Une VIe République s’impose

Le passage en force d’une loi sur le Travail, qui va bouleverser la vie de millions de Français, par le subterfuge de l’article 49.3, montre à quel point nos institutions sont à bout de souffle…

L’historique victoire de la France contre l’Allemagne, lors de l’Euro de foot, ne doit surtout pas faire oublier la forfaiture historique d’un gouvernement de gauche osant faire passer par le biais de l’article 49.3 une loi scélérate qui concerne des millions de travailleurs. Si l’avant-dernière victoire de la France contre l’Allemagne remontait à la Coupe du Monde 1958 avec un 6 à 3 inoubliable et quatre buts de Just Fontaine, c’est aussi en 1958 qu’un certain Michel Debré rédigeait, à la demande du général de Gaulle, notre constitution actuelle, qui plus que jamais apparaît vieillotte et dépassée, après avoir montré bien des qualités à ses débuts.

Michel Debré, tout comme le général de Gaulle, voulaient mettre fin au « régime des partis », à ces alliances mouvantes et improbables vécues sous la IVe République où le pays était devenu ingouvernable. En permettant au gouvernement d’engager sa responsabilité face à un texte de loi, grâce à l’article 49.3, les Guy Mollet, Edgar Faure et autres grands spécialistes de l’opposition à géométrie variable se retrouvaient obligés d’agir à visage découvert, ce qui freinait considérablement leur ardeur. Cette bonne idée a été totalement dévoyée avec le temps et Michel Debré, en voyant l’usage ahurissant fait par le gouvernement Valls de l’article 49.3 doit être en vrille dans sa tombe. Oui, plus que jamais, au vu des « tricheries » permanentes que se permettent les politiques, une VIe République s’impose.

Un mandat présidentiel unique de 7 ans

Jacques Chirac reste le président de la République le plus aimé des Français, mais il a joué un sacré tour de cochon à la démocratie, en 2002, en transformant le septennat en quinquennat. Ce n’est pas par souci de moderniser les institutions qu’il a imposé le quinquennat comme nouvelle norme présidentielle, mais à cause de son âge (70 ans en 2002) qui risquait de faire tiquer les Français, au cas où ils en prendraient pour sept ans, que « le roi fainéant », comme le surnommait Sarkozy-la-classe, s’est décidé à agir. Résultat, qui s’est vérifié en 2007 et 2012, au bout de dix-huit mois, avec ce format court, le président n’a plus la possibilité de réformer le pays et ne s’intéresse plus qu’aux sondages de popularité dans l’optique de sa future réélection. En 2012, le diagnostic de François Hollande, lors de sa campagne présidentielle, parlait à tous les Français : baisse de la dette et moralisation de la vie publique en luttant contre le cumul des mandats. Résultat : Hollande, pour tenter d’être élu, dépense à tout va, et obère l’avenir du vainqueur de la présidentielle de 2017, tandis que les élus, locaux comme nationaux, thésaurisent à un moment où le pays tire la langue comme jamais. Voilà l’explication de l’actuel succès dans les sondages de Juppé, même s’il manifeste des signes d’essoufflement ces derniers temps. Les Français savent parfaitement qu’on ne peut pas vivre à crédit éternellement et planquer les dettes sous le tapis. Avec Juppé-droit-dans-ses-bottes, qui aura presque 72 ans au moment de l’élection, ils sont persuadés qu’ils auront un président qui aura le cran de réformer le pays et qui ne sera pas obnubilé par sa réélection.

En créant un mandat unique de sept ans, le vainqueur de l’élection présidentielle retrouve le temps de faire évoluer considérablement le pays et peut travailler sereinement jusqu’au bout puisqu’il sait qu’il n’aura pas à affronter à nouveau le suffrage universel.

Des indemnités en corrélation avec le monde du travail

Dans l’esprit du législateur de 1958, le citoyen qui brigue un mandat doit toucher une modeste indemnité destinée à couvrir les frais inhérents à sa fonction. Mais, de discrètes augmentations en coups de pouce indiciaires pas discrets du tout, on en arrive pour le moindre élu local à des « indemnités » qui ressemblent plutôt à des salaires de cadres très supérieurs. Entre sa ville, sa communauté d’agglomération, le conseil départemental ou régional, le maire qui n’arrive pas à atteindre le « plafond » légal de 8 000 euros, quasiment pas imposés, mérite presque d’être traité de débile profond. D’où ses réflexions haïssables que les politiques, dans leur corporatisme aveugle, ne perçoivent même plus comme telles : « Tu comprends, j’ai absolument besoin de cette indemnité pour vivre ». La politique n’est plus affaire de conviction mais de plan de carrière et c’est choquant.

Il est clair que si l’on calait les indemnités d’un maire d’une ville moyenne comme Biarritz au niveau du SMIC, avec des adjoints à cinq cents euros, l’enthousiasme serait sans doute moins grand. Ceux qui se présenteraient le feraient par conviction et non par opportunisme, ce qui apporterait un vent de fraîcheur, et ils ne passeraient pas leur temps à réfléchir au coup suivant au lieu de se consacrer au mandat pour lequel ils ont été élus. Quand on sait que le salaire médian en France tourne autour de 1500 euros, un plafond de 3 000 euros pour les cumulards de la politique modifierait sans doute beaucoup la donne et calmerait les appétits d’une partie de ces 360 000 élus français qui trouvent la soupe particulièrement goûteuse. La limitation à deux mandats, un national et un local deviendrait une règle absolue, comme l’avait promis un certain François Hollande avant d’être réélu. Au lieu de cela on se retrouve avec un ministre de la Défense qui est aussi président de la Région Bretagne. Qui peut sérieusement croire que Jean-Yves Le Drian soit en mesure d’exercer correctement ces deux fonctions ?

Des frais de mandat soumis à contrôle

Avec 5177 euros net d’indemnité par mois, le salaire d’un député n’a rien d’extravagant, même à l’aune du salaire minimal en France et ne mériterait qu’un léger coup de rabot en cas de passage à la VIe République. En revanche, il est invraisemblable que les « frais de mandat » d’un montant mensuel de 5771 euros mensuels ne soient quasiment soumis à aucun contrôle. On a vu ainsi un député manger uniquement dans le restaurant que venait de monter sa fille, établissement qui se situait à… six cents kilomètres du Palais-Bourbon. Ce système profite donc aux élus qui trichent et ne travaillent pas, tandis que le député consciencieux, qui a des frais réels liés à son activité, va toujours endurer des sourires entendus sur ses substantielles indemnités de frais. Quand un Didier Borotra, à son modeste niveau de maire, se permet de dépenser, sans le moindre justificatif, 200 000 euros chaque année à l’Hôtel du Palais, et subit en retour une simple remontrance de quelques lignes de la chambre régionales des comptes, il est normal que le citoyen ordinaire s’indigne. Quand il confie à sa fille une étude sur les économies à faire à la Cité de l’Océan, payée 48 000 euros et que la Justice ne trouve rien à y redire, il y a vraiment de quoi s’étrangler.

Les politiques font toujours mine de s’étonner de leur impopularité absolue auprès de leurs concitoyens. Tout comme Valls qui veut croire que les manifestations contre la loi Travail ne sont que des réactions épidermiques qui vont très vite se dissiper. Ils n’ont absolument pas conscience du côté obscène de leur comportement, quand ils se crispent sur leurs avantages indus, tout en défendant, sans la moindre crise de conscience, des réformes du travail qui vont encore plus fragiliser les moins bien lotis, précariser ceux qui se croyaient à l’abri, et renvoyer le monde du travail, le vrai, pas celui qui a le cul collé aux fauteuils empire des cabinets ministériels, à la merci totale d’un patronat qui, en France, a rarement brillé par son intégrité et son intelligence.

Oui, avec une gauche comme celle-là au pouvoir, il n’y a plus besoin de droite…

Quand Pétain cajolait le XV et écartait le XIII

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Croix basque et croix nazie cohabitent sur le même billet, qui était déchiré à l’entrée du stade.

Passionné de politique, ce que tout le monde sait à Biarritz, Frank Perrin est aussi un mordu de ballon ovale et en particulier de rugby à XIII. Alors que des milliers de spectateurs se préparent à assister à l’affrontement opposant Clermont à Toulon, en finale de la Coupe d’Europe, il nous adresse ces images d’un passé qui interpelle.  Pendant que le rugby à XV coulait des jours (relativement) heureux sous l’occupation, la pratique du  rugby à XIII était rayée d’un trait de plume par le maréchal Pétain, le 19 décembre 1941. Une décision incroyable que L’Équipe magazine qualifiera, en 2013, de « plus grand scandale du sport français ».

 

Avec ces billets de rugby aux visuels impressionnants, le passé ressurgit et les heures noires de l’occupation aussi…  D’après mes sources, ces billets dateraient de 1941 ou de 1942. Faut-il parler de “collaboration” ou est-ce que le régime nazi imposait la croix gammée sur les billets ? Difficile de répondre, car les instances dirigeantes du rugby à XV préfèrent botter en touche sur le sujet. On peut voir aussi en filigrane des chistéras. Sous l’occupation la pelote basque professionnelle avait obtenu un sursis de trois ans octroyé par Vichy et ses collaborateurs, au même titre que le football, la boxe et le cyclisme. Le Président de la FFPB était un certain Jean Ybarnegaray …Le rugby à XIII avait été supprimé d’un trait de plume via le décret n°5285 du 19 décembre 1941.  Le rapport sur la situation du rugby en France, rédigé par le docteur Voivenel à la demande de Monsieur Jean Borotra alors Commissaires aux Sports, fut fatal au XIII,  qu’il soit professionnel ou amateur, alors que les enveloppes circulaient tout autant à XV, avec des amateurs marrons, qui n’étaient pas appelés ainsi pour les coups de poing qu’ils distribuaient!

Un Biarrot relance le XIII

Rugby 07Par ailleurs et contrairement à ce qui a été écrit par des historiens sur le XIII, celui-ci a bel et bien redémarré le 5 novembre 1944 en tant que  Ligue Française de Rugby à XIII et non Jeu à XIII . La Ligue était donc de nouveau reconnue. (ci-joint l’article de L’Athlète Moderne et sa Une qui le prouve). C’est entre autre grâce à Monsieur Paul Barrière (ex-directeur du Casino Municipal de Biarritz dans les années 60/70/80) ex plus jeune Président de Fédération Sportive (Président en 1947 à 27 ans!) que le XIII put repartir, aidé en cela par son oncle Jean Bourel, grand mécène audois qui fit de Quillan Espéraza XV un champion de France en 1929, et son beau-père, très grand chapelier de l’Aude également, Jean Peille.

 De fait,  le XIII aurait dû récupérer ses biens et ses stades faisant suite à l’ordonnance du Général de Gaulle en date du 7 octobre 1943. D’après certaines sources, les archives de la Ligue Française de Rugby à XIII d’avant-guerre (spoliées en partie par Vichy via le décret précité ) seraient classées dans un “musée externalisé” à Fontainebleau…dans des cartons pleins de poussières. (sources rapport MG Buffet 1997-2000) dont le décret fut abrogé par Jean-François Lamour le 25 juin 2005 afin qu’il ne soit pas rendu public.

 J’ajoute que le XIII n’était pas un sport professionnel, contrairement à ce qui a été dit mais semi-professionnel, car les joueurs rémunérés devaient avoir un autre travail à côté (Le Président Laborde l’a écrit dans le numéro 2 de Rugby Treize de juillet 1938) . Joints également en deux parties un extrait de Match Sports 1936 avec l’équipe “pro” de Villeneuve où l’on distingue les joueurs dont le fameux Max Rousié. Tous avaient un autre travail que le seul rugby à XIII…

Indépendamment des billets quinzistes joints qui méritent réflexion, j’estime, comme beaucoup de passionnés, que le XIII devrait être réhabilité définitivement et recouvrer sa mémoire volée. Est-ce un signe positif ?  Monsieur François Hollande aura été le seul Président de la Ve République à amener en voyage officiel avec lui en septembre dernier la délégation française de Rugby à XIII et son Président Carlos Zalduendo en Australie. En cela nous ne devons lui en être plus que reconnaissants.

Frank Perrin, Biarritz

 

Vous pouvez aussi consulter le mémoire de Robert Fassolette historien du 13 :http://grenet.free.fr/fjtreize/Entraineurs/Documents/La_modernite_sportive_assassinee.pdf

Extraits de Miroir des Sports, l’Equipe, Midi olympique, Journal Minute, Rugby Treize 1938 n°2. (archives personnelles)

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Respect de la démocratie et… combativité !

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La gauche perd 155 villes aux municipales, mais Michel Veunac, avec sa liste si peu à gauche, réussit à faire basculer Biarritz. (Photo Sud Ouest)

Alain Estrade, ingénieur et fervent supporter de Michel Veunac, n’y va pas par quatre chemins sur Twitter : «  Comme annoncé le 25 décembre, le petit Jésus s’appelle bien Michel Veunac et il est arrivé ce 30 mars pour nous sauver des partis ». Biarrots, vous n’avez donc plus d’inquiétude à avoir, le nouveau Jésus qui nous dirige va multiplier les pains, marcher sur l’eau du lac Mouriscot, effacer miraculeusement la dette de la Ville et guérir des écrouelles ceux sur qui il posera les mains. Mais après tout, ce ne sera pas le premier miracle de cette campagne électorale, puisque Balkany a été triomphalement réélu à Levallois, et que François Hollande, affirmant avoir ressenti la claque que lui a infligé le peuple de gauche a choisi pour gouverner… le plus à droite des socialistes, Manuel Valls. Allez y comprendre quelque chose!

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Michel Veunac, notre nouveau Jésus? Message à l’auteur du tweet : en cas de surchauffe, la tête dans le bénitier, c’est très bon.

La position de Bisque, bisque, basque est claire : en démocratie, les électeurs ont toujours raison. Un homme, dans une nouvelle fonction, peut être transformé et il faudra attendre les premiers mois pour juger de l’action qui est menée. Qui aurait pu imaginer en 1959 que le sombre magouilleur qui avait simulé un attentat dans les jardins de l’Observatoire, l’arriviste aux canines acérées qui s’y voyait déjà au départ du général de Gaulle, allait devenir un président de la République, incarnant à merveille la fonction? Comme François Mitterrand, Michel-Jésus Veunac peut être touché par la grâce avec sa nouvelle écharpe tricolore et c’est tout le mal que l’on souhaite à cette ville de Biarritz…

… Ce qui ne nous empêchera pas de continuer notre travail de journaliste, d’enquêter, de s’intéresser au passé de certains élus, et de porter à la connaissance du public les faits qui ne seront pas conformes aux règles de la vie politique. Et de saluer comme il se doit les actions positives!

Le premier conseil municipal de vendredi, le choix des adjoints, la volonté de rupture avec le système Borotra, l’écoute de l’opposition, devraient déjà nous en apprendre beaucoup sur la « gouvernance » voulue par Michel Veunac.

Vite, que le nouveau match commence!

Les illusions de Mollasson II

Les illusions de Mollasson

Ce ne sont pas les questions de « Match » qui auront malmené la mèche bien ordonnée du châtelain de la Sarthe…

Si vous adorez le second degré, ne ratez pour rien au monde l’interview de François Fillon dans Match, où l’ex  » collaborateur  » de Nicolas Sarkozy, n’ayant pas la moindre question incisive à redouter, s’efforce de prendre une posture présidentielle dans l’optique de 2017 :  » Je ne vois pas d’acte de ma vie politique qui puisse étayer l’idée d’une quelconque indécision ou d’un caractère velléitaire « . Effectivement, la façon dont Jean-François Copé a piqué l’UMP, au nez et à la barbe du notable de la Sarthe, qui a couiné pour la forme avant de baisser piteusement pavillon, est tout à fait révélatrice de la combativité de celui qui s’imagine présidentiable.

François Fillon, en passionné de l’histoire politique qu’il est, devrait pourtant savoir que, sous la Ve République, les Français ont systématiquement pratiqué la rupture, d’une élection présidentielle à l’autre.

C’est la rondeur de Georges Pompidou qui a plu aux électeurs après la rigidité du général de Gaulle. Difficile à imaginer, mais, en 1974, Valéry Giscard d’Estaing incarne la modernité, avec sa façon de venir en pull au Conseil des ministres, de jouer de l’accordéon ou d’exhiber ses mollets maigrelets sur un terrain de football… On connait la suite et le pitoyable mandat de l’homme aux diamants. François Mitterrand s’est ensuite efforcé de redonner du sens à la République avant de devenir un sphinx hiératique et hautain. Logiquement, les Français ont alors choisi Jacques Chirac, bon vivant rigolard amateur de Corona, avant de se lasser, douze ans plus tard, du roi fainéant. Rupture encore avec le petit nerveux Nicolas Sarkozy, énergique en apparence, velléitaire en fait, qui court dans tous les sens sans même savoir où il va. Et nouvelle désillusion en 2012 avec François Hollande, les Français l’ayant imaginé volontaire, sous prétexte qu’il avait laissé en route trois kilos de bedaine.  Avant de découvrir que, derrière les fredaines de Mollasson 1er, à la ligne politique aussi hésitante que le personnage, se cachait un matraquage fiscal tous azimuts.

Difficile donc d’imaginer que les Français, sous prétexte d’alternance, vont s’infliger la même punition en 2017, avec l’indécis de droite Fillon. Ils vont vouloir du dur et du méchant, façon Jean-François Copé ou Marine Le Pen… Ce qui n’est pas franchement une bonne nouvelle.