L’éviction méritée de Cécile Duflop

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Battue dès le premier tour de la primaire des Verts, Cécile Duflot ne trouvera sans doute pas grand monde pour la regretter.

C’est l’histoire d’un naufrage personnel et collectif, l’histoire d’un réel talent qui a troqué ses convictions politiques contre un plat de lentilles, même pas bios. À 41 ans, Cécile Duflot, qui avait passé son tour en 2012, en laissant sa place à Éva Joly, avait toujours dit qu’elle serait de la partie présidentielle en 2017. Les maigres électeurs ayant participé à la primaire des Verts (à peine 12 000, soit 0,02% de la population française !) l’ont sèchement renvoyée dans ses foyers dès le premier tour, lui préférant Yannick Jadot et Michèle Rivasi.

Et ce qui est fascinant dans cette trajectoire météorique – elle est devenue secrétaire nationale des Verts en 2006 -, c’est de voir à quel point la politique peut être un raccourci d’existence, avec des hauts et des bas vertigineux.

Au départ, une fille sympa qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui plaît aux Français. Cécile Duflot n’a pas fait les grandes écoles et sa différence, son sens pratique s’entendent. Cette jeune mère de famille qui a trois enfants et vit avec le frère de Bertrand Cantat, a été écrivain public à la prison de la Santé et travaille comme urbaniste dans un groupe immobilier de Créteil spécialisé dans le logement social. Douée de dérision, elle dit d’elle-même qu’elle possède « un charisme d’huître », ce qui ne l’empêche pas d’être réélue avec 70% des suffrages en 2008.

Quand l’huître se prend au sérieux…

Malheureusement à force d’être cajolée par les politiques qui annexeraient bien volontiers les suffrages verts et d’être sollicitée par les médias qui voient en elle une « bonne cliente », l’huître va finir par se prendre au sérieux. Avec Jean-Vincent Placé, le Mazarin des Verts, elle va se lancer dans des manœuvres qui vont totalement discréditer son parti. Un parti qui a cruellement besoin d’argent, ce qu’a bien compris le renard socialiste. Si Hulot se présente à la présidentielle de 2012, le vainqueur de la primaire socialiste François Hollande, risque d’en pâtir. Cécile Duflot et les gros malins du PS vont donc bâtir un programme d’échanges que l’on pourrait appeler « Candidat fantôme contre groupe parlementaire ».

Et c’est ainsi que la très respectable juge Éva Joly, une candidate parfaite pour ne pas faire d’ombre au candidat socialiste puisque, même quand elle parle en français on croit que c’est du norvégien, va recueillir 2,31% des voix au premier tour de la présidentielle de 2012.

Duflot et Placé savaient parfaitement qu’ils envoyaient leur candidate au massacre, mais peu leur importait. En échange de leur « sagesse » aux présidentielles, le PS leur avait gardé des circonscriptions imperdables aux législatives, ce qui a permis à Europe Ecologie Les Verts (EELV), avec 17 députés élus, de constituer un groupe parlementaire. Et d’obtenir l’argent et les avantages qui vont avec.

Au revoir, Cendrillon !

Même duplicité lors de la composition du premier gouvernement Ayrault, avec une Cécile Duflot nommée ministre du Logement et le très anonyme Pascal Canfin qui devient ministre délégué au Développement. Hollande et Ayrault se sont bien gardés de propulser Cécile Duflot à l’Écologie. Grisée sans doute par la pompe et les ors ministériels, on n’entendra plus Duflot, tandis que son ex-compagnon Jean-Vincent Placé, resté à la porte, dira tout le mal qu’il pense de ce gouvernement. Miracle : depuis qu’il a été nommé secrétaire d’État chargé de la réforme de l’État, en février 2016, Jean-Vincent Placé trouve ce gouvernement très bien et on ne l’entend plus. Tandis que Cécile Duflot, qui a quitté le gouvernement, cherche à faire croire qu’elle est devenue une opposante de premier plan. Avec le succès que l’on sait.

S’il ne s’agissait de l’écologie, d’une cause qui devrait être prioritaire dans tous les programmes politiques et non d’une simple variable d’ajustement pour faire le plein des voix, on serait presque tenté de sourire.

Quant à Cécile Duflot, qui a dû lire enfant l’histoire de Cendrillon, elle aurait dû se rappeler que le carrosse redevient citrouille passé minuit. On lui souhaite une vie heureuse et beaucoup de joies professionnelles dans le bureau d’urbanisme qu’elle ne va pas manquer de réintégrer.

Parce que, franchement, au vu de ce qu’elle a montré comme duplicité et absence de convictions pendant ces dix dernières années, on n’a guère envie de la revoir sur l’estrade politique.

Primaires : Tout faire pour pas que Sarkommence ? (3/3)

Nicolas Sarkozy, le président calme et paisible dont rêvent tous les Français pour 2017…

Rencontre inopinée avec un maire de la Côte basque pour qui j’éprouve beaucoup d’estime : « Il faut absolument aller voter à la primaire de la droite pour nous aider à nous débarrasser de Sarkozy ». Même raisonnement chez un couple d’amis de gauche : « Aucun doute possible pour nous, on participera à la primaire de droite. Parce que l’idée d’avoir un deuxième tour Nicolas Sarkozy-Marine Le Pen est insupportable ».

L’ex Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui roule pour Alain Juppé, ne dit pas autre chose lorsqu’il évoque « une élection présidentielle à quatre tours » Et pour ceux qui ont aussi une sensibilité de gauche et des sympathies pour l’écologie, ça devient une élection à huit tours ?

Aucune raison d’aller voter à la primaire de droite

Je déteste Nicolas Sarkozy, ses vantardises permanentes, son opportunisme idéologique, et son mépris de la loi quand ses intérêts personnels sont en jeu. Il est à mes yeux le pire président de toute l’histoire de la France et je trouve difficile de lui pardonner d’avoir accepté de l’argent de Kadhafi en 2007 pour financer sa campagne électorale (lire à ce sujet les excellents articles de Médiapart), de l’avoir laissé installer sa tente dans les jardins de l’hôtel Marigny, avant de le faire assassiner en octobre 2011. Et si par malheur les Français avaient le choix au deuxième tour de l’élection présidentielle entre Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen, je resterais insensible aux appels républicains de la droite et je voterais blanc, tellement je ne veux ni ne peux établir de distinguo entre l’original et la copie.

Mais malgré toutes ces perspectives peu réjouissantes, en aucun cas je n’irai voter à la primaire de la droite, pour trois raisons au moins.

– On ne peut pas déplorer les petites manœuvres des politiques, privilégiant leurs intérêts du moment avant leurs convictions et… faire de même en tant que citoyens. Signer une charte affirmant : « Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre » me révulse, et tout autant l’idée de donner deux euros à un parti qui compte encore plus de ringards au mètre carré que la gauche.

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– Avec des élections nationales ou régionales où le taux de participation n’arrive pas toujours à atteindre la moitié des électeurs inscrits, il ne me semble pas judicieux de multiplier les scrutins.  Les classes aisées – et politisées ! – se mobilisent pour les primaires, tandis que la majorité de la population s’en contrebalance totalement et ne voit pas l’intérêt de dépenser de l’argent et, éventuellement en province, de faire un long trajet pour ce vote. On en arrive donc à un résultat totalement anti-démocratique où une élite choisit les candidats pour lesquels le bon peuple devra se prononcer.

Une droite haineuse qui rêve de précarité pour tous

– Vous vous souvenez comment, en 2002, nous nous sommes tous mobilisés pour que Chirac soit élu face à Jean-Marie Le Pen. Est-ce que Chirac a tenu compte ensuite des votes de gauche dans la politique qu’il a menée ? Nullement ! Le débat de jeudi a confirmé ce que nous savons tous : si le PS est en état de quasi mort cérébrale, le parti Les Républicains est en décomposition avancée. Aller voter aux primaires de droite, c’est cautionner cette droite haineuse qui rêve de finir le massacre entrepris par Valls sur le code du travail, en instaurant la précarité pour tous, sauf pour les grands patrons. Que ce parti accouche au terme du processus des primaires d’un Nicolas Sarkozy, meilleure chance de victoire de la gauche, ou d’un Alain Juppé, à peu près aussi moderne qu’une De Dion-Bouton participant au Salon de l’Auto 2016, m’importe en définitive peu.

La droite aura le candidat qu’elle mérite et ne se gênera pas ensuite pour prendre en otages les citoyens de gauche ou de centre-gauche qui auront participé aux primaires.

Pour toutes ces raisons, les primaires, avec le dévoiement politique qu’elles impliquent, me paraissent d’une imbécillité sans nom. Imagine-t-on, en 1987, le Président François Mitterrand se soumettre à l’exercice des primaires avant de se représenter en 1988 ? Mais lui, contrairement à l’actuel Président de la république, savait parfaitement habiter la fonction présidentielle. C’est à chaque parti de prendre ses responsabilités et de désigner en bureau fermé son candidat sans se lancer dans ce grand barnum médiatique, antidémocratique et sans intérêt.

Et qu’on ne vienne pas me dire que les primaires sont modernes, puisque les États-Unis les appliquent depuis des décennies. Un système qui accouche, comme candidats ultimes de Donald Trump et d’Hillary Clinton ne peut que prêter à sourire… Ou à pleurer !

Lire aussi :

https://jeanyvesviollier.com/2016/10/14/primaire-de-droite-le-bal-des-ringards-13/

https://jeanyvesviollier.com/2016/10/16/primaires-tout-faire-pour-pas-que-sarkommence-33/

Primaire de gauche : Si Hollande avait un peu de dignité… (2/3)

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Quoi que fasse Hollande, ça finit toujours par lui tomber dessus…

Au temps où François Hollande régnait en maître rue de Solférino et où ses amis socialistes rivalisaient de surnoms aimables à son égard, « La fraise des bois », « Le culbuto », « Monsieur petites blagues », il ne serait venu à personne l’idée de contester au Premier secrétaire du parti socialiste un réel talent dans ses relations avec les journalistes, et pas uniquement avec Valérie Trierweiler.

Il faut croire que l’atmosphère de L’Élysée est devenue bien mortifère pour que, dans ce domaine comme dans tous les autres, notre bon François cumule les déconvenues. Arrêtons-nous tout d’abord sur ces soixante-et-un rendez-vous accordés à Fabrice Lhomme et Gérard Davet, comme si le fait était exceptionnel. De tous temps les journalistes ont assidûment fréquenté l’Élysée. La seule différence avec le précédent quinquennat, c’est que sous Sarkozy, Patrick Buisson et consorts avaient bureaux et ronds de serviette à l’Élysée et que François Hollande a eu le bon goût d’épargner les deniers de l’État en allant dîner chez ses interlocuteurs.

Le syndrome Nafissatou Diallo ?

Mais, à la lecture de « Un président ne devrait pas dire ça », on reste confondu devant la collection de vacheries inconscientes adressées aussi bien aux magistrats qu’aux footballeurs par celui qui se qualifie lui-même de « spectre de l’Élysée », alors qu’il devrait être le rassembleur de tous les Français. Et l’on a un petit sourire de pitié en écoutant ses laborieuses explications sur les « sans dent » ou ses rodomontades sur son « courage ». C’est même à se demander si l’agréable François Hollande – frappé par le même syndrome destructeur que DSK avec Nafissatou Diallo ? – n’a pas laissé parler son inconscient en provoquant une crise pour éviter d’avoir à se représenter.

Car soyons clair, lorsqu’un président de la République s’invite à la table d’un journaliste qui sait qu’il va bénéficier d’une façon ou d’une autre des confidences qui vont lui être faites, l’homme d’état est tout à fait en mesure de poser ses conditions et de déterminer si l’entretien est « on » ou « off ».

Les rétropédalages forcenés de son dernier carré de fidèles, de Frédérique Espagnac à Jean-Marie Le Guen, affirmant que le président n’était pas au courant de la sortie du livre, montrent bien un président qui ne maîtrise absolument plus sa communication. Pas plus que son quinquennat d’ailleurs ! Comme l’affirme le député PS de Seine-Maritime Guillaume Bachelay : « On est plus dans le dépôt de bilan que dans le bilan ».

On nous serine sur tous les toits que Hollande est plus déterminé que jamais et qu’il va se déclarer en décembre pour la prochaine élection présidentielle. S’il avait un tout petit peu de dignité, au vu de son calamiteux quinquennat, au vu de ses ratages dans presque tous les domaines et en particulier dans l’inversion de la courbe du chômage, le « capitaine de pédalo » qui n’est jamais descendu de son frêle esquif pour prendre la barre du paquebot France déclarerait dès maintenant qu’il renonce à un nouveau mandat, au lieu de se complaire dans ces petits jeux politiques qui désespèrent les Français.

Aventure personnelle ou avenir de la gauche ?

Rêvant d’avoir, face à lui, un Nicolas Sarkozy qu’il est persuadé pouvoir écrabouiller à nouveau, François Hollande ne réalise pas qu’il est hors réalité, même si on peut comprendre l’envie d’en découdre du bon bougre Hollande, qui s’est retrouvé dans un costume beaucoup trop grand pour lui, face à une authentique canaille comme Sarkozy, qui a méprisé les lois de la République, aussi bien en 2007 qu’en 2012, en faisant financer sa campagne par de l’argent libyen ou en trichant sur ses comptes de campagne par l’intermédiaire de Bygmalion.

Mais, quand on est obsédé par l’Histoire, tout comme l’était François Mitterrand, on doit sentir quand elle vous donne rendez-vous. Il n’est pas digne de la fonction présidentielle de se laisser aller à des petites phrases, pas plus qu’il n’est envisageable d’aller montrer ses muscles dans une primaire quand on est un président sortant.

En cédant sa place dès maintenant et en renonçant à se présenter à la présidentielle, François Hollande prouvera que son avenir lui importe moins que l’avenir de la gauche. S’il persiste, il démontrera que seul compte son destin personnel et que la gauche pour lui n’est qu’un colifichet qu’on sort pour les grandes occasions.

Souhaitant vivement la victoire finale d’un candidat de la gauche de la gauche, je ne suis pas fan de Manuel Valls, de sa façon de cajoler les patrons, de ses postures et de cette abomination nommé Loi travail. Mais le Premier ministre a tenu bon dans la tempête et s’est montré d’une loyauté sans faille au président. C’est à Manuel Valls d’aller en découdre face aux autres candidats de la primaire de gauche et, qui sait, de renverser la table électorale face à une droite qui ne rêve que de libéralisme sauvage et d’assassinat des droits des travailleurs…

Allez, François, pour une fois montre-toi à la hauteur et arrête tes manœuvres à deux balles !

 

Demain

Primaires : Tout faire pour pas que Sarkommence ? (3/3)

https://jeanyvesviollier.com/2016/10/16/primaires-tout-faire-pour-pas-que-sarkommence-33/

La risible sécession du petit épicier Macron

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Franchement, vous trouvez que cet homme, qui respire la modestie, l’humilité et l’écoute, a une tête de futur président de la République ? Pour diriger la supérette du coin, en revanche…

Mais évidemment qu’Emmanuel Macron est fait pour devenir Président de la République ! Cet homme n’a jamais été élu et n’a même pas un petit mandat municipal à présenter ? Parfait, il abordera le poste présidentiel avec l’incompétence requise et comme Hollande fera appel à ses copains de promotion de l’ENA. Le gentil Emmanuel a été auparavant banquier chez Rotschild et conseiller ministériel et ne sait donc rien de la vraie vie ? Strictement rien comme tous les inspecteurs des Finances qui n’ont connu que le confort des ministères, mais il aura un quinquennat pour la découvrir ! Brigitte Trogneux, son épouse, qui est aussi son ancienne prof de français, sera-t-elle de bon conseil ? Mais évidemment ! Avec ses vingt-quatre ans d’expérience supplémentaire, elle lui a appris ce vieil adage, déjà mis en application par Nicolas du temps de Cécilia qui veut que « la traîtrise n’attend pas le nombre des années »…

Avec un tel bagage, on comprend mieux dès lors les sorties remarquables de l’enfant chéri de François Hollande, une fois paré d’un costume de ministre de l’Économie. Le patronat a cru entendre des mots d’esprit, alors que ce n’était que de l’incompétence proférée à haute voix et du mépris absolu des salariés. Les abattoirs de Gad, en Bretagne, le jour de sa première sortie ? Notre gai Macron rentre tout fier de sa découverte en annonçant à la cantonade que les salariés sont « illettrés ». Il croise un peu plus tard à Lunel dans la rue deux militants qui se plaignent de la cherté de la vie ? Bon prince, il leur explique que « la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler », une réflexion qui vaut son pesant de mépris de caste. Il rencontre une déléguée syndicale CGT qui lui affirme devant les micros des journalistes, qu’elle a des idées pour lutter contre le chômage et il éclate de rire, hausse les épaules et tourne les talons. La classe absolue !

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Quand Macron rencontre un homme qui n’a pas les moyens de se payer un costume, il adopte tout de suite le regard franc et loyal du leader capable de diriger les Français. (Photo Paris Match)

Heureusement, notre surdoué, une seule fois dans son existence, a proféré une vérité en affirmant qu’il « n’était pas socialiste », ce dont tout le monde s’était aperçu depuis longtemps !

Il était donc parfaitement logique que Super Emmanuel réussisse une sortie à la hauteur de son brillant mandat, même si un petit joueur comme François Hollande s’est cru obligé de dire que « la loi Macron n’était pas la loi du siècle ». Pour tuer le père, qui avait poussé sa créature à abandonner les culottes courtes pour empêcher Valls d’exister, Macron a utilisé un couteau en plastique, n’ayant même pas le courage, autrement que par allusions vachardes et détournées, de dire à François Hollande ce qu’il lui reprochait. Il affirme aussi avoir pris sa décision de démissionner le 12 juillet, lors de son meeting à la Mutualité, mais s’est bien gardé de le dire tout de suite, histoire de s’offrir quelques vacances à Biarritz aux frais du contribuable. Il a aussi encensé Michel Sapin, au moment de la passation de pouvoir, alors que les deux hommes se détestent cordialement. Et enfin, en bon petit boutiquier qui bouffe à tous les râteliers, le cul sur les genoux du patronat et un œil sur les sondages, il s’est bien gardé d’annoncer une éventuelle candidature à la présidence de la République, espérant, sans la moindre lucidité, que les Français  le supplient de se présenter.

N’est décidément pas factieux qui veut : est-ce que Napoléon a attendu des sondages favorables (qui n’existaient pas à l’époque), ou tout simplement l’avis de ses généraux, pour s’emparer d’un drapeau et faire victorieusement traverser le pont d’Arcole à ses troupes ?

Les Français les plus âgés se souviennent comment ils se sont laissé prendre en 1974, par les fables à dormir debout colportées par les médias à propos du gentil footballeur accordéoniste et brillant technicien des Finances Valéry Giscard d’Estaing. Quelques mois plus tard, VGE était devenu un monarque puant, avide et égotiste. On espère que cette fois ils feront preuve d’un peu plus de lucidité à l’égard de ce détestable Emmanuel Macron, ne se laisseront pas prendre aux fariboles de quelques journalistes appointés par le patronat et qu’ils sauront en 2017, tout comme à Nicolas Sarkozy, lui infliger le coup de pied au cul qu’il mérite.

Une VIe République s’impose

Le passage en force d’une loi sur le Travail, qui va bouleverser la vie de millions de Français, par le subterfuge de l’article 49.3, montre à quel point nos institutions sont à bout de souffle…

L’historique victoire de la France contre l’Allemagne, lors de l’Euro de foot, ne doit surtout pas faire oublier la forfaiture historique d’un gouvernement de gauche osant faire passer par le biais de l’article 49.3 une loi scélérate qui concerne des millions de travailleurs. Si l’avant-dernière victoire de la France contre l’Allemagne remontait à la Coupe du Monde 1958 avec un 6 à 3 inoubliable et quatre buts de Just Fontaine, c’est aussi en 1958 qu’un certain Michel Debré rédigeait, à la demande du général de Gaulle, notre constitution actuelle, qui plus que jamais apparaît vieillotte et dépassée, après avoir montré bien des qualités à ses débuts.

Michel Debré, tout comme le général de Gaulle, voulaient mettre fin au « régime des partis », à ces alliances mouvantes et improbables vécues sous la IVe République où le pays était devenu ingouvernable. En permettant au gouvernement d’engager sa responsabilité face à un texte de loi, grâce à l’article 49.3, les Guy Mollet, Edgar Faure et autres grands spécialistes de l’opposition à géométrie variable se retrouvaient obligés d’agir à visage découvert, ce qui freinait considérablement leur ardeur. Cette bonne idée a été totalement dévoyée avec le temps et Michel Debré, en voyant l’usage ahurissant fait par le gouvernement Valls de l’article 49.3 doit être en vrille dans sa tombe. Oui, plus que jamais, au vu des « tricheries » permanentes que se permettent les politiques, une VIe République s’impose.

Un mandat présidentiel unique de 7 ans

Jacques Chirac reste le président de la République le plus aimé des Français, mais il a joué un sacré tour de cochon à la démocratie, en 2002, en transformant le septennat en quinquennat. Ce n’est pas par souci de moderniser les institutions qu’il a imposé le quinquennat comme nouvelle norme présidentielle, mais à cause de son âge (70 ans en 2002) qui risquait de faire tiquer les Français, au cas où ils en prendraient pour sept ans, que « le roi fainéant », comme le surnommait Sarkozy-la-classe, s’est décidé à agir. Résultat, qui s’est vérifié en 2007 et 2012, au bout de dix-huit mois, avec ce format court, le président n’a plus la possibilité de réformer le pays et ne s’intéresse plus qu’aux sondages de popularité dans l’optique de sa future réélection. En 2012, le diagnostic de François Hollande, lors de sa campagne présidentielle, parlait à tous les Français : baisse de la dette et moralisation de la vie publique en luttant contre le cumul des mandats. Résultat : Hollande, pour tenter d’être élu, dépense à tout va, et obère l’avenir du vainqueur de la présidentielle de 2017, tandis que les élus, locaux comme nationaux, thésaurisent à un moment où le pays tire la langue comme jamais. Voilà l’explication de l’actuel succès dans les sondages de Juppé, même s’il manifeste des signes d’essoufflement ces derniers temps. Les Français savent parfaitement qu’on ne peut pas vivre à crédit éternellement et planquer les dettes sous le tapis. Avec Juppé-droit-dans-ses-bottes, qui aura presque 72 ans au moment de l’élection, ils sont persuadés qu’ils auront un président qui aura le cran de réformer le pays et qui ne sera pas obnubilé par sa réélection.

En créant un mandat unique de sept ans, le vainqueur de l’élection présidentielle retrouve le temps de faire évoluer considérablement le pays et peut travailler sereinement jusqu’au bout puisqu’il sait qu’il n’aura pas à affronter à nouveau le suffrage universel.

Des indemnités en corrélation avec le monde du travail

Dans l’esprit du législateur de 1958, le citoyen qui brigue un mandat doit toucher une modeste indemnité destinée à couvrir les frais inhérents à sa fonction. Mais, de discrètes augmentations en coups de pouce indiciaires pas discrets du tout, on en arrive pour le moindre élu local à des « indemnités » qui ressemblent plutôt à des salaires de cadres très supérieurs. Entre sa ville, sa communauté d’agglomération, le conseil départemental ou régional, le maire qui n’arrive pas à atteindre le « plafond » légal de 8 000 euros, quasiment pas imposés, mérite presque d’être traité de débile profond. D’où ses réflexions haïssables que les politiques, dans leur corporatisme aveugle, ne perçoivent même plus comme telles : « Tu comprends, j’ai absolument besoin de cette indemnité pour vivre ». La politique n’est plus affaire de conviction mais de plan de carrière et c’est choquant.

Il est clair que si l’on calait les indemnités d’un maire d’une ville moyenne comme Biarritz au niveau du SMIC, avec des adjoints à cinq cents euros, l’enthousiasme serait sans doute moins grand. Ceux qui se présenteraient le feraient par conviction et non par opportunisme, ce qui apporterait un vent de fraîcheur, et ils ne passeraient pas leur temps à réfléchir au coup suivant au lieu de se consacrer au mandat pour lequel ils ont été élus. Quand on sait que le salaire médian en France tourne autour de 1500 euros, un plafond de 3 000 euros pour les cumulards de la politique modifierait sans doute beaucoup la donne et calmerait les appétits d’une partie de ces 360 000 élus français qui trouvent la soupe particulièrement goûteuse. La limitation à deux mandats, un national et un local deviendrait une règle absolue, comme l’avait promis un certain François Hollande avant d’être réélu. Au lieu de cela on se retrouve avec un ministre de la Défense qui est aussi président de la Région Bretagne. Qui peut sérieusement croire que Jean-Yves Le Drian soit en mesure d’exercer correctement ces deux fonctions ?

Des frais de mandat soumis à contrôle

Avec 5177 euros net d’indemnité par mois, le salaire d’un député n’a rien d’extravagant, même à l’aune du salaire minimal en France et ne mériterait qu’un léger coup de rabot en cas de passage à la VIe République. En revanche, il est invraisemblable que les « frais de mandat » d’un montant mensuel de 5771 euros mensuels ne soient quasiment soumis à aucun contrôle. On a vu ainsi un député manger uniquement dans le restaurant que venait de monter sa fille, établissement qui se situait à… six cents kilomètres du Palais-Bourbon. Ce système profite donc aux élus qui trichent et ne travaillent pas, tandis que le député consciencieux, qui a des frais réels liés à son activité, va toujours endurer des sourires entendus sur ses substantielles indemnités de frais. Quand un Didier Borotra, à son modeste niveau de maire, se permet de dépenser, sans le moindre justificatif, 200 000 euros chaque année à l’Hôtel du Palais, et subit en retour une simple remontrance de quelques lignes de la chambre régionales des comptes, il est normal que le citoyen ordinaire s’indigne. Quand il confie à sa fille une étude sur les économies à faire à la Cité de l’Océan, payée 48 000 euros et que la Justice ne trouve rien à y redire, il y a vraiment de quoi s’étrangler.

Les politiques font toujours mine de s’étonner de leur impopularité absolue auprès de leurs concitoyens. Tout comme Valls qui veut croire que les manifestations contre la loi Travail ne sont que des réactions épidermiques qui vont très vite se dissiper. Ils n’ont absolument pas conscience du côté obscène de leur comportement, quand ils se crispent sur leurs avantages indus, tout en défendant, sans la moindre crise de conscience, des réformes du travail qui vont encore plus fragiliser les moins bien lotis, précariser ceux qui se croyaient à l’abri, et renvoyer le monde du travail, le vrai, pas celui qui a le cul collé aux fauteuils empire des cabinets ministériels, à la merci totale d’un patronat qui, en France, a rarement brillé par son intégrité et son intelligence.

Oui, avec une gauche comme celle-là au pouvoir, il n’y a plus besoin de droite…

Un déni de démocratie qui se paie…

Le retour de bâton n’est pas surprenant, depuis le temps que l’Europe traite par le mépris les aspirations démocratiques des citoyens.

Ah, la belle brochette d’hypocrites que voilà, de Hollande à Valls, de Juppé à Sarkozy, en passant par Bayrou ou Bruno Le Maire ! Tous, quand les médias les interrogent sur le Brexit anglais, évoquent une « catastrophe » et prennent un air compassé et entendu avec leurs interlocuteurs. Et c’est une vieille idée dominante de la classe dirigeante, gauche et droite confondues, qui ressort, non formulée mais tellement explicite : on ne va pas dire en public du mal du peuple, politique oblige, mais quand même on est entre journalistes et politiques et il n’est pas tout à fait normal que la voix de gens instruits, cultivés et visionnaires comme nous ou comme les Anglais qui ont voté pour le maintien de leur pays dans l’Union européenne ne compte pas plus que celle des prolos incultes qui ne comprennent décidément rien à rien et surtout à l’Europe. Désolé, mais en France et dans d’autres pays, des gens sont morts pour qu’un homme représente une voix et on ne voit pas pourquoi l’Europe échapperait à la règle.

Alors Hollande fait du vent en affirmant « L’Europe ne peut plus faire comme avant », Valls parle d’un « malaise trop longtemps ignoré », Juppé de « choc historique », mais tous, à l’exception de Marine Le Pen, se gardent bien d’évoquer ce qui serait le plus logique dans une démocratie, demander aux Français s’ils souhaitent poursuivre l’aventure européenne ou retrouver leur indépendance, car le résultat serait probablement le même qu’en Angleterre.

Cocu de Lisbonne mais pro-européen

Surtout qu’on ne s’y trompe pas. Contrairement aux électeurs frontistes, je souhaite de toutes mes forces l’Europe même si je fais partie des « cocus de Lisbonne », qui ont voté en 2005 contre une constitution européenne totalement illisible en pensant que les politiques allaient revoir leur copie et à qui on a fait subir en 2007 un insupportable tour de passe-passe dans la capitale portugaise, en méprisant les électeurs.

Au lendemain de ce départ surprise de l’Angleterre, nos hommes politiques français, aveuglés par leur corporatisme étroit, nous montrent une fois de plus qu’ils ne se sentent pas coupables le moins du monde de la situation, alors qu’on aimerait les entendre dire : « Nous avons été particulièrement nuls sur la question européenne ». À les en croire, il n’est que deux solutions possibles, aimer inconsidérément l’Europe et donc tout accepter d’elle, y compris les pires absurdités bureaucratiques, ou détester l’Europe, la quitter et plonger la France dans le chaos le plus absolu…

Et pourquoi donc ne pas souhaiter vivement l’Europe, sans transiger le moins du monde sur la démocratie, pourquoi donc accepter comme un postulat unique le libéralisme à tout-va de Bruxelles, qui nous conduit à des idioties comme la loi Travail ?

C’est le boulot des politiques d’expliquer, de rendre compréhensible le projet européen, de se battre pour une constitution et des institutions simples et comprises de tous. Mais quand on voit la façon dont nos élus (lire l’article suivant) traînent des pieds et vivent comme une punition le Parlement européen, est-il vraiment étonnant que les Français, lassés de vivre au royaume d’Ubu-roi, avec ses ordres et contrordres permanents, se méfient du monstre technocratique bruxellois.

L’Europe devrait être une belle fille qui nous fait rêver, et non une de ces hideuses Parques de l’antiquité, qui avec ses grands ciseaux cherche sans cesse à réduire le champ de nos libertés. Et c’est à cette tâche que devraient s’atteler tous nos beaux parleurs, au lieu de culpabiliser les citoyens.

Le même déficit de démocratie pour la future EPCI

Quand on a la chance d’habiter le Pays basque, comment ne pas trouver un certain nombre de similitudes entre l’Europe actuelle et cette EPCI qui va regrouper les 158 communes du Pays basque ? Là aussi l’idée est séduisante, là aussi les politiques frétillent, parfois par convictions sincères et parfois à l’idée de nouvelles indemnités à empocher. L’invité que je suis dans cette région comprend parfaitement que « le train à ne pas rater », comme l’expriment les Abertzale, puisse séduire la grande majorité des conseils municipaux qui ont eu à s’exprimer sur le sujet et une part importante de la population. Mais, puisque le préfet veut à tout prix pour janvier 2017, ce regroupement de communes, puisque le consensus est en train de se faire sur ce projet, pourquoi ne pas voir plus loin et travailler la démocratie de cette institution en réclamant que les représentants de l’EPCI soient élus au suffrage universel, au lieu de hausser les épaules en se disant qu’on a bien le temps.

Dans les familles, comme dans les collectivités territoriales, il est bien rare de ne pas traverser une période de trouble. Quand l’EPCI connaîtra quelques ratés, ce qui n’aurait rien de surprenant pour un nouveau-né, les électeurs pourraient se souvenir, comme pour l’Europe, qu’on ne les a pas consultés directement et vouloir mettre à mal une construction qui a du sens.

La démocratie est la base de la vie collective et, pour l’Europe comme pour le Pays basque, transiger sur ce point c’est s’exposer à de fort possibles déconvenues.

Hollande, pourtant, n’a rien d’un primaire

hollande primaire

Le joueur François Hollande peut avoir le sourire : il vient de prendre tous ses rivaux socialistes à contre-pied… (Photo Slate.fr)

Le roi du poker-menteur vient encore de frapper ! Car vous n’êtes pas naïfs au point de croire que Jean-Christophe Cambadélis a décidé tout seul de l’organisation d’une primaire à gauche. C’est bien évidemment, l’Élysée qui anime la partie et distribue les cartes, même si c’est dans un endroit réputé pour ses mélanges hasardeux et parfois détonants, la Maison de la Chimie, que le secrétaire du PS a été chargé d’annoncer la nouvelle aux journalistes présents.

Alors que sa popularité stagne à 14 % d’opinions favorables (et un maigre 21% pour Manuel Valls), le président de la République, qui, questions coquineries, manœuvres d’appareil et partie remportées avec une paire de deux, en connait plus qu’un rayon depuis son long séjour rue de Solférino, sort le grand bluff, en ayant visiblement bien retenu les leçons de 2012.

Tandis que Nicolas Sarkozy coincé par sa fonction présidentielle avait dû jouer « passe » pour la droite, François Hollande n’a pas oublié à quel point le débat entre socialistes, qui fut plutôt de bonne tenue malgré quelques inimitiés féroces entre Montebourg, Valls, Ségolène Royal, Martine Aubry et lui-même, avait focalisé l’attention des médias sur la gauche et privé d’air son futur rival lors de la grande finale présidentielle. Alors, comme un joueur de poker, Hollande version 2015 pose les derniers jetons qui lui restent sur la table et annonce « Tapis ! » pour obliger ses adversaires potentiels à se découvrir.

Car les « créatures » qu’il a fabriquées pour amuser la galerie et venir animer la table des grands, commencent à s’émanciper sérieusement. C’était magnifiquement joué de sa part de faire mousser Emmanuel Macron pour ne plus laisser de périmètre de jeu à Manuel Valls. Le problème, c’est que le ministre des Finances, n’a pas vu que le roué Hollande le laissait gagner volontairement pour le valoriser et qu’il a fini par se prendre pour ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire un politique talentueux.

Mélenchon a les genoux cagneux

En organisant une primaire, Hollande met Valls et Macron dans une position très compliquée. S’ils regardent la partie se dérouler sans eux, alors qu’ils ont quelques cartes dans leur jeu, ils seront terriblement frustrés, ainsi que tous ceux à droite qui les adorent. Mais s’ils surenchérissent pour tenter de rafler la mise, alors ils passeront pour des traîtres qui ne respectent pas leur obligation de loyauté gouvernementale et l’électeur sera tenté de leur faire payer.

Même casse-tête pour l’aile gauche du PS. Montebourg ou Hamon seront accusés de lâcheté s’ils ne participent pas aux primaires. Mais s’ils font sécession et se présentent sans passer par la case primaire, ils seront obligés de quitter le PS et, à gauche de la gauche, on voit mal Jean-Luc Mélenchon, dont l’esprit partageur n’est pas la qualité première, venir les accueillir sur ses genoux.

Quant aux écologistes, il se trouvera bien un écolo-compatible désireux de se faire mousser, style Placé ou de Rugy, pour y participer. Même si les effectifs des écolos tiennent désormais dans une cabine téléphonique, c’est toujours ça de pris…

Le coup de la primaire est donc magnifiquement joué, car, perdu pour perdu, Hollande montre à l’opinion publique qu’il est sport, tout en éliminant quelques dangereux rivaux. Et si le roi du tapis vert avait été encore premier secrétaire du PS, on se serait franchement pâmé pour son sens tactique et sa façon de gagner des parties improbables.

Le hic, c’est que depuis 2012 et même si on l’oublie trop souvent tellement il joue discret, François Hollande est Président de la république et censé veiller sur tous les Français. Vous imaginez en 1988, François Mitterrand s’abaissant à une primaire, si Charasse, Dumas ou Badinter avaient eu quelques velléités de se présenter à l’élection présidentielle ? Et après le coup de chapeau au joueur talentueux pour la façon dont il conduit sa partie avec si peu d’atouts dans son jeu, on en revient très vite à l’impression première : incontestablement, François Hollande est intelligent, habile, sympathique, mais, avec ses bluffs, ses roueries et ses hésitations, comment croire qu’il est fait pour ce costume présidentiel dix fois trop grand pour lui ?

Lors de la primaire socialiste, Ségolène Royal qui avait quelques bonnes raisons de lui en vouloir, et pas que politiques, avait eu ce propos assassin dans « Le Figaro » : « Le point faible de François Hollande, c’est l’inaction. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisé en trente ans de vie politique ? Une seule ? »

Ségolène est trop dure : pendant son quinquennat, Hollande a consciencieusement planqué les moutons sous le tapis, pris des engagements financiers qui impliqueront les imbéciles qui seront élus à partir de 2017 et sorti de son paquet de cartes des lois sur la déchéance de nationalité ou sur le travail, que seuls des énarques de la promotion Voltaire, coupés de toute réalité, ont pu rédiger… au casino, sur un coin de tapis vert probablement, en espérant trouver la martingale gagnante !