Macron, ce ringard absolu

Macron (Le FIgaro)

Macron ne cesse de multiplier les clins d’œil à la droite, mais, pour voir arriver les claques qu’il ne va pas tarder à prendre, il ferait mieux d’ouvrir les deux yeux. (Photo Le Figaro)

Ce week-end encore, notre virevoltant ministre des Finances, que l’extrême gauche prend un malin plaisir à surnommer « Macron comme la lune », a encore couru les plateaux télés pour faire entendre sa petite musique « ni de droite ni de gauche ». Il faut dire aussi que l’homme ne se lasse pas des caméras et qu’il se tient en très haute estime, comme en témoigne le mouvement politique reprenant les initiales de son patronyme, En Marche. (Que diraient mes copains si je lançais le mouvement politique J’Y Vais !)

Et tous les commentateurs politiques de nous saouler à longueur d’antenne avec « la modernité » du « Mozart de la Finance » et de le présenter comme un « électron libre » qui ferait un candidat très crédible pour la présidentielle de 2017.

Ce grand numéro de la modernité, on nous l’a déjà fait dans les années soixante-dix. Face à l’austère De Gaulle, le ministre des Finances était, aux dires de la presse de l’époque, un remarquable technicien, qui agissait par amour de la France et n’avait aucune ambition politique. Et puis ce Giscard, avec son chuintement auvergnat et sa particule de pacotille, était un homme si simple et abordable. Pensez donc un ministre, capable d’arriver en pull au rendez-vous élyséen du mercredi matin ; un inspecteur des Finances, jouant au football avec l’équipe de Chamalières, au moins le jour où la télévision s’était déplacée ; et n’hésitant pas à suppléer Yvette Horner et à offrir au bon peuple ébaudi un air d’accordéon ! C’est le même, quelques mois après son élection de 1974, qui tentait de restaurer un privilège royal en demandant à être servi avant les femmes et qui partait théâtralement, en 1981, au plus grand soulagement de tous. L’homme prétendument moderne était devenu un ringard absolu !

La similitude est troublante entre Giscard et Macron : même méconnaissance absolue du peuple français ; même cerveau hyper-scolaire, capable d’apprendre un Bottin par cœur, ce qui est rarement la marque des hommes qui comprennent la vie et leurs semblables ; même libéralisme outrancier, sauf que Macron a l’habileté de se présenter comme un homme de gauche qui plait à la droite ; même avidité de pouvoir en mimant – très mal ! – l’indifférence absolue.

Et la presse qui tartine à cœur joie sur l’homme qui vit avec sa prof de français de vingt ans son aînée, sur l’étudiant surdoué qui n’a jamais raté un examen, sur le conseiller élyséen qui abasourdissait tout le monde par ses audaces ! Sauf que tout cela est du vent et que les chroniqueurs politiques qui encensent le petit génie, le font … pour complaire à Hollande.

La créature du capitaine de pédalo

Le malin François a bien compris que le jeune Macron est encore beaucoup trop tendre et trop gaffeur pour tenir la route jusqu’en 2017 ; Mais en le cajolant, en le flattant, en l’incitant discrètement à se lancer en politique et à aller chasser dans la cour des grands, lui qui n’a jamais été élu, le capitaine de pédalo qui dirige notre pays et qui reste l’homme des petites combines, comme au temps où il régnait sur la rue de Solférino, sait qu’il pose un sacré problème à Manuel Valls, désormais dépassé sur sa droite par un jeune ambitieux aux dents longues et aux idées courtes. Macron est la créature de Hollande et son seul travail dans les mois à venir consiste à ratisser le réservoir de voix possible que Valls pensait avoir à la droite du PS. Et dans ce cas-là, une fois Valls bien ficelé, qui va s’imposer comme candidat « naturel » de la gauche, malgré son quinquennat catastrophique ? François Hollande, évidemment.

Le député socialiste des Hautes-Pyrénées Jean Glavany a tout à fait raison quand il parle sur RTL du « monarque et de son obligé » Et enfonce le clou sans pitié : « Quand on nomme au gouvernement des personnes qui n’ont jamais vu un électeur, ou qui ont été battues… on n’est pas dans la culture démocratique, mais dans une forme monarchique. Et au fond Macron, c’est le produit de ce système. » Avant de conclure, vachard, que « les deux intéressés devraient penser à la France ».

Oh, comme il y va ce Glavany ! Mais bien sûr que Hollande ne pense qu’à la France. La preuve ? Il est même prêt à se sacrifier cinq ans de plus pour finir le merveilleux travail de modernisation de notre pays qu’il a si brillamment conduit pendant son premier quinquennat !