Cassez-vous et cachez-vous, Monsieur Fillon !

Quand on entend la défense de son entourage sur les « bonnes familles », on est fier de faire partie des mauvaises familles…

La position de François Fillon, assiégé de toutes parts, est intenable…

Chaque soir, au moment de s’endormir, cette question récurrente : est-ce qu’au début de l’année 1789, la noblesse française, face au tiers état, faisait preuve de la même morgue, de la même arrogance, de la même inconsciente désinvolture qu’une partie de cette classe politique française, qui campe actuellement sur les plateaux de la télévision française pour justifier l’injustifiable et le million d’euros d’argent public encaissé par la famille Fillon ?

Le beau regard franc du collier de Messire Gérard Longuet.

Prenez par exemple messire Gérard Longuet, ce jeune gandin qui dans sa folle jeunesse au quartier Latin s’amusait avec ses copains d’Occident à redresser idéologiquement les gauchistes à coups de barre de fer. Le seigneur de Lorraine explique sur BFM qu’il est tout à fait normal de salarier ses enfants, quand on est sénateur, même s’ils ne sont pas tout à fait avocats : « Ce sont des choses qui arrivent dans toutes les bonnes familles ». Effectivement, s’il faut maintenant perdre son temps à se justifier pour des foucades à 4 000 € d’argent de poche, où va-t-on ? Et si on empêche le connétable de la Sarthe (qui ne gagne guère à être connu !) pour un million versé indûment à sa famille de se présenter à la fonction suprême, nul doute que notre pays est foutu !

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/fillon-emploie-ses-enfants-une-chose-qui-arrive-dans-toutes-les-bonnes-familles-selon-longuet-909243.html

 Manant de père en fils depuis des siècles, je suis ravi d’avoir enfin compris ce qui sépare en France les bonnes familles des mauvaises familles, grâce à cette affaire.

– Dans les bonnes familles, on pense sincèrement que le pain au chocolat que la bonne va acheter coûte quinze centimes tandis que dans les mauvaises familles on le regarde dans la vitrine en trouvant qu’il est bien cher.

– Dans les bonnes familles, on fait appel aux amis entrepreneurs pour trouver un stage aux enfants, tandis que dans les mauvaises on se retrouve dans le meilleur des cas à compter les poches plastiques utilisées chez Auchan ou à ne pas valider ses diplômes faute d’employeurs complaisants prêts à vous offrir un stage.

– Dans les bonnes familles, on poursuit ses études paisiblement et on obtient des séjours Erasmus, tandis que dans les mauvaises, on multiplie les petits jobs à douze euros de l’heure tandis que, comme par hasard, votre dossier n’est jamais complet au moment de partir étudier à l’étranger.

– Dans les bonnes familles on envoie les enfants dans les meilleures écoles privées pendant que les élèves des mauvaises familles, ces sots qui veulent singer l’aristocratie, rêvent de métiers auxquels ils ne peuvent accéder (4 à 6 000 euros l’année pour une école de journalisme !) preuve de la faillite de notre système républicain.

 – Dans les bonnes familles, on n’hésite pas en tant que maire à faire employer sa fille par l’entreprise que l’on dirige avant d’expliquer à la Justice qu’on ne savait rien ou à la salarier comme assistante parlementaire quand elle décide de vivre en Amérique du Sud. Dans les mauvaises familles on espère bêtement un contrat précaire et rêve de décrocher le graal, un CDI.

– Dans les bonnes familles, la main gauche doit ignorer ce que fait la main droite, celle qui trempe dans le bénitier, et on sourit en voyant un ministre socialiste chargé de faire la chasse aux fraudeurs, détenteur de comptes offshore. Dans les mauvaises familles, on se fait plumer par son banquier au moindre déficit et on ignore ce qu’est un compte en Suisse.

– Dans les bonnes familles, on vous explique qu’il est normal que votre épouse, qui n’a ni badge, ni mail professionnel et se contente d’un service de pigeons voyageurs entre Paris et son château de la Sarthe, touche plus que le député qui vous a remplacé. Dans les mauvaises familles, on reste sans voix devant tant de mauvaise foi.

– Dans les bonnes familles, on considère comme négligeable une somme d’un million d’euros et on fait la morale aux manants qui ne gagneront jamais cela de leur vie en leur expliquant qu’il ne faut pas jeter le quignon de pain dur et le consommer le lendemain dans la soupe.

Obscène !

Alors oui, Monsieur Fillon, vous qui voulez devenir le seigneur et maître de tous les Français, je vous avoue que je m’honore depuis que votre affaire est sur la place publique de faire partie des mauvaises familles.

– Fier dans cette mauvaise famille d’un grand-père qui donnait à un châtelain oisif comme vous la moitié de sa récolte de métayer et qui, ancien maire de son village, n’hésitait pas, à quatre-vingt ans passés, à prendre son tracteur pour aller déverser du fumier devant la sous-préfecture.

– Fier , dans notre maison où il n’y avait pas grand-chose, de la ronéo familiale qui permettait à mon père d’exprimer ses profonds sentiments anticolonialistes pendant la guerre d’Algérie et de distribuer des tracts de son cru.

– Fier de mon frère, instituteur puis directeur d’école. Jeune retraité, il a réussi tout au long de sa carrière à ne jamais prendre un seul jour d’arrêt, même quand il y avait droit au moment de la naissance de ses filles, simplement parce qu’il pensait que les enfants dont il avait la charge seraient pénalisés.

– Fier d’être membre de cette mauvaise famille et de n’être pas devenu, grâce à ma génétique familiale, un cireur de pompes de la classe dominante en place…

Monsieur Fillon n’avez-vous pas conscience d’être obscène avec vos pitoyables dénégations, vos demi-vérités, et vos dénonciations, qui ne dupent personne, d’un complot universel contre vous ? N’êtes-vous pas peiné, tout comme le manant que je suis, pour tous ces vrais assistants parlementaires, tous ces militants sincères, tous ces élus remarquables que vous salissez avec votre morgue et vos approximations ? Ne comprenez-vous pas qu’à force de vouloir, à gauche comme à droite, conserver vos privilèges à tout prix, vous allez soit propulser Marine Le Pen à la tête du pays soit provoquer une insurrection nationale ? Il y a deux siècles, la noblesse se reconnaissait à ses particules. Maintenant la nouvelle noblesse se reconnaît à ses mandats électoraux et à ses casseroles.

Alors, Monsieur-la-vertu, Monsieur le donneur de leçons de morale, Monsieur l’abonné du premier rang à l’église locale, renoncez à la présidentielle dès aujourd’hui, cassez-vous, et allez-vous cacher dans votre si joli château de Solesmes, qu’en magnifique hypocrite vous qualifiez de maison quand il s’agit d’être élu par le bon peuple. Et, en attendant que vous rendiez l’argent, estimez-vous heureux si les manants, comme en 1789, ne montent pas à l’assaut de votre château en cherchant à mettre votre tête au bout d’une pique.

Jean-Yves Viollier

Pénélope a trouvé le bon Filon

Faites ce qu’on dit, mais pas ce que l’on fait, le slogan de campagne des Fillon.

600 000 euros, c’est à peu près ce que gagne un ouvrier en une existence entière de travail. C’est aussi ce qu’a touché en huit ans, selon Le Canard enchaîné l’attachée parlementaire fantôme Pénélope Fillon, en plus des non négligeables émoluments de son mari. Tandis que la presse aux ordres insiste sur la légalité de l’opération (Fillon, malheureusement n’est pas le seul dans ce cas !) et que le candidat républicain s’efforce de créer un rideau de fumée en insistant sur la prétendue misogynie dont fait preuve le palmipède à l’égard de son épouse, Bisque, Bisque, Basque ! ne résiste pas au plaisir de rafraîchir la mémoire de ceux qui ne s’intéressent que de loin à la politique, avec le parcours d’un des pires faux-cul de la République.

La grande misère des assistants parlementaires

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Avec cette affaire, les internautes s’en donnent à coeur joie…

Actuellement, chaque député dispose de 9561 euros mensuels pour rémunérer son ou ses attachés parlementaires. L’État aurait pu légiférer sur le salaire de ces assistants, il a préféré laisser les députés décider par eux-mêmes, ce qui démontre sa très faible envie de moraliser la vie publique. Les émoluments de ces petites mains indispensables aux parlementaires oscillent souvent entre 2000 et 3000 euros, ce qui est peu compte tenu de la précarité et des exigences de la fonction. Claude Bartolone, Bruno Le Maire, Jean-François Copé, Jean-Christophe Lagarde ou Gilbert Collard n’ont pas hésité à salarier leurs épouses. Certaines effectuent un réel travail, tandis que l’action d’autres reste des plus nébuleuses. En 2014, Médiapart a constaté que 52 épouses, 28 fils et 32 filles de députés occupaient un poste d’assistant parlementaires. Et l’on vous passe les maîtresses, fort nombreuses, pour qui connaît les secrets d’alcôve de l’Assemblée nationale !

Pénélope Fillon doit être une surdouée de la politique puisque dès 2001, celle qu’on n’a jamais vu à l’Assemblée nationale démarre sa carrière avec une rémunération de 3900 euros par mois, puis 4600 l’année suivante, des salaires qui laissent rêveurs les « vrais » assistants parlementaires.

 

Petites combines sur le dos des contribuables

Quand Fillon jouait les Père la morale…

François Fillon a toujours été habile. Ce n’est pas lui qui se ferait gauler par la patrouille en salariant directement sa fille par le biais d’une Société d’économie mixte, comme quelque maire local de la Côte basque. Sitôt devenu ministre, Fillon va engager comme conseiller technique, et donc salarier, Igor Mitrofanoff, tout en le laissant continuer à travailler pour… Marc Joulaud. Si ce n’est pas un emploi fictif, ça y ressemble grandement. Quant à Jeanne Robinson-Behre, elle va occuper en parallèle un poste d’assistante parlementaire d’un sénateur UMP. Des « acrobaties » qu’elle n’a visiblement pas digérées, puisqu’elle affirme à propos de Pénélope : « Je n’ai jamais travaillé avec elle. Je n’ai pas d’info à ce sujet ».Manque de chance, Fillon est nommé ministre des Affaires sociales et du Travail en mai 2002, ce qui aurait pu compromettre la brillantissime carrière parlementaire de Pénélope. Mais son suppléant Marc Joulaud, ébloui par les qualités de la dame, va l’engager pour… 7900 euros par mois, un record toutes catégories pour ce poste. Les deux autres assistants parlementaires de Joulaud, que tout le monde connaît et voit travailler, Igor Mitrofanoff et Jeanne Robinson-Behre se partagent donc le reste de l’enveloppe soit… 800 euros chacun.

Inconnue au bataillon

L’équipe de campagne montre son vrai visage en menaçant la biographe Christine Kelly.

Et c’est là que ça se corse pour le donneur de leçons de la primaire de la droite, le candidat de la « transparence » de la « morale » et de « l’éthique ». Vous connaissez quelqu’un qui va être interrogé sur sa vie et qui ne va pas évoquer son travail ? Lorsque Christine Kelly écrit un livre sur le couple Fillon, jamais Pénélope ne parle de son activité d’assistante parlementaire. Mieux, en 2016, celle qui se présente comme une mère au foyer affirme devant les journalistes ne s’être « jamais impliquée dans la vie politique de son mari ». Olivier Picard, chroniqueur politique depuis 25 ans à l’Assemblée nationale est catégorique :  il n’a jamais croisé la trop discrète Pénélope et juge qu’elle est « indéfendable ».

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1644344-je-suis-journaliste-parlementaire-depuis-25-ans-penelope-fillon-est-indefendable.html

François Fillon, comme tous les politiques pris la main dans le sac, crie à la « boule puante ». Mais le parquet financier vient d’ouvrir, aujourd’hui même une enquête préliminaire pour « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits». Si les faits sont avérés, il risque une condamnation à de la prison avec sursis et à une peine d’inéligibilité.

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/01/25/emploi-de-penelope-fillon-pourquoi-le-parquet-ouvre-une-enquete_1543935

 

Des as de l’acrobatie sémantique

Château, manoir, maison, le discours sur cette propriété familiale datant du XVe siècle varie beaucoup en fonction des circonstances politiques. Un peu comme pour la femme au foyer Pénélope devenue soudain une très assidue assistante parlementaire.

Quand il était Premier ministre de Nicolas Sarkozy, le personnel de Matignon disait de Fillon qu’il était « le pire jouisseur de la Ve République ». Monsieur fait la morale, rallonge le temps de travail des Français, veut mettre à la rue des milliers de fonctionnaires, mais quand il est question de son petit confort, rien ne devient négociable. En voiture avec gyrophare, Sablé-sur-Sarthe n’est qu’à deux heures de Paris, mais François Fillon n’a jamais hésité à prendre les avions ministériels qui font tellement plus chic. C’est lui aussi à la fin de l’année 2010, alors que Sarkozy avait interdit à ses ministres de quitter l’hexagone qui se fera gauler en Égypte, à l’occasion d’un séjour somptueux offert par Moubarak. Pris la main dans le sac, il affirmera avec aplomb être en voyage officiel et diplomatique et s’efforcera de détourner les regards de la presse en direction de Michèle Allliot-Marie, partie accompagner ses parents en Tunisie.

Même duplicité quand le couple évoque la demeure familiale de Solesmes. Désireuse de montrer qu’elle est presque aussi bling-bling que Sarkozy, la famille Fillon parade en 2013 pour Paris-Match, dans les jardins du château de Beaucé, acquis en 2013. Miracle de la sémantique, depuis que le notaire calamistré de la Sarthe s’imagine en possible Président de la République, le bien familial est devenu « manoir » puis « maison ».

… Allez, on prend les paris que sous peu le très catholique candidat, avec son inimitable air de chien battu, va qualifier le salaire d’assistante parlementaire de la fidèle Pénélope comme une simple « aumône » destinée à entretenir son humble « masure » !

Revenir à l’essentiel et faire Vallser Fillon

La route à venir ne va pas être simple pour Manuel Valls. Au concours du parti le plus bête du monde, le PS semble décidé à faire aussi bien que la droite.

Même si elles m’ont valu quelques profondes satisfactions, comme ce coup de pied aux fesses infligé au petit Nicolas, les primaires, qu’elles soient de droite ou de gauche, continuent à susciter en moi un profond malaise. Pour les médias comme pour les politiques, une somme de quatre euros, si l’on vote aux deux tours, est totalement négligeable et ne mérite pas la moindre réflexion. Nous connaissons pourtant tous autour de nous des gens pour qui une telle somme est vitale.

GRATUITÉ INDISPENSABLE

Est-il logique, est-il démocratique que des bobos friqués et politisés puissent ainsi déterminer à l’avance le casting d’une élection au suffrage universel tandis que les prolos impécunieux devront se contenter du choix effectué par des gens à des années-lumière de leurs préoccupations ? De Gaulle disait « La seule Cour suprême, c’est le peuple ». À l’évidence, l’esprit de la Ve République est trahi avec l’organisation de primaires payantes. Quand on sait que l’État français a versé plus de 63 millions d’euros de financement public aux partis politiques en 2015, il est navrant de constater que le parti socialiste, décidément doté du même autisme que la droite, n’a pas le réflexe élémentaire d’une primaire gratuite, permettant à tous ceux qui le souhaitent de voter, sans exclusion par l’argent. Quitte à installer dans un coin des salles de vote, une tirelire où chacun pourrait donner librement pour aider aux frais d’organisation du scrutin.

LE FN N’A PAS DIT SON DERNIER MOT

Marine Le Pen reste persuadée qu’elle va caracoler en tête.

Pour presque tous les confrères, la messe est dite et la désignation de François Fillon ruine les espoirs de Marine Le Pen. Circulez, y’a plus rien à voir ! C’est sans doute aller un peu vite en besogne. François Fillon a totalisé sur son nom presque trois millions de suffrages, ce qui est une belle performance. Mais pour se qualifier au premier tour de la présidentielle, il faut généralement dix millions de votes en sa faveur et vingt pour devenir Président de la République. D’après les sondeurs, 400 000 sympathisants du Front national seraient venus voter à la primaire de la droite. Les autres sympathisants, pendant ce temps, ruminent en silence leur haine du système et fourbissent le bulletin fatal qu’ils déposeront dans l’urne le jour de la présidentielle. Marine n’a pas fini de faire parler d’elle.

L’AGONIE DE HOLLANDE

Les adversaires de Manuel Valls, qu’ils soient de droite ou de gauche, soulignent à l’envi que le Premier ministre lui a planté un poignard dans le dos avec son interview au Journal du Dimanche. Même si je ne suis pas du tout favorable à Manuel Valls, appréciant peu sa perpétuelle danse du ventre devant le patronat et sa Loi travail, rien ne me semble plus faux. Hollande a lamentablement raté son quinquennat et il ne le doit qu’à lui, son Premier ministre ayant plutôt limité les dégâts. Refusant de s’inscrire à l’Association au Droit de Mourir dans la Dignité, Hollande était le seul à ne pas avoir conscience d’être en phase terminale. Ségolène et ses enfants ont tenté de lui dire, Valls, plus pragmatiquement l’a débranché et il a bien fait. La politique n’est pas une activité pour les poètes, et Hollande, lors de ses prochaines escapades en scooter, pourra toujours se dire qu’il a renoncé de lui-même, tandis que Sarkozy s’est fait virer. C’est tout ce que les livres d’histoire, avec le mariage pour tous, retiendront de son peu brillant passage.

VALLS L’ÉQUILIBRISTE

Les chances de la gauche de remporter la présidentielle de 2017 sont infimes. Manuel Valls sait parfaitement qu’une élection présidentielle, c’est la rencontre d’un homme et d’un peuple et qu’il conserve une minuscule fenêtre de tir. En attendant, il va devoir se livrer à un sacré numéro d’équilibrisme. Libéral et à droite presque toute quand il gouvernait, il va se souvenir qu’il est à gauche dans les jours qui viennent pour tenter d’asphyxier Montebourg, avant de draguer les centristes s’il réussit à sortir vainqueur de la primaire. De la haute voltige, certes, mais aussi quelque part le lot quotidien d’un politique. Et Valls dans l’exercice n’est pas le moins doué de tous.

LA PRIMAIRE LA PLUS BÊTE DU MONDE

Pour Gérrard Filoche, l’essentiel, c’est de doubler les salairres. et de laisser l’orthographe à ceux que ça intéresse… (Photo François Amigorena)

Si la primaire de la droite a permis aux Français de découvrir ce qui se cache derrière le vocable creux du libéralisme – haine du salarié, mépris des plus faibles, volonté d’éradiquer le syndicalisme -, nul ne peut contester que l’événement a été de fort belle tenue avec un ancien président de la République et deux anciens Premiers ministres à l’affiche. Malheureusement la politique est ainsi faite que la tentation du quart d’heure de gloire télévisuelle existe. Ce n’est pas faire injure aux candidats de la primaire de gauche d’affirmer qu’ils sont plus là pour faire prospérer leur fonds de commerce et négocier au plus offrant les quelques voix obtenues au premier tour plutôt que véritablement viser l’élection présidentielle. Entre l’inexistante Marie-Noëlle Lienemann, la girouette Montebourg, Vincent Peillon en faux-nez de Martine Aubry, ou le brave inspecteur du travail Gérard Filoche, les débats pourraient vite devenir ridicules et la primaire une magnifique machine à perdre. J’en suis personnellement très chagriné, mais la gauche a une chance et une seule de l’emporter et elle se nomme Manuel Valls.

LE VRAI FILLON

La modeste masure du pauvre hère Fillon, présentée dans Paris Match.

La capacité d’oubli de nos médias n’a d’égale que celle de nos concitoyens. Pendant les primaires de droite, on s’est gargarisé sur Mister Nobody revenu de nulle part, sur l’homme simple qui plaît aux Français, le Sarthois placide capable d’essuyer les tempêtes. Au lieu de taper comme un sourd sur cette icône en carton-pâte qu’un souffle devrait balayer, autiste, la gauche s’apprête pendant deux mois à ferrailler entre elle en négligeant un homme dont le programme devrait épouvanter n’importe quel citoyen ayant deux sous de bon sens. François Fillon, c’est d’abord, selon les dires du personnel de Matignon, rapportés par « Le Canard enchaîné » de l’époque, « le pire jouisseur de la Ve République ». L’homme qui prône les économies indispensables mais qui n’hésitait pas à prendre un avion ministériel plutôt qu’une voiture pour les 250 kilomètres à parcourir entre Matignon et son château de Solesmes et ne se souciait que de son confort personnel. Le même Premier ministre qui, en 2011, au mépris de la politique étrangère de la France, acceptait une invitation de Moubarak à passer les fêtes de fin d’année en Égypte. Et à détourner sournoisement l’attention sur Michèle Alliot-Marie et ses vacances tunisiennes, pour qu’on l’oublie.

QUI EST LE PLUS PRIMAIRE ?

La différence de style est frappante. Hollande a mis dix minutes à défendre son bilan, avant d’annoncer qu’il ne se représentait pas. Valls quarante secondes à annoncer sa candidature avant de commencer à fustiger ses futurs adversaires. En 1980, nous étions nombreux à ne guère entretenir d’illusions sur François Mitterrand. Mais notre détestation de Valéry Giscard d’Estaing était telle, que nous avons voté sans trop de difficultés pour François les dents longues, avant de découvrir quelqu’un qui a su incarner la fonction présidentielle. Éternel capitaine de pédalo corrézien, Hollande ne s’est pas hissé à la hauteur du poste qu’il occupait, ce qui l’a définitivement séparé de ses électeurs. Je ne rêve vraiment pas de Valls à chaque heure du jour et de la nuit, mais sa fougue, sa combativité alliée à son sens de l’État, font de lui la seule chance de la gauche et un possible et présentable Président de la République.

À condition d’arrêter un peu avec ces primaires qui faussent complètement le jeu politique, Valls devant lutter pendant deux mois contre son propre camp pendant que Macron, avant de faire pschitt, va pouvoir parader et débiter des inepties au kilomètre sans la moindre contrainte puisqu’il s’est affranchi de ce tour préliminaire !

Oui, sans aucun doute, « Valls, c’est du brutal » comme diraient les tontons flingueurs. Et quand on voit la furia avec laquelle le petit taureau catalan peut asséner ses arguments, on se dit que le fils de notaire Sarthois, grand spécialiste du coup en douce, mais pas trop courageux dans le face à face, pourrait sérieusement se faire malmener dans un débat à deux. Et après, qui sait ?

Les sourires en coin d’une Filloniste historique

fillon-martineauSon téléphone n’arrête pas de sonner, les messages de félicitations de pleuvoir, et, depuis une dizaine de jours, ses amis ne se comptent plus. Corine Martineau n’est pas dupe de cette soudaine agitation de tous ceux qui jouent placés. Alors que nous sommes politiquement aux antipodes, ce qui n’empêche pas le respect et la sympathie, il était intéressant d’entendre pourquoi, en 2015, cette militante fervente des Républicains, a choisi le camp de celui qu’on qualifiait alors de « Mister Nobody », avant de devenir le vainqueur-surprise de la primaire de la droite.

– Qu’est-ce qui t’amène à choisir Fillon ?

– « En politique, il n’y a qu’une vérité : le terrain ! J’ai été très intéressée par le tour de France qu’a entrepris François Fillon pendant trois ans. Et encore plus quand j’ai découvert qu’à chaque visite, il se tournait vers des gens de la société civile pour obtenir des remontées d’informations et effectuer un vrai travail de fond.

– Quelles sont les personnalités connues qui partagent ton engouement d’alors ?

– Je suis seule sur Biarritz et à part le maire d’Anglet, Claude Olive, les soutiens à Fillon sont plutôt discrets. Tous les Républicains sont Sarkozystes avant de devenir Juppéistes et j’ai droit à des plaisanteries répétitives comme « Fillon ne passera jamais. Il a raté le coche. »

– Tu as cru en lui dès le début ?

Au sommet de la Rhune.

– Je ne vais pas refaire l’histoire maintenant que c’est facile. Je ne pensais pas qu’il réussirait un score aussi élevé, mais j’ai toujours pensé qu’il allait s’imposer. Lors de la montée de la Rhune en compagnie de ses soutiens (juillet 2016), il nous a fait passer un moment très agréable, manifestant beaucoup d’écoute à chacun et réussissant pendant deux heures à parler tout en grimpant, ce qui démontre une belle condition physique. Son programme, comme son côté humain, m’ont séduit. J’ai pensé qu’il allait gagner car sur le terrain les gens affirmaient en avoir marre des politiques avec des casseroles, refusaient quelqu’un de trop âgé, et souhaitaient malgré tout un candidat expérimenté. Il me semblait qu’il incarnait la synthèse parfaite des attentes des électeurs. Et puis, c’est un chat, il avance sans faire de bruit contrairement à d’autres que l’on peut côtoyer dans la région (Grand éclat de rire).

– Qui vient assez vite te rejoindre dans le soutien à Fillon ?

En janvier 2016, Maïder Arostéguy choisit à son tour Fillon. Tour à tour, nous nous rendons à Paris le rencontrer ainsi que son équipe de campagne. En avril, lors d’un rassemblement des relais territoriaux, je pose une question en annonçant que je suis de Biarritz. Après la réunion, des gens du département des Pyrénées Atlantiques se font connaître. De là est parti le comité de soutien à François Fillon avant que Paris ne me désigne comme présidente du comité de soutien à Biarritz.

– Tout s’est bien passé ?

– Nous avons très bien fonctionné avec Pau et le Béarn. Je suis allée tracter à Orthez et à chaque fois, l’accueil a été très chaleureux. Le terrain m’a confirmé ce que je ressentais. Nous avons tout de même distribué 30 000 journaux. Les politiques n’ont pas encore compris l’importance des réseaux sociaux, où chacun lit de son côté et découvre que des gens pensent comme eux.

– À quel moment, as-tu cru à la victoire possible ?

– Lors du meeting organisé à Biarritz, on a senti que ça basculait. Le journaliste de BFM TV, venu pour la circonstance, m’a même confié : « On ne pensait pas voir ça à Biarritz » Pour lui, c’était une terre définitivement acquise à Juppé.

– Et le soir du premier tour ?

– (Corine lève les yeux au ciel !) Nous étions tous rassemblés à Saint-Jean-de-Luz et quand les résultats ont commencé à être connus, j’ai soudain vu Nathalie Motsch et Patrick Destizon venir me faire un vibrant éloge de François Fillon. Je ne suis pas dupe. Même chose avec les félicitations d’Édouard Chazouillères reçues ce soir-là.

– Et maintenant, quel est le programme ?

– On continue à se mobiliser plus que jamais en vue des présidentielles de 2017. En janvier, on va connaître les investitures pour les élections législatives. Je souhaite que Maïder Arostéguy soit désignée, plutôt qu’un ou une Filloniste de dernière heure. Et si on rétorque que Maïder est depuis trop peu de temps dans notre parti pour obtenir l’investiture, alors, en tant qu’ancienne militante du parti, je poserai ma candidature pour ces législatives.

– Que penses-tu de Bayrou et Macron ?

– Macron, plus jeune plus neuf, va bouffer les voix de Bayrou. Les gens ont besoin de rigueur et d’assurance. Les deux en sont totalement dépourvus.

– Comment vois-tu la primaire de gauche ?

– Je pense que Hollande pourrait sortir vainqueur de cette primaire, s’il se présente. L’autre hypothèse est Arnaud Montebourg car il fait figure d’homme neuf. Je ne crois pas à Valls, votre Sarkozy de gauche, car il est trop clivant.

– Je réalise soudain que tu ne m’as pas parlé de Max Brissson. C’est un hasard ?

– (Grand sourire) Sans doute ! Max va évidemment se rallier au vainqueur de la primaire. Je prendrai Max dans mon équipe pour travailler, s’il est d’accord. »

C’est comme si c’était fait !

Vous pouvez retrouver les points de vue décapants de Corine Martineau sur son Facebook :

(https://www.facebook.com/corine.martineau1)

Les absolus primaires de la droite

Dans le temple de la boxe de la salle Wagram, les coups entre les candidats de la droite sont restés très retenus. Normal, sur la détestation du salarié, du prof ou du syndicaliste, tous sont d’accord…

Ah, le bon médicament que voilà pour tous ceux qui ont mal à leur gauche ou qui frisent la dépression pour cause de quinquennat décevant au possible ! Le deuxième débat de la droite se déroulait le 3 novembre, jour annoncé de la gentillesse, dans la salle Wagram, l’ancien temple de la boxe. Les sept candidats de la primaire de droite, en politiques roués, ont su à merveille alterner les vacheries fielleuses, l’autodérision teintée de pain au chocolat et les amabilités mielleuses, tout en retenant leurs coups. Mais si l’on oublie les petites phrases, les effets de manche préparés longtemps à l’avance par des équipes de gagmans salariés, et si l’on s’intéresse au fond, aux propositions formulées par ces Docteur Diafoirus du futur quinquennat, on se sent tout de suite beaucoup moins malades d’être de gauche.

Car derrière les différences de façade, Le Maire qui remet sa cravate pour faire moins moderne, Juppé qui ne dit mot pour entretenir l’illusion du vieux sage, Copé et Kosciusko décidés à se payer Sarko, et Fillon qui débite sa leçon qui n’intéresse personne, que retenir sur le fond ? Sept enfants gâtés, nés avec une cuillère d’argent dans la bouche et qui affichent leur haine du salarié, ce fainéant trop payé, leur envie de casser du syndicaliste, la nécessité de plus de police, de plus de juges, de plus de places de prison pour remettre le pays sur ses rails. Et quand on en arrive au sujet-phare de la soirée, notre école en déliquescence absolue (à 22h50 et avec des réponses d’une minute ce qui démontre la stupidité incommensurable de l’exercice !) tous d’être d’accord, après avoir tapé sur les profs, pour préconiser le port de l’uniforme et le chant quotidien de la Marseillaise…

Un débat tous les trois jours s’impose…

Non mais, sérieux, vous croyez que c’est avec cette confondante absence d’imagination et ces règles du XIX e siècle que vous allez transformer le pays ? Et vous avez une équipe appointée autour de vous pour proférer des âneries de cette taille en public ? Et vous croyez qu’on a envie de vous voir diriger le pays avec une imagination aussi atrophiée ? L’école ne se limite pas au bonnet d’âne et aux coups de règle sur les doigts et j’aurais tellement aimé vous entendre parler nouveaux savoirs, détection des métiers d’avenir, recherche des compétences chez l’enfant, évolution des enseignants au cours de leurs carrières…

Après, soyons lucides, le médicament est tellement bon pour toutes les âmes en peine de gauche, ravies des litanies d’inepties proférées par cette droite ringarde au possible, que l’on se prend à regretter que le prochain débat des candidats de la primaire de droite ne se déroule pas avant le jeudi 17 novembre.

Si le médecin pouvait nous prescrire un euphorisant comme le débat de la droite tous les trois jours, on finirait presque par trouver des qualités à Hollande, ce qui, convenons-en, requiert tout de même un bel effort d’imagination…

Primaire de droite : le bal des ringards (1/3)

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Cinquante nuances de droite, peut-être, mais une haine commune du démuni, du salarié, du syndicaliste et un amour sans limite pour le patronat et la finance…

On ne remerciera jamais assez les sept candidats à la primaire pour le bonheur qu’ils ont apporté à tous les gauchers contrariés qui souffrent depuis 2012 d’avoir mis un bulletin en faveur du François-le-benêt qui nous dirige. « Je m’estime peu quand je m’examine, beaucoup quand je me compare » affirmait Auguste de Villiers de l’Isle-Adam, dans ses bien nommés Contes cruels.

Si quelques désespérés de la gauche étaient avant l’émission momentanément tentés par une incursion à droite, nul doute que les cent cinquante minutes de pompeuses platitudes débitées, jeudi soir sur TF1 par la bande des sept ringards les auront définitivement détournés de ce projet.

Avec un Bruno Le Maire réactionnaire à souhait dont la seule modernité consiste à ne pas porter de cravate, un Alain Juppé pontifiant et redoutant la gaffe, une Nathalie Kosciusko-Morizet cramponnée à son joint de cannabis dépénalisé dans sa pathétique course à la modernité, un Sarko toujours plus agité et toujours plus convaincu d’être une victime de tous, un Jean-François Copé décidé à incarner à lui tout seul les douze salopards réunis et un François Fillon, capable d’endormir un congrès de notaires, on a parfois l’impression d’avoir affaire à la droite la plus bête du monde. Preuve de la faiblesse du casting, c’est le très à droite Frédéric Poisson, grand militant anti-mariage pour tous et pourfendeur de l’islam qui retient l’attention, ce qui situe le niveau.

Identité heureuse façon Juppé

Dans ce show pathétique où chacun dispose d’une minute pour répondre, ce qui est largement suffisant pour un buteur de Top 14 au moment de la transformation, mais peut-être un peu sommaire pour quelqu’un qui s’imagine un jour diriger la France, ce sont finalement les points communs entre toutes ces nuances de droite, beaucoup plus que les divergences, qui ont frappé le téléspectateur. Car lorsqu’il s’agit de fustiger les salariés, ces fainéants, ces profiteurs, ces assistés, tous se retrouvent, ont soudain l’œil qui luit et promettent d’en découdre.

Un mot, un seul, sur les patrons voyous ou exploiteurs ? Sûrement pas ! Sur ceux qui pratiquent l’évasion fiscale ? Toujours rien ! Sur les banques qui vont prochainement nous envoyer à nouveau dans le mur ? Ne soyons pas obscènes !

Et qu’est-ce qu’ils nous promettent ces beaux messieurs et cette belle dame pour 2017 ?

Un impôt unique à 23,5% (NKM), la suppression de l’ISF (tous ou presque) et autres risettes fiscales pour les plus riches. Et pour les salariés, pour ces nouveaux-pauvres qui n’arrivent pas à survivre malgré leur travail ? Le passage aux 39 heures sans contrepartie pour presque tous grâce à des accords d’entreprise où les plus mal défendus ne pourront qu’opiner, la suppression de 500 000 emplois de fonctionnaires et de 400 000 emplois aidés pour Bruno Le Maire, ou pour Alain Juppé, qui doit sans doute classer cette mesure dans la rubrique « L’identité heureuse », la limitation à deux mandats pour les délégués syndicaux et l’obligation de consacrer 50% de leur temps de présence au travail. Un programme que les politiques devraient s’appliquer d’abord à eux-mêmes, car, s’ils se limitaient à deux mandats et allaient de temps en temps faire un tour dans la vraie vie en quittant les ors ministériels, ils diraient moins de bourdes à la télévision.

Oui, décidément, il y a des soirs où on est heureux d’être de gauche !

Demain

Primaire de gauche : Si Hollande avait un peu de dignité (2/3)

https://jeanyvesviollier.com/2016/10/15/primaire-de-gauche-si-hollande-avait-un-peu-de-dignite-23/

Son Rachidada, c’est le toupet!

RachidadaC’est une amie parfaite, présente et attentionnée… du moins tant qu’elle a besoin de vous. Albin Chalandon, qui l’a aidée à faire ses premiers pas dans le grand monde, ou Simone Weil, qui lui a confiée sa robe d’avocate  le jour où elle a prêté serment, peuvent en témoigner. Si l’expression toupet d’airain ne vous est pas totalement familière, alors lisez Rachida ne meurt jamais d’Élisabeth Chavelet, rédactrice en chef de Paris Match et vous comprendrez.

Brice Hortefeux, qui ne l’aime guère et qui est un spécialiste des dérapages racistes, la résume ainsi : « Cette fille aurait dû voler des mobylettes dans la banlieue de Chalon. elle termine Garde des Sceaux de la cinquième puissance mondiale. Quand on voit le chemin qu’elle a fait, on est fasciné. Quand on voit comme elle l’a fait, on est atterré. » Il faut aussi préciser que l’ami Brice, dont le courage n’est pas la vertu première, s’est fait alpaguer à la sortie de l’Élysée par Rachida Dati qui lui a lancé, devant les photographes de presse médusés, « Tu veux que je te casse les tibias ? ».

Car cette crevette médiatique, qui pratique la boxe assidûment, n’a peur de rien, ce qui lui vaut autant d’inconditionnels que d’ennemis. Jean-Pierre Raffarin, Christian Jacob et Dominique Bussereau ne jurent que par elle, estimant que c’est la seule véritable star à l’UMP. François Fillon et une liste interminable d’UMP bon teint la détestent.

Fidèle à sa famille, sur laquelle elle veille farouchement pour qu’ils ne manquent de rien, Rachida sait jouer comme personne de ses origines populaires pour se gagner le cœur du petit personnel, indispensable à sa réussite. À partir de 2007, elle multiplie les petits cadeaux destinés à Nathalie, l’assistante dévouée de Claude Guéant et peut ainsi connaître tous les rendez-vous de … Nicolas Sarkozy. Quand le couple Cécilia-Nicolas tangue, elle comprend tout de suite qu’elle doit devenir l’alliée de Cécilia partie vivre ses amours à New-York, pour avoir un accès privilégié à Nicolas en devenant l’intermédiaire indispensable du couple en plein naufrage. Et quand Sarkozy tombe raide dingue de Carla, qui prend tout de suite la mesure de l’intrigante, elle joue les petits oiseaux apeurés en Conseil des ministres, tout en sortant l’artillerie lourde auprès de la presse, au moment où Pierre Charon l’accuse de colporter des rumeurs sur les infidélités réciproques du couple avec Benjamin Biolay et Chantal Jouanno.

Démonstration que l’artillerie lourde est efficace, c’est Carla qui devra s’y coller au micro d’Europe 1, en rappelant que la garde des Sceaux est une amie, avant que Rachida n’annule tous les rendez-vous prévus avec les journalistes.

Rachida est ainsi faite que tout ce qui brille l’attire : Jamel Debbouze, Patrick Bruel et Jean-Claude Darmon l’adorent. Dany Boon, Gad Elmaleh et Johnny Halliday sont ses potes… et même Alain Delon, au compliment rarissime : « C’est une femme extraordinaire, explosive. Elle a un tempérament de hyène. Elle se bat comme un fauve, toujours sur ses gardes. » Un compliment vraiment ?

Multipliant les aventures amoureuses avec le grand patronat (… l’argent, il n’y a que ça de vrai!), Rachida vit son élection européenne comme une punition absolue. jusqu’au jour où elle oublie de fermer son micro devant les caméras de M6 : « Je n’en peux plus! Je n’en peux plus! Je pense qu’il va y avoir un drame avant la fin de mon mandat! ». Classée pour la présence 73e sur les 74 députés français et  727 e sur 736 député européen, Dati n’apparait que lorsque les caméras sont présentes et fuit comme la peste tout travail de fond… Ce qui  ne l’empêche pas de gagner au Parlement européen 3209 euros par journée de travail, de cumuler son mandat avec une lucrative activité d’avocate d’affaires et de chercher à obtenir du père putatif de sa fille une plus que conséquente pension alimentaire.

Rachida sera toujours Rachida. Et si, par malheur, Nicolas Sarkozy devait revenir dans le jeu en 2017, la petite beurette revisitée par Dior sera sur le porte-bagages de la mobylette présidentielle. Car ces deux-là en savent visiblement beaucoup trop l’un sur l’autre pour pouvoir se lâcher.

 « Rachida ne meurt jamais », Élisabeth Chavelet, éditions du Moment, – 190 pages, 16,5 euros.

Les illusions de Mollasson II

Les illusions de Mollasson

Ce ne sont pas les questions de « Match » qui auront malmené la mèche bien ordonnée du châtelain de la Sarthe…

Si vous adorez le second degré, ne ratez pour rien au monde l’interview de François Fillon dans Match, où l’ex  » collaborateur  » de Nicolas Sarkozy, n’ayant pas la moindre question incisive à redouter, s’efforce de prendre une posture présidentielle dans l’optique de 2017 :  » Je ne vois pas d’acte de ma vie politique qui puisse étayer l’idée d’une quelconque indécision ou d’un caractère velléitaire « . Effectivement, la façon dont Jean-François Copé a piqué l’UMP, au nez et à la barbe du notable de la Sarthe, qui a couiné pour la forme avant de baisser piteusement pavillon, est tout à fait révélatrice de la combativité de celui qui s’imagine présidentiable.

François Fillon, en passionné de l’histoire politique qu’il est, devrait pourtant savoir que, sous la Ve République, les Français ont systématiquement pratiqué la rupture, d’une élection présidentielle à l’autre.

C’est la rondeur de Georges Pompidou qui a plu aux électeurs après la rigidité du général de Gaulle. Difficile à imaginer, mais, en 1974, Valéry Giscard d’Estaing incarne la modernité, avec sa façon de venir en pull au Conseil des ministres, de jouer de l’accordéon ou d’exhiber ses mollets maigrelets sur un terrain de football… On connait la suite et le pitoyable mandat de l’homme aux diamants. François Mitterrand s’est ensuite efforcé de redonner du sens à la République avant de devenir un sphinx hiératique et hautain. Logiquement, les Français ont alors choisi Jacques Chirac, bon vivant rigolard amateur de Corona, avant de se lasser, douze ans plus tard, du roi fainéant. Rupture encore avec le petit nerveux Nicolas Sarkozy, énergique en apparence, velléitaire en fait, qui court dans tous les sens sans même savoir où il va. Et nouvelle désillusion en 2012 avec François Hollande, les Français l’ayant imaginé volontaire, sous prétexte qu’il avait laissé en route trois kilos de bedaine.  Avant de découvrir que, derrière les fredaines de Mollasson 1er, à la ligne politique aussi hésitante que le personnage, se cachait un matraquage fiscal tous azimuts.

Difficile donc d’imaginer que les Français, sous prétexte d’alternance, vont s’infliger la même punition en 2017, avec l’indécis de droite Fillon. Ils vont vouloir du dur et du méchant, façon Jean-François Copé ou Marine Le Pen… Ce qui n’est pas franchement une bonne nouvelle.

Predator Fillon, le rebelle pour rire

Montre Rebellion Predator2Comment ne pas penser à ces bobos qui se baladent avec des tee-shirts à l’effigie de Che Guevara, qui ont des idées définitives sur tout, mais qui n’ont jamais levé le petit doigt pour les mettre en pratique? À droite où l’on préfère les cachemires aux textiles made in Taiwan, il est de bon ton d’afficher ses convictions à travers sa montre. C’est ainsi qu’en 2008, Nicolas Sarkozy abandonna sa Rolex tape à l’oeil offerte par Cécilia (… 13 000 euros, tout de même!) pour une Patex de Carla, tellement plus chic… et plus chère (55 000 euros).

Une fois de plus, en 2013, François Fillon qui ne se privait pas de critiquer les goûts de luxe de son patron de l’Élysée, nous démontre qu’il est fait pour jouer dans la cour des petits. Depuis son passage dans les paddocks des 24 Heures du Mans et en particulier dans celui de l’écurie Rébellion qui s’est empressée de lui offrir le modèle Predator Rebellion (… 16 000 euros seulement, sympa tout de même le métier d’ex-Premier ministre!), le notable de la Sarthe bassine tous ses copains de l’UMP en leur rappelant le nom de sa montre et en leur annonçant qu’ils vont voir ce qu’ils vont voir. D’où ce discours de Saint-Cloud où François lui-même s’est extasié de son audace après avoir osé quelques allusions voilées  » Chacun a le droit de vouloir servir son pays et chacun aura le droit d’être candidat aux primaires, mais personne ne peut dire : Circulez ! Il n’y a rien à voir, le recours c’est moi ! « .

Le révolté de 2013 a décidément des progrès à faire et, au vu de la façon dont il s’est fait piquer sans vergogne l’UMP par le peu scrupuleux Jean-François Copé, on ne saurait donc trop conseiller à l’ex-Premier ministre de s’acheter une autre Predator Rebellion pour son poignet vide, tellement il a intérêt à doubler les doses.

Car, pour le moment, comme rebelle, François Fillon n’a strictement rien … montré!