Jacques-André Schneck : « L’éthique avant tout »

Le premier candidat déclaré à la mairie de Biarritz est persuadé que la relation incestueuse entre argent et politique est la cause de bien des maux. Élu, il refusera la moindre indemnité.

Il est des signes qui ne trompent pas. Sur la table du salon, les piles de tracts « Biarritz on t’aime ! », dont la distribution a commencé dans les boîtes à lettres de Biarritz, montrent bien que Jacques-André Schneck est plus que jamais décidé à se présenter à la mairie de Biarritz.

Depuis avril 2018, époque où il faisait « une offre aux Biarrots » par l’intermédiaire de ce blog, on a pourtant le sentiment que le projet de Jacques-André Schneck n’a guère avancé, même si on est conscient qu’une campagne électorale, comme un iceberg, doit avant tout s’appuyer sur un socle invisible mais conséquent. L’intéressé ne nie pas : « Je me suis lancé volontairement dans une démarche un peu solitaire, car je voulais mettre en avant des idées auxquelles je tiens ». Fataliste et plein d’humour, il ajoute : « Je pars d’une notoriété que je qualifierais d’assez limitée. Il me fallait donc faire un travail sur les réseaux sociaux ».

Première évocation de candidature, le 22 avril 2018, dans BBB!

Même s’il n’a jamais été élu, Jacques-André Schneck a une réelle expérience de la politique. Petit-fils et fils de gaullistes alsaciens, ancien membre de cabinets ministériels, il est passé par l’UMP puis LR où il soutenait Alain Juppé en 2006. Ami de Franck Riester et Fabienne Keller, il est aujourd’hui membre d’AGIR, la droite constructive, ainsi que de LaREM. Il retient l’idée d’un travail invisible. « J’ai regroupé des motivations et bâti autour de moi un « shadow cabinet » qui a toute ma confiance. J’ai aussi un trésorier de campagne pour être prêt au moment du démarrage officiel de la campagne, mi-septembre. Je dévoilerai en temps utile la liste des gens qui sont à mes côtés et les Biarrots seront informés en toute transparence. »

« Macron s’intéresse beaucoup à Biarritz »

Quand on lui demande contre qui il imagine concourir, Jacques-André Schneck semble assez sûr de son fait : « J’ai plutôt le sentiment que Michel Veunac ne va pas se représenter. À mon sens, Guy Lafite ne rêve que de cela. Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture, LaREM et ex-PS de la Drôme suit de très près les affaires biarrotes. » Jacques-André Schneck revient sur la future campagne électorale : « La grande question est de savoir si les élections vont être très politisées ou pas trop. Je ne souhaite pas trop le premier cas (NDLR : qui impliquerait un parachutage du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume), car la gestion d’une ville n’a pas grand-chose à voir avec cela. Dans ma liste, toutes les sensibilités politiques peuvent être représentées, les critères principaux étant la motivation à servir le bien commun et la compétence. » Le futur candidat n’est pas dupe pour autant : « Il est clair que le président Macron s’intéresse beaucoup à Biarritz et que le candidat qui aura l’investiture LaREM a de fortes chances de l’emporter. Après avoir fait une première OPA sur le PS puis une autre sur LaREM, Lafite se voit tête de liste. On verra. »

« Didier Borotra et sa pâle copie Michel Veunac »

La première des quatre pages qui vont être distribuées aux Biarrots.

Avec un de ces petits sourires dont il a le secret, Jacques-André Schneck refuse de dévoiler le fond de sa pensée et préfère en arriver à son cheval de bataille favori : « Ma priorité des priorités sera l’éthique. Quelques soucis familiaux font que je ne suis pas très riche, mais je l’ai dit et redit, si je suis élu, je ne m’octroierai aucune indemnité de mandat puisque je bénéficie déjà d’une retraite ». Suite au navrant épisode François de Rugy, c’est Jacques-André qui se met à rugir : « Il faut réduire immédiatement la relation incestueuse entre argent et politique. C’en est fini de la gouvernance à la Rex Imperator façon Didier Borotra, et sa pâle copie Michel Veunac. » Agacé, il évoque nombre de dossiers traités par Bisque, Bisque, Basque ! qui montrent que Veunac ne laisse pas ses adjoints (en matière d’urbanisme particulièrement) libres de les traiter en toute sérénité… Quand il ne leur pique pas purement et simplement ! « Telle n’est en aucune façon ma conception de la délégation, car fonctionner ainsi, c’est garantir les plus mauvaises décisions et l’inefficacité. Mes mots clés sont la transparence et la consultation des Biarrots. Pour les enjeux les plus importants pour eux, je n’hésiterai jamais à faire un referendum local pour que les Biarrots soient consultés. Pour la plaine d’Aguilera par exemple, je proposerai trois projets pour que les Biarrots choisissent en connaissance de cause. Je viens de visiter un quartier à la pointe du modernisme environnemental et du développement durable à Hambourg et je ferai des propositions en ce sens aux citoyens ».

« Une charte éthique signée par tous les élus »

De la même façon, Jacques-André Schneck souhaite redonner des droits à l’opposition. « La campagne donnera des indications en matière de respect. En tout cas, je fais une promesse : nous ne médirons pas sur nos concurrents » Veunac compris ? « Lui, c’est le maire sortant, il est logique que nous évoquions son bilan. En ce qui concerne l’opposition, je n’exclus pas de confier un poste d’adjoint à l’un de ses membres pour que le débat soit enrichi. Je ferai aussi signer à tous les élus une charte d’éthique et je demanderai à tous ceux qui m’accompagneront de suivre des formations à l’éthique, à la prévention des risques pénaux et à l’expertise dans les domaines de leurs délégations ».

Avant de conclure, catégorique : « La gestion d’une ville est devenue très technique. Je préfèrerais consacrer 200 000 euros dans la formation des élus plutôt que de les gaspiller pour le festival Onda Carioca »

Voilà Cassel prévenu.

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