Les proches avant les Biarrots

Astucieuse, la jeune garde du conseil municipal a réussi à gagner du temps dans la vente de la villa Sion, alors que Veunac s’apprêtait une fois de plus à sacrifier les intérêts de la Ville au profit d’un proche.

Bernard Tourret, le directeur de l’urbanisme, mène la danse face à un Veunac sans cesse dépassé et hésitant.

Il n’y a décidément pas que le top 14 qui adore les impasses ! Comme s’ils se réservaient pour la joute majeure du 15 octobre où se décidera l’avenir de l’Hôtel du Palais, nombre de figures du conseil municipal, comme Jean-Benoît Saint-Cricq, Pierrette Echeverria, Frédéric Domège, Virginie Lannevère, Brigitte Pradier, Hervé Boissier ou Alain Robert, avaient séché ce « petit » conseil municipal du 28 septembre où devaient être traités l’avis sur la demande de déclaration d’intérêt général pour le confortement des falaises de la Côte des Basques, et le déclassement du domaine public en vue de mise en vente de la villa Sion et de la villa Fal.

Mais les « petits » conseils sont parfois très révélateurs et sans l’habileté et la vigilance d’une jeune garde qui a su pousser le maire et son premier adjoint dans les cordes, les Biarrots avaient toutes les chances d’être sérieusement lésés.

L’échauffement municipal a lieu avec le confortement de la Côte des Basques, nouvelle illustration de la méthode Veunac : on laisse pourrir, on atermoie et on ne lance la concertation que contraint et forcé avant de déclarer que le calendrier impose de décider, alors que rien n’est réglé. Une méthode que Veunac compte bien appliquer au Palais en faisant voter le conseil municipal, le 15 octobre prochain, l’exécution de travaux déjà programmés pour… le 20 octobre. Encore une vigoureuse illustration du sens très particulier de la démocratie de Mimi imperator !

C’est Éric Bonnamy qui aura les mots les plus touchants sur Marbella en exprimant sa lassitude de spécialiste de l’océan : « Je ne veux pas de l’argent de l’Europe, car cet argent est utilisé pour bétonner notre littoral. Je suis lassé d’entendre « Les experts ont dit que… ». Les experts, c’est nous ! ». Guillaume Barucq partage ce point de vue en rappelant que « le jour où on perd le spot de Marbella, on ne peut plus surfer nulle part à marée haute ».

Après une de ces phrases à l’emporte-pièce dont Veunac a le secret « L’émotion a sa place ici », on passe froidement au vote et la délibération est adoptée, malgré dix voix contre.

Un risible vaudeville où notre argent est en jeu

Et puis arrive une merveille de débat à fleurets mouchetés où personne ne dit ce qu’il pense et où tout le monde est à la manœuvre.

Biarrots, écoutez absolument cette partie consacrée à la vente de la villa Sion et de la villa Fal (entre 1h30 et 2h10) et vous aurez une idée précise de la façon dont nous sommes défendus par Veunac et Lafite.

https://www.youtube.com/watch?v=0H2Fq-4h8tE

Si vous décidez de vendre votre appartement, vous allez sans doute demander plusieurs évaluations et tenter de présenter votre bien sous le meilleur jour. Pas Lafite et Veunac ! Ils déprécient le bien en insistant lourdement sur son mauvais état, rappellent que les Domaines l’ont estimé à 980 000 euros et affirment que « l’idée est de vendre la villa Sion sur la base du prix indiqué » Sans chercher plus loin !

Heureusement, la jeune garde de la majorité et de l’opposition, persuadée que Veunac et Lafite veulent faire obtenir ce bien à un proche, va manœuvrer à la perfection dans ce qui ne serait qu’un risible vaudeville si notre argent n’était pas en jeu.

Maïder Arosteguy : « Pourquoi vendre, alors que des associations ont besoin de locaux ? »

Peio Claverie, très en colère : « Il n’y a pas d’associations à la rue à Biarritz ! »

Maïder Arosteguy : « Monsieur Claverie, vous semblez avoir un problème avec la réalité »

Nathalie Motsch, intervient à son tour : « Je voudrais qu’on s’interroge sur le foncier à Biarritz. Nous n’avons plus de foncier. Je trouve dommage qu’on se dessaisisse d’un bien qu’on nous a quasiment donné. Je ne suis pas à l’aise avec cette question car on veut vendre deux bâtiments emblématiques. Il n’y a pas d’urgence, gardons-les en réserve foncière. »

 Michel Veunac, jusque-là convaincu que cette délibération va passer sans problème, panique visiblement et passe son temps tourné vers Bernard Tourret, le chef du service urbanisme, pour lui demander conseil. À un moment, on peut même entendre distinctement : « Aide-moi, merde! »

Sa suffisance Guy Lafite croit alors bon d’intervenir avec hauteur pour mettre fin au débat. (1h54’) : « Je suis surpris qu’il y ait ici des très grands spécialistes de l’estimation immobilière » Comme s’il fallait être spécialiste pour constater que ce bien est manifestement sous-évalué ! Et l’ami-des-femmes-Lafite de conclure, suite à l’intervention de Nathalie Motsch : « Un patrimoine, ça se gère de façon active… quand on est intelligent ». Celle-là, il fallait l’oser !

Colère des élues, qu’elles soient de droite ou de gauche ! Fort courageusement, Ghislaine Haye, après s’être étonnée à juste titre d’un prix de vente à 2400 le m2, du jamais vu à Biarritz, va sermonner le premier adjoint : « Il faut arrêter les remarques sexistes » Et comme l’énarque prend son air de premier communiant, l’élue précise sa pensée « C’était directement pour Monsieur Lafite ».

C’est alors qu’Édouard Chazouillères profite du désarroi qui règne au sein de l’élite municipale pour pousser habilement les pions. Fort de ce qui s’est passé au moment de la vente des écuries de Bigueyrie « pourquoi ne pas généraliser la pratique d’une double estimation et faire appel à des agences immobilières de Biarritz » ?

Un agent immobilier : « Entre 1,5 et 2 millions d’euros »

Regardez sur la vidéo du conseil comme Michel Veunac fait tout pour échapper au piège tendu. Heureusement Chazouillères, avec une politesse de gendre idéal, insiste : « On a un conseil municipal dans quinze jours. On pourrait repousser la délibération à cette date ». Son voisin François Amigorena, vêtu du tee-shirt noir « Sauvons Marbella !» prend le relais : « Il serait de bonne gestion de proposer cette délibération un peu plus tard » tandis que Veunac botte en touche désespérément : « Le conseil municipal dans quinze jours, va être assez occupé… Franchement… ». Finalement, de guerre lasse, Veunac, très contrarié, va accepter qu’une ou deux agences fassent une estimation.

Pour faciliter la vie de la mairie, Bisque, Bisque Basque ! s’est donc rendu dès samedi matin devant la villa Sion en compagnie d’un agent immobilier qui connaît parfaitement le bâtiment puisqu’il le fréquentait dans le cadre de la vie associative. Son appréciation est claire : « Le bâtiment n’est pas en très mauvais état, même s’il faut faire des travaux, la servitude est minime. Pour moi, ce bien doit partir entre 1,5 et 2 millions d’euros ». L’agent immobilier ne cache pas qu’il va alerter de futurs acquéreurs en recherche de bien sur Biarritz car il pense que même à 2 millions d’euros, « la villa Sion peut constituer une très belle affaire ».

Pierre Delalonde, le chouchou de la mairie ?

Voilà qui ne va pas arranger les affaires de l’acquéreur souhaité par la mairie pour ce bien. Selon une rumeur insistante qui parcourait aussi bien les rangs du conseil, vendredi soir, que les milieux éclairés de Biarritz, c’est le propriétaire du château Boulart, Pierre Delalonde, qui serait le candidat rêvé par la mairie. En interne, plusieurs personnes témoignent en off d’interventions de Michel Poueyts et de Michel Veunac en sa faveur. Propriétaire de nombreux terrains à Iraty, et accessoirement de la permanence que loue Max Brisson, Pierre Delalonde souhaite transformer le château Boulart en hôtel de luxe. Mais ce futur établissement est un peu inséré et manque de possibilités de stationnement.

Cette vue aérienne montre que le château Boulart est très enclavé. L’achat de la villa Sion permettrait de modifier sérieusement la donne.

En achetant à prix d’ami la villa Sion, ce méritant entrepreneur pourrait faire une très belle opération. Donner une double entrée à l’hôtel, régler le problème de stationnement des voitures, et transformer la villa Sion en créant des salles de réception au rez-de-chaussée. Interrogé par nos soins, Pierre Delalonde nous a expliqué qu’il n’était pas à son bureau, mais qu’il donnerait lundi à Bisque, Bisque, Basque! des éléments «  qui raviront notre curiosité ».

Impossible pour le moment de savoir si le nom de Pierre Delalonde abondamment murmuré vendredi soir est le bon, même s’il paraît assez logique. Nous en saurons un peu plus d’ici peu et ne tarderons pas à comprendre pourquoi Veunac et Lafite étaient prêts à laisser partir à si petit prix ce bien municipal, si des esprits chagrins au sein du conseil municipal n’avaient compliqué ce projet si bien ficelé ! 

Avec tant de rigueur et de transparence, avec ce sens de la vente et de l’intérêt des Biarrots qui force l’admiration, comment ne pas être tout à fait rassuré en sachant que Veunac et Lafite pilotent le dossier de l’Hôtel du Palais ? Fin septembre, les conseillers municipaux n’ont toujours pas eu le moindre chiffre mais il serait vraiment malvenu de ne pas faire une confiance illimitée à ce même tandem qui, à l’évidence, n’a pour seul souci que le bien de Biarritz.

Ce dernier conseil municipal en offre, une nouvelle fois, une preuve éclatante.

Villa Fal : un appel à projet fumeux

Sans le moindre doute, Michel Veunac va évoquer, le 15 octobre prochain, le « patrimoine des Biarrots » au moment d’évoquer le Palais. Un patrimoine qu’il dilapide pourtant allègrement quand ça l’arrange. Sur la villa Fal, Michel Veunac s’est noyé dans des explications tarabiscotées en expliquant qu’il a fait appel à projet mais qu’aucun ne le satisfaisait. La villa Fal, contrairement à la villa Sion est effectivement en très mauvais état, faute d’avoir été entretenue par la Ville. Il semble assez évident que pour financer le ruineux joujou des politiques locaux, à savoir le Palais, cette villa va être mise en vente sous peu.

Et maintenant Veunac engueule Mimiague

Au tour de la sixième adjointe d’être soupçonnée d’être trop bavarde. Et pendant ce temps-là, les marchandages financiers continuent !

Françoise Mimiague, forte de sa longue expérience municipale, ne s’attendait pas à être ainsi montrée du doigt.

Cinquante ans après mai 68, le happening permanent se poursuit à la mairie de Biarritz.  Malheureusement, au lieu de parler « contestation », ou « émancipation », il n’est plus question que de « délation » ou de « pognon ». Mercredi dernier encore, les membres de la majorité, qui se rendent désormais aux convocations du maire comme on part en garde à vue tant Veunac leur en fait voir, ont dû subir les humeurs, colères et soliloques d’un premier magistrat qui se demande toujours à quel moment il va se prendre le prochain pavé dans la gueule et se montre aussi dépassé par les événements que De Gaulle à Baden-Baden.

La réunion était à peine commencée, lorsque notre-maire-qui-ose-tout-et-c’est-même-à-ça-qu’on-le-reconnait, interrompt soudain l’interminable monologue dans lequel il vient de se lancer. En effet, la sixième adjointe, chargée du logement et de l’habitat, prend consciencieusement des notes.

– Françoise, qu’est-ce que tu fais ?

Éberluée par cette interpellation musclée, que n’aurait pas désavouée un CRS du Quartier Latin, Françoise Mimiague ne sait trop quoi répondre.

Michel Veunac explose alors : « Cest toi qui balance à Viollier !»

Françoise Mimiague, consternée qu’on puisse mettre en doute sa bonne foi, préfère se taire. Mais Veunac n’en démord pas. Ayant totalement oublié qu’il est « interdit dinterdire », surtout à des élus, notre Super-Mimi, après l’échec de sa « Charte de confidentialité »   s’imagine maintenant qu’en fliquant tout le monde, il finira par débusquer les bavards. Continue à pédaler, Michel, le Tour de France approche !

Veunac : « Je vais finir en slip ! »

Sud Ouest , 28 mars.

Et surtout n’allez pas croire que le destin de la Ville est le sujet de ces réunions de majorité. Une seule préoccupation, le silence dans les rangs et, éventuellement, le prix à y mettre pour l’obtenir. Quelques heures avant le grand raout sur la démocratie participative, qui doit se tenir mercredi 28 mars à 18 heures au casino municipal, Michel Veunac apprend que Sud Ouest envisage de consacrer une page à Hervé Boissier. Panique ! Le maire sait très bien que son conseiller, qui a effectué un énorme boulot pour mettre au point la démocratie participative, est à juste titre furieux. Il est en effet le seul élu en charge de délégation à ne pas être rémunéré. Après les départs de Chazouillères et Amigorena, il a espéré toucher quelque chose mais n’a rien vu venir face à l’appétit féroce de ses colistiers de la majorité. C’est un Veunac tout miel qui téléphone à Boissier : « Tu vas venir à la réunion au casino municipal ? ». « Non ! ». Patelin, Veunac enchaîne : « Écoute, Hervé, j’ai réfléchi. Je te jure sur mon honneur que je vais réparer cette injustice et te trouver une indemnité ». Finalement, Hervé Boissier accepte d’être présent à la réunion du casino municipal et Sud Ouest doit dénicher un autre sujet en catastrophe, se contentant d’un bref encadré sur le conseiller municipal chargé de la démocratie participative.

Dans les coulisses, après cet échange téléphonique tout miel, Veunac se lamente sur son triste sort, conscient qu’il va devoir donner à Boissier 600 euros pris sur ses propres indemnités, faute de pouvoir retirer aux autres ce qu’il leur a promis, à un moment où les départs s’enchaînent à la vitesse des lacrymogènes tombant sur des manifestants : « Si ça continue, je vais finir en slip ! »

Veunac : « J’achète la paix ! »

Qu’on rassure tout de suite, les enfants et les personnes âgées : il est peu probable que le maire mette sa menace à exécution, même si quelques grand-mères biarrotes, nostalgiques des nuits  soixante-huitardes, seraient sans doute secrètement ravies. Et dans le cas improbable où le maire, saisi par l’esprit « Peace and Love » de 68, se décidait à l’effeuillage, les Biarrots découvriraient que le caleçon est en or massif. En effet, quand Veunac fait un cadeau, c’est aux frais du contribuable. Quand il offre un lot de consolation à Éric Bonnamy (800 euros par mois) avec la vice-présidence du syndicat des transports, c’est juste une charge supplémentaire pour le syndicat, puisque Veunac, dépassant le plafond financier autorisé, n’était pas rémunéré. Quand il donne une (minime) partie de son indemnité à Boissier, il en va de même, puisque, écrêtage oblige, il ne peut toucher toutes les indemnités liées à ses multiples mandats, le plafond autorisé étant à 8141 euros. Veunac va donc récupérer à la Région ce qu’il perd à la Ville.

« J’achète la paix ! »  confie à ses troupes les plus proches notre malin qui a un rapport plutôt curieux à l’argent. Même tactique avec l’opposition, que tout le monde a vu étrangement apathique lors du dernier conseil.  Dès qu’il le peut, et souvent avec la complicité du directeur d’un hebdomadaire local, Veunac dîne en tête à tête avec un élu de l’opposition pour lui parler de 2020 et lui promettre des merveilles. Avec d’autres opposants, il se contente d’apéritifs réguliers. Et enfin il ignore superbement la piétaille.

Les élus d’opposition seront donc ravis d’apprendre grâce à Bisque, Bisque, basque ! à quel niveau de dangerosité ils se situent pour celui qui ne pense qu’à 2020. Ceux qui n’ont pas été invités par Veunac, levez-le doigt !

Une embrouille signée Super Mimi

Les conseils se suivent et se ressemblent. Michel Veunac est toujours aussi pathétique.

Nul ne sait si Michel Veunac relève de Lourdes, ville des miracles, ou simplement des soins en urgence du docteur Barucq, mais on peut se demander combien de temps le bon maire qui ne nous dirige pas va continuer à se tirer des balles de pied, avec une maladresse qui finit par forcer le respect. Pas la moindre nostalgie dans ce propos du monarque Borotra, qui aurait réglé en deux froncements de sourcil cette histoires d’élection de quatre délégués supplémentaires à l’EPCI – et gare à celui qui ne vote pas comme j’ai décidé ! – mais juste un peu de pitié pour son diaphane successeur qui est visiblement fait pour diriger Biarritz comme je le suis pour les ballets Malandain.

Et puisque le grand journal local a décidé de ne pas vous raconter les coulisses de ce psychodrame qui dure depuis dix jours, de cette guerre des egos et des vanités majoritaires, consternante pour ceux qui s’intéressent à la vie politique, Bisque, Bisque, Basque !  va se faire un plaisir de vous narrer par le détail cette triste pantalonnade qui nous prouve une fois de plus – une fois de trop !- qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion et que nul n’est plus fort que Super Mimi Veunac pour mettre le bazar dans son propre camp.

Tout sauf Amigorena !

Lundi 19 décembre : Alors que l’opposition, après quelques grincements de dents de Frédéric Domège qui souhaitait être désigné, s’est mise d’accord depuis plusieurs jours pour présenter la candidature de Jean-Benoît Saint-Cricq, Michel Veunac réalise que le conseil municipal du 20 décembre doit procéder à l’élection de trois conseillers supplémentaires, membres de la majorité. En effet, si Veunac a vaguement évoqué le sujet avec ses adjoints, il n’a jamais tenu la moindre réunion de l’ensemble de sa majorité pour arriver à un consensus sur les trois noms. Le problème est pourtant relativement simple à résoudre. Michel Veunac peut opter pour une solution politique en décidant que les trois conseillers communautaires qui ont été fléchés mais pas élus en 2014 (Destizon, Ricord, Amigorena) doivent rejoindre l’EPCI, ou pour une solution technique en cherchant à composer une « dream team » alliant des compétences larges et fort à même de représenter au mieux Biarritz au sein du regroupement des 158 communes.

Alors qu’il est bloqué à Bordeaux par ses activités au conseil régional, Super Mimi téléphone donc à son directeur de cabinet pour qu’il organise en urgence une réunion de ses partisans pour se mettre d’accord sur trois noms. Et il demande à son porte-parole d’organiser un scrutin à un tour avec pour consigne de rayer le nom de François Amigorena. La ficelle est tellement grosse que des conseillers issus de la liste Veunac s’indigneront du procédé et refuseront de voter avant de quitter la salle. Le chef d’entreprise, par ses compétences, pouvait faire fort belle figure au sein de l’EPCI, mais c’est bien là le cadet des soucis de Veunac.

Mardi 20 décembre : Avec cette place libérée, puisque tout le monde sait désormais que Veunac ne veut pas d’Amigorena, les appétits se déchaînent. Barucq qui avait demandé en 2014 à être mieux situé dans la liste qui fusionnait pour le second tour et qui, en contrepartie, avait laissé sa place de conseiller communautaire à Patrick Destizon, a depuis longtemps fait savoir qu’il souhaite participer à l’EPCI. Les Abertzale estiment eux aussi qu’un nouveau poste doit leur échoir. Ce qui est aussi le point de vue de Guy Lafite. La castagne est telle que, le soir du conseil municipal du 20 décembre, Michel Veunac reporte au 28 décembre la désignation des quatre conseillers qui iront rejoindre à l’EPCI les sept autres déjà élus. Tout en affirmant que ce conseil reporté est rendu nécessaire par un décret d’application qui se fait attendre de la loi Notre. Un mensonge de plus à mettre au crédit de Super Mimi.

Veunac trahit son camp

embrouille-02

Pour ceux qui le suivent, Veunac est de plus en plus diaphane.

Nul ne sait si Guillaume Barucq a mis une fois de plus en jeu sa démission, mais Michel Veunac accède assez rapidement à la demande de son adjoint à l’environnement, ce qui a le don d’irriter fortement les Abertzale et les troupes de Lafite. Veunac se rend compte qu’il a besoin de deux postes supplémentaires pour apaiser la majorité disparate et hétéroclite qui est la sienne. Le brave Patrick Destizon est convoqué à la mairie. Super Mimi est persuadé qu’il va rapidement calmer les ambitions de celui qui, jusqu’à maintenant, s’est toujours distingué par sa servilité et sa flagornerie. Sauf que le domestique se rebiffe et annonce qu’il présentera tout de même une liste. Colère de Veunac, jamais aussi courageux que lorsqu’il se retrouve face à un plus faible que lui. « Patrick, tu n’es rien, ici. Le maire, c’est moi et je décide ! » Veunac rentre chez lui, persuadé qu’il a éteint l’incendie et annonce à ses adjoints que la liste de la majorité se composera de Guillaume Barucq, Maialen Etcheverry pour les Abertzale, Éric Bonnamy pour les partisans de Lafite, et Stéphanie Ricord en position inéligible. Et tranquille comme Lucky Luke venu à bout des méchants, notre Super Mimi local s’en va festoyer, après avoir guerroyé, persuadé être le grand pacificateur de la Ville.

Lafite, cocu magnifique

Mercredi 28 décembre, 10 heures : Tellement tranquille, notre Michel, qu’il a organisé la première réunion de l’ensemble de sa majorité depuis qu’il est élu, une heure seulement avant le début du conseil municipal, persuadé que les belles paroles lénifiantes dont il est coutumier apaiseront les plaies, à quelques jours des fêtes. En fait la réunion tourne à la castagne générale, style dernière page des albums d’Astérix. Les Veunaciens historiques se sentent floués et le disent. Patrick Destizon affirme qu’il maintient sa liste avec Anne Pinatel et Édouard Chazouillières, qui n’ont aucune chance d’être élus mais qui sont bien décidés à emmerder le maire.

Mercredi 28 décembre, 11 heures : Tout le monde croit que le psychodrame va se dénouer avant l’heure fatidique mais il n’en est rien et Veunac, totalement dépassé comme à son habitude, doit entamer la séance du conseil municipal sans savoir ce qui va se passer.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Regardez bien les visages des principaux protagonistes, mâchoires crispées, et main sur le revolver, prête à dégainer. Ce n’est plus Biarritz, perle de la Côte basque mais Règlement de comptes à OK Corall, avec le pistolero Veunac totalement emberlificoté dans son lasso.

embrouille-03

Interruption de séance ou commedia dell’arte?

Et c’est là, à la 36e minute de cette grotesque pantalonnade, que Guy Lafite réclame « une courte interruption de séance ». Une interruption de séance de 8 minutes qui va laisser pantois le réalisateur qui retransmet les images sur Internet, obligé de se contenter d’un plan fixe sur Marianne. Dommage pourtant d’avoir raté le spectacle de cette majorité déconfite, sous l’œil goguenard d’une opposition rassemblée.

Voyant que Patrick Destizon persiste dans sa volonté de présenter une liste, Guy Lafite à son tour, qui a compris qu’Éric Bonnamy n’avait plus aucune chance d’être élu, annonce à huis clos qu’il constitue une liste de son côté. Gros moment de flottement dans la majorité. Jusqu’à ce que Guillaume Barucq propose à Éric Bonnamy de lui céder sa place de tête de liste, à condition de le remplacer à mi-mandat. Comme si un poste de conseiller communautaire était un gâteau que l’on partage à sa guise, au lieu d’une tâche à accomplir nécessitant suivi et continuité. Une objection mise en avant par plusieurs élus.

embrouille-04

L’opposition, pour sa part, a manoeuvré intelligemment.

Finalement, le scrutin se déroule comme prévu, tandis que le cocu pas content Lafite ronge son frein. La liste Barucq obtient dix-sept voix et deux conseillers élus (Maialen Etcheverry et lui-même), Patrick Destizon, avec sept voix, sauve sa tête et son ego malmené et, bonne nouvelle pour les Biarrots, le pugnace Jean-Benoît Saint-Cricq participera aux travaux de l’EPCI.

Et notre Super Mimi bien à nous pour notre plus grand malheur, notre ravi de service, qui vient de passer son propre camp au napalm puisqu’il n’a plus le moindre partisan à ses côtés, d’affirmer aux journalistes présents, comme s’il avait contrôlé quoi que ce soit dans cette histoire,  qu’il a « procédé à un rééquilibrage politique ».

Plus de majorité, une ville ingouvernable et un pantin à sa tête, ça, sans nul doute, c’est du « rééquilibrage politique » ! À la sortie, une figure en vue du conseil n’hésitait pas à dire aux journalistes : « Cette fois, je suis convaincu que Veunac n’ira pas au bout de son mandat ».

Mais qui va enfin se décider à mettre fin aux souffrances de Veunac et aux nôtres ?

L’étonnante urbanité du conseiller Bonnamy

Bonnamy 001 Bob Marley

Et dire que cette porte de partie commune, vaudra des millions dans quelques années…

À l’image de Ségolène Royal, il rêvait de réenchanter la politique. Mais entre les discours et les actes, il y a parfois comme un écart.

Lorsqu’en 2006, le futur conseiller municipal à la mobilité urbaine, Éric Bonnamy, s’installe avec sa compagne en location au troisième étage du 12 rue Simon Etcheverry à Biarritz, tout l’immeuble se frotte les mains. Pensez donc, un inspecteur des affaires maritimes, un homme habitué à faire respecter la loi et à ne pas faire de vagues…

Bonnamy 009 cadenas

Partie commune, façon Bonnamy.

Mais il faut croire que les grands artistes sont souvent incompris et qu’un inspecteur maritime, une fois à terre, peut se transformer en matelot en bordée. Très vite, le nouveau locataire repère un local dans les parties communes de l’immeuble, dépose dans la rue les objets poussiéreux qui s’y trouvent sans chercher à savoir à qui ils appartiennent, y pose ses affaires et clôt le tout avec un gros cadenas. Fermez les écoutilles!

« L’agence nous avait dit qu’on pouvait déposer nos vélos à cet endroit. Je me suis juste efforcé de rendre ce local plus agréable » plaide le locataire. Tout autre son de cloche de la part de Françoise Gestas, syndic bénévole de l’immeuble : « Ce local appartenant à la copropriété s’est subitement retrouvé fermé à clés alors qu’il y avait un compteur électrique et en plus Monsieur Bonnamy l’a tagué ! »

Bonnamy  003 travailler moins

Bonnamy004 surfer plus

« Travailler moins pour surfer plus », « 68 is not dead », c’est la plage qui surgit soudain sous les pavés de ce triste sous-sol. Éric Bonnamy, homme de gauche,  assume : «  C’était un clin d’œil ! » Le quiproquo aurait pu en rester là si les escarmouches entre le locataire et la syndic bénévole ne s’étaient multipliées, reléguant la bataille de Verdun au rang d’aimable bluette de patronage, en comparaison de la guerre de tranchées qui sévit depuis huit ans dans cet immeuble.

En 2008, la locataire de Madame Gestas, qui habite juste en dessous de Monsieur Bonnamy met fin à regret à son bail, ne supportant plus le vacarme permanent de «  ces personnes qui confondent pavillon et appartement ».

Une première bordée d’injures que n’aurait pas reniées le capitaine Haddock, s’ensuit entre le locataire et la syndic. Madame Gestas part au commissariat déposer une main courante. Monsieur Bonnamy arrive sur ses talons pour affirmer que la locataire de Madame Gestas abandonne son appartement à cause du prix du loyer et non du bruit. La locataire, outrée, arrive à son tour, confirmant qu’elle ne supporte plus le voisinage de l’inspecteur.

Et ce n’est que le début d’une longue série de main-courantes ! Dire qu’on se demandait pourquoi la police n’avait plus le temps de dresser des procès-verbaux aux automobilistes sous Borotra…

L’escalade continue…

Le 26 septembre 2011, la copropriété est obligée de faire un constat d’huissier et une sommation interpellative pour que l’indélicat restitue les parties communes.

Penaud, Éric Bonnamy, reconnait par lettre l’occupation illégale et s’engage à remettre les lieux en état.

Mais six jours plus tard, le 2 octobre 2011, c’est la troisième guerre mondiale. Éric Bonnamy croise au rez-de-chaussée Madame Gestas et lui assène un chapelet d’obscénités (« J’étais épuisé par cette affaire », plaide-t-il) avant de monter au troisième étage par l’escalier central, de trouver un sac d’ordures ménagères sur le palier et de le lancer en contrebas, tandis que Madame Gestas discute avec un voisin. Par chance, personne ne sera blessé, alors qu’un tuyau métallique se trouvait dans le sac.

Nouvelle main courante au commissariat.

Bonnamy images 008

Penaud, le très urbain futur conseiller municipal se fend d’une lettre d’excuses manuscrite où il reconnait un « comportement irrespectueux et ridicule ».

Bonnamy 010 excuses

On ne lui fait pas dire.

Après un incident aussi grave, certains auraient décidé de faire profil bas, mais l’homme qui taguait au pochoir des Bob Marley dans le sous-sol commun, adore mettre ses voisins en pétard. «  Je ne fais une fête qu’une fois par an, à l’occasion de mon anniversaire » affirme le jeune quadragénaire. Oui, mais quelle fête ! En ce mois d’août, les voisins du deuxième et du premier étage ont la surprise d’entendre des pétarades à hauteur de leurs fenêtres. « Mais non, c’est exagéré… Des copains m’avaient offert un feu d’artifice acheté au Bazar basque et nous l’avons juste tiré de ma fenêtre »

Étonnez-vous après cela que les propriétaires du turbulent locataire décident de le traîner devant le tribunal de Bayonne, le 28 novembre 2012 ! Alors que les juges se montrent généralement frileux sur les querelles de voisinage, ils estiment que le « trouble de jouissance » est caractérisé et ordonnent son expulsion. Célibataire sans enfant, la future étoile montante (ou météorite ?) de la liste de Guy Lafite aurait pu juger bon de mettre les voiles, ce qui parait indiqué pour un inspecteur des Affaires maritimes. Éric Bonnamy préfère faire appel à Pau. Malgré trois témoignages en sa faveur de locataires de son âge, le décrivant comme « particulièrement discret et respectueux », le jugement est confirmé en janvier 2014 et devient de ce fait exécutoire.

Bonnamy 007 condamnation Pau

En mai 2014, un huissier se présente au domicile de celui qui est devenu conseiller municipal chargé de la mobilité urbaine, pour lui signifier son expulsion, mais trouve porte close.

Et depuis ? Plus rien !

Avec une candeur désarmante, Éric Bonnamy livre peut-être la clé de l’énigme. « Cette affaire est folle. Je ne suis pas celui qu’on décrit. La preuve ? C’est le même agent immobilier qui m’avait logé ici qui me cherche un nouvel appartement… Le jour où l’huissier est venu, j’étais au travail et la sous-préfecture m’a appelé en me demandant si j’étais bien conseiller municipal. Depuis, je suis comme vous, j’attends. »

 La copropriété, qui trouve le temps long et s’indigne de cette inertie, qu’elle n’estime pas due au hasard, a demandé à être reçue par Michel Veunac qui l’a renvoyée sur Peio Claverie. Rendez-vous a été fixé au 16 juillet dernier, avant une rétractation par mail.

BOnnamy 11

Pas de chance pour eux, l’ami Peio est un homme débordé et n’a jamais trouvé une minute à leur consacrer. Ce rendez-vous manqué n’a strictement aucun lien avec l’appartenance à la majorité municipale d’Éric Bonnamy, ou avec les dates légales d’expulsion interdisant de mettre quelqu’un dehors du 1er novembre au 31 mars. Ce n’est pas le genre de la Ville de ruser ainsi !

Et quel dommage de gâcher un talent comme celui de Monsieur Bonnamy. Un homme avec une telle capacité à mettre de l’animation partout où il passe, à fédérer les enthousiasmes et à susciter l’adhésion, ne devrait pas être simple conseiller municipal. Hollande a son Thévenoud, député atteint de « phobie administrative », voilà maintenant que Veunac a le sien frappé de « phobie locative ». Vite, une promotion pour cette brillante jeune pousse politique !

 

Une étonnante rencontre

Rendez-vous est pris avec Éric Bonnamy, le 14 octobre au soir, au Bar des Colonnes. Sachant que l’intéressé est inspecteur des affaires maritimes mais aussi moniteur de surf, je m’attends à croiser un fort en gueule. L’homme est gentil, courtois et timide, ne nie pas ses erreurs, baisse les yeux comme un enfant pris en faute quand je m’étonne qu’un adulte comme lui contrevienne ainsi à la loi, et semble persuadé que tout est de la responsabilité de Madame Gestas, qui «  met l’immeuble sens dessus dessous » Un argument qui ne tient pas la route tant son dossier est désespérément mince quand celui de la syndic est fort consistant. Même évanescence quand on parle politique. À mon sens, son comportement le disqualifie pour être représentant de la Ville et il devrait démissionner de son poste de conseiller municipal. Un voile de tristesse traverse son regard en entendant mes propos et il évoque avec passion sa fonction, ce qu’il fait pour la cause du vélo et ce qu’il souhaite proposer dans le futur. J’ai envie d’engueuler Guy Lafite d’avoir recruté sur sa liste quelqu’un dont je ne doute pas de la gentillesse malgré les méfaits commis dans son immeuble, mais qui n’a visiblement pas le cuir assez solide pour faire de la politique. Comme Michel Veunac au poste de maire, on a envie de dire d’Éric Bonnamy : « Mais qu’allait-il faire dans cette galère ? »