Bayrou engage Sophie à l’insu de son plein gré

Pour Jean-Paul Brin, adjoint du maire de Pau, ce sont les services qui voulaient l’engagement de Sophie Borotra. François Bayrou n’aurait appris ce recrutement qu’après coup.

La Marquise de Vérité, avec la complicité du dessinateur Olivier Ruiz raconte « Les malheurs de Sophie » dans La Semaine du Pays basque datée du 20 avril.

 C’est une étrange maladie qui frappe nos élus des Pyrénées-Atlantiques et le ministère de la Santé ferait bien de se pencher sur la question avant que l’épidémie ne gagne tout le pays. Ils dirigent, ils prennent des décisions, mais il ne se savent pas, ne se souviennent pas ou découvrent à retardement ce que les citoyens ordinaires ont compris depuis longtemps. Président de la DSPL Halles & République, et donc supérieur hiérarchique de la directrice générale Sophie Borotra, Jean-Paul Brin a accordé à Bisque, Bisque, Basque ! un entretien téléphonique qui s’est terminé de façon un peu musclée.

Monsieur Brin, n’auriez-vous pas, lorsque vous étiez avocat, défendu Didier Borotra et les intérêts de la ville de Biarritz ?

J’ai peut-être défendu la Ville de Biarritz, il y a vingt ans. Mais je ne suis pas sûr de mon fait, il faudrait que je cherche dans mes archives…

(Cherchez, maître, vous y trouverez certainement la confirmation des faits). Jean-Paul Brin enchaîne : « Je vois que cette question n’est pas neutre. Pour votre gouverne, sachez qu’il y a douze à quinze ans que je n’ai pas croisé Didier Borotra » (Et probablement que les liaisons téléphoniques entre Pau et Biarritz ne fonctionnent pas !)

Venons en au recrutement de Sophie Borotra comme directrice générale des halles de Pau…

C’est une affaire d’une banalité absolue. Les commerçants locaux avaient besoin d’une assistance de maîtrise d’ouvrage. Sophie Borotra les a tous conquis, alors que nous avions beaucoup de soucis avec la société AO conseil de Monsieur Casamayou.

Ce n’est vraiment pas ce que disent les commerçants locaux.

C’est faux. Nous avons lancé un premier appel à candidature et avons reçu 40 candidatures. Personne ne faisait vraiment l’affaire. Nous avons donc procédé à un deuxième appel et cette fois Sophie Borotra a postulé.

Alternatives Pyrénées semble penser que ce poste, avec la présence de Philippe Sinapian à la mairie, n’a pas de raison d’être.

– (Jean-Paul Brin monte dans les tours) Bien sûr, si vous lisez n’importe quoi ! (Merci pour les confrères !) C’est un équipement totalement nouveau où nous avons besoin des compétences de Sophie Borotra. L’appel à candidature s’est fait en dehors de nous. Ce sont les services qui ont voulu Sophie Borotra. François Bayrou n’a appris son recrutement qu’une fois qu’il a été effectué.

Au tour de Bisque, Bisque, Basque ! de se montrer sarcastique :

Sophie Borotra est décidément poursuivie par la malchance. Elle est engagée à la Cité de l’Océan, mais son père ne l’a su qu’après et, selon ses dires au tribunal « en a été très contrarié », et maintenant vous engagez à Pau la fille de Didier Borotra et vous voulez me faire croire que personne n’en a touché un mot à François Bayrou ? Qui peut gober cela en 2018 ?

– (Se rendant compte, qu’il est allé trop loin, Jean-Paul Brin appuie sur le frein) Quand nous avons signé un appel d’offres avec AO conseil, nous ne savions pas que Sophie Borotra faisait partie de cette société.

Mais bien sûr, puisque la première année Pascal Casamayou a exercé seul pour la plus grande satisfaction de tous.

– (Jean-Paul Brin explose de colère) Mais qu’est-ce que vous voulez ? Que Sophie Borotra ne puisse plus travailler nulle part dans l’hexagone ? (Et il raccroche le téléphone furieux)

Bisque, Bisque, Basque ! va donc se faire un plaisir de répondre au colérique adjoint qui devrait apprendre à maîtriser un brin ses nerfs. On peut être « fils ou fille de » et être parfaitement légitime à un poste à responsabilité. Mais par respect pour les six millions de Français au chômage qui galèrent pour retrouver un travail, on se doit de disputer la compétition à la loyale. Lorsque Sophie Borotra a déroulé son parcours universitaire et professionnel devant le tribunal correctionnel de Bayonne, les juges et le procureur se sont étonnés de la minceur du bagage. Savoir qu’elle a devancé quarante candidats possibles laisse rêveur. D’autant plus que son curriculum vitae semble à géométrie variable selon qu’elle le présente au tribunal ou à la mairie de Pau. Mais après tout, on n’est qu’à quarante-cinq kilomètres de Lourdes, la ville des miracles permanents.

Dartigolles demande un conseil municipal extraordinaire

Opposant communiste à François Bayrou, Olivier Dartigolles est un client assidu des halles de Pau. Et, hasard absolu, ses informations sur la grogne des commerçants face à l’arrogance de Sophie Borotra recoupent exactement celles de Bisque, Bisque, Basque ! Il demande donc, par l’intermédiaire de sa page Facebook, la tenue d’un conseil municipal extraordinaire entièrement consacré au recrutement de Sophie Borotra. Nul doute que le chevalier blanc de la moralisation de la vie publique qu’a été François Bayrou pendant les présidentielles de 2017, va se faire un plaisir d’accepter.

Une sinécure sur mesure pour Sophie ?

Sophie Borotra n’avait ni bac +5 ni « expérience professionnelle équivalente » comme demandé dans l’appel à candidature. Elle est pourtant devenue directrice des halles de Pau.

Un appel à candidatures avait été lancé pour le poste de directeur des halles de Pau. Sophie Borotra est bac +2 et n’a guère d’expérience. Il était donc logique qu’elle devance les 40 autres candidats.

Jusqu’à preuve du contraire l’océan ne vient pas lécher la ville de Pau, ce qui n’empêche pas l’équipe municipale en place de maîtriser toutes les techniques de la plongée et des paliers de décompression. Quand on n’a pas exercé pendant une décennie, il pourrait être délicat pour un salarié de se remettre brutalement à un travail à plein temps. Mais que ceux qui craignent pour la santé de la nouvelle directrice des halles Sophie Borotra se rassurent. Selon les commerçants des halles, « si ce poste l’occupe une demie heure par jour, ce sera le bout du monde ». Un peu comme celui de la Cité de l’Océan ?

C’est d’ailleurs exactement ce qu’affirme l’excellent blog Alternatives Pyrénées dans son article : « Directeur des halles : un poste injustifié »

https://alternatives-pyrenees.com/2018/04/18/directeur-des-halles-de-pau-un-poste-injustifie/

Réécrivant « Les malheurs de Sophie », version 2018, les impertinents déchaînés palois se sont procurés l’appel à candidature qui avait été émis à l’époque. Sophie Borotra ne correspondait guère au profil souhaité. C’est pourtant elle qui a décroché la timbale avec ce job à 45 à 50 000 euros annuels.

L’explication réside peut-être dans l’évocation d’un nouveau protagoniste de cet interminable feuilleton, Philippe Sinapian. Une pointure avec un CV long comme le bras, école polytechnique et parcours d’ingénieur de haut niveau. Avant d’intégrer la fonction territoriale, au poste de directeur de l’attractivité et du développement économique, Philippe Sinapian avait supervisé l’aménagement de la grande surface Carrefour à Lescars. Pour un polytechnicien comme lui, ce qui reste à faire aux halles de Pau est donc l’équivalent de la résolution d’un sudoku de niveau 1

Selon Alternatives Pyrénées, le partage des tâches va être très simple : les honneurs, la représentation et la présence symbolique pour Sophie, les vrais problèmes à régler pour Philippe.

De quoi vous réconcilier avec le monde du travail que Sophie n’avait jusqu’alors qu’entraperçu ! Sauf que les blogueurs palois ont raison de se demander si la création de cette paisible sinécure à 4 000 euros par mois est vraiment justifiée. Sauf que les contribuables palois risquent de l’avoir un peu mauvaise, à deux ans des élections municipales, en découvrant comment on utilise leur argent… Le Tour de France va bientôt traverser les Pyrénées-Atlantiques. À quand le rétropédalage de Bayrou et son équipe ?  

La véritable histoire de Sophie B.

Pour nommer Sophie Borotra directrice des halles de Pau, François Bayrou s’est livré à quelques acrobaties assez éloignées de la moralisation de la vie publique qu’il défend.

L’article de Sud Ouest a fait sourire jaune les commerçants de Pau.

Ce commerçant palois, croisé samedi matin aux halles de Pau, était mort de rire à la lecture de Sud Ouest (14/4) : « Il n’y a que deux commerçants sur cinquante-trois aux Halles qui sont à peu près favorables à Sophie Borotra et, par un hasard incroyable, ce sont ces deux-là que le quotidien a interrogées ». En effet, si la fille de l’ex-maire de Biarritz, 38 ans à ce jour, semble avoir pour seul diplôme un DUT de commercialisation, selon Mediabask, il est clair dans cette affaire qu’elle n’est ni titulaire d’une licence de stratégie, ni même d’un BTS de diplomatie, son intervention sur le Facebook de Colette Capdevielle à un moment où elle aurait dû se faire oublier s’avérant particulièrement malencontreuse.

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20180412/sophie-borotra-recompensee-par-francois-bayrou-a-pau

et https://jeanyvesviollier.com/2018/04/11/limpudence-de-sophie-borotra/

Pas de chance pour la nouvelle promue, Bisque, Bisque, Basque ! compte pas mal de copains à Pau et va donc se faire un plaisir de raconter une saga commencée il y a presque trois ans et qui tourne autour d’un personnage central, bien connu à Biarritz, même si son nom n’a pas encore été cité dans la presse, Pascal Casamayou.

Le bon samaritain et la pimbêche

« Un bon mec qui connaît vraiment bien son boulot, lui, et avec qui c’était un plaisir de discuter » affirme le même commerçant. Effectivement, en matière de commercialisation et de réaménagement, Pascal Casamayou en connaît un rayon, comme en témoigne sa société, créée il y a six ans, LLD conseil, qui a réalisé 209 300 euros de chiffre d’affaires en 2017. Ce Biarrot d’adoption, venu se réfugier au Pays Basque après une séparation, va spontanément offrir ses services à la Maïder Arosteguy Cup et aux commerçants de Biarritz pour les aider à négocier avec la mairie. Détail croustillant, les commerçants présents racontent même que la première fois qu’il s’est présenté à la mairie, Didier Borotra le prenant pour un juriste, l’avait viré de son bureau. Avant de comprendre qu’il avait un excellent médiateur face à lui. La qualité de son travail bénévole et de ses idées feront l’unanimité à Biarritz. 

Malgré de nombreuses sollicitations, Pascal Casamayou n’a jamais voulu répondre à nos sollicitations. Le récit qui suit a donc été obtenu par recoupements auprès d’amis scandalisés par ce qui vient de lui arriver. C’est en 2013, peu après le réaménagement des halles de Biarritz, qu’il fait la connaissance de Sophie Borotra, fraîchement rentrée d’Amérique du Sud. Les deux sympathisent. La rumeur veut même qu’il aurait aidé Sophie Borotra à créer sa société, AGC, lui permettant de postuler à la Cité de l’Océan.

En 2014, Pascal Casamayou répond à un appel d’offres de la mairie de Pau qui souhaite rénover ses halles. Précédé d’une flatteuse réputation, les commerçants biarrots ayant discuté avec les commerçants palois, il remporte le marché et crée à cette occasion une société spécifique AO conseil.  À cette époque, il a souvent au téléphone Sophie Borotra, qui, avec son maigre bagage professionnel (en dehors de son activité d’assistante parlementaire de papa, elle n’a quasiment jamais exercé après ses études) peine à trouver du travail. Le jeune chef d’entreprise, qui est un peu débordé avec ses multiples activités, décide de lui tendre la main. Il lui propose de devenir associée d’AO conseil et la nomme directrice.

Un commerçant, qui refuse que son nom soit cité par crainte de représailles de la part du « roi du Béarn » François Bayrou, raconte : « On a vite compris de quoi il retournait. Sophie Borotra ne connaissait rien à la problématique des halles. Dès qu’elle faisait une suggestion, c’était pour dire une bêtise énorme. On voyait bien que Pascal, qui savait de quoi il parlait, tentait de recoller les morceaux sans pouvoir empêcher le désastre. » Selon son voisin de travée, les incidents se seraient multipliés avec les maîtres d’œuvre, les responsables de la mairie et les commerçants. « Quand on discutait individuellement avec Sophie Borotra, c’était quelqu’un de timide et gentil, mais dès qu’on se retrouvait en public et qu’on avait le malheur de ne pas être d’accord avec elle, elle montait sur ses grands chevaux et ne voulait rien entendre ». La génétique Borotra, que voulez-vous !

On la vire, elle rit sous cape !

Au bout de trois ans, la tension est telle avec la Ville et les maîtres d’œuvre, qu’ils décident de convoquer AO conseil pour résilier leur contrat. Des fonctionnaires de la ville de Pau racontent, sous couvert d’anonymat, cette réunion surréaliste où, pas plus au courant que les maîtres d’œuvre de ce que tramait François Bayrou et son adjoint Jean-Paul Brin, deux copains de papa Didier, ils admonestaient Sophie Borotra pendant que celle-ci souriait aux anges. Elle et elle seule savait qu’elle allait devenir la supérieure hiérarchique de ceux qui l’engueulaient.

La République des Pyrénées évoque la brillante collaboration de Sophie Borotra à la Cité de l’Océan, mais omet de raconter la fin de l’histoire et le double passage au tribunal.

D’où la création, le 6 avril dernier, d’une délégation de Service Public attribuée à la Société Publique Locale Halles & République, au capital entièrement détenu par la ville et l’Agglo, avec comme président Jean-Paul Brin, l’adjoint de Bayrou, et comme directrice générale Sophie Borotra. Les commerçants locaux sont outrés. Pascal Casamayou, qu’ils apprécient, n’est plus leur interlocuteur et sa société perd le marché, tandis que Sophie Borotra, qu’ils exècrent, est promue. Cherchez l’erreur !

Quels mauvais esprits ces socialistes! Ils imaginent que François Bayrou aurait pu donner un coup de pouce à la fille de Didier Borotra….

Ensuite, pour calmer la grogne de l’opposition, la mairie a dû envoyer quelques gros bobards à la presse locale comme la justification de cette nomination par le poste important occupé à … La Cité de l’Océan ! Un poste mémorable, effectivement : pas de bureau, pas d’écrit et… tout dans la tête, voilà un poste qui peut impressionner. Reste ce délicat problème du passage, le 5 décembre prochain, de Sophie en Cour d’appel pour « complicité de prise illégale d’intérêt ». Là aussi l’ancien bâtonnier Jean-Paul Brin a réponse à tout et ne voit pas le problème puisqu’elle est présumée innocente.

Seul écueil de taille que semble avoir oublié celui qui en 2017, aux côtés de Macron, s’était comporté en chantre de la moralisation de la vie publique. François Bayrou ne peut, tout étincelant maire de Pau qu’il soit, piquer une directrice à une société pour la reconduire au même poste dans une autre société. Bisque, Bisque, Basque ! n’a pas en sa possession le contrat de travail unissant Sophie Borotra à Pascal Casamayou, mais il est probable qu’une clause de non-concurrence a été signée. Du sport en perspective si Pascal Casamayou, le grand cocu de cette affaire où l’avenir d’une fille de famille est passé avant la demande des citoyens palois, décidait d’une action en justice contre son ancienne associée.

À moins que les juges n’estiment que quand on s’appelle Borotra, et qu’on fait don de sa personne à la ville de Pau, on n’a pas à se soucier de quelque chose d’aussi trivial que le droit du travail.

L’impudence de Sophie Borotra

La fille de Didier Borotra, attendue devant la cour d’appel de Pau pour complicité de prise illégale d’intérêt, se permet de faire la morale à Colette Capdevielle.

Colette Capdevielle s’est autorisée à ironiser sur les Biarrots. Heureusement Sophie veillait au grain.

C’est un peu comme si François Fillon s’élevait publiquement contre les emplois fictifs ou Jérôme Cahuzac contre les paradis fiscaux ! C’est bien de défendre son père… à condition de garder raison. Alors que l’ex-députée socialiste Colette Capdevielle s’étonnait sur son Facebook que les frais de défense de Didier Borotra dans l’affaire des PV annulés (20 000 euros tout de même) aient été pris en charge par la mairie et donc par les contribuables biarrots, Sophie, fille de Didier a vu rouge et s’est fendue d’un post vengeur en réponse au moqueur « Pauvres Biarrots ! Mais qu’ont-ils fait pour mériter cela ? »  de l’avocate bayonnaise qui précise sa pensée : « L’élu condamné devrait payer ses frais de défense ».

Sophie Borotra monte au filet et volleye fort : « Madame, je vous suis avec intérêt. Normalement, la médiocrité ne fait pas partie de vos commentaires… Continuez dans l’intérêt de nos pauvres amis bayonnais ! »

Tout cela ferait partie de la vie courante des réseaux sociaux et serait très amusant si le parcours professionnel de la demoiselle ne prêtait autant à contestation.

Assistante parlementaire de papa

De retour d’Amérique Latine, Sophie Borotra avait créé en 2013 une société de services AGC et, hasard, son premier contrat avait été obtenu à la Cité de l’Océan, alors que son père était président de la société d’économie mixte. Mais comme elle l’a affirmé à la barre du tribunal correctionnel de Bayonne, le 31 janvier 2017, elle a traité directement avec la directrice de l’époque, Françoise Pautrizel, « sans en parler à son père qui était très contrarié quand il l’a appris ». Le tribunal de Bayonne a finalement choisi de relaxer le trio de prévenus, mais le procureur Vuelta-Simon a fait appel et l’affaire sera jugée à Pau le 5 décembre prochain.

Mais là où l’admonestation de Sophie Borotra à l’égard de Colette Capdevielle, irréprochable pendant son mandat, prend tout son sel, c’est lorsqu’on repense à son interrogatoire à la barre du tribunal. Malmenée par le président Denart, qui s’étonne de la minceur de son expérience professionnelle, Sophie Borotra, pour donner un peu de contenance à son parcours, lâche alors : « Mais j’ai été assistante parlementaire de mon père quand je vivais en Amérique Latine ». Un peu gêné aux entournures, Didier Borotra profitera d’une pause pour expliquer à la presse que sa fille jouait un rôle très important dans le Foro, en convaincant les maires des grandes villes sud-américaines de se rendre à Biarritz. L’explication vaut ce qu’elle vaut, sauf que le Foro relevait uniquement de la ville de Biarritz et non des fonctions de sénateur de Didier Borotra.

Et maintenant, un poste en or à Pau

Quand on a aussi indûment profité de l’argent public, le bon sens voudrait que Sophie rase un peu les murs et évite de se répandre sur Facebook, mais sa nouvelle carrière étincelante en Béarn, qu’elle ne doit sans le moindre doute qu’à elle-même, lui donne toutes les audaces. Comme nous l’apprend « La République des Pyrénées » du 11 avril, Sophie Borotra devient responsable des nouvelles halles de Pau, chargée de la commercialisation des surfaces restantes.

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/04/11/la-fille-de-l-ancien-maire-centriste-de-biarritz-va-diriger-les-halles-de-pau,2320701.php

Et l’on entend d’avance le grand copain politique de Borotra, François Bayrou, qui a créé cette SPL (société publique locale) nous expliquer avoir beaucoup cherché en vain dans tout le Béarn et avoir enfin déniché la perle rare de directrice dont il avait besoin en la personne de Sophie, qui, bien entendu, n’a pas parlé de son engagement à son père, qui, bien entendu, a été très contrarié quand il l’a appris.

Ceux qui gagnent péniblement le salaire minimal, ne se rendent pas compte. Sophie vous le confirmera : être fille de maire ou d’ancien maire, ce n’est vraiment pas un métier facile !

Les évidentes contradictions de Macron

Diminuer d’un tiers les effectifs de l’Assemblée et du Sénat, pourquoi pas ? Mais si on introduit « une dose de proportionnelle », on en revient à la politique à papa.

500 000 euros dépensés pour transporter les parlementaires en autocar à Versailles et les transformer en plantes vertes, contraintes d’écouter la bonne parole jupitérienne pendant une heure et demie, c’est sans doute un peu cher, mais c’est bien connu, les économies sont toujours pour les autres. Sans la moindre illusion sur le nouveau président – qui en dehors du Medef réclame une réforme du Code du travail ? -, je n’en reste pas moins fasciné par la façon dont le trublion de la politique française communique, fait bouger les lignes et ringardise des hommes politiques comme François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon.

Douanier peu convaincant après avoir été un contrebandier de première, le Béarnais devenu le chantre de la moralisation de la vie publique, s’est fait virer comme un débutant de son poste de ministre mais a voulu nous faire croire que les Palois lui manquaient. La vaste blague ! Quant à l’absence de cravate du leader de la France Insoumise, elle prête à rire et semble un peu courte comme programme d’opposition. D’autant plus que Mélenchon est habitué à porter une cravate au quotidien et qu’il l’ôte en franchissant le seuil de l’Assemblée nationale, ce qui est franchement grotesque.

Politiques à deux vitesses

Mais derrière ces anecdotes révélatrices, quel dommage que les médias se soient contentés de relayer le discours présidentiel d’Emmanuel Macron, sans souligner les contradictions qu’il recèle ! Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a surfé sur le mécontentement des Français à l’encontre de la plupart de leurs hommes politiques et a inventé un gadget, « la moralisation de la vie publique » qui lui a permis d’être élu. Alors, pour tenir ses promesses électorales, il annonce qu’il va réduire d’un tiers le nombre d’élus à l’Assemblée nationale et au Sénat et dans le même mouvement précise qu’il compte introduire « une dose de proportionnelle ».

Emmanuel Macron est suffisamment cultivé pour savoir à quel point ce qu’il propose est contradictoire. En dehors des symboles que sont les deux Chambres, pas un mot sur les assemblées régionales et départementales, elles aussi pléthoriques et qui mériteraient un sérieux dégraissage. Diminuer d’un tiers le nombre de parlementaires, c’est incontestablement diminuer le nombre d’amendements déposés, c’est simplifier le débat, c’est aller plus vite face à des lois qui ne voient jamais le jour faute de décrets d’application.

Mais introduire la proportionnelle, que ce soit à faible ou haute dose, c’est totalement modifier le jeu politique, puisqu’un certain nombre de leaders politiques n’auront plus à batailler pour être élus. Franchement, vous regrettez l’absence de Bayrou, Hollande, Juppé ou Sarkozy à l’Assemblée nationale ?

Créer des politiques à deux vitesses, les uns élus par cooptation, les autres grâce au suffrage universel, c’est professionnaliser encore plus un métier qui manque déjà singulièrement d’air. Et qu’on ne nous parle pas de la limitation à deux mandats, car le nombre de prébendes possibles est telle, qu’il restera très facile de faire toute sa carrière en politique en rebondissant d’un poste à l’autre. Surtout si on est sûr d’être élu sans avoir à quitter ses pantoufles et sans aller toucher le cul des vaches comme disait Chirac.

Une girouette à L’Assemblée… Quel intérêt ?

Interview surréaliste dans Sud Ouest de notre nouveau député. Décidé à vendre ses charmes au plus offrant, Vincent Bru ne sait pas encore quelle casaque il va porter.

Visiblement les brumes de la fête de la veille n’étaient pas tout à fait dissipées, lorsque le très peu charismatique Vincent Bru s’en est allé à la rencontre de Sud Ouest (20/6). Voilà donc un homme qui est le premier surpris de se retrouver élu, mais qui n’a rien prévu, rien anticipé et qui, à l’en croire, ne sait même pas sous quelle casaque il va concourir en arrivant à l’Assemblée nationale, ce qui relève de l’escroquerie absolue pour les électeurs qui lui ont fait confiance. Écoutez-le, c’est à peine croyable, quand on lui demande s’il a repris sa carte du MoDem : « Je suis rattaché au MoDem sur le plan financier, mais je ne sais pas dans quel groupe je siègerai. Peut-être dans celui du MoDem, dans la mesure où ce groupe est loyal envers le Président et le gouvernement ». Et peut-être pas.

La journaliste Emma Saint-Genez n’en revient pas de ce qu’elle entend. Tant de désinvolture et de donjuanisme l’étonne, de la part d’un député qui a deux jours d’ancienneté. Elle se croit obligée de préciser : « C’est pourtant bien François Bayrou, président du MoDem, qui a appuyé votre candidature ?» Et notre volage girouette, qui déteste qu’on lui rappelle ses amours passées, d’avouer du bout des lèvres : « Oui, parce qu’il sait que je suis centriste ».

Soit Vincent Bru est idiot, ce dont on peut douter, soit il est décidé à vendre ses charmes au plus offrant, ce qui est bien plus plausible. Sachant que l’avenir peut s’annoncer compliqué pour Bayrou et sa troupe puisque le Président de la République n’a plus besoin de lui, l’homme de convictions Vincent Bru anticipe et fait du gringue aux Macroniens pur jus, histoire de pouvoir vivre un mandat tranquille au sein de la majorité. La politique dans tout ce qu’elle a de plus consternant, comme ce gros mensonge sur l’UDI où il n’aurait passé qu’un an (Philippe Morel, le délégué départemental, tient les preuves du contraire à disposition de ceux que ça intéresse).

Le fragile maire de Cambo se montre bien imprudent et désinvolte et semble oublier que le nouveau ministre de la Justice est un rancunier, parfois aussi teigneux qu’un officier de gendarmerie qui vous fait souffler dans le ballon un soir de bringue. Si Bru s’avise de faire quelques infidélités à son protecteur béarnais, on risque de voir quelques plumes voler pour notre Zaza Napoli local, comme le surnomme, allez savoir pourquoi, La Marquise de Vérité dans La Semaine du Pays basque.

Un spectacle qui ne fera sans doute pas beaucoup de peine dans le département à nombre de fidèles authentiques d’En Marche.

Article de Sud Ouest du 20 juin.

Bru-Arosteguy, le choix désolant

Duplicité, reniements, absence de convictions, les deux candidats qualifiés pour le second tour, incarnent tout ce que les Français ne veulent plus en politique.

Ce premier tour des législatives le démontre : si un pottok revêtu d’une casaque EN Marche s’était présenté, il se serait retrouvé à coup sûr en tête pour le second tour. Mais les élites pensantes qui entourent le nouveau Président de la République auraient bien tort de plastronner. Voter Macron à la présidentielle pour faire barrage au Front national était une chose, voter pour Macron et ses idées une autre. Si plus de la moitié des électeurs inscrits n’a pas participé à ce premier tour des législatives, record historique de la Ve République, ce n’est pas uniquement par négligence ou par passion soudaine pour la pêche à la ligne, mais par refus de la partie qui est en train de se jouer. Et ce n’est pas l’accablante soirée électorale d’hier soir qui va leur faire réviser leur jugement.

La morgue de l’homme qui vole les mutualistes

Prenez par exemple le cas du nouveau ministre de la Cohésion des Territoires, Richard Ferrand, arrivé en tête dans la 6e circonscription du Finistère, ce qui laisse pantois quand on songe à ses actuels ennuis judiciaires. Cet homme, on ne le souligne pas assez, n’a pas utilisé à son profit les bénéfices d’une entreprise privée, mais l’argent versé par des mutualistes qui hésitent à changer de lunettes ou à faire soigner leurs dents faute de moyens. À sa place, maintenant que tout le monde sait qu’il a fait gagner 580 000 euros à sa compagne, on aurait rasé les murs. Mais ce n’est pas le genre de la maison, et on a eu droit à un chef d’œuvre d’arrogance de la part de l’ancien journaliste devenu ministre et se permettant d’admonester ses confrères « Malgré vos efforts méritoires, je constate que les Finistériennes et Finistériens m’ont réitéré leur confiance à hauteur de presque 34% (…). Je vous ai parlé un peu tard, parce que je voulais, moi, vérifier les informations avant de vous parler. Vous savez, c’est un vieux tic. Ce serait bien que vous en preniez de la graine. »

Voilà un homme qui n’est resté en place que parce qu’il sait tout des montages financiers de la campagne d’Emmanuel Macron et qui la ramène sans vergogne. C’est donc cela la nouvelle politique, prétendument incarnée par En Marche ?

Le « citoyen » Bayrou, contrebandier devenu douanier

Et que penser du « citoyen » Bayrou qui pérore et laisse éclater sa joie pour « ce jour historique » dans Sud Ouest. On dit que les anciens contrebandiers font les meilleurs douaniers. Dans ce cas-là, le ministre de la Justice était effectivement l’homme qui s’imposait pour moraliser la vie publique, car il n’est guère une combine où le MoDem n’ait trempé ces dernières années, comme le prouve l’enquête sur les emplois fictifs des assitants parlementaires au Parlement européen. Et voilà que cet homme, comme au bon vieux temps du général de Gaulle, appelle Radio France pour se plaindre du travail des journalistes. Et pris la main dans le sac, ou plutôt le portable vissé à l’oreille, il affirme avoir agi en « simple citoyen ». Un peu comme si le simple citoyen Veunac et le simple citoyen Marcel-le-cantonnier se décidaient à appeler en même temps le préfet. Devinez-qui serait pris au téléphone et qui serait éconduit ?

Pauvre 6e circonscription !

Et puisqu’on en est en plongée dans les bas-fonds de la politique française, prenons le masque, les palmes et la bouteille d’oxygène avant de nous intéresser à cette pauvre 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, qui méritait mieux qu’un duel Bru-Arosteguy au deuxième tour. Vous vous frottiez déjà les mains à l’idée d’un Peio Etcheverry-Ainchart, d’une Sophie Bussière ou d’un François Amigorena à l’Assemblée nationale ? Bienvenue en vieille politique, et contentez-vous de deux tâcherons sans foi ni loi, qui ont systématiquement renié leurs engagements, l’un n’hésitant pas à prendre position contre le mariage pour tous, tout en expliquant en 2017 qu’il regrettait depuis 2014 (Bonjour l’homme d’action !) d’avoir signé la pétion des maires de France, l’autre passée par l’UDI avant de chercher les courants ascendants chez Les Républicains, défendant Fillon au-delà de toute raison et  ne voyant aucune raison d’appeler entre les deux tours à faire barrage à Marine Le Pen dans le seul but de cajoler son très droitier électorat. Et c’est un de ces deux-là que vous imaginez, la semaine prochaine, franchir la porte de l’Assemblée nationale pour nous représenter ? Pour ma part, ce sera vote blanc. Et quant à ceux qui auraient la tentation de se prononcer en faveur de l’un ou l’autre des candidats, sachant qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, cotisez-vous pour offrir au nouvel élu « La science politique pour les Nuls » afin qu’il ne nous fasse pas trop honte.

Oubliez les élus godillots, votez Capdevielle

La fête est finie et maintenant qu’il sait pouvoir compter sur une majorité, c’est un tapis de bombes que nous prépare Macron avec ses réformes du Code du travail ou du régime des retraites. Pour cette raison, on ne peut que souhaiter la présence d’un maximum d’opposants dans une Assemblée qui va marcher au pas. Bonne nouvelle donc que le score de Jean-Luc Mélenchon à Marseille, même si le parachutage était plutôt détestable.

Dans la 5e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, qui peut se réjouir de la course en tête d’une Florence Lasserre-David, élue depuis seize ans mais diaphane et sans consistance, face à une Colette Capdevielle, députée pugnace et travailleuse, qui ne s’en laissera pas compter face à un Emmanuel Macron qu’elle apprécie à titre personnel, ce qui ne l’a pas empêché de rester fidèle à son parti ?

La moralisation de la vie publique, la transparence, une présence sans faille à l’Assemblée, il y a longtemps que la députée sortante se l’applique à elle-même. Et face à elle, une élue qui ne s’est jamais distinguée par une proposition originale à Anglet ou au conseil départemental et qui, sans doute visitée par la grâce et le saint-esprit macronien, brillerait subitement au niveau national ? Restons sérieux.

Alors si vous pensez que le suffrage universel, au-delà des étiquettes, est l’occasion de reconnaître le travail et le talent, nul doute possible…