Et on attaque quand ?

 Si les trois écuries Arostéguy, Barucq, Motsch semblent en place, pour les autres le flou est encore de rigueur.

Avec huit à dix listes en compétition, il est clair qu’il va y avoir des morts au soir du premier tour.

Comme si cela manquait à notre bonheur, une nouvelle liste vient d’éclore si l’on en croit Sud Ouest du 7 janvier. Mené par l’enfant de Saint-Charles Karim Guerdane, elle s’intitule Biarritz Bonheur par allusion à l’heureux temps où les Biarrots pouvaient faire leurs courses quotidiennes dans le grand magasin de la Place Clemenceau, devenu depuis les snobinardes Galeries Lafayette. Joli nom pour une liste électorale, même si on peut se demander si ajouter de la confusion à la confusion ne fait pas au final le jeu du maire sortant Veunac.

Alors que se prépare l’assaut final, après cette drôle de guerre où chacun a fourbi ses armes et amassé des troupes, une tournée des popotes s’impose. Si les bataillons de Maïder Arostéguy, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch semblent prêts au combat, d’autres sections d’assaut gardent la fleur au fusil et paraissent éprouver quelque peine à se mettre en ordre de marche. C’est donc le moment ou jamais de passer les troupes en revue avec le général Bisque, Bisque, Basque ! ce planqué de l’arrière qui a beaucoup moins de faits d’armes à faire valoir que le général Jean-Bernard Pinatel ou l’exubérant Guy Husson.

 

MAÏDER SE PACSE

Maïder Arostéguy peut afficher un sourire radieux. Elle vient d’annoncer aux journalistes locaux son récent PACS et le fiancé est plutôt du genre bel homme musculeux avec qui on peut aller à la guerre sans rien avoir à craindre. Richard Tardits, en effet, a décidé de s’allier à Maïder, un choix plutôt logique compte tenu de la sensibilité très libérale des deux tourtereaux et une initiative qu’on ne peut que saluer car elle va dans le bon sens.

 

MARIAGE POUR TOUS CHEZ BARUCQ

Chez Guillaume Barucq, on semble plutôt militer pour le mariage pour tous et les alliances… surprenantes. Si Corine Martineau a encore impressionné les foules pendant les vacances de Noël, avec sa capacité à aller distribuer des tracts aux bigorneaux du rocher de la Vierge ou à se baigner avec les ours blancs puisque la situation politique le commande, que dire de l’arrivée du responsable de la section socialiste Laurent Riberolles à ses côtés ? Un peu comme si Philippe de Villiers et Olivier Besancenot décidaient d’aller écouter ensemble une messe en latin du côté de Domezain.

 

VRAI OU FAUX SONDAGE POUR MOTSCH ?

L’affaire du faux-vrai sondage, lancé sur Twitter par Oier Oronos et annonçant que l’ex adjointe à l’Urbanisme se retrouvait en deuxième position derrière Veunac, agace profondément le camp de Nathalie Motsch qui est persuadé avoir affaire à un coup monté des services secrets adverses. Si l’on détaille le compte du « troll » Oier Oronos, on peut imaginer que c’est un ardent partisan de « Calamity Nathalie ». Mais est-ce si sûr ? En temps de guerre, le propre de l’agent double est de jouer… double jeu. Encenser pendant des mois une rivale pour mieux lui faire porter le chapeau ensuite peut s’avérer très astucieux. Bisque, Bisque, Basque ! est bien incapable de démêler le vrai du faux dans ce sondage flatteur pour Nathalie Motsch et pour Michel Veunac et sévère pour Maïder Arostéguy et Guillaume Barucq, mais peut témoigner que deux membres de la majorité actuelle restés fidèles à Michel Veunac (une espèce très rare !) murmuraient sous le manteau les chiffres finalement publiés plusieurs jours plus tard par Oier Oronos. Intox de Veunac pour galvaniser ses troupes, ou sondage réel financé par un promoteur ami du maire ? La question mérite d’être posée.

 

LES FANTÔMES DE LA LISTE VEUNAC

Quant au maire sortant Michel Veunac, il a beau clamer qu’il est en « pleine forme », il suffit de le voir marcher avec sa capote bleue horizon, son pantalon rouge garance et ses bandes molletières pour comprendre que ceux qui l’ont vu naître, comme l’aurait dit Coluche, ne sont plus tout jeunes. À l’évidence, Veunac peine à attirer de nouveaux talents dans sa liste, ce qu’on peut comprendre après le calamiteux mandat qu’il vient d’accomplir. Sa garde rapprochée se compose donc des bénis oui-oui qui ne peuvent envisager de renoncer à la vie municipale et aux indemnités qui vont avec : Jocelyne Castaignède, Patrick Destizon, Ghis Haye, ainsi que de l’inénarrable secrétaire d’état Jean-Baptiste Lemoyne, l’homme qui change de convictions à chaque fois que le vent tourne et qui pour le moment se bat avec les plans de la ville pour tenter d’apprendre le nom des quartiers. Et pour rajouter au scandale, quelques « obligés » du maire qui ont été gentiment conviés à venir lui apporter leur soutien comme le cavalier Olivier Camy-Sarthy, directeur par délégation de Service public (DSP) du pôle équestre de Biarritz. C’est un peu comme si votre employeur vous obligeait à vous présenter sur la liste électorale qu’il est en train de monter. Si une liste comme celle-là réussit à séduire les Biarrots, c’est à désespérer de la politique.

 

GUILLAUME JOUE LE PLEIN TEMPS

Biarritz n’est pas une maîtresse que l’on honore à la va-vite en fin de semaine mais une grande dame qui mérite d’être choyée à plein temps, ce que Didier Guillaume semble avoir compris. Après avoir beaucoup hésité sur la stratégie à suivre, l’actuel ministre de l’Agriculture paraît décidé à démissionner du gouvernement, ce qui est sage. Pas étonnant qu’il ait connu quelques états d’âme, car ses deux poissons-pilote Guy Lafite et Michel Poueyts, surtout soucieux de leur propre survie politique, lui ont promis pour le convaincre d’y aller des foules en délire et des salles plus que combles. L’homme est suffisamment habile politique pour avoir vite compris que ses deux amis avaient un peu enjolivé la situation et que la partie était loin d’être gagnée. Si le procès en parachutage que lui font tous ses détracteurs (y compris le docteur Oualam dans les colonnes de ce blog !) me paraît hors de propos pour quelqu’un qui fréquente Biarritz depuis trente ans, il reste maintenant à voir ce que va proposer le candidat et surtout avec qui il compte gouverner. Samedi à 11 heures, au jai alaï, on devrait en savoir un peu plus.

 

SAINT-CRICQ Y CROIT TOUJOURS

Jean-Benoît Saint-Cricq, que tout le monde voyait partir avec Veunac, a finalement décidé de jouer solo. Le vieux routier des élections municipales biarrotes fourmille d’idées et d’enthousiasme. Malheureusement, il ne semble pas mesurer les dégâts faits à son image par ce mandat où il a commencé en s’opposant fermement à Veunac et Lafite avant de les rejoindre à un moment où ils étaient en grande difficulté sur le dossier de L’Hôtel du Palais et de leur sauver la mise par son ralliement. Le candidat assure qu’il sera en ordre de marche le 15 janvier avec une équipe plus mobilisée que jamais. On connaît les qualités et la « technicité » de Jean-Benoît Saint-Cricq, mais, s’il veut espérer quelque chose, il faudra que l’avocat biarrot s’explique sur les choix qui l’ont conduit à saccager la bonne image que les Biarrots avaient de lui.

 

MARINE BATISTE PLUS VERTE QUE VERTE

En 1971, lors du congrès d’Épinay, François Mitterrand avait réussi le tour de force de signer sa première adhésion au Parti socialiste le jour même où il avait été nommé Premier secrétaire. Nourrie aux grands classiques socialistes, puisqu’elle a travaillé dans l’entourage de Bertrand Delanoë, Marine Batiste, tente de faire de même en se découvrant soudain une conviction plus verte que verte et en adhérant il y a peu à Europe Écologie Les Verts (EELV) quelques jours après qu’un authentique militant de ce parti, qui labourait le terrain biarrot depuis quinze ans, Éric Ménard, ait été exclu pour avoir rejoint le camp de Nathalie Motsch. Et même si elle n’a pas encore l’investiture du parti, Marine Batiste lance un appel du pied aux Abertzale pour une alliance semblable à celle que fait Sophie Bussière avec Jean-Claude Iriart à Bayonne. Mais n’est pas François Mitterrand qui veut et l’affaire pourrait capoter très vite.

Ne reste donc plus à tous ces généraux ou aspirants généraux, bien au chaud dans leurs quartiers-généraux et se rêvant déjà tous en vainqueurs, qu’à trouver l’infanterie nécessaire à leurs ambitions. Suivant que l’on aura huit ou dix listes, c’est entre trois cents et trois cent cinquante couillons qu’il va falloir convaincre de venir faire de la figuration sur les listes, d’aller tracter dans le froid, de marcher au pas et éventuellement de donner quelques subsides pour financer la future campagne.

Il est désormais plus que temps pour tous ces candidats de se plonger dans « L’art de la guerre » du Chinois Sun Tzu, car il ne fait aucun doute que la bataille pour conquérir Biarritz va être féroce.

C’est le festival Onda Cariocaisse !

Incapable de présenter à temps un budget prévisionnel pour l’édition 2019, le producteur de Vincent Cassel demande 200 000 euros à la Ville pour 2020 en évoquant «des frais d’annulation». Par ici, la monnaie !

La page de garde du document remis aux élus par Vincent Cassel et son producteur. On s’y croirait, même si ça fait cher le palmier.

Avec l’abnégation d’un voyageur de commerce cherchant à fourguer une encyclopédie en cinquante volumes à un illettré, notre pauvre maire débordé, quand il se fait mettre dehors par la porte, revient par la fenêtre et si elle est close, n’hésite pas à forcer un vélux ou à passer par le soupirail de la cave. En l’absence du moindre document écrit, les élus avaient réussi à faire annuler une subvention de 100 000 euros attribuées au festival « Onda Carioca » souhaité par Vincent Cassel, mais il en faudrait beaucoup plus que cela pour freiner les ardeurs people de notre Mimi-la-Malice. Mardi 15 juillet, il a donc remis le couvert en commission générale (une réunion à huis clos des élus) en présence de Vincent Cassel et de son producteur, un homme dont personne n’a retenu le nom mais qui, a laissé pour le moins perplexe ceux qui assistaient à cette commission générale.

Mise doublée pour 2020

Si Vincent Cassel éprouve une authentique passion pour le Brésil, il a sans doute dû roupiller sévère pendant les cours d’instruction civique pour s’être imaginé qu’un simple accord oral avec Michel Veunac lui permettait de lancer son festival sans que les élus ne valident sa demande de subvention. Retoqué faute d’avoir monté un dossier digne de ce nom, Cassel et son producteur sont donc revenus à la charge et, comme des joueurs malheureux au casino, ont doublé la mise en toute simplicité.

Avec Photoshop, rien de plus facile que de remplir de foule enthousiaste le Port vieux. Et pour la marée, on fait comment?

Pour réussir cet exploit peu commun, ils ont fait vibrer les petits cœurs de midinettes des élus en les abreuvant de noms ronflants, en les faisant rêver d’un Port-vieux noir de monde et en leur promettant d’innombrables émissions de télévisées sur le festival. Qui peut un an à l’avance être certain de sa couverture télé, même quand on s’appelle Cassel ? Mais l’esprit critique était assez peu de mise mardi soir, Cassel et son producteur remettant aux élus présents (plusieurs comme Nathalie Motsch ou Hervé Boissier étaient retenus par leurs obligations personnelles ou professionnelles) un dossier propre à séduire tout le monde. Ou presque !

Et puis, comme Cassel et son producteur sont de grands pudiques, c’est en regardant la pointe de leurs chaussures qu’ils ont demandé 200 000 euros de subvention, alors que la Ville ne leur en avait accordé que 100 000 il y a quelques mois avant de se rétracter.

Pas de chance pour eux, parmi les présents, se trouvait un chef d’entreprise François Amigorena, qui sait lire les budgets prévisionnels et qui s’est intéressé à une petite ligne fort discrète, rédigée en noir sur fond bleu pour qu’elle soit encore moins lisible :

Intitulée « Report à nouveau, suite à l’annulation de l’édition 2019 », cette ligne affiche tout de même un montant de 125 152 euros. Autrement dit, le producteur de Vincent Cassel, qui a été infoutu de présenter un dossier digne de ce nom pour obtenir une subvention, demande à la Ville de lui rembourser les frais qu’il a engagés pour 2019, alors qu’il n’avait pas le moindre lien contractuel avec Biarritz !

Seuls trois élus s’opposent

Une décontraction qui n’a semble-t-il pas ému plus que cela l’assistance puisqu’en dehors de François Amigorena, seuls trois élus se sont étonnés : Françoise Mimiague, Brigitte Pradier et Ghis Haye.

Le budget prévisionnel de l’événement : une petite plaisanterie à plus d’un million d’euros.

Et pour que le vaudeville soit complet, Veunac a profité d’une pause-pipi de son ennemi préféré, François Amigorena, pour faire voter vite fait les élus afin de savoir si on devait ou non continuer à travailler avec Cassel. En dehors des trois noms précédemment cités, personne n’a rien trouvé à y redire, Guillaume Barucq se fendant même d’un discours enthousiaste en faveur de ce projet.

Seul petit détail qui n’a visiblement ému personne, les commissions générales sont faites pour informer à huis clos les élus de dossiers où des informations commerciales ne peuvent être rendues publiques (il en avait été de même pour Aguilera et Pichet) mais les décisions et a fortiori les votes doivent être effectués en conseil municipal.

Deux conclusions s’imposent donc sur ce dossier « Onda Carioca » qui va encore faire couler beaucoup d’encre à l’avenir. Soit Veunac et Lafite, au bout de cinq ans de mandat, ne maîtrisent toujours pas les règles de la vie publique et dans ce cas-là il est urgent de ne pas les réélire, soit ils sont capables de toutes les fourberies et dans ce cas-là aussi il est indispensable de ne pas les réélire.

Ce qui leur laissera un peu de temps pour méditer le vieil adage : « Tout ce qui brille n’est pas d’or ! »

C’est celui qui le dit qui l’est

Veunac adore l’ambiance cour d’école pendant les conseils municipaux. Jeudi soir, l’homme qui a la réputation d’avoir toujours un temps de retard lorsqu’on lui explique quelque chose, s’est permis une réflexion totalement saugrenue à l’égard d’Édouard Chazouillères, cherchant à comprendre l’imbroglio autour de la villa Sion. Sans rire le moins du monde, celui qui déshonore le rôle de maire par des propos d’un tel niveau, a répondu aux questions totalement pertinentes de Chazouillères par un méprisant : « On ne peut pas faire coïncider nos projets avec le temps que vous mettez à les comprendre ».  Ce à quoi, Édouard Chazouillères, toujours aussi pince sans rire, a répondu : « C’est depuis que je vous ai quitté, Monsieur le maire ! ».

Quelques minutes plus tard, vexé d’avoir un temps de retard sur son seigneur et maître, le premier adjoint « La Faillite nous voilà ! », s’est donc senti obligé de surenchérir après une question de François Amigorena sur le commanditaire du sondage que subissent les Biarrots actuellement. Croyant les micros coupés et alors que tout le monde se levait, on a pu entendre alors un distinct : « Quel connard celui-là ! »

Comme disent les enfants de l’école primaire, « C’est celui qui le dit qui l’est ! »

Sur le sujet, voir les deux excellents articles de Mediabask :

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20190718/insultes-au-conseil-municipal-de-biarritz

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20190719/les-elus-de-biarritz-reagissent-aux-propos-insultants-de-guy-lafite

Et aussi un très bon décortiquage du budget prévisionnel par Jacques Saury dans « Biarritzmania » :

Onda Carioca