Camou, as-tu du cran?

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La France, une équipe que tout le monde chambre désormais.

Tandis que Fabien Galthié se garde au micro de tout commentaire incisif susceptible de le fâcher avec quelqu’un, le brave Mathieu Lartot, qui est au rugby ce que Nadine Morano est à la culture, s’efforce, Audimat oblige, de nous faire prendre des plats de lentilles pour du caviar et sort des énormités dont il n’a même pas conscience. Certes les anciens fantômes bleus de Murrayfield ont livré une partie honorable dans leur jardin du Stade de France face à des Irlandais madrés, mais il est des phrases dont Mathieu Lartot, dans sa belle inconscience, ne semble pas percevoir l’énormité : « On est généreux, mais ça ne suffit pas! »

Jouer au rugby, si on n’est pas généreux et si on n’est pas prêt à tout donner au collectif n’a aucun sens. La générosité, c’est le qualificatif poli que l’on réserve aux équipes qui n’ont pas beaucoup d’autres atouts à faire valoir, aux Roumains d’il y a trente ans, aux Argentins d’il y a vingt ans, aux actuels Italiens de Sergio Parisse. Et l’amoureux du XV de France se retrouve aussi ébaudi de voir son équipe favorite réduite à la générosité, que d’apprendre que les Chinois en goguette à Paris claquent en moyenne 3000 euros par jour dans les grands magasins.

Côté langue de bois, Fabien Galthié n’est pas mal non plus. Parlant du camionneur affublé du numéro 13, le subtil entraîneur montpelliérain n’hésite pas à jouer de la périphrase : « Bastareaud a fait LE match… dans son style » Que Mathieu Bastareaud ait brassé de la viande à plaisir et fait l’admiration des forts des halles de Rungis ne fait pas le moindre doute, mais rappelons qu’un deuxième centre est affublé de l’étiquette d’attaquant. Deux passes en dix-huit minutes, soit bien plus que lors de ses précédentes sorties, et deux en-avant, si c’est ça LE match de Bastareaud…

Même souffrance en  ce qui concerne le jeu d’avants. Qui aurait pu, un jour, imaginer la mêlée écossaise redemander une mêlée face à la France ? Cette année, nos premières lignes ont goûté à l’herbe de tous les stades, alors que les nouvelles règles devraient favoriser les petits piliers comme Domingo ou Slimani. Visiblement, le staff est défaillant car ces joueurs brillent en clubs et n’ont aucun problème de tenue de mêlée. Rendez-nous Didier Retière, son joug à vérins hydrauliques et sa science de la mêlée!

Un coaching désastreux

Mais plus que les phrases approximatives du duo Galthié-Lartod, ce sont leurs silences qui ont été assourdissants. Alors que Maxime Machenaud affichait des jambes de feu, une belle réussite dans les transformations et la volonté d’enfiler le costume de patron du jeu, Jean-Marc Doussain, suite à un nouveau coaching désastreux de Saint-André à la 67e minute, rentrait sur le terrain pour rater une pénalité facile avant, désastre suprême, de louper à deux minutes de la fin une pénaltouche qui aurait pu permettre aux Français de réussir le hold-up. Un téléspectateur a-t-il entendu le moindre propos désobligeant sur ce coaching peu inspiré? Bien sûr que non! Et si, Saint-André, pendant la conférence de presse a évoqué les crampes de Machenaud pour justifier ce changement malheureux, bien malin le téléspectateur qui a pu remarquer le moindre signe de fatigue chez notre numéro neuf, qui a semblé fort surpris de sortir.

Bernard Laporte, lui, n’y va pas par quatre chemins dans « Aujourd’hui » : « Tout le monde continue à se mentir ».  Et il souligne la dégringolade de la France : «  Entre 2003 et 2007, nous avions remporté dix-sept matches. L’équipe de France régnait sur l’Europe. mais ça, tout le monde l’a oublié. Aujourd’hui, on a failli battre l’Irlande, chez nous, à la 79e minute. Il y a un décalage ».

 Depuis deux ans, Philippe Saint-André nous bassine avec le professionnalisme que doivent démontrer les joueurs. Il est désormais plus que temps de s’intéresser au professionnalisme du coach. Une place de sixième et de quatrième du Tournoi ne sont pas dignes du standing de la France. Les talents existent, comme Dullin, Huget, Fofana, Picamoles ou Slimani mais le staff tricolore n’arrive visiblement pas à proposer un plan de jeu adopté par les joueurs. À dix-huit mois de la Coupe du monde, le trio dirigeant de l’équipe de France a démontré ses limites. Au lieu de se contenter de faire de la figuration en Angleterre, Pierre Camou devrait se souvenir que le rôle d’un président de fédération ne se limite pas à participer aux banquets et exiger la démission de Philippe Saint-André pour cause de résultats insuffisants.

Lors de la Coupe du Monde 1999, Fabien Galthié, même pas titulaire au départ, avait intégré les Bleus par raccroc avant de devenir le maître à jouer de l’équipe. Pourquoi, alors que tout parait perdu, ne pas tenter le coup et confier les clés du camion tricolore à ce brillant technicien? Par ricoché, nous pourrions ainsi avoir un vrai consultant à la télé qui s’exprimerait sans crainte et Saint-André et Bastareaud se partageant le même canapé et découvrant que le rugby est aussi un jeu de passes…

… De quoi nous réconcilier enfin avec le rugby!

Une mascarade qui s’éternise

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Philippe Saint-André et Rémi Gaillard partagent la même devise : « C’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui ».

Décidément Philippe Saint-André est au rugby, ce que Rémi Gaillard est au web, et le coach de l’équipe de France peut se vanter d’avoir en commun avec l’humoriste montpelliérain cette fière devise, « C’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui ». Revenu de Murrayfield, avec une victoire 19 à 17 absolument pas méritée dans la musette, Philippe Saint-André va encore nous enfumer toute la semaine, en espérant que ces diables d’Irlandais vont se montrer aussi complaisants que les Écossais, lors du rendez-vous décisif pour la victoire finale du Tournoi des VI nations, samedi prochain au Stade de France. Ce qui est loin d’être fait.

Deux essais construits pour l’Écosse contre un essai casquette pour la France, des joueurs déboussolés, une absence totale de plan de jeu, je n’ai pas le souvenir, dans toute ma carrière de téléspectateur, d’avoir souhaité à ce point-là la défaite de la France. Philippe Saint André a toujours été un opportuniste qui savait comme pas un exploiter le rebond capricieux d’un ballon. Homme de « coups », PSA se montre incapable de proposer sur le long terme un plan de jeu logique et multiplie inlassablement des expériences qui s’avèrent désastreuses et qui vont immanquablement finir par une sévère fessée en Coupe du monde.

Paumés, démobilisés et incapables de comprendre les messages que s’efforce de leur transmettre Philippe Sans Atout, les joueurs errent comme des âmes en peine sur le terrain et ont du mal à aligner deux passes. Damien Chouly, avec ses paupières tombantes  qui lui donnent toujours l’air d’être tombé du lit, ne parvient pas à faire oublier  Dévastator  Picamoles, et l’on ne serait pas surpris d’apprendre que le talonneur Mach, au vu de la hauteur à laquelle il lance ses ballons, soit le responsable de la catastrophe aérienne qui vient de se produire.

On se demande aussi dans quel état psychologique, l’entraîneur de l’USAP Marc Delpoux va récupérer son deuxième ligne Sébastien Vahaamahina, emprunté troisième ligne aile d’emprunt, évidemment totalement dépassé dans cette rencontre internationale, et s’il va devoir acheter un canapé grand modèle pour une revigorante séance de calinothérapie.  Car ce n’est pas le talent de ces joueurs qui est en cause, mais un système de jeu absurde, misérable et non-créatif, qui démolit complètement les plus prometteurs et met en furie les entraîneurs du top 14.

Scène incroyable à la 57e minute : le placide pilier droit Nicolas Mas, exaspéré par la position peu orthodoxe de son troisième ligne Vahaamahina, s’agace et lui intime l’ordre de lui lâcher la grappe. Bonjour l’amateurisme!

Et l’on passera sous silence cette pathétique mêlée de la 65e minute, où la France, menée 17-16 et campant sous les poteaux écossais, insiste et insiste pour convaincre l’arbitre de siffler une pénalité qui ne viendra jamais. Comme si les joueurs eux-mêmes se reconnaissaient incapables d’aller aplatir entre les poteaux! Et seule une confondante naïveté écossaise, à l’ultime minute de jeu,  permettra à Machenaud de réussir cette balle de match victorieuse qui sort quelque peu la tête de Saint-André de la cendre.

Au micro, Fabien Galthié, qui la joue désormais petit bras dans la critique tellement il a envie de devenir calife à la place du calife Saint-André, a évoqué la France comme une « nation majeure » du rugby. Ce n’est vraiment pas le premier qualificatif qui vient à l’esprit en parlant des Bleus. Passe encore que nous soyons, en tant que Français, la risée de toute l’Europe depuis que notre président fait son cirque en scooter à deux pas de l’Élysée, mais devenir en rugby, l’équipe que toute l’Europe souhaite désormais affronter, tellement elle est devenue friable avec son jeu sans passe, voilà qui est intolérable.

Pauvre Roger Couderc! France 2 avait eu la bonne idée de lui rendre hommage, à l’occasion du trentième anniversaire de sa mort. Le merveilleux commentateur partial et chauvin, qui adorait crier « Allez les petits! »  a dû se contenter cette fois, alors qu’il suivait le match passionnément du haut de son nuage blanc, d’un triste « Allez, les chétifs!« .