Une bien étrange condamnation

Le Conseil constitutionnel vient d’infliger 3 ans d’inéligibilité à François Amigorena. Une décision surprenante qui redistribue  les cartes pour les municipales de 2020.

François Amigorena vit une grande première. À première vue, il n’est pas d’exemple d’un candidat aussi lourdement sanctionné par le Conseil constitutionnel pour un motif aussi futile.

Après tout dans un pays où on condamne à de la prison ferme celui qui vole par faim une tranche de jambon blanc dans un supermarché tandis qu’on aménage la peine d’un ministre qui « les yeux dans les yeux » affirme à la représentation nationale ne pas avoir de compte à l’étranger, est-ce vraiment si surprenant ?

En recevant un mail du conseil constitutionnel le 7 septembre dernier, François Amigorena est tombé de sa chaise. Éphémère candidat aux législatives de 2017 pendant trois jours, avant que François Bayrou ne fasse un caprice et que l’investiture MoDem ne soit accordée à Florence Lasserre et Vincent Bru, l’ex-adjoint au numérique de Michel Veunac qui se situe désormais dans les meilleurs opposants de la Ville, surtout depuis que Saint-Cricq et Domège font des mamours au maire, vient de subir une peine assez étonnante d’un an d’inéligibilité par jour de candidature. Une condamnation qui ruine totalement ses chances pour 2020.

Comme il l’explique sur son blog et sa page Facebook, « Le Conseil Constitutionnel base exclusivement sa décision sur le fait que je n’ai pas restitué les carnets de reçus-dons qui m’avaient été remis lors du dépôt de ma fugace (3 jours !) candidature à l’élection législative. »  

https://www.amigorena.fr/actualites/municipales-biarritz-amigorena/

François Amigorena qui avait obtenu trois voix d’électeurs hendayais, n’avait évidemment pas déposé de comptes de campagne ni demandé à l’état le moindre centime d’euro. Et persuadé qu’il était en règle, il avait jeté à la poubelle le carnet de reçus-dons que lui avait envoyé l’État, puisque sa mandataire financière, Isabelle Bousquet, avait certifié sur l’honneur ne pas avoir reçu le moindre don au cours de cette éphémère campagne.

Difficile pour le moment de comprendre la logique de cette sanction exemplaire du Conseil constitutionnel dans cette affaire qui paraît relever de l’étourderie et non de la malversation. Le candidat qui ne cache pas « son indignation et son amertume », envisage un recours au Conseil d’État avec ses avocats, mais redoute que les lenteurs de la Justice ne l’empêchent de pouvoir se présenter aux municipales de 2020.

François Amigorena n’avait pas caché son hostilité au G7 prévu fin août 2019 à Biarritz. Impossible de savoir s’il y a un lien de cause à effet avec cette sanction. Mais c’est avec une certaine ironie que les Biarrots voient s’éloigner un candidat intéressant qui était en train de créer une dynamique autour de lui et de proposer des idées inédites, juste au moment où un Richard Ferrand, qui n’est pas l’incarnation même de la morale en matière de vie publique, postule le plus tranquillement du monde au poste de Président de l’Assemblée nationale.