Cache ta joie, Gattaz !

La réforme du travail pilotée par Macron, n’est qu’une façon de renvoyer l’ascenseur à ceux qui ont financé sa campagne. Et d’assigner à précarité des milliers de jeunes salariés.

Eh oui, il ne suffit pas de jouer aux osselets avec la main d’un président américain ou d’adopter un chien de la SPA au moment où sa popularité dévisse pour devenir le Président de tous les Français. À tous ceux qui renaudent actuellement sur le chef de l’État, j’ai envie de dire : « Vous avez voulu Macron, vous l’avez ! ». Voilà un homme qui avait été repéré par Minc et Attali après un brillant passage à la banque Rothschild, un homme qui a profité avec intelligence des machines à perdre que sont les primaires pour devenir le favori des sondages, mais surtout qui a su trouver les 50 millions d’euros nécessaires au financement d’une campagne présidentielle, alors qu’à l’en croire son patrimoine personnel est des plus modestes… Non, Macron n’est pas ingrat et c’est bien normal désormais qu’il cajole ceux qui l’ont nourri, comme Nemo le chien de l’Élysée lèche la main de son nouveau maître.

Si Pierre Gattaz, le patron des patrons, a été prié par les services de communication de l’Élysée de se montrer discret, ce n’est pas par hasard. Alors que l’écart entre les plus pauvres et les plus riches n’a jamais été aussi grand en France (Sud Ouest 21 mai), Macron fait froidement voler en éclat le Code du travail, précipite les salariés jeunes dans la précarité absolue pour offrir encore plus de souplesse et de flexibilité au patronat.

http://www.sudouest.fr/2015/05/21/inegalites-l-ecart-entre-riches-et-pauvres-n-a-jamais-ete-aussi-haut-en-30-ans-1927595-5458.php

Autoriser les petites entreprises à dialoguer avec un représentant du personnel non syndiqué, c’est permettre les pires flagorneries, le cire-pompes de service devenant l’interlocuteur privilégié du directeur. Plafonner les indemnités de licenciement au lieu de laisser la Justice décider, c’est fragiliser encore un peu plus les rares contestataires tentant de survivre dans l’entreprise. Et utiliser le recours aux ordonnances à la place du débat parlementaire n’a rien de très glorieux.

Extrait du blog de Gérard Filoche.

Gérard Filoche, toute sa carrière a été un inspecteur du Travail remarquable. Avec abnégation, il continue à défendre les salariés et on ne peut que partager son point de vue quand il estime qu’on a « passé le code du travail à l’acide » et parle « d’un rêve de Medef ». Plus d’élection obligatoire de délégués du personnel dans les petites entreprises où règne déjà la terreur, plus de syndicats, c’est la fête du patronat !

http://www.filoche.net/

En fait, même s’il a effectué un début de mandat beaucoup plus habile que ceux de Sarkozy ou Hollande, Emmanuel Macron est en train de commettre la même erreur que Jacques Chirac en 2002. L’ami des patrons estime qu’il a été élu par 66% des Français et considère qu’il a les mains libres. Mais oublie que seul 24% des Français l’ont choisi au premier tour. Les autres, face au repoussoir Marine, se sont contentés de voter pour lui sans adhérer pour autant à ses idées ultralibérales.

Face à cet autisme délibéré, il n’y a qu’une seule réponse possible : la rue ! Le 12 septembre, il fait généralement encore très beau et la marche à pied est excellente pour la santé. Et s’il faut redescendre plusieurs fois dans la rue pour que le gouvernement comprenne la différence entre un putsch, où l’on donne délibérément tout aux uns au détriment des autres, et une réforme où l’on équilibre les concessions pour faire évoluer le pays, eh bien nous irons marcher avec plaisir jusqu’à ce que ce gouvernement revoie sérieusement sa copie.

Et tant pis si Gattaz en perd son sourire de benêt !

Cornut-Gentille totalement hors sol

Les Ateliers de la République sont toujours de haute tenue et le débat d’hier soir, à la maison des Associations, n’a pas échappé à la règle. Classé parmi les plus présents et les plus travailleurs, le député républicain de Haute-Marne, François Cornut-Gentille, s’est montré affable et enjoué et a eu le mérite de ne pas hésiter à venir affronter des contradicteurs. Mais cet élu qui entame son sixième mandat a bien montré à quel point il est difficile de rester lucide quand on passe trente ans hors de la vraie vie. Visiblement, à ses yeux, à partir du moment où il a été réélu en 2017, il ne s’est rien passé de notable dans la vie politique. La perte de confiance des électeurs pour leurs hommes politiques ?  Les élus En Marche recrutés en catastrophe sur Internet et précipités sans formation à l’Assemblée ? Le débat escamoté au Parlement sur la moralisation de la vie publique ? Peccadilles que tout cela ! Alors oui, totalement d’accord avec vous, Monsieur le député, sur le renforcement nécessaire de l’Assemblée nationale, mais ce renforcement ne pourra se faire qu’avec une exemplarité totale des élus et avec une confiance retrouvée des citoyens. On en est encore très loin.