortablement. Et quand on rajoute les invitations constantes, les buffets, repas et autres collations presque quotidiennement offerts, on comprend très vite que l’argent reçu par les politiques est de l’argent de poche puisqu’on n’a pratiquement plus aucun frais. Étonnez-vous après cela de voir des élus se battre becs et ongles pour être réélus au-delà de tout âge raisonnable, étonnez-vous de voir notre maire penser tous les matins en se rasant à la prochaine échéance municipale… Veunac, après tout n’aura que 74 ans en 2020 !

L’argument du patrimoine des Biarrots à préserver à tout prix ne tient donc pas la route une seconde. Pourquoi, dans ce cas-là vendre la villa Sion et la villa Fal, bâtiments qui offriraient de nombreuses possibilités intéressantes à une ville comme Biarritz et garder le Palais, véritable gouffre financier ?

La réalité est toute autre et tient à la vantardise des hommes. Lorsqu’ils croisent Bachelot, Fillon ou Macron, en vacances au Palais, nos petits politiques locaux se sentent soudain devenus importants. Ne cherchez pas ailleurs cette volonté forcenée de conserver le Palais, de refuser de le vendre alors qu’une « gestion intelligente » comme dirait Lafite le commanderait. Que diriez-vous d’un père de famille qui ne nourrirait pas ses enfants pour mettre de l’essence dans sa Ferrari ? Entre la Cité de l’Océan, toujours pas redressée, et le Palais, le duo Veunac-Lafite est en train d’envoyer tous les Biarrots dans le mur. Mais, faire passer le bon sens avant la vanité n’est visiblement pas à la portée de tout le monde…

L’ALIBI COMMODE DES SALARIÉS

Et comme ils sont prêts à tous les mensonges pour sauver le joujou qui les rend si ivres d’eux-mêmes, ils n’hésitent pas non plus à proférer des contre-vérités concernant le personnel du Palais. Si nos élus ne vendent pas ce palace que nous n’avons plus les moyens d’entretenir, c’est uniquement, à les en croire, pour protéger les emplois du personnel. Mais quelle blague ! Les salariés de l’Hôtel du Palais sont les salariés les plus mal payés de France dans la catégorie palace, leurs salaires ne décollent guère malgré l’ancienneté, mais visiblement cet état de fait n’a jamais soucié Borotra ni Veunac.

Si Veunac et Lafite s’intéressaient un peu plus au personnel qui leur tend la coupe de champagne plutôt qu’à la coupe elle-même, ils sauraient que dans tous les palaces français à l’exception du Palais des plans de carrière sont proposés avec la possibilité de grimper les échelons et dire adieu au salaire minimum qui est la règle à Biarritz. À l’exception de deux ou trois salariés en fin de carrière qui n’ont pas trop envie de remettre en cause leurs habitudes, la majorité des salariés du Palais se réjouissait de la venue possible de Four Seasons, et des possibilités de mobilité et de promotion du personnel que pratique le géant de l’hôtellerie de luxe. À l’époque, Veunac ne jurait que par ses copains du groupe Accor et a fini par laisser partir Four Seasons qui constituait aux dires des administrateurs comme du personnel la meilleure solution possible. Évoquer les salariés pour justifier cet emprunt ahurissant relève donc du jésuitisme le plus complet.

 LE G7 A BON DOS

Est-ce que Pascal Bonnefoy, le majordome qui a passé des années au service de Madame Bettencourt se vante de « sa proximité avec Liliane » ? Michel Veunac, lui, n’hésite pas une seconde à fanfaronner dans Sud Ouest (24/9) pour mieux tromper les Biarrots :

Des négociations sont en cours entre l’État et la ville de Biarritz, ce qui est logique avant un G7, mais de là à parler de proximité quand on a serré deux ou trois fois la main à Macron ! En fait les choses sont plus simples que ne les raconte Veunac. Un émissaire de l’Élysée est présent depuis plusieurs mois pour finaliser le G7. Macron décide et Veunac obtempère. Pire, alors que des maires ont cherché à négocier une participation de l’État pour cet événement fort coûteux, Veunac joue les grands seigneurs avec l’argent des contribuables biarrots et ne demande rien. Pour avoir l’investiture LREM en 2020, que ne ferait-on pas !

Dans Sud Ouest du 26 septembre, le maire de Deauville Philippe Augié, en racontant le G7 qui s’est tenu à Deauville, montre un peu le bout de l’oreille : « Pour Deauville, le sommet ayant eu lieu au printemps, donc hors saison et hors week-end, (NDLR : 26 et 27 mai 2011) le jackpot fut complet » Qu’on nous explique alors comment un homme comme Veunac, qui a une telle complicité avec Macron, n’a pas su lui expliquer qu’il était impossible d’organiser un G7 du 25 au 27 août en pleine saison touristique !

Même mystère en ce qui concerne la rénovation du Palais, qui doit être conduite de toute urgence selon le duo Veunac-Lafite pour être « terminée au moment du G7 ». Les touristes, cet été, ont accepté de loger à prix d’or au Palais, mais le confort de l’hôtel n’est pas suffisant pour loger pendant deux jours des chefs d’état ? Dans une ville qui compte aussi parmi ses nombreux hôtels le flambant neuf Regina où a séjourné l’équipe de France de football, pas précisément habituée à résider dans des taudis !  Encore une vaste blague qui va nous valoir de payer au prix fort les travaux, les fournisseurs ayant bien compris que la mairie était coincée. Après quelques coups de téléphone échangés avec Deauville, Bisque, Bisque, Basque ! est en mesure d’affirmer qu’à l’occasion du G7 de 2011, l’hôtel Normandy, qui n’est qu’un cinq étoiles et non un palace, s’est contenté de changer la moquette de son hall d’entrée et que pas un chef d’état ne s’est plaint.

Veunac et Lafite profitent eux du G7 pour se lancer dans de grands frais de rénovation et avoir ainsi la certitude de pouvoir jouir du Palais autant qu’ils le veulent. Et n’oublions pas que Veunac a promis à Lafite la présidence de la Socomix en cas de vote favorable, ce qui explique le zèle du premier adjoint. Pouvoir péter dans la soie avec les grands de ce monde est un plaisir qui ne se refuse pas quand on a une si haute idée de soi-même.

Persuadée que les Biarrots vont perdre le Palais, l’Adjointe à l’Urbanisme Nathalie Motsch a tout à fait raison de parler dans Sud Ouest du 5 octobre de « Casse du siècle » et d’en remettre une couche dans Mediabask « On est en train de voler le Palais aux Biarrots »

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181008/nathalie-motsch-on-est-en-train-de-voler-le-palais-aux-biarrots

François Amigorena, sur son blog, ne dit pas autre chose en dénonçant une « inquiétante opacité » autour du Palais.

https://www.amigorena.fr/

Et le pire, c’est que ce hold-up est réalisé par des cols blancs qui ne risquent rien.

UN MÉPRIS TOTAL POUR LES COMMERÇANTS

En règle générale, les commerçants biarrots sont vent debout contre le futur G7 et ils ont bien raison. Si les hôteliers et les restaurateurs peuvent espérer limiter les dégâts, tout le petit commerce va trinquer, car il est évident qu’en août 2019 Biarritz va être la destination à fuir si l’on souhaite des vacances tranquilles. Un problème qui ne préoccupe visiblement pas notre élite municipale. Admirez avec quelle désinvolture, Veunac évoque ce manque à gagner : « La perte de chiffre d’affaires existera peut-être ponctuellement »

Le G7 à Turin. À quand, une démonstration de force basque entre CRS et manifestants?

Guy Lafite, l’homme qui se trompe régulièrement avant d’expliquer quelques années après qu’il n’avait pas tort, est tout aussi désinvolte sur l’avenir du Palais. L’extra-lucide Premier adjoint nous l’assure, le Palais sera « en bon état dans soixante-quinze ans »

Question : appartiendra-t-il encore aux Biarrots à cette époque-là ? C’est à peu près aussi certain que la possibilité que Lafite soit encore là pour commenter ses erreurs de 2018.

Sans compter les risques de dérapages provoqués par des opposants au G7 que pourrait connaître Biarritz. À Turin, mais aussi en Allemagne, au Québec ou au Japon de violents incidents ont eu lieu lors des G7 et les dégâts ont été conséquents. Qui est prêt à miser sur le charisme de Veunac pour empêcher les manifestants de venir se défouler à Biarritz ?

15 OCTOBRE, LE CLAP DE FIN POUR BEAUCOUP D’ÉLUS ?

Voilà maintenant des mois que dure l’indécente mascarade autour du Palais qui va se terminer le 15 octobre, lors du prochain conseil municipal. Ce n’est pas un hasard si le dernier conseil municipal sur le sujet, s’est tenu le 30 juillet. Encore une astuce de Michel Veunac qui n’en est pas à une acrobatie près avec la démocratie : choisir une veille de vacances pour que ses manigances passent inaperçues.

Las, le bon sens de certains membres de la majorité refusant ce plan qui va valoir du sang et des larmes aux Biarrots pendant des décennies, a failli le mettre en minorité si des membres de l’opposition, Domège, Saint-Cricq, Echeverria et sans doute Darrigade, n’étaient miraculeusement venus à son secours dans un étrange retournement d’alliance. Ce soir-là après un vote à bulletins secrets, le oui l’avait emporté d’une voix, dix-huit à dix-sept.

Depuis cette date, Veunac et Lafite ont multiplié les chantages, menaces et intimidations envers tous les élus qu’ils soupçonnent d’être hostiles à leur projet.

Lundi prochain, si l’assemblée fait preuve d’un minimum de bon sens, elle repoussera le plan du duo Veunac-Lafite puis décidera de travaux a minima financés par la Ville avant de mettre en vente les murs du Palais pour que cesse la gabegie financière.

Personne ne peut dire avec certitude qui va l’emporter, mais il est clair que le 15 octobre prochain un certain nombre des acteurs majeurs de ce conseil municipal vont pouvoir dire adieu à tout avenir politique tant ils ont démontré de désinvolture à l’égard des Biarrots. 2020 n’est vraiment plus très loin et la rancune des électeurs sera tenace.

Une dénonciation de cour d’école

Nathalie Motsch, comme tous les élus désireux de s’informer, vient mercredi consulter les fameuses 600 pages destinées à convaincre le conseil municipal. Dans la salle, elle retrouve Virginie Lannevère ainsi que Pierrette Echeverria et Jean-Benoît Saint-Cricq, tous attelés à la même tâche qu’elle. Cerise sur le gâteau ou plutôt preuve que la confiance ne règne pas, une employée municipale est présente pour vérifier que personne ne s’amuse à prendre des photos. Remontée contre le projet, Nathalie Motsch décide de passer outre et dégaine son portable. « Ne faites pas cela, je vais avoir des ennuis » la supplie l’employée. Nathalie Motsch ne se laisse pas faire : « Je suis une élue et j’ai besoin d’avoir ces documents à disposition ». Sa moisson terminée, l’adjointe à l’Urbanisme range son portable dans son sac, au moment précis où surgit un Michel Veunac rouge de colère : « Il est interdit de prendre des photos. Nathalie, dis-moi si tu as pris des photos ? » L’adjointe rebelle ne se démonte pas : « Je n’ai pas à répondre à cette question, Michel ! ». Et soudain la voix de Jean-Benoît Saint-Cricq se fait entendre : « Elle a pris des photos… Plein de photos ! Il faut appeler l’administration, Monsieur le maire… » Réplique de Motsch au vilain petit rapporteur : « Une chose est sûre, ce n’est pas vous que je prendrai comme avocat ! »

Un nouveau monde pire que l’ancien 

Que ce soit au niveau national comme au niveau local, la moralisation de la vie politique tarde à se mettre en place. D’où cette première réunion publique de l’association RamDam 64-40.

RamDam 64-40 est une association qui rêve de s’auto-dissoudre. Mais entre la nomination de Richard Ferrand à la tête de l’Assemblée nationale, l’audition devant le Sénat d’un Alexandre Benalla qui s’est consciencieusement payé la tête de ses interlocuteurs, ou les problèmes récurrents de PLU (Plan Local d’Urbanisme) dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, les signaux envoyés par l’Élysée et par les élus ne vont pas du tout dans le sens d’une plus grande moralisation de la vie publique.

À chaque génération, son opération marketing pour enfumer l’électeur. Giscard nous a fait le coup de l’accordéon en compagnie d’Yvette Horner pour nous démontrer à quel point il était près du peuple. Tonton Mitterrand, après s’être auto-proclamé « force tranquille » nous l’a joué « farce tranquille » en faisant espionner les actrices qui le faisaient rêver et en organisant aux frais de la République sa double vie. Chirac, pour nous convaincre de sa ruralité, n’a pas hésité à mettre la main au cul des vaches, tandis que son successeur, l’agité de chez agité Nicolas Sarkozy, la jouait « Casse-toi, pauvre con ! ». On a presque soupiré de soulagement en voyant arriver après lui, Droopy, alias la fraise des bois, l’homme qui s’évade en scooter de l’Élysée, fait tomber la pluie à chacun de ses discours et se prend une merde de pigeon sur le costume présidentiel, le jour où un million de personnes défilent à Paris.  Mais le maître incontesté de l’enfumage politique, le roi de la promesse qui n’engage que les imbéciles qui y croient, c’est bien le petit banquier sorti de nulle part qui a blousé tous ses chevronnés rivaux en 2017 en racontant une histoire à faire ronronner de bonheur toutes les midinettes qui estiment que voter est un devoir civique.

Emmanuel Macron avait promis une moralisation de la vie publique, mais les promesses de 2017 qui lui ont permis de devenir le chouchou des Français sont bien loin.

La nomination de Richard Ferrand est une honte

Dans tout établissement digne de ce nom, que ce soit à l’Élysée ou à l’Assemblée Nationale, il faut un surveillant général pour gronder les trublions ou distribuer les heures de colle. Richard Ferrand, qui avait débuté une carrière d’une rare discrétion au PS, est devenu ce « surgé » redouté de tous les marcheurs en changeant de camp avant tout le monde et en devenant président du groupe parlementaire LREM à l’Assemblée après avoir été éphémère Ministre de la Cohésion des Territoires. Jusqu’à ce que ses agissements à la tête des Mutuelles de Bretagne ne le rattrapent.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Ferrand

L’homme a été blanchi provisoirement par la Justice, mais quand on a fait travailler son fils comme assistant parlementaire ou quand on aide sa maîtresse à s’enrichir sur les dos des Mutualistes de Bretagne peut-on accéder au poste de quatrième personnage de l’État et devenir président de l’Assemblée nationale ? Pas gêné, Emmanuel Macron vient de répondre que oui. Décidément, le « nouveau monde » annoncé par le président ressemble furieusement à l’ancien.

Sans vergogne le nouveau président Ferrand commence d’ailleurs sa fonction avec classe, en proférant une imbécilité sexiste devant les journalistes « Vous me pardonnerez de ne pas être une dame », allusion à sa rivalité pour le poste avec Barbara Pompili et en annonçant qu’il ne renoncera pas à la fonction s’il est mis en examen. On rêve !

Seule la vigilance citoyenne…

RamDam 64-40 ne se bat pas seulement pour les comportements illégaux en politique, mais aussi pour les comportements immoraux, estimant que les politiques doivent être plus exemplaires que les autres. L’association des citoyens décidés à se faire entendre s’intéresse aussi bien aux élus nationaux mis en examen et promus qu’aux élus locaux qui font des acrobaties avec le PLU ou inventent pour leur majorité une « charte de confidentialité » totalement farfelue.

Comme vous pouvez le constater, les sujets de discussions ne manqueront donc pas, mardi soir, à la maison des associations de Biarritz avec un débat organisé autour des communautés d’agglomération.

Visiblement, RamDam 64-40 n’est pas près de s’auto-dissoudre. Et visiblement sans la vigilance des citoyens et donc sans votre présence à cette réunion publique, les comportements des élus locaux n’évolueront guère. Allez, bougez-vous, on vous attend !

L’entrée est libre, mais si pouvez nous envoyer un mail à ramdam6440@gmail.com pour confirmer votre présence, c’est parfait.

Le message perdu de mai 68

Les rebelles sont toujours bien plus créatifs que les flagorneurs. Macron rêve d’une jeunesse conformiste et « dans le moule ». Il tue la meilleure chance d’innovation des entreprises.

Une génération qui sait que les victoires ne s’obtiennent qu’en luttant.

Témoins directs d’événements actuellement revisités par la télévision, nous sommes sans doute un certain nombre à avoir le pavé qui nous démange et l’envie de le balancer à la tête de tous ces réalisateurs qui alignent les poncifs sur mai 68, sans en avoir le moins du monde compris l’esprit. En avant donc pour une série de clichés, toujours les mêmes, qui relèvent de la falsification de l’histoire : les CRS mal équipés, les barricades érigées par des manifestants chevelus, le théâtre de l’Odéon occupé, Cohn-Bendit narguant la police et les slogans de l’époque « Il est interdit d’interdire », « Sous les pavés, la plage ! » ou « On arrête tout et on réfléchit » …Et pour conclure ce bref intermède, avant la remise au pas de juin, la manifestation finale sur les Champs-Élysées, le 30 mai 1968, de tous les conformistes, enfants apeurés qui n’osaient imaginer la France sans pépé De Gaulle !

Comme si la crise d’adolescence de la jeunesse française n’avait duré qu’un mois et avait été limitée à Paris ! Comme si les accords de Grenelle, conclus dans la hâte entre le gouvernement et les syndicats, avaient suffi à remettre tout le monde sagement au boulot comme avant ! Comme si l’esprit de 68 s’était évaporé d’un seul coup !  En fait, le monde du travail va vivre pendant une quinzaine d’années, jusqu’à l’arrivée de François Mitterrand, premier président de gauche de la Ve République en 1981, une formidable effervescence dont feraient bien de s’inspirer tous les managers actuels persuadés qu’une bonne entreprise, c’est une entreprise où on ne voit qu’une tête.

Peur sur l’usine !

Le premier changement majeur va se produire dans les usines, où des contremaîtres, le plus souvent serviles et avinés, faisaient encore régner une discipline assez proche de celle des kapos dans les camps de concentration. Sauf qu’à cette époque, chiffre incroyable pour les générations actuelles, le nombre de chômeurs en France s’élevait à 130 000 et qu’il suffisait de traverser la rue pour changer de boulot tellement toutes les entreprises étaient à la recherche de petites mains. Pour sûr, le bras d’honneur au patron était autrement plus facile à faire que maintenant !

Tous les étudiants de 68 ne se sont pas rués à l’usine pour rencontrer la classe ouvrière et devenir « établi » suivant la terminologie en vigueur à l’époque, mais le petit pourcentage qui est allé au bout de ses convictions idéologiques a su susciter le débat, ouvrir les esprits et créer de nouvelles conditions de lutte en mêlant dérision chronique et détermination à l’affrontement si nécessaire. Avec des « autonomes » toujours prêts à venir donner un coup de main à telle ou telle cause, les contremaîtres désormais rasent les murs et se gardent bien des provocations dont ils étaient coutumiers, par crainte de sérieuses représailles.

Assassinat de Pierre Overney par Jean-Antoine Tramoni (Photo Christophe Schimmel)

L’historien Benjamin Stora, membre de l’Organisation Communiste Internationale (OCI) à l’époque, ne dit pas autre chose dans « Le Journal Du Dimanche » (29/4) : « On parle souvent de l’esprit ludique, festif de mai 68, presque hippie de cette époque, mais on oublie qu’il y avait des dizaines de milliers de jeunes qui sont entrés et sortis de 68 avec un esprit extrêmement dogmatique. On ne peut pas oublier que la tentation du terrorisme était également forte. Pourquoi le dissimuler ? Il y a eu entre 1968 et 1973 une montée de la radicalité en France qui était réelle ». » Cette tension extrême se soldera, le 25 février 1972, par l’assassinat d’un ex-ouvrier maoïste de l’usine Renault, Pierre Overney, par un vigile de l’entreprise, Jean-Antoine Tramoni, lui-même assassiné en 1977. Heureusement dans la plupart des usines, les choses se passent de façon plus paisible et l’habitude d’un dialogue se crée entre des salariés expérimentés qui vont suggérer des améliorations dont tout le monde va profiter et des cadres obligés de réviser leur (absence de) management.

Coup de foudre entre deux générations

Même effervescence dans le secteur tertiaire où mai 68 va amener de très importants changements. Ce que ne racontent jamais nos réalisateurs de pacotille qui traitent de façon identique mai 68 ou le futur mariage du prince Harry, c’est que ce mouvement a aussi été la rencontre entre deux générations qui n’ont pas lancé de pavés ensemble mais se sont retrouvées dans les entreprises. Certes, aux yeux de ceux qui avaient participé à la résistance et affronté les balles allemandes (la plupart frôlaient la soixantaine et terminaient leurs carrières professionnelles), nous n’étions que de sales gamins turbulents qui avions voulu enquiquiner le pouvoir avec nos frondes. Mais la détestation de la génération intermédiaire, celle des quadras de l’après-guerre, égoïste et consumériste aux yeux des anciens, était telle que le coup de foudre avec les nouveaux-venus issus de 68 fut immédiat. Imaginez un peu ce que pouvait être le Centre de Formation des Journalistes en 1973, avec toutes les nuances de gauches et d’extrême-gauche et quelques rares étudiants de droite ! Le premier journal école confectionné, quelques mois après notre admission, se termina en… bagarre générale, une minorité estimant que la teneur du journal devait être conforme au vote de la majorité des Français, tandis que les autres refusaient de devenir les valets du gouvernement. Le tout sous les yeux hilares de nos profs et du co-directeur de l’établissement, un certain Philippe Viannay, ancien chef du réseau « Défense de la France », qui jubilait de nous voir ainsi épris d’idéal journalistique, après plusieurs générations d’une grande mollesse idéologique.

Même accueil surréaliste à « L’Équipe », où je débute officiellement après deux ans de piges, le 2 janvier 1977. Ce jour-là Émilien Amaury, patron honni des syndicalistes et des ouvriers du Livre, se tue à cheval et le délégué syndical CGT débouche le champagne dans son bureau et invite toute la rédaction. En 1977, à « L’Équipe », demeuraient encore deux ouvriers du Livre et un journaliste, qui avaient obtenu le permis de publier en 1944 pour faits de résistance, tandis que Jacques Goddet, l’emblématique directeur, se le voyait refuser pour cause d’excessive sympathie aryenne. Ce sont eux qui nous ont poussés à aller toujours plus loin et à ne jamais rien céder en matière de contestation. Un an après mon arrivée, dans le journal des Antoine Blondin, Pierre Chany, Jean-Philippe Réthacker et autres grandes plumes, je suis élu délégué du personnel CGT, avec un score à faire rêver Michel Veunac et bien d’autres.

Il faut dire qu’en matière de contestation, nous ne craignions pas grand-chose et osions tout. Le directeur affirme un jour que nous ne nous intéressons pas assez au sport. Vexés, nous arrivons le lendemain en shorts et crampons maculés de boue à la conférence de rédaction et lui saccageons son bureau à la moquette crème. Il fera comme si de rien n’était et évitera les propos discourtois lors des conférences suivantes. Une autre fois, des travaux s’improvisent sans que personne n’ait l’idée de nous prévenir. Nous prenons nos tables, nos chaises et nos bureaux que nous déplaçons dans le hall du journal. Nous coupons aussi avec nos ciseaux les fils des téléphones fixes et décidons d’occuper les lieux jusqu’à plus ample explication… Qui arrive sans tarder ! C’est ainsi que le secrétariat de rédaction aura le plus beau bureau du 10 faubourg Montmartre.

Lâchez la bride…

Mais tout cela ne serait qu’anecdotes d’anciens lanceurs de pavés, si notre passion ne s’était aussi exercée en matière de journalisme. Tandis que les cadres intermédiaires nous regardaient souvent avec défiance, ayant le sentiment de n’avoir rien compris à mai 68, nos lectures, nos centres d’intérêts, nos passions, nous incitaient à écrire différemment, à essayer autre chose que le reportage d’après-guerre symbolisé par Lucien Bodard et France Soir. Lecteurs pris à parti, expression très claire du ressenti de l’auteur de l’article refusant de se planquer derrière une objectivité qui n’existe pas, utilisation du « je » et du parler populaire dans les articles. Et quelle jubilation de voir les suiveurs, ceux qui n’avaient jamais pensé autrement que leurs chefs, s’agacer de nos audaces, tandis que les grandes plumes empreintes de classicisme, nous poussaient à oser, oser, encore oser…

Bien sûr, nous avions du déchet, mais nous avons décorseté une façon de faire du journalisme. Mai 68 n’a pas été seulement une époque de narcissisme et de repli sur son nombril, mais aussi une décennie de folle créativité et d’inventions, où la générosité et l’altruisme étaient le moteur de la plupart d’entre nous. Relisez les Actuel, Charlie Hebdo, Hara Kiri de l’époque, écoutez Coluche, Desproges et même le très droitier Thierry Le Luron et vous comprendrez mieux tout ce que la mouvance soixante-huitarde, avec son impertinence innée, a pu apporter au pays et aux entreprises.

D’où la consternation de notre génération pour cette jeunesse actuelle que nous n’avons pas su protéger et qui se retrouve précarisée. Une jeunesse salariée où seuls survivent les médiocres, les conformistes, les fils ou filles à papa. Tandis que les créatifs, les atypiques, les originaux sont obligés de se réfugier dans l’autoentreprise ou dans des start-up, sortes de miroir aux alouettes numériques où le désenchantement est souvent de mise et le patronat tout aussi exploiteur que dans les entreprises traditionnelles. Il ne suffit pas d’installer un babyfoot dans le hall de l’entreprise pour changer foncièrement les mentalités.

Aujourd’hui, la faillite du modèle républicain est totale et absolue. Sous Giscard d’Estaing, l’accès à une grande école de journalisme, quand on avait obtenu le concours, coûtait 300 francs de l’époque, la même chose qu’une inscription en faculté et le tiers du salaire minimum.  Aujourd’hui, il faut compter entre 6 000 et 9 000 euros, de cinq à sept fois le salaire minimum. Une somme qui interdit à un étudiant de famille modeste de devenir journaliste.

Le sentiment des lecteurs d’être confrontés à des médias qui sont tous d’accord entre eux, à des articles sur des sujets qui n’intéressent que la grande bourgeoisie, à une consanguinité journalistique absolue et dommageable, est totalement justifié. Comment pourrait-il en être autrement alors que 95% des admissibles aux écoles de journalisme sont désormais issus de la même classe sociale, la grande bourgeoisie ?

Et ce ne sont pas les lois sur la dérégulation du travail voulues par Macron qui peuvent arranger les choses. Quand l’emploi se fait rare, quand il faut baisser la tête et s’écraser pendant des années et des années de misérable CDD avant d’espérer un CDI, la créativité, et ce qu’elle implique de déstabilisation des habitudes de l’entreprise, ne peut pas être au rendez-vous. Seuls vont surnager les rois des courbettes, les médiocres, les flagorneurs qui vont s’empresser de devenir des copies conformes de leurs glorieux aînés.

Vite, un peu de créativité, un peu d’insolence, un peu de contestation dans toutes les entreprises de France pour que tout le monde se porte mieux ! Les gens intéressants sont ceux qui disent « Non ! » dès l’enfance, qui cassent les pieds à leurs parents et se révoltent contre leurs profs, ceux qui sont bien obligés d’emprunter des chemins de traverse pour mettre leurs actes en conformité avec leurs idées. Le bon élève, le toujours propre sur lui, le invariablement d’accord avec le système, a le droit de vivre comme les autres, mais qu’apporte-t-il véritablement à la collectivité par rapport à un rebelle ? Quel est l’intérêt pour une entreprise de recruter des trentenaires qui mettent soigneusement leurs pas dans ceux des quinquagénaires qui les ont précédés ? Macron, en réformant le pays à marche forcée, veut le façonner à son image :  celle d’un jeune déjà vieux.

… Quelle erreur !