On dit merci qui ? Merci Michel !

Le calamiteux mandat de Veunac a au moins un mérite : faire émerger des élus à fort tempérament qui démontrent leurs qualités.

Bel exploit ! L’artiste Veunac réussit à faire salle comble le 15 octobre.

Est-ce parce qu’elle ambitionne de devenir un jour reine de la Ville que l’adjointe à l’Urbanisme Nathalie Motsch a choisi Le Regina comme cadre de sa conférence de presse, trois jours après celle de Michel Veunac ? En ce lundi matin orageux, les journalistes ne seront pas déçus du voyage, car Calamity Nathalie, comme la surnomment les (rares) fidèles de Veunac est décidée à défourailler à tout va : « Je ne serai pas complice de ce qui est le plus grand scandale jamais connu par Biarritz ». L’anodine mère de famille qui plaçait soigneusement ses pas dans ceux de Didier Borotra lors de la dernière mandature, se révèle soudain bretteuse féroce et politique redoutable. Lors du dernier conseil municipal, son éloquence avait scotché tout le monde. Face aux journalistes, Nathalie Motsch poursuit dans la même veine : « Ce dossier du Palais devrait être à livre ouvert. Le secret des affaires ne marche pas sur un bien public. Ce n’est pas parce que ce montage a été voté en conseil municipal qu’il est vertueux », avant de défendre ardemment un autre opposant au projet : « J’ai été très choquée des attaques contre François Amigorena. Il n’y a qu’un responsable Guy Lafite (…) porteur du projet avec la simplicité et l’humilité qui le caractérisent. »  Et Calamity Nathalie, après ce commentaire au second degré sur l’énarque qu’elle ne porte guère dans son cœur, d’expédier au Premier adjoint une ultime balle entre les deux yeux. « Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes ».

Pour son premier examen devant les journalistes, Nathalie Motsch n’a pas hésité à dresser un tableau inquiétant du montage financier choisi pour Le Palais.

Cohérente avec elle-même, l’adjointe annonce qu’elle saisit à son tour le tribunal administratif de Pau, qui va ouvrir sous peu une annexe spéciale pour Biarritz, pour excès de pouvoir et défaut d’information des élus. Aidée de son conseil, Jean-Charles Vignot, Nathalie Motsch s’attaque à la délibération du 15 octobre en premier lieu et y rattache celle du 30 juillet. « Car les deux votes ont un lien évident. C’est une opération globale dans laquelle la transparence et la communication des pièces ont été tronquées.« 

https://www.sudouest.fr/2018/10/29/video-biarritz-un-nouveau-recours-dans-le-dossier-de-l-hotel-du-palais-5522161-4037.php

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181030/ladjointe-a-lurbanisme-attaque-en-justice-le-montage-de-lhotel-du-palais

Amigorena ne lâche rien

On le disait talentueux mais dilettante. Il vient de subir une incroyable condamnation à trois ans d’inéligibilité pour un carnet à souches non restitué, quand Juppé pour des emplois fictifs ne prenait qu’un an. Beaucoup à sa place se seraient désintéressés de la politique. Mais François Amigorena se révèle tous les jours à l’épreuve du feu. Quand il s’élève contre le dossier du Palais, on ne peut l’accuser d’arrières pensées politiques, contrairement à Lafite ou Veunac, puisqu’il ne participera pas à la compétition de 2020. Comme libéré de cette suspicion qui pesait sur ses actions, l’homme se montre aussi combatif que réfléchi et prend tous les jours plus d’épaisseur. Quand il annonce que les banques ne veulent plus financer la réhabilitation du Palais, les invectives à son encontre pleuvent presque autant que les démentis paniqués de Veunac. Au final, un prêt qui aura bien été modifié et des menaces de procès en diffamation de Veunac, qui le font immédiatement réagir sur Twitter et Facebook. « M. le maire, JE VOUS DEMANDE de m’assigner en diffamation au plus vite. Cela me permettra de produire devant un juge les preuves irréfutables en ma possession ». Beau tempérament de la part de l’élu. Si seulement Veunac et Lafite étaient capables de manifester la même conviction et le même sens des responsabilités

Barucq ne croit plus aux Bisounours

Le « Nous nous sommes tant aimés » de 2014 n’a guère duré longtemps. (Photo Sud Ouest)

Avec un Veunac réussissant à faire fonctionner sa majorité, le docteur Barucq aurait pu être un de ces « alibis écolos » comme on en voit dans tous les conseils municipaux. Un petit tour de vélo électrique et puis s’en va! Mais il est loin le temps où le docteur-surfeur croyait sincèrement qu’avec le dialogue on peut arriver à tout. Cherchant à réconcilier les irréconciliables, Guillaume Barucq a pu prêter à sourire parfois. Mais l’homme est intelligent et apprend vite. « Je croyais tout savoir de l’humain par mon activité de médecin, mais je me rends compte que la politique est un monde vraiment à part », sourit-il. Clair dans ses positions, ne cédant pas aux multiples pressions que lui a fait Veunac, n’hésitant pas à prendre l’initiative, Barucq ne peut que se féliciter de l’indigence du tandem Veunac-Lafite qui va lui permettre de devenir un candidat tout à fait plausible et intéressant dans la perspective de 2020.

Arosteguy a honoré son mandat

Le dessinateur de La Semaine du Pays Basque, Olivier Ruiz semble croire à un duel de dames pour 2020.

Le grand mérite du hold-up démocratique voulu par Veunac et Lafite à propos du Palais est d’avoir passé au révélateur tous les tempéraments. On épargnera aux lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! la liste des rois de la brosse à reluire qui se reconnaîtront sans peine (N’est-ce pas P.C. ou P.D. ?) D’habitude, en fin de mandat, la presse analyse le comportement de l’opposition et passe très vite sur la majorité, habituée qu’elle est à voter systématiquement comme son maire. Il n’y a qu’à Biarritz qu’on voit cinq élus de l’opposition, au mépris du mandat qui leur a été confié par les électeurs, venir au secours d’un maire au moment où sa propre majorité ne lui fait plus confiance. À l’inverse d’un Max Brisson aux déclarations sinusoïdales et souvent calquées sur la stratégie politique du moment, Maïder Arosteguy a exercé un mandat d’opposante très clair et respectueux de ses électeurs, malgré son arrivée au conseil départemental. Vigilante, elle a toujours été sans ambiguïté dans ses déclarations et ne s’en est jamais laissé conter quand les machos de service, Veunac, Lafite ou Claverie tentaient de la déstabiliser à coup de réflexions misogynes. On dit que Maïder Arosteguy et Nathalie Motsch ne s’apprécient guère, ce qui n’a rien de surprenant à l’idée d’un possible « duel de dames » en 2020. Un duel qui aurait tout de même une autre allure que l’éternel retour de ceux qui ruinent la Ville depuis tant d’années.

Tant de talents qui s’affirment !

Plus discret mais tout aussi respectable dans l’exercice de son mandat, on aimerait entendre davantage Richard Tardits qui, on le perçoit nettement, n’apprécie guère ce rôle d’opposant qui lui a échu même s’il fait le job avec application. Constructif et très clair dans ses positions, il mérite le respect des électeurs. En privé, Richard est toujours passionnant à écouter. Lui aussi, s’il se retrouvait dans la majorité en 2020 amènerait sans doute beaucoup de créativité à la Ville. Et même s’il a exclu d’être tête de liste en 2020, il en va bien évidemment de même d’Édouard Chazouillères.

Et que dire de ces fantassins qui ont montré un courage sans faille sous la mitraille ? Françoise Mimiague, Brigitte Pradier, Anne Pinatel, mais aussi Virginie Lannevère et Hervé Boissier ont prouvé qu’ils étaient de véritables élus, soucieux des Biarrots et pas décidés à accepter n’importe quelle sornette, même si elle est présentée par le premier magistrat de la Ville ou son adjoint.

Tandis que Veunac s’indigne devant les journalistes quand on affirme qu’il n’est pas compétent, il ne reste plus aux électeurs qu’à essayer de se consoler en imaginant un avenir meilleur, même si la situation financière de la Ville ne va guère être facile en 2020. Ce mandat est un désastre absolu, beaucoup de Biarrots l’ont compris, mais au moins il aura eu le mérite de nous faire découvrir de nouveaux talents, sans doute à même de gérer la Ville avec plus d’écoute et de respect de la démocratie dans un avenir proche. Alors pour conclure sur les tristes pantalonnades que nous vivons à Biarritz, comment ne pas être tenté en pensant à Veunac, à la façon obscène avec laquelle il a conduit le dossier du Palais, de reprendre le gimmick d’un site coquin et très fréquenté. « On dit merci qui ? »

Dans un tout autre style, ne ratez pas l’explication très technique mais passionnante de Jacques-André Schneck sur la juridiction des sociétés d’économie mixte. Comme l’écrit l’ancien spécialiste des travaux publics, « À tous les administrateurs de la Socomix : Désolé, mais on en a envoyé en prison pour bien moins que cela !« 

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck

 

Barucq privé d’en-tête

Le troisième adjoint au maire écrit au Président de la République pour demander une aide financière pour le G7. Veunac lui refuse une enveloppe à en-tête de la Ville pour son envoi. Consternant !

Comment Macron, alors que Veunac se vante de sa « relation de proximité » avec le Président de la République, a-t-il pu écarter un tel talent ? C’est sans doute pour ne pas priver les Biarrots de cet immense visionnaire que Macron a refusé, lors du dernier remaniement ministériel, de créer le ministère de l’imagination démocratique qui ne pouvait échoir qu’à notre Mimi-bien-à-nous-que-la-France-entière-nous-envie. L’édifiante mésaventure qui vient de survenir à Guillaume Barucq démontre une fois de plus qu’à part Kim-Jong-un en Corée du nord, personne n’a autant que notre maire actuel le sens de la démocratie et le respect des élus.

Soutenu par 17 élus

Comme il l’avait annoncé, lors du conseil municipal du 15 octobre, Guillaume Barucq a décidé d’écrire une lettre d’appel à l’aide au Président de la République, avec copie au nouveau ministre de la Culture Franck Riester, et au chargé de mission Sauvetage Patrimoine, Stéphane Bern. Et le troisième adjoint n’est pas tout seul dans sa démarche, puisque 17 autres élus ont mis leurs signatures au bas de la missive. Oui, oui, vous avez bien lu : ils sont dix-huit au total à adresser cette supplique à Macron, alors qu’ils n’étaient que quinze à voter contre le projet de Veunac et Lafite lundi soir. Et ils ont pour trois d’entre eux tellement honte de leur inconséquence qu’ils refusent que leurs noms soient rendus publics, ce qui est risible (Si vous suivez ce blog, vous allez deviner sans peine). Il faut dire que question enfantillages, avec Veunac, ils sont servis !

Obligée d’acheter une enveloppe à la papeterie

Guillaume Barucq se rend donc à la mairie et demande à son habituelle assistante de lui mettre en forme son texte. Gêne de la dame : « J’ai reçu l’ordre de ne pas vous autoriser à utiliser du papier à en-tête de la ville de Biarritz » Guillaume, on le sait, est d’un naturel accommodant : « Ce n’est pas grave, donnez-moi une enveloppe à en-tête, pour que le pli ne passe pas inaperçu des services de l’Élysée » Dénégation de son interlocutrice : « On me l’interdit ! ». Et là, gros problème car il n’existe pas une seule enveloppe blanche dans la mairie. Résultat, la malheureuse assistante est obligée de cavaler en quatrième vitesse jusqu’à la papeterie du coin pour revenir enfin avec l’enveloppe blanche exigée par le maire.

Et c’est ainsi que l’envoi plein de bon sens de Guillaume Barucq, à cause d’un caprice de notre premier magistrat, est parti de façon anonyme en direction de la rue Saint-Honoré à Paris… Avec toutes les chances de se perdre.

Michel Veunac n’a même pas le courage de retirer sa délégation à Barucq, car il devrait passer par un vote qu’il n’est pas sûr de gagner. Alors, après la charte de confidentialité qu’il avait demandé de signer à ses élus, il continue les bizutages de cour d’école en brimant un adjoint qui est tout à fait légitime et en droit d’écrire de sa propre initiative au Président de la République.

En 2011, prévu à 20 millions, le G7 de Deauville avait fini à 31 millions comme le relève la chambre régionale des Comptes et il n’est pas illogique que Biarritz demande de l’aide. Veunac, pour obtenir son investiture LREM en 2020, préfère jouer les grands seigneurs. Comme c’est facile avec l’argent des contribuables !

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/2014/02/05/le-cout-du-g8-de-deauville-2011-mal-maitrise-selon-la-cour-des-comptes-409633.html

 

Les proches avant les Biarrots

Astucieuse, la jeune garde du conseil municipal a réussi à gagner du temps dans la vente de la villa Sion, alors que Veunac s’apprêtait une fois de plus à sacrifier les intérêts de la Ville au profit d’un proche.

Bernard Tourret, le directeur de l’urbanisme, mène la danse face à un Veunac sans cesse dépassé et hésitant.

Il n’y a décidément pas que le top 14 qui adore les impasses ! Comme s’ils se réservaient pour la joute majeure du 15 octobre où se décidera l’avenir de l’Hôtel du Palais, nombre de figures du conseil municipal, comme Jean-Benoît Saint-Cricq, Pierrette Echeverria, Frédéric Domège, Virginie Lannevère, Brigitte Pradier, Hervé Boissier ou Alain Robert, avaient séché ce « petit » conseil municipal du 28 septembre où devaient être traités l’avis sur la demande de déclaration d’intérêt général pour le confortement des falaises de la Côte des Basques, et le déclassement du domaine public en vue de mise en vente de la villa Sion et de la villa Fal.

Mais les « petits » conseils sont parfois très révélateurs et sans l’habileté et la vigilance d’une jeune garde qui a su pousser le maire et son premier adjoint dans les cordes, les Biarrots avaient toutes les chances d’être sérieusement lésés.

L’échauffement municipal a lieu avec le confortement de la Côte des Basques, nouvelle illustration de la méthode Veunac : on laisse pourrir, on atermoie et on ne lance la concertation que contraint et forcé avant de déclarer que le calendrier impose de décider, alors que rien n’est réglé. Une méthode que Veunac compte bien appliquer au Palais en faisant voter le conseil municipal, le 15 octobre prochain, l’exécution de travaux déjà programmés pour… le 20 octobre. Encore une vigoureuse illustration du sens très particulier de la démocratie de Mimi imperator !

C’est Éric Bonnamy qui aura les mots les plus touchants sur Marbella en exprimant sa lassitude de spécialiste de l’océan : « Je ne veux pas de l’argent de l’Europe, car cet argent est utilisé pour bétonner notre littoral. Je suis lassé d’entendre « Les experts ont dit que… ». Les experts, c’est nous ! ». Guillaume Barucq partage ce point de vue en rappelant que « le jour où on perd le spot de Marbella, on ne peut plus surfer nulle part à marée haute ».

Après une de ces phrases à l’emporte-pièce dont Veunac a le secret « L’émotion a sa place ici », on passe froidement au vote et la délibération est adoptée, malgré dix voix contre.

Un risible vaudeville où notre argent est en jeu

Et puis arrive une merveille de débat à fleurets mouchetés où personne ne dit ce qu’il pense et où tout le monde est à la manœuvre.

Biarrots, écoutez absolument cette partie consacrée à la vente de la villa Sion et de la villa Fal (entre 1h30 et 2h10) et vous aurez une idée précise de la façon dont nous sommes défendus par Veunac et Lafite.

https://www.youtube.com/watch?v=0H2Fq-4h8tE

Si vous décidez de vendre votre appartement, vous allez sans doute demander plusieurs évaluations et tenter de présenter votre bien sous le meilleur jour. Pas Lafite et Veunac ! Ils déprécient le bien en insistant lourdement sur son mauvais état, rappellent que les Domaines l’ont estimé à 980 000 euros et affirment que « l’idée est de vendre la villa Sion sur la base du prix indiqué » Sans chercher plus loin !

Heureusement, la jeune garde de la majorité et de l’opposition, persuadée que Veunac et Lafite veulent faire obtenir ce bien à un proche, va manœuvrer à la perfection dans ce qui ne serait qu’un risible vaudeville si notre argent n’était pas en jeu.

Maïder Arosteguy : « Pourquoi vendre, alors que des associations ont besoin de locaux ? »

Peio Claverie, très en colère : « Il n’y a pas d’associations à la rue à Biarritz ! »

Maïder Arosteguy : « Monsieur Claverie, vous semblez avoir un problème avec la réalité »

Nathalie Motsch, intervient à son tour : « Je voudrais qu’on s’interroge sur le foncier à Biarritz. Nous n’avons plus de foncier. Je trouve dommage qu’on se dessaisisse d’un bien qu’on nous a quasiment donné. Je ne suis pas à l’aise avec cette question car on veut vendre deux bâtiments emblématiques. Il n’y a pas d’urgence, gardons-les en réserve foncière. »

 Michel Veunac, jusque-là convaincu que cette délibération va passer sans problème, panique visiblement et passe son temps tourné vers Bernard Tourret, le chef du service urbanisme, pour lui demander conseil. À un moment, on peut même entendre distinctement : « Aide-moi, merde! »

Sa suffisance Guy Lafite croit alors bon d’intervenir avec hauteur pour mettre fin au débat. (1h54’) : « Je suis surpris qu’il y ait ici des très grands spécialistes de l’estimation immobilière » Comme s’il fallait être spécialiste pour constater que ce bien est manifestement sous-évalué ! Et l’ami-des-femmes-Lafite de conclure, suite à l’intervention de Nathalie Motsch : « Un patrimoine, ça se gère de façon active… quand on est intelligent ». Celle-là, il fallait l’oser !

Colère des élues, qu’elles soient de droite ou de gauche ! Fort courageusement, Ghislaine Haye, après s’être étonnée à juste titre d’un prix de vente à 2400 le m2, du jamais vu à Biarritz, va sermonner le premier adjoint : « Il faut arrêter les remarques sexistes » Et comme l’énarque prend son air de premier communiant, l’élue précise sa pensée « C’était directement pour Monsieur Lafite ».

C’est alors qu’Édouard Chazouillères profite du désarroi qui règne au sein de l’élite municipale pour pousser habilement les pions. Fort de ce qui s’est passé au moment de la vente des écuries de Bigueyrie « pourquoi ne pas généraliser la pratique d’une double estimation et faire appel à des agences immobilières de Biarritz » ?

Un agent immobilier : « Entre 1,5 et 2 millions d’euros »

Regardez sur la vidéo du conseil comme Michel Veunac fait tout pour échapper au piège tendu. Heureusement Chazouillères, avec une politesse de gendre idéal, insiste : « On a un conseil municipal dans quinze jours. On pourrait repousser la délibération à cette date ». Son voisin François Amigorena, vêtu du tee-shirt noir « Sauvons Marbella !» prend le relais : « Il serait de bonne gestion de proposer cette délibération un peu plus tard » tandis que Veunac botte en touche désespérément : « Le conseil municipal dans quinze jours, va être assez occupé… Franchement… ». Finalement, de guerre lasse, Veunac, très contrarié, va accepter qu’une ou deux agences fassent une estimation.

Pour faciliter la vie de la mairie, Bisque, Bisque Basque ! s’est donc rendu dès samedi matin devant la villa Sion en compagnie d’un agent immobilier qui connaît parfaitement le bâtiment puisqu’il le fréquentait dans le cadre de la vie associative. Son appréciation est claire : « Le bâtiment n’est pas en très mauvais état, même s’il faut faire des travaux, la servitude est minime. Pour moi, ce bien doit partir entre 1,5 et 2 millions d’euros ». L’agent immobilier ne cache pas qu’il va alerter de futurs acquéreurs en recherche de bien sur Biarritz car il pense que même à 2 millions d’euros, « la villa Sion peut constituer une très belle affaire ».

Pierre Delalonde, le chouchou de la mairie ?

Voilà qui ne va pas arranger les affaires de l’acquéreur souhaité par la mairie pour ce bien. Selon une rumeur insistante qui parcourait aussi bien les rangs du conseil, vendredi soir, que les milieux éclairés de Biarritz, c’est le propriétaire du château Boulart, Pierre Delalonde, qui serait le candidat rêvé par la mairie. En interne, plusieurs personnes témoignent en off d’interventions de Michel Poueyts et de Michel Veunac en sa faveur. Propriétaire de nombreux terrains à Iraty, et accessoirement de la permanence que loue Max Brisson, Pierre Delalonde souhaite transformer le château Boulart en hôtel de luxe. Mais ce futur établissement est un peu inséré et manque de possibilités de stationnement.

Cette vue aérienne montre que le château Boulart est très enclavé. L’achat de la villa Sion permettrait de modifier sérieusement la donne.

En achetant à prix d’ami la villa Sion, ce méritant entrepreneur pourrait faire une très belle opération. Donner une double entrée à l’hôtel, régler le problème de stationnement des voitures, et transformer la villa Sion en créant des salles de réception au rez-de-chaussée. Interrogé par nos soins, Pierre Delalonde nous a expliqué qu’il n’était pas à son bureau, mais qu’il donnerait lundi à Bisque, Bisque, Basque! des éléments «  qui raviront notre curiosité ».

Impossible pour le moment de savoir si le nom de Pierre Delalonde abondamment murmuré vendredi soir est le bon, même s’il paraît assez logique. Nous en saurons un peu plus d’ici peu et ne tarderons pas à comprendre pourquoi Veunac et Lafite étaient prêts à laisser partir à si petit prix ce bien municipal, si des esprits chagrins au sein du conseil municipal n’avaient compliqué ce projet si bien ficelé ! 

Avec tant de rigueur et de transparence, avec ce sens de la vente et de l’intérêt des Biarrots qui force l’admiration, comment ne pas être tout à fait rassuré en sachant que Veunac et Lafite pilotent le dossier de l’Hôtel du Palais ? Fin septembre, les conseillers municipaux n’ont toujours pas eu le moindre chiffre mais il serait vraiment malvenu de ne pas faire une confiance illimitée à ce même tandem qui, à l’évidence, n’a pour seul souci que le bien de Biarritz.

Ce dernier conseil municipal en offre, une nouvelle fois, une preuve éclatante.

Villa Fal : un appel à projet fumeux

Sans le moindre doute, Michel Veunac va évoquer, le 15 octobre prochain, le « patrimoine des Biarrots » au moment d’évoquer le Palais. Un patrimoine qu’il dilapide pourtant allègrement quand ça l’arrange. Sur la villa Fal, Michel Veunac s’est noyé dans des explications tarabiscotées en expliquant qu’il a fait appel à projet mais qu’aucun ne le satisfaisait. La villa Fal, contrairement à la villa Sion est effectivement en très mauvais état, faute d’avoir été entretenue par la Ville. Il semble assez évident que pour financer le ruineux joujou des politiques locaux, à savoir le Palais, cette villa va être mise en vente sous peu.

Palais : l’indécent calendrier

Biarrots, vous assistez en direct à un tour de passe-passe extraordinaire !

Depuis le 30 juillet Michel Veunac tremble en compagnie de sa garde rapprochée, car sans l’appui inespéré de certains membres de l’opposition, il aurait été mis en minorité lors du dernier conseil municipal. Depuis cette date, devant son boulier chinois, le maire de Biarritz fait et refait ses additions, pas du tout rassuré. Pour tenter d’inverser la tendance, il alterne donc menaces et promesses à l’encontre de ses élus. Avant de se lancer depuis le 10 septembre dernier dans une offensive médiatique tous azimuts. L’ennui, c’est qu’en parlant, on en dit parfois un peu trop et on se contredit. Panorama d’un joli catalogue de bourdes et d’approximations proférées en septembre..

La fausse gaffe de Lafite

C’est notre brillant énarque qui lance l’offensive, le 10 septembre dernier dans Sud Ouest. Tout le monde scrute son interview et se persuade que l’homme qui ne se trompe jamais vient de commettre une belle boulette. En effet, alors que François Amigorena a lancé un recours devant le tribunal administratif pour défaut d’information des élus lors du conseil municipal du 30 juillet, le premier adjoint, en réponse à la question de la journaliste Véronique Fourcade, reconnait que les éléments chiffrés sur l’Hôtel du Palais seront donnés aux élus « dans quelques jours » Ce qui veut dire qu’ils ne les ont jamais eus ! Et, pas gêné pour deux sous, il en profite pour glisser un demi-mensonge sur les membres du conseil d’administration « tenus à la confidentialité ». Le grand argentier de service ne craint pas les fuites puisque les membres du conseil d’administration, eux non plus, n’ont jamais eu les chiffres et que Veunac et Lafite décident seuls dans ce dossier !

En fait, Guy Lafite ne commet pas une gaffe, mais prend un risque calculé dans cet interview. Il donne en apparence du grain à moudre à la requête d’Amigorena, en confirmant ses dires, mais le temps de la Justice étant ce qu’il est, il sait que le contrat sera signé depuis longtemps le jour où le tribunal administratif donnera tort à la Ville. En revanche, lors de la réunion de majorité, plusieurs adjoints et en particulier Guillaume Barucq et Nathalie Motsch ont refusé de voter les yeux bandés et annoncé qu’ils continueraient à voter contre le projet tant qu’ils n’auraient pas les chiffres. Le rusé Guy Lafite leur offre donc une porte de sortie honorable s’ils votent pour. Ce sera, bien évidemment, parce que les chiffres les auront convaincus. A surveiller, lors du prochain conseil consacré au Palais, aux alentours du 15 octobre, même si Motsch et Barucq ne sont pas du genre à mordre à un appât aussi grossier.

 Veunac à la grosse caisse

10 jours plus tard, c’est Michel Veunac qui a droit à une double page dans Sud Ouest où il reprend avec tout autant de mauvaise foi, les arguments de son adjoint. Car entre temps, le 14 septembre, la très modérée Virginie Lannevère, spécialiste du risque financier pour les palaces et dénuée de toute ambition politique, a dit tout le mal qu’elle pensait du calendrier forcé que veut imposer la mairie.

Comme tous les mauvais comédiens, Veunac surjoue et, en toute maladresse cette fois, il lâche quelques énormités très révélatrices de sa stratégie de passage en force.

Les travaux ? Ils commenceront « le 20 octobre », décrète Michel-imperator, alors que de son aveu même, personne en dehors de lui et de Lafite n’a les chiffres. Et que la décision appartient au conseil municipal et à lui seul ! Et puis notre bon Michel, un peu vaniteux tout de même, n’hésite pas à mettre en avant ses « relations de proximité » avec le Président Macron. Franchement, Michel, on aimerait mieux que tu sois un peu plus distant avec Macron et que tu demandes à l’État de t’aider pour le G7, comme l’ont fait toutes les autres villes, au lieu de jouer les grands seigneurs avec l’argent des Biarrots. Elle va coûter cher aux contribuables, ton hypothétique investiture LREM pour 2020 !

Reste enfin le clou du spectacle et la désinvolture avec laquelle notre premier magistrat balaie d’un revers de manche une probable perte de chiffre d’affaires pour les commerçants biarrots : « La perte de chiffre d’affaires existera peut-être ponctuellement, mais la destination aura tout à y gagner sur le long terme. »

Rassurez-vous, mauvais esprits que vous êtes, les indemnités que touchent Veunac et Lafite ne seront pas impactées par le G7, c’est bien là l’essentiel.

Un agenda délibérément tarabiscoté

Vous imaginez les nuits que passe Michel Veunac en ce moment !  Il faut faire croire à l’investisseur que tout Biarritz est unanime pour ce projet d’endettement sur 75 ans, s’assurer que la majorité marche au pas, cajoler les opposants qui sont venus l’aider, vérifier que de nouvelles défections ne sont pas en train de s’opérer et atermoyer au maximum pour que plus personne ne puisse contrer les rêves de grandeur de Mimi-Imperator : Il le veut, il l’aura son beau G7 à lui tout seul et tant pis si les entrepreneurs sollicités se gavent en sachant que la mairie est coincée par le calendrier !

D’où ce grand n’importe quoi que vient d’annoncer la mairie :

– Le 28 septembre prochain, les élus seront invités à délibérer sur le confortement des falaises ou la vente de la villa Sion. Pas un mot sur le Palais. On ne va tout de même pas faire toute une histoire pour un emprunt de 70 millions sur 75 ans « qui engage, suivant les termes de Guillaume Barucq, douze futurs maires dont certains ne sont pas encore nés ». Pourquoi tremblez-vous, Biarrots ? Veunac sera encore maire en 2093 et il aura redressé de main de maître la situation financière de la Ville.

– Le 3 octobre, les élus risquent bien de repartir comme ils sont venus : Grosjean comme devant ! Pour les amuser lors de la Commission Générale prévue (un conseil municipal à huis-clos) ils pourront poser quelques questions aux invités du jour, les consultants de PWC, d’APCH ou à maître Laloum, mais ils n’auront pas un chiffre.

– Le 5 octobre, c’est promis-juré, tous les chiffres leur seront enfin communiqués. Lors de la réunion de majorité, un conseiller municipal a demandé « pourquoi les deux dates n’étaient pas inversées », afin que les conseilleurs municipaux puissent poser des questions en ayant eu connaissance des chiffres. « C’est comme ça ! » a hurlé le grand démocrate Veunac.

– Et pour finir l’enfumage, le conseil municipal consacré au Palais va se dérouler vers le 15 octobre, une poignée de jours avant le début des travaux programmés. Et il est facile d’imaginer les coups de violon qui vont être faits aux élus. Il est trop tard… Nous sommes coincés et obligés de démarrer les travaux maintenant… Les marchés sont déjà passés et Biarritz va perdre beaucoup d’argent si vous votez contre.

Avec leurs cachotteries et leurs mensonges, Veunac et Lafite ont délibérément envoyé toute l’équipe municipale dans le mur, pour imposer leur calendrier. Bisque, Bisque, Basque ! espère que lors de ce prochain conseil les votes auront lieu à main levée pour que les Biarrots sachent qui couvre les folies du maire et qui fait preuve de lucidité.

Quant à la démocratie dans tout cela, n’en parlons même pas. Bisque, Bisque, Basque !  qui continue à avoir de solides informateurs dans la place se fera donc un plaisir de vous raconter les coulisses des prochains jours, la Commission Générale et de rappeler quelques vérités bonnes à entendre sur le Palais juste avant le conseil décisif.

Parce que, comme pour la plage de Marbella, c’est maintenant qu’il faut combattre les folies municipales et arrêter ces décisions qui ne servent que les intérêts de quelques-uns.

Il rame, il rame, notre ami Saint-Cricq…

La Semaine du Pays basque vient de réussir un fort joli coup journalistique en faisant parler l’homme que tout le monde rêvait d’entendre depuis sa surprenante prise de position du 30 juillet dernier. Après les articles de Sud Ouest, après la conférence de presse de Brisson expliquant qu’il approuve les décisions de Veunac, l’offensive des « Alliés du Palais » se poursuit. Malheureusement si le Jean-Benoît Saint-Cricq glabre de 2017, souvent encensé sur ce blog, était très cohérent dans ses propos quand il annonçait que signer un bail emphytéotique c’était « prendre le risque de tout perdre », la version barbue 2018 Saint-Cricq 2.0 qui semble avoir laissé ses convictions à côté de son rasoir, peine à convaincre, rame et semble plus apte à disputer une régate de traînières qu’à faire basculer l’opinion.

C’est avec suavité que l’avocat biarrot qui nous a épaté pendant des années pour sa pugnacité d’opposant évoque son passé et l’époque où il souhaitait la vente des murs et du fonds de L’Hôtel du Palais : « Effectivement, je suis par philosophie un tenant de l’exploitation privée et des affaires commerciales et j’ai pu, courant 2016 et 2017, m’émouvoir de ce qui était envisagé » Que c’est joliment dit…

Et comme il faut donner un peu de cohérence à ce grand écart, Jean-Benoît Saint-Cricq livre au passage quelques chiffres qui laissent rêveurs. Pour financer les vacances des plus riches au Palais, les Biarrots ont contribué à hauteur de… 3 millions d’euros par an ! Et le même nous explique ensuite qu’en empruntant 70 millions d’euros pour faire des travaux, nous allons à l’avenir nous enrichir. Comprenne qui pourra !

Bon camarade, Jean-Benoît explique ensuite pourquoi le maire a failli être mis en minorité.

Ceux qui se sont opposés à ce merveilleux projet d’endettement pour 75 ans n’ont pas voulu faire de peine à Veunac mais ils ont juste « eu du mal à cerner des notions qu’ils ne maîtrisaient visiblement pas » car ils ne sont pas comme lui « un avocat spécialiste en droit immobilier rompu au droit des affaires »

Virginie Lannevère, Anne Pinatel, Nathalie Motsch, Guillaume Barucq et tous ceux qui ont voté contre apprécieront de voir leur compétence remise en cause par un ancien opposant qui trouve soudain tous les charmes à la majorité. De l’art de se faire des amis !

 

 

 

 

 

 

 

Mairie au bord de la crise de nerfs

Le prochain conseil municipal s’annonce crucial avec le vote du contrat de gestion pour l’Hôtel du Palais. En attendant, Veunac insulte ses adjoints, trépigne, mais se garde bien de communiquer le moindre chiffre à son équipe.

C’est Guillaume Barucq qui résume le mieux ce surréaliste conseil municipal du 30 juillet dernier : « Avec mon groupe, nous avons beaucoup réfléchi avant de prendre la décision de voter contre la signature d’un bail emphytéotique de 75 ans en faveur de la Socomix. Et naturellement, nous avons regardé tout ce qu’avait dit et écrit Jean-Benoît Saint-Cricq en 2017 sur L’Hôtel du Palais. Toute son argumentation sur les risques que cette décision fait courir à la Ville était très cohérente et pertinente. En votant contre la signature de ce bail, nous ne nous attendions vraiment pas à retrouver Saint-Cricq dans le camp du maire ».

Interrogés par Bisque, Bisque, Basque ! plusieurs journalistes politiques confirment que Biarritz est une ville à part politiquement. « Le changement de camp est monnaie courante en politique. Mais voir les opposants de deux listes du premier tour (NDLR : Saint-Cricq mais aussi Domège, Puyau et probablement Darrigade) voter sans complexe en faveur du maire, je crois que c’est de l’inédit en France, commente ce journaliste du « Canard enchaîné ». Est-ce qu’ils ont cru que leur ralliement allait passer inaperçu un 30 juillet ? On peut imaginer que des promesses ont été faites, car le bon goût pour l’opposition dans une situation comme celle-là où le maire va être mis en minorité par sa propre majorité, c’est a minima de s’abstenir ».

Cet ancien et aimable confrère s’il connaît parfaitement le dicton voulant que « les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient », n’a jamais eu l’occasion de croiser Veunac et de découvrir son sens de la survie. Mettez-le maire de Biarritz avec son conseil municipal dans une île déserte, façon Koh-Lanta, ne laissez qu’une seule noix de coco et vous pouvez être tranquille, elle sera pour lui !

Récit d’un mois d’août terrible où les vacances des conseillers municipaux n’ont pas été tout à fait paisibles.

RÉUNION D’ADJOINTS OU BATAILLE DE COUR D’ÉCOLE ?

Ulcéré par cette victoire à la Pyrrhus 18 voix à 17 qui montre qu’il ne maîtrise plus sa majorité, Veunac décide de convoquer trois jours après le conseil du 30 juillet une réunion d’adjoints. Sans ordre du jour annoncé. Pendant trente secondes environ, Veunac semble calme avant d’exploser aux premières questions : « On n’est pas là pour parler du fond mais de la forme ! » Visiblement, endetter la Ville pour 75 ans n’a rien de grave, mais s’élever contre une décision du maire est un pur scandale. Et les mots doux de voler à l’adresse des supposés félons, Barucq, Motsch et Mimiague, même si cette dernière est absente. « Affaire déloyale… Complot… Coup de poignard à la majorité ». Un participant confie son trouble : « Cette réunion a été d’une violence inouïe. Barucq et Motsch se sont bien défendus et ont argumenté. Ils ont prouvé qu’ils avaient du caractère et méritaient d’être écoutés, mais Veunac était hors de lui. Nous nous sommes rendus compte, lors de cette réunion d’adjoints, que personne n’avait eu le moindre chiffre, la moindre information et qu’on nous a demandés comme l’a courageusement affirmé Madame Motsch de « voter les yeux bandés » sans savoir qui sont les prêteurs, quelles sont les garanties, ou le business-plan. C’est de la folie. »

L’engueulade ou plutôt la bataille de cour d’école va durer près de quatre-vingt dix minutes, sans que jamais le moindre élément d’information ne soit communiqué. Au nom de la discipline de majorité, Veunac ne veut voir qu’une tête et tout le monde doit voter sans comprendre. Si Ghislaine Haye et Patrick Destizon se montrent modérés vis-à-vis de Barucq et Motsch et défendent le pluralisme d’opinion, les autres se déchaînent contre les « traîtres », en particulier Jocelyne Castaignède, Michel Poueyts et Peio Claverie.

« Je me sens particulièrement mal à l’aise, reconnaît l’adjoint qui se confie à Bisque, Bisque, Basque ! Les propos tenus par Lafite et Veunac à l’encontre de Madame Motsch relèvent souvent du sexisme absolu. Veunac s’est permis de parler de « ses ambitions ridicules » et Lafite d’affirmer qu’on ne lui avait pas communiqué les éléments car elle ne les aurait pas compris. Le mépris n’est pas l’idée que je me fais du fonctionnement d’une majorité ».

Tout le monde sort consterné de cette réunion tant le capitaine du navire municipal semble incapable de maîtriser le gros temps.

REDISTRIBUTION TOTALE DES CARTES

Si Veunac n’est pas réélu en 2020 ou si, frappé d’une soudaine crise de lucidité, il décidait de ne pas se représenter, c’est au début du mois d’août 2018 qu’il faudra situer le grand tournant du mandat. Oubliées la majorité et l’opposition avec ce vote où Veunac a voulu forcer le destin et abattu ses cartes beaucoup plus tôt que prévu ! Nombre d’élus sont sortis écoeurés de cette séquence et ont désormais l’impression d’un fossé infranchissable entre la « vieille politique » où tous les coups fourrés sont bons et où les ennemis d’hier deviennent les alliés de demain et une « jeune politique », plus morale, qui se refuse à faire n’importe quoi et à aller contre les intérêts des Biarrots. Des élus qui ne se connaissaient pas ou à peine se parlent désormais et estiment qu’il est urgent de s’unir et de mettre fin à des pratiques déshonorantes. Plusieurs membres de la majorité municipale, même s’ils sont conscients des pressions qu’ils vont subir, envisagent sérieusement de démissionner lors du prochain conseil.

Détail qui ne trompe pas : pour la deuxième fois après l’affaire Bigueyrie, Veunac évoque devant son entourage l’idée de ne pas se représenter en 2020. Coquetterie de vieux politicien qui veut être rassuré (« Michel, t’es le meilleur ! ») et qui n’a pas la moindre envie de renoncer aux avantages dont il bénéficie depuis 2014 ? Sans doute ! Mais Veunac est suffisamment lucide pour savoir que le prochain conseil municipal, avec le vote du contrat de gestion, est loin d’être gagné. L’atmosphère de fin de règne à la mairie est évidente et la petite et de plus en plus mince poignée de fidèles autour de Veunac, passe son temps à compter et recompter les votes possibles de chaque conseiller, à les harceler au téléphone et à envisager les représailles possibles pour les faire changer d’avis en cas de vote défavorable. Quand on vous disait que l’équipe municipale n’a pas passé de bonnes vacances…

LE RECOURS D’AMIGORENA SÈME LA PANIQUE CHEZ HYATT

Les hommes d’affaires comme les banquiers, adorent cultiver la discrétion pour mieux prospérer dans la soie. Le recours au préfet, émis par François Amigorena, pour défaut d’information lors de cette délibération semble tout à fait fondé juridiquement. Et inquiète à juste titre les juristes de la mairie.

En attendant le résultat de cette controverse municipale, l’heureux pressenti pour reprendre les rênes de L’Hôtel du Palais, le consortium américain Hyatt, commence à se demander dans quel palace il vient de se fourrer. Manifestement la lune de miel avec la mairie de Biarritz n’est plus que de l’histoire ancienne et l’enthousiasme actuel pour convoler en justes noces serait des plus modérés. Le groupe Hyatt, sachant qu’il est seul en lice depuis le départ de Four Seasons, devrait donc faire une offre très modique et guère satisfaisante pour la Ville, sachant que le maire est totalement coincé par le calendrier puisqu’il veut un beau Palais tout neuf pour le prochain G7. Pour être bien vu de Macron et, éventuellement, décrocher une investiture LREM aux prochaines municipales, que ne ferait-on pas !

Même manque d’enthousiasme, selon nos informations, du côté des banques qui trouvent le montage financier particulièrement téméraire. Selon nos informations, la Caisse des Dépôts, ne serait pas de la partie et seul le Crédit Agricole, fraîchement réconcilié avec Veunac depuis que la banque a obtenu sans même déposer de dossier à l’Urbanisme l’autorisation de construire à la place de l’ancien garage Honda, participerait encore à la partie sans beaucoup d’enthousiasme.

VEUNAC REGRETTE SON MINITEL

Les emmerdes volant en escadrille, comme aimait à le dire Jacques Chirac, Michel Veunac qui avait voulu faire « d’jeune » en 2014, en ouvrant une page Facebook où il ne mettait plus jamais le nez depuis son élection, vient de découvrir qu’il s’est fait pirater par des petits malins (Sud Ouest, 25/8). Compatissant, Bisque, Bisque, Basque !  est prêt à lui prêter son vieux minitel avec qui le maire se sent manifestement beaucoup plus à l’aise, pour qu’il puisse s’exprimer à nouveau. Après Lafite qui s’était fait piquer son compte Twitter, il ne fait désormais aucun doute que nous avons des champions du numérique à la tête de la Ville.

Plus sérieusement, ce sont les perspectives de nouvelles démissions de membres de la majorité municipale qui inquiètent fortement la garde rapprochée du maire. Peu après le conseil municipal du 30 juillet, Veunac avait décidé, lors du prochain conseil, de retirer leurs délégations à Motsch, Barucq et Mimiague, coupables d’avoir réfléchi par eux-mêmes au lieu de marcher dans les pas du Premier magistrat. Problème, Veunac n’a même plus assez de fidèles à disposition pour occuper tous les postes d’adjoints. Le maire qui ose tout ira-t-il jusqu’à offrir un strapontin aux bons opposants qui l’ont suivi sur ce dossier ? Les paris sont ouverts !

LAFITE COMPLIQUE LE JEU

(Photo Sud Ouest)

S’il est un bon conseil que Bisque, Bisque, Basque ! peut se permettre de donner à Guy et Anne Lafite, c’est de se mettre d’accord sur une version avant d’aller papoter à Biarritz avec les amis. L’affaire paraissait entendue : le brillant argentier municipal ne se représenterait pas en 2020, car sa femme Anne le menaçait de divorce s’il continuait la politique. Mais Anne Lafite, depuis qu’elle a tenu Macron dans ses bras le 15 août 2017 à L’Hôtel du Palais, semble de plus en plus apprécier les fastes de la vie municipale. La menace à l’égard de son mari ne semble plus tout à fait d’actualité.

Pendant ce temps, Guy, l’homme qui ne se trompe jamais, parcourt les rues et s’épanche auprès de ses copains (ou ceux qu’il perçoit comme tels) : « Veunac fait conneries sur conneries. Si je n’étais pas là pour rattraper ses boulettes, je ne sais pas où en serait la Ville ». Sortez vos mouchoirs !

Le hic, c’est que son épouse ne dit pas tout à fait la même chose comme ont pu le vérifier tous ceux qui ont été invités à L’Hôtel du Palais pour le feu d’artifice du 15 août : « Guy va se présenter aux côtés de Michel en 2020. Mon mari a compris qu’il ne serait jamais élu maire de Biarritz, car il est trop à gauche pour les Biarrots ».

Personne n’avait vraiment remarqué le gauchisme de Lafite ni ne l’avait imaginé sur une barricade ou en train de charger les CRS, mais puisque Madame le dit.

Selon des proches du couple, le ralliement à Veunac du Premier adjoint se serait négocié contre la présidence de la Socomix en 2020. On comprend mieux l’enthousiasme des élites dirigeantes de la Ville à refaire un Palais tout neuf aux frais des Biarrots !

Le problème, c’est que ce ralliement n’arrange pas du tout les affaires de Veunac qui s’était promis de se débarrasser de son donneur de leçons favori pour 2020, considérant qu’il ne pèse rien politiquement. Et qui, emporté par l’enthousiasme, avait fait miroiter un poste de premier adjoint à quelque membre de l’opposition fraîchement converti à ses vues.

Difficile de rétrograder un premier adjoint au poste de deuxième adjoint en 2020 et délicat, en ces temps périlleux pour la majorité municipale, d’énerver des alliés de circonstance dont on ne saurait se passer.

Alors vous qui rentrez de vacances, apaisés et détendus, si vous avez une boîte d’aspirine en trop dans votre armoire à pharmacie, n’hésitez pas à la faire parvenir à la mairie. Ils en ont tous bien besoin actuellement !

Nathalie Motsch punie de télé

Fort courageusement l’adjointe à l’Urbanisme a pris clairement position contre le projet du maire le 30 juillet dernier. Malgré des représailles qui durent depuis l’affaire Bigueyrie, où le maire était seul responsable du fiasco. Alors qu’elle avait longuement travaillé sur la stratégie du trait de côte avec le conseil régional, Nathalie Motsch a failli tomber de sa chaise en découvrant mardi dernier l’émission de France 5 « Pays basque : Péril en la demeure ». De Hendaye à Anglet, ce sont des élus pour cette émission tournée il y a plusieurs semaines qui répondent aux questions des journalistes, mais personne n’a daigné informer l’adjointe à l’Urbanisme de ce reportage. « Décision du maire », soupire un fonctionnaire municipal. À la place de Nathalie Motsch, que Veunac a promis de « tuer politiquement », c’est donc Bernard Touret, fonctionnaire responsable de l’urbanisme qui parle sans en avoir référé à sa responsable politique. Démonstration, une nouvelle fois, que plus rien ne fonctionne à la tête de la Ville !

 

 

Rupture de jeunes

Grâce à d’étranges retournements de veste dans l’opposition, l’avenir de Biarritz vient d’être assombri pour… 75 ans ! Heureusement la jeune garde politique a montré plus de dignité que les anciens.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après tout, on ne voit pas pourquoi le Jean-Benoît Saint-Cricq barbu qui s’est présenté au conseil municipal le 30 juillet 2018, une date parfaite pour planquer une forfaiture absolue sous le tapis, aurait quoi que ce soit à voir avec le Saint-Cricq Jean-Benoît, glabre et combatif qui le 14 juillet 2017 estimait dans ce blog que « la vente des murs et du fonds de L’Hôtel du Palais semble la plus raisonnable » plutôt que « d’emprunter de 50 à 70 millions (Via la Socomix) faire les travaux et risquer de tout perdre dans un dépôt de bilan ». Et pour que le changement de look et de rôle soit bien clair, le brillant avocat est devenu une sorte de maître de cérémonie lors de cet étrange conseil, encensant l’idée de donner l’Hôtel du Palais à la Socomix via un bail emphytéotique de 75 ans, défendant bec et ongles Michel Veunac et tartinant du vernis juridique à chaque fois que celui-ci s’est retrouvé en difficulté, c’est-à-dire à peu près tout le temps.

https://jeanyvesviollier.com/2017/07/14/hotel-du-palais-saint-cricq-a-les-idees-claires/

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et pour une fois, l’adepte du « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », Guillaume Barucq sort la panoplie de guerrier pour dénoncer cette décision scandaleuse qui plombe durablement l’avenir des Biarrots pour « une durée astronomique qui engagera les douze maires à venir dont certains ne sont pas encore nés ». Et l’élu, très brillant lundi soir, de rappeler que L’Hôtel du Palais acheté pour 120 millions de Francs en 1955 vaut, si l’on actualise la somme, 261 millions d’euros et qu’on ne peut continuer de mener « une vie à crédit » pour L’Hôtel du Palais alors que le réseau d’assainissement, vétuste et dépassé et source de pollution régulière de l’océan aura « un siècle en 2022 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. L’adjointe à l’urbanisme Nathalie Motsch enfonce le clou au terme d’une charge dévastatrice et édifiante. La Ville s’apprête à louer « une pépite de 16776 mètres carrés, vue mer imprenable et on lâche le tout pour la somme ridicule de 920 000 euros annuels ». Tandis que la Socomix, qui ne possède rien, se lance dans un emprunt de 64 millions d’euros (qui finiront à cent millions, on prend les paris !) pour mettre aux normes le palace. Poursuivant sa démonstration, l’adjointe calcule qu’on loue ce bien exceptionnel « au prix de 4,57 le mètre carré mensuel » alors que le moindre logement, forcément plus ordinaire, dans ce quartier se loue 80 euros le mètre carré. Avant de s’interroger : « Où est l’intérêt de la Ville financièrement ? Je cherche mais ne trouve pas » Et de conclure, tandis que Veunac se tortille sur sa chaise : « Je ne verserai pas dans un Bigueyrie 2 ».

 

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Après l’acte d’allégeance de Saint-Cricq, Frédéric Domège et Alain Puyau se sentent obligés à leur tour d’encenser ce projet de fou furieux, justifiant toutes les rumeurs qui annoncent qu’un accord électoral a déjà été trouvé pour 2020 et que Veunac, Saint-Cricq et Brisson feraient aventure commune.

Heureusement pour les Biarrots, certains opposants comme François Amigorena, Maïder Arosteguy et Richard Tardits démontrent l’inanité de cette décision. Des élus de la majorité, refusant de se comporter en godillots, se joignent à eux et redonnent eux aussi leurs lettres de noblesse à la politique. Virginie Lannevère, Anne Pinatel, Hervé Boissier font preuve de beaucoup de courage en expliquant qu’il n’est pas possible de voter une décision aussi lourde sans disposer du moindre chiffre précis et soulignent que la décision de démarrer les travaux le 18 octobre, G7 oblige, va faire de nous les proies idéales des entrepreneurs qui vont nous faire payer au prix fort notre précipitation.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et c’est pour cette raison que Bisque, Bisque, Basque ! qui avait prévu de garder les doigts de pied en éventail quelques mois, s’offre cette rupture de jeûne médiatique. Michel Veunac étant à l’évidence le plus grand accident industriel jamais vécu par Biarritz, le passionné de vie publique doit à un moment ne plus se soucier de sa santé personnelle et se décider au combat. D’autant plus que ce n’est pas dans Sud Ouest que vous trouverez le récit des coulisses de ce conseil municipal surréaliste qui a vu finalement la victoire par 18 voix contre 17 du projet Veunac. À 20h15, ce lundi, peu avant le vote à bulletins secrets, un des conseillers politiques de Veunac, qui adore se parer des atours de La Marquise, avait fait le compte des voix et l’annonçait perdant. Mais quand il y va de sa survie politique, Veunac fait le job. Coups de fils d’intimidation tout l’après-midi, poursuite jusque dans les toilettes des récalcitrants, admonestation de tous. C’est ainsi que Sylvie Claracq, totalement rétive à cet engagement pour 75 ans, aurait été malmenée par Veunac au point de modifier son vote au dernier moment, selon des sources de la majorité qui affirme qu’elle en aurait pleuré.

Autre anecdote édifiante au sujet de Frédéric Domège, qui appelle, peu avant le conseil pour dire qu’il sera en retard car il n’a pas fini avec ses patients. « Hors de question, lui rétorque Veunac. Tes patients on s’en fout ! » Deux heures plus tard, Domège lève la main en plein conseil pour demander à intervenir « car des patients l’attendent » Et notre bon Mimi, tout miel, de décréter : « Ah oui, les malades, c’est important »

Voilà à quel degré zéro de la vie municipale on en est et pourquoi Bisque Bisque Basque ! va modérément reprendre un peu de service.

Enfin, il y a les imbéciles qui ne changeront jamais d’avis, et l’on passera sous silence les pitoyables et courtisanesques interventions des Destizon, Poueyts ou Louis Vial qui depuis qu’il a obtenu son titre d’adjoint ne mord plus la main qui l’a nourri. A la sortie du conseil, alors qu’une spectatrice prenait à parti un Jean-Benoît Saint-Cricq un peu gêné aux entournures, Jacques Pons de Radio France photographiait ce moment de complicité entre les deux conspirateurs de la soirée. Michel Veunac, qui rêve pour 2020 d’avoir l’investiture La République en Marche est bien décidé à cajoler Macron dans le sens du poil lors du G7 et se moque éperdument de savoir s’il va ruiner les Biarrots avec cette décision. Mais cette victoire du maire pourrait bien être une victoire à la Pyrrhus.

D’abord le courage et la fermeté de tous ceux qui au sein de la majorité se sont opposés à sa décision ont obligé tous les protagonistes du pacte électoral qui se dessine à sortir du bois beaucoup plus tôt que prévu. Ensuite, on a assisté à une rupture entre les pratiques de la vieille politique politicienne où l’on habille de grands mots les petits intérêts personnels et les stratégies pour se maintenir à son poste, et une relève responsable qui croit aux idées, a envie de faire de la politique autrement et se soucie des intérêts des Biarrots.

Auréolé par le prestige du G7, un ticket Veunac, Saint-Cricq, Brisson sera difficile à battre en 2020, si les copains du jour sont encore les coquins de demain, mais la rupture de jeunes, cette ligne de fracture très nette entre les sexagénaires et les quadragénaires, laisse quelques espoirs.

Si les jeunes talents de demain, dont Biarritz a bien besoin, les Amigorena, Chazouillères, Barucq, Motsch, Pinatel, Lannevère, mais aussi Darrigade, Tardits ou Arosteguy, sont capables de laisser leurs egos de côté, d’oublier leurs désirs d’être têtes de liste pour s’unir dans un projet commun de salut public face au pire maire jamais connu à Biarritz, alors oui un espoir est possible.

Lundi soir, tous les protagonistes étaient d’accord pour estimer que ce conseil municipal était le plus important de la mandature.

Avec sa décision qui obère l’avenir de Biarritz, Veunac a commis un authentique crime contre la communauté. Passez-vous en boucle ce conseil, écoutez, notez et décidez-vous à effectuer un grand coup de balai de tous ces politiciens opportunistes qui n’ont plus leur place qu’à la maison de retraite.

I.- Entre Groland et la Corée du Nord

Édifiant sur la gouvernance Veunac, le dernier conseil municipal, avec une opposition pugnace et la parole libérée des « dissidents » Amigorena et Chazouillères, mérite vraiment d’être écouté…

Virginie Lannevère n’a pas l’habitude de parler pour ne rien dire. Elle l’a démontré, jeudi dernier.

L’ambiance est si chaude en ce soir de conseil, que pour un peu on se croirait au stade Aguilera, un jour de derby entre le Biarritz Olympique et l’Aviron. Avec une grosse surprise d’entrée dans la composition des équipes. Le nouvel adjoint Louis Vial est obligé de se séparer de son pote Boissier et se retrouve coincé dans le pack des gros – ça lui apprendra ! – entre Destizon et Claverie. Quant aux deux trublions Amigorena et Chazouillères, les voilà exilés à l’aile, là où sévissait l’opposition de gauche sous Borotra.

http://ville.biarritz.fr/mairie-pratique/le-conseil-municipal/videos-deliberations/

Et pour reprendre la tradition du derby, le match commence très fort avec une belle « soupe de phalanges », comme les rugbymen qualifient les bagarres, dès la 9e minute. À l’origine de cette mémorable générale, la très discrète Virginie Lannevère qui n’a guère l’habitude de parler pour ne rien dire. Outrée par l’éviction probable de la Socomix des deux adjoints dissidents, Madame Lannevère rappelle qu’elle a passé « neuf années de sa vie à analyser le risque d’un investissement hôtelier » et estime qu’on ne peut « limiter ce débat à une vision binaire et uniquement politique. L’efficacité voudrait qu’on laisse ces deux administrateurs en place. ».  Naïve Virginie, qui s’imagine que l’intérêt des Biarrots doit passer avant l’ego du maire ! La conseillère municipale de la majorité s’interroge aussi sur « des prises de décision questionnables ». Affirmant très calmement que « ce serait une erreur d’interpréter ma parole de façon politique », Madame Lannevère rappelle qu’il était « déraisonnable de rejeter Four Seasons en hystérisant son risque ». N’ayant visiblement pas compris que l’omniscient Veunac a toujours raison et que les études de sociologie mènent à tout à condition d’en sortir, cette impertinente va même jusqu’à demander « un débat en interne » sur L’Hôtel du Palais. Michel Veunac promet et Madame Lannevère persifle : « Il faut donc demander en public pour que ça passe ? »

Ballon sous le bras, Laurent Ortiz fonce ensuite dans le tas pour défendre les deux réprouvés, « On a besoin de toutes les compétences » avant de faire une passe plein champ à Anne Pinatel qui parachève le travail : « Notre casquette d’élus nous a gênés dans notre mandat d’administrateur, L’entreprise Hôtel du Palais n’a que faire de nos règlements de comptes politiques ».

Ce n’est visiblement pas l’avis de Veunac qui fait donner sa garde rapprochée et met le feu au terrain après avoir rappelé les brillants résultats financiers du palace, cette saison. (Une affirmation que l’opposition se fera un plaisir de contrer en rappelant que la redevance reversée aux Biarrots est le dixième de ce qu’elle devrait être). Manque de sens politique ou duplicité extrême, Barucq fait du Barucq, genre bon copain un peu fayoteur : « François, Édouard, vous avez décidé de vous mettre en marge en ne votant pas le budget » avant de reconnaître qu’au vu des décisions importantes à prendre, cette éviction tombe mal car « le timing est mauvais ». Comprenne qui pourra.

Hystérique, Nathalie Motsch, qui a sans doute beaucoup à se faire pardonner, prend le relais : « Quand on est dans une équipe, on y reste et on fait le job. Mon cher Édouard, vous êtes un adjoint qui parle beaucoup mais qui ne fait pas ». Gloussements dans la salle. C’est pourtant elle que les services surnomment « L’éolienne », et non le « cher Édouard ».

L’échappée belle d’Amigorena et Chazouillères

BIarritz vient de découvrir deux voix libérées de plus. Chazouillères et Amigorena se sont montrés très lucides sur le système Veunac.

Heureusement après cette furieuse mêlée, et comme souvent au rugby, le vieil adage « Balle à l’aile, la vie est belle ! » va être vérifié avec les paroles totalement libérées de Chazouillères et Amigorena. Écoutez bien les Biarrots, vous allez en apprendre de belles sur la gouvernance de Kim Jong Veunac (33e minute).

Toujours calme et pondéré, Chazouillères fait mouche : « La décision de nous évincer est une décision qui m’apparaît injuste, quand on considère notre implication et notre assiduité aux conseils d’administration du Palais depuis quatre ans, implication et assiduité qui ne sont, semble-t-il, pas partagées par tous les élus de cette assemblée si l’on en croit les comptes-rendus d’autres conseils, conseils d’agglomération par exemple. Mais surtout c’est une décision qui me semble hors sujet, absurde. »

Tandis que Nathalie Motsch s’étrangle (Pas de chance pour elle, les Biarrots ont tous vu la « débordée » Nathalie soignant son bronzage du côté de la Chambre d’amour peu avant le conseil !), Édouard Chazouillères, qui a décidément de bonnes lectures, poursuit : « Vous considérez, constituez et manœuvrez le conseil d’administration de l’entreprise de l’Hôtel du palais comme vous considérez, constituez et manœuvrez votre majorité au conseil municipal. C’est à dire : « Je ne veux voir aucune tête qui dépasse, aucune contestation, aucune idée qui vienne contredire mon idée ». À ce titre, je vous rappellerai cette phrase que j’ai déjà exprimée ici lors d’un autre débat, cette phrase de votre très cher François Bayrou mais que vous avez tant de mal à vous appliquer : « Quand on commence à penser tous la même chose, c’est que l’on ne pense plus rien ! ».

Après avoir accusé Veunac d’être dans une stratégie électorale pour 2020 (Comme si c’était possible !) Chazouillères franchit la ligne d’avantage et détaille la partie de poker à 50 millions d’euros conduite par Veunac : « Puisque la fin justifie les moyens, on ferme les yeux sur le déclassement en cours de l’hôtel, on qualifie l’offre de Hyatt avec une méthodologie et des critères de choix avec lesquels l’enseigne Four Seasons que vous avez rejetée aurait été qualifié haut la main, on prend des engagements avec l’enseigne Hyatt, avec les entreprises de travaux voire avec des banques choisies. Bref on fait de la cavalerie… qui est interdite dans le monde économique, mais heureusement qui n’est pas interdite dans le monde politique… »

Ce n’est pas grave, une fois de plus à Groland-Biarritz, ce sont les contribuables qui paieront.

« Il faut vendre Le Palais ! »

Même rage contenue chez François Amigorena : « Cette délibération est tristement emblématique de votre manière habituelle de faire. Où est la vision pour Biarritz ? Où est le souci de l’intérêt général ? Où est l’impératif d’efficacité que nous devons aux salariés de l’Hôtel du Palais et aux Biarrots ? Où est la compréhension de ce qu’est la vie d’une entreprise ? Car l’Hôtel du Palais est une entreprise et devrait être gérée comme telle. » Membre du conseil d’administration de la Socomix, François Amigorena, tout comme Edouard Chazouillères a pu admirer de près la « méthode » Veunac et pense qu’il faut vendre le palace pour s’éviter d’ultérieurs déboires. « La Ville de Biarritz est véritablement le pire actionnaire que cet hôtel puisse avoir. Il est grand temps de briser les tabous d’un autre temps et de mettre en débat la solution que vous avez toujours refusée de considérer, de la manière la plus arbitraire qui soit : la vente de cet hôtel. » Soudain, la salle se tait.

« Pourquoi vendre cet hôtel ? Au moins pour trois raisons. Tout d’abord, parce qu’héberger des clients fortunés pour leurs vacances n’est absolument pas une mission de service public. Cet hôtel est structurellement déficitaire depuis des dizaines d’années et l’argent des contribuables biarrots serait bien mieux employé ailleurs. Ensuite, parce que le produit de cette vente donnerait à Biarritz la possibilité de se désendetter massivement et de se doter d’une capacité d’investissement qui nous permettrait de transformer et d’embellir cette ville au bénéfice de tous ses habitants, sans aucun recours à l’impôt. Enfin parce que, contrairement à certaines craintes – légitimes – parfois exprimées, des solutions juridiques existent pour garantir que, même vendu, cet hôtel reste un hôtel et un vecteur majeur de l’attractivité touristique de Biarritz. Voilà le véritable débat mes chers collègues, celui que nous devrions avoir tous ensemble, plutôt que d’avoir à nous prononcer sur cette délibération mesquine à laquelle bien sûr je ne participerai pas. »

« J’ai honte de ce que je viens de voir »

Et l’opposition ? Imaginez un match de rugby où une équipe privée de ballon voit son adversaire s’étriper sur le pré et multiplier les bagarres générales entre joueurs portant le même maillot. L’ex trois-quarts centre puciste, Frédéric Domège, est le premier à exploser après presque une heure de jeu. Déjà cité comme exemple par la majorité, car il veille soigneusement aux intérêts de la Ville au sein du conseil d’administration de la Socomix même s’il est membre de l’opposition, Domège remet le ballon au centre du terrain : « Les Biarrots n’en ont rien à faire de vos histoires de majorité ». Maïder Arosteguy est tout aussi remontée : « Si mon collègue ne m’avait pas retenue, je partais. J’ai honte de ce que je viens de voir ». Heureusement l’opposition aura longuement l’occasion de s’exprimer, une heure plus tard, sur la nouvelle politique de stationnement et la pitoyable politique du maire.

Le Palais est sauvé, Destizon est arrivé….

En attendant Veunac, qui a sans doute fait sienne la devise de Chirac, « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre », ne daigne même pas répondre aux salves qui fusent de toutes parts et conclut, impavide, les interventions musclées de ceux qui le combattent par un « Merci, cher collègue » avant de passer la parole à un de ses coupeurs de citrons de la majorité, que ce soit Lafite, Claverie ou Destizon.

Dans ces conditions, la nouvelle attribution des postes est presque une formalité, puisque, entre godillots et flagorneurs, la majorité municipale conserve encore une toute petite avance. En avant donc pour Vial et Mimiague au Siazim, Pour Lafite et la surmenée Motsch à l’EPIC tourisme, pour Bonnamy à Biarritz Océan, pour la transparente Ricord au Palais. Et puis comme dans le Destizon tout est bon, il fera lui aussi un très bon administrateur du Palais.

Plus mal élu de tous, il poussera le ridicule jusqu’à remercier ses « chers collègues ».  Arrête, Patrick, tu vas te faire un tour de reins à force de te prosterner !

À suivre : II.- Veunac stationne et papillonne