Élus ordinaires d’une ville ordinaire…

Le G7 nous prouve une fois de plus que la majorité ne marche vraiment pas au super (Chronique publiée dans Mediabask, le 8 août).

Les penseurs de la majorité sont déjà concentrés sur le mandat suivant. Ils sont tellement préoccupés des Biarrots qu’il serait vraiment dommage de se passer d’eux dans le futur.

Quand vous les croisez, ils vous expliquent qu’ils ont accepté un mandat par passion de la vie publique et sens exacerbé de l’intérêt général. Et si d’aventure, ils se représentent en 2020, c’est bien entendu parce qu’ils ont cédé à la pression affectueuse de leurs amis et non parce qu’ils y trouvent leur compte.

Imaginons maintenant une ville de la côte basque sur le point d’accueillir un grand sommet international. Le débat n’est pas de savoir si l’initiative est judicieuse ou non, même s’il y aurait beaucoup à dire sur le sujet. Mais dans une ville ordinaire, avec des élus ordinaires, chacun en fonction de sa délégation se préoccuperait de savoir comment les personnes âgées résidant en centre-ville vont pouvoir traverser cet événement sans trop de dommage. Quelques emplois jeunes, dûment badgés, sembleraient particulièrement indiqués, dans cette cité balnéaire où la moyenne d’âge flirte avec les soixante ans, pour recenser les esseulés et voir les menus services à leur rendre pendant le G7.

En effet, au vu des contraintes multipliées à plaisir par l’État pour la venue des grands de ce monde, il n’est pas du tout sûr que le ravitaillement et les tâches quotidiennes puissent se dérouler normalement. Un exemple parmi d’autres ? L’Agglomération annonce que pendant quinze jours, du 19 août au 2 septembre, toutes les poubelles situées dans la zone rouge de la Ville seront neutralisées et inutilisables et que les ordures ménagères devront être portées en zone bleue. À pied, puisque les voitures seront interdites. Sachant que les côtes sont raides à Biarritz, ils vont devenir musclés nos papis et mamies si pendant quinze jours ils doivent faire une grimpette quotidienne pour se délester de leurs déchets ! Et émaciés, puisqu’ils ne sont pas sûrs de pouvoir trouver à se ravitailler.

Évidemment, aucun de ces élus beaux parleurs n’a consacré une seconde de son temps si précieux pour imaginer un dispositif facilitant la vie des plus nécessiteux. On offre aux séquestrés le spectacle de Macron, Trump et Veunac paradant dans une ville déserte et ils oseraient se plaindre ! Un spectacle que les manants ne pourront d’ailleurs voir qu’à la télé puisqu’il sera interdit de se mettre aux fenêtres. Nos élus de la majorité à Biarritz, vous l’avez compris, ne sont pas ordinaires et ils n’ont pas de temps à consacrer à des tâches aussi triviales. Ils sont déjà tellement ivres d’eux-mêmes, tellement occupés à se demander s’ils réussiront à obtenir un selfie avec Macron ou une risette de Brigitte, qu’ils ne vont pas s’encombrer l’esprit avec des gens qui n’avaient qu’à se mettre au vert comme la majorité. Heureusement qu’un élu de l’opposition, même pas candidat en 2020, François Amigorena, a eu la bonne idée de créer une page Facebook « Entraide G7 » pour tenter de limiter les dégâts. Même s’il n’a pas les moyens de la majorité à sa disposition.

Car ainsi va désormais notre démocratie : pendant que certains festoieront au Palais, d’autres se contenteront de la série « Poubelle la vie ! »

G7 : le grand bazar a déjà commencé

30 minutes d’attente au minimum pour les nigauds qui ont répondu dès aujourd’hui à la convocation de la sous-préfecture. Pour s’entendre dire que les badges des habitants de l’hyper centre ne sont pas prêts.

Il est bien évident qu’un 1er août, il est beaucoup plus agréable de faire la queue dans un centre style assurances maladie, hôpital ou agence pour l’emploi, avec retrait d’un ticket et maigre espoir d’entendre enfin son numéro d’appel que de déambuler au bord de l’océan. Bons citoyens, décidés à faire preuve de civisme malgré les folies de leur maire cautionnant un G7 en plein mois d’août, les Biarrots ont donc répondu en nombre à la convocation qu’ils avaient reçue par mail de la sous-préfecture de Bayonne. Sauf que cette convocation était une vaste blague qui n’augure pas bien de ce que nous allons endurer dans les semaines à venir.

Quand votre tour de s’avancer vers le guichet disponible arrive enfin, la préposée s’étonne de ne pas trouver votre nom, appelle sa collègue puis sa supérieure hiérarchique. Et d’un seul coup tout s’éclaire. « Vous habitez l’hyper centre ? » Oui, sinon je ne serais pas là à perdre mon temps à cause des caprices des grands de ce monde. « Les badges ne sont pas encore prêts. Il y a encore des vérifications à faire. Ils ne le seront que dans quinze jours » Même les assurances maladie n’osent pas vous faire un coup comme cela ! Et quand vous vitupérez en vous demandant pourquoi dans ce cas-là la sous-préfecture vous a convoqué, tout le monde prend l’air gêné, regarde les mouches au plafond, avant de vous rétorquer cette remarquable réflexion : « C’est comme ça ! »

La sous-préfecture de Bayonne se moque du monde : rien n’indiquait dans le mail que certains Biarrots du centre-ville allaient se déplacer inutilement.

 

« Allô, Allô, Mouriscot ne répond plus »

À gauche, la tour métallique érigée derrière le collège Fal. À droite le camion avec parabole télescopique.

Un « C’est comme ça ! » que nous n’avons probablement pas fini d’entendre tout le mois d’août, tant il est évident que le grand bazar qui va nous pourrir l’existence pendant un mois est destiné à la satisfaction des plus grands au détriment des citoyens ordinaires. Le collège Fal va être le PC sécurité de l’événement pendant la durée du G7. Un peu surpris les riverains ont vu une tour métallique bardée d’antennes être érigée, sans que personne ne juge bon de leur donner la moindre explication. Depuis peu un camion doté d’une sorte de grande parabole téléscopique a pris place non loin de la tour métallique. Là non plus pas la moindre explication. Mais un constat que font les habitatns de ce quartier : les conversations téléphoniques par téléphone portable sont devenues depuis peu très aléatoires et il n’est pas rare de devoir s’y reprendre à quatre ou cinq reprises pour terminer un échange avec ses proches. Vrai ? Faux ? Bisque, Bisque, Basque ! n’ayant aucune compétence en matière de téléphonie se gardera bien de trancher mais déplore le mépris et l’indifférence dans lequel on tient la population.

Débrouille-toi avec tes ordures ménagères !

Et il y a plus fort encore ! Fort benoîtement, l’Agglo distribue à tout-va un tract dans lequel elle annonce que du 19 août au 2 septembre  (soit deux semaines tout de même) toutes les poubelles et containers à ordures seront neutralisés dans la zone rouge. Sachant que les personnes âgées sont majoritaires dans cette zone, et que si l’on part de la place Clemenceau il y a des côtes à avaler de tous côtés, on se demande comment vont faire nos seniors qui, si l’on en croit l’Agglo, n’auront qu’à les déposer en zone bleue. Ils vont devenir musclés nos pépés et mémés en portant leurs sacs poubelle !

Heureusement qu’un des opposants de cette ville, François Amigorena, a eu l’idée de créer une page Facebook « SOS G7 Biarritz », où les plus costauds se proposent d’aider les plus faibles à survivre en milieu hostile le temps du G7, car du côté de la majorité municipale il n’y a vraiment rien à espérer.

https://www.facebook.com/SOS.G7.Biarritz/

Vous imaginez ce que va donner un appartement surchauffé en cette période de fin du mois d’août, avec l’interdiction d’ouvrir ses volets le temps du G7 et quatorze jours de déchets ménagers empilés dans la cuisine en attendant la libération de la ville ?

Mais visiblement, le maire et ses adjoints ne considèrent pas qu’il entre dans leurs attributions de se soucier des Biarrots les plus démunis. La perspective de serrer la louche à Macron, de compter les rides de la première dame et de pouvoir détailler la mystérieuse coiffure de Trump, va amplement suffire à leur bonheur et ils ne vont pas en plus s’encombrer l’esprit avec des détails aussi triviaux que le bien-être des Biarrots nécessiteux.

En espérant que ce sera la dernière valse de tous ces petits roitelets locaux qui déshonorent la politique et qu’un grand coup de balai les attend en mars 2020.

 

C’est le festival Onda Cariocaisse !

Incapable de présenter à temps un budget prévisionnel pour l’édition 2019, le producteur de Vincent Cassel demande 200 000 euros à la Ville pour 2020 en évoquant «des frais d’annulation». Par ici, la monnaie !

La page de garde du document remis aux élus par Vincent Cassel et son producteur. On s’y croirait, même si ça fait cher le palmier.

Avec l’abnégation d’un voyageur de commerce cherchant à fourguer une encyclopédie en cinquante volumes à un illettré, notre pauvre maire débordé, quand il se fait mettre dehors par la porte, revient par la fenêtre et si elle est close, n’hésite pas à forcer un vélux ou à passer par le soupirail de la cave. En l’absence du moindre document écrit, les élus avaient réussi à faire annuler une subvention de 100 000 euros attribuées au festival « Onda Carioca » souhaité par Vincent Cassel, mais il en faudrait beaucoup plus que cela pour freiner les ardeurs people de notre Mimi-la-Malice. Mardi 15 juillet, il a donc remis le couvert en commission générale (une réunion à huis clos des élus) en présence de Vincent Cassel et de son producteur, un homme dont personne n’a retenu le nom mais qui, a laissé pour le moins perplexe ceux qui assistaient à cette commission générale.

Mise doublée pour 2020

Si Vincent Cassel éprouve une authentique passion pour le Brésil, il a sans doute dû roupiller sévère pendant les cours d’instruction civique pour s’être imaginé qu’un simple accord oral avec Michel Veunac lui permettait de lancer son festival sans que les élus ne valident sa demande de subvention. Retoqué faute d’avoir monté un dossier digne de ce nom, Cassel et son producteur sont donc revenus à la charge et, comme des joueurs malheureux au casino, ont doublé la mise en toute simplicité.

Avec Photoshop, rien de plus facile que de remplir de foule enthousiaste le Port vieux. Et pour la marée, on fait comment?

Pour réussir cet exploit peu commun, ils ont fait vibrer les petits cœurs de midinettes des élus en les abreuvant de noms ronflants, en les faisant rêver d’un Port-vieux noir de monde et en leur promettant d’innombrables émissions de télévisées sur le festival. Qui peut un an à l’avance être certain de sa couverture télé, même quand on s’appelle Cassel ? Mais l’esprit critique était assez peu de mise mardi soir, Cassel et son producteur remettant aux élus présents (plusieurs comme Nathalie Motsch ou Hervé Boissier étaient retenus par leurs obligations personnelles ou professionnelles) un dossier propre à séduire tout le monde. Ou presque !

Et puis, comme Cassel et son producteur sont de grands pudiques, c’est en regardant la pointe de leurs chaussures qu’ils ont demandé 200 000 euros de subvention, alors que la Ville ne leur en avait accordé que 100 000 il y a quelques mois avant de se rétracter.

Pas de chance pour eux, parmi les présents, se trouvait un chef d’entreprise François Amigorena, qui sait lire les budgets prévisionnels et qui s’est intéressé à une petite ligne fort discrète, rédigée en noir sur fond bleu pour qu’elle soit encore moins lisible :

Intitulée « Report à nouveau, suite à l’annulation de l’édition 2019 », cette ligne affiche tout de même un montant de 125 152 euros. Autrement dit, le producteur de Vincent Cassel, qui a été infoutu de présenter un dossier digne de ce nom pour obtenir une subvention, demande à la Ville de lui rembourser les frais qu’il a engagés pour 2019, alors qu’il n’avait pas le moindre lien contractuel avec Biarritz !

Seuls trois élus s’opposent

Une décontraction qui n’a semble-t-il pas ému plus que cela l’assistance puisqu’en dehors de François Amigorena, seuls trois élus se sont étonnés : Françoise Mimiague, Brigitte Pradier et Ghis Haye.

Le budget prévisionnel de l’événement : une petite plaisanterie à plus d’un million d’euros.

Et pour que le vaudeville soit complet, Veunac a profité d’une pause-pipi de son ennemi préféré, François Amigorena, pour faire voter vite fait les élus afin de savoir si on devait ou non continuer à travailler avec Cassel. En dehors des trois noms précédemment cités, personne n’a rien trouvé à y redire, Guillaume Barucq se fendant même d’un discours enthousiaste en faveur de ce projet.

Seul petit détail qui n’a visiblement ému personne, les commissions générales sont faites pour informer à huis clos les élus de dossiers où des informations commerciales ne peuvent être rendues publiques (il en avait été de même pour Aguilera et Pichet) mais les décisions et a fortiori les votes doivent être effectués en conseil municipal.

Deux conclusions s’imposent donc sur ce dossier « Onda Carioca » qui va encore faire couler beaucoup d’encre à l’avenir. Soit Veunac et Lafite, au bout de cinq ans de mandat, ne maîtrisent toujours pas les règles de la vie publique et dans ce cas-là il est urgent de ne pas les réélire, soit ils sont capables de toutes les fourberies et dans ce cas-là aussi il est indispensable de ne pas les réélire.

Ce qui leur laissera un peu de temps pour méditer le vieil adage : « Tout ce qui brille n’est pas d’or ! »

C’est celui qui le dit qui l’est

Veunac adore l’ambiance cour d’école pendant les conseils municipaux. Jeudi soir, l’homme qui a la réputation d’avoir toujours un temps de retard lorsqu’on lui explique quelque chose, s’est permis une réflexion totalement saugrenue à l’égard d’Édouard Chazouillères, cherchant à comprendre l’imbroglio autour de la villa Sion. Sans rire le moins du monde, celui qui déshonore le rôle de maire par des propos d’un tel niveau, a répondu aux questions totalement pertinentes de Chazouillères par un méprisant : « On ne peut pas faire coïncider nos projets avec le temps que vous mettez à les comprendre ».  Ce à quoi, Édouard Chazouillères, toujours aussi pince sans rire, a répondu : « C’est depuis que je vous ai quitté, Monsieur le maire ! ».

Quelques minutes plus tard, vexé d’avoir un temps de retard sur son seigneur et maître, le premier adjoint « La Faillite nous voilà ! », s’est donc senti obligé de surenchérir après une question de François Amigorena sur le commanditaire du sondage que subissent les Biarrots actuellement. Croyant les micros coupés et alors que tout le monde se levait, on a pu entendre alors un distinct : « Quel connard celui-là ! »

Comme disent les enfants de l’école primaire, « C’est celui qui le dit qui l’est ! »

Sur le sujet, voir les deux excellents articles de Mediabask :

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20190718/insultes-au-conseil-municipal-de-biarritz

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20190719/les-elus-de-biarritz-reagissent-aux-propos-insultants-de-guy-lafite

Et aussi un très bon décortiquage du budget prévisionnel par Jacques Saury dans « Biarritzmania » :

Onda Carioca

 

Les salades d’été de Mimi-la-malice

L’été, avec l’arrivée des touristes, est l’époque idéale pour des plats du jour un peu approximatifs. Visite dans les arrière-cuisines municipales. 

La spécialité culinaire favorite de Veunac : le fondant vanille-fraise.

Tous les maîtres-queux (regardez dans le dictionnaire avant de faire des interprétations hâtives !) vous le diront : quand un plat a du succès auprès du public, il ne faut surtout pas le supprimer de la carte. Il y a deux ans, Veunac avait tarabusté sa majorité pour la convaincre de s’offrir un petit sondage, histoire de mesurer la popularité de tel ou tel. Bien entendu, ce sondage « AB-SO-LU-MENT IN-DIS-PEN-SA-BLE ! » offert par les contribuables biarrots, n’était pas réalisé dans la perspective des élections municipales (Quelle vulgarité de croire cela !) mais pour mesurer l’efficacité des services. Les écuries de Bigueyrie, la villa Sion, l’hôtel du Palais et autres spécialités du chef Mimi ayant provisoirement relégué ce sondage au fond du congélateur, notre Veunac-rien-qu’à-nous-et-qu’on-mesure-la-chance-que-l’on-a, vient de le ressortir à l’improviste à quelques mois des élections municipales, si l’on en croit le journal Sud Ouest du 29 juin et les témoignages de nombreux Biarrots, surpris qu’on leur demande par téléphone ce qu’ils pensaient de tel ou tel élu.

Sud Ouest du 29 juin.

Évidemment, seuls les esprits chagrins, les rétifs à toute poésie culinaire qui préfèrent voir écrit sur la carte « Salade verte du jour » à « Délice de la limace » vont s’imaginer que ce sondage a une quelconque visée électorale alors qu’il est évident qu’il n’a été commandé que pour parachever la pluie de bienfaits qui s’abat sur les Biarrots depuis 2014. Et pour le prouver, notre marmiton à écharpe tricolore va s’empresser, lors du prochain conseil municipal prévu le 18 juillet prochain, de rendre public le coût de cette opération si ce sondage n’a pas été payé sur ses propres deniers (François Amigorena lui a déjà demandé par mail). Et en prime, puisque les contribuables biarrots ont probablement financé ce sondage, il pourra nous communiquer les cotes de popularité de chacun, histoire de nous faire passer un bon moment.  

Allo, L’Agglo, il y a quelqu’un ?

On le sait, le cuisinier municipal en chef adore le mois de juillet pour mitonner une de ces spécialités dont il a le secret. En 2018, il avait attendu le 30 juillet pour sortir du four, avec l’appui de cinq élus de l’opposition, le calamiteux projet de l’Hôtel du Palais et l’emporter par 18 voix contre 17. Cette année, les Biarrots trouveront à la carte du menu du 18 juillet « Désaffection et déclassement du domaine public de la villa Sion » et une « décision modificative de crédits n 2 : budget annexe Zone Aguilera ». Il aurait été plus simple de mettre à la carte « L’entrée du jour » et « La spécialité du chef » car nous en saurions tout autant ! Méfiance donc pour les quelques élus encore d’opposition qui devront arriver au conseil municipal en ayant en tête ce vieux proverbe « En juillet, toujours tu te feras rouler dans la farine par le chef cuisinier ».  Ce qui s’est déjà produit le 5 juin dernier.

Veunac a en effet servi aux élus une magnifique préparation de son cru à propos de l’aménagement d’Aguilera. C’est l’Agglo qui lui aurait conseillé de faire une procédure Mecdu unique pour la construction des logements et l’aménagement de l’enceinte sportive. Seul bémol à cette belle histoire, selon des sources bien informées, Michel Veunac dont les rapports avec l’Agglo sont exécrables (il était encore absent lors du dernier conseil communautaire du 6 juillet) n’aurait jamais pris conseil auprès de personne. Quoi de plus simple dans ces cas-là pour un journaliste que de poser la question à cette communauté publique ? Ce qu’a fait Bisque, Bisque Basque ! dès le 7 juin, avec des demandes à ne pas effaroucher un enfant de 7 ans.

Mais il faut croire décidément que rien n’est simple dans cette Agglo qui se refuse à toute publicité des débats et qui maîtrise à l’évidence l’art de botter en touche. Après de multiples relances, j’ai fini par obtenir le 28 juin un mail laconique de l’attachée de presse m’indiquant « Sur le dossier d’Aguilera, il appartient au Maire de Biarritz de s’exprimer et non aux services de l’Agglomération ».

Une réponse inadmissible qui montre bien que l’Agglo est pour le moment l’Agglo des élites et non l’Agglo de tous et que les élus, même s’ils se détestent entre eux, se tiennent encore et toujours par la barbichette. Mais nul doute que Veunac, s’il a véritablement demandé conseil à l’Agglo, se fera un plaisir de fournir les preuves écrites de ses démarches.

Brisson ferait bien de se méfier

(Photo Sud Ouest

Et l’on en arrive au sujet qui passionne actuellement tous les Biarrots : Veunac va-t-il annoncer qu’il se représente en septembre après son calamiteux premier mandat qui a vu presque tous ses adjoints partir dans l’opposition ? Max Brisson, qui suit de très près les affaires biarrotes, affirme à tout va que Veunac est « épuisé » et ne se représentera pas en septembre. Les photos d’un Veunac, 73 ans tout de même, livide aux côtés de Christophe Castaner pourraient donner quelque consistance à cette thèse. D’autant plus qu’un autre Biarrot célèbre, exilé à Arbonne, s’agite beaucoup pour compliquer la vie de son successeur. Didier Borotra appelle régulièrement son grand ami François Bayrou, celui même qui a engagé à l’insu de son plein gré Sophie Borotra comme directrice des halles de Pau, pour le convaincre que le MoDem ne doit pas donner l’investiture à ce maire catastrophique. Mais malgré ce défavorable alignement de planètes, Max Brisson, qui s’est déjà fait avoir en 2014 en n’imaginant pas que Veunac puisse le battre, ferait bien de se méfier.

Veunac, un chef qui goûte sa propre cuisine.

Quelqu’un pouvait-il imaginer Paul Bocuse renoncer à cuisiner avant que la mort ne l’emporte ? Le pouvoir est une drogue dure et, même si Veunac se laisse parfois aller à dire qu’il ne va pas se représenter histoire que ses proches courtisans lui affirment qu’il est indispensable, il est bien évident que l’animal politique qui dirige la Ville, pour peu que le G7 se déroule sans trop de casse, va se requinquer et annoncer qu’il repart de plus belle. En effet, Veunac affirme à ses proches n’avoir aucun doute sur sa réélection face à une opposition totalement morcelée.

Tous les propriétaires de gargotes à touristes le savent : la rédaction de la carte est bien plus importante pour décider le visiteur à franchir la porte de l’établissement que ce qui est servi dans l’assiette. Avec le marmiton Veunac et ses pas très appétissants brouets présentés à chaque conseil on peut donc craindre le pire. Franchement, vous avez envie d’en reprendre pour six ans ?

« L’idée de repartir six ans avec Veunac est terrifiante »

Inéligible pour trois ans, François Amigorena a retrouvé une parole (encore plus) libre.  Attention, ça décoiffe !

François Amigorena n’est pas près d’oublier le 7 septembre 2018. Levé tôt comme à son habitude, le chef d’entreprise consulte ses mails et se réjouit de voir qu’il a enfin la réponse qu’il attendait du conseil constitutionnel. Quelques mois auparavant, alors que nous nous étions croisés dans la rue, il avait évoqué la jeune association de moralisation de la vie publique RamDam 64-40 et « une anecdote susceptible de l’intéresser ». Après quatre jours de campagne aux législatives avant de retirer sa candidature, François Amigorena avait été agréablement surpris de voir qu’on lui demande ses comptes de campagne : « Comme quoi l’État veille plus qu’on ne l’imagine sur l’argent versé aux candidats ». C’est dire si l’homme était serein et s’il a été stupéfait en se découvrant soudain devenu inéligible pendant trois ans. « J’ai pris un sacré coup de massue derrière les oreilles ! » Quand on s’étonne d’une condamnation plus sévère pour un simple carnet à souches non rempli et donc jeté à la poubelle que celle d’Alain Juppé pour des emplois fictifs, François Amigorena interrompt immédiatement la tirade, « ça ne sert à rien de se révolter contre la réalité ».  Il estime pourtant avoir eu « une vraie opportunité de gagner en 2020. Honnêtement, je crois que j’avais mes chances ».

« Le G7 peut faire tomber Veunac »

Difficile, alors qu’il vient de publier sur son blog un article très documenté sur les « aberrations du G7 » de ne pas évoquer cet événement de fin août : « Je pense que le G7 peut aider à faire tomber Veunac, dans la mesure où les Biarrots sauront que c’est lui qui a accepté l’organisation de ce sommet au pire moment de l’année, au mépris des acteurs économiques et des habitants de notre ville ».

https://www.amigorena.fr/actualites/g7-a-biarritz-4-aberrations-au-sommet/

François Amigorena a bien noté que Veunac a affirmé qu’il se déclarerait candidat en septembre, c’est-à-dire juste après cet événement majeur.  Et s’il décidait qu’à 74 ans, il est plus que temps de s’occuper de ses petits-enfants ? « Si Veunac n’y va pas, l’hypothèse Lafite devient plausible. » Énorme soupir de l’intéressé qui a visiblement beaucoup à dire sur le grand argentier de la ville : « Lafite n’a aucune chance. Il est discrédité dans son propre camp et n’a pas de réservoir de voix » Les souvenirs ressurgissent : « Son attitude au moment du choix de Four Seasons a été lamentable. Contrairement à Veunac, il avait les compétences qui lui permettent de comprendre mais il s’est abstenu car il n’avait pas le cran de s’opposer au maire » ; Amigorena et Lafite se connaissent depuis 2007 : « J’ai eu une première existence politique de 1995 à 2001 puisque j’étais conseiller municipal délégué au numérique, à Strasbourg, ville gérée alors par Catherine Trautmann. Mais le Pays basque où j’avais passé toute mon enfance me manquait et j’ai acheté une maison ici en 1999, avant de m’installer définitivement à partir de 2001. Pour moi la page politique était tournée, Mais Jean Jaccachoury, un copain d’enfance, m’a convaincu de faire un mandat de 2008 à 2014 à Bidart comme conseiller municipal délégué au budget. C’est ainsi que j’ai rencontré Guy Lafite dans le cadre de discussions sur l’agglo. Je ne le connaissais pas et je me suis senti en phase avec lui… J’ai vite changé d’avis ».

« Débarrasser Biarritz de cette clique »

Allô? Allô, Michel… Tu m’entends?

François Amigorena tient à souligner qu’il ne s’est pas livré à une opposition pour l’opposition. C’est parce qu’il était effaré par ce qu’il voyait qu’il a tenté de sauver les meubles municipaux. « Contrairement à d’autres élus locaux, j’ai des points de comparaison avec Strasbourg et Bidart. Je n’ai jamais vu ce que j’ai vu ici ».

L’ancien adjoint chargé du tourisme et du numérique concède qu’il y avait des talents dans la liste présentée par Veunac au soir du second tour, « mais il n’y avait aucune marge de manœuvre pour que les talents puissent s’exprimer. On a pu le vérifier à plusieurs reprises, les délégations n’en avaient que le nom. Dès ma nomination, j’ai été surpris par le niveau des questions que posait Veunac. Et j’ai vite découvert ses méthodes. Pendant l’été 2014, il avait créé un groupe de travail chargé de réfléchir au devenir de l’Hôtel du Palais et, alors que j’avais en charge le tourisme, l’économie et le numérique, il n’avait pas prévu que je participe aux discussions … »

Mais la question qui intéresse tous les Biarrots est de savoir s’il va aider un des candidats lors des élections municipales de 2020. « J’observe et je réfléchis car je veux rester crédible. Je ne vais pas soutenir tel ou telle sans connaître dans le détail leurs équipes et leurs projets. On verra le moment venu ». Il a parfois le sentiment d’un certain « carnaval » de l’opposition mais espère que tout le monde va finir par comprendre qu’il est nécessaire de s’unir face à Veunac. C’est par Barucq qu’il est actuellement le plus gêné : « Guillaume aurait dû quitter la majorité il y a longtemps. Son attitude est encore plus incohérente maintenant qu’il est candidat ».

François Amigorena est convaincu qu’il y a urgence à mobiliser les électeurs après ce mandat catastrophique : « Le plus important, c’est de débarrasser Biarritz de cette clique ».  Et, pour le cas où l’on ne l’aurait pas bien suivi, il précise sa pensée : « Si une majorité de Biarrots était correctement informée de ce qui se passe vraiment à la mairie, Veunac devrait être battu, même si on le voit à la télé serrer la main de Macron. L’idée que l’on puisse repartir six ans avec ce mec-là est terrifiante. »

Et comme François Amigorena n’est jamais avare d’un bon mot, il conclut : « Tu connais la devise de Biarritz ? « J’ai pour moi les vents, les astres et la mer ». Depuis 2014, la nouvelle devise de la Ville est : « Avec Veunac, nous avons le décevant, le désastre et l’amer ».

Pas de doute, si François Amigorena est un jour élu maire de la ville, nous n’aurons plus droit à ces phrases creuses qui sont les fondations de la pensée veunacienne. Vous croyez qu’on va les regretter ?

 

Recours contre le Palais : affaire à suivre

Très déconcerté par le jugement rendu par le tribunal administratif de Pau, François Amigorena a décidé de faire appel. Ci-dessous, le communiqué envoyé à la presse. 

Chazouillères, belle gueule et ironie mordante

Courtois et pondéré, l’ancien adjoint au commerce manifeste beaucoup de talent pour les petites phrases et estime que « Veunac fait le mandat de trop ».

Le rendez-vous, pris au Royalty, tient un peu de retrouvailles entre adversaires de rugby qui partagent une bière après s’être sérieusement chamaillés pendant le match. En 2014, alors qu’il était le directeur de campagne de Michel Veunac, Édouard Chazouillères avait lancé, au détour d’une conversation « off » avec un journaliste, à propos de ceux qu’il pensait « monter une affaire » contre son candidat, « ils finiront, comme disait l’autre, sur un croc de boucher » en référence aux propos privés rapporté de Sarkozy à l’endroit des instigateurs de l’affaire Clearstream ». Déjà la dent dure ! Il reconnaît un propos malheureux, une envolée bravache, une imprudence, bref un écart de jeunesse. Depuis, alors que nous ne nous connaissions pas, nous nous sommes parlés… et appréciés, car Édouard Chazouillères est très politique et réfléchi.

Le jour de sa démission de son poste d’adjoint.

Visiblement l’ancien adjoint, malgré sa démission de son poste au commerce, a marqué les esprits, car les électeurs locaux demandent souvent de ses nouvelles ou s’interrogent sur ses intentions en 2020. « Je ne suis pas très surpris que les Biarrots se retrouvent dans mes préoccupations actuelles. Le rôle que je me suis fixé depuis ma démission et ce, jusqu’à la fin du mandat, est d’être, avec d’autres, dans une vigilance totale vis-à-vis des décisions mauvaises voire litigieuses du maire. 
Ceci dit, repérer, dénoncer et rattraper les bêtises de Veunac, cela devient un job à plein temps ! ». On l’a vu récemment avec son action pour obtenir l’annulation in extremis de la subvention de 100.000€ au festival brésilien de Vincent Cassel Onda Carioca.

La conversation roule sur la liste élaborée par le futur maire au soir du premier tour de 2014 et sur les nombreux talents qu’elle recelait, talents qui ont tous à un moment ou l’autre décidé de démissionner de leurs fonctions. « Le bon manager, c’est celui qui recrute des meilleurs que lui et qui n’en a pas peur ». Michel, pourquoi tu tousses ?

Depuis sa démission, Chazouillères affirme que ses rapports avec le maire confinent au « néant absolu » et ajoute « qu’ils étaient déjà proches de zéro avant sa démission ! » Curieusement, Michel Poueyts qui lui a succédé au commerce ne l’a jamais contacté sur le moindre dossier. Parce qu’il est omniscient ou parce qu’il ne fait rien ?

« Il faut établir des règles saines »

 Chazouillères ne veut pas épiloguer estimant que « comme c’est, hélas, souvent le cas chez les maires – Veunac fait le mandat de trop », ce qui est particulièrement cruel si l’on se souvient que Veunac en est à son premier mandat de maire. Quant aux rares élus qui suivent inconditionnellement le maire, ils ne trouvent pas plus grâce à ses yeux : « Tous les élus, non démissionnaires, issus de la majorité sont solidaires du maire et comptables de son bilan et par conséquent, étant donné la médiocrité de ce mandat, aucun élu sortant ne dispose, à mes yeux, de la légitimité pour prétendre à la fonction de Maire en 2020. »

On ne saurait être plus clair. Édouard Chazouillères veut se projeter au-delà de 2020 : « Je n’ai aucun regret sur ce qui s’est passé. Je vais travailler pour que le ou la future maire soit l’antithèse de ce qu’a été Veunac. Il faut que l’élection de 2020 permette de changer totalement le système. Changer le système pour remettre le citoyen au cœur de tout. »

Soudain passionné, l’ex-adjoint énumère tout ce qu’il faut changer : « Contrairement à ce qui se passe dans ce mandat, il faut établir des règles saines de respect de l’argent public, des lois, des citoyens, des élus et des salariés de la mairie » La démonstration se poursuit : « En France, le maire est le dernier élu à bénéficier encore de la confiance des citoyens. C’est extrêmement important qu’il participe, par son action, à préserver l’espoir que les citoyens croient encore en la politique et en leurs élus. Or on constate que très souvent le maire utilise les failles de la loi, des réglementations et des procédures, obligeant les services de la mairie à « tordre » ces règles, pour imposer ses vues politiques et ses choix personnels ». A la question « mais vous ne croyez pas que tous les maires font un peu cela ? », Chazouillères répond « si des maires le font c’est fort dommage ! Car je crois foncièrement qu’un élu, et qu’un maire en particulier, doit scrupuleusement garantir la bonne application des procédures et des lois ; sinon on accroît la crise du politique et les citoyens finiront par ne plus croire en personne. Regardez l’exemple de l’attribution de la subvention à Onda Carioca dans l’irrespect total des procédures pourtant imposées à l’ensemble des associations de la ville ; c’est l’iniquité totale, résultat les dirigeants d’association sont en colère et n’ont plus ni confiance ni respect pour la mairie. »

Clairement visés, les dossiers du Palais mais aussi d’Aguilera, « le plus gros échec de la mandature ! Cinq ans que ça devait avancer et ça n’a pas bougé d’un pouce ! ». L’embarras du maire face au projet porté par Jean-Baptiste Aldigé et le promoteur Pichet ne le surprend pas : « Quand un maire n’avance pas, qu’il ne fait pas émerger de projets, un investisseur, lui, avance avec son projet, projet qui est du coup subi et qui ne correspond pas tout à fait à ce que le maire aurait imaginé ». Sur la conduite de ce dossier, l’élu n’a pas le moindre doute : « La gestion du foncier public relève de la compétence de la Ville. Le projet doit être retravaillé avec le porteur de projet sous la direction de la Ville et en respectant les règles qui régissent la vie publique.» Voilà qui est clair.  

« Oui, je soutiendrai un ou une candidate »

 Avec des idées aussi précises, est-ce une future tête de liste pour 2020 qui parle ? Édouard Chazouillères réfute catégoriquement l’hypothèse, car «  mes priorités sont familiales et professionnelles ». Passionné de vie publique, Édouard Chazouillères ne s’imagine pourtant pas sans mandat : « Oui, je serai derrière un ou une candidate, je discute en ce moment avec les prétendants ». Une façon de faire monter les enchères ? L’hypothèse est balayée d’un revers de main et, sans complexe aucun, l’ancien adjoint détaille les qualités et défauts de chacune des supposées têtes de liste.

« Nathalie Motsch ? J’apprécie son esprit critique. Je lui reconnais un certain talent et le sens de la communication, quand elle n’en fait pas trop… Je goûte moins le rôle qu’elle tente de jouer depuis quelques temps de critiqueur en chef avec beaucoup d’effets de manches ; c’est un peu le nouveau Saint-Cricq…en jupon !» Bien évidemment, le Saint-Cricq évoqué est celui qui s’est opposé pendant quatorze ans aux maires de Biarritz et non celui qui vient piteusement de se rallier à Veunac.

Le défilé continue : « Guillaume Barucq ? J’aime sa fraîcheur, son côté rêveur, son écoute, sa simplicité. En politique, il en faut. Il faudra clarifier quelques points pour travailler ensemble. » Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes des Bisounours ? « J’aime le Guillaume habituellement anticonformiste. J’aime moins celui qui met un costume et une cravate pour accueillir Macron ! 

 Reste Maïder dont la rumeur le dit très proche : « Maïder Arosteguy ? J’apprécie sa personnalité, son relationnel, sa grande qualité d’écoute et notamment sa capacité à prendre l’avis des uns et des autres et d’entendre des positions parfois très opposées à la sienne avant de décider. Elle connaît par cœur Biarritz et pour les électeurs, s’appeler Barucq ou Arosteguy ça compte».

Édouard évoque aussi François Amigorena: « C’est un talent et nous avons eu  une certaine complicité depuis le début du mandat. Les Biarrots ne savent pas par exemple que nous sommes à l’origine tous les deux de la mise en ligne des conseils municipaux, en ayant, dans la lancée de la campagne, contacté un prestataire de service alors que Veunac y était dans un premier temps opposé, nous lançant un « Hors de question ! » et souhaitait que la décision (de ne pas diffuser les conseils) passe par le service communication ; avant de s’y résoudre sous notre insistance appuyée par d’autres collègues élus.». Les Biarrots, qui ont pu mesurer sur Internet l’étendue du désastre à chaque conseil, seront donc éternellement reconnaissants aux deux larrons d’avoir réussi à obtenir la publicité des débats.

Édouard Chazouillères poursuit une réflexion en solitaire avant de décider qui il va suivre.

En attendant 2026 et un duel qui pourrait, entre autres, opposer Édouard à François, est-ce qu’un front commun des opposants à Veunac et Lafite ne serait pas dans l’immédiat la solution pour ne pas subir le duo infernal six ans de plus ? Chazouillères lève les yeux au ciel, un peu résigné. Comme Bisque, Bisque, Basque !, il vient d’apprendre que Guillaume Barucq va annoncer sa candidature en juin et qu’il ira seul car il veut voir ce qu’il pèse politiquement.

« Pour avoir une chance de vaincre, il faudra s’allier au soir du premier tour mais il faudra travailler les choses en amont et surtout se respecter pendant la campagne. Chacun va vivre sa vie et présenter son projet, ce qui n’est pas inintéressant ».

 Édouard Chazouillères évoque les élections de Hollande ou de Macron et estime que les surprises sont nombreuses en politique. Pour lui, rien n’est encore joué pour 2020, le G7, suivant qu’il se déroule bien ou mal, pouvant considérablement changer la donne. Alors qu’il n’est plus membre d’aucun parti, l’ancien adjoint reste passionné par la chose publique : « Mon engagement politique, je le vois au niveau local et sur la durée. Je n’ai pas d’ambition particulière, je n’ai pas de plan de carrière – c’est ce que je combats en politique – mais si je peux être utile, je m’impliquerai. À quel poste, je n’en sais rien, mais ce que je veux éviter, c’est que les mauvais ne l’emportent ! »

Vaste programme, comme aurait dit De Gaulle !

Honteux moqué contre honteux adulé

Quand Vincent Bru ne se souvient plus de son appartenance au MoDem, La Semaine se moque. Quand Veunac est dans le même cas, silence radio.

La Semaine du Pays basque du 10 mai.

On le sait tous, la vie dans les rédactions n’est pas un long fleuve tranquille. Il suffit de feuilleter La Semaine du Pays basque du 10 mai pour vite ressentir comme un léger décalage rédactionnel entre la sémillante Marquise de Vérité et le propriétaire-directeur de la rédaction Jean-Philippe Ségot. L’impertinente Marquise dans sa désopilante rubrique hebdomadaire épingle cette fois-ci le député Vincent Bru et son goût immodéré pour les médias. Après une apparition remarquée aux côtés d’une serveuse dans une rubrique que l’on aurait pu intituler « Ouin-Ouin découvre le monde du travail », notre député local vient de se commettre dans une émission de France 3 intitulée « 20 heures, le rattrapage » dans laquelle la présentatrice l’annonce comme « député en Marche », ce que l’ex-maire de Cambo se garde bien de démentir. La timidité, sans doute.

Une timidité fort peu goûtée par la Marquise de Vérité qui, dans un article intitulé « La p’tite culotte à Bru » (Achetez le journal et vous saurez pourquoi !) se moque des pudeurs de vierge effarouchée de notre député et s’interroge : « Est-ce que brusquement être député MoDem, cela fait moins chic que d’être qualifié par une présentatrice à la télé de député En Marche ? Ou Tonton Bayrou sent-il le pâté pas frais ? »

Veunac ne sent pas le pâté

Ce n’est pas le chroniqueur politique Jean-Philippe Ségot qui se permettrait de comparer Michel Veunac, malgré son âge canonique, à un « pâté pas frais ». Dans une interview de deux pages où les questions les plus incisives se succèdent et où l’on craint pour la santé mentale de Mimi-la-Malice tellement il est malmené, le directeur de la rédaction de La Semaine attaque le maire septuagénaire avec une délectable férocité : « Il semblerait qu’au cours de plusieurs réunions liées au G7 vous ayez fait preuve d’un certain caractère et de fermeté. Le maire de Biarritz refuse-t-il qu’on lui impose certaines choses ? ». Avant d’enchaîner avec cette autre question qui en aurait ébranlé plus d’un : « L’un de vos adversaires les plus acharnés, Jean-Benoît Saint-Cricq, dit clairement que le bilan financier de la Ville est fort satisfaisant ». C’est ballot, mais Bisque, Bisque, Basque ! avait tendance à comparer la fermeté de Veunac à celle d’un fromage blanc du jour et s’était persuadé, comme bien d’autres Biarrots qui ne doivent rien comprendre à la vie publique, que Saint-Cricq était devenu depuis un an le plus fidèle encensoir de Veunac.

Heureusement, l’homme remarquable qui dirige Biarritz et qui est connu pour sa fermeté et son esprit de décision a réponse à tout et peut faire montre une fois de plus de son immense talent. Charitable, il concède quelques « contraintes et embarras » de deux ou trois jours pour les Biarrots mais promet en contrepartie une pluie de bienfaits. Les maires de la communauté d’Agglomérations du Pays basque sont furieux que le maire de Biarritz, accessoirement vice-président de l’Agglo ait joué perso dans l’affaire du G7 en ne prévenant personne mais Veunac explique qu’il a toujours été collectif et que tout le Pays Basque bénéficiera de l’événement. Effectivement, le contre-sommet et les violences des blacks-blocs seront probablement pour d’autres villes que Biarritz. Veunac offre aux maires locaux des animations gratuites pendant l’été et ils se plaignent !

Retournements de vestes à tous les étages

Veunac enchaîne en affirmant que les travaux au Palais sont une réussite totale et affirme que la liste dont il se sent proche pour les futures européennes est la liste « Renaissance » de la République en marche. Pas une fois, il n’évoque en deux pages son appartenance au Modem (On a honte ?) mais par chance il n’a pas La Marquise de Vérité en face de lui et peut donc continuer à nous embobiner dans les grandes largeurs. Avec ce petit coup de patte au passage pour « les réseaux sociaux qui contribuent à démanteler et hystériser la vie publique et où chacun peut célébrer son ego » Pas de doute, si Amigorena, Chazouillères, Motsch, Lannevère ont successivement démissionné, si la majorité actuelle ressemble à une pétaudière comme il est rare d’en rencontrer, c’est la faute des blogs locaux et ce n’est dû en aucun cas à l’absence de talent du duo Veunac-Lafite (Encore un, qui a rallié en douce la République en Marche sans même daigner en informer ses électeurs qui s’imaginent qu’il est toujours à gauche !)

Qu’on ne s’y trompe pas, malgré ces coups de becs amicaux, La Semaine est un hebdomadaire que j’adore pour de multiples raisons : le directeur même s’il a la plume sélective a du talent, les politiques ont de la place pour s’exprimer, et surtout on trouve chaque semaine ou presque un vrai bonheur de lecture, que ce soit la lettre de La Marquise de Vérité, une chronique ou un article local. Mais qu’est-ce que j’aimerais que la sagace Marquise de Vérité consacre une de ses prochaines lettres à Jean-Philippe Ségot ! Peut-être que le « petit bolchévique enragé » que je suis selon les dires de La Marquise, comprendrait enfin comment le fervent partisan de Max Brisson jusqu’en 2014 est soudain devenu Veunacophile militant.  

Après tout, comme nous le prouvent Veunac, Lafite et Bru, le retournement de veste en politique s’élève parfois au rang d’œuvre d’art.