Un rugby plein de surprises…

Cette fois, plus de doute possible. Grâce aux archives qu’il a retrouvées, Frank Perrin nous apporte la preuve que le gouvernement Pétain a tout fait pour faire disparaître le XIII.

Quand la passion vous transforme en rat de bibliothèque ! Belle performance que vient de réussir le tenace Frank Perrin, en élucidant une de ces énigmes du sport français qui a hanté pendant des années des dizaines de journalistes spécialisés. En réussissant à localiser dans un fort de Fontainebleau, les archives du XIII français, saisies par le gouvernement Pétain pendant la guerre et en s’attaquant aux dix-sept kilomètres de vieux papiers, l’auteur nous fait revivre la décision politique prise à l’encontre de ce sport et le rôle non négligeable qu’a joué dans cette décision le ministre des Sports d’alors Jean Borotra.

Avec « Rugby à XIII, le rugby du futur », les historiens vont se régaler, mais aussi tous ceux qui se sont intéressés à ce sport à un moment de leur vie. Grâce à Perrin, nous partageons le carnet de tournée de Raymond Contrastin, acteur en 1951 d’une tournée aux antipodes qui durera plus de trois mois. C’est l’époque où le XIII de France brille de mille feux et où la rivalité avec le XV est la plus exacerbée. L’époque, où le XIII avec ses tenus est considéré comme un jeu stéréotypé, tandis que les envolées semblent l’apanage du XV. L’époque aussi où la pratique de l’une des deux disciplines interdit de facto la possibilité de jouer à l’autre. Quand par hasard, l’amateur de ballon ovale peut tomber de nos jours sur une retransmission télévisée, il est surpris de voir à quel point ce jeu est devenu débridé et inventif, tandis que le XV devient de plus en plus un affrontement de tanks bodybuildés.

Dans ce livre réalisé avec la bénédiction de la fédération de rugby à XIII, Perrin n’élude rien, ne cache pas la faiblesse actuelle du XIII français, évoque les rapports de ce sport avec la franc-maçonnerie, consacre même un chapitre aux artistes qui se sont intéressés au XIII, avant d’évoquer les Coupes du Monde passées ou le XIII à l’armée.

Un livre surprenant, déroutant, un peu foutraque parfois, mais sympathique et toujours virevoltant à l’image de ce sport plein de surprises où les parties sont souvent bien plus intéressantes que les affrontements du Top 14.

« Rugby à XIII, le rugby du futur », Frank Perrin, 194 pages, 20 €.

 

 

 

Le Front national en pince pour Arosteguy

Candidat du Front national aux élections municipales de 2014, Frank Perrin appelle à voter dimanche pour Arosteguy. Comme cela, au moins, c’est clair.

Maïder Arosteguy s’est bien gardée de faire de la peine aux Frontistes entre les deux tours. Elle est récompensée aujourd’hui.

C’est un renvoi d’ascenseur qui nous rappelle l’ancienne politique, du temps où Emmanuel Macron suçait son pouce et n’avait pas encore enclenché la marche avant. Entre les deux tours de la présidentielle, la candidate LR Maïder Arosteguy, avait sidéré tout le monde par son silence, ménageant toutes les susceptibilités politiques et se gardant bien de trancher entre Macron et Marine Le Pen. Le programme très droitier de la dame, son soutien inconditionnel à Fillon et cette main tendue au Front national sont visiblement allés droit au cœur de l’ancien candidat du Front national Frank Perrin, qui, après avoir pris quelques distances avec la vie publique en 2015, nous revient plus passionné que jamais. Avec son ami Gérard Rabanal, Frank Perrin a donc fait parvenir ce communiqué à Bisque, Bisque, Basque ! qui pourrait presque ressembler à une déclaration d’amour pour l’ex-transfuge de l’UDI, si l’intéressé n’était sur le point de convoler. Bien entendu, ces propos nullement modifiés et publiés dans leur intégralité, sont sous sa seule responsabilité.

Le communiqué de Frank Perrin

 « Au regard de l’abstention record du premier tour et suivant les directives du porte-parole de la Présidence de la République, à savoir venir voter dimanche prochain massivement pour le second tour des législatives, j’ai décidé avec mon ami frontiste Gérard Rabanal de porter ma voix sur la candidate biarrotte Maïder Arosteguy à défaut de candidat Front National. Démocrates et républicains, nous pensons faire le choix qui s’impose à savoir faire en sorte qu’il y ait une réelle opposition à l’Assemblée Nationale et éviter le raz de marée annoncé.

Frank Perrin et Gérard Rabanal (Photo Sud Ouest)

 Avec une attitude digne et responsable entre les deux tours des présidentielles, dotée d’un programme solide et concret, Maïder a su nous convaincre. Nous pensons qu’il serait souhaitable que nos amis frontistes de Biarritz fassent comme nous et portent leurs voix sur Maïder Arosteguy dimanche 18 juin pour, je le répète, faire en sorte qu’il y ait une réelle opposition au Parlement. Ce n’est pas l’appel du Général de Gaulle, non simplement l’appel de deux sympathisants du Front National qui n’ont pas d’œillères et essaient de raisonner un peu.

 Dans le programme de Maïder Arosteguy, plusieurs volets nous intéressent celui de la sécurité, celui de l’emploi et également les propositions concernant les personnes handicapées, les transports et les jeunes. Pour rappel le Front National est classé hors extrême-droite dans la nomenclature dite des partis, signée par le Ministre de l’Intérieur de 2014 Manuel Valls. Document signé par mes soins ainsi que par les autres candidats aux municipales de Biarritz à la sous-préfecture de Bayonne lors de la remise des listes en mars 2014. Ce document est incessible, nous n’avons pas pu obtenir la copie et pour cause… sinon le peuple dans sa grande majorité saurait que le Front National est comme les autres un parti dit républicain.

 Bien entendu je tenais à préciser que cet engagement n’engage que Gérard Rabanal et moi-même et n’est en aucun cas une directive du Front National et encore moins celle de son secrétaire général Front National des Pyrénées-Atlantiques. Gérard et moi-même n’avons pas de fonction au sein du parti actuellement mais nous avons la fibre nationale et surtout souhaitons bonne chance à Maïder qui doit se battre jusqu’au bout. Nous serons de cette bataille dimanche ! »

Frank Perrin

Un communiqué qui, sans aucun doute, va contribuer à la bonne ambiance au sein des Républicains, agacer les partisans de Juppé et enchanter ceux de Wauquiez. Mais quand on ratisse large, voilà à quoi on s’expose. Comme diraient les Frontistes, lorsqu’ils trinquent en fin de repas : « Elle est des nôtres ! »

Quand Pétain cajolait le XV et écartait le XIII

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Croix basque et croix nazie cohabitent sur le même billet, qui était déchiré à l’entrée du stade.

Passionné de politique, ce que tout le monde sait à Biarritz, Frank Perrin est aussi un mordu de ballon ovale et en particulier de rugby à XIII. Alors que des milliers de spectateurs se préparent à assister à l’affrontement opposant Clermont à Toulon, en finale de la Coupe d’Europe, il nous adresse ces images d’un passé qui interpelle.  Pendant que le rugby à XV coulait des jours (relativement) heureux sous l’occupation, la pratique du  rugby à XIII était rayée d’un trait de plume par le maréchal Pétain, le 19 décembre 1941. Une décision incroyable que L’Équipe magazine qualifiera, en 2013, de « plus grand scandale du sport français ».

 

Avec ces billets de rugby aux visuels impressionnants, le passé ressurgit et les heures noires de l’occupation aussi…  D’après mes sources, ces billets dateraient de 1941 ou de 1942. Faut-il parler de “collaboration” ou est-ce que le régime nazi imposait la croix gammée sur les billets ? Difficile de répondre, car les instances dirigeantes du rugby à XV préfèrent botter en touche sur le sujet. On peut voir aussi en filigrane des chistéras. Sous l’occupation la pelote basque professionnelle avait obtenu un sursis de trois ans octroyé par Vichy et ses collaborateurs, au même titre que le football, la boxe et le cyclisme. Le Président de la FFPB était un certain Jean Ybarnegaray …Le rugby à XIII avait été supprimé d’un trait de plume via le décret n°5285 du 19 décembre 1941.  Le rapport sur la situation du rugby en France, rédigé par le docteur Voivenel à la demande de Monsieur Jean Borotra alors Commissaires aux Sports, fut fatal au XIII,  qu’il soit professionnel ou amateur, alors que les enveloppes circulaient tout autant à XV, avec des amateurs marrons, qui n’étaient pas appelés ainsi pour les coups de poing qu’ils distribuaient!

Un Biarrot relance le XIII

Rugby 07Par ailleurs et contrairement à ce qui a été écrit par des historiens sur le XIII, celui-ci a bel et bien redémarré le 5 novembre 1944 en tant que  Ligue Française de Rugby à XIII et non Jeu à XIII . La Ligue était donc de nouveau reconnue. (ci-joint l’article de L’Athlète Moderne et sa Une qui le prouve). C’est entre autre grâce à Monsieur Paul Barrière (ex-directeur du Casino Municipal de Biarritz dans les années 60/70/80) ex plus jeune Président de Fédération Sportive (Président en 1947 à 27 ans!) que le XIII put repartir, aidé en cela par son oncle Jean Bourel, grand mécène audois qui fit de Quillan Espéraza XV un champion de France en 1929, et son beau-père, très grand chapelier de l’Aude également, Jean Peille.

 De fait,  le XIII aurait dû récupérer ses biens et ses stades faisant suite à l’ordonnance du Général de Gaulle en date du 7 octobre 1943. D’après certaines sources, les archives de la Ligue Française de Rugby à XIII d’avant-guerre (spoliées en partie par Vichy via le décret précité ) seraient classées dans un “musée externalisé” à Fontainebleau…dans des cartons pleins de poussières. (sources rapport MG Buffet 1997-2000) dont le décret fut abrogé par Jean-François Lamour le 25 juin 2005 afin qu’il ne soit pas rendu public.

 J’ajoute que le XIII n’était pas un sport professionnel, contrairement à ce qui a été dit mais semi-professionnel, car les joueurs rémunérés devaient avoir un autre travail à côté (Le Président Laborde l’a écrit dans le numéro 2 de Rugby Treize de juillet 1938) . Joints également en deux parties un extrait de Match Sports 1936 avec l’équipe “pro” de Villeneuve où l’on distingue les joueurs dont le fameux Max Rousié. Tous avaient un autre travail que le seul rugby à XIII…

Indépendamment des billets quinzistes joints qui méritent réflexion, j’estime, comme beaucoup de passionnés, que le XIII devrait être réhabilité définitivement et recouvrer sa mémoire volée. Est-ce un signe positif ?  Monsieur François Hollande aura été le seul Président de la Ve République à amener en voyage officiel avec lui en septembre dernier la délégation française de Rugby à XIII et son Président Carlos Zalduendo en Australie. En cela nous ne devons lui en être plus que reconnaissants.

Frank Perrin, Biarritz

 

Vous pouvez aussi consulter le mémoire de Robert Fassolette historien du 13 :http://grenet.free.fr/fjtreize/Entraineurs/Documents/La_modernite_sportive_assassinee.pdf

Extraits de Miroir des Sports, l’Equipe, Midi olympique, Journal Minute, Rugby Treize 1938 n°2. (archives personnelles)

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Et les perdants sont…

biarritz score

(Photo Corine Martineau)

L’histoire remonte à presque deux mille trois cents ans, mais semble toujours d’actualité à Biarritz. En 280 avant Jésus-Christ, à Héraclée la bien nommée, Pyrrhus, le roi d’Epire, mit une sévère… raclée aux légions romaines. Mais, dans le combat, il perdit tellement d’hommes qu’il devint dans les semaines qui suivirent une proie facile pour les envahisseurs. À Biarritz, les politiques, à l’occasion de ces élections départementales nous ont offert un tel spectacle, que l’on peut sans risque pronostiquer une victoire… à la Pyrrhus pour celui qui décrochera la timbale, dimanche 29 mars. À l’exception des candidatures militantes qui ont réalisé des scores prévisibles et qui peuvent quitter l’enclos électoral la tête haute, les trahisons, les alliances improbables et les incessantes parties de billard à douze bandes, lors de cette campagne électorale, ont agacé les Biarrots au plus haut point et auront fatalement des conséquences à l’avenir sur la vie politique locale. Revue de détail d’un champ de ruines.

cinq de trèfle

5,52%, septième.

Il est du genre à affirmer « Même pas mal! »  et, à le lire sur Facebook, on pourrait presque croire qu’il triomphe : « Merci aux 537 Biarrot(e)s qui ont voté pour nous. ». La réalité est cruelle. malgré le soutien, sans nul doute décisif de Jean-Philippe Viaud, le repenti de gauche François Amigorena, qui avait décidé, après avoir piqué le compte Twitter de son ancien mentor,  de se présenter sans étiquette, va désormais se trimballer avec une magnifique… étiquette dans le dos. Celle d’un perdant, même pas magnifique, qui ne pèse rien dans la Ville, avec ses 5,52% de suffrages et sa septième place. On le disait discrètement soutenu par Didier Borotra. On mesure ainsi  l’influence de l’ancien maire. Quant à notre sémillant adjoint au tourisme, on lui souhaite bien du plaisir au sein de la majorité municipale quand il devra traiter avec Lafite ou Veunac. Il ne lui reste qu’une solution, s’il est cohérent : démissionner.

6-coeur

6,14%, sixième.

 Frédéric Domège avait promis qu’il se consacrerait à la pêche à la ligne en cas de défaite et fort de ses 6,14% et de sa sixième place, nul doute qu’il doit être en train de préparer ses plombs et ses hameçons. Pourtant, quand il aura digéré sa désillusion, un intéressant rôle politique l’attend. Celui d’opposant efficace à Michel Veunac, lui qui ne s’est pas compromis dans des négociations d’arrière-boutique ou des alliances improbables.

10-carreau

10,97%, quatrième.

 La trahison a ses limites. On imagine mal pour le second tour Louis Vial appeler à voter pour Max Brisson ou Bénédicte Darrigade pour Guy Lafite. Bénédicte Darrigade, comme Frédéric Domège, contestait l’omnipotence de Max Brisson sur Biarritz et sa boulimie de candidat à tout. Il est dommage qu’elle ait manqué de patience, car en se fourvoyant dans cette élection où elle n’avait rien à faire, elle a gâché la sympathie que les Biarrots éprouvaient pour sa personne et pour son nom. Elle était prédestinée à jouer un rôle important au sein de la Ville.  Il va être difficile pour elle de faire oublier désormais sa désinvolture d’élue, qui dix mois après son arrivée comme opposante au sein du conseil municipal, change de casaque et va pactiser avec la majorité. Avec 10,97% de suffrages, elle se retrouve très loin derrière Max. Ce sont ses électeurs qui vont détenir les clés du deuxième tour. Ont-ils voté pour le ticket Darrigade-Vial par détestation du leader de l’UMP, ou, après s’être offert un petit frisson de dissidence, vont-ils sagement regagner les rangs de l’UMP? On le saura dimanche.

valet de pique

13,85%, troisième.

 Frank Perrin a le sourire. Le candidat du Front national sait très bien que son parti est le grand vainqueur au niveau national de ces élections départementales, quoiqu’en disent les commentateurs qui comparent un parti qui s’est présenté seul avec des entités de gauche ou de droite, ce qui n’a aucun sens. Le très policé Frontiste biarrot la joue comme ces pères de famille qui choisissent les placements sans risques. Pas de bruit, pas de vague, mais d’élections en élections, son petit magot fructifie et avec 13,85% de suffrages obtenus, son parti progresse nettement par rapport aux cantonales de 2011. Plutôt clair dans ses choix, il affirme qu’il votera blanc au second tour et raconte que, lors d’un pot qui a réuni les militants dimanche soir, beaucoup affichaient la même intention. Frank Perrin juge que son parti est devenu républicain et que les quelques réflexions racistes de candidats relevées par les médias ne sont que des épiphénomènes. Un avis que semble partager l’opportuniste Sarkozy, avec son « ni-ni » qui met sur le même plan le PS ou le Front national. Un avis que ne cautionnent ni le patron de l’UDI Jean-Christophe Lagarde ni Emmanuel Valls, qui a eu le mérite d’être très clair sur le sujet, en appelant à voter pour la droite républicaine, en cas de duel UMP-FN.

roi de carreau

21,97%, deuxième.

 Avec 21% de voix obtenues, l’agglomérat de gauche, qui regroupait le PS, mais aussi dans certains départements le Front de gauche, le PC et les Verts, a pris une rouste monumentale. Parce qu’il est si peu de gauche, parce que son côté bobo plait, parce qu’il n’a jamais un mot plus haut que l’autre et qu’il enrobe à merveille ses contrevérités et ses approximations, Guy Lafite réussit une très belle performance avec 21,97% de votes en sa faveur dans une ville très à droite comme Biarritz. Et l’on se demande s’il n’est pas capable de créer la surprise, comme Michel Veunac l’avait fait au second tour des municipales. Quoiqu’il arrive, il est évident que cette élection laissera  des traces au sein de la majorité municipale, puisque Michel Veunac, ligoté par les engagements pris avec le MoDem, appelle à voter pour Brisson et non pour son Premier adjoint. Comment voulez-vous ensuite que les Veunac, Lafite, Amigorena, prennent des décisions sereines et favorables à la Ville, après un tel salmigondis?

roi de trèfle

27,21%, premier.

 L’échéance du 29 mars est capitale pour Max Brisson. Avec 27,21% de suffrages, Max et Maïder Arosteguy  se situent dans la moyenne nationale, ce qui n’est pas si mal quand on se retrouve confronté à deux listes dissidentes. Mais la grande inconnue reste la façon dont va s’opérer le report de voix. Déjà les patrons de l’UDI et de l’UMP ne sont absolument pas d’accord sur la façon de gérer l’épineuse question du Front national. Et force est de constater qu’au niveau local, Max Brisson, dont l’intelligence et les qualités ont souvent été soulignées dans ce blog, a multiplié les maladresses, ces derniers temps. En n’anticipant pas la fronde de ses lieutenants, Max s’est retrouvé à manger son chapeau publiquement pour tenter d’annihiler les dissidences et empêcher Corine Martineau de faire une liste. Mais surtout, comme Bénédicte Darrigade, Max n’a guère respecté le mandat pour lequel il a été élu. On peut très bien comprendre qu’un ancien premier adjoint, qui s’est imaginé maire, se complaise difficilement dans le rôle de premier opposant. Max a fait le job avec un manque d’allant total, multipliant les absences ou les excuses bidons. Et au final, au nom d’une alliance avec le MoDem, il s’est trouvé à négocier en douce avec Veunac, tout en jurant ses grands dieux du contraire. C’est Biarritz qui pâtit de ces petits jeux politiques! La moindre des dignités, quand on ne se sent plus l’âme d’un opposant et que l’on se retrouve coincé par des logiques d’appareil, c’est de démissionner de son poste de conseiller municipal pour laisser la place à quelqu’un qui a envie de faire le job. Ce que Max fera certainement s’il est élu dimanche, mais ce qui sera perçu comme une nouvelle manœuvre pas très respectable.

 Pour toutes ces raisons, parce que Guy Lafite est pour moi de gauche comme je suis bonne sœur, parce que Max Brisson a privilégié ses intérêts personnels avant ceux de la Ville, parce que presque tous les candidats de cette élection départementale se sont souciés comme d’une guigne des mandats que les électeurs leur avaient confiés et n’ont pas compris qu’en se ridiculisant, ils ridiculisaient aussi les Biarrots, pour la première fois de ma vie, dimanche, je vais voter blanc. À la réflexion, c’est une belle couleur le blanc.

C’est vraiment farce book !

Entre les gros malins de la communication, ceux qui ne maîtrisent rien et les inconscients, revue de détail du phénomène farce book à Biarritz.

Farcebook 004 Frank PerrinAvez-vous reconnu ce belliqueux chevalier, prêt à pourfendre le sarrasin ennemi, à verser de l’huile bouillante, du haut de son château-fort, sur le connétable Max Brisson ou à instruire un procès en sorcellerie pour conduire au bûcher Sainte Bénédicte Darrigade ? C’est notre candidat du Front national à Biarritz, Frank Perrin, loin, très loin sur sa page personnelle Facebook, de l’image de l’homme paisible qu’il s’efforce de donner pendant les campagnes électorales. Bien évidemment, il vous expliquera que c’est du second degré.

Farcebook 007 LafiteGuy Lafite, pour sa part, ne se remet visiblement pas du détournement de son compte Twitter par son ancien directeur de campagne. Sur sa page personnelle, il colle à l’actualité de façon presque compulsive. Sa dernière intervention remonte au… 17 octobre 2014, avec la publication d’une affiche sur les États Généraux du Surf à Biarritz. Aucun risque, comme cela, d’écrire quoi que ce soit qui déplaise à propos des futures élections départementales. Heureusement pour notre Mozart de la Finance, l’autre moitié de son binôme, la très socialiste Ghislaine Haye, est particulièrement présente sur les réseaux sociaux, puisqu’elle a à son actif deux comptes Facebook. Certes, le premier n’est pas de la plus extrême fraîcheur, puisqu’il vous explique comment voter… à la primaire socialiste.

Farcebook 009 Ghis Haye

farcebook 005 Ghis haye la dervicheAprès tout, cette élection ne date que de 2011 et il n’est jamais trop tard pour apprendre. D’autant plus que Ghislaine a plus d’un tour dans son sac à malices et qu’elle a compris, dans sa deuxième page Facebook, comment faire tourner la tête des électeurs. Pas question de saouler le malheureux décidé à voter à gauche avec un quelconque programme. Il lui suffira d’étudier de près l’art des danses sacrées des Derviches pour connaitre la griserie de voter socialiste.

 Farcebook 010 AmigorenaFrançois Amigorena, qui n’est pas dépourvu d’humour et maîtrise parfaitement les réseaux sociaux, n’a pas manqué de reprendre à son compte le message de Twitter sur les pirates du web. Aura-t-il le cran de se présenter aux électeurs avec  un anneau à l’oreille et un bandeau sur l’œil, lui qui estime dans Sud Ouest que les roueries qu’il vient de commettre à l’égard de son ancien mentor le qualifient tout à fait pour devenir le futur maire de Biarritz ?

 Max Brisson, prouve pour sa part qu’en matière d’habileté politique, il n’a décidément de leçons à recevoir de personne. Il ne manque pas de se targuer du soutien de Nathalie Kosciusco-Morizet, tout en affirmant officiellement, histoire de ne pas avoir à ajouter ce meeting à ses frais de campagne, que NKM n’est venue à Biarritz que pour parler de la refonte de l’UMP.

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Son remplaçant masculin, Philippe Nalpas, ne semble pas très concerné par cette future élection départementale qui, comme dirait Chirac, « lui en touche une sans faire bouger l’autre ». Visiblement Philippe mise sur sa belle gueule pour faire se pâmer ses électrices, comme le prouvent les changements à répétition de sa photo de profil. Dernièrement, il la jouait solide comme un roc, après s’être affiché avec la cravate dénouée et le regard extatique d’un joueur de poker au bout du bout de la nuit.

Farcebook 012 NalpasFarcebook 014 Nalpas 2

« Beau gosse » s’exclame Lydie, tandis que Caroline note « Quelle mine ! » Si avec ça, Max n’est pas élu, c’est à ne plus rien y comprendre !

Farcebook Domege 01Il aura fallu un écho de Sud Ouest sur son frère pour que Frédéric Domège sorte de sa réserve et évoque sur sa page Facebook la future élection. Jusque-là, l’électeur curieux, désireux de voir ce que nous mijotait l’ami Frédéric, en tandem avec Marie-Pierre Mayer, apparemment peu présente sur Facebook, devait se contenter de posts répétitifs sur le sport. C’est sympa le sport, mais est-ce que ça suffit à constituer un programme électoral ?

Même si elle n’est pas directement candidate, il faut absolument lire le Facebook de Corine Martineau. C’est toujours drôle, enlevé et original. En plus, en plongeant un peu dans les archives, on y retrouve de magnifiques couplets anti-Brisson, avant de passer au panégyrique, depuis que le président départemental de l’UMP se pâme pour la dame. Parfois Corine accueille aussi l’émission « Bonnes adresses du passé », en donnant de la visibilité à un post vengeur de Vincent Dubecq contre les candidatures dissidentes.

Farcebook 003 Martineau Dubecq

Farcebook 015 DarrigadeBénédicte Darrigade, pour sa part, est visiblement inquiète. Elle n’avait pas réalisé que les Biarrots pratiquent assez peu le front de mer lorsqu’il pleut à répétition. Heureuse d’avoir établi sa permanence, avenue du général de Gaulle, elle vient de publier en catastrophe un plan pour le cas où les vieux Biarrots se perdraient. Force est de constater que pour l’instant, il n’a nullement été besoin de faire appel à la police municipale pour canaliser la foule des visiteurs. Le remplaçant masculin de Louis Vial, Édouard Chazouillères avait démontré son humour, en publiant les Lettres de la Marquise de Vérité sur sa page personnelle. Malheureusement pour lui, un de ses suiveurs, qui essaie désespérément de retrouver à Biarritz un peu de la gloire qu’il avait connue en se faisant souffleter par William Leymergie, va une fois de plus lui compliquer la vie avec les journalistes. L’homme à la tête de Viaud, à qui le persil dans les oreilles irait si bien, est décidément à la subtilité ce que DSK est à la chasteté. Notre giflé a trouvé un endroit auquel nous n’aurions pas pensé, ni Jean-Philippe Ségot ni moi, pour ranger nos plumes.… Il ne doit pas connaître l’adage qui veut que c’est avec les vieilles plumes qu’on fait les meilleurs articles.

Farcebook 001 Viaud

Biarritz : les faux nez de la liste FN

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Quatre grandes timides, au minimum, se cachent dans cette liste. Par peur d’être reconnues, elles ont repris leurs noms de jeunes filles, comme la loi les y autorise, et parfois leur deuxième prénom. Saurez-vous les retrouver?

«  Mon mari ? Le jour des élections, je l’enferme pour être sûre qu’il n’aille pas voter «  … Rama Yade, la brillante administratrice du Sénat devenue ministre de Sarkozy, avait mis les rieurs de son côté, avec cette boutade concernant son mari Joseph Zimet, militant du parti socialiste. On peut très bien en effet avoir des sentiments communs et faire bulletins séparés, le jour de l’élection.

Mais l’affaire devient autrement plus gênante quand l’épouse se souvient soudain qu’elle a été une jeune fille et exhume de la naphtaline son deuxième prénom et son patronyme originel pour avancer masquée.

Dernière à s’inscrire en préfecture, la liste du front national intrigue beaucoup les Biarrots. Il est étonnant que dans une si petite ville, beaucoup de candidates soient totalement inconnues de tous. Le soupçon se renforce lorsqu’on effectue quelques recherches sur Internet, surtout quand on ne retrouve les noms de la liste ni sur google ni sur les pages blanches. Par chance pour le journaliste et par malchance pour l’intéressée, une des candidates, Dominique Girardi, a gardé son nom de jeune fille accolé à son nom de femme mariée sur sa page facebook, et il est donc aisé de déduire que Chantal Piton, et Dominique Girardi ne sont qu’une seule et même personne. Coup de téléphone à Madame Piton. Alitée, ce que j’ignorais, elle reconnait sa présence sur la liste FN avant de se cabrer : « Qu’est-ce que c’est que cette histoire? Chacun fait ce qu’il veut. Je n’ai rien à vous dire. Je ne vous demande pas ce que vous pensez du Front national ».  La dame est tellement paniquée que je préfère raccrocher. En effet, son mari, sur sa propre page facebook, affiche un soutien inconditionnel pour … Michel Veunac. Mais après tout, peut-être que le couple évite de parler politique!

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On en dit toujours trop sur sa page facebook…

Outre son incontestable amour de Biarritz, Frank Perrin, la tête de liste du Front national a une autre qualité : il sait que nous ne partageons absolument pas les mêmes idées mais il répond avec franchise à toutes les questions et, fidèle à la tactique de Marine le Pen, se montre très courtois avec les journalistes. «  Comme il y a une diabolisation du Front national, ce sont des gens qui souhaitent nous aider, mais qui ne veulent pas être reconnus. » Sur ses multiples sites de campagne, le Front national, n’oublie pas  de rappeler que les femmes ont le droit de se présenter sous leur nom de jeune fille et sous leur deuxième prénom. « C’est la loi, sourit Frank Perrin,  les hommes, eux, ne peuvent pas se cacher ». Merci pour le terme, c’est exactement celui que j’aurais employé. Le candidat du Front national ne dissimule pas qu’il a eu beaucoup de mal à boucler sa liste. « « Nous avons deux ou trois hommes sans étiquette, car ils partagent nos idées mais ne sont pas membres du Front national et quatre femmes, pas plus, qui ont utilisé leur nom d’origine ».

La photo intime de Marie-Claude Albanesi

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Pour Gérard Piton, le choix est clair…

Mais le plus savoureux reste à venir. Frank Perrin est bien conscient que sa présence dans la joute électorale arrange bien des candidats et que quelque lieutenant, avec ou sans l’accord de son grand chef, lui a donné un bon coup de pouce pour dénicher ces fameuses femmes qui manquaient à sa liste et la boucler dans les délais. Le candidat FN n’a pas du tout apprécié les dénégations de Marie-Claude Albanesi, numéro 10 sur la liste Veunac, et il sort tranquillement ses pétards : « Ma téléphonie est à la disposition de la presse. Elle prouvera que c’est cette dame qui m’a contacté la première pour me proposer des noms de femmes prêtes à rallier ma liste. » Frank Perrin se montre même plus précis. « Lorsque nous nous sommes rencontrés, à 18h30 un soir à La Coupole, un de mes amis se trouvait par hasard juste à la table à côté et il l’a vu sortir son téléphone et me montrer une photo où elle se trouvait aux côtés de Marine Le Pen. Cette dame a cherché à me mettre en confiance avec cette photo mais il ne faut pas qu’elle me prenne pour un imbécile. »

Appel à la permanence de Michel Veunac pour joindre Marie-Claude Albanesi. Celle-ci, sans doute trop prise par ses obligations, est introuvable, mais se fera sans doute un plaisir de s’expliquer dès qu’elle le voudra sur ce blog. C’est Jean-Philippe Viaud qui décroche et qui ne peut s’empêcher de lâcher du venin : « Je déteste la façon dont vous pratiquez le journalisme ». ça tombe bien, je déteste pour ma part les journalistes de clique et de claque, dont le principal titre de gloire est de s’être fait souffleter par William Leymergie, et je déteste encore plus les politiques qui se livrent à des petits jeux complaisants avec le Front national pour tenter de distancer un rival.-JYV

« On va te foutre à l’eau! »

Être journaliste à « Bisque, bisque, basque! » est décidément beaucoup plus dangereux qu’au « Canard enchaîné ». Trente minutes après mon bref échange téléphonique avec Chantal Piton, je reçois sur mon portable un appel haineux : « Tu vas arrêter ton cirque et cesser d’embêter ma femme, parce que, avec mes copains, on va te choper, te conduire au phare et te jeter à l’eau! »… Si vous pouviez attendre le mois de juin, ce serait sympa, car je ne suis vraiment pas un inconditionnel de l’eau froide.

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Copie de la main-courante déposée au commissariat de Biarritz aujourd’hui.