Brisson tient enfin son bâton de sénateur

L’élu biarrot a toutes les qualités demandées à un bon politique sauf celle d’être un tueur. Le Sénat où les débats sont souvent d’une grande pondération devrait lui convenir à merveille.

Si l’emploi du temps du nouveau sénateur Max Brisson s’annonce chargé dans les semaines à venir, il est un rendez-vous que l’élu va pouvoir biffer de son agenda. Au vu de ce qu’il a vécu dimanche après-midi et du suspense qui lui a fait croire un long moment qu’il était battu par le socialiste Kotte Ecenaro, le second de la liste Espagnac, la consultation chez le cardiologue n’est plus d’aucune utilité. Et il pourra aller faire brûler un cierge en l’église Sainte-Eugénie, pour remercier Georges Labazée de l’avoir bien aidé dans sa conquête.

Avec 311 voix sur les 1789 exprimées par les grands électeurs du département, soit 17,38%, on ne peut pas dire que Max ait fait un triomphe, alors que Les Républicains sortent largement vainqueurs au niveau national de cette confrontation. Un résultat à l’image de toute sa carrière politique en dents de scie et de sa personnalité controversée.

« Bisque, Bisque, Basque ! », même s’il ne partage pas les convictions idéologiques de l’intéressé, se réjouit de cette élection qui est probablement une bonne nouvelle pour les Biarrots. Autant Max Brisson n’a guère été convaincant depuis 2014 dans son rôle de premier opposant au conseil municipal, avec ses louvoiements, ses revirements et sa volonté de ne pas insulter l’avenir, autant le futur sénateur avec sa passion de la vie publique, sa capacité de travail et sa prodigieuse culture historique et politique, devrait faire merveille en ce Palais du Luxembourg où le débat d’idées et le respect de l’adversaire sont la règle.  Et l’on serait fort surpris que l’élève-sénateur Brisson se monte aussi désinvolte avec la fonction qu’un Didier Borotra à l’absentéisme quasi pathologique.

Brisson, Espagnac, Saint-Pé, le département fait dans la diversité.

Face au diaphane Michel Veunac, Max Brisson présentait lors des élections municipales de 2014, toutes les qualités pour être le maire à poigne qu’il fallait à Biarritz, sauf une. Une incapacité à tuer le match comme on dit dans les milieux du rugby. Entre les deux tours, il n’a pas voulu s’abaisser à distribuer des chocolatines dans les maisons de retraite ou à batailler comme il aurait dû le faire après des signatures plus que douteuses dans les registres électoraux et des résultats défiant l’entendement dans deux bureaux de vote. Max est ainsi et c’est aussi ce qui le rend sympathique.

Et l’on ne peut s’empêcher de sourire en voyant à quoi tient une carrière politique. En 1988, Jacques Chirac était considéré comme la machine à perdre du RPR, l’homme incapable de gagner une élection, avant de devenir moins de trente ans plus tard l’ancien président le plus aimé des Français. J’imagine dans quel état serait Max Brisson aujourd’hui s’il avait perdu cette élection sénatoriale qui semblait faite pour lui et j’ai tendance à croire qu’il va devenir un sénateur très aimé et très impliqué dans le devenir du département.

Heureusement, et même si cela reste un métier de chien, il y a parfois une justice en politique.

Ringardise et gabegie

Dire que je ne suis pas fan du Sénat est un euphémisme. Cette notion même de grands électeurs, qui valent dans les faits deux barils d’électeur ordinaire, m’exaspère. Et le système électoral, qui n’a visiblement pas prévu l’éclosion en quelques mois d’un parti comme En Marche, rend encore plus obsolète ce type de scrutin. Il est la radiographie d’un temps où droite et gauche se partageaient gentiment le pouvoir et ne prend pas en compte les bouleversements politiques vécus depuis par notre pays.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, ce scrutin a permis de vérifier (… une fois de plus, malheureusement !) que la recherche d’économies ne valait que pour les électeurs traditionnels. Pour aller passer trente secondes à Pau, le temps de déposer son bulletin, les 1789 grands électeurs étaient défrayés de leurs frais kilométriques liés à l’utilisation de leurs véhicules personnels. Un covoiturage ? Un recours à Internet ? Un bureau de vote à Bayonne qui aurait transmis les résultats à Pau, histoire d’alléger l’addition ?  Certainement pas ! C’est de l’argent public, donc pourquoi diable se serrer la ceinture…

« Causette » et le Thénardier de Bidache…

Carmen La Marquise

Dessin Pierre George

Ma Toute douce,

Chez Ostia et Ostiette, les Thénardier de Bidache à la boîte de fer, on semble avoir très peu le moral ces temps derniers au vu de l’évolution des votes en faveur de l’EPCI :

 Mon pauvre Papa, j’ai peur que tu fasses tchoufa l’année prochaine au Sénat, vu comme ça tourne pour toi ! Et c’est pas ce que te dit ta Chips, ce tchoupon, qui peut te sauver. Va falloir te remuer le tafanar, parce que cet EPCI, nous a foutu la scoumoune, comme on dit là-bas, dis !

(Ce langage rural de la Ostiette, Ma Douce Thérèse-Marie pouvant se traduire ainsi dans nos cercles :  » J’ai peur que tu échoues l’année prochaine au Sénat, vu comme ça tourne pour toi ! Et c’est pas ce que dit ton Brisson, ce lèche-cul, qui peut nous sauver le pognon. Va falloir remuer ton gros cul, parce que cette EPCI, nous a foutu le malheur, dis! »)

De quoi donner des insomnies à notre ami Ostia qui, à la maison chaque nuit, se retourne la viande dans le torchon tout dégoulinant de sueur, et qui sait qu’il doit se tenir à carreau devant la Ostiette pour qui, dans la vie, l’important c’est avant tout la galette. Le Jean-Jacques Lasserre essaie donc de voir les choses en positivant :

– Mais bon, qu’avec mon salaire au conseil au Conseil départemental M’mam, nous rest’rait quand même pas mal de pognon à mettre dans la boîte en fer, non ?

– Eh bien ! Si c’est comme ça, dis ! Tu risques d’avoir des biblis plusieurs fois par semaine à l’avenir !

 Ostia, les biblis, ça me fout la cagate !

 Et il faut dire que le Ostia peut effectivement se poser quelques questions quant à son avenir de sénateur, vu qu’il a plus d’ennemis au pays désormais que d’eau dans le lait de la Noiraude pendant l’Occupation, comme l’expliquait cette semaine encore le futur Lehendakari à quelques visiteurs venus lui prêter allégeance dans son bureau :

– L’attitude d’Ostia, que voulez-vous, est celle d’un homme d’un autre temps, d’un autre âge. Lui qui pouvait finir sa carrière sur ce symbole fort d’un Pays Basque uni, réuni et enfin reconnu, se vautre complètement. Il est passé à côté de sa chance, de la grande histoire de sa vie. Cet EPCI qui se fait et qui annonce, un jour prochain, vous le verrez, une collectivité spécifique, aurait pu avoir Lasserre comme père. Il serait resté dans l’Histoire comme un homme remarquable. Or, désormais, il apparaitra comme le type dépassé et buté. Comme l’affreux cumulard. Triste fin dans les poubelles de l’histoire basque…

Et de rajouter à ses visiteurs amusés :

– Evidemment l’UDI que je préside, et les 75% de grands électeurs du Pays Basque qui ont voté oui avec enthousiasme à l’EPCI, ne pourront se reconnaître dans Ostia et sa liste pour les prochaines élections sénatoriales. Il ne pourra compter que sur très peu de voix venant des grands électeurs basques. Quelques-unes dans le voisinage de Bidache, mais ça fera court ! Et il n’est pas dit que les voix centristes du Béarn lui suffisent pour espérer retrouver son confortable matelas au Sénat. Surtout que l’UDI, cette autre sensibilité centriste du département, qui prend de l’élan, aura sa liste et des candidats qui ressembleront au visage d’Iparralde et qui, eux, rassembleront. Ostia peut commencer à mettre des cartons de côté dans sa grange pour son futur déménagement Paris-Bidache !

 Mais les angoisses nocturnes d’Ostia ne sont pas dues qu’aux plans du futur Lehendakari qui saura tuer le cochon comme il se doit. Ostia, en effet, dès qu’il rencontre un élu à qui il pense pouvoir venir en aide, poursuit ainsi son couplet :

– C’est affreux ce que devient ce Pays Basque. De mon temps, le Basque était un type moins rusé que le Charnégou. Il était chrétien et centriste et votait comme un seul homme pour moi et mes amis, sans poser de questions. On lui promettait l’entrecôte et on lui donnait des lasagnes et il était content ! Maintenant, tout cela se radicalise et se gauchise. Et il y a l’épouvantable Espagnac, la Frédérique, LA CAUSETTE (je respecte ici l’orthographe admis par le cerveau de notre ami Jean-Jacques), cette sorcière qu’a dû oublier de brûler le Conseiller Pierre de Rosteguy  de Lancre !

Et l’interlocuteur de lui demander :

– Un de la famille de la petite Maïder Rosteguy ?

– Mais non ostia ! T’as qu’à demander à Campa, c’est lui l’instructionné dans mes cabinets de Pau et de Paris qui me raconte ces histoires. J’ai pas le cœur à plaisanter quand je vois maman, le regard mauvais qu’elle me lance, en regardant la boîte à l’élastique qui va se vider. Mais la petite Arostéguy, celle-là aussi je m’en méfie ! Elle me doit TOUT, elle doit TOUT à la Chips. On en a fait une conseillère départementale et aujourd’hui, elle est une UDIste épouvantable, qui avait déjà pris la place de ma petite Marie-Claude Emballe-colis-du-Senat-en-2017 qui aurait dû être l’associée à la Chips aux départementales. Et voilà la Maïder me regarde avec des yeux moqueurs comme si j’avais de la paille au cul ! Tout cela est insupportable ! Ma vie est un enfer !

– Oui, alors et la Cosette ?

– Ah celle-là ! Personne ne la connaissait ici au Pays Basque ! Elle a été élue grâce au Béarn, la dernière fois. Et voilà qu’elle vient se mêler de ce qui la regarde pas et qui donne l’INDEPENDANCE aux Basques. En plus à ma Ostiette, l’indépendance ça lui donne des cauchemars ! Tu vois à quoi ressemblent mes nuits, ostia de ostia ! Et le Hollande qui n’a fait qu’un seul truc en quatre ans, il fallait que ce soit donner l’indépendance aux Basques ! Putain de ostia de ostia, c’est bien ma chance ! Alors cette sorcière, cette Causette, elle est devenue la Madone des Basques. Tu vas voir qu’ils vont lui élever une chapelle de Notre-Dame-de-la-Espagnac-de-la-Causette ! Et on lui mettra des cierges bientôt ! Oui, la Espagnac elle m’énerve à jouer tout le temps à la Causette qui fait pleurer son monde et moi, du coup, je passe pour le père Té- l’Merdier comme me l’a expliqué Copie-Colle qui a lu Hector Hugo en BD dans Spirou-Junior.

Il faut dire, Ma Toute Douce, que la petite Espagnac est redoutable et qu’un esprit éclairé du PS de Boucau  me disait l’autre jour: « En plus Frédérique sait merveilleusement  faire d’un ennemi d’aujourd’hui, un allié de demain ! »

 Enfin, je ne saurais terminer cette missive, Ma toute Douce, sans vous donner des nouvelles de notre bolchévique préféré, milliardaire de la BD, et de son complice notre ami Pierre George, qui viennent de sortir chez l’éditeur Atlantica, le tome 3 des aventures de Manzana et Patxaran (meilleures ventes toute catégorie des éditions Atlantica pour les tomes 1 & 2 !), nos flics biarrot et bayonnais, intitulé « Opération jambon » ! Un grand régal, où j’ai trouvé non sans surprise un nouveau personnage de fiction, un escroc à la petite semaine comme on les aime et les connait chez nous, dénommé Hubert Vindemess. Comme c’est curieux, cet affreux personnage me rappelle quelqu’un, mais qui ? Vous, Thérèse-Marie, dont l’esprit est aiguisé comme le rasoir d’Henri Etcheto au moment des campagnes électorales, vous trouverez peut-être la réponse à mon interrogation. Cet Hubert est ainsi décrit par notre auteur : « Autrefois arrêté pour trafic d’hosties frelatées, cet ancien légionnaire et premier lieutenant de Gaiztoa est prêt à tout pour s’enrichir. Les faux en tous genres sont sa spécialité et même lui n’est plus très sûr de son identité réelle. »  N’hésitez pas à m’aider à résoudre ce mystère. En tout cas nos deux auteurs sont en dédicace aux lieux et dates suivantes : Ce samedi 28 mai, à la librairie Darrigade à Biarritz de 10h30 à 12h30, le samedi 4 juin, centre Leclerc Anglet de 14h à 17 h, le samedi 11 juin, librairie Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz de 11h à 13h et le dimanche 12 juin, à la maison de la presse d’Ascain, de 10h à 12 h.

Je vous laisse, Ma toute Douce, et à la semaine prochaine. Comptez sur moi.
Marie, votre Marie, Marquise de Vérité

Que voulez-vous que l’on refuse à une Marquise, qui a le bon goût d’aimer les bandes dessinées ? Pour protester contre les censeurs, « Bisque, bisque, Basque ! » accueille, comme chaque semaine, l’impertinente Marquise de Vérité de Jean-Philippe Ségot. Manifestez votre esprit citoyen, luttez contre les esprits chagrins qui ont délogé la Marquise de Vérité de La Semaine du Pays basque, en écrivant à herculepoirot@hotmail.fr. Comme plusieurs milliers d’entre vous, vous recevrez ainsi chaque semaine, par mail, les lettres de la Marquise.