Affaire bénigne ou maligne ?

De façon très prévisible, Veunac affirme que le fiasco des écuries de Bigueyrie est une « affaire bénigne » liée à « une succession d’erreurs techniques ». Il est permis de sourire.

 Les pères et mères de famille qui voient arriver la fin du mois avec inquiétude se souviendront, au moment de mettre un nouveau bulletin dans l’urne en 2020, de ce maire qui ose qualifier « d’affaire bénigne » une cession d’un bien communal où les contribuables biarrots ont failli perdre entre 100 000 et 300 000 euros. Quel mépris pour ceux qui s’échinent à temps plein en gagnant le SMIC ! Ces mêmes pères et mères de famille, qui tentent d’y voir clair dans cette affaire, seront ravis d’apprendre que Bisque, Bisque, Basque ! n’est qu’un tissu de fariboles, billevesées et autres calembredaines… Bien qu’à l’origine de l’affaire, l’auteur de ce blog en effet n’a pas été convié à la conférence de presse qui se tenait mardi matin en la mairie de Biarritz. Alors, on a peur ?

Veunac prévisible et consternant

Dans cette conférence de presse façon Corée du Nord, où l’on était prié de croire la bonne parole municipale, Veunac a une fois de plus été prévisible au point d’en être consternant. Cette affaire, il la qualifie de « bénigne » auprès de son entourage. Si Michel Veunac a concédé que l’erreur était de sa responsabilité « et celle de personne d’autre », façon de dédouaner son adjointe qui ruait dans les brancards, il s’est empressé de diriger le projecteur en direction du service de l’urbanisme, parlant « d’erreurs techniques, non intentionnelles, comme cela peut arriver aux meilleurs. »

C’est oublier que sans le flair de Domège et les recours posés par Amigorena, Saint-Cricq et Echeverria, cette vente passait comme un cheval au relais de poste. Une position qui indigne au plus haut point les services administratifs de la mairie, parfaitement conscients qu’on leur fait porter un chapeau beaucoup trop grand pour eux. Les fonctionnaires territoriaux sont habitués à se taire et être désignés comme coupables à chaque coup de Trafalgar… Mais à ce point, avec une telle mauvaise foi ! L’ambiance va être sympa à la mairie de Biarritz dans les jours à venir.

Barucq en casque bleu

Lundi midi, Nathalie Motsch, suite à l’interview paru dans Sud Ouest, a accepté de rencontrer Michel Veunac. Se doutant qu’il n’allait pas lui décerner une guirlande de compliments, elle a demandé qu’il y ait un témoin à leur entretien, ce qui était une sage précaution. C’est le docteur Barucq, même s’il n’est pas médecin urgentiste, qui a accepté de s’y coller. Joint au téléphone, le médecin surfeur qui a l’habitude de mettre un casque quand la vague est forte, ne dément pas sa présence mais se contente de dire qu’il les laisse désormais « se débrouiller comme des grands ».

Aucun des trois protagonistes n’a voulu raconter à Bisque, Bisque, Basque ! ce qui s’était dit, mais des confidences de membres de la majorité, qui se sont retrouvés mêlés à l’affaire, permettent d’y voir plus clair. Veunac menaçait Nathalie Motsch de lui retirer sa délégation si elle n’était pas présente à ses côtés à la conférence de presse. Mais nombre d’élus de la majorité qui ont dû, eux aussi, présenter des délibérations sur des dossiers qui étaient chasse gardée du maire, ont volé au secours de l’adjointe à l’urbanisme et menacé de démissionner, indignés que le maire ait mis plus d’une semaine à laver de tout soupçon son adjointe. D’où l’absence de Nathalie Motsch qui n’avait effectivement rien à faire à cette conférence de presse puisque l’affaire ne l’a jamais concernée.

Une majorité en état de siège

La cession ratée des écuries de Bigueyrie a été une sorte de révélateur pour la majorité. Passé l’enthousiasme initial de la victoire de 2014, les jeunes talents et ceux qui s’imaginent un avenir politique en 2020, ne supportent plus les hésitations permanentes du maire, ses coups de gueule et sa façon de penser que rien n’est de sa faute. Jusqu’à ces dernières semaines, tout le monde râlait en douce dans son coin. Mais l’affaire de l’Hôtel du Palais, avec le constructeur Vinci qui hérite de 9 millions d’euros de travaux sans que la commission des travaux n’ait été saisie, ajoutée à cette cession ratée qui fait singulièrement désordre, commencent à lasser. Bisque, Bisque, Basque ! est persuadé après avoir discuté avec la plupart des figures du conseil municipal que Veunac, est désormais minoritaire au sein de sa majorité. Car il en faut de la constance et de l’indulgence pour le soutenir. En dehors de Lafite, qui se montre de plus en plus distant, de Castaignède et des trois abertzale qu’on a connus en d’autres temps plus soucieux de morale publique, seul Destizon, toujours plus flagorneur que les autres flagorneurs, vole encore publiquement au secours de Michel. Et compte-tenu des dossiers qui arrivent, on peut imaginer de sacrées surprises lors des délibérations futures, si dissidents de la majorité et opposition décident de voter de concert.

Une enquête interne refusée

Car tous ces élus qui n’en peuvent plus de Veunac, ont eu une nouvelle preuve de sa mauvaise foi et de sa duplicité. Le maire de Biarritz, lors de sa conférence de presse, a accusé Bisque, Bisque, Basque ! de n’avoir que des informations « parcellaires » sur le dossier. Que dire du maire alors, puisque « officiellement », c’est ce blog qui lui a successivement appris que le terrain était constructible à 874 m2 puis 1283 ? Quand une approximation de cette importance se produit et qu’on accuse ses services d’erreurs successives, la moindre des choses est d’essayer de comprendre ce qui s’est passé et de diligenter une enquête. C’est ce que lui a demandé sa majorité, qui a réalisé depuis longtemps que l’erreur n’était pas la seule hypothèse possible. Refus catégorique de Veunac, conscient qu’à force de titiller ses services, un sérieux coup de sabot pourrait arriver. L’affaire est donc close, braves gens : il y a eu maladresse des services, vous êtes priés de le croire puisque c’est le maire qui le dit, et une nouvelle erreur se produira bientôt à nouveau puisque le maire refuse d’enquêter pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer. Il a peur qu’on découvre qu’il a piloté le dossier du début à la fin ?

Des ruades à la Société des Courses

Certains détails montrent bien que cette cession n’avait rien d’ordinaire. L’acquéreur que personne ne connaissait, Jimmy Malige, ne veut plus parler à la presse, mais lors de notre conversation, il a reconnu quelques faits tout à fait extraordinaires. Malige n’est jamais venu à la marie ni n’a rencontré Veunac ou un quelconque adjoint, avant que l’urbanisme ne le convoque pour la première fois, près de deux mois après la vente. Mais personne ne s’est étonné de cet acquéreur mystère et ne lui a demandé un centime de garantie pour ce bien. Les premiers versements prévus devaient avoir lieu en avril 2018, ce qui témoigne d’une décontraction sidérante. Si un particulier vendait ainsi sa maison, à un parfait inconnu sans avoir la moindre garantie sur son assise financière, que dirait-on ?

L’agitation qui règne à la Société des Courses montre bien que l’affaire n’est peut-être pas tout à fait celle qu’on essaie de nous vendre. Des administrateurs se sont intéressés au fichier des sociétaires, et ont découvert que le fameux acquéreur miracle, qui montait cette opération « par amitié pour Bertrand Testard », n’avait été pris de passion pour les chevaux que depuis fort peu. Jimmy Malige n’est nullement Sociétaire de la Société des Courses de Trot, comme présenté lors de la délibération du 29 septembre, et avait juste sollicité son admission au moment où il faisait son offre à 545 000 euros. Si ce n’est pas de l’esprit d’à-propos !

Furieux, les membres du conseil d’administration, qui devaient ratifier son adhésion, sont maintenant bien décidés à la refuser. Et à s’intéresser sur l’élan à leur vice-président Bertrand Testard et à ses allées et venues entre la Société des Courses, la mairie d’Anglet où on le voit fréquemment et celle de Biarritz où s’est passé le deal avec Michel Veunac. L’homme clame son innocence et dit que tous les courriers échangés avec la Ville le prouveront. Comme si des échanges privés n’avaient pu avoir lieu. Il est évident qu’il n’est pas le cerveau de l’affaire, mais les administrateurs qui ont le sentiment de ne pas avoir été informés de toutes ses démarches, envisagent de l’exclure lui aussi.

Quelques élus étrangement discrets

Si certaines réactions de politiques sont très claires comme celle de Domège évoquant un « jackpot » à toucher en 2021, ou de Maïder Arosteguy parlant de « république bananière » à propos de la mairie, d’autres observent depuis le début de l’affaire un silence que l’on pourrait qualifier d’embarrassé. Lors du dernier conseil municipal, Guy Lafite avait fait sourire tout le monde, en rejoignant totalement Jean-Benoît Saint-Cricq sur l’évolution nécessaire de la Socomix qui gère Le Palais et en disant le contraire de Veunac. Depuis le début de l’affaire des écuries de la Bigueyrie, celui qui aime se présenter comme un brillant technicien de la finance se garde bien de dire quoi que ce soit en public. Comme s’il avait compris ce qui s’était passé et tenait à ne pas se faire éclabousser. Même chose pour un nouveau sénateur qui avait failli nous faire pleurer en abandonnant son mandat de conseiller municipal et en affirmant que c’est pour mieux servir Biarritz qu’il faisait ce sacrifice. Croisé lundi par hasard à la gare, Max Brisson, très occupé avec son téléphone portable, s’est bien gardé de venir poser quelques questions sur l’affaire en cours. On ne jure plus que par le Palais du Luxembourg ?

Veunac qui ne m’invite pas à sa conférence de presse, Lafite qui se tait, Brisson qui ne cherche pas à savoir… Décidément, les vieux chevaux de retour de la politique biarrote ne goûtent guère cette histoire d’écuries.

Un débat qui tombe à pic

Comment rétablir la confiance entre les médias et les citoyens ? Voilà la question à laquelle Elise Vincent du Monde et Bénédicte Saint-André de Mediabask, vont s’efforcer de répondre avec moi. En espérant un peu d’agitation dans la salle, signe d’un débat de qualité.

Ne tirez pas sur les lampistes…

Ni Motsch, ni l’urbanisme ne sont responsables du fiasco de la vente ratée du domaine de la Bigueyrie. Tout donne à croire que ce dossier était piloté par Veunac et lui seul.

Décidément ces écuries de Parme ressemblent de plus en plus à des écuries d’Augias et le parfum nauséabond qui en émane ne vient pas que du crottin des chevaux. Le cavalier acrobate qui caracole à la tête de la mairie a juste mis quatre jours pour franchir l’obstacle et annoncer, droit dans ses bottes, qu’il annulait la vente du domaine (« Sud Ouest », 2/12). N’est décidément pas Bartabas qui veut !

Et, après cette série d’approximations, l’on commence à deviner quelle va être la ligne de défense de Michel Veunac, relayée abondamment auprès de tous ceux qui le croient encore, ou du moins font semblant. Dix coups de téléphone, aimablement passés à Bisque, Bisque, Basque ! de la part d’interlocuteurs pliés de rire, racontent exactement la même chose. Michel Veunac adore larmoyer : « Ce poste de maire est dur. Tellement dur ! J’ai pris une équipe trop jeune et en réalité, je suis obligé de tout faire. Si j’avais été un peu plus aidé, cette histoire ne serait jamais arrivée. Je prends conscience que mon service de l’urbanisme n’est pas à la hauteur. Quant à Motsch, si elle suivait ses dossiers au lieu d’être toujours absente, ça ne serait pas arrivé ».  Autrement dit, tout le monde est coupable, sauf moi. Une contre-vérité évidente dans ce dossier, piloté de A à Z par le maire et lui seul.

Opposition et majorité unis contre le maire

Dans cette affaire qui sent effectivement très fort, il convient d’abord de féliciter Frédéric Domège. Avec son métier et ses années passées aux affaires, le conseiller d’opposition a eu le flair de deviner que quelque chose n’était pas clair dans cette histoire. Il est sûr que sans ses remarques le 29 septembre, lors du conseil municipal, jamais Bisque, Bisque, Basque ! n’aurait eu l’idée d’enquêter et tout le monde se serait fait berner. Au fur et à mesure des révélations apportées par ce blog, les téléphones portables ont chauffé entre les membres de l’opposition et de la majorité. Les échanges ont été nombreux, l’indignation vive et la consternation totale.

Samedi matin, l’opposition a trouvé le temps de se réunir pour arriver au même constat que la majorité quelques heures plus tôt. Michel Veunac n’a cessé de mentir et l’urbanisme n’a évidemment aucune responsabilité dans ce fiasco. Comme dans toutes les villes de France, les services municipaux de Biarritz, qui abritent d’indéniables compétences, ont fait ce qu’on leur a demandé de faire. Qui peut croire une seconde que l’urbanisme aurait mis sous le coude une proposition supérieure de 105 000 euros sans en parler au maire ? Et Nathalie Motsch, contrairement à ce que dit Veunac, travaille dur… sur les dossiers qu’on lui confie.

Passionné par le béton, comme ses prédécesseurs

S’estimant trahie par le maire, Nathalie Motsch raconte dans Sud Ouest le fonctionnement bien particulier de la majorité municipale.

Sociologue de métier, Michel Veunac devenu maire aurait dû fort logiquement s’intéresser à l’image de la Ville, à la communication, au rayonnement international de Biarritz. Allez comprendre pourquoi, comme ses prédécesseurs, une fois revêtu de l’écharpe tricolore, il s’est soudain pris de passion pour le béton.

Ne voulant pas porter le chapeau dans une affaire où les faits ont démontré qu’elle n’y était pour rien, l’adjointe à l’Urbanisme Nathalie Motsch met en lumière des pratiques inacceptables au sein de la majorité municipale dans Sud Ouest du 2 décembre. Dans le dossier de la cession des écuries de Bigueyrie, comme dans d’autres dossiers majeurs, (Bisque, Bisque, Basque ! vous promet d’autres surprises de taille sous peu), l’adjointe à l’Urbanisme est soigneusement tenue à l’écart et le dossier devient une « chasse gardée » du maire. Est-ce un fonctionnement logique dans une ville d’importance ? Et que cache cette pratique monarchique ?

Des mensonges en série

Même si vous êtes peu au fait de la vie publique, vous pouvez vous poser une question simple. Comment se fait-il qu’un simple citoyen qui ne connaît pas grand monde à Biarritz puisse avoir en quelques minutes et trois coups de téléphone des informations que le maire officiellement ignorait ? Qui peut croire cela une minute ?

Écoutez et réécoutez la vidéo du conseil municipal du 29 septembre 2017. Veunac sait et tente de passer en douce. Et pour ce faire, il envoie son adjointe en première ligne.

Deux mensonges le prouvent :

Quand Veunac répond officiellement à Bisque, Bisque, Basque ! il précise que l’estimation des Domaines s’élève « à 545 000 euros et non 920 000 euros ». Comme si ce dernier chiffre sortait de nulle part ! Mais il ignore à ce moment là qu’une lettre en notre possession et signée de sa main prouve que quatre mois plus tôt, le domaine de la Bigueyrie était encore estimé à 920 000 euros. Une estimation, qui, au vu des informations connues sur la constructibilité de la parcelle, semble on ne peut plus raisonnable.

Et puis, il y a l’ultime mensonge de Veunac à sa majorité pour tenter de sauver sa peau. Quand Nathalie Motsch l’accuse publiquement de ne pas l’avoir informée, Veunac se garde de contredire son adjointe mais cherche à faire croire que l’offre du promoteur Jérôme Rey est arrivée après le conseil, alors que le tampon de la mairie et le certificat du directeur général des services démontrent le contraire.

Alors vous croyez toujours à une simple erreur de l’urbanisme et à un malheureux concours de circonstances ?

L’embarras de la mairie d’Anglet

Et cette affaire pue tellement que la mairie d’Anglet, vendredi dernier, botte en touche. Questionnée par un simple citoyen qui aurait pu, après tout, vouloir se porter acquéreur, elle refuse de communiquer un chiffre aussi simple que les possibilités de construire sur la fameuse parcelle en question.

Le mail adressé par Bisque, Bisque, Basque! à la mairie d’Anglet. La question posée était pourtant simple. Elle n’a pas eu de réponse.

« C’est une affaire purement biarrote. La mairie ne veut pas s’en mêler » affirme un peu gêné le responsable de la communication Philippe Hemmert. On a connu Claude Olive plus inspiré en d’autres temps. À moins que la présence de Jacques Veunac, frère de Michel, au poste d’adjoint, ne l’incite à la discrétion sur ce terrain tellement attractif. Finalement, les grands secrets des politiques ne durent jamais bien longtemps et l’on apprendra très vite que la possibilité totale de la parcelle constructible s’élève bien à 1283 m2. À 545 000 euros, c’était le jackpot assuré pour l’acquéreur… ou son commanditaire.

Testard avoue à demi… puis se rétracte

Bertrand Testard est décidément un garçon changeant. Vendredi, sur sa page Facebook, il écrit : « Vous êtes tous béats devant les écrits de Monsieur Viollier qui se complait à patauger les deux pieds dans la merde ». À quelques mots près, ce que dit le maire.

Samedi, sans doute, un peu paniqué par les propos de Jimmy Malige, publiés la veille, il lâche une bombe, adressée à Bisque, Bisque, Basque !

 

Dimanche, après avoir pris conscience à retardement de ce qu’il vient d’écrire, ou s’être fait morigéner sérieusement par qui de droit, il rétropédale furieusement.

Mais le propos est intéressant et tout le monde remarquera vers qui Monsieur Testard dirige les projecteurs, les « élus ou des spécialistes de l’immobilier ». Mais pourquoi donc un « spécialiste de l’immobilier » serait concerné par cette affaire municipale ?

Et l’on en revient à la personnalité de celui qui a failli acquérir le terrain. Il suffit de discuter dix minutes avec l’intéressé pour comprendre. Jimmy Malige vient d’arriver dans la région et ne connait personne, mais il est allé dénicher un terrain bien caché du côté de Parme sans qu’aucune annonce immobilière ne paraisse. Le même affirme n’avoir jamais su que ce terrain était constructible, ce qui est possible vu son inculture de la région. Il voulait rénover les bâtiments existants, faire huit appartements et avait deux ou trois personnes qui lui avaient promis de l’aide.

Imaginons qu’un grand nom du bâtiment se soit porté acquéreur de la parcelle. Évidemment, tous les conseillers municipaux auraient suivi de près cette cession. Et le pot aux roses, sur cette pépite cachée, aurait été découvert. Tandis qu’avec un inconnu, présenté comme membre de la Société des Courses de Trot, ce qui n’était pas vrai au moment de la transaction, tous les membres du conseil municipal avaient le sentiment d’aider la société sportive.

Si « un de ceux qui lui avait promis de l’aide », avait racheté en 2021 ou 2022, le bâtiment rénové par Jimmy Malige, il pouvait ensuite bâtir 874 m2 de foncier neuf et faire une magnifique culbute. Même en laissant un petit bénéfice à l’acquéreur initial.

Une hypothèse d’école ?

Il est totalement ahurissant que le candidat présenté par Bertrand Testard, inconnu de tous rappelons-le, n’ait jamais été reçu à la mairie avant que Bisque, Bisque, Basque ! ne s’intéresse à l’affaire. Ou alors Monsieur Testard a une sacrée influence dans cette ville ! Vous vendriez, vous, votre appartement à quelqu’un que vous n’avez jamais vu sans même savoir s’il dispose de la surface financière pour le faire ? Si l’urbanisme ne s’est pas inquiété et a dérogé à ses pratiques courantes, c’est bien parce quelqu’un lui a dit de ne pas s’inquiéter. Encore plus révélateur, Jimmy Malige est convoqué lundi dernier à la mairie (où il met les pieds pour la première fois) et on lui suggère soudain de dire qu’il va raser les bâtiments existants. Pourquoi ? Parce que dans ce cas-là la possibilité à construire retombera à 874 m2 au lieu de 1283 et que la « boulette » paraîtra plus acceptable. Si on était sur une simple erreur administrative et une mauvaise estimation du terrain, aurait-on fait tout cela ? Agacé par cette affaire où il regrette d’avoir mis les pieds, le jeune promoteur refuse à juste titre le « témoignage orienté » qu’on lui demande.

Espérons maintenant que la Justice va s’intéresser à cette affaire pour éclaircir les zones d’ombre soulevées par Bisque, Bisque, Basque ! Un souhait que partagera sans doute Michel Veunac, ce chantre absolu de la transparence.

Et pendant ce temps, Veunac pense à 2020 !

Il y a décidément du Hollande chez Veunac ! Début décembre 2016, le seul souci de l’ex-Président de la République était de trouver le moyen de se faire réélire. Notre Michel Veunac bien à nous est tellement convaincu de faire un mandat étincelant qu’il ne parle déjà que de sa réélection. Cette fois, c’est promis, il va se débarrasser de cette majorité éclectique et turbulente qui ne lui vaut que des ennuis et faire une nouvelle alliance au centre et à droite. Et il promet déjà des postes aux imbéciles prêts à le croire. Heureusement, les jeunes talents de la majorité sont en train de comprendre que leur carrière politique pourrait bien se terminer en 2020 avec un tel guide suprême. Il était plus que temps, car la situation de Biarritz mérite autre chose qu’un beau parleur spécialiste du cataplasme verbal et de l’étude inutile pour gagner du temps.

Sur Twitter, un certain Michel VIEUNAC sévit depuis peu. Et quand on regarde les abonnés, on découvre nombre de figures de la vie politique locale. Une parodie qui va faire grincer quelques dents.

Le drôle de jeu de Motsch et Veunac en plein conseil municipal

Mensonge délibéré ou incompétence, le maire et son adjointe ont fait perdre au bas mot 105 000 euros à la Ville dans la cession du domaine de la Bigueyrie, dit écuries de Parme … Et sans doute beaucoup plus.

Ouvrez bien vos esgourdes et dépoussiérez vos neurones, car cet extrait vidéo du conseil municipal du 29 septembre dernier, qui ne dure que trois minutes, va particulièrement vous intéresser… surtout si vous êtes contribuable biarrot.

Comment ça, vous n’avez rien remarqué de particulier, même si l’agitation du conseiller d’opposition Frédéric Domège qui subodore quelque gibier caché dans le fourré vous a intrigué ? Rassurez-vous, le but poursuivi était bien d’endormir l’assistance, quitte à prendre quelques libertés avec la vérité et à passer sous silence quelques informations qui auraient pourtant beaucoup intéressé les élus. Heureusement pour vous, les limiers de Bisque, Bisque, Basque ! étaient là.

I.- LES QUATRE CONTRE-VÉRITÉS DE MOTSCH

Mais reprenons tout d’abord les propos particulièrement édifiants de l’adjointe à l’urbanisme Nathalie Motsch, propos, comme vous avez pu le constater, nullement démentis par Michel Veunac.

« Un terrain de 4150 mètres carrés » FAUX ! l’ensemble fait 7480 mètres carrés

C’est sans doute une étourderie de Madame Motsch. Elle évoque la parcelle, répertoriée au cadastre sous le numéro CV 58 qui fait effectivement 4150 m2, mais ne semble pas savoir qu’une deuxième parcelle, répertoriée CV 59 et estimée à 3330 m2 est elle aussi en vente. Le total est donc bien de 7480 m2, presque le double de ce qui a été annoncé aux conseillers municipaux. Vous remarquerez d’ailleurs que lorsque Frédéric Domège répond en parlant de 7480 m2, ni Motsch ni Veunac ne le reprennent, alors qu’ils auraient dû sursauter puisque l’opposant avance des chiffres totalement différents des leurs. Un ange aux ailes chargées de sacs de ciment passe…

« Un terrain classé  N » FAUX ! Une des parcelles est largement constructible

Et le festival de continuer ! Dans le souci sans doute de minimiser la valeur de ce terrain (la Ville est si riche !), Nathalie Motsch précise à tous « ses chers collègues » que le terrain est « classé en zone N » Et donc non constructible ! Mais cette grande pudique oublie de dire que la deuxième parcelle, CV n° 59 est, elle, parfaitement constructible et qu’une belle opération immobilière peut être réalisée. En effet, le droit à bâtir est de 874 m2, comme le reconnaissent a posteriori les services d’urbanisme de la Ville.

« Une estimation  à 545 000 € » FAUX ! La première estimation s’élevait à 920 000 €

Michel Veunac et Nathalie Motsch font tout pour endormir la méfiance des conseillers municipaux : « Les Domaines ont estimé ce bien à 545 000 euros » Et comme il y a un acquéreur à ce prix-là, tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes immobiliers. Sauf que ces grands timides oublient de dire aux « chers conseillers » que la première estimation des Domaines, pourtant réputés pour leurs évaluations très sages, était de 920 000 euros et que ce prix, allez comprendre pourquoi, a fortement été révisé à la baisse à la demande du maire. Nous y reviendrons.

« Un acquéreur s’est manifesté » FAUX ! Plusieurs promoteurs étaient intéressés  !

Frédéric Domège a raison de s’interroger sur cette transaction bizarre.

Quand on écoute Nathalie Motsch et que l’on voit Michel Veunac opiner du menton, la tentation est grande de saluer ces virtuoses de la vente qui ont su fourguer à un quidam de passage, Jimmy Malige, ces locaux « en très mauvais état » pour 545 000 €. Mais ces grands distraits oublient de dire aux « chers conseillers » que d’autres promoteurs comme Eiffage s’étaient renseignés. Et que Jérôme Rey, promoteur bien connu sur Biarritz, avait proposé… 650 000 € sans la moindre condition restrictive et en laissant, tout comme son heureux rival, la possibilité à la société des courses de trot de continuer à utiliser les locaux jusqu’en 2021. Frédéric Domège a donc tout à fait raison de demander pourquoi une « vente à la bougie » n’a pas été organisée et d’affirmer que pour l’acquéreur, ce sera le « jackpot en 2021 ».

 

II.- LES RÉPONSES EMBARRASSÉES DE LA MAIRIE

Tout arrive ! Pour la première fois depuis sa création en 2013, le blog Bisque, Bisque, Basque !  a reçu une réponse détaillée à ses questions et a pu obtenir des précisons du maire et du service de l’urbanisme. Si Bisque, Bisque, Basque ! se réjouit fortement de cette avancée républicaine, malheureusement les documents fournis posent plus de questions qu’ils n’amènent d’éclaircissements.

Une note de synthèse avec les bons chiffres… mais sans toutes les informations

La note de synthèse distribuée aux conseillers municipaux avant le conseil municipal du 29 septembre parle bien d’un terrain de 7480 m2 à vendre, mais n’évoque pas le revirement des domaines dans leur estimation, ni la constructibilité de la parcelle. Voilà une information pour le moins elliptique !

Un procès-verbal avec d’autres chiffres que ceux évoqués au conseil

Le procès-verbal d’approbation du conseil municipal du 29 septembre, validé lors de la séance suivante du 17 novembre, évoque bien les deux parcelles totalisant 7480 m2, alors que Madame Motsch avait parlé de 4150 m2. Une étourderie est toujours possible lors d’un débat, mais dans ce cas-là, on la signale aux élus. Le décalage entre ce qui a été dit aux élus et le procès-verbal est manifeste, mais… silence radio !

Une proposition à 400 000 € d’Anglet qui date d’octobre 2015

La ville d’Anglet a adressé une proposition pour ce terrain à 400 000 €, comme le souligne Michel Veunac, lors du conseil. Mais le maire oublie de préciser que cette proposition date du 9 octobre 2015. Le prix du foncier a beaucoup évolué entretemps et le bail permettant à la Société des Courses de trot de Biarritz (SCTB) d’utiliser ce terrain était de six ans à l’époque quand il n’est plus que de quatre.

Un certificat du directeur des services qui ne prouve rien

Enfin pour prouver que l’offre de Jérôme Rey, proposant 650 000 euros pour ce terrain le 25 septembre, n’était pas recevable, la mairie nous envoie un certificat de Christophe Landrin, directeur général des services de la Ville, affirmant que les convocations pour le conseil municipal sont parties le 21 septembre. Un certificat qui ne change rien à l’affaire, on le verra, puisqu’une décision de vente n’est effective qu’une fois la délibération  approuvée par le conseil municipal.

 Veunac oublie avoir parlé dans un courrier d’une estimation à 920 000 €

Dans sa réponse à Bisque, Bisque, Basque ! Michel Veunac confirme que l’estimation des Domaines s’élève bien à 545 000 euros et balaie l’hypothèse d’une estimation à 920 000 euros. Il ignore que nous sommes en possession d’une lettre signée de sa main et datant du 4 avril 2017 où il évoque lui-même l’estimation des Domaines à 920 000 euros.

La lettre de la mairie, reçue par Bisque, Bisque, Basque!

Le service de l’urbanisme confirme, encore une fois a posteriori, que les estimations des Domaines n’ont cessé d’évoluer sur ce bien. 490 000 €, le 7 décembre 2009. 920 000 €, le 9 juillet 2014. 900 000 €, en mars 2017. Et 545 000 €, quatre mois plus tard, en juillet 2017. Une chute libre, absolument pas justifiée par une quelconque décote du marché immobilier.

Une possibilité de construire qui augmente soudain d’un tiers

Dans le premier courrier adressé à Bisque, Bisque, Basque ! la mairie affirme que le droit à construire est de 583 m2. Ce blog ayant quelques copains dans l’urbanisme qui ont fait chauffer la calculette, nous insistons car nous pensons le chiffre erroné. Effectivement, l’urbanisme reconnait quatre jours plus tard que le droit à construire est de… 874 m2. Quand on vous dit que ce terrain vendu 545 000 € est une affaire en or !

III.- LES TROIS MYSTÈRES DE CETTE AFFAIRE

La mairie voudrait nous faire croire que tout est normal, mais il est sérieusement permis d’en douter et trois points au moins méritent de sérieux éclaircissements.

Domaines : Veunac joue contre son camp

Les Domaines sont un peu pour une mairie ce qu’est un agent immobilier pour un candidat à la vente de son appartement. Vous avez un trois-pièces en centre-ville et un spécialiste de l’immobilier évalue votre bien à 400 000 euros. Avant d’avoir reçu le moindre acquéreur potentiel, allez-vous contester l’avis de l’expert immobilier et lui demander d’évaluer le bien à 230 000 euros ? C’est peu probable. C’est pourtant ce que va faire Michel Veunac qui dans cette affaire joue contre son camp… Sauf à avoir une idée derrière la tête.

Quatre mois après avoir évalué le bien à 920 000 euros, les Domaines, suite à une intervention de la mairie, font une estimation à 545 000 euros. Et dire que personne ne s’était aperçu d’une telle chute de l’immobilier à Biarritz.

Michel Veunac nous a fait parvenir la dernière estimation des Domaines qui établit la valeur vénale du bien à 545 000 €, (On notera au passage que les Domaines reconnaissent ne pas être venus sur les lieux), mais il ignore que nous sommes en possession d’une lettre datée du 4 avril 2017 et adressée à l’ancien président de la société des courses de trot Guy Claverie. Notre sémillant maire refuse une offre de 500 000 € de la SCTB, occupante des lieux, car « une estimation domaniale est arrivée fixant la valeur à 920 000 € ». Bon prince, le maire reconnaît que « cette estimation lui paraît exagérée » et souhaite que la société des courses puisse faire une offre plus élevée.

C’est le maire lui-même qui parle dans un courrier d’une estimation à 920 000 euros, mais le jour du conseil municipal, il a visiblement totalement oublié cet épisode.

Les maires se plaignent en général de la trop grande frilosité des Domaines en matière d’évaluations, et fort rarement du contraire. Il est donc tout à fait inédit pour un maire désireux de vendre un bien, même s’il souhaite favoriser une association sportive estimable de sa Ville, de réclamer une révision à la baisse du prix proposé. C’est inédit, mais Veunac l’a fait. Et ce qui pose question, c’est de savoir pourquoi toutes ces démarches auprès des Domaines et cette deuxième estimation, tellement basse par rapport à la première, n’ont pas été détaillées aux élus. Contacté par téléphone, un haut fonctionnaire du Ministère des Finances reconnaît qu’il est « très rare que les maires contestent les évaluations des Domaines quand ils sont vendeurs et demandent à ce qu’elles soient revues à la baisse ». Le dernier maire à avoir fait cela s’appelait Eric Woerth, à propos de l’ancien hippodrome de Compiègne et Le Canard s’était permis d’ironiser.

L’éviction injustifiée de Jérôme Rey

Le 25 septembre, le promoteur Jérôme Rey fait parvenir une offre à 650 000 euros à la mairie. Il précise par téléphone que son offre ne comporte aucune clause restrictive. Même si les convocations pour le conseil municipal sont parties et l’ordre du jour arrêté, il est courant de reporter à la séance suivante un point à délibérer, quand surgit un fait nouveau. Surtout quand il y a 105 000 euros à gagner pour une Ville et aucune urgence de calendrier.

L’offre est arrivée parfaitement dans les temps et aurait dû petre évoquée au conseil municipal.

Le service de l’urbanisme affirme « nous étions déjà engagés avec le vendeur et ne pouvions plus reculer » ce qui paraît très exagéré. En effet, l’équivalent de la promesse de vente pour un particulier est la délibération du conseil municipal et personne ne peut se déclarer acquéreur tant que les élus n’ont pas approuvé la délibération. De la même façon, le caractère urgent de cette délibération ne saute pas aux yeux puisque la Société de trot n’avait pas à déménager jusqu’en 2021 et que la décision pouvait aussi bien être prise en décembre qu’en novembre, quand il y a autant d’argent à gagner pour une Ville. Au lieu de cela, Jérôme Rey, reçoit une lettre très surprenante de la mairie où on lui affirme qu’il s’est manifesté trop tard puisque le conseil municipal se serait tenu… le 23 septembre (et non le 29).

Quelle malchance! Encore une erreur imputable à la distraction. le conseil municipal a eu lieu le 29 septembre, mais on parle du 23…

Michel Veunac évoquera sans doute à propos de cette lettre la fatigue liée à son dur labeur ou la faute de frappe intempestive, mais est-ce si sûr ? La réponse du promoteur ne se fait pas attendre et il a bien raison de poser les questions qui fâchent.

Qu’en termes aimables, ces choses sont dites…

 

Et le promoteur de ne pas hésiter à écrire « J’ai été sidéré par la façon dont votre adjointe à l’urbanisme a présenté cette délibération ». Pas toujours facile, le métier de promoteur face aux petites seigneuries locales.

L’étrange Jimmy Malige, cet ami qui se veut du bien

Quand on interroge le service de l’urbanisme sur cet acquéreur, miraculeusement surgi de nulle part pour sauver la SCTB, le fonctionnaire municipal se montre catégorique : « On ne connaît pas Monsieur Malige ». Retrouvé à grand peine sur Internet, le parcours professionnel de l’intéressé étonne : vendeur de vélos en Espagne, de voitures à Clermont-Ferrand, avant de tenir la concession Kia à Anglet puis de démissionner et de créer une société « Concept Inovilla » le 13 décembre 2016 au capital social de, tenez-vous bien, 3 000 €. Une somme qui ne démontre pas forcément une capacité financière à mettre 545 000 € dans une opération immobilière qui rapporte 2 0000 € par an les trois premières années. L’urbanisme botte en touche « On ne fait pas une enquête de moralité sur les acquéreurs qui se présentent ! » Décidément, on aime l’aventure et favoriser les débutants dans cette bonne ville de Biarritz.

Avec un capital social de 3000 euros, on s’achète ce qu’on veut…

Bertrand Testard, vice-président de la Société des Courses de Trot de Biarritz, se montre un peu plus loquace et confirme avoir été l’intermédiaire entre la mairie et l’acquéreur. « On n’avait pas les moyens d’acheter et on a cherché quelqu’un. J’ai fait cela pour le bien de la société. Monsieur Malige, qui est sociétaire, s’est alors porté acquéreur, sans doute par amitié pour moi ». Des amis comme cela, prêt à débourser 545 000 euros cash, avec en contrepartie 6 000 € de loyer les trois premières années, on n’en trouve pas tous les jours dans les pas d’un cheval ! Malheureusement, la belle histoire d’amitié racontée par Monsieur Testard présente quelques faiblesses.

La seule photo qu’on puisse trouver sur Internet de l’acquéreur date d’octobre 2016. À l’époque, il vendait des voitures.

En effet, les membres du conseil d’administration de la SCTB affirment n’avoir jamais été informés de l’offre d’achat faite à la mairie pour 500 000 €, ce qui est tout de même bizarre. Par ailleurs, si vous convoitez un bien immobilier et qu’il vous manque 45 000 € pour l’acquérir, vous trouverez peut-être un ami pour vous prêter la différence à taux préférentiel ou même à taux zéro, comme Jacques Darrigrand, fournisseur important de la Ville, l’avait fait pour financer la campagne électorale 2014 de son ami Michel Veunac. Mais que penseriez-vous de cet ami s’il achetait pour son compte le bien dont vous lui avez parlé et qui vous faisait rêver ? « Je ne sais pas ce que Monsieur Malige compte faire de son bien » affirme avec ingénuité Monsieur Testard, décidément guère curieux.

Présenté par la Société de Trot, Jimmy Malige a « officiellement » acheté le bien pour son propre compte, laissant la SCTB fort démunie dans trois ans, avec un vrai problème pour loger ses chevaux. La philanthropie étant fort rare de nos jours, on peut donc se demander si ce nouveau-venu dans le monde de la promotion immobilière n’est pas le prête-nom, d’une équipe cachant quelques inavouables avidités. Contacté indirectement par les rares personnes à Biarritz qui le connaissent, Monsieur Malige s’est bien gardé de répondre à mon désir d’échanger avec lui. La timidité, sans doute !

MOTSCH DOIT DÉMISSIONNER ET VEUNAC S’EXPLIQUER

Vous avez maintenant presque tous les éléments en possession de Bisque, Bisque, Basque ! Il est fort probable au vu du nombre de personnes impliquées directement ou indirectement dans ce dossier que des rebondissements vont survenir, tandis que nous continuerons à travailler sur des pistes fort intéressantes, non encore évoquées dans cet article pour des raisons juridiques. Biarritz connection, comme on dirait dans les mauvais polars…

Les faits sont de toute façon fort simples. Soit Madame Motsch, par malignité, a délibérément trompé les autres conseillers municipaux, soit elle est incompétente, confondant les terrains constructibles et non constructibles, divisant par deux les surfaces mises en vente et minorant d’un tiers le droit à construire. Pour toutes ces raisons, il est difficile de l’imaginer continuer à son poste d’adjointe à l’urbanisme. Elle doit donc rendre sa délégation pour cesser de faire perdre de l’argent aux contribuables biarrots.

Quant à Michel Veunac, qui semble parfaitement en phase dans cette affaire avec son adjointe, il doit s’expliquer. Le maire de Biarritz semble très bien connaitre ce dossier, comme en témoignent ses courriers adressés à la société des Courses de Trot et aux Domaines. S’est-il fait promener par son adjointe en approuvant la cession à Monsieur Jimmy Malige, ignore-t-il vraiment tout de la personnalité de cet acquéreur, ce qui semble bien léger, ou est-il dans un plan concerté avec son adjointe ?

Nul doute que nous en saurons beaucoup plus bientôt, au vu de la gravité des faits racontés.

Quand papa chasse sur les terres de fifille…

Tordons d’abord le cou à une rumeur persistante. Madame Motsch a bien été avocate au barreau de Paris du 9 février 1999 au 30 juin 2000. Ce n’est pas ce qu’on peut qualifier de carrière au long cours, mais cela fera taire les médisants, même si dans son cas les affaires et la politique ont bien vite été préférées au prétoire. Il faut dire que Madame Motsch a de qui tenir puisque son père, Jacques Chemel, est le propriétaire de nombreuses sociétés dont La Société financière La Boissière Sofilab, basée à Sarlat La Caneda en Dordogne.

Jusque-là sagement cantonné à Sarlat et apparemment retiré des affaires, papa qui a largement dépassé les soixante-dix ans, semble avoir retrouvé tout son appétit pour le béton depuis la nomination de sa fille à l’urbanisme. Achat d’une première très belle propriété du côté de la Milady, ce qui est parfaitement son droit, puis achat de la villa Rubdekia, 27 rue Moureu, avant de se rétracter après avoir signé une promesse de vente, sous prétexte de l’impossibilité de construire une piscine. Un retrait qui est sans doute dû à l’article que Sud Ouest avait consacré au sujet, le 24 octobre dernier, ou Nathalie Motsch affirmait « Je précise qu’à chaque fois que des proches ont besoin des services municipaux qui relèvent de ma compétence, je me défais de ces dossiers qui sont alors traités par un collègue ou le maire directement. » Nous voilà rassurés.

Mais franchement, si ma fille devenait adjointe à l’urbanisme à Libourne, est-ce que je me hasarderais à faire des achats immobiliers en série dans cette ville ? Bien sûr que non, car la politique n’est pas qu’une affaire légale mais aussi morale, et je m’efforcerais de ne pas mettre ma fille dans l’embarras en semant le doute sur son action politique.

 

Une opposition sur-vitaminée et un maire dépassé

Pour une broutille de 7,8 millions d’euros, Veunac n’a même pas jugé bon de convoquer la commission des travaux et met l’opposition devant le fait du prince.

Efficace et combative, Maïder Arosteguy pour la première fois de sa carrière de conseillère municipale, s’est comportée en véritable opposante.

Novembre étant le mois où l’on énonce, devant le monument aux morts, le nom de nos chers disparus, l’appel des présents en entame de ce conseil municipal, est donc parfaitement conforme aux traditions : Castaignede ? Poueyts ? Ricord ? Pradier ? Vial ? Lannevere ? De Bailliencourt ? Bonnamy ? Tous disparus avec une bonne excuse, du style grippe de la palombe, rhume du cèpe ou angine du chipiron. Presque un tiers de défections au sein de la majorité (8 sur 26) quand l’opposition se présente au complet, guêtres lustrées et sabre au clair, voilà qui est révélateur du profond malaise de l’équipe qui nous dirige dans le sillage de son grand leader charismatique Veunac. L’absentéisme n’est jamais innocent.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Le contenu de ce conseil municipal s’avère pourtant hautement stratégique puisqu’il faut voter une enveloppe de 7,8 millions de travaux d’aménagements extérieurs pour L’Hôtel du Palais sans savoir qui va diriger l’établissement. Veunac se veut rassurant : « Le financement sera effectué à 100 % par la Socomix » grâce à un prêt-relais obtenu « dans de très bonnes conditions » Sauf que la Socomix est une coquille vide et qu’au final l’ardoise sera bien pour les Biarrots.

Coucou, revoici Vinci !

Est-ce l’absence de son encombrant voisin parti se prélasser sous les ors du Palais du Luxembourg qui la galvanise ? Pour la première fois depuis qu’elle fréquente ce lieu, Maïder Arosteguy va se montrer nette, tranchante et incisive et remplir pleinement son rôle d’opposante : « À la lecture des lignes que nous avons reçues, j’ai cru que nous étions revenus en 2012. Après des mois et des mois de revirements et une ardoise d’un million d’euros en frais d’études diverses et variées, j’attends que nous réfléchissions à une stratégie. Vous nous demandez de voter 7,8 millions de travaux, mais le permis n’est pas passé par la commission des travaux qui ne se réunit jamais. »

Et Maïder d’enfoncer le clou et de dénoncer des méthodes en droite ligne avec les pratiques de Borotra : « Le fonctionnement de la Ville est anormal et rend notre action très problématique. Je suis obligée de dénoncer l’incohérence de ces travaux et je m’étonne qu’ils aient été attribués à Vinci plutôt qu’à Eiffage qui fait travailler les entrepreneurs locaux. Vinci a une longue histoire avec Biarritz et on peut se demander si ce n’est pas un renvoi d’ascenseur »… Oh Maïder, comme si c’était le genre de la mairie !

Fidèle à ses habitudes, Veunac se garde bien de répondre sur le fond et déplore les remarques de l’opposante sur la dégradation de l’établissement : « Ce n’est pas dans l’intérêt de la Ville que de tenir des propos comme les vôtres. La Socomix est maîtresse de ses décisions, il ne faut pas dire n’importe quoi. Nous avançons au milieu des jugements hâtifs et non vérifiés. Il ne faut surtout pas flinguer. L’Hôtel du Palais se porte bien »

Couplet extraordinaire : selon Veunac, l’opposition ne devrait donc évoquer aucun sujet qui fâche sous prétexte que cela peut nuire à l’image de l’établissement. Quelle idée de la démocratie !

Veunac : « Vendre serait une grave erreur »

Alors que les hypothèses de vendre le fonds ou les murs sont évoquées, Domège et Darrigade sonnent à leur tour la charge.  Frédéric Domège qui s’efforce souvent de concilier les inconciliables est bien obligé de faire un constat accablant : « On arrive à quatre ans de mandat et ce projet donne l’impression de traîner, même si ces travaux sont absolument nécessaires et doivent être faits » Mais c’est Bénédicte Darrigade qui va se montrer la plus féroce sur la méthode Veunac : « Nous traînons et avons le sentiment que vous ne voulez pas envisager d’autres solutions, ce qui interdit tout débat. Je suis dépitée car vous êtes toujours ravi, tout va très bien, vous êtes très content de vous et nous ne pouvons débattre. »

Et comme pour confirmer les dires de Bénédicte Darrigade, le roi de la banalité sentencieuse, accessoirement maire de Biarritz, de conclure sans la moindre argumentation : « Je crois que ce serait une grave erreur de vendre le Palais. On a choisi une voie, cette voie nous la poursuivrons ! »

On va dans le mur, mais allons-y gaiement !

Saint-Cricq : « Nous pataugeons dans l’illégalité depuis 55 ans »

Saint-Cricq à Veunac : « Je n’aimerais pas être votre comptable ».

Jean-Benoît Saint-Cricq va se charger de ramener le débat sur le fond, même si la colère de l’opposition l’émoustille : « Je constate que la température monte dans ce conseil municipal. Sur le plan de l’exploitation, les chiffres sont bons, mais lorsqu’on a 50 millions de travaux à faire, au bas mot, on ne peut pas dire que le Palais se porte bien. Guy Petit a pris une bonne décision, il y a cinquante-cinq ans en sauvant l’Hôtel du Palais, mais cette situation de gestion municipale aurait dû être temporaire. Il n’est pas de la vocation d’une municipalité de piloter un palace. Je crains que nous ne pataugions dans l’illégalité depuis cinquante-cinq ans. La négligence de l’entretien du gros œuvre nous amène à des décisions urgentes »

Et le spécialiste du droit immobilier de pointer du doigt les failles juridiques de ce montage :

« La Socomix, locataire-gérante, va engager pour 9,5 millions de travaux TTC, ce qui pose une difficulté juridique. Si l’on se fie à l’article 555 du code civil, nous allons nous retrouver dans une situation embarrassante quand le bail va prendre fin en 2023. Je n’aimerais pas être votre comptable »

Veunac démarre au quart de tour, « Nous avons un excellent service juridique », mais se fait moucher dans la seconde par l’avocat biarrot : « Le Conseil d’État a dit en 2014, ce que valaient vos juristes à propos de la Cité de l’Océan ».

Jean-Benoît Saint-Cricq déplore ensuite le propos surréaliste du maire souhaitant qu’on ne dise pas de mal de son fleuron hôtelier.

« Cet hôtel appartient à la Ville. À quoi sert-on si on ne peut pas débattre en tant que conseillers municipaux ? Cet hôtel bénéficie de conditions de location qui ne sont pas normales, la Cour des Comptes vous l’a dit (NDLR : 370 000 euros de redevance annuelle, alors que Biarritz pourrait prétendre à 3 millions) Il faut aborder d’autre pistes, confier la cession du fonds de commerce à un groupe relève du bon sens. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs, ce que vous êtes en train de faire »

Et le grand démocrate Veunac de répondre à cette salve par une de ces formules toutes faites qu’il affectionne « Je vous remercie de vos conseils, mais on ne change pas au milieu d’un gué et on va continuer »

Lafite : « La vente? Je n’ai pas de tabou »

Heureusement Guy Lafite, étrangement serein et détaché comme s’il en avait sa claque de l’incompétence de son supérieur, comprend qu’on ne peut pas se contenter de botter en touche et va amener un peu de clarté au débat : « Je regrette que Four Seasons n’ait pas poursuivi, car c’est un très beau groupe. Ces travaux constituent une première tranche qui permet de raccourcir la deuxième (NDLR : Les travaux sur la structure du bâtiment) et de fermer moins longtemps L’Hôtel du Palais » Et mine de rien, l’habile Premier adjoint va glisser un sacré caillou dans la chaussure de Veunac : « La vente ? Je n’ai pas de tabou. Mais, à partir du moment où nous vendons, un groupe peut décider de fermer pendant l’hiver pour se concentrer sur les mois les plus rentables, ce qui met en danger le personnel. Quant au problème juridique que vous soulevez, il est réel. Avec cet emprunt, il faudra renforcer le Socomix et la logique sera d’apporter le fonds de commerce dans la corbeille de noces »

Jean-Benoît Saint-Cricq se sent rassuré : « Dit comme cela, ça va beaucoup mieux ! »

Même sa majorité ne prend plus Veunac au sérieux.

 Et à ce moment-là, l’assemblée partagée entre le rire sous cape et la consternation, entend la petite voix geignarde que sait prendre Michel Veunac quand il est dépassé : « Mais j’ai dit la même chose ! ».

« Pas du tout ! » rétorque l’avocat.

Veunac, lippe boudeuse d’enfant contrarié, tente encore de se faire entendre dans l’indifférence générale : « C’est ce que j’ai dit !», tandis que les absents de la majorité, sans doute spectateurs du conseil devant leurs écrans, doivent se féliciter de leur décision.

Allez, Michel, rendors-toi au fond de la classe à côté du radiateur. On t’appellera quand on aura besoin…

« Sud Ouest » ne doit pas connaitre Saint-Cricq

S’il y a dans l’opposition municipale un leader tenace et compétent, c’est bien l’avocat biarrot. Mais – hasard ? -, le quotidien régional n’a même pas le réflexe de le citer.

Pour une fois majorité et opposition sont parfaitement d’accord pour annoncer que le prochain conseil municipal, vendredi 17 novembre à 18 heures, sera copieux. Entre L’Hôtel du Palais et l’aménagement d’Aguilera, le menu s’annonce bourratif et les douceurs de fin de repas risquent de se faire attendre. Et côté condiments, on risque d’assister à une belle course à l’échalotte entre d’un côté les élus de la majorité qui s’efforceront de faire entendre leurs voix malgré le marmiton en chef Veunac, grand spécialiste de la cuisine à l’étouffé, et de l’autre les élus de l’opposition qui tenteront de prendre la place qu’occupait Max Brisson, même si ce dernier n’a guère montré d’enthousiasme et d’alacrité dans ce rôle de premier opposant.

Mais visiblement, notre quotidien régional favori ne doit pas assister aux mêmes conseils municipaux que Bisque, Bisque, Basque ! affirmant, le 9 novembre dernier, « L’opposition se cherche un leader », après avoir interrogé les seuls élus Républicains, Maïder Arostéguy et Frédéric Domège.

Si les deux élus déplorent unanimement la valse-hésitation permanente de Veunac : « C’est difficile de s’investir pour ou contre un dossier quand il y a si peu de projets qui sortent », le propos reste fort policé et l’on sent bien que personne ne tient à montrer ses cartes dans la perspective de 2020, ou pire de 2021 car il est question de repousser d’un an la date de l’élection municipale (Une bonne nouvelle pour le portefeuille personnel de Veunac, mais certainement pas pour les Biarrots !).

L’opposition très suave de Maïder Arosteguy

Fraîchement élue en 2008, Maïder Arostéguy, après avoir successivement lâché Saint-Cricq puis Destizon, s’était distinguée par une opposition… très suave à Didier Borotra, n’hésitant pas à voter avec la majorité municipale en faveur de la Cité de l’Océan. Depuis, notre sémillante conseillère a fait prospérer sa petite entreprise. Un petit tour à l’UDI, avant de bien vite se rabattre sur Les Républicains, à ses yeux beaucoup plus porteurs. Si Fillon avait moins aimé l’argent, le coup aurait pu être parfait et Maïder se retrouver députée au lieu de se contenter d’un mandat de conseillère départementale. Ce département, où il est prudent politiquement de n’indisposer personne, ce qui explique des interventions toujours très nuancées, voire timorées lors des conseils municipaux. Si Maïder Arostéguy a des idées novatrices pour l’avenir de Biarritz, le moins que l’on puisse dire est qu’elle les cache bien.

 Frédéric Domège, le bon copain

Fin connaisseur de la ville, ayant participé à la gestion de Biarritz sous Borotra, Frédéric Domège, et c’est une de ses grandes qualités, a gardé de solides amitiés dans tous les camps. « Veunac échange sans doute beaucoup plus avec moi qu’avec ses troupes » s’amuse-t-il. Et le malicieux Frédéric n’est pas loin de la vérité. Mais l’ancien joueur du PUC qu’il est doit savoir que le temps du match au moins, il faut savoir détester ses adversaires même si on boit une bière avec eux après le coup de sifflet final. Pertinent dans ses interventions que ce soit sur le tram ou la circulation, indispensable dans une équipe par le liant qu’il met, Domège ne s’est jamais attaqué frontalement à Veunac et à sa façon de gérer la Ville, persuadé sans doute qu’il pourrait être de la prochaine recomposition municipale et se retrouver à nouveau du bon côté de la barrière.

Richard Tardits l’intermittent

Sa très belle campagne de terrain en 2014 est désormais bien loin. Richard Tardits a toujours dit qu’une cure d’opposition ne le tentait guère et il participe aux séances du conseil municipal avec l’enthousiasme d’un buveur repenti prenant son Baclofène. Dommage, car avec un maire aussi inexistant que Veunac, avec un Max Brisson à l’opposition plutôt fluctuante et imprévisible, il pouvait profiter du boulevard politique qui s’offrait à lui et montrer aux Biarrots qu’il avait plein d’idées (ce qui est une évidence pour ceux qui le connaissent !) Au lieu de cela, il prend son mal en patience, intervenant peu et ne proposant guère. On en connaît un certain nombre au sein de la majorité, les Amigorena, Barucq ou Chazouillères, obligés de ronger leurs freins en silence et de couvrir les boulettes du patron, qui adoreraient être à sa place pour montrer qu’ils ont du talent !

Le patron, c’est Saint-Cricq

Reste le grand oublié de Sud Ouest. L’homme a pourtant été le premier à s’opposer à la Cité de l’Océan quand tout le monde croyait, dans le sillage de Borotra, qu’allait sortir de terre une machine à cash. Le même a fait gagner de l’argent, beaucoup d’argent aux contribuables biarrots grâce à ses recours en justice. Depuis plusieurs mandats, il dénonce l’utilisation faite par la Ville de L’Hôtel du Palais et là aussi les faits lui donnent raison. Il est des signaux qui ne trompent pas. Vous remarquerez, quand il prend la parole, comme le silence se fait dans les rangs de l’opposition comme de la majorité. Et Veunac a beau lever les yeux au ciel ou simuler une de ses fausses colères qu’il affectionne, le verbe est ciselé, les faits énoncés vérifiés et le bon sens de sortie. Car en plus de son talent d’orateur, Jean-Benoît Saint-Cricq est un gros bosseur qui a une haute idée de son mandat et n’arrive jamais les mains dans les poches. Fin juriste, il cherche, fouille et met immanquablement la majorité municipale face à ses contradictions.

La cure d’opposition a l’immense avantage de permettre de repérer les talents et les caractères : Saint-Cricq a tout connu, les micros coupés avec Borotra, les ricanements satisfaits des imbéciles qui ne savent plus comment se dépêtrer de La Cité de l’Océan ou même les invectives à son encontre, mais il n’a jamais flanché ni tenté de pactiser avec la majorité. Sur tous les dossiers majeurs de la Ville, il a toujours eu raison avant tout le monde et ne s’est jamais trompé.

Mais son talent est tellement évident qu’il a dû échapper à Sud Ouest !

Le désorienté budgétaire

Catalogue d’incantations non chiffrées, le document d’orientation budgétaire fourni par Veunac a suscité l’ironie mordante de l’opposition.

L’affaire de la piscine olympique le démontre : Michel Veunac a tendance à se noyer dans un verre d’eau.

Un vieux cheval de retour comme Michel Veunac devrait savoir que l’homme politique, c’est celui qui voit et décide avant tout le monde, anticipant sur l’opinion publique, comme a pu le faire en son temps François Mitterrand au sujet de la peine de mort. Mais notre roi de la phrase creuse, adepte des énoncés ronflants, adore jouer à l’homme simple qui se réfugie derrière les spécialistes. Comme s’il ne savait pas que les experts se font grassement rétribuer par les municipalités pour dire ce qu’elles ont envie d’entendre !

Platitudes en papier de soie

Témoin, ce débat surréaliste, lors du dernier conseil municipal, sur l’éventuelle construction d’un bassin olympique à Biarritz ou dans l’agglomération : « Monsieur Saint-Cricq, vous êtes expert en tout (Comme si utiliser ses neurones relevait de l’expertise et non du simple bon sens !). Moi, je ne suis pas expert en piscine. J’ai écouté les experts. » Et notre bon maire, après avoir fustigé « le nomadisme des usagers de piscine », de s’embarquer dans une explication désopilante sur le nombre de mètres carrés de surface d’eau possible par habitant. Visiblement les experts convoqués n’ont pas tenu compte de la pluviométrie de la Côte basque et des baignoires, douches à l’italienne et autres jacuzzis appartenant à des Biarrots, mais ILS SAVENT ! Selon ces formidables experts, Biarritz dispose actuellement de 437 mètres carrés de « surface d’eau », alors qu’il en faudrait 560 pour être confortable et qu’on passerait à 1687 en cas de construction d’un bassin olympique. Le calcul a-t-il été fait en tenant compte de la population hivernale ou estivale de la Ville, personne n’en sait rien. Est-ce cela qu’on appelle une expertise au doigt mouillé ?

Alors oui, si vous voulez comprendre véritablement la méthode Veunac, sa façon d’emballer de papier de soie la moindre platitude et de masquer par des phrases ronflantes une pathétique absence d’idées, oubliez pour une fois les niaiseries de votre téléviseur et offrez-vous l’écoute du dernier conseil en admirant la façon dont l’opposition, pour une fois pugnace et unanime, a transformé Veunac en roi nu.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Après les préliminaires d’usage, le coup d’envoi des hostilités est donné à 2 h 42. Max Brisson, étonnamment offensif avait déjà envoyé un coup de griffe à propos d’une délibération sur l’aménagement de la Côte basque, très semblable à ce qui avait déjà voté il y a un an. Mais il nous garde le meilleur pour ce débat d’orientation budgétaire. Avec la technicité incontestable qui le caractérise et ce ton de gros matou qui envoie des coups de patte sans avoir l’air d’y toucher, il va très vite dégonfler l’oeuvre d’imagination rédigée par Veunac et Lafite, estimant que dans ce document, on trouve plutôt « une juxtaposition disparate d’actions parfois très détaillées, parfois à peine décrites, que la description d’une politique cohérente au travers des différentes facettes de l’action municipale ».

Brisson et Saint-Cricq excellents

La cohérence, c’est bien là le problème majeur de ce maire qui est persuadé qu’incantation vaut action. Et Max, qui a dû doubler sa dose de Banania matinal tellement il se montre pugnace, de continuer en dénonçant « une propension à lister ce qu’il faudrait faire, ce qu’il serait souhaitable de mettre en œuvre (…) plutôt que de dire ce qui sera finalement réalisé en 2017 ou 2018. »  Et l’ancien premier adjoint, vraiment excellent, de reprendre les propos du maire qui liste ce que l’on « POURRAIT » faire au lieu de dire ce qu’on va faire, avant de conclure, dédaigneux comme un chat lassé de jouer avec une insignifiante souris ceinte d’une écharpe tricolore, « Votre document embrasse très large avec de très nombreux effets d’annonce ».

Après le professeur, place à l’orateur Jean-Benoît Saint-Cricq (2 h 58). L’habitué des prétoires en reprenant des extraits de ce rapport d’orientation budgétaire, va démontrer de façon totalement désopilante à quel point le maire actuel se réfugie dans des phrases vides de sens pour masquer son inaction et ses incapacités. Parlant d’un « rapport d’orientation budgétaire qui ne mérite pas tout à fait son nom », le talentueux avocat s’amuse à soulever le rideau du décor pour montrer le vide abyssal qui se trouve derrière. « À propos du commerce, vous voulez mettre en place de nouveaux outils de veille et d’observation de l’activité commerciale. Lesquels ? (…) Vous voulez faciliter l’offre marchande en participant au projet d’aménagement urbain pour développer les polarités commerciales des quartiers. Quel budget ? Quels moyens ? (…) À propos de L’Hôtel du Palais, quel montant de travaux ? quels partenaires ?»

Veunac fessé comme un garnement

Veunac pérore et tout le monde dort…

Et l’avocat biarrot d’ironiser aussi sur les chiffres annoncés par la Cité de l’Océan et de fustiger « les gens dépensiers qui ont fait n’importe quoi avec l’argent des Biarrots » avant de conclure : « Un cadrage budgétaire ? Non, de la poudre aux yeux ! »

Bisque, Bisque, Basque ! sait parfaitement que les châtiments corporels infligés aux enfants sont illégaux, mais si vous voulez voir Veunac fessé comme un vilain garnement, ne ratez pas la séance. D’autant plus que Frédéric Domège va se charger des finitions, en déplorant un « catalogue » d’annonces et une absence totale de réflexion sur le stationnement.

Face à cela notre Super Mimi n’a pas grand-chose à rétorquer. Comme un élève dissipé qui remettrait un devoir d’espagnol à son professeur d’anglais, il affirme avoir voulu faire un document d’orientation budgétaire différent des pensums réalisés par Didier Borotra et s’agace qu’on l’accuse de lenteur et d’indécision, avant d’énoncer cette docte remarque qu’il a dû afficher au-dessus de son bureau : « L’action est lente parce qu’elle est soumise à des contraintes et des difficultés à prendre en compte ».

Et dire qu’on a encore trois ans à devoir entendre des perles de cet acabit !

Motsch se fait toute petite

Nathalie Motsch, qui avait donné procuration à Patrick Destizon, n’était peut-être pas tout à fait absente par hasard. Cette pauvre Nathalie, qui affirme une ambition qui ne correspond pas toujours à ce qu’elle a démontré jusque-là, vient en effet de se prendre une série de portes en pleine poire. Lors de la première séance de l’agglomération Pays basque, qui s’est tenue dans les locaux de l’université de Bayonne, Nathalie Motsch a déposé sa candidature contre Guillaume Barucq pour siéger au bureau. Amusé par la situation, Jean-René Etchegaray l’a laissé développer ses arguments de candidate avant de lui révéler qu’elle avait été placée en quarantième position par Michel Veunac. Ce dernier avait juste oublié de la prévenir. Une traîtrise pour rien en quelque sorte et un grand moment de solitude pour l’ambitieuse Nathalie, qui s’est par ailleurs beaucoup agitée auprès du bureau national des Républicains, en affirmant que Maïder Arostéguy ne soutenait pas suffisamment François Fillon. Tentative de dégommage ratée et fin de non-recevoir totale pour cette manigance tout en élégance. On comprend mieux pourquoi Nathalie n’avait pas envie de croiser certaines personnes, hier soir.

Cancres un jour, cancres toujours !

Michel Veunac n’a pas besoin de dire qu’il serre les fesses à l’idée d’emprunter 50 millions d’euros pour rénover l’Hôtel du Palais, ça se voit.

Les profs appellent cela le « syndrôme de septembre ». Même les derniers de la classe, au moment de reprendre le chemin de l’école après les vacances d’été, se veulent plein de bonnes résolutions. Malheureusement, l’illusion se dissipe très vite.  Lors du conseil municipal du 28 septembre, l’espoir a duré plus d’une heure. L’écolier Veunac semble soudain presque capable d’endosser le costume de maire de Biarritz, il est presque capable de dialoguer avec son opposition, presque capable de reconnaître ses erreurs. D’où un début de conseil de très bonne facture où les élus discutent de l’aménagement d’Iraty, « un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer » selon Veunac, tandis que Saint-Cricq approuve l’idée de construire un nouveau pont pour désengorger le quartier de la Négresse et que Brisson fait remarquer judicieusement qu’il existe « des mixités compliquées » et que la cohabitation entre logements sociaux et centres commerciaux ne se passe pas toujours au mieux.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Chassez le prêt-à-penser et il revient au galop ! Pour conclure le débat sur Iraty, Michel Veunac ne peut s’empêcher d’avoir une de ces phrases creuses qu’il affectionne tant car il a soudain l’illusion d’être devenu visionnaire et finirait presque par se croire maire : « C’est un grand projet pour la Ville. Ce sont d’autres qui le feront aboutir. Mais un élu se doit de voir près et de voir loin ». Heureusement, l’élève qui peut envisager la classe supérieure ressurgit lorsque Maïder Arostéguy lance le débat sur le projet Aguilera. Veunac fait preuve d’une désarmante franchise sur ses lambinages passés : « L’opération a connu un peu de mou (…) Aguilera est un plateau sportif. Nous allons requalifier les équipements sportifs existant et en rajouter (…) Dans les zones périphériques, on peut faire 250 logements sociaux » Ce n’est pas une très bonne nouvelle pour le poumon vert de la Ville, mais le dialogue est là et un instant le doute nous taraude. Et si Veunac n’était finalement pas aussi catastrophique qu’on l’a imaginé ?

« Fanfaronner, ce n’est pas mon style » (sic)

Malheureusement au bout d’une heure et quatre minutes à peu près respectables, ressurgit le Veunac des phrases longues et des idées creuses. Sur la Cité de l’océan que tout le monde a vu déserte tout l’été, le cancre patenté se sent obligé d’en faire dix louches d’eau salée : « Je voudrais sans fanfaronner, car ce n’est pas vraiment mon style, vous dire que les derniers chiffres de Biarritz Océan montrent que le plan de redressement nous permet de progresser. » Quand on part de zéro, on ne peut effectivement qu’avoir de bonnes surprises !

Et l’on en arrive au gros morceau de la soirée avec cet emprunt de 50 millions d’euros qu’envisage de faire la SOCOMIX pour restaurer l’Hôtel du Palais et attirer le groupe hôtelier Four Seasons. Un peu comme si vous disiez à votre propriétaire pour l’appartement que vous lui louez : « Je suis prêt à vous verser 10 euros de loyer mensuel supplémentaire, si vous me faites cinq millions d’euros de travaux ». Une décision folle, quand on connaît l’endettement de la Ville et qui a été dénoncée dans ce blog par Max Brisson et Jean-Benoît Saint-Cricq.

https://jeanyvesviollier.com/2016/08/13/hotel-du-palais-oui-mais-en-partenariat/

https://jeanyvesviollier.com/2016/08/12/saint-cricq-debusque-un-nouveau-lievre/

Tandis que Jean-Benoît Saint-Cricq explique les risques que prend la Ville, « La Socomix, voilà bien un singulier montage biarrot ! » et demande « un débat aussi large que possible », Max Brisson parle de « deux lignes rouges à ne pas franchir », « La vente du fonds, c’est une solution économique mais pas politique, car les risques que cela entraînerait, y compris pour le personnel pourraient être nombreux, tandis que l’autre ligne rouge, c’est « La Socomix et le partage du risque ». Frédéric Domège approuve : « La Ville doit rester propriétaire et les Biarrots sont très fiers de leur navire amiral », tandis que Bénédicte Darrigade se montre beaucoup plus nuancée : « Le volet financier m’inquiète. Vous prenez des risques majeurs et inconsidérés. Certains de nos concitoyens seraient prêts à abandonner le label Palace. »

Micro coupé façon Borotra

Et que fait l’élève médiocre ceint de tricolore pendant ce temps ? Il coupe le micro à Jean-Benoît Saint-Cricq, retrouvant les réflexes du tyran Borotra, avec cette vieille ficelle : « Vous vous appropriez la parole des Biarrots ! », la joue cachottier « Je suis au cœur d’une négociation, je ne veux pas la voir sur la place publique ! » avant d’avoir ce double aveu qui en dit long sur l’imagination du duo Veunac-Lafite : « Soixante ans plus tard, l’intuition géniale de Guy Petit, je vais la poursuivre ». Veunac menant en 2016 une politique des années cinquante, voilà qui est rassurant, avant de répondre plus spécifiquement à Bénédicte Darrigade : « Ces inquiétudes, je les entends, je les comprends, je les partage ! » Pas de doute possible, si même Veunac ne sait pas où il va, l’Hôtel du Palais est bien parti !

L’insupportable Lafite

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Monsieur je-sais-tout-et-je-ne-me-trompe-jamais a encore sévi…

Et c’est alors que le fort en thèmes Guy Lafite, qui doit avoir des douleurs chroniques aux cervicales, à force de hocher la tête avec mépris pendant tout le conseil, et une tendinite au cou à force de se rengorger d’autosatisfaction béate, se croit obligé de venir au secours de son seigneur et maître. Oubliant complètement le fiasco de la Cité de l’Océan dont il est en grande partie responsable avec Veunac et Brisson, l’énarque affirme « être entouré pour ce dossier des meilleurs experts » Ceux-là même qui ont annoncé que la Cité de l’Océan allait attirer 450 000 visiteurs ?

Et finalement, comme lors de l’année scolaire précédente, le spectateur qui a enduré les trois heures et vingt-quatre minutes de ce conseil, se demande qui il préfère du mauvais élève sympathique mais peu doué ou du premier de classe qui sait tout sur tout et n’écoute personne.

Avec deux cancres de cet acabit, la Ville a vraiment du souci à se faire !

Au purgatoire avec Lafite…

Nous avons très peu échangé avec Guy Lafite, mais il incarne totalement avec son invraisemblable arrogance, sa technocratie et son refus de reconnaître ses erreurs, la gauche que j’exècre. Ma main à couper qu’il va voter Macron à la prochaine présidentielle ! Et dans mes pires cauchemars, il m’arrive de m’imaginer au purgatoire avec le grand Saint-Pierre qui me laisse le choix entre discuter deux heures avec Guy Lafite ou boire une bouteille du Bordeaux produit par Alexandre de La Cerda. Sachant que l’enfer serait de discuter toute une journée avec Lafite en dégustant du vin de La Cerda !

Une nouvelle salve de Domège

Brisson DomègeFrédéric Domège, après les réactions de Max Brisson et Colette Capdevielle, nous fait parvenir son point de vue sur le maintien du feu d’artifice du 15 août. Comme il le note fort justement « les décideurs figurent rarement au rang des victimes ».

« S’il est un débat qui ne doit pas s’embarrasser de polémique politicienne, partisane ou électoraliste, c’est bien celui du feu d’artifice du 15 août. Il y a quelques jours, j’ai souhaité initier le débat sur l’opportunité de son maintien, parce qu’en cette période de prolongation de l’état d’urgence, il me semblait opportun. Certains m’ont fait le reproche d’avoir voulu faire  » un coup politique  » alors qu’il s’agissait pour moi d’un cas de conscience. Pouvons-nous en cette période de  » sale guerre « , jouer à la roulette russe avec la vie des autres, espérer en se bouchant les oreilles que tout se passe bien. Ma conscience d’élu, de citoyen, de père de famille m’interpellait.

D’ailleurs les décideurs figurent rarement au rang des victimes.
Certes, il est de la responsabilité du préfet, et du ministère de l’intérieur d’assurer la sécurité de l’événement et je ne partage absolument pas le point de vue qui consiste à dire que cela ne regarde pas les élus, à fortiori le maire. C’est au maire de Biarritz d’assurer la sécurité des Biarrots en premier chef. C’est lui qui en est comptable. N’est-il pas de ce point de vue, officier de police judiciaire dans le cadre de ses pouvoirs déconcentrés ?

En ce qui concerne le communiqué de la police municipale, je le prends exactement comme ma lettre ouverte au maire d’il y a une dizaine de jours, c’est à dire, ouvrir un débat légitime et nécessaire. Ce sont des professionnels, et je leur reconnais le droit, de dire si les moyens mis à leur disposition sont à même de leur permettre d’assurer la mission qui leur est donnée. On ne peut pas me taxer d’une quelconque sympathie à l’égard des syndicats, mais autant la grève d’Air France m’a hérissé le poil, autant l’alerte lancée aujourd’hui par la police municipale doit être prise au sérieux et entendue car elle est légitime. »

Frédéric DOMÈGE

La police municipale en pétard

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Il est vraiment fort celui qui affirme pouvoir sécuriser Biarritz, le 15 août au soir ! (Photo cagouille64)

L’arsenal est véritablement impressionnant : trois bâtons télescopiques pour vingt-quatre policiers municipaux, et bien évidemment ni armes à feu ni radios ! Voilà de quoi faire trembler un illuminé qui fomenterait le dessein de faire un carton dans la population à l’occasion du feu d’artifice du 15 août à Biarritz. Depuis Didier Borotra et l’affaire des procès-verbaux volatilisés, les rapports entre la police municipale et le maire n’ont jamais été simples. Mais cette fois, l’inconscience de Michel Veunac, qui se croit plus malin que Martine Aubry et tous les maires qui ont décidé d’annuler les festivités prévues faute de pouvoir les sécuriser convenablement, a fait sortir de sa réserve la police municipale. Par l’intermédiaire de son syndicat, elle menace d’exercer son droit de retrait si des mesures sérieuses de protection des policiers, et par là même des citoyens ne sont pas prises.

(http://www.sdpm.net/2016/08/biarritz-64-les-policiers-municipaux-denoncent-un-dispositif-de-securite-insuffisant-et-deposent-un-droit-de-retrait.html)

Lundi dernier, sur France Info, un responsable syndical de la police, expliquait avec beaucoup de professionnalisme et de lucidité que « résister, c’est s’adapter » et non jouer les matamores, faire courir des risques à des touristes mal informés sous prétexte de sauver des intérêts mercantiles et plastronner en disant que la vie continue comme avant, malgré les attentats. Un point de vue qu’il est difficile de ne pas ratifier.

Après Frédéric Domège, qui a eu le courage de demander un conseil municipal à huis clos pour décider du maintien ou de la suppression du feu d’artifice, nous devons être reconnaissants à la police municipale de prendre ses responsabilités et de tirer publiquement la sonnette d’alarme. Mais malheureusement, le sous-doué que nous avons élu à la tête de la Ville ne fait pas la différence entre le vrai courage qui implique de s’adapter aux circonstances, et l’obstination qui nécessite de camper sur des positions préétablies.

Le courage n’est pas l’obstination

N’importe quel gestionnaire avisé aurait plié les voiles depuis longtemps au vu des piteux résultats de la Cité de l’océan. Mais Veunac, seul contre tous, persiste et signe et continue à mettre de l’argent dans la machine à sous, alors que tout le monde sait que la partie est définitivement perdue. De la même façon, comme Jean-René Etchegarray, malgré les pressions du préfet, a maintenu les fêtes de Bayonne, qui se sont passées sans heurt, Michel Veunac, qui se croit encore dans une cour d’école où on joue à celui qui a la plus grosse, se sent obligé de s’obstiner dans sa volonté de faire tirer le feu d’artifice dans une ville impossible à sécuriser à cette époque. En oubliant juste un détail : pendant que les touristes de la Ville, en quête de la belle bleue, la belle rouge ou du bouquet final, se demanderont à quels artificiers ils risquent d’avoir affaire, les élites se prélasseront à l’Hôtel du Palais pour assister au spectacle, avec comme seul risque de prendre dans la figure un bouchon de champagne trop violemment manipulé.

Mais c’est tellement facile d’être courageux avec la peau des autres !

Le communiqué du Syndicat de la Police municipale

Le 15 août prochain, aura lieu à Biarritz (64) et comme chaque année, un grand feu d’artifice rassemblant plusieurs milliers de spectateurs sur cette cité balnéaire du sud-ouest particulièrement fréquentée. Seulement, en raison du climat actuel, les Policiers Municipaux par la voix de leur syndicat dénoncent l’insuffisance du dispositif de sécurité ne garantissant pas la protection des agents. Ils estiment que l’évènement est de nature à mettre gravement en danger les agents, mais aussi la population.

En effet  : 

– Les voies d’accès à la manifestation ne seront bloquées que par de simples barrières métalliques, surveillées par 1 policier municipal et 1 agent de surveillance de la voie publique (agent de stationnement appelé ASVP) ;

Or, les policiers municipaux viennent ici dénoncer fermement leurs conditions de travail, mises en exergue lors de cet évènement particulier :

– les policiers municipaux de Biarritz ne sont pas équipés d’armes à feu ;

– les policiers municipaux de Biarritz ne sont pas équipés de radios ;

– les policiers municipaux ne disposent que de 3 bâtons télescopiques pour 24 agents ;

-il n’est pas prévu que les policiers municipaux qui gardent les voies d’accès soient renforcés par des policiers nationaux dûment armés ou des militaires ;

-enfin, il est totalement prohibé et illégal que des agents de surveillance de la voie publique assurent des missions de sécurité et de surveillance générale ; leurs seules missions légales est le stationnement conformément à la Jurisprudence constante.

Les Policiers Municipaux demandent immédiatement :

– à être renforcés de manière conséquente, par des militaires en armes ou des policiers nationaux qui seront à même de neutraliser un individu le cas échéant, qui tenteraient de franchir par la force les barrières de sécurité, par exemple ;

– que les ASVP ne soient pas affectés à des missions dangereuses de sécurité, conformément à la réglementation, puisque ce sont des agents du stationnement ;

En cas de non réponse, ou de refus, les agents feront valoir le soir même, leur droit de retrait. Le syndicat rappelle que nombre de communes ont pris leurs responsabilités en annulant des manifestations dont elles n’étaient pas en mesure d’assurer convenablement la sécurité. Nous rajoutons, qu’à titre d’exemple, les fêtes se déroulant dans d’autres cités balnéaires du sud-ouest comme sur le Bassin d’Arcachon, ont déployé un dispositif exceptionnel de sécurité.

Les agents demandent qu’une réflexion sur les moyens de la Police Municipale soit très rapidement menée avec notre syndicat, sans quoi, notre démarche sera répétée autant de fois que nécessaire et la presse en sera à chaque fois alertée.

Notre délégation a alerté Mme la Directrice de la Police Municipale à ce sujet, sans succès à ce jour.

SDPM délégation Aquitaine

15 août : Max Brisson prend position

Brisson 22Peu après la publication de « La police municipale en pétard », nous avons reçu ce texte de Max Brisson :

« Je suis favorable au développement des effectifs, à une formation accrue et à l’armement de notre police municipale dans les conditions prévues par la Loi et bien entendu dans le cadre des autorisations données par le préfet. J’ai la même position pour le développement d’un système de vidéo-surveillance et je souhaite que celui-ci soit, au moins l’été, relié à un poste de commandement permanent, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Je me réjouis d’ailleurs qu’un ancien journaliste du Canard soit désormais sur cette position.

Pour la soirée du 15, comme d’ailleurs pour les marchés nocturnes, je dis fermement que dans notre pays, c’est à l’ÉTAT, et donc au gouvernement, à l’armée et aux forces de police et de gendarmerie, placées sous ses ordres, de protéger les citoyens face à toute menace terroriste. Celles-ci sont en effet la conséquence de la guerre, que j’approuve, et que nous menons face à l’islamisme radical et à son État autoproclamé. Ce qui signifie conséquemment que c’est à ce même État, et en particulier au représentant du gouvernement dans le département, à savoir Monsieur le Préfet, d’évaluer le risque. Lui seul peut le faire (et non le Maire) en fonction des renseignements qui lui sont donnés par les services compétents de contrespionnage (DGSRI). C’est aussi à lui d’évaluer, en fonction de la réalité du risque, les moyens de sécurité mis en œuvre par ses propres services et la Ville pour autoriser ou interdire une manifestation. Ainsi fonctionne l’État, ou du moins fonctionnait-il voilà peu encore, avant que son affaiblissement ne conduise à laisser aux pouvoirs locaux des responsabilités qu’ils n’ont pas les moyens d’exercer et dont on peut se demander s’il est d’ailleurs souhaitable qu’ils les exercent. Lorsqu’une organisation syndicale, censée défendre les intérêts catégoriels de ses mandants, s’estime en capacité de porter un jugement sur la sécurité publique face à la menace terroriste, c’est que plus rien ne tient dans notre République. Et s’il s’agit d’obtenir des moyens supplémentaires que je demande aussi, c’est que la conception du syndicalisme a aussi fichu le camp dans notre pays. »

Max BRISSON

La réponse de Bisque, bisque, Basque :

Merci à vous d’avoir réagi aussi vite sur un sujet où il est vital de débattre et de ne pas faire comme si la menace d’attentats terroristes n’était qu’une vue de l’esprit. Je ne suis que partiellement d’accord avec ce que vous écrivez. La hiérarchie que vous évoquez ne fait aucun doute, avec l’État comme premier responsable de la sécurité des citoyens, et le préfet pour prendre des décisions avant le maire. Mais il me semble que chacun a une vision liée à sa fonction et que la connaissance d’une ville par un maire est aussi irremplaçable que les décisions du ministre de l’Intérieur. Michel Veunac connait certainement mieux Biarritz que Bernard Cazeneuve. Vous avez eu la courtoisie de me préciser votre pensée par téléphone, en estimant que « le gouvernement ne prend pas ses responsabilités et que les décisions, comme celle d’interdire des rassemblements de plus de 10 000 personnes devraient être les mêmes de Dunkerque à Perpignan ». Je ne peux qu’être d’accord.

En revanche, je vous trouve bien sévère avec le syndicat des policiers municipaux. Qui en dehors d’une organisation syndicale peut porter à la connaissance du public de telles informations ? Pour ma part, sans doute parce que je suis un ancien syndicaliste, j’approuve complètement cette démarche.

Enfin, et je le conçois aisément, vous soulignez combien ma position peut être surprenante pour un ancien du Canard enchaîné, journal de tradition libertaire. L’hypothèse d’un ramollissement cérébral n’est pas tout à fait à exclure. Autre possibilité, face aux événements tragiques que nous vivons et qui m’ont beaucoup touché puisque j’ai perdu des amis, le sentiment que plus que jamais nous avons l’obligation d’aller vers l’autre, de nous comprendre, de nous montrer fermes et déterminés et ne pas faire preuve d’angélisme. Et dans cette situation, les politiques, comme les policiers ou les journalistes ont un rôle important à jouer.

Les suggestions de Colette Capdevielle

capdeviellePeu avant les fêtes de Bayonne, la députée socialiste Colette Capdevielle estimait que le conseil municipal aurait dû se réunir. Après un exposé des menaces connues et des mesures de protection prises, chaque conseiller municipal aurait voté à bulletin secret pour donner son avis sur l’annulation ou le maintien de ces fêtes. Avec le sens pratique qui la caractérise, la députée socialiste a adressé un SMS à Bisque, bisque, Basque !, après l’article sur la police municipale biarrote et les mesures de sécurité à prendre : « La ville de Bayonne a installé quatre-vingt-dix plots de béton à toutes les entrées de la ville, tous impossibles à franchir sauf à s’y écraser dessus (…) Bayonne et Biarritz étant dans la même agglomération , il me paraît assez logique de mutualiser ces plots entre communes voisines ».

Voilà déjà qui est autrement plus convaincant que les prières de Veunac en l’église Sainte-Eugénie, pour que tout se passe bien le 15 août.

 

Le courage de Domège

Tout le monde souhaite que le feu d’artifice de Biarritz se tienne le 15 août. Mais faire le point à huis clos entre élus et sécuriser au maximum l’événement relève du bon sens.

À votre avis, si Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, vient rendre visite mardi aux élus municipaux de Bayonne, c’est uniquement pour être le premier à saluer le roi Léon ? N’ayant pas l’intention de relayer tout ce que j’entends pour ne pas favoriser le travail d’un illuminé qui se focaliserait sur la Côte basque, je peux juste constater, comme tous les journalistes de la région, une grande fébrilité de tous les responsables et les élus. Fébrilité totalement compréhensible après les attentats de Nice. Élu d’opposition à Biarritz, Frédéric Domège a donc tout à fait raison d’interpeller le maire de la Ville sur ce qu’il envisage de faire à l’occasion du feu d’artifice du 15 août et de demander la tenue d’un conseil municipal à huis clos (Sud Ouest, 25/7).

L’information n’est pas l’apanage d’une caste

Lorsqu’on est confronté à une menace terroriste, on ne peut pas tout dire et c’est parfaitement logique. Mais est-il normal qu’une petite caste d’initiés, policiers, élus, journalistes, sache à peu près ce qui se passe quand le grand public est maintenu dans l’ignorance ? Frédéric Domège raconte que son intervention lui a valu quelques coups de téléphone de compliments, comme les miens, et beaucoup de railleries, comme on peut le constater dans les commentaires Internet de l’article de Sud Ouest. À un de ses amis qui lui rétorquait « Il ne faut céder sur rien. Tu n’as pas de couilles en réclamant l’annulation du feu d’artifice ! », Frédéric, qui ne devait pas être le dernier quand il y avait une bagarre sur les terrains de rugby qu’il fréquentait, a juste répondu par une question : « « Mais au fait, tu y vas au feu d’artifice ? » Et l’autre, embarrassé : « Moi ? Jamais ! » Comme c’est facile d’être héroïque, quand on ne se trouve pas en danger soi-même ! Gageons que tous ceux qui, par peur d’une bronca des commerçants ou d’un vote sanction des festayres, nous incitent à faire comme si tout était normal dans notre beau pays, se garderont bien d’apparaître en public ou feront le service minimum les jours prochains.

La peur fait partie du courage

Ceux qui ont joué au rugby, ou qui ont fait de la boxe, deux sports que j’ai pratiqués, savent très bien que les imbéciles qui n’ont pas peur font rarement très long feu. Un soldat qui part au front sans son casque n’est pas un héros mais un idiot qui risque d’être blessé à la tête et de mettre en danger tous ses copains. Dans le vestiaire de rugby, ou avant de monter sur le ring, la peur est logique et même indispensable et le vrai courage c’est de la surmonter. Face à notre mode de vie français si précieux, si enviable, et si exécré par nos ennemis, nous devons bien évidemment continuer nos fêtes, nos coutumes, notre cohabitation heureuse basée sur nos différences, même si nous devons repenser toute notre existence à l’aune des attaques terroristes que nous subissons. Frédéric Domège raconte très bien : « Je suis élu. Je ne veux pas un jour me dire que quelqu’un a été blessé ou tué parce que je n’ai pas osé dire ce que je ressentais ». Bien évidemment les fêtes de Bayonne comme le feu d’artifice de Biarritz doivent de nouveau, dans un futur proche, rassembler les foules, mais le délai avant ces événements est-il suffisant cette année, alors que les exactions sanglantes se multiplient en France comme en Allemagne ?

La liberté collective avant la liberté individuelle

Quand un homme politique se manifeste, il est toujours tentant d’y voir un coup de communication pour exister. Sauf que la sincérité de Frédéric Domège dans cette affaire est totale et absolue. François Amigorena, dont la sincérité ne fait pas plus de doute que celle de Frédéric, même s’il a un point de vue différent, écrit : « Les commanditaires et les exécutants des assassinats qui ont endeuillé notre pays depuis le mois de janvier 2015 poursuivent un objectif principal : nous faire renoncer à notre mode de vie et à nos libertés. Annuler le feu d’artifice du 15 août à Biarritz serait indigne et offrirait une victoire inespérée à ces barbares obscurantistes » J’ai tendance à préférer la position de Frédéric à celle de François, mais je ne dispose pas des éléments d’information qui peuvent être communiqués à ces élus sous couvert de huis-clos pour qu’ils prennent une décision sereine et apaisée. Comme tout le monde, j’ai râlé quand des policiers voulaient fouiller mon sac et je râle beaucoup moins depuis quelques temps. J’ai râlé quand le gouvernement, excédé par les morts sur la route, m’a obligé à mettre une ceinture de sécurité, et je râle moins aujourd’hui car je suis bien obligé de constater qu’il avait raison.

Le risque zéro n’existe pas. Mais si des élus sortent d’un conseil municipal à huis clos, en disant qu’au vu des éléments qui leurs ont été communiqués, ils se sentent sereins pour autoriser le feu d’artifice, alors un progrès considérable aura été accompli. Frédéric Domège a donc mille fois raison dans sa démarche, et Veunac, qui s’est pour l’instant contenté d’un SMS au récalcitrant l’invitant à boire un verre avec lui, se montre une fois de plus à côté de la plaque.

Le vrai courage, c’est de lutter, pas de se faire tuer bêtement.

 

La lettre adressée à Veunac

Monsieur le Maire,


Dans quelques semaines, le 15 août, Biarritz organisera son grand feu d’artifice. Cette événement draine jusqu’à environ 100 000 personnes autour de la grande plage. Dans le contexte actuel de prolongation de l’état d’urgence il est de la responsabilité des élus de s’interroger sur l’opportunité ou non de maintenir cette manifestation. Certes il en est de votre compétence et de celle de monsieur le Préfet, mais votre décision engagerait tout le conseil municipal.

Certains diront qu’il ne faut pas céder aux terroristes, d’autres qu’il ne faut pas toucher à nos traditions, d’autres au contraire que le risque est trop grand pour ce qui n’est en fait qu’un simple feu d’artifice. Tous ces arguments, recevables au demeurant ne tiendront plus en cas d’attaque terroriste. Comment opposer la tradition, ou la résistance à une famille venant de perdre son enfant. Car il y a un avant et un après 14 juillet à Nice. 

Le rayonnement mondial de Biarritz peut nous faire penser que notre cité pourrait être une cible privilégiée et je crois que le risque est trop grand pour ne pas envisager une annulation pure et simple. Quoiqu’il en soit je vous saurai gré de bien vouloir réunir un conseil municipal à huis clos afin d’aborder ce dossier d’une importance capitale, et de nous exposer les mesures de sécurité mises en place en cas de maintien. Il est important que chacun puisse s’exprimer sur le sujet, sans considérations partisanes mais dans le seul but d’assurer la sécurité des Biarrots et de nos visiteurs.

Veuillez agréer monsieur le Maire mes sincères salutations.
Frédéric DOMÈGE, conseiller Municipal ( LR)