G7 : le grand bazar a déjà commencé

30 minutes d’attente au minimum pour les nigauds qui ont répondu dès aujourd’hui à la convocation de la sous-préfecture. Pour s’entendre dire que les badges des habitants de l’hyper centre ne sont pas prêts.

Il est bien évident qu’un 1er août, il est beaucoup plus agréable de faire la queue dans un centre style assurances maladie, hôpital ou agence pour l’emploi, avec retrait d’un ticket et maigre espoir d’entendre enfin son numéro d’appel que de déambuler au bord de l’océan. Bons citoyens, décidés à faire preuve de civisme malgré les folies de leur maire cautionnant un G7 en plein mois d’août, les Biarrots ont donc répondu en nombre à la convocation qu’ils avaient reçue par mail de la sous-préfecture de Bayonne. Sauf que cette convocation était une vaste blague qui n’augure pas bien de ce que nous allons endurer dans les semaines à venir.

Quand votre tour de s’avancer vers le guichet disponible arrive enfin, la préposée s’étonne de ne pas trouver votre nom, appelle sa collègue puis sa supérieure hiérarchique. Et d’un seul coup tout s’éclaire. « Vous habitez l’hyper centre ? » Oui, sinon je ne serais pas là à perdre mon temps à cause des caprices des grands de ce monde. « Les badges ne sont pas encore prêts. Il y a encore des vérifications à faire. Ils ne le seront que dans quinze jours » Même les assurances maladie n’osent pas vous faire un coup comme cela ! Et quand vous vitupérez en vous demandant pourquoi dans ce cas-là la sous-préfecture vous a convoqué, tout le monde prend l’air gêné, regarde les mouches au plafond, avant de vous rétorquer cette remarquable réflexion : « C’est comme ça ! »

La sous-préfecture de Bayonne se moque du monde : rien n’indiquait dans le mail que certains Biarrots du centre-ville allaient se déplacer inutilement.

 

« Allô, Allô, Mouriscot ne répond plus »

À gauche, la tour métallique érigée derrière le collège Fal. À droite le camion avec parabole télescopique.

Un « C’est comme ça ! » que nous n’avons probablement pas fini d’entendre tout le mois d’août, tant il est évident que le grand bazar qui va nous pourrir l’existence pendant un mois est destiné à la satisfaction des plus grands au détriment des citoyens ordinaires. Le collège Fal va être le PC sécurité de l’événement pendant la durée du G7. Un peu surpris les riverains ont vu une tour métallique bardée d’antennes être érigée, sans que personne ne juge bon de leur donner la moindre explication. Depuis peu un camion doté d’une sorte de grande parabole téléscopique a pris place non loin de la tour métallique. Là non plus pas la moindre explication. Mais un constat que font les habitatns de ce quartier : les conversations téléphoniques par téléphone portable sont devenues depuis peu très aléatoires et il n’est pas rare de devoir s’y reprendre à quatre ou cinq reprises pour terminer un échange avec ses proches. Vrai ? Faux ? Bisque, Bisque, Basque ! n’ayant aucune compétence en matière de téléphonie se gardera bien de trancher mais déplore le mépris et l’indifférence dans lequel on tient la population.

Débrouille-toi avec tes ordures ménagères !

Et il y a plus fort encore ! Fort benoîtement, l’Agglo distribue à tout-va un tract dans lequel elle annonce que du 19 août au 2 septembre  (soit deux semaines tout de même) toutes les poubelles et containers à ordures seront neutralisés dans la zone rouge. Sachant que les personnes âgées sont majoritaires dans cette zone, et que si l’on part de la place Clemenceau il y a des côtes à avaler de tous côtés, on se demande comment vont faire nos seniors qui, si l’on en croit l’Agglo, n’auront qu’à les déposer en zone bleue. Ils vont devenir musclés nos pépés et mémés en portant leurs sacs poubelle !

Heureusement qu’un des opposants de cette ville, François Amigorena, a eu l’idée de créer une page Facebook « SOS G7 Biarritz », où les plus costauds se proposent d’aider les plus faibles à survivre en milieu hostile le temps du G7, car du côté de la majorité municipale il n’y a vraiment rien à espérer.

https://www.facebook.com/SOS.G7.Biarritz/

Vous imaginez ce que va donner un appartement surchauffé en cette période de fin du mois d’août, avec l’interdiction d’ouvrir ses volets le temps du G7 et quatorze jours de déchets ménagers empilés dans la cuisine en attendant la libération de la ville ?

Mais visiblement, le maire et ses adjoints ne considèrent pas qu’il entre dans leurs attributions de se soucier des Biarrots les plus démunis. La perspective de serrer la louche à Macron, de compter les rides de la première dame et de pouvoir détailler la mystérieuse coiffure de Trump, va amplement suffire à leur bonheur et ils ne vont pas en plus s’encombrer l’esprit avec des détails aussi triviaux que le bien-être des Biarrots nécessiteux.

En espérant que ce sera la dernière valse de tous ces petits roitelets locaux qui déshonorent la politique et qu’un grand coup de balai les attend en mars 2020.

 

Le BO lui aussi impacté par le G7

Un, voire deux matches sont menacés par le sommet mondial de fin août. Une perte sèche pour le club de rugby qui lorgne du côté d’Anoeta.

En août, les tribunes sont toujours pleines.

À l’image des seigneurs féodaux qui saccageaient sans le moindre état d’âme les récoltes des manants lorsqu’ils chassaient à courre, les grands de ce monde ont décidé de venir distraire leur spleen pré-automnal sur le petit bout de rocher qui est le nôtre et tant pis pour les gueux qui y habitent ordinairement. Nous n’oublierons pas à quel point le premier magistrat de la ville ne s’est soucié que de sa future investiture dans cette affaire, en ne défendant absolument pas les intérêts des Biarrots et en ne faisant pas preuve du minimum de bon sens nécessaire pour empêcher un G7 en plein mois d’août. Quarante-cinq sommets du G7 se sont déroulés sur la planète, mais pas une fois, pas une seule, au mois d’août. Une fois de plus, le prix de la bêtise en barre aura donc un candidat sérieux avec Michel Veunac.

Pas un jour ne se passe en effet sans que les Biarrots ne découvrent une nouvelle atteinte annoncée à leur liberté de vivre et de circuler. Périmètre sécurisé, périmètre ultra-sécurisé, badges, contrôles, fouilles, on en passe et des meilleures, avec une seule certitude : pendant quelques jours, le déconnomètre va marcher à fond !

Cette fois, c’est le Biarritz Olympique qui découvre que le mois d’août pourrait être difficile pour ses finances. Le stade d’Aguilera ne figure pourtant pas dans le périmètre doré à l’or fin où les maîtres du monde auront l’illusion de s’ébattre devant un peuple qui les acclame. Mais il y a une petite annonce qui est un peu passée inaperçue. « Pas le moindre rassemblement ne sera autorisé à partir du 18 août ».

Pour les clubs de rugby des villes côtières où les vacanciers sont nombreux, le mois d’août est l’équivalent des fêtes de Noël pour les commerçants. Les supporters habituels reprennent avec plaisir le chemin du stade après une longue coupure et les vacanciers sont ravis de venir découvrir un club aussi titré que le Biarritz Olympique. Comble de bonheur, les grandes métropoles souvent à demi désertes en août, sont heureuses de joueur leurs premiers matches à l’extérieur en attendant que les citadins reviennent.

C’est donc une à deux recettes du BO qui pourraient être impactées par ce G7.

Aldigé : « Je ne veux pas que ça coûte un sou au BO ! »

Contacté par téléphone, alors qu’il s’apprêtait à aller assister à la rencontre Union Bordeaux-Bègles-SU Agen, le président du Biarritz Olympique, Jean-Baptiste Aldigé, confirme totalement l’information : « Nous venons d’apprendre cela. La fédération n’a pas encore publié le calendrier de la saison prochaine, mais il est sûr que nous allons avoir au minimum un match d’impacté. »  Le président poursuit : « Nous ne savons même pas si nous serons autorisés à nous entraîner à Aguilera… Qu’est-ce que ça veut dire un rassemblement… Trente-cinq joueurs qui s’entraînent ensemble, c’est un rassemblement ? »  C’est sûr que si les joueurs doivent s’entraîner à deux maximum sur le terrain, ça ne va pas être simple de préparer l’équipe !

Aldigé se veut souriant mais a du mal à cacher son agacement : « Au mois d’août, nous faisons des recettes à 200 000 euros. Vous vous rendez compte de la perte sèche ! »

Quand on lui demande si le BO a un plan B, le président se montre cash comme à son habitude. « J’ai demandé à l’adjointe aux Sports, Stéphanie Ricord, de négocier de ville à ville avec Saint-Sébastien pour voir si nous pouvons utiliser Anoeta à cette période. Mais je ne veux pas que ça coûte un sou au BO ».

Si la mairie s’en occupe, le BO n’a vraiment plus rien à craindre !

 

Des vœux mais surtout un aveu

Pendant que les vieilles canailles de RamDam 64-40 distribuaient klaxons et harpes, le maire de Biarritz sortait quelques énormités au casino Bellevue. Une moitié seulement des conseillers municipaux s’était déplacée.

C’est l’histoire du chirurgien qui s’apprête à vous amputer d’un bras et d’une jambe, mais qui vous annonce en salle d’opération qu’à votre réveil votre vie sera comme avant. Ceux qui n’étaient pas venus au casino Bellevue pour les fish and chips ou les verrines de homard (Michel Veunac, rappelons-le est vice-président de l’Agglo en charge de l’attractivité touristique du Pays basque et n’offre donc que des produits typiquement basques comme les sacs Hermès ou les spécialités culinaires anglaises), pour ceux donc qui avaient décidé de venir s’ennuyer aux voeux du maire, une surprise de taille les attendait.

Bien obligé d’évoquer le G7 à l’orée de cette année 2019, Michel Veunac, avec la désinvolture du chirurgien prêt à tronçonner un bras qui n’est pas le sien, n’y est pas allé par quatre chemins pour annoncer aux Biarrots la saignée qui les attendait.

Sud Ouest, 16 janvier 2019

Le docteur Diafoirus, doté de son écharpe tricolore, est formel : Biarritz ne sera pas « bunkérisée » pendant le G7, vous devrez juste en tant que Biarrots être enregistrés, fichés, répertoriés, avoir l’haleine fraîche et les cheveux bien peignés et présenter des coffres de voitures vides et des sacs à main rangés au cordeau, et – Merci monsieur le maire ! – « jusqu’au 18 août les activités se dérouleront normalement ». Autrement dit les commerçants et tous ceux qui vivent du tourisme à Biarritz vont perdre quinze jours de chiffre d’affaires en haute saison et risquent de devoir mettre la clé sous la porte. Mais visiblement, Veunac s’en fiche, puisque sa photo dans le journal en compagnie des grands de ce monde est assurée. Et que les Biarrots en soient de leurs poches avec les travaux précipités de L’Hôtel du Palais ou la non indemnisation de l’État l’indiffère totalement puisque, lui, va conserver ses indemnités ô combien méritées de maire soucieux de l’intérêt de tous.

Fort malicieusement, Sud Ouest du 17 janvier qui évoque les précédents G7 rappelle que les commerçant lésés au Canada sont indemnisés tandis que rien n’est prévu à cet effet dans notre beau pays, même pas les mouchoirs pour pleurer. Les contribuables biarrots pour leur part ignorent toujours quelle sera la part de l’État et celle de la Ville dans l’addition finale du G7 qui, généralement, tourne autour de 30 millions d’euros. Vous comprenez mieux pourquoi on ne peut guère offrir plus de vingt euros par mois à ces gueux de gilets jaunes, alors que la France est la cinquième puissance économique mondiale.

Bisque, Bisque, Basque ! qui est pour la paix dans le monde et qui sait à quel point Michel Veunac exerce son mandat par pure passion citoyenne et avec un désintérêt total pour les questions matérielles propose donc à notre Premier magistrat de faire don de ses indemnités à la caisse des commerçants pour minimiser le préjudice qu’il leur fait subir. Les pertes ne seront pas totalement compensées, mais le geste sera apprécié.

Sud Ouest, 16 janvier 2019

Enfin dernier détail qui ne trompe pas sur l’ambiance fin de règne qui présidait à ces vœux 2019, seuls 19 conseillers municipaux sur 33, ceux qui tremblent pour leurs indemnités et n’arrivent pas à imaginer après 2020 une existence sans mandat, avaient réussi à trouver le fort difficile chemin d’accès au casino Bellevue.

Une joyeuse remise de klaxons et de harpes

Béatrice Chevé décernant la harpe d’or à Virginie Lannevère.

Cinq conseillers municipaux sont même allés plus loin et ont boycotté les verrines de homard préférant se marrer à la maison des associations plutôt que s’ennuyer ferme au casino Bellevue. Avec les vieilles canailles de RamDam 64-40, accompagnés de jeunes impertinents et impertinentes chargés de les raccompagner le soir jusqu’à la maison de retraite, les quatre-vingts spectateurs présents ont pu vérifier que l’imagination des politiques pouvait être sans limite. D’où ces vigoureux coups de klaxons. Heureusement d’autres élus, par leur implication, leur transparence, leur volonté de respecter le mandat confié par les électeurs ont démontré que notre pays peut aussi espérer des jours meilleurs. Par un hasard curieux, les récipiendaires de harpes étaient presque tous présents quand les bénéficiaires de klaxons se sont montrés plus discrets. La soirée s’est donc terminée avec beaucoup d’émotion et d’applaudissements nourris pour féliciter Hervé Boissier et Virginie Lannevère à Biarritz, Peio Etcheverry-Ainchart et Pierre-Laurent Vanderplancke à Saint-Jean-de-Luz qui repartent avec un magnifique objet d’art et se sont promis de prendre des cours de harpe.

Les spectateurs ont apprécié la soirée. le chien aussi.

 

Le palmarès des klaxons et harpes 2018

Proclamation des Klaxons pour les Landes

5.- Christian PLANTIER

4.- ÉRIC GUILLOTEAU

3.- Lionel CAUSSE klaxon de bronze

2.- Élisabeth BONJEAN klaxon d’argent

1.- Xavier GAUDIO et Patrick LACLEDÈRE klaxon d’or

 

Proclamation des Klaxons pour les Pyrénées-Atlantiques

8.- Ghis HAYE

7.- Odile DE CORAL

6.- François BAYROU

5.- Jacques VEUNAC

 4.-Guy POULOU et Jean-Jacques GOUAILLARDET

3.- Hervé LUCBEREILH klaxon de bronze

2.- Jean-Louis FOURNIER et Anita LACARRA klaxon d’argent

1.- Guy LAFITE klaxon d’or

Michel VEUNAC, Grand prix spécial du jury

 

Proclamation des harpes

3.- Hervé BOISSIER harpe de bronze

2.- Peio Etcheverry-AINCHART et Pierre-Laurent VANDERPLANCKE harpes d’argent

1.- Virginie LANNEVÈRE harpe d’or