La risible sécession du petit épicier Macron

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Franchement, vous trouvez que cet homme, qui respire la modestie, l’humilité et l’écoute, a une tête de futur président de la République ? Pour diriger la supérette du coin, en revanche…

Mais évidemment qu’Emmanuel Macron est fait pour devenir Président de la République ! Cet homme n’a jamais été élu et n’a même pas un petit mandat municipal à présenter ? Parfait, il abordera le poste présidentiel avec l’incompétence requise et comme Hollande fera appel à ses copains de promotion de l’ENA. Le gentil Emmanuel a été auparavant banquier chez Rotschild et conseiller ministériel et ne sait donc rien de la vraie vie ? Strictement rien comme tous les inspecteurs des Finances qui n’ont connu que le confort des ministères, mais il aura un quinquennat pour la découvrir ! Brigitte Trogneux, son épouse, qui est aussi son ancienne prof de français, sera-t-elle de bon conseil ? Mais évidemment ! Avec ses vingt-quatre ans d’expérience supplémentaire, elle lui a appris ce vieil adage, déjà mis en application par Nicolas du temps de Cécilia qui veut que « la traîtrise n’attend pas le nombre des années »…

Avec un tel bagage, on comprend mieux dès lors les sorties remarquables de l’enfant chéri de François Hollande, une fois paré d’un costume de ministre de l’Économie. Le patronat a cru entendre des mots d’esprit, alors que ce n’était que de l’incompétence proférée à haute voix et du mépris absolu des salariés. Les abattoirs de Gad, en Bretagne, le jour de sa première sortie ? Notre gai Macron rentre tout fier de sa découverte en annonçant à la cantonade que les salariés sont « illettrés ». Il croise un peu plus tard à Lunel dans la rue deux militants qui se plaignent de la cherté de la vie ? Bon prince, il leur explique que « la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler », une réflexion qui vaut son pesant de mépris de caste. Il rencontre une déléguée syndicale CGT qui lui affirme devant les micros des journalistes, qu’elle a des idées pour lutter contre le chômage et il éclate de rire, hausse les épaules et tourne les talons. La classe absolue !

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Quand Macron rencontre un homme qui n’a pas les moyens de se payer un costume, il adopte tout de suite le regard franc et loyal du leader capable de diriger les Français. (Photo Paris Match)

Heureusement, notre surdoué, une seule fois dans son existence, a proféré une vérité en affirmant qu’il « n’était pas socialiste », ce dont tout le monde s’était aperçu depuis longtemps !

Il était donc parfaitement logique que Super Emmanuel réussisse une sortie à la hauteur de son brillant mandat, même si un petit joueur comme François Hollande s’est cru obligé de dire que « la loi Macron n’était pas la loi du siècle ». Pour tuer le père, qui avait poussé sa créature à abandonner les culottes courtes pour empêcher Valls d’exister, Macron a utilisé un couteau en plastique, n’ayant même pas le courage, autrement que par allusions vachardes et détournées, de dire à François Hollande ce qu’il lui reprochait. Il affirme aussi avoir pris sa décision de démissionner le 12 juillet, lors de son meeting à la Mutualité, mais s’est bien gardé de le dire tout de suite, histoire de s’offrir quelques vacances à Biarritz aux frais du contribuable. Il a aussi encensé Michel Sapin, au moment de la passation de pouvoir, alors que les deux hommes se détestent cordialement. Et enfin, en bon petit boutiquier qui bouffe à tous les râteliers, le cul sur les genoux du patronat et un œil sur les sondages, il s’est bien gardé d’annoncer une éventuelle candidature à la présidence de la République, espérant, sans la moindre lucidité, que les Français  le supplient de se présenter.

N’est décidément pas factieux qui veut : est-ce que Napoléon a attendu des sondages favorables (qui n’existaient pas à l’époque), ou tout simplement l’avis de ses généraux, pour s’emparer d’un drapeau et faire victorieusement traverser le pont d’Arcole à ses troupes ?

Les Français les plus âgés se souviennent comment ils se sont laissé prendre en 1974, par les fables à dormir debout colportées par les médias à propos du gentil footballeur accordéoniste et brillant technicien des Finances Valéry Giscard d’Estaing. Quelques mois plus tard, VGE était devenu un monarque puant, avide et égotiste. On espère que cette fois ils feront preuve d’un peu plus de lucidité à l’égard de ce détestable Emmanuel Macron, ne se laisseront pas prendre aux fariboles de quelques journalistes appointés par le patronat et qu’ils sauront en 2017, tout comme à Nicolas Sarkozy, lui infliger le coup de pied au cul qu’il mérite.

Une VIe République s’impose

Le passage en force d’une loi sur le Travail, qui va bouleverser la vie de millions de Français, par le subterfuge de l’article 49.3, montre à quel point nos institutions sont à bout de souffle…

L’historique victoire de la France contre l’Allemagne, lors de l’Euro de foot, ne doit surtout pas faire oublier la forfaiture historique d’un gouvernement de gauche osant faire passer par le biais de l’article 49.3 une loi scélérate qui concerne des millions de travailleurs. Si l’avant-dernière victoire de la France contre l’Allemagne remontait à la Coupe du Monde 1958 avec un 6 à 3 inoubliable et quatre buts de Just Fontaine, c’est aussi en 1958 qu’un certain Michel Debré rédigeait, à la demande du général de Gaulle, notre constitution actuelle, qui plus que jamais apparaît vieillotte et dépassée, après avoir montré bien des qualités à ses débuts.

Michel Debré, tout comme le général de Gaulle, voulaient mettre fin au « régime des partis », à ces alliances mouvantes et improbables vécues sous la IVe République où le pays était devenu ingouvernable. En permettant au gouvernement d’engager sa responsabilité face à un texte de loi, grâce à l’article 49.3, les Guy Mollet, Edgar Faure et autres grands spécialistes de l’opposition à géométrie variable se retrouvaient obligés d’agir à visage découvert, ce qui freinait considérablement leur ardeur. Cette bonne idée a été totalement dévoyée avec le temps et Michel Debré, en voyant l’usage ahurissant fait par le gouvernement Valls de l’article 49.3 doit être en vrille dans sa tombe. Oui, plus que jamais, au vu des « tricheries » permanentes que se permettent les politiques, une VIe République s’impose.

Un mandat présidentiel unique de 7 ans

Jacques Chirac reste le président de la République le plus aimé des Français, mais il a joué un sacré tour de cochon à la démocratie, en 2002, en transformant le septennat en quinquennat. Ce n’est pas par souci de moderniser les institutions qu’il a imposé le quinquennat comme nouvelle norme présidentielle, mais à cause de son âge (70 ans en 2002) qui risquait de faire tiquer les Français, au cas où ils en prendraient pour sept ans, que « le roi fainéant », comme le surnommait Sarkozy-la-classe, s’est décidé à agir. Résultat, qui s’est vérifié en 2007 et 2012, au bout de dix-huit mois, avec ce format court, le président n’a plus la possibilité de réformer le pays et ne s’intéresse plus qu’aux sondages de popularité dans l’optique de sa future réélection. En 2012, le diagnostic de François Hollande, lors de sa campagne présidentielle, parlait à tous les Français : baisse de la dette et moralisation de la vie publique en luttant contre le cumul des mandats. Résultat : Hollande, pour tenter d’être élu, dépense à tout va, et obère l’avenir du vainqueur de la présidentielle de 2017, tandis que les élus, locaux comme nationaux, thésaurisent à un moment où le pays tire la langue comme jamais. Voilà l’explication de l’actuel succès dans les sondages de Juppé, même s’il manifeste des signes d’essoufflement ces derniers temps. Les Français savent parfaitement qu’on ne peut pas vivre à crédit éternellement et planquer les dettes sous le tapis. Avec Juppé-droit-dans-ses-bottes, qui aura presque 72 ans au moment de l’élection, ils sont persuadés qu’ils auront un président qui aura le cran de réformer le pays et qui ne sera pas obnubilé par sa réélection.

En créant un mandat unique de sept ans, le vainqueur de l’élection présidentielle retrouve le temps de faire évoluer considérablement le pays et peut travailler sereinement jusqu’au bout puisqu’il sait qu’il n’aura pas à affronter à nouveau le suffrage universel.

Des indemnités en corrélation avec le monde du travail

Dans l’esprit du législateur de 1958, le citoyen qui brigue un mandat doit toucher une modeste indemnité destinée à couvrir les frais inhérents à sa fonction. Mais, de discrètes augmentations en coups de pouce indiciaires pas discrets du tout, on en arrive pour le moindre élu local à des « indemnités » qui ressemblent plutôt à des salaires de cadres très supérieurs. Entre sa ville, sa communauté d’agglomération, le conseil départemental ou régional, le maire qui n’arrive pas à atteindre le « plafond » légal de 8 000 euros, quasiment pas imposés, mérite presque d’être traité de débile profond. D’où ses réflexions haïssables que les politiques, dans leur corporatisme aveugle, ne perçoivent même plus comme telles : « Tu comprends, j’ai absolument besoin de cette indemnité pour vivre ». La politique n’est plus affaire de conviction mais de plan de carrière et c’est choquant.

Il est clair que si l’on calait les indemnités d’un maire d’une ville moyenne comme Biarritz au niveau du SMIC, avec des adjoints à cinq cents euros, l’enthousiasme serait sans doute moins grand. Ceux qui se présenteraient le feraient par conviction et non par opportunisme, ce qui apporterait un vent de fraîcheur, et ils ne passeraient pas leur temps à réfléchir au coup suivant au lieu de se consacrer au mandat pour lequel ils ont été élus. Quand on sait que le salaire médian en France tourne autour de 1500 euros, un plafond de 3 000 euros pour les cumulards de la politique modifierait sans doute beaucoup la donne et calmerait les appétits d’une partie de ces 360 000 élus français qui trouvent la soupe particulièrement goûteuse. La limitation à deux mandats, un national et un local deviendrait une règle absolue, comme l’avait promis un certain François Hollande avant d’être réélu. Au lieu de cela on se retrouve avec un ministre de la Défense qui est aussi président de la Région Bretagne. Qui peut sérieusement croire que Jean-Yves Le Drian soit en mesure d’exercer correctement ces deux fonctions ?

Des frais de mandat soumis à contrôle

Avec 5177 euros net d’indemnité par mois, le salaire d’un député n’a rien d’extravagant, même à l’aune du salaire minimal en France et ne mériterait qu’un léger coup de rabot en cas de passage à la VIe République. En revanche, il est invraisemblable que les « frais de mandat » d’un montant mensuel de 5771 euros mensuels ne soient quasiment soumis à aucun contrôle. On a vu ainsi un député manger uniquement dans le restaurant que venait de monter sa fille, établissement qui se situait à… six cents kilomètres du Palais-Bourbon. Ce système profite donc aux élus qui trichent et ne travaillent pas, tandis que le député consciencieux, qui a des frais réels liés à son activité, va toujours endurer des sourires entendus sur ses substantielles indemnités de frais. Quand un Didier Borotra, à son modeste niveau de maire, se permet de dépenser, sans le moindre justificatif, 200 000 euros chaque année à l’Hôtel du Palais, et subit en retour une simple remontrance de quelques lignes de la chambre régionales des comptes, il est normal que le citoyen ordinaire s’indigne. Quand il confie à sa fille une étude sur les économies à faire à la Cité de l’Océan, payée 48 000 euros et que la Justice ne trouve rien à y redire, il y a vraiment de quoi s’étrangler.

Les politiques font toujours mine de s’étonner de leur impopularité absolue auprès de leurs concitoyens. Tout comme Valls qui veut croire que les manifestations contre la loi Travail ne sont que des réactions épidermiques qui vont très vite se dissiper. Ils n’ont absolument pas conscience du côté obscène de leur comportement, quand ils se crispent sur leurs avantages indus, tout en défendant, sans la moindre crise de conscience, des réformes du travail qui vont encore plus fragiliser les moins bien lotis, précariser ceux qui se croyaient à l’abri, et renvoyer le monde du travail, le vrai, pas celui qui a le cul collé aux fauteuils empire des cabinets ministériels, à la merci totale d’un patronat qui, en France, a rarement brillé par son intégrité et son intelligence.

Oui, avec une gauche comme celle-là au pouvoir, il n’y a plus besoin de droite…

Un déni de démocratie qui se paie…

Le retour de bâton n’est pas surprenant, depuis le temps que l’Europe traite par le mépris les aspirations démocratiques des citoyens.

Ah, la belle brochette d’hypocrites que voilà, de Hollande à Valls, de Juppé à Sarkozy, en passant par Bayrou ou Bruno Le Maire ! Tous, quand les médias les interrogent sur le Brexit anglais, évoquent une « catastrophe » et prennent un air compassé et entendu avec leurs interlocuteurs. Et c’est une vieille idée dominante de la classe dirigeante, gauche et droite confondues, qui ressort, non formulée mais tellement explicite : on ne va pas dire en public du mal du peuple, politique oblige, mais quand même on est entre journalistes et politiques et il n’est pas tout à fait normal que la voix de gens instruits, cultivés et visionnaires comme nous ou comme les Anglais qui ont voté pour le maintien de leur pays dans l’Union européenne ne compte pas plus que celle des prolos incultes qui ne comprennent décidément rien à rien et surtout à l’Europe. Désolé, mais en France et dans d’autres pays, des gens sont morts pour qu’un homme représente une voix et on ne voit pas pourquoi l’Europe échapperait à la règle.

Alors Hollande fait du vent en affirmant « L’Europe ne peut plus faire comme avant », Valls parle d’un « malaise trop longtemps ignoré », Juppé de « choc historique », mais tous, à l’exception de Marine Le Pen, se gardent bien d’évoquer ce qui serait le plus logique dans une démocratie, demander aux Français s’ils souhaitent poursuivre l’aventure européenne ou retrouver leur indépendance, car le résultat serait probablement le même qu’en Angleterre.

Cocu de Lisbonne mais pro-européen

Surtout qu’on ne s’y trompe pas. Contrairement aux électeurs frontistes, je souhaite de toutes mes forces l’Europe même si je fais partie des « cocus de Lisbonne », qui ont voté en 2005 contre une constitution européenne totalement illisible en pensant que les politiques allaient revoir leur copie et à qui on a fait subir en 2007 un insupportable tour de passe-passe dans la capitale portugaise, en méprisant les électeurs.

Au lendemain de ce départ surprise de l’Angleterre, nos hommes politiques français, aveuglés par leur corporatisme étroit, nous montrent une fois de plus qu’ils ne se sentent pas coupables le moins du monde de la situation, alors qu’on aimerait les entendre dire : « Nous avons été particulièrement nuls sur la question européenne ». À les en croire, il n’est que deux solutions possibles, aimer inconsidérément l’Europe et donc tout accepter d’elle, y compris les pires absurdités bureaucratiques, ou détester l’Europe, la quitter et plonger la France dans le chaos le plus absolu…

Et pourquoi donc ne pas souhaiter vivement l’Europe, sans transiger le moins du monde sur la démocratie, pourquoi donc accepter comme un postulat unique le libéralisme à tout-va de Bruxelles, qui nous conduit à des idioties comme la loi Travail ?

C’est le boulot des politiques d’expliquer, de rendre compréhensible le projet européen, de se battre pour une constitution et des institutions simples et comprises de tous. Mais quand on voit la façon dont nos élus (lire l’article suivant) traînent des pieds et vivent comme une punition le Parlement européen, est-il vraiment étonnant que les Français, lassés de vivre au royaume d’Ubu-roi, avec ses ordres et contrordres permanents, se méfient du monstre technocratique bruxellois.

L’Europe devrait être une belle fille qui nous fait rêver, et non une de ces hideuses Parques de l’antiquité, qui avec ses grands ciseaux cherche sans cesse à réduire le champ de nos libertés. Et c’est à cette tâche que devraient s’atteler tous nos beaux parleurs, au lieu de culpabiliser les citoyens.

Le même déficit de démocratie pour la future EPCI

Quand on a la chance d’habiter le Pays basque, comment ne pas trouver un certain nombre de similitudes entre l’Europe actuelle et cette EPCI qui va regrouper les 158 communes du Pays basque ? Là aussi l’idée est séduisante, là aussi les politiques frétillent, parfois par convictions sincères et parfois à l’idée de nouvelles indemnités à empocher. L’invité que je suis dans cette région comprend parfaitement que « le train à ne pas rater », comme l’expriment les Abertzale, puisse séduire la grande majorité des conseils municipaux qui ont eu à s’exprimer sur le sujet et une part importante de la population. Mais, puisque le préfet veut à tout prix pour janvier 2017, ce regroupement de communes, puisque le consensus est en train de se faire sur ce projet, pourquoi ne pas voir plus loin et travailler la démocratie de cette institution en réclamant que les représentants de l’EPCI soient élus au suffrage universel, au lieu de hausser les épaules en se disant qu’on a bien le temps.

Dans les familles, comme dans les collectivités territoriales, il est bien rare de ne pas traverser une période de trouble. Quand l’EPCI connaîtra quelques ratés, ce qui n’aurait rien de surprenant pour un nouveau-né, les électeurs pourraient se souvenir, comme pour l’Europe, qu’on ne les a pas consultés directement et vouloir mettre à mal une construction qui a du sens.

La démocratie est la base de la vie collective et, pour l’Europe comme pour le Pays basque, transiger sur ce point c’est s’exposer à de fort possibles déconvenues.

Hollande, pourtant, n’a rien d’un primaire

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Le joueur François Hollande peut avoir le sourire : il vient de prendre tous ses rivaux socialistes à contre-pied… (Photo Slate.fr)

Le roi du poker-menteur vient encore de frapper ! Car vous n’êtes pas naïfs au point de croire que Jean-Christophe Cambadélis a décidé tout seul de l’organisation d’une primaire à gauche. C’est bien évidemment, l’Élysée qui anime la partie et distribue les cartes, même si c’est dans un endroit réputé pour ses mélanges hasardeux et parfois détonants, la Maison de la Chimie, que le secrétaire du PS a été chargé d’annoncer la nouvelle aux journalistes présents.

Alors que sa popularité stagne à 14 % d’opinions favorables (et un maigre 21% pour Manuel Valls), le président de la République, qui, questions coquineries, manœuvres d’appareil et partie remportées avec une paire de deux, en connait plus qu’un rayon depuis son long séjour rue de Solférino, sort le grand bluff, en ayant visiblement bien retenu les leçons de 2012.

Tandis que Nicolas Sarkozy coincé par sa fonction présidentielle avait dû jouer « passe » pour la droite, François Hollande n’a pas oublié à quel point le débat entre socialistes, qui fut plutôt de bonne tenue malgré quelques inimitiés féroces entre Montebourg, Valls, Ségolène Royal, Martine Aubry et lui-même, avait focalisé l’attention des médias sur la gauche et privé d’air son futur rival lors de la grande finale présidentielle. Alors, comme un joueur de poker, Hollande version 2015 pose les derniers jetons qui lui restent sur la table et annonce « Tapis ! » pour obliger ses adversaires potentiels à se découvrir.

Car les « créatures » qu’il a fabriquées pour amuser la galerie et venir animer la table des grands, commencent à s’émanciper sérieusement. C’était magnifiquement joué de sa part de faire mousser Emmanuel Macron pour ne plus laisser de périmètre de jeu à Manuel Valls. Le problème, c’est que le ministre des Finances, n’a pas vu que le roué Hollande le laissait gagner volontairement pour le valoriser et qu’il a fini par se prendre pour ce qu’il n’est pas, c’est-à-dire un politique talentueux.

Mélenchon a les genoux cagneux

En organisant une primaire, Hollande met Valls et Macron dans une position très compliquée. S’ils regardent la partie se dérouler sans eux, alors qu’ils ont quelques cartes dans leur jeu, ils seront terriblement frustrés, ainsi que tous ceux à droite qui les adorent. Mais s’ils surenchérissent pour tenter de rafler la mise, alors ils passeront pour des traîtres qui ne respectent pas leur obligation de loyauté gouvernementale et l’électeur sera tenté de leur faire payer.

Même casse-tête pour l’aile gauche du PS. Montebourg ou Hamon seront accusés de lâcheté s’ils ne participent pas aux primaires. Mais s’ils font sécession et se présentent sans passer par la case primaire, ils seront obligés de quitter le PS et, à gauche de la gauche, on voit mal Jean-Luc Mélenchon, dont l’esprit partageur n’est pas la qualité première, venir les accueillir sur ses genoux.

Quant aux écologistes, il se trouvera bien un écolo-compatible désireux de se faire mousser, style Placé ou de Rugy, pour y participer. Même si les effectifs des écolos tiennent désormais dans une cabine téléphonique, c’est toujours ça de pris…

Le coup de la primaire est donc magnifiquement joué, car, perdu pour perdu, Hollande montre à l’opinion publique qu’il est sport, tout en éliminant quelques dangereux rivaux. Et si le roi du tapis vert avait été encore premier secrétaire du PS, on se serait franchement pâmé pour son sens tactique et sa façon de gagner des parties improbables.

Le hic, c’est que depuis 2012 et même si on l’oublie trop souvent tellement il joue discret, François Hollande est Président de la république et censé veiller sur tous les Français. Vous imaginez en 1988, François Mitterrand s’abaissant à une primaire, si Charasse, Dumas ou Badinter avaient eu quelques velléités de se présenter à l’élection présidentielle ? Et après le coup de chapeau au joueur talentueux pour la façon dont il conduit sa partie avec si peu d’atouts dans son jeu, on en revient très vite à l’impression première : incontestablement, François Hollande est intelligent, habile, sympathique, mais, avec ses bluffs, ses roueries et ses hésitations, comment croire qu’il est fait pour ce costume présidentiel dix fois trop grand pour lui ?

Lors de la primaire socialiste, Ségolène Royal qui avait quelques bonnes raisons de lui en vouloir, et pas que politiques, avait eu ce propos assassin dans « Le Figaro » : « Le point faible de François Hollande, c’est l’inaction. Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisé en trente ans de vie politique ? Une seule ? »

Ségolène est trop dure : pendant son quinquennat, Hollande a consciencieusement planqué les moutons sous le tapis, pris des engagements financiers qui impliqueront les imbéciles qui seront élus à partir de 2017 et sorti de son paquet de cartes des lois sur la déchéance de nationalité ou sur le travail, que seuls des énarques de la promotion Voltaire, coupés de toute réalité, ont pu rédiger… au casino, sur un coin de tapis vert probablement, en espérant trouver la martingale gagnante !

Un gougnafier socialiste, un de plus…

Petit socialiste deviendra grand… à condition d’apprendre un minimum la courtoisie. (Photo Sud ouest)

Souvent l’information vous tend les bras au coin de la rue. Un jour, en, sortant des halles de Biarritz, je croise un militant distribuant des tracts. Il m’apprend qu’il est le nouveau secrétaire de la section socialiste de Biarritz. Ce que je peux vérifier peu après grâce à Sud Ouest (27/06/2015). Le nouveau nominé, Laurent Riberolles, semble bien décidé à traverser les murs : « Je vais m’atteler à ouvrir les portes et les fenêtres. Il faut un vent d’air frais et montrer aux Biarrots qu’on est à l’écoute, que nous ne sommes pas là que pour les militants ».

http://www.sudouest.fr/2015/06/27/un-vent-d-air-frais-1968200-4037.php

Un an plus tard, le sens de l’écoute de Lolo-les-grandes-oreilles et sa capacité d’empathie avec les Biarrots méritent vraiment d’être contés.

Alors que je n’avais plus eu de nouvelles de Laurent-le-Magnifique depuis plusieurs mois, je reçois un message privé sur Twitter.

Riberolles

Je ne suis pas plus surpris que cela car je sais que cela tangue à la section socialiste. L’énarque en pull mohair Guy Lafite, à peu près aussi à gauche que Macron, provoque des éruptions cutanées chez nombre de militants, en particulier avec ses prises de position anti-EPCI. J’ai beaucoup de travail, le rendez-vous ne m’arrange pas tellement, mais je considère que me déplacer relève de l’obligation morale.

Quand on est un responsable socialiste de premier plan, on ne discute pas avec la plèbe et on prend les initiatives. L’omnipotent Laurent, sans chercher à savoir où j’habite, m’assigne à verre partagé, chez Kostaldea, au-dessus de la chambre d’amour à Anglet, le mardi 24 mai à 18 heures. Je me mets au garde-à-vous, j’enfile mes rangers, la droite ornée d’une rose rouge, la gauche d’un pédalo avec son capitaine, et j’obtempère en notant consciencieusement le rendez-vous sur mon agenda.

Le jour dit, je poireaute une bonne demie heure avant de dégainer le téléphone portable. Le très surmené secrétaire de section concède qu’il a complètement oublié le rendez-vous et qu’il est en pleine réunion. Ce qui peut arriver, même à des gens très biens.

Agacé d’avoir perdu presque deux heures, je rentre chez moi. Et depuis le 19 mai ? Rien, ni twitt, ni SMS, ni mail et encore moins un coup de téléphone d’excuse ! Ce qui est beaucoup moins acceptable.

Mais il est vrai que lorsqu’on est le responsable d’une section politique aussi imposante que celle du parti socialiste à Biarritz (trente adhérents, les jours de grand beau), on ne s’appartient plus et qu’il est parfaitement normal de s’affranchir des règles de la bienséance et de la courtoisie les plus élémentaires. Après tout l’exemple vient d’en haut et l’ambitieux Laurent, qui n’a pas des yeux dans le dos, ne peut à la fois scruter le sommet de la pyramide socialiste et sa base… Le mépris de Hollande pour ceux qui l’ont élu, le mépris de Valls à l’égard des salariés avec sa loi Travail qu’il veut passer en force, n’ont finalement d’égal que celui de l’immense secrétaire de la section de Biarritz qui ne va pas commencer une carrière politique en s’abaissant à être poli… Il réussira, ce petit !

Ce gouvernement indigne…

French Prime Minister Manuel Valls speaks during the session of questions to the government at the National Assembly in Paris on February 17, 2015. AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK

Manuel Valls restera à jamais le Premier ministre prétendument à gauche qui a osé passer en force, par l’artifice du 49-3, une réforme scandaleuse du Code du Travail.

Il faut n’avoir jamais quitté le confort douillet des cabinets ministériels, n’avoir jamais subi les exactions d’un patron exploiteur, ne s’être jamais fait entuber sur ses heures supplémentaires, pour oser présenter une telle réforme du Code du travail et s’étonner que les Français ruent dans les brancards. Mais qu’attendre d’autre d’un gouvernement qui mène une politique ultra-droitière, comme l’ont déjà démontré les lois sécuritaires, prétendument dirigées contre les terroristes et qui n’ont servi jusqu’à maintenant qu’à boucler à leurs domiciles quelques paisibles militants anti COP 21 ?

Le député communiste André Chassaigne a parfaitement raison, lorsqu’il parle d’un « coup de force contre le monde du travail, qui signe une régression historique du droit du travail par la remise en cause de la protection des salariés. », avant de s’étonner : « Qui aurait pu imaginer qu’un gouvernement se réclamant de la gauche ose ainsi anéantir notre modèle social, fierté de notre pays ? »

Alors que la tentative d’une motion de censure de la gauche a échoué à deux voix près, André Chassaigne sera un des rares députés à voter sans états d’âme celle de la droite, même s’il n’entretient pas la moindre illusion : « Je sais très bien que ce texte est à l’opposé de ce que l’on porte. Mais je ne vote pas sur le texte, je vote à partir du seul outil dont je dispose. ». Ce gouvernement indigne et irrespectueux des valeurs de gauche mérite de tomber.

Quant aux députés socialistes frondeurs, après leur baroud d’honneur, ils vont sagement rentrer dans le rang, surtout depuis qu’on les a menacés de ne pas leur accorder l’investiture aux législatives de 2017. La politique est un monde féodal où les vassaux s’écrasent !

Une bataille de gagnée, une guerre de perdue…

Le gouvernement serait pourtant bien inspiré d’envoyer quelques personnes de confiance dans la rue pour écouter ce qui se dit et mesurer le fossé qui s’est creusé avec les électeurs : « Avec une gauche comme celle-là, on n’a même plus besoin de droite ». Plusieurs de mes amis qui votent à gauche depuis quarante ans, affirment même qu’en cas de deuxième tour Hollande, Marine Le Pen, à la prochaine présidentielle, ils n’iront pas voter.

Grâce à un artifice constitutionnel et un détournement de l’esprit de l’article 49.3, les Hollande, Valls, Macron et autres petits marquis poudrés qui veulent nous renvoyer au monde du travail du XIXe siècle, ont le sentiment d’avoir remporté la bataille. Élus à courte vue, ils ne voient pas qu’ils sont en train de perdre la guerre. Après avoir réussi à contourner le Parlement, ils vont devoir désormais se coltiner la rue, dès mardi et jeudi prochain, et il ne fait pas de doute que le printemps va être chaud.

Ce n’est plus la peine que François Hollande, après avoir trahi à ce point ses électeurs, entretienne la moindre illusion sur son avenir présidentiel en 2017. Qu’il fasse réviser son scooter et qu’il parte, avec ou sans Julie Gayet, loin, très loin, très très loin…

Macron, ce ringard absolu

Macron (Le FIgaro)

Macron ne cesse de multiplier les clins d’œil à la droite, mais, pour voir arriver les claques qu’il ne va pas tarder à prendre, il ferait mieux d’ouvrir les deux yeux. (Photo Le Figaro)

Ce week-end encore, notre virevoltant ministre des Finances, que l’extrême gauche prend un malin plaisir à surnommer « Macron comme la lune », a encore couru les plateaux télés pour faire entendre sa petite musique « ni de droite ni de gauche ». Il faut dire aussi que l’homme ne se lasse pas des caméras et qu’il se tient en très haute estime, comme en témoigne le mouvement politique reprenant les initiales de son patronyme, En Marche. (Que diraient mes copains si je lançais le mouvement politique J’Y Vais !)

Et tous les commentateurs politiques de nous saouler à longueur d’antenne avec « la modernité » du « Mozart de la Finance » et de le présenter comme un « électron libre » qui ferait un candidat très crédible pour la présidentielle de 2017.

Ce grand numéro de la modernité, on nous l’a déjà fait dans les années soixante-dix. Face à l’austère De Gaulle, le ministre des Finances était, aux dires de la presse de l’époque, un remarquable technicien, qui agissait par amour de la France et n’avait aucune ambition politique. Et puis ce Giscard, avec son chuintement auvergnat et sa particule de pacotille, était un homme si simple et abordable. Pensez donc un ministre, capable d’arriver en pull au rendez-vous élyséen du mercredi matin ; un inspecteur des Finances, jouant au football avec l’équipe de Chamalières, au moins le jour où la télévision s’était déplacée ; et n’hésitant pas à suppléer Yvette Horner et à offrir au bon peuple ébaudi un air d’accordéon ! C’est le même, quelques mois après son élection de 1974, qui tentait de restaurer un privilège royal en demandant à être servi avant les femmes et qui partait théâtralement, en 1981, au plus grand soulagement de tous. L’homme prétendument moderne était devenu un ringard absolu !

La similitude est troublante entre Giscard et Macron : même méconnaissance absolue du peuple français ; même cerveau hyper-scolaire, capable d’apprendre un Bottin par cœur, ce qui est rarement la marque des hommes qui comprennent la vie et leurs semblables ; même libéralisme outrancier, sauf que Macron a l’habileté de se présenter comme un homme de gauche qui plait à la droite ; même avidité de pouvoir en mimant – très mal ! – l’indifférence absolue.

Et la presse qui tartine à cœur joie sur l’homme qui vit avec sa prof de français de vingt ans son aînée, sur l’étudiant surdoué qui n’a jamais raté un examen, sur le conseiller élyséen qui abasourdissait tout le monde par ses audaces ! Sauf que tout cela est du vent et que les chroniqueurs politiques qui encensent le petit génie, le font … pour complaire à Hollande.

La créature du capitaine de pédalo

Le malin François a bien compris que le jeune Macron est encore beaucoup trop tendre et trop gaffeur pour tenir la route jusqu’en 2017 ; Mais en le cajolant, en le flattant, en l’incitant discrètement à se lancer en politique et à aller chasser dans la cour des grands, lui qui n’a jamais été élu, le capitaine de pédalo qui dirige notre pays et qui reste l’homme des petites combines, comme au temps où il régnait sur la rue de Solférino, sait qu’il pose un sacré problème à Manuel Valls, désormais dépassé sur sa droite par un jeune ambitieux aux dents longues et aux idées courtes. Macron est la créature de Hollande et son seul travail dans les mois à venir consiste à ratisser le réservoir de voix possible que Valls pensait avoir à la droite du PS. Et dans ce cas-là, une fois Valls bien ficelé, qui va s’imposer comme candidat « naturel » de la gauche, malgré son quinquennat catastrophique ? François Hollande, évidemment.

Le député socialiste des Hautes-Pyrénées Jean Glavany a tout à fait raison quand il parle sur RTL du « monarque et de son obligé » Et enfonce le clou sans pitié : « Quand on nomme au gouvernement des personnes qui n’ont jamais vu un électeur, ou qui ont été battues… on n’est pas dans la culture démocratique, mais dans une forme monarchique. Et au fond Macron, c’est le produit de ce système. » Avant de conclure, vachard, que « les deux intéressés devraient penser à la France ».

Oh, comme il y va ce Glavany ! Mais bien sûr que Hollande ne pense qu’à la France. La preuve ? Il est même prêt à se sacrifier cinq ans de plus pour finir le merveilleux travail de modernisation de notre pays qu’il a si brillamment conduit pendant son premier quinquennat !

Hollande en pleine déchéance de rationalité…

Eemaniement-du-gouvernement

Je n’ai pas confiance en toi, et toi non plus, donc rien ne s’oppose à ce que nous continuions la comédie…

Remercions vivement François Hollande et Manuel Valls d’avoir douché l’enthousiasme des Français, au cas improbable où il existerait encore un ou deux de nos concitoyens s’imaginant qu’un remaniement ministériel puisse servir à améliorer l’équipe dirigeante du pays et à mieux gouverner la France. Voilà un homme, élu en 2012 sur sa bonhommie, sa capacité fort momentanée à l’amaigrissement et sa placidité, ce qui nous changeait agréablement du petit nerveux qui l’avait précédé, et qui -propos incroyable!- demandait à être jugé sur les résultats obtenus. Presque quatre ans plus tard,  l’ancien président du conseil général de Corrèze, qui avait annoncé qu’il allait créer 500.000 emplois avec la mesure phare de son quinquennat, le contrat génération, en a tout juste obtenu 40.000, selon le rapport de la Cour des Comptes. Quant à l’inversion de la courbe du chômage, toujours promise mais jamais réalisée, qui devait conditionner sa décision de se représenter en 2017, elle culmine sur les sommets malgré les deux milliards d’euros que Hollande s’apprête à injecter, au cas où un miracle de dernière minute se produirait.

Les Français ont compris depuis fort longtemps que le costume de président est beaucoup trop ample pour le fugueur en scooter et que n’est pas Mitterrand qui veut. Mais, se croyant toujours à la manœuvre rue de Solférino, Hollande clame son mépris de la France et bâtit un gouvernement « spécial présidentielles de 2017« , qui inévitablement va lui péter à la gueule. Revue de détail de toutes les absurdités et de toutes les déchéances de rationalité contenues dans cette nouvelle équipe ministérielle.

Elle a bon dos la parité!

C’est un homme qui écrit cela, mais je ne supporte plus cette prétendue parité en politique qui n’existe pas dans la réalité. « 19 hommes et 19 femmes, car le président tenait à la parité » ont ronronné en boucle les radios et les télés. Mais qui occupe les ministères régaliens de la Justice, de l’Intérieur et de l’Armée? Des hommes bien sûr!

Et qui se retrouve avec des secrétariats d’État aux titres aussi improbables que chargée de la Biodiversité (Barbara Pompili), chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion (Ségolène Neuville), chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie (Pascale Boistard) ou de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage  (Clotilde Valter)? Des femmes, bien sûr! Alors, qu’on arrête un peu avec la parité, tant que l’on n’aura pas, sans que cela ne suscite le moindre commentaire ni le moindre étonnement, des femmes aux plus hautes responsabilités de l’État et à la présidence de la République.

Des écolos lamentables… comme d’habitude!

Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili, Jean-Baptiste Placé : tous attendaient le grand jour où ils allaient enfin pouvoir bénéficier de la voiture de fonction et de la sirène à deux tons. Ah, ça, ils vont le payer cher leur moment de griserie, avec toutes les couleuvres que Valls va leur faire avaler! On a déjà vécu le film avec Cécile Duflot, plutôt mordante et sympathique à ses débuts et totalement dépassée, lorsqu’elle s’est retrouvée au cœur de l’appareil d’État. Hollande qui redoute de voir surgir une candidature Nicolas Hulot qui lui compliquerait sérieusement la réélection, pense avoir bien joué en s’assurant le soutien des Verts. Mais il devrait savoir que chez les écolos ou prétendus tels – car lequel d’entre eux se préoccupe encore d’écologie? – il y a autant de courants et de micro-partis que d’individus. Même manœuvre, en conviant à la table gouvernementale le vieux cheval de retour Jean-Michel Baylet et son lilliputien Parti radical de Gauche, dont les assemblées générales tiennent dans une cabine téléphonique. Encore une fois, on est dans un calcul à courte vue, où les intérêts de notre pays seront malmenés par les exigences de petits marquis qui ont démontré depuis fort longtemps leur inexistence politique.

Valls-Ayrault : bonjour l’ambiance!

Même perversité dans le traitement réservé à Jean-Marc Ayrault. Premier ministre appliqué et loyal, il a payé pour l’indécision chronique de son président et a été injustement écarté par le jeune arriviste Valls, qui était sous ses ordres et bien décidé à lui faire la peau. Et, comme toujours, Hollande avait flanché malgré les mises en garde de Valérie Trierweiler, qui lui avait dit : « Si tu files les clés à Valls, tôt ou tard il partira avec le camion« . Ce n’est que justice de voir Jean-Marc Ayrault, homme sincère et convaincu, revenir au gouvernement, à un moment où ses liens privilégiés avec Angela Merkel seront plus que précieux. Mais, vous tous qui subissez des injustices dans le cadre de votre travail, essayez d’imaginer ce qui se passerait si votre actuel patron se retrouvait sous vos ordres. Couinements, grincements de dents et cacophonies, sont à prévoir, mais Hollande n’en a cure : il veut être réélu en 2017 et le reste l’indiffère.

Un « traître » plus facile à surveiller

Valls peut se féliciter de la mollesse de Hollande. Mis en garde par ses amis, sur une trahison de plus en plus évidente de son Premier Sinistre,  comme Coluche qualifiait le chef du gouvernement, le capitaine de pédalo n’a pas osé trancher. Ou s’est dit que Valls serait plus facile à contrôler à Matignon qu’à l’extérieur du périmètre gouvernemental. Valls ne manque pas de culture politique et sait très bien que, si Hollande est réélu en 2017, il est fort probable que les Français choisiront un homme de droite en 2022. Ce qui ne satisferait guère ses rêves élyséens. En droitisant exagérément ses positions, ce qui ne lui est pas trop difficile, vous en conviendrez, Valls fait coup double. Il s’attire des sympathies chez les électeurs de droite qui pourraient s’avérer fort utiles si Juppé était élu en 2017 et tenait sa promesse de ne faire qu’un mandat, et coupe le président de son électorat naturel… Qu’il sera toujours temps de regagner, quand la présidentielle sera venue. On peut accuser Hollande d’être dépassé par sa fonction, mais tout le monde conviendra qu’il sait faire de la politique et qu’il se montre sans doute fort habile en faisant semblant de faire confiance au petit matamore catalan.

Voilà donc le gouvernement improbable que François Hollande est venu défendre devant les caméras de TF1 et FR2. Un gouvernement qui ne peut pas être efficace et fonctionner et qui n’est qu’une machine de guerre destinée à servir les intérêts personnels du futur candidat. Difficile d’afficher plus beau mépris de la France et des Français qu’avec cette nouvelle équipe, bancale et dénuée de toute homogénéité!

Une justice un pneu gonflée!

Goodyear 2Grande première sous la Ve République! Les salariés sont désormais priés de crever la gueule fermée et en silence, afin de ne pas froisser les délicates oreilles patronales, si l’on se fie au tribunal d’Amiens, qui vient de condamner huit ex-salariés de Goodyear à neuf mois de prison ferme pour avoir séquestré pendant trente heures, sans la moindre violence, le directeur des ressources humaines et le responsable de production de l’usine Amiens-nord. Pas de chemise arrachée comme à Air France, pas de coups portés, des plaintes déposées puis retirées dans un souci d’apaisement, mais un procureur qui refuse de prendre en compte la violence d’un patron-voyou envoyant au chômage, sans le moindre état d’âme, 1143 salariés.

goodyear cares

Des « séquestrés » qui semblent particulièrement malmenés, comme en témoignent les images de l’époque.

Décidément la gauche socialiste, quand elle se retrouve au pouvoir, ose ce que la droite la plus réactionnaire ne se permettrait même pas en rêve! Et qu’on ne vienne pas nous parler d’indépendance de la Justice! Depuis 1958, elle n’a jamais pris une décision sensible sans en référer à son ministère de tutelle, qu’il soit de droite ou de gauche. Ce verdict n’a donc pas été une surprise ni pour Hollande ni pour Valls. Ah, je l’imagine d’ici le petit matamore catalan, qui est tellement au goût du patronat, décider qu’il ne va plus se laisser emmerder par la CGT.  Pas de chance, ce jugement est tellement énorme, tellement scandaleux, qu’il pourrait bien se retourner contre ses instigateurs. Déjà l’édifice gouvernemental craquèle. Pascale Boistard, la secrétaire d’état aux Droits de la femme, a immédiatement réagi sur Twitter : «Au-delà des fonctions et responsabilités, devant une si lourde condamnation, je ne peux qu’exprimer mon émotion fraternelle», tandis que le député socialiste Yann Galut précise : «J’aimerais la même sévérité à l’égard des patrons voyous« .

Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, a tout à fait raison de voir dans ce jugement une « déclaration de guerre » et « une décision scandaleuse et injuste« . Le leader communiste, Pierre Laurent, dénonce « une criminalisation scandaleuse de l’action syndicale »  et Jean-Luc Mélenchon, ironique, twitte un retentissant « Merci Taubira ».

Étonnez-vous après cela, si ça pète très fort un de ces jours!

Les guygnolos de la mayrye de Parys

Guignolo 01C’est un peu comme sy des bons copayns organysayent pour mes obsèques une cérémonye relygyeuse à l’églyse Saynte-Eugénye, avec une homélye de Monseygneur Ayllet, suyvye d’un dyscours de Mychel Veunac, soulagé au plus haut poynt de me savoyr dysparu et me trouvant soudayn paré de toutes les qualytés… Ou comme sy Alayn Kryvyne se déplaçayt pour fayre l’orayson funèbre d’Alexandre de La Cerda! Le dessynateur Syné, pourtant party fâché de Charlye hebdo en 2008, a vrayment rayson de pousser un coup de gueule et de demander « d’arrêter la boucherye ».

Et l’on aymerayt byen connaître les deux ou troys garçons bouchers munycypaux quy ont eu la flamboyante ydée de cette lytanye ynsupportable d’hommages à des dessynateurs dont le fonds de commerce étayt la contestatyon de la socyété et la dénoncyatyon de la bêtyse, qu’elle soyt polytyque, relygyeuse ou mylytayre.

Guignolo 03

Après la bourde de ses servyces munycypaux, Anne Hydalgo a toutes les raisons de vouloyr se cacher derryère Françoys Hollande.

Passons sur le Y rajouté malencontreusement au nom de Wolynsky sur la plaque commémoratyve ynaugurée par Françoys Hollande et la mayre de Parys, Anne Hydalgo. Ce massacre orthographyque aurayt sans doute byen fayt ryre nos copayns dessynateurs, quy y aurayent vu l’œuvre des petyts mynets parfumés, n’ayant jamays ouvert un journal contestatayre de leur vye, quy se pressent autour de la nouvelle patronne de Parys.

… Mays alors, la légyon d’honneur, les chœurs de l’armée et le récytal de Johnny Hallyday, c’est peut-être pousser le bouchon de la récupératyon un peu loyn! Cabu, pour ne parler que de celuy que je connayssays le myeux, détestayt les hommes quy ont besoyn d’une boutonnyère colorée au revers de leurs vestes pour Guignolo 02exyster. Quant à l’armée, pour avoyr suby la bêtyse adjudantesque pendant la guerre d’Algérye, yl la vomyssayt. En ce quy concerne notre Jojo natyonal, avec son QY de bygorneau, yl est clayr que toute l’équype de Charlye nourryssayt un méprys yncommensurable à l’égard de celuy « quy chante comme une seryngue », selon les mots de Syné. Et comble de bonheur pour les vyctymes de Charlye, c’est un journal qu’yls adorent, Ycy Parys (31/12) quy leur porte le coup de grâce  en affyrmant,  » C’est un choyx très judycyeux de la part de la mayrye de Parys que de fayre appel à l’ydole des jeunes pour cette cérémonye !« 

Mays vous n’allez pas byentôt leur foutre la payx et cesser de vouloyr normalyser à tout pryx cette bande de merveylleux gamyns quy s’efforçayent de refayre le monde avec des crayons!

Monsyeur Courtelyne, yntendant général de la mayrie de Parys, tyent à fayre savoyr à l’ensemble de la presse, que le stock de i est épuysé et que, faute de crédyts, il ne sera pas renouvelé avant 2017.