L’assourdissant silence de Maïder Arosteguy

Soutien inconditionnel de Fillon au premier tour, la candidate aux législatives ne parle plus politique depuis le 23 avril. La tentation vote blanc ou Marine Le Pen ?

Avant le premier tour, il n’y en avait que pour Fillon ! Désormais, la page Facebook de Maïder Arosteguy ne s’intéresse plus qu’au sport et à la culture. Un hasard, sans doute…

Voilà une future candidate aux élections législatives qui ne doit pas savoir qu’une présidentielle est en train de se dérouler ! Alors que Max Brisson et Claude Olive, tout en ne cachant pas que cette décision ne leur fait guère plaisir, se sont prononcés clairement en faveur de Macron, Maïder Arosteguy amuse la galerie sur sa page Facebook mais se garde bien de donner la moindre consigne de vote à ceux qui la suivent.

Soudainement passionnée par un spectacle salle Larreko de Saint-Pée-sur-Nivelle, par le travail de l’artiste Alber à la galerie Bouscayrol ou par la victoire du BO, notre sémillante conseillère départementale ne trouve strictement rien à dire sur le second tour présidentiel. Aspirer à entrer à l’Assemblée nationale mais ne pas s’intéresser à l’actualité politique, voilà qui est fâcheux.

Pourtant pendant le premier tour, Maïder s’est montrée très présente pour épauler François Fillon, apparemment pas gênée du tout par les mises en examen du candidat de la Sarthe qui lui avait accordé l’investiture aux législatives. Fraichement ralliée aux Républicains après un long séjour à l’UDI, Maïder a adressé un signal clair à tous ceux qui seraient tentés de voter pour elle en juin prochain, en affirmant haut et fort par son soutien à François Fillon que la victoire de son camp était à ses yeux bien plus importante que la morale en politique.

Quand on aspire à de hautes fonctions politiques et à franchir les portes de l’Assemblée nationale, on se doit d’être claire dans ses choix et ne surtout pas commencer à se planquer avant même d’être élue. Ne pas préciser sa position cette semaine, c’est donner à penser aux républicains de la Côte basque que, pour Maïder comme pour nombre de Fillonistes déçus, existe la tentation du vote Le Pen ou d’un vote blanc qui aura pour effet de conforter le Front national.

Allez, Maïder, du cran ! C’est le moment d’assumer ses choix.

Les sondeurs, ces parasites de la République

Ils faussent régulièrement l’opinion et se trompent presque à chaque fois. À quand une interdiction des sondages lors des échéances électorales ?

Les rois de la courbe vendent du vent et le savent. Mais tant qu’ils trouveront des gogos pour acheter leurs sondages et des crédules pour les prendre au sérieux…

Ils ont annoncé Juppé pour la primaire de la droite, Valls pour celle de la gauche, et bien évidemment Hillary Clinton à la présidence des États-Unis, mais, toute honte bue, ils continuent à avoir leurs sièges réservés sur toutes les chaînes de télés où ils nous expliquent doctement l’évolution des tendances électorales, alors que près de 40% des Français avouent ne pas avoir encore pris leur décision.

Mais pour ces nouveaux docteurs Folamour de l’Audimat, pas le moindre doute, pas la plus petite remise en cause et des tripatouillages à faire hurler n’importe quel amoureux de la démocratie. Tous les Français vont aller aux urnes dans quelques jours avec l’idée très nette que les petits chevaux électoraux Le Pen et Macron sont les plus près du poteau final suivis de Fillon et Mélenchon, puis de Hamon, les « petits » candidats n’étant là que pour faire beau dans le paysage. Mais qu’en savent-ils, ces spécialistes qui ne voient jamais rien venir et qui poussent les Français à « voter utile » dès le premier tour, en agitant un classement totalement putatif, alors que personne n’a la moindre idée du résultat final ?

Si vous disposez de soixante minutes, ne ratez surtout pas le replay de l’excellent « Envoyé Spécial » d’Élise Lucet et vous allez mieux comprendre l’hypocrisie sans nom de tous ces jolis cœurs qui veillent jalousement sur le devenir de leur goûteux fromage en se parant des atours de la science.

 

La malice des sondés

Ah, il m’a bien fait rire, l’étudiant bordelais qui a parfaitement compris comment fonctionne l’attrape-gogo (minute 16’). Quentin, dix-neuf ans, se fait de l’argent de poche en répondant aux sondages en ligne sur Internet et touche pour cela environ un euro pour vingt minutes de travail (Ils sont princiers, ces sondeurs, même Macron n’a pas encore osé proposer ce salaire horaire!). Mais il a remarqué que le style étudiant célibataire et fauché n’était pas très prisé des producteurs de graphique. Alors, il s’est rajouté vingt ans d’âge, inventé une femme, deux enfants et des revenus annuels de quarante mille euros et se retrouve sollicité par les sondeurs, trois ou quatre fois par semaine.

La ruse ne date pas d’hier, puisque dans le club de rugby où je jouais l’un de nos coéquipiers occupait nos trajets en autocar avec des « enquêtes d’opinion » qu’il était censé faire au porte-à porte. Suivant les voyages, je me suis donc retrouvé ménagère de plus de cinquante ans anxieuse sur le choix de sa lessive ou mère de famille inquiète pour les dents de ses enfants. Nous avons tous ri de concert de la supposée « bêtise » des sondeurs qui faisaient confiance à de jeunes rugbymen chahuteurs comme nous. Sans comprendre que ces « marchands de vent », loin d’être bêtes, étaient parfaitement conscients de nos petits truandages mais bien obligés d’en passer par là pour vendre quelque chose à leurs commanditaires.

Écoutez bien Jean-Daniel Levy, le responsable du département politique d’Harris interactive (minute 19). Bien sûr qu’il ne va pas tordre le cou à la poule aux œufs d’or qui le fait vivre grassement, alors il louvoie, minimise, parle « d’une réponse sur six mille » biaisée, alors qu’il n’en sait strictement rien. Et l’on en arrive à ces redressements effectués par chaque sondeur. « Les instituts ne veulent pas donner les chiffres bruts (qui seraient pourtant plus près de la vérité !) car cela donnerait une mauvaise information ». Ben, voyons !

Sur quels critères sont faits les redressements ? Par qui ? Dans quelle intention ? Même le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur, auteur d’une loi réglementant les sondages n’en sait rien et parle de « redressements au doigt mouillé ». Et l’on s’étonne ensuite de voir les sondeurs se planter avec cette constance qui force l’admiration…

Le narcissisme des élus

Pour LCI, ( et les autres!) pas de doute, Juppé va triompher aisément.

Face à cet amateurisme désarmant, le législateur pourrait très bien rédiger une loi interdisant les sondages en période électorale. Sauf que, parmi les politiques, ces grands nombrilistes qui faute de glace se mirent dans les sondages, on ne trouverait peut-être pas une majorité d’élus décidés à faire de la peine à leurs amis sondeurs. On pensait par exemple Nicolas Sarkozy heureux de vivre et sûr de lui avec ses talonnettes de sept centimètres qui lui permettaient d’arriver à l’épaule de Carla. Dans l’excellente émission d’Élise Lucet, on apprend que trois cent trente-trois sondages ont été commandés par l’Élysée entre 2007 et 2009. Aux frais des contribuables, bien entendu. Mais vous conviendrez avec moi que dépenser 4186 € pour savoir si sa liaison avec Carla Bruni altère l’image de marque du chef d’État Nicolas 1er, était indispensable.

Si la gauche semble, sous Hollande, beaucoup moins gourmande de sondages, le vaniteux petit Catalan qui a donné sa parole de soutenir le vainqueur de la primaire de gauche avant d’aller faire des mamours à Macron, est visiblement un grand Narcisse qui ne s’ignore pas. Tout y passe en matière de sondages, sa coupe de cheveux, son air colérique, ou son apparence. Là aussi, aux frais des contribuables. Valls aurait mieux fait pour ses costumes de demander à l’ami de Fillon, ça nous aurait coûté beaucoup moins cher.

La paresse des journalistes

Pour remporter la primaire de la gauche, Le Figaro voit Montebourg.

Reste un aspect qu’Élise Lucet – allez savoir pourquoi ! – a passé sous silence. Si les sondages prolifèrent, c’est bien qu’il y a des imbéciles pour les acheter et d’autres pour les utiliser et donc les crédibiliser. Et il n’aurait pas été inutile de souligner la paresse des journalistes – presse écrite ou télévision, même combat ! – qui préfèrent visiblement torcher un article ou monter un débat d’une heure avec les derniers chiffres fournis par les adeptes du doigt mouillé plutôt que de plonger dans les programmes et de poser les questions qui fâchent, ce qui est leur rôle.

Bien sûr, il y a des exceptions notables et des journalistes obligés de se prêter à cet exercice journalistique à la demande de leur patron, mais les Français seraient tout aussi bien informés si l’on chassait les sondeurs des écrans et les remplaçait par Élisabeth Tessier ou autres manieurs de boules de cristal.

En fait, l’histoire des sondeurs, c’est un peu l’histoire de Mazarine, la fille autrefois cachée de François Mitterrand : il y a une élite qui sait mais qui, pour mille raisons diverses d’intérêt personnel ne dit rien et des gogos qui ne savent pas et prennent les chiffres fournis pour science triomphante, se perdant ainsi dans des conjonctures électorales absurdes.

Je vais voter Mélenchon au premier tour, mais j’en ai marre d’entendre autour de moi des citoyens avertis et réfléchis dire : « Hamon me plaît beaucoup mais j’ai peur de perdre ma voix en votant pour lui ». SI Hamon vous paraît l’homme de la situation, votez pour lui !

Oui, les sondeurs sont les parasites de la République et font main basse par leurs affabulations sur la plus élémentaire démocratie. Alors, en attendant que quelqu’un donne à ces petits marquis poudrés le grand coup de pied aux fesses qu’ils méritent et les chasse de la vie politique, faites-leur un grand bras d’honneur et votez sans calcul pour le candidat qui vous plaît réellement au premier tour. Et il sera toujours temps au second tour d’éliminer Marine avec le moins pire qui restera en lice.

Valls presque aussi indigne que la droite

L’ancien Premier ministre trahit et, en plus, cherche à nous faire croire qu’il est « responsable ».

Malgré ses postures vertueuses, l’ancien Premier ministre vient de montrer sa vraie nature, celle d’un arriviste méprisable.

Au mépris de la morale la plus élémentaire, la droite a décidé de la jouer comme Michel Blanc dans Les Bronzés, en se disant que sur un malentendu, et tant pis pour les principes, le mis en examen pour escroquerie aggravée Fillon peut se retrouver président de la République. Et maintenant c’est Manuel Valls qui apporte sa solide contribution à la pire élection présidentielle de toute l’histoire de la Ve République en reniant sa parole.

Valls a signé une charte s’engageant à soutenir le vainqueur de la primaire de gauche, les quatre millions de téléspectateurs qui ont assisté au débat face à Benoît Hamon l’ont entendu affirmer qu’il serait évidemment loyal et se conformerait au verdict des urnes. Mais nous vivons décidément une époque sans foi ni loi. Aucune illusion à avoir : la plupart des politiques, il y a vingt ans, étaient tout aussi menteurs que les tristes sires qui font aujourd’hui la une de l’actualité. Mais à la différence de la génération actuelle, ils évitaient de se contredire en public, ce qui ne semble plus gêner la classe politique en course pour cette élection. Fillon persiste après avoir annoncé qu’il se retirerait en cas de mise en examen et Valls appelle à voter Macron. Comme l’affirme Arnaud Montebourg « Chacun sait désormais ce que vaut un engagement signé sur l’honneur d’un homme comme Manuel Valls : rien. »

La dictature des sondages

Mais cette pathétique turlupinade de Valls ne mériterait pas trois lignes si, pour se justifier, il n’ancrait dans l’opinion publique deux idées fausses. Il faut « barrer la route à Marine Le Pen » et « voter utile » dès le premier tour en mettant un bulletin Macron. Dans un autre registre, Jean-Luc Mélenchon, se montre tout aussi obsédé que Valls par les sondages, puisqu’il tente de galvaniser ses troupes en affirmant qu’il doit dépasser Fillon cette semaine « et qu’on s’attaquera après au suivant ».

Il est évident que je combattrai toujours Marine Le Pen, mais qui nous permet d’affirmer que la candidate du Front national est actuellement au coude à coude avec Macron, et nettement devant Fillon, Mélenchon et Benoît Hamon ? Les sondeurs, qui se plantent sur toutes les élections majeures comme en témoigne l’avènement de Donald Trump, sont à peu près aussi fiables que les aruspices, ces devins étrusques qui prédisaient l’avenir en contemplant les entrailles d’une bête sacrifiée pour l’occasion. Mais, mine de rien, ils façonnent l’opinion publique et, avec la complicité des journalistes qui trouvent nettement plus facile de commenter le dernier sondage plutôt que de parler des programmes des candidats, ils faussent totalement l’élection. Désolé, Messieurs les sondeurs, je ne vois aucun inconvénient à ce que vous continuiez à vous intéresser à l’achat de voitures par la ménagère de moins de cinquante ans ou de couches culottes par les pères de moins de trente ans, mais vos prédictions de charlatans qui expliquent à posteriori qu’ils avaient raison devraient être strictement interdites à l’occasion des élections car elles faussent le jeu démocratique.

Laisser parler ses convictions au premier tour

Et l’on en arrive à cette notion de « vote utile » qui me hérisse totalement. En fonction de sondages qui sont totalement faux et qui relèvent beaucoup plus du doigt mouillé que de la science, en fonction des inclinations des médias qui se sont pâmés tour à tour pour Balladur, Bayrou ou Macron, il faudrait donc voter tactique au lieu d’exprimer ses convictions. Si le législateur a prévu des élections à deux tours, il y a une raison. Au premier tour on choisit, et au deuxième on élimine, si le candidat de son cœur n’est pas présent. Et c’est très bien ainsi. Pour justifier son attitude scélérate, Valls essaie de nous faire croire qu’il faut s’opposer à Marine Le Pen dès le premier tour en choisissant Macron. Affirmation qui n’a d’autre but que d’éclaircir l’horizon politique de l’ex-maire d’Evry, même si, pour le moment, Macron fait mine de dédaigner cet apport un peu trop connoté. Le premier tour d’une élection est l’occasion unique de faire une radioscopie du peuple français, de voir qui aspire à l’extrême gauche, ou au Front national, qui est libéral ou anti-libéral. Il sera bien temps de penser à voter tactique ensuite.

Entre les primaires où les bobos friqués décident de qui se présentera au suffrage universel, les turpitudes de candidats qui élèvent le mensonge au rang de religion, les chaînes télé qui sans vergogne n’invitent que les grands candidats et la dictature des sondages qui conditionnent l’opinion des Français, cette élection est décidément très pénible.

Vite une sixième République avec la fin de cette monarchie présidentielle, un mandat unique de sept ans pour le chef de l’État et des candidats qui devraient obtenir les signatures des Français et non de grands électeurs, afin de revivifier notre démocratie à bout de souffle !

Une superbe haie du déshonneur

À Biarritz, plus d’une centaine d’agitateurs de casseroles ont réservé à François Fillon l’accueil qu’il mérite.

Casseroles et banderoles étaient de sortie à Iraty.

Finalement, ils ne sont pas si difficiles à reconnaître que cela, les Fillonistes ! Il y a les honteux qui regardent le bout de leurs chaussures en pénétrant dans la halle d’Iraty, un peu comme si on les surprenait à l’entrée d’un bordel espagnol, les farauds et faraudes, manteaux de fourrure et tristes figures qui la jouent « Même pas honte ! », et puis cette litanie d’handicapés, qui souffrent d’une malformation congénitale du majeur et qui passent le doigt pointé vers le ciel devant la haie du déshonneur que nous formons. Au moins cent cinquante de ces malheureux, qui pâtissent visiblement beaucoup plus de leur articulation bloquée que des mensonges et approximations de leur champion, ont pu ainsi nous adresser un salut républicain à la mesure de leur intelligence.

Encore un pauvre hère atteint d’une malformation congénitale du majeur.

Les agitateurs de casseroles que nous sommes (une bonne centaine selon Sud Ouest ) ne remercieront donc jamais assez la police de nous avoir placés derrière des balustrades métalliques, tout près de l’entrée principale de la halle d’Iraty, l’endroit parfait pour faire connaissance avec cette France rassie et dépassée.

Fort courageusement, le repris de justesse Fillon, flanqué de ses maigres troupes de notables de seconde zone, a pu ainsi échapper à la bronca en entrant par l’arrière du bâtiment, mais tous les autres, les Fillonistes ordinaires, très ordinaires même, les aveugles à la morale plus qu’élastique venus gober les bobards éhontés de leur candidat, ont bien été obligés de monter les marches d’Iraty au milieu d’un superbe concert de casseroles et de slogans comme « Fillon en prison » ou, histoire que tous ces pauvres bougres ne se perdent pas, « L’escroc, c’est par là, la République, c’est par ici ».

La visite de la France friquée

Merci à la Ville pour l’installation de ces barrières métalliques idéales pour que nos casseroles se fassent entendre.

Le tour rapide dans le parking sursaturé d’Iraty est édifiant : beaucoup de Bordelais et de Toulousains et surtout une magnifique collection de voitures de luxe. Le spectacle des candidats au meeting, tout autant. On découvre une France âgée, friquée et monocolore, où la canne est beaucoup plus présente que les baskets et le costume, sans doute offert par les amis, que la parka.

C’est la France du catholicisme rétrograde, celle qui frétille à Sens commun et déplore le droit à l’avortement et le mariage pour tous. C’est la France frappée d’autisme et de cécité qui ne veut pas voir qu’elle soutient un scélérat.

Les quincailliers se frottent les mains. Grâce à Fillon, les ventes de casseroles explosent…

Côté agitateur de casseroles, l’ambiance est autrement plus joyeuse et l’on se félicite d’être du bon côté de la barrière. Des jeunes, des vieux, des antifascistes, et des casseroles de toutes les formes et les couleurs qui ont dû conforter les bénéfices de tous les quincaillers du coin. Et on dira après que Fillon ne fait rien pour le commerce !

L’homme qui se retrouve avec une nouvelle affaire tous les jours et qui déshonore la démocratie par son attitude, pensait sans doute en organisant ce meeting à Biarritz, trouver une ville toute acquise à sa cause. Au point que Le Figaro, faussement compatissant, a cru bon de s’étonner : « Accueilli par un concert de casseroles, même à Biarritz ». Alors que les partis de gauche – honte à eux ! – n’ont pas appelé à manifester contre ce voyou de la République, savoir qu’une centaine de citoyens courageux se sont déplacés pour lui réserver l’accueil qu’il mérite donne chaud au cœur…

Oui, quelle belle, quelle magnifique soirée !

À ne pas rater, le très bon papier du Monde : « Fillon, une campagne qui se délite »

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/03/25/francois-fillon-un-candidat-en-perdition_5100606_4854003.html

Avec tout le fric qu’il a empoché, on espère que Fillon va nous rembourser nos investissements fort mal en point.

 Élus : nous n’oublierons pas

Si mon meilleur ami, m’annonçait qu’il rejoint les rangs du Front national, il cesserait dans la seconde d’être mon meilleur ami. Il était frappant de constater, hier, qu’aucun ténor de niveau national n’avait jugé bon de faire le déplacement à Biarritz. Les Baroin, Larcher et consorts confient en privé qu’ils n’y croient plus. Alors les seconds couteaux, les Olive, Brisson ou Arostéguy, ont vu l’occasion de prendre la lumière et se sont précipités pour conforter le voyou de la République. Quand François Fillon aura pris dès le premier tour la claque électorale qu’il mérite et que tout le monde le lâchera, je les imagine déjà nous expliquer qu’ils ont agi ainsi par « fidélité à leur camp ».  Mais un homme politique a-t-il le droit d’être plus aveugle qu’un citoyen ordinaire ? Nos élus locaux nous envoient un message très clair : la victoire de leur camp et donc leur devenir personnel est beaucoup plus important à leurs yeux que toute considération morale comme le rejet d’un candidat à la présidence de la République mis en examen pour « escroquerie aggravée ». Ils font fi de la morale ? Nous oublierons de voter pour eux et les combattrons lors des prochaines échéances électorales.

 

Tous à vos casseroles !

Malgré sa mise en examen et ses mensonges à répétition, il continue ! Fillon doit donc être accueilli comme il convient, vendredi à Biarritz.

Le talent de François Fillon doit être salué comme il se doit.

Fillon fait de nous la risée de l’Europe, mais persiste et signe, alors que l’enquête concernant les emplois de son épouse et de ses enfants vient d’être élargie à des faits de « faux et usage de faux » et « d’escroquerie aggravée ». Notre pays est actuellement classé en vingt-troisième position au niveau de la corruption, derrière l’Estonie ou l’Uruguay et juste devant le Qatar (www.transparency.org). Rien d’étonnant donc à ce que nos confrères européens ne comprennent pas comment ce « Donal Trump à la Française », peut continuer à viser la présidence de la République ; « un candidat disqualifié pour la présidentielle » selon Le Soir, qui « imite le populiste Berlusconi » pour Blitz, tandis que le quotidien libanais L’Orient Le Jour parle d’un « mépris des règles les plus élémentaires de la vie démocratique. ».

L’immoralité de l’un n’excuse pas l’immoralité de l’autre

Oh, on les entend d’ici, ce dernier carré d’autistes fillonistes qui continue à crier au complot et à l’assassinat politique et s’agite actuellement autour des enfants de Bruno Le Roux, comme si l’immoralité d’une affaire (promptement réglée avec la démission du ministre de l’Intérieur !) pouvait excuser l’immoralité bien plus monstrueuse de l’autre. Une affaire Fillon qui ne cesse de s’amplifier d’ailleurs avec des cadeaux d’amis pas du tout désintéressés, des relevés d’horaires de travail de Pénélope qui semblent apocryphes aux policiers, des interventions auprès de riches hommes d’affaires pour vendre son carnet d’adresses d’ancien Premier ministre. Avec, pour le Père-la-morale des primaires, un seul mot d’ordre évident « Par ici la monnaie ! »

Il faudra que des élus tout à fait respectables comme Claude Olive, Max Brisson, ou Maïder Arostéguy, qui annoncent qu’ils seront présents vendredi, halle d’Iraty, pour venir soutenir leur champion, nous expliquent pourquoi ils font passer la logique de parti avant le respect élémentaire de la morale publique et ne prennent pas leurs distances, comme l’a fait Bruno Le Maire, avec des faits qui ne relèvent pas de la droite ou de la gauche mais de l’immoralité démocratique et de l’esprit de lucre.

Si vous avez la curiosité de regarder l’agenda de campagne de François Fillon, vous constaterez d’ailleurs que le rusé Sarthois, qui s’est bien gardé de bouger une oreille lundi soir sur TF1 par peur d’une balle perdue, prévoit assez peu de meetings en province, par crainte des manifestants en colère et des images télé qui s’ensuivraient.

(https://www.fillon2017.fr/agenda/)

En 2012, Sarkozy avait fini réfugié dans un café.

Fort de ses petites habitudes à l’Hôtel du Palais (Merci, Borotra !) et de son enracinement familial à Ascain, Fillon est persuadé qu’il va faire un déplacement sans risque à Biarritz. En 2012, les Bayonnais ont su accueillir comme il convenait Nicolas Sarkozy. Il est plus que temps pour les Biarrots de montrer qu’en matière de contestation, ils ont autant d’aptitudes que leurs voisins et amis. Alors pour rendre un hommage sympathique au talent exceptionnel de ce grand orfèvre de l’utilisation des deniers publics, un concert de casseroles en l’honneur de ce mélomane averti s’impose. Tous à Iraty, vendredi à 18 h !

Simple comme un café avec sa députée…

Transparence, démocratie participative et rencontre avec les électeurs, une évidence pour Colette Capdevielle…

Colette Capdevielle n’est décidément pas tendance : elle s’achète elle-même sa garde-robe alors qu’elle a de nombreux amis, ses assistants parlementaires ne sont pas de sa famille et n’ont aucune peine à montrer les nombreuses traces de leur activité et ses casseroles ne lui servent que pour faire la cuisine avec ses proches. Plus remarquable encore, la députée des Pyrénées-Atlantiques ne rate quasiment jamais une séance à l’Assemblée nationale et figure dans le peloton de tête des élus consciencieux et impliqués, selon le site nosdeputes.fr., (http://www.nosdeputes.fr/colette-capdevielle) avec plus de 150 interventions en séance lors de ces douze derniers mois.

Contrairement à Ségolène Royal pour qui la « démocratie participative » est restée très incantatoire et théorique, Colette Capdevielle, depuis son élection de 2012, la met en pratique et multiplie des initiatives comme les jurys citoyens pour décider l’utilisation de la réserve parlementaire.

Militante acharnée de la transparence de la vie publique, horrifiée par l’affaire Fillon, Colette Capdevielle veut démontrer que tous les élus ne mijotent pas dans la même casserole et qu’il existe des parlementaires qui font le job. Depuis un mois, elle propose une fois par semaine de venir partager un café, afin de permettre aux citoyens d’aborder tous les sujets qu’ils souhaitent.

Intimidée puis radieuse

Vendredi 10 mars, c’est au Café du théâtre à Bayonne, qu’elle attend les lève-tôt. Trois femmes et un homme, un peu intimidés au départ, vont venir échanger avec elle. La conversation roule sur la parité en politique et la députée n’est pas toujours tendre pour les vieux partis machos : « En 2012, on a constaté que les femmes députées étaient systématiquement éjectées de tous les textes de lois importants, alors on s’est regroupées et on s’est dit qu’on allait être solidaires. Mais la parité reste un combat de tous les jours ».

Une militante de la cause animale intervient ensuite pour réclamer des caméras dans les abattoirs. Évitant toute démagogie, Colette Capdevielle va chercher à faire réfléchir son interlocutrice : « Est-ce que vous accepteriez dans le cadre de votre travail d’être filmée du matin au soir ? Bien entendu, nous devons réfléchir à la souffrance animale, mais je ne suis pas sûr qu’une caméra soit la bonne solution. » Colette Capdevielle, note, écoute, enregistre, consciente qu’un parlementaire ne peut pas tout savoir et qu’il a l’occasion de beaucoup apprendre lors de ces échanges informels.

Joël, qui visiblement fait des étincelles dans son activité, lui explique qu’il vient de lancer une « couveuse d’entreprises » pour développer de nouvelles façons de travailler. Une autre femme se lance dans un aparté avec la députée et en ressort radieuse : « Jamais je n’aurais osé franchir le pas de sa permanence. Venir rencontrer son député dans un café, m’a paru plus simple ».

Actualité oblige, Colette Capdevielle ne peut s’empêcher de fustiger les élus « coupés de toute réalité » et qui ne travaillent pas. Elle s’apprête à mettre en place un conseil citoyen local pour réfléchir en amont aux projets de lois et reprendre les propositions citoyennes qui seront retenues. Tous ceux qui le souhaitent peuvent s’inscrire sur le Facebook de la députée et participer aux réunions de travail prévues les 23 et 30 mars sur le thème de la transparence et du renouvellement des institutions.

« Je veux revenir au cœur du métier de député » affirme l’élue. Nul doute qu’on y est en plein, loin, très loin, des nauséabonds relents venus de la Sarthe ou d’ailleurs…

 Les prochains cafés à partager

 

La France des partis vermoulus

Le mensonge et le non-respect de la parole donnée deviennent la règle dans tous les partis. Triste spectacle !

Le Comité politique des Républicains, pour des questions de gros sous, a décidé lundi soir de ne pas débrancher le candidat Fillon, ce qui n’est guère à son honneur. Mais, avant de le laisser repartir en campagne, il serait peut-être sage de l’envoyer consulter un neurologue, car qui peut raisonnablement envisager d’élire à la tête de l’État un président qui oublie tout ? Le donneur de leçons de morale de la primaire de droite ne se souvenait plus que son épouse avait collaboré avec lui avant 1997. Il pensait ses enfants avocats, alors qu’ils n’étaient qu’étudiants, quand il les a rémunérés comme assistants parlementaires. Il a passé sous silence la légion d’honneur attribuée à Marc Ladreit de Lacharrière, l’employeur de Pénélope à La Revue des Deux mondes. Il a aussi évité de parler de son rôle de conseil auprès d’Axa et de sa société 2F conseil, où il monnaie son carnet d’adresses d’ancien Premier ministre. Annoncé un seul compte en banque alors qu’il en possède quinze. Et, comme c’est bête, « oublié » de déclarer à la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP) un prêt à taux zéro de 50 000 euros de son ami Marc Ladreit de Lacharrière ( Le Prix de la légion d’honneur ? ). Vous imaginez un peu le résultat pour la France si nous sommes en train d’élire un candidat en pleine confusion mentale ? Et comme l’homme n’en est plus à une guignolade près, François Fillon en meeting à Orléans a osé déclarer, défiant la Justice : « Je repense à cette réplique de Jeanne d’Arc face à ses juges : « Passez outre, je vous prie. » Aurait-il, à l’occasion de la journée de la femme, l’intention de faire enfin bûcher Pénélope ?

Sarkozy torpille l’hypothèse Juppé

Sarko enthousiaste à l’idée de laisser la place à Juppé.

Un pendant ce temps qui ne perd pas la tête, même s’il fait passer son intérêt personnel avant l’intérêt du pays, c’est bien Nicolas Sarkozy. Il faut dire qu’il a tout pour s’entendre avec son ancien « collaborateur » Fillon, car au vu des casseroles que les deux se trimballent, ils vont bientôt pouvoir fonder un orchestre philarmonique. La solution Juppé était une solution honorable pour tout le monde, avec une forte probabilité de victoire pour la droite, mais elle avait l’inconvénient d’écarter encore un peu plus des manettes du pouvoir celui qui revient par la fenêtre quand on le chasse par la porte. Alors notre Nicolas à talonnettes s’est démené pour imposer Baroin. Un homme qui, aux dires du maire de Bordeaux, « n’a pas d’idées et ne fait rien », ce qui semble bien vu. Et Juppé, lassé, de jeter fort dignement l’éponge, au vu des pièges que lui préparent ses « amis ». Si Marine Le Pen est élue, grâce à ces détestables jeux politiciens, nous n’oublierons pas la responsabilité prise par Les Républicains et par son ancien chef qui continue à être nuisible pour le pays, même en ayant quitté le pouvoir.

Des centristes achetés à bas prix

Pour Jean-Christophe Lagarde, la morale en politique, c’est bien… Mais il préfère avoir des députés que des dépités.

Quatre jours de vertu avant de revenir manger dans la main de François Fillon ! Début mars, Jean-Christophe Lagarde décide de quitter le bateau qui semble prêt à sombrer et « suspend » la participation de l’UDI à la campagne, parlant même de « défaite assurée ». Il faut croire que la présence de quelques cars de cathos intégristes, dimanche place du Trocadéro, ainsi que l’éventualité de perdre les quarante sièges de députés réservés à l’UDI, ont balayé tout état d’âme et toute considération morale. Le bureau exécutif du parti centriste a finalement validé l’accord conclu avec Les Républicains sur les investitures pour les élections législatives. Mais il attend encore des « initiatives » de François Fillon sur le « rassemblement de la droite et du centre » pour rallier (de nouveau) le candidat. Pure posture, car certains dans le parti s’impatientent déjà. « Attendre encore » pour le soutenir « n’apportera rien » aux centristes, estime ainsi, mercredi 8 mars, le patron des députés UDI, Philippe Vigier, mettant en garde certains de ses camarades sur le risque de « nouvelles tergiversations ». Allons, ce n’est pas parce qu’un candidat ment comme un arracheur de dents qu’on va s’abstenir de le soutenir, si à l’arrivée la soupe est bonne !

Peu reluisant spectacle à gauche

Le « gendre idéal » François de Rugy a menti devant tous les Français. Même pas honte !

Le spectacle n’est guère plus reluisant à gauche où les mensonges, les coups fourrés et le non-respect de la parole donnée deviennent la règle. Oubliez Cahuzac et prenez le premier communiant François de Rugy. Rêve de belle-mère, avec son côté bien propre sur lui et sa façon de vous regarder droit dans les yeux quand les caméras sont braquées sur lui, il s’engage à soutenir le vainqueur de la primaire de gauche, quel qu’il soit… avant d’annoncer le 22 février qu’il saute au cou d’Emmanuel Macron. Dans un pays où le mensonge n’est pas la règle absolue, pour un tel manquement public à sa parole, plus un électeur ne voterait pour lui. En France, on sourit de cette virevolte. Prenez un Bertrand Delanoë qui s’était comporté avec beaucoup de dignité depuis son départ volontaire de la mairie de Paris. Et que fait-il pour la première fois où il sort de son silence ? Il appelle à voter Macron qui a refusé de participer à la primaire de gauche ! Tout en clamant son « amitié » pour Benoît Hamon !

Et une preuve de plus de la stupidité incommensurable des primaires, qu’elles soient de droite et de gauche !

Le mensonge élevé au rang d’œuvre d’art 

Et, que dire pour l’image de notre pays, de la candidate Marine Le Pen refusant de se rendre aux convocations du Parlement européen ou de l’opération de ratissage tous azimuts d’Emmanuel Macron passant des coups de téléphone à Nathalie Kosciusko-Morizet ou à Christian Estrosi pour les inciter à se ranger aux côtés de Gérard Collomb. ou François Bayrou. Mais quelle tambouille ! Le tout sous les yeux atterrés de tous les autres nations européennes qui constatent que le pays des droits de l’homme est devenu celui du mensonge élevé au rang d’œuvre d’art et des attaques en règle contre la Justice et la Presse, ces deux piliers de la démocratie.

« Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? », fanfaronnait il y a quelques semaines un des candidats. Quel est le Français qui n’imagine pas actuellement le général de Gaulle en train de se retourner dans sa tombe avec une élection d’une telle médiocrité?