« Quelqu’un de chez nous »

La candidature du ministre de l’Agriculture fait enrager tous ceux qui ne voient pas plus loin que leur chauvinisme.

La Une de Sud Ouest du 10 décembre.

Sauf à avoir vécu depuis le jour de sa naissance dans son village natal, on a tous pratiqué le parachutisme à un moment ou l’autre de son existence que ce soit pour des raisons scolaires, professionnelles ou électorales. Merci donc a tous ceux qui m’ont copieusement insulté après la publication de « Guillaume pose ses couilles sur la table » avec des attaques qui volaient parfois… en dessous de la ceinture. Je leur dois un délicieux dimanche, tellement leur colère et la faiblesse de leur argumentation m’ont fait rire et rappelé ces matches de rugby disputés en terre adverse où le public me sifflait pour quelques marrons distribués et sublimait complètement le joueur médiocre que j’étais.

Pour principal exemple, ce général local, bon copain de surcroît, qui s’est efforcé de faire coup double en un seul SMS, histoire d’économiser les cartouches, m’alignant et alignant le directeur de La Semaine en ayant visiblement complètement oublié comment doit fonctionner  la presse d’opinion. Mais peut-être a-t-il tout simplement peur que son épouse  ne soit pas réélue avec la nouvelle carte électorale qui se dessine ?

Non, Bisque, Bisque, Basque !, pas plus qu’il n’a été auparavant celui de Nathalie Motsch, n’est devenu le porte-parole de Didier Guillaume en affirmant que la candidature du ministre de l’Agriculture changeait complètement la donne et faisait bouger les lignes. Mais j’ai bien conscience qu’avec mon général favori, un mot de plus et c’était la corvée de bois. À quoi tient un destin !

Saga vendéenne

Et tout d’abord pour clôturer ce débat que je trouve totalement scandaleux sur les « purs Biarrots », les « à peu près Biarrots » et les « pas du tout Biarrots », discours que je récuserai toujours car on voit où il peut nous conduire au niveau national, quelques bribes de mon histoire familiale.

En 1954, ma famille labourait encore la terre avec des boeufs.

En 1932 mon grand-père,  alors âgé de vingt-cinq ans, n’arrivant plus à vivre de la minuscule ferme familiale héritée de ses parents qu’il cultivait avec son jeune frère en Vendée du côté de Bourg-sous-La-Roche, décide de tout vendre et de reprendre comme métayer une ferme abandonnée depuis trente ans, juste à côté de Saintes, à La Chapelle-des-Pots. Les deux frères, mais aussi ma grand-mère, ses parents et beaux-parents feront à pied les 140 kilomètres qui séparent les deux communes avec les six vaches qui étaient leur seule fortune. Dormant dans les fossés, laissant au bétail le temps de paître, ma famille mettra une semaine pour accomplir ce périple et arriver dans un village beaucoup plus riche que le sien où elle se fera traiter de « Ventrachoux », le surnom aimable que les Charentais donnaient aux Vendéens. Malgré cela ma famille fera petit à petit sa place au soleil, avec mon grand-père qui sera remobilisé pendant la guerre et obtiendra en tant que sergent-chef plusieurs citations pour faits de bravoure. Il me semble même qu’il était croix de guerre, mais les breloques ne nous intéressant guère dans la famille, j’ai trop peur de mon général favori pour l’affirmer.

Conseiller municipal à la Libération, il deviendra premier adjoint pendant deux mandats  et, au moment où le maire à qui il est resté fidèle jusqu’au bout  passera la main (Voilà qui nous change de Biarritz !), il postulera pour l’écharpe tricolore.

Élu en  1965 maire de sa commune sur un score étriqué, trente-deux ans après son arrivée dans ce village charentais, il racontera jusqu’à sa mort combien il avait été blessé par les propos de bons copains qui lui avaient affirmé pendant la campagne électorale : « Auguste, on ne peut pas voter pour toi. Tu es un migrant ».

Pour toutes ces raisons, et vous pouvez bien tempêter et tambouriner autant que vous voulez, je ne reprocherai jamais à Didier Guillaume ses origines, car la question qui m’importe est de savoir s’il est un bon maire potentiel pour Biarritz. Sachant que si j’estime qu’il est nul, je l’écrirai aussi sans le moindre état d’âme. Pour ma part, résidant depuis quinze ans à Biarritz, je me considère toujours comme un invité du Pays basque, ce qui ne m’empêche, comme la loi m’y autorise et comme doivent le faire les journalistes d’opinion, à donner haut et fort mon avis. Sachant qu’un non-parachuté qui n’a jamais rien vu, rien vécu et n’a jamais quitté son village ne me paraît pas plus attirant qu’un parachuté plein d’envie.

Voici donc, par « quelqu’un qui n’est pas de chez nous », mais qui professionnellement a vécu nombre d’élections, ma lecture de la partie électorale qui est en train de se jouer.

Le G7 a tout faussé

Se déclarer candidat avant ou après le G7 ? Seule Maïder Arostéguy s’est lancée dès juin et a eu un peu de temps pour ratisser la Ville. Pour tous les autres qui sont partis après le G7, il était difficile de prévoir qu’ils allaient se retrouver au centre d’une « drôle de guerre » ne leur laissant que peu de visibilité. En effet, avec le sens de la manoeuvre consommé qu’on lui connaît, Veunac a mobilisé l’attention de tous en faisant semblant d’hésiter (Certains dans ce blog m’ont parié jusqu’à 100 euros qu’il n’irait pas !), puis en multipliant les voyages à Paris pour tenter de négocier l’investiture tandis que Macron souhaitait le débrancher en douceur. Puis en exhibant comme une prise de guerre le pâlichon secrétaire d’État Jean-Baptiste Lemoyne, tandis que Didier Guillaume se tortillait de plus en plus sur son tracteur ministériel pour tenter de faire savoir que Biarritz l’intéressait. Et pendant ce temps, les candidats déclarés, à l’abri de la mitraille derrière les fortifications de la ligne Maginot, comptaient les semaines sans pouvoir se permettre la moindre sortie ni la moindre visibilité.

Les cigales locales se trouvent soudain fort démunies

Certains messages de candidats ou candidates déclarés,  très vindicatifs à mon égard, ne m’ont guère étonné. La politique est une discipline cruelle, une des activités humaines les plus injustes avec le sport, car ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne. Max Brisson peut en parler. L’alignement des planètes fait que parfois l’échec sera au bout de la campagne électorale, même si on est excellent. Je comprends que, quand on travaille à longueur de journée pour l’emporter, que l’on engage des frais de campagne importants pour sa permanence et sa communication, on frémisse en voyant tous ses efforts mis à mal.

Mais même si le temps de l’instrospective cruelle n’est pas encore venu pour ces candidats, j’estime pour ma part qu’ils ont une grande part de responsabilité dans la situation surréaliste que connaît Biarritz et je leur conseille d’urgence de relire la fable de La Fontaine « La cigale et la fourmi ».

En effet, à l’exception notable de Jacques-André Schneck qui depuis le premier jour prône la nécessité d’alliances pour vaincre Veunac, chacune des cigales locales a cru que la bataille allait être relativement facile avec un Veunac démonétisé et peinant à faire sa liste. Chacun s’est imaginé vainqueur et tout le monde a chanté tout l’automne en attendant de danser au printemps, proposant aux autres des alliances à la condition expresse d’être tête de liste et que les autres candidats intègrent le rang.

À se demander pour l’observateur extérieur si ces candidats, qui prônent tous une nouvelle façon de faire de la politique, qui affirment tous qu’un nouveau mandat de Veunac serait catastrophique et qui nous promettent tous moralisation de la vie publique à gogo, nouvelle gouvernance et respect des droits de l’opposition, ne s’aiment pas en définitive beaucoup plus qu’ils n’aiment les Biarrots et ne sont pas beaucoup plus préoccupés par le devenir de leurs fonds de commerce que par une gouvernance de salut public pour permettre à Biarritz de sortir de l’ornière.

La nature a horreur du vide et Guillaume s’engouffre

Ils ne l’avoueront jamais, car ce serait terrible pour eux, mais c’est leur incapacité à s’allier, à avancer ensemble et le risque majeur que Veunac soit réélu, avec leurs divergences à deux sous d’habitants d’un village gaulois, qui a provoqué la déclaration de candidature de Guillaume. En politique, le vide ne pardonne pas. Macron l’a compris en 2017 quand il a vu l’espace entre un parti socialiste exsangue et des Républicains à la ramasse. Didier Guillaume fait de même et comment lui donner tort ? Tous les supporters des écuries déclarées peuvent bien s’agiter désormais sur les évolutions politiques du ministre de l’Agriculture, sur son absence d’implantation locale ou sur les défaillances de ses soutiens, cette candidature fait considérablement bouger les lignes et oblige les candidats déclarés à un sacré examen de conscience.

Bisque, Bisque, Basque ! n’a pas de boule de cristal, ne connait pas le candidat Guillaume pour savoir s’il tient la route ou non. Mais quand une personnalité de niveau national, de surcroît vieux routier de la politique, décide de se lancer dans l’arène biarrote , difficile de ne pas s’intéresser à ce qu’il va dire et à ce qu’il propose. Et qu’on ne vienne pas nous sortir l’argument du parachuté dont on sait ce que je pense. Si Antoine Dupont ou Gaël Fickou décidaient de venir jouer pour le BO, est-ce qu’on les refuserait sous prétexte qu’ils ne sont pas Biarrots d’origine ?

Une joute électorale qui se bipolarise, qu’on le veuille ou non

Et l’on reste parfois confondu par la naïveté affichée de cetains candidats. Quand un ministre et un secrétaire d’État, issus du même parti, s’affrontent dans la ville qui a accueilli le G7, comment voulez-vous que les médias locaux mais aussi nationaux ne s’intéressent pas à la joute ? Guillaume Barucq a raison dans un tweet publié aujourd’hui de déplorer que le duel Lemoyne-Guillaume rende « les autres candidats invisibles », mais c’est un fait inéluctable et les imprécations n’y changeront rien. Il a tort quand il s’est imaginé, étant bien avec tout le monde, qu’il pouvait devenir un faiseur de roi au soir du premier tour.

Dans une ville qui compte 22 500 inscrits sur les listes électorales, dont beaucoup de résidents secondaires votant à Biarritz mais peu au fait de la vie politique locale, ce duel entre membres du gouvernement va « mécaniquement » affaiblir les autres listes. La tentation de voter « utile » dès le premier tour sera grande.

Je ne me réjouis nullement de cette situation mais c’est un fait. Et en dehors d’une alliance de dernière minute entre les Arostéguy, Motsch, Barucq, Schneck et éventuellement Tardits, alliance qui paraîtra sans doute suspecte aux électeurs car bien trop tardive, chacun en restant enfermé dans son pré carré me paraît en grand péril.

Même si dans une élection tout reste possible jusqu’au soir du deuxième tour, ce qui nous a valu un désastre absolu de six ans avec Veunac et Lafite. Franchement, vous avez envie qu’on recommence les mêmes erreurs ?

Guillaume pose ses couilles sur la table

En annonçant sa candidature, le ministre de l’Agriculture fait sacrément bouger les lignes de la future élection municipale.

Quand votre maison est en feu, vous ne vous préoccupez pas de savoir si votre sauveteur est basque, béarnais ou drômois d’origine. On reproche trop souvent aux politiques de gérer leur carrière comme des petits boutiquiers pour ne pas saluer le panache avec lequel le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume vient d’annoncer qu’il serait candidat aux prochaines élections municipales, précisant même qu’il ne demanderait pas l’investiture LRem, investiture probablement déjà attribuée à Michel Veunac.

La politique consiste à prendre des risques et Didier Guillaume en faisant fi de toutes les conventions et en s’opposant au duo Veunac-Lemoyne démontre un sens de l’analyse politique certain. Si Veunac avait simplement été un maire médiocre, la candidature de Guillaume n’aurait guère été judicieuse. Mais nous venons de vivre le mandat le plus calamiteux de l’histoire de Biarritz, avec un maire de 74 ans qui souhaite se représenter en compagnie de quelques invendus de la vie municipale façon Destizon ou Castaignède ou du bien fade sous-ministre Jean-Baptiste Lemoyne. Une rupture, un retour à un fonctionnement démocratique et à une transparence de la vie municipale s’imposent et pour toutes ces raisons, la candidature de Didier Guillaume est une bonne nouvelle.

Le moment opportun

Et tout d’abord ayons tous une pensée émue pour tous les professionnels de la gamelle, ceux dont le seul souci d’un mandat à l’autre est de conserver un poste et les indemnités afférentes. Ils ont bien conscience de miser sur une Rossinante en choisissant Veunac. Mais comme ils étaient persuadés que Didier Guillaume n’irait pas à l’affrontement faute d’avoir obtenu l’investiture, nombreux étaient ceux prêts à jouer Veunac pour satisfaire leurs ambitions personnelles. Or, ce n’est un secret pour personne, Veunac a beaucoup de mal à bâtir sa liste malgré ses tentatives de ratisser large, comme en témoigne la pauvreté de ses quinze soutiens lors de sa conférence de presse aux « Baigneuses », où il a paru en brasse coulée, pérorant sur sa santé et affirmant être en pleine forme comme jamais, ce qui saute aux yeux de tous.

Exemple drôle au possible et tellement révélateur, Michel Veunac a invité jeudi dernier à midi au Bar Jean Serge Istèque pour lui annoncer qu’il était prêt à l’accueillir sur sa liste. Il n’est vraiment pas rancunier, notre Mimi, ou sacrément démuni pour ratisser aussi large avec quelqu’un qui avait dit pis que pendre de lui. Ce n’est plus Biarritz années folles, mais Biarritz élections folles!

En annonçant sa candidature dès le 5 décembre, même s’il ne pourra être actif qu’à partir de janvier, Guillaume joue donc finement le coup et peut espérer coiffer sur le poteau son rival.

Attendre et voir avant de se pâmer

Sud Ouest web du 6 décembre

Qu’on ne se méprenne pas, Bisque, Bisque, Basque ! ne vient pas de tomber en soudaine pâmoison devant un ministre de l’Agriculture qu’il n’a jamais rencontré et à qui il n’a jamais parlé. Comme nombre d’électeurs biarrots, on va attendre les premières déclarations, les premières réunions publiques, l’annonce des premiers soutiens pour se faire une opinion plus précise et décider pour qui voter. Hommage involontaire à Bisque, Bisque, Basque ! ou plus probablement hasard complet, le candidat Guillaume, en réponse à ce blog qui annonçait que Veunac faisait du vieux avec du vieux, affirme dans Sud Ouest (7/12) : « Je ne ferai pas du neuf avec du vieux ».

On le souhaite vivement tant la nécessité d’une rupture avec les pratiques d’un Didier Borotra ou d’un Michel Veunac est vitale. On sait que Michel Poueyts est le grand copain de Didier Guillaume, que Guy Lafite qui a décidément l’âme d’un second fait les yeux de Chimène au nouveau candidat, que Ghis Haye va nous ressortir ses « valeurs de gauche » pour tenter de monter dans le char à bœufs du ministre de l’Agriculture.

Mais, malgré toutes ces réserves, il peut être intéressant d’avoir à la tête de Biarritz un homme d’envergure nationale qui est promis à jouer un rôle décisif aux côtés de Macron dans la future élection présidentielle de 2022 (Guillaume n’a pas de mérite, Macron n’a quasiment personne à gauche et ne peut s’appuyer ni sur Collomb ni sur Ferrand compte tenu de leurs casseroles judiciaires). À condition que les petites souris de la liste ne dansent pas quand il n’est pas là et ne reprennent pas leurs mauvaises habitudes de copinage et coquinage. Si on élit Didier Guillaume comme maire pour avoir Lafite et Poueyts aux commandes, vieux chevaux de retour aussi démonétisés que Destizon ou Castaignède, où est l’intérêt ?

Aller chercher les talents où ils sont

Et l’on en vient à ces listes d’opposition à Veunac pour lesquelles Bisque, Bisque, Basque ! éprouve beaucoup de sympathie. Dans les quadras-quinquas qui se présentent actuellement, il y a incontestablement des talents et des qualités : on aime le sens du contact et la réelle empathie de Maïder Arsotéguy  pour les Biarrots. Malgré son côté Bisounours qui ne veut se fâcher avec personne, on apprécie le côté sympa et les idées de Guillaume Barucq. On a de la sympathie pour la culture politique de François Xavier Menou et pour l’implication de son équipe. On admire aussi l’intelligence, le sens politique et le courage de Nathalie Motsch et, même s’il n’est pas de la même génération que les autres, on apprécie aussi la haute idée que se fait Jacques-André Schneck du rôle de maire.

Bisque, Bisque, Basque !  n’a qu’un reproche à formuler à tous ces candidats qui pensent à juste titre que Biarritz va dans le mur en continuant avec Veunac et qu’il convient désormais de moraliser la vie publique. Il ne suffit pas d’être jeune pour faire de la politique autrement. Chacun affirme avoir tout tenté pour s’allier avec les autres, ce qui reste à vérifier. Mais ces « jeunes » candidats pratiquent un peu une politique à l’ancienne en estimant qu’ils doivent obligatoirement être têtes de liste et que les autres doivent s’allier à eux. Et compte tenu de la « prime au sortant » dont bénéficie tout maire qui sollicite un renouvellement de mandat, on pouvait redouter que la machine à perdre soit en marche, chacun affirmant que la pire catastrophe serait d’avoir Veunac à la tête de la Ville pour un deuxième mandat, mais ne faisant concrètement rien pour remédier à cette tuile prévisible.

Il n’est pas déshonorant de s’allier

La candidature de Didier Guillaume modifie profondément la donne, car elle laisse entrevoir une défaite possible de Veunac, ce qui constitue l’espoir suprême de tous ceux qui suivent de près la vie politique biarrote. Celui qui est encore ministre de l’Agriculture annonce qu’il va bâtir une liste élargie. Ce qui est absolument nécessaire compte tenu de la prévisible dispersion des voix. Il n’est pas déshonorant d’être le numéro deux d’un ministre, son relais biarrot quand ses fonctions le retiennent à Paris. Et c’est probablement là une occasion unique d’apprendre son métier de futur maire et de comprendre la complexité du mille-feuilles administratif français où seuls les plus malins décrochent des subventions.

En ce sens, les semaines qui s’annoncent vont être passionnantes, même si la vie pour les « petites » listes va désormais être difficile car les médias vont se focaliser sur le duel opposant un ministre à un secrétaire d’État planqué derrière un vieux maire. Biarritz a besoin d’un gouvernement de salut public pour mettre fin à toutes les dérives municipales et l’arrivée de Dider Guillaume devrait permettre de créer des alliances susceptibles de faire espérer la victoire.

Pour ma part, je ne sais pas encore pour qui je vais voter mais si au deuxième tour, on retrouvait face à face un Drômois parachuté vivant sur la Côte basque depuis trente ans face à un pur Biarrot septuagénaire et incompétent, le choix serait vite fait. Quand la maison est en feu, il ne faut surtout pas mégoter.

Les malices élyséennes de La Semaine

Ce n’est pas par hasard si un dithyrambe de deux pages vient de paraître dans La Semaine. Le soldat Veunac avait rendez-vous jeudi à Paris et il fallait faire croire qu’il comptait encore quelques soutiens.

Ce n’est pas à un vieux chef d’orchestre comme Michel Veunac qu’on va apprendre à jouer de la musique ! Si Mimi-la-Malice se représente aux prochaines élections municipales, vous êtes priés de croire que c’est uniquement parce qu’il n’a pas fini sa tâche et que ses amis le poussent à poursuivre. Ce n’est évidemment pas par goût du pouvoir, des honneurs et des subsides qui vont avec, qu’un homme comme lui enchaînerait un deuxième mandat à 74 ans bien sonnés. Juste l’occasion une fois de plus de se sacrifier et de montrer son sens public et son altruisme.

Il ne s’est pas tué tout seul, Veunac ?

On connaît tous la soudaine et inextinguible passion pour Michel Veunac qu’affiche La Semaine du Pays basque, depuis le premier jour de son élection.  Ce qui n’a pas empêché le lecteur passionné que je suis de sursauter en lisant l’enquête des pages 2 et 3 de l’hebdomadaire, intitulée «  Mais qui veut tuer Veunac ? » signée par Jean-Philippe Ségot. Naïvement, pour avoir bien suivi pendant six ans ce calamiteux mandat comme jamais Biarritz n’en avait connu, j’avais tendance à croire que Veunac s’était tué tout seul avec son goût du pouvoir solitaire, ses hésitations, son incapacité à fédérer son équipe, ses copinages permanents et ses cachotteries systématiques.

Heureusement, La Semaine  est là pour remettre les petits bolcheviks dans le droit chemin et leur apprendre que les démissions successives d’Amigorena, Chazouillères, Motsch, Lannevère et autres relèvent d’une « tempête dans un bidet », que Max Brisson affiche « l’élégance de l’hippopotame », que le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume serait en fait un « ministre sous-marinier »  et que le « débranché »  Veunac va se rebrancher avant de gagner les doigts dans la prise la prochaine élection.

Une vérification du calendrier s’impose. Le chef d’orchestre Veunac sait donner le la à ses musiciens, mais quel est l’intérêt de ce dithyrambe sans recul à plus de trois mois des élections, alors qu’il aurait eu une toute autre efficacité vers mi-février ?

Un article qui arrive à point…

C’est du côté de Veunac et non de La Semaine qu’il faut chercher. Bisque, Bisque, Basque ! persiste et signe : la garde rapprochée de Macron cherche bien à « débrancher » Veunac et à mettre fin à ses souffrances, ce qui dans le cas présent relève de la plus totale humanité. Mais Mimi-la-Malice, soit pour continuer à faire monter les enchères, soit parce qu’il ne peut désormais plus envisager son existence sans une écharpe tricolore autour de la poitrine, est bien décidé à aller jusqu’au bout et à mener campagne, même s’il ne sait pas trop avec qui faire route.

Jeudi dernier, notre sémillant-maire-que-le-monde-entier-nous-envie était à nouveau reçu à Paris pour un entretien qui s’annonçait compliqué pour lui. Et miracle, quelques heures avant la rencontre prévue, un PDF de cet article pouvant faire croire aux instances parisiennes que Veunac avait encore des soutiens à Biarritz atterrissait sur le bureau. Entre amis, c’est bien la moindre des choses de se rendre des petits services de ce genre.

Un bidet ou une piscine olympique ?

Reste que la ficelle est un peu grosse et que la « tempête dans un bidet » a fait un peu tousser en haut lieu. En effet, la situation autour de Veunac relève du jamais vu pour un maire normal d’une ville normale. Outre les démissions des trois adjoints déjà cités Amigorena, Chazouillères, Motsch, il faut maintenant rajouter le premier adjoint Guy Lafite qui annonce sur France Bleu Pays basque qu’il ne repartira pas aux côtés de Veunac et qu’il soutiendra Didier Guillaume et les abertzale Poueyts et Daguerre qui viennent à leur tour de lâcher Veunac.

https://www.francebleu.fr/infos/politique/biarritz-guy-lafite-lache-veunac-et-rejoint-guillaume-1575037703

Pour caser tout ce beau monde dans un bidet, ça va être un peu compliqué. Désormais compte tenu de la débandade générale, on est beaucoup plus près de… la piscine olympique que du bidet, cette fameuse piscine olympique que Veunac avait promise aux Biarrots et qu’ils n’ont jamais vue. Manquerait plus que « l’hippopotame » Brisson décide à son tour de se jeter dans le grand bain !

Un appel du pied?

La nouvelle permanence électorale choisie par Guillaume Barucq interpelle. L’homme qui revendique la « place aux jeunes » a choisi un ancien magasin d’antiquités pour faire campagne. Ses détracteurs vont encore dire que c’est pour pouvoir s’allier le cas échéant à Michel Veunac au soir du premier tour. 

La triple angoisse de l’électeur biarrot

Globalement décevantes, les réunions publiques des futurs candidats se contentent souvent de vagues promesses à propos des trottoirs délabrés ou des navettes. Alors que trois grandes questions se posent.

Les réunions publiques de précampagne électorale ont ceci en commun avec les réunions de famille qu’on y évite soigneusement les sujets qui fâchent et qu’on se contente le plus souvent de deviser sur l’accessoire. Bisque, Bisque, Basque ! s’efforce d’assister aux déclarations de candidature et aux premiers rassemblements de tous ceux qui visent la mairie en 2020. Tandis que Michel Veunac se réfugie dans son splendide isolement, candidat déclaré bien incapable de dire avec qui il va partir, que Guy Lafite frétille et que Didier Guillaume se souvient soudain que Biarritz est désirable, Maïder Arostéguy, Nathalie Motsch et Jacques-André Schneck (par ordre d’apparition sur la scène médiatique) en attendant Guillaume Barucq la semaine prochaine et sans doute bientôt Marine Batiste et François-Xavier Menou, s’efforcent de tenir un maximum de réunions publiques pour aller à la rencontre des Biarrots.

On commence souvent à s’intéresser à la vie publique lorsqu’on rencontre des difficultés. Il est donc normal que dans ces réunions publiques se trouve toujours un riverain pour déplorer l’état du trottoir devant sa porte ou un autre souhaitant que la navette passe devant chez lui et non dans la rue à côté. Et il est donc normal que le ou la candidate déclarée hoche gravement de la tête pour bien faire sentir combien la question le passionne et fasse une promesse qui ne vaudra au mieux qu’en cas de triomphe électoral.

Mais, même si ces réunions permettent d’avoir une meilleure idée du « style » de chacun, Bisque, Bisque, Basque ! éprouve globalement une assez grande déception, tant il a le sentiment que ce qui préoccupe véritablement tous les Biarrots suivant de près ou de loin la vie municipale, est délibérément occulté par les candidats. Voici donc les trois sujets que Bisque, Bisque, Basque ! souhaiterait voir évoqués lors des réunions publiques.

COMMENT RESTAURER LA CONFIANCE ?

Aurait-il quelque chose à craindre ? Ces jours derniers, Michel Veunac a pris langue avec les principaux candidats pour leur demander de mener une campagne électorale propre. Venant de sa part, il fallait oser ! Il faut dire qu’après le mandat calamiteux qu’il vient d’accomplir, Mimi-La-Malice a quelque raison de redouter l’ironie de ses rivaux électoraux. Quel changement en six ans à Biarritz ! On est passé d’un maire un peu fripon sur les bords, qui avait à l’évidence effectué le mandat de trop mais qui était respecté de la plupart des Biarrots, à un maire désastre absolu, incapable d’imposer son autorité et qui a transformé la Ville en vaude…ville permanent. Dossiers planqués, donnés à la dernière minute au conseil municipal, opérations qui ne semblent destinées qu’à favoriser des copains, adjoints qui démissionnent en série, opposition qui trahit et vient voler au secours de Veunac. Après un mandat aussi réussi, on comprend que Veunac souhaite en accomplir un second !

Bien évidemment, tous les futurs candidats promettent « de la transparence » et certains avancent même des idées originales : un « déontologue » pour Jacques-André Schneck, une commission qui aurait droit de veto sur les projets municipaux pour Nathalie Motsch, des représentants de l’opposition dans toutes les commissions importantes pour Maïder Arostéguy. Tout cela va dans le bon sens et Bisque, Bisque, Basque ! ne peut que s’en féliciter. Ce qui n’empêche pas le spectateur qui assiste aux réunions électorales de ressentir un certain malaise tant il a le sentiment que tout ce petit monde politique qui s’agite en période électorale reste dans l’entre-soi.

Les Biarrots ont besoin d’entendre dire de la bouche des candidats que le dernier mandat a été un désastre absolu, de se faire confirmer qu’en aucun cas une alliance avec Veunac au soir du premier tour n’est envisageable, de savoir qu’ils ne vivront plus jamais cela. Les errances d’un Brisson, les trahisons d’un Saint-Cricq, les flagorneries d’un Claverie leur ont fait totalement perdre confiance en leurs élus et ils ont besoin de rupture avec les pratiques anciennes. Quand Guillaume Barucq affirme qu’il « s’entend bien avec tout le monde », quand Nathalie Motsch évoque Didier Borotra avec des trémolos dans la voix ou quand Jacques-André Schneck, par élégance sans doute, ne parle quasiment pas du mandat Veunac lors de sa première réunion publique, l’électeur qui a pris la peine de se déplacer se demande si on n’est pas en train de lui préparer un nouvel emballage pour habiller des manières de fonctionner fort anciennes.

La gravité de la situation à Biarritz aurait exigé un « mandat de salut public » où tous les opposants à Veunac se regroupent pour redonner à la Ville une gouvernance saine pendant six ans. Au lieu de cela, le bal des égos est en marche et chacun est convaincu de pouvoir sauver la patrie tout seul et use ses forces à combattre des adversaires aux idées souvent très proches, au lieu de combattre l’équipe en place. En mars prochain, les électeurs biarrots devraient avoir le choix entre une dizaine de listes. C’est la meilleure façon de faire réélire le maire sortant.

COMMENT RÉTABLIR LES FINANCES ?

Si je promets à mes enfants un scooter neuf au cas où je gagnerais le gros lot de la Loterie nationale, suis-je un bon père ou un enfumeur de première ? On sait tous ce qu’il advint de la piscine olympique annoncée par Veunac en 2014. Chaque candidat a un magnifique programme… de dépenses à proposer aux Biarrots : Ville écologique, Ville débarrassée de son viaduc à La Négresse, Ville où les jeunes pourraient enfin s’installer grâce aux logements sociaux… Les idées ne manquent pas et c’est logique en période électorale. Mais quand on évoque le financement de ces mesures, chaque candidat balaie le problème d’un large revers de la main : « Des ressources, on en trouvera ! » Est-ce si sûr ?

Petit rappel historique : Biarritz est une ville riche qui ne devrait avoir aucun souci d’argent. Entre ce que rapporte le tourisme, le casino et les droits de mutation liés aux transactions immobilières, le budget de la Ville devrait s’équilibrer sans problème. Malheureusement la folie des grandeurs de Didier Borotra et le gouffre financier représenté par La Cité de l’Océan, ont conduit la Ville à une situation très préoccupante, puisqu’elle était tout près en 2014 de la mise sous tutelle (Dans ce cas-là le préfet est seul habilité à autoriser les dépenses), lorsque Veunac et Lafite sont arrivés aux manettes. Situation d’autant plus grave que tous les fondamentaux de la Ville ont été négligés lors du dernier mandat de Borotra : voieries à l’abandon, taux de logements sociaux tellement bas que nous payons 600 000 euros d’amende à l’État chaque année, on en passe et des meilleures.

Si l’on en croit le discours officiel du sémillant « Lafaillite-Nous-Voilà ! », les finances municipales ont été rétablies de façon brillante par le pas qu’un peu énarque qui dirige en second la Ville. Et l’on pourrait imaginer qu’il dit vrai, puisque l’opposant historique Jean-Benoît Saint-Cricq, qui depuis juillet 2018 et le vote de L’Hôtel du Palais est en pamoison devant la majorité municipale après en avoir dit pis que pendre, ne cesse de souligner la rigueur budgétaire manifestée par l’équipe en place. Mais quelle blague !

De la même façon que le Français moyen possède un livret de Caisse d’Épargne pour les imprévus de l’existence, les Biarrots avaient un petit pécule pour se prémunir en cas de difficulté : la propriété de L’Hôtel du Palais. Un bien estimé autour de 200 millions d’euros et qui aurait facilement trouvé preneur. Au lieu de cela, les lambeaux de la majorité municipale, aidée de cinq opposants qui les ont rejoints, ont opté pour un bail emphytéotique de soixante-quinze ans qui fait perdre toute marge de manœuvre à la Ville et pour un emprunt assumé par la coquille vide qu’est la Socomix. Qui serait bien incapable de rembourser les traites si le prévisionnel établi par Hyatt s’avérait trop optimiste, ce que semble penser la spécialiste de l’économie des palaces Virginie Lannevère, ainsi que plusieurs anciens administrateurs comme Anne Pinatel ou François Amigorena.

C’est facile de présenter un budget en équilibre quand on planque la dette sous le tapis !

Les Biarrots ne sont pas des enfants à qui on ne doit rien dire pour ne pas les inquiéter. Les candidats en piste pour les prochaines municipales au lieu de s’étendre sur leurs projets, qu’ils auront un mal fou à financer, feraient mieux, comme le faisait Winston Churchill au sortir de la guerre, de promettre « du sang et des larmes », tant la situation financière de la Ville s’annonce délicate pour le mandat à venir avec une Cité de l’Océan bien loin d’être sauvée avec ses chiffres de fréquentation dérisoires. Mais comme le sujet n’est pas porteur électoralement, il est tellement plus facile de glisser, d’éluder et de faire croire qu’on se prépare à un mandat normal dans une ville normale.

COMMENT RAVIVER LES ALLIANCES ?

En 2020, les maires français seront voués à la schizophrénie. Pour ses administrés, le maire est celui qui décide de tout localement, alors qu’il est surtout le porte-drapeau de sa Ville au sein d’une entité qui prend toutes les décisions importantes. Et quand l’entité est XXL, comme la Communauté d’Agglo du Pays Basques (CAPB) avec ses 158 communes, on comprend mieux la nécessité impérative d’avoir des rapports harmonieux avec ses collègues pour obtenir des arbitrages en faveur de sa Ville.

En apparence, en apparence seulement, le G7 est une grande réussite pour Michel Veunac. Si ce grand raout mondain et planétaire s’est déroulé sans trop de casse pour le Pays basque, malgré une indemnisation scandaleusement faible des commerçants, il n’en va pas de même pour notre Mimi-Imperator-que-le-monde-entier nous-envie.

D’abord les services élyséens, qui ont longtemps séjourné à Biarritz pour préparer l’événement, ont pu prendre la mesure du maire qui nous dirige. Et visiblement, si l’on se fie aux discours où Macron a soigneusement évité de prononcer le nom de Veunac et à cette investiture LaREM tant convoitée que le maire semble en peine d’obtenir, l’État n’a pas été franchement bluffé par notre porteur d’écharpe tricolore.

Mais il y a bien pire pour l’avenir immédiat de Biarritz. Officiellement vice-président de l’Agglo, Veunac n’a prévenu personne lorsque Macron lui a demandé d’avancer la date du G7 fin août, à cause des élections canadiennes. Tous ses collègues de l’Agglo ont été mis devant le fait accompli. Jean-René Etchegaray et Claude Olive, les maires de Bayonne et Anglet, qui sont les alliés naturels de Biarritz au sein de la CAPB face aux maires du Pays basque intérieur, ne décolèrent pas sur la façon de procéder de Veunac. Résultat : toute demande qui viendra de Biarritz, et en particulier si Veunac est réélu, sera examinée à la loupe et rejetée chaque fois que ce sera possible tant la rancune demeure tenace. On en a la preuve sur le dossier Aguilera et la procédure MECDU (Mise en Conformité des Document D’Urbanisme) en cours. Veunac a cru pouvoir faire accélérer les choses. Il devra patienter 18 à 21 mois et rien ne prouve que son projet ne sera pas encore retoqué.

Ce sujet de l’Agglo, de la pacification nécessaire des relations avec les autres maires, doit être évoqué par les candidats même s’il n’est pas très sexy et parfois difficilement compréhensible par les Biarrots, tant l’avenir de Biarritz est lié à un fonctionnement harmonieux au sein de la CAPB. Là aussi, le sujet passionnerait sans doute les auditeurs s’il était traité publiquement par les candidats au lieu d’être évoqué du bout des lèvres.

En fait, comme dans les réunions de famille, c’est parfois le premier pas qui coûte le plus. Soit on fait de la politique comme avant, le candidat et l’auditoire se contentant de banalités prudentes et on rentre le soir un peu frustré de ne s’être rien dit avant de se séparer. Soit on prend le risque de voir les assiettes voler, et on se dit ce qu’on a à se dire avec franchise pour pouvoir repartir sur des bases saines.

Allez, encore un effort, Messieurs et Mesdames les candidats !

 

Ce ticket Arostéguy-Brisson qui change la donne

Tandis que LaRem cherche à débrancher Veunac, estimant qu’il n’a plus de soutiens crédibles, Max Brisson prend tout le monde à contre-pied avec un ralliement probable à Maïder.

Cet homme aime être là où on ne l’attend pas. Quand il annonce qu’il ne peut assister au conseil municipal, bloqué qu’il est par la neige du côté d’Albi, il est probable que vous le retrouverez à Bayonne en train de préparer une élection départementale. Comme vous adorez les histoires d’arroseur-arrosé, et ratez rarement Les Feux de l’Amour, BBB va se faire un plaisir de vous raconter comment Michel Veunac et Max Brisson se sont livrés à un sacré marivaudage tout l’été, qui semble sur le point de se terminer avec l’arrivée surprise du sénateur dans la liste de Maïder Arostéguy et le cocufiage de Michel par Max, ce qui, avouons-le, ne nous fait pas une peine immense.

(https://jeanyvesviollier.com/2015/02/08/labsenteisme-de-brisson/)

Début 2019 : Max fait le tour de tous les candidats qui pensent déjà à l’élection municipale, en tenant à chaque fois le même discours, que ce soit devant Nathalie Motsch, Jacques-André Schneck ou Michel Veunac : « Je suis ta candidature avec beaucoup d’intérêt. Dès que ta liste décolle, je viens en renfort ». Courageux mais pas téméraire, notre sénateur !

Mars-2019 : Quand il voit les soutiens s’agréger autour de Maïder, Max comprend qu’il n’est pas le bienvenu dans cette liste, même si la conseillère départementale parle toujours de « son binôme adoré ».

Juin 2019 : Les listes se multiplient avec Barucq, Motsch, Schneck. Conforté par un bon sondage, Veunac semble difficile à battre. Max laisse croire au maire de Biarritz qu’il est prêt à partir avec lui et à faire cause commune avec les Saint-Cricq, Pouyau ou Frédéric Domège.

Septembre 2019 : Contre toute attente, le G7 se passe très bien et Veunac est persuadé qu’il va obtenir sans difficulté l’investiture LaRem. Brisson est aux cent coups, car Veunac ne le prend plus au téléphone depuis juillet. Pour tenter de se rassurer, Max annonce partout que Veunac a décidé de ne pas se représenter. Quelques Biarrots vont le croire.

Début octobre 2019 : Michel Veunac annonce qu’il est candidat aux municipales de 2020, mais personne n’est dupe. Le maire sortant essaie désespérément de faire monter les enchères avec LaRem, mais Macron freine des quatre fers. Le long séjour de sa garde élyséenne à Biarritz pour préparer le G7 lui a permis de comprendre qu’il se passait parfois des choses curieuses dans cette ville. Ce n’est pas par hasard si Macron s’est gardé de citer Veunac dans tous ses discours pendant le G7. Veunac a beau essayer de mettre dans son jeu Jean-Baptiste Lemoyne en lui faisant miroiter qu’il lui laissera la place très vite, LaRem reste sceptique.

Mi-octobre 2019 : Max, qui n’oublie jamais Biarritz même quand il est au Sénat, n’est pas sans constater que Maïder fait une très bonne campagne. Son côté sympa et proche des gens plaît et ses réunions de café font toujours le plein. Claude Olive de son côté, en tant que président départemental des Républicains, se rend compte que dans une élection à dix ou onze listes (On ne sait plus, il en pousse une nouvelle tous les jours !), le maire sortant a toutes les chances de gagner. Dès le retour de Max du Japon, où il a milité pour un « tourisme sportif » au Pays basque, Claude Olive réunit Christian Jacob, Max et Maïder dans son bureau et incite Max et Maïder à travailler électoralement ensemble, ce qui avait donné d’excellents résultats aux élections départementales puisque les deux avaient été élus.

Une martingale qui pourrait être gagnante

Tout n’est pas encore joué puisque Max et Maïder ont déjeuné ensemble le jeudi 31 octobre et que des « ajustements » sont probablement encore à trouver. On connaît les défauts de Max Brisson, ce penchant frénétique pour toute élection qui passe, cette façon d’avoir toujours trente-six fers au feu. On connaît aussi ses qualités, dont le fait d’être un bon sénateur, cultivé, bosseur et compétent. On connaît les qualités de Maïder qui passe bien auprès des Biarrots et leur donne le sentiment de les comprendre et le reproche majeur qui lui est fait : être un peu inexpérimentée pour le poste. Avec Max, ce grief ne tient plus.

Il semble acté que Maïder serait tête de liste et que Max ne revendiquerait qu’un poste de « simple » conseiller municipal assorti d’un poste de conseiller communautaire, histoire de pouvoir postuler à la présidence de l’Agglo (La règle des deux mandats, l’obligerait alors à renoncer à son poste au conseil départemental). Politiquement, ce choix semble judicieux car il devient très « lisible » pour tous ceux qui suivent de loin la politique. Ce sera un duel LaRemLes Républicains et sans doute une très mauvaise nouvelle pour les autres listes à qui il faudra sacrément de talent pour exister face aux deux poids lourds. L’arrivée de Max est aussi contrariante pour quelques très proches de Maïder qui prônaient un résolu « Tout sauf Max ! ». Mais la politique est une école de pragmatisme et ce ticket que personne n’avait envisagé est sans doute capable de mettre fin aux ambitions de Veunac de faire un deuxième mandat. Comme me l’écrit, un peu désabusé, un proche de Maïder qui n’est pas un grand fan du sénateur : « Il est libre, Max ! »

Veunac en plein doute

Le roi est nu et il n’a plus qu’une écharpe tricolore sérieusement mitée en guise de cache-sexe. Michel Veunac est un trop fin politicien pour ne pas avoir compris que sa stratégie d’annonce électorale a fait long feu. Il pensait s’en tirer en confiant à un cercle restreint de journalistes amis qu’il allait briguer un deuxième mandat, mais tout le monde a vu qu’il était bien incapable d’annoncer le moindre soutien, en dehors des habituels courtisans pour qui il est impensable de ne pas bénéficier d’une nouvelle prébende électorale lors des six prochaines années. Alors, comme il l’avait fait lors des périodes difficiles, Mimi-La-Malice bougonne et annonce un peu partout que finalement il ne va pas se représenter. C’est évidemment une façon de tester son entourage et de voir ceux qui ne se récrient pas assez fort en estimant qu’il est absolument irremplaçable pour Biarritz. Mais Michel Veunac a bien conscience que le nom de Jean-Baptiste Lemoyne qui était pour lui une sorte de Graal électoral ne produit pas l’effet escompté. Même s’il est le compagnon de la sénatrice Frédérique Espagnac et possède depuis peu un logement à Biarritz, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe reste un total inconnu et aux yeux des Biarrots un parachuté absolu.

Mimi-La-Malice avait aussi prévu de proposer à Guy Lafite un poste complètement indigne de ses compétences, genre onzième ou treizième de liste, pour que « La Faillite-nous-voilà » renonce de lui-même. Veunac aurait alors joué la proximité dans ses futurs meetings électoraux en disant que son mandat a été raté à cause de l’énarque qu’il avait nommé à ses côtés mais qu’entre 2020 et 2026 on allait voir ce qu’on allait voir. On ne sait jamais, mais avec quelques mémés amoureuses du beau Michel, sur un malentendu ça pouvait marcher.

Et si Lafite y allait avec Didier Guillaume ?

Même Veunac semble aujourd’hui avoir du mal à croire en cette stratégie et, les jours où il est de mauvaise humeur, il bougonne qu’il ne va pas se représenter et « laisser la place à Lafite qui va sans doute se faire un plaisir de rappeler Didier Guillaume ».

Info ? Intox ? Bien malin, celui qui peut dire si le ticket Brisson-Arostéguy affrontera Veunac-Lemoyne ou Lafite-Guillaume. Mais il est sûr que certains prétendants prennent leurs dispositions en conséquence.

François-Xavier Menou porte-parole de la liste « Changer d’ère » se veut positif : « On continuera quoiqu’il arrive. On est conforté dans notre position. On ne veut pas rentrer dans ce marigot-là ». Et quand on évoque les hypothèses électorales possibles, le suppléant de Vincent Bru se montre catégorique : « On ne s’alliera jamais à Maïder Arostéguy ou à Michel Veunac » Un nom n’a pas été évoqué par le sémillant quadragénaire, mais ça doit être un oubli.

Richard Tardits, pour sa part, se déclare « remonté comme en 14 » et annonce qu’il se lance dans la joute électorale. Enfin, l’opposant à la très sinusoïdale trajectoire, Jean-Benoît Saint-Cricq, qui voit tous ses rêves s’effondrer si Veunac ne repart pas, affirme lui aussi qu’il va monter une liste si Lafite est candidat. Au vu du mandat improbable qu’il vient de faire, il serait vraiment surprenant que les Biarrots s’enflamment pour lui !

L’âge du capitaine toujours en débat

Ce prof de français, retrouvé avec plaisir dans la cour de récréation de son lycée, m’avait marqué par sa réflexion, alors que je m’étonnais du tintamarre fait par les élèves : « Ce sont les élèves de sixième qui font le plus de bruit, car ce sont eux qui ont le plus besoin de faire savoir qu’ils existent ! » Frank Charriaut, le directeur de campagne de Marine Batiste, a un avis sur tout et c’est même à cela qu’on le reconnaît. S’il rencontre un des pilotes de la patrouille de France, il va sans nul doute lui expliquer les bases de la voltige aérienne. Dans le même registre, l’architecte d’Ocean-Start est nul, et je suis « nase » quand je décris les difficultés qu’éprouve Michel Veunac à descendre de sa voiture. Je vais donc expliquer ma position à ce nouveau donneur de leçons.

Je souhaite une excellente santé à Michel Veunac et j’espère qu’il pourra profiter longuement de ses petits-enfants. Mais poser la question de la capacité physique d’un dirigeant à exercer son mandat relève de la démocratie la plus élémentaire et non de l’intrusion. Le spectacle qu’offre Michel Veunac aux Biarrots – je pense par exemple au jour de l’inauguration de la place Saint-Charles où Guy Lafite a dû l’aider – interroge. Face à une fonction exigeante comme celle de maire de Biarritz, Michel Veunac qui aura 80 ans en 2026 sera-t-il capable de tenir? Le doute est permis.

Et si Frank Charriaut avait lu quelques journaux au lieu de se contenter des œuvres complètes de The Blond Biarrote, il saurait que le débat sur l’âge du capitaine a été récurrent dans la démocratie française. La question s’est posée au moment de la réélection de de Gaulle, comme pour celle de Jacques Chirac. C’est même pour cette raison qu’en 2002, le président de la République de l’époque a ramené le mandat présidentiel à cinq ans. Une idée que notre Monsieur-Je-Sais-Tout a sans doute jugé « nase ».

 

 

Déclaration de candidature pour Les Nuls

Vous pensez à la mairie de Biarritz tous les matins en vous rasant ou en vous épilant ? Bisque, Bisque, Basque ! va vous aider à vous déclarer.

Il est évident qu’avec sept candidats officiellement déclarés (Arosteguy, Barucq, Batiste, Menou, Motsch, Schneck, Veunac) et trois autres listes probables (une abertzale, une de gauche, une de Rassemblement National) le choix électoral est un peu restreint à Biarritz. Vous avez encore largement l’espace politique pour vous présenter. Le souci récurrent que vous rencontrez chaque matin dans votre salle de bains, quand vous vous contemplez dans la glace et vous imaginez revêtu de l’écharpe tricolore, est de savoir comment vous déclarer candidat et que dire face à ces fouineurs de journalistes. Par ailleurs votre cercle de réflexion autour de vous est tellement étroit que vous n’êtes même pas assez nombreux pour faire une belote. Ce n’est pas grave pour se lancer, il suffit d’un peu de culot et Bisque, Bisque, Basque ! va se faire un plaisir de vous donner quelques tuyaux.

Étape 1 : BILINGUISME DE RIGUEUR

Trouver un nom ronflant pour désigner sa liste est indispensable. Bien entendu, le nom de Biarritz doit figurer dans l’intitulé. « On t’aime ! », « Notre Biarritz », « Nouvelle vague », « Changer d’ère » et même « Le corbillard à Mimi » sont déjà pris. Voilà qui vous apprendra à lambiner ! Pensez ensuite à traduire le fruit de vos cogitations en basque… Comment cela, vous ne parlez pas basque ? Même si vos finances électorales sont à plat, votre premier souci doit être de recruter un traducteur basque. Imaginez un peu la honte si, lors de vos meetings dans une salle évidemment surpeuplée, un de vos interlocuteurs vous pose une question en basque et que vous êtes incapable de répondre.

Étape 2 : UN LIEU QUI VOUS SYMBOLISE

Là aussi, vous êtes très en retard et vos rivaux vous ont déjà piqué plein de lieux emblématiques de Biarritz comme Le Royalty, Le Maïtena café ou, pour la liste Menou-Nalpas Le café de la baleine, sans doute pour bien montrer leur distance avec Max Brisson. C’est le moment de prouver votre folle créativité et votre différence par rapport à vos rivaux. Organisez une chasse aux bigorneaux un soir de pleine lune au rocher de la Vierge ou un pique-nique dans les jardins de la villa Sion et profitez-en pour vous déclarer. Tout le monde sera agréablement surpris et ne doutera plus de votre biarrotitude.

Étape 3 : DES SOUTIENS « À VENIR » ET « TRÈS IMPORTANTS »

Vous n’avez que deux personnes autour de vous le jour de votre déclaration de candidature ? Ce n’est absolument pas grave. Bombardez l’un des deux, directeur de campagne et l’autre président de votre comité de soutien, et expliquez aux journalistes présents que vous êtes en train de constituer un large rassemblement de jeunes actifs qui n’ont pas pu être présents car « retenus par leurs obligations professionnelles ».  Vous vous demandez bien comment vous allez réussir à trouver trente-cinq noms sur votre liste ? Annoncez avec sérieux que des « soutiens de renom vont bientôt vous rejoindre, mais que le moment de se déclarer n’est pas encore venu pour eux ». Vous trouverez peut-être un ou deux cornichons prêts à distribuer des tracts dans les boîtes à lettres pour votre compte.

Étape 4 : LE PROGRAMME ? QUAND J’AURAI LE TEMPS !

Ces emmerdeurs de journalistes vont vous demander quel est votre programme, question qui vous pose un sacré problème car votre seule ambition consiste à être élu. Détail encore plus fâcheux, les deux personnes qui vous accompagnent dans votre aventure électorale ne sont absolument pas d’accord avec vous lorsqu’il vous arrive, par hasard, d’avoir une idée. Ayez de l’aplomb et prenez l’air grave : « Il est beaucoup trop tôt pour dévoiler notre programme sur lequel nous travaillons d’arrache-pied ». C’est le moment d’afficher un sourire complice avec les représentants de la presse : « Et puis, on se méfie beaucoup de nos concurrents et on n’a pas envie de se faire piquer nos idées ». Dernier détail indispensable : n’oubliez pas de préciser que votre programme sera vert du sol au plafond. C’est la couleur très tendance cette année.

Étape 5 : L’INVESTITURE ? VRAIMENT PAS INDISPENSABLE !

Bien entendu vous travaillez à « un large rassemblement » de Biarrots de tous âges et de « toutes catégories sociales confondues ». Comme vous êtes modeste, vous ne voulez pas vous hasarder à un pronostic ni à un pronostoc, mais vous êtes vous-même surpris « par l’enthousiasme que suscite votre candidature » et vous vous félicitez d’avoir « cédé à la pression affectueuse de vos amis » qui n’imaginaient personne d’autre que vous comme futur maire. Dans votre liste, il y a des personnes de droite, du centre et de gauche et aucun pugilat grave ne s’est produit. Quant à l’investiture d’un parti, LaREM de préférence, vous n’en faites pas une obsession mais l’accepterez si on vous l’offre. Macron a besoin de vous et non l’inverse, « mais, Messieurs les journalistes, ne le répétez pas car vous mettez ma modestie à mal« .

 Étape 6 : ATTENDRE PATIEMMENT QUE CA MORDE

Vous voilà fin prêt à être candidat. Vous voyez que ce n’était pas aussi difficile que vous l’imaginiez ! Reste maintenant un vrai travail de fond à accomplir. Aller cajoler les gros contribuables de la Ville et, moyennant promesses (qui n’engagent que les imbéciles qui y croient !), caresses, génuflexions, tentez de les convaincre de financer votre campagne, car, bien entendu, vous n’avez pas un fifrelin. Quant à votre directeur de campagne, il doit être omniscient, et suffisamment suffisant pour être capable de dire aux architectes ou aux journalistes qu’ils sont « nases » et avoir réponse à tout en tous domaines. Idéalement il doit aussi être capable de créer trois ou quatre faux profils sur les réseaux sociaux afin d’entretenir en permanence des polémiques dans les camps adverses, tandis que vous passerez pour un être pacifique qui défend ses idées et refuse les vaines controverses.

Et maintenant que tout est en place, il ne vous reste plus, comme le pêcheur au bord de l’eau, qu’à attendre patiemment la touche.

Étape 7 : VENDRE SA BOUTIQUE ÉPHÉMÈRE AU PLUS OFFRANT

Encore quelques candidatures comme la vôtre et il n’y aura bientôt plus assez de citoyens disponibles pour figurer sur les listes, sachant qu’il faut comme disait Didier Borotra, trouver « trente-cinq couillons prêts à vous suivre ».  Si vous réussissez l’exploit de déposer en préfecture une liste complète et que vous obtenez un score honorable au soir du premier tour, votre fortune est faite. Les deux premiers vont se battre et tout vous promettre pour que vous vous ralliez à eux. Mais, même si vous n’avez personne autour de vous, vous pouvez continuer à jouer au poker-menteur au moins jusqu’à la fin de l’année, saison idéale pour revendre la boutique éphémère que vous avez créée. Il est de l’intérêt de tous les candidats sérieux de voir disparaître ces petites listes parasites qui n’ont pas de sens et qui faussent la compétition électorale.

Donc, si vous vous y êtes bien pris et avez bluffé tout le monde, alors que vous savez très bien que vous n’avez strictement personne autour de vous, les propositions ne vont pas tarder à arriver. Une place dans les cinq premiers d’une liste électorale « crédible » et c’est la garantie de vous retrouver élu au soir du deuxième avec à la clé, si vous avez bien négocié et misé sur le bon cheval électoral, un poste d’adjoint qui vous permettra de toucher dans les 1100 euros mensuels. Ce qui était votre but depuis le départ.

Quand on vous disait, que la politique pour Les Nuls, il n’y a rien de plus facile !

 

Ligne éditoriale et pignes électorales

Soyons clairs : Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne mais suit avec intérêt les candidats susceptibles de faire tomber l’équipe en place.

Les municipales de 2020 promettent une belle foire d’empoigne.

Il se trouvera toujours quelques lecteurs du « Dictionnaire des idées reçues » de Flaubert pour estimer qu’un blog gratuit et citoyen, ouvert il y a sept ans et qui a reçu plus de 10 millions de visites, ne peut que cacher un noir dessein électoral, un intérêt personnel ou une volonté de rouler pour tel ou tel candidat. Bisque, Bisque, Basque ! laissera à ces Bouvard et Pécuchet modernes cette vision manquant grandement de générosité et répétera avec force le principe qui anime depuis le premier jour ce blog qui se veut citoyen : « Y’a que moi dans mon parti et c’est déjà le merdier ». Mais derrière les adorateurs d’idées reçues à la naïveté presque touchante, il y a aussi les cyniques qui espèrent, en salissant, mieux servir leurs petites stratégies électoralistes du moment. À six mois de l’élection municipale, c’est donc le moment ou jamais de rappeler la ligne éditoriale de ce blog avant que les pignes électorales, les marrons de campagne ou les ramponneaux d’entre deux tours ne volent tous azimuts.

Des histoires vraies même si l’objectivité n’existe pas

Neocon n’hésite pas une seconde et associe transparence et nazisme. Bigre!

S’intéresser à une histoire plutôt qu’à une autre, c’est déjà faire preuve de manque d’objectivité. Ne pouvant se démultiplier à l’infini, Bisque, Bisque, Basque ! a regardé de loin jusqu’à maintenant les problèmes scolaires de Biarritz ou le projet Océan Start, tout occupé qu’il était par le G7 ou la villa Sion. Ce qui est parfaitement discutable. Nous sommes tous le résultat d’un parcours, d’une éducation qui va dicter nos choix et nos centres d’intérêt. Lorsque je travaillais au Canard, je recevais en moyenne 600 lettres par semaine et je devais retenir trois d’entre elles pour écrire la rubrique « Couac ». Mon enfance pauvre, mes engagements de gauche, les exploités que j’ai pu croiser, font que mes choix se portaient sur trois histoires sans doute fort différentes de celles qu’aurait choisies un autre collègue issu de la bourgeoisie. C’est pour cette raison que j’ai toujours répété aux étudiants des écoles de journalisme que « L’objectivité n’existe pas ». En revanche, le journalisme consiste à raconter des histoires vraies, et non celles que l’on imagine. Dans le cas contraire, on est romancier.

Incapable de savoir pour qui je vais voter

Ce blog est né d’une indignation, lors du dernier mandat de Didier Borotra, face à des pratiques municipales qui m’ont semblé plus que limites. À l’indignation a succédé la consternation face à l’incompétence du duo Veunac-Lafite et à ses méthodes. La ligne éditoriale de Bisque, Bisque, Basque ! demeure claire : contribuer au débat citoyen, faire en sorte que le fonctionnement de la Ville redevienne normal à l’image de ce qui se passe à Bayonne ou Anglet, et empêcher Veunac ou Lafite d’être réélus, car je n’ose imaginer ce qui arriverait si Michel Veunac à 74 ans en reprenait pour six ans, avec le sentiment d’impunité que cela lui confèrerait. Ce que je fais porte un nom : le journalisme d’opinion.

Pour Didic, un journaliste ne peut être qu’un porte-parole d’un candidat.

Mais avoir des opinions quand on est journaliste (ce qui devrait être le cas de tous les titulaires d’une carte de presse) ne veut pas dire qu’on est militant. J’ai horreur des supporters et je ne suis encarté nulle part. Lorsque je regarde un match du XV de France, je souhaite la victoire des Bleus, mais si l’équipe joue mal, ce qui a été le cas plus d’une fois sous les ères Saint-André ou Brunel, je me réjouis de la victoire de son adversaire, parce que la passion du rugby passe avant la couleur du maillot. Très clairement, Bisque Bisque, Basque ! s’intéresse de près à tous les candidats susceptibles de battre Veunac, mais sans perdre pour autant son esprit critique.

– J’apprécie Maïder Arosteguy qui dans un contexte pas facile a fait un bon mandat d’opposante. Elle laboure le terrain électoral biarrot avec opiniâtreté et est proche des gens, ce qui est à son honneur, mais je la trouve un peu fluctuante sur le projet Aguilera.

– Nathalie Motsch a du courage, ce que personne ne lui ôtera, et une tête politique bien faite. Mais le temps passe et elle semble avoir du mal à descendre à hauteur des citoyens les plus simples. Et je grince des dents quand elle se réjouit de la relaxe de Didier et Sophie Borotra. 

– C’est un plaisir d’échanger avec Guillaume Barucq, docteur sympathique et qui a des idées. Malheureusement ça se complique, quand il veut faire de la politique, Guillaume voulant rester bien avec tout le monde tout en maniant des câbles quand il s’imagine tirer les ficelles.

– Je n’ai aucun doute sur les idées et la probité qu’amènerait Jacques-André Schneck à la tête de la Ville, mais peine à cerner son socle électoral. Et je ne parle pas de futures listes Abertzale, France Insoumise ou EELV qui m’intéressent aussi au plus haut point.

Il faut de l’ego pour faire de la politique mais malheureusement trop d’ego tue la politique. Face à la gravité de la situation que connaît Biarritz, dettes planquées sous le tapis et projets foireux à gogo à l’horizon 2020, je regrette que tous ces candidats qui ne peuvent s’imaginer autrement qu’en tête de liste n’aient pas su faire un front républicain commun dans l’optique de redonner un fonctionnement normal à cette ville.

C’est pour cette raison que je regarderai aussi avec intérêt une possible candidature de Didier Guillaume. S’il s’appuie sur Guy Lafite ou Michel Poueyts, vieux chevaux de retour qui entraîneront forcément la Ville dans des pratiques d’un autre temps, je le combattrai. S’il montre sa volonté de normaliser et pacifier Biarritz en s’appuyant sur des têtes nouvelles ou sur une des listes actuelles d’opposition, je m’intéresserai de près à lui. Rajoutez à cela des programmes qui sont bien loin d’être établis et vous me croirez peut-être si je vous dis que je suis bien incapable de savoir pour qui je vais voter, contrairement à ce que pensent certains « trolls » sur Twitter, bien planqués derrière leurs pseudos.

Pour Neocon (encore lui!) je confonds Motsch et Jeanne d’Arc… Ah oui, Jeanne d’Arc, l’égérie des gens du Front national.

Journalisme et copinage ne font pas bon ménage

Reste un dernier point à clarifier : à mes yeux un journaliste, quand il traite l’actualité, ne doit avoir ni affect, ni amis. Tous ceux que j’ai interviewés dans le cadre de Bisque, Bisque, Basque ! le savent : si je trouve quelque chose contre eux, je le publierais. Lorsque je me suis écharpé avec Michel Veunac, début 2014 devant sa permanence de la rue du Helder, il m’a tout de suite accusé de « rouler pour Brisson » et m’a promis un dossier sur lui…

J’attends toujours la réalisation de cette promesse, alors que des dossiers sur Veunac, j’en ai de quoi remplir une étagère, ce qui me donne à penser que Max Brisson, malgré ses défauts que l’on connaît tous, aurait fait un bien meilleur maire que Veunac. Et pourtant, je ne suis pas encarté aux Républicains et ne le serai jamais.

De la même façon, j’ai apprécié les quatorze années d’opposition de Jean-Benoît Saint-Cricq et bénéficié de ses talents d’avocat lorsque j’ai été conduit au tribunal par l’ancien propriétaire de la Semaine, Hubert de Caslou. Ce qui ne m’a pas empêché de crier au scandale quand le même Jean-Benoît a sauté sur les genoux de Veunac lors du vote de l’Hôtel du Palais, car j’avais le sentiment que ce point de vue ne correspondait nullement à une conviction mais seulement à une aspiration personnelle à rejoindre la majorité. Du jour au lendemain, Saint-Cricq a cessé de me téléphoner, estimant auprès de proches que « je ne devais pas écrire sur lui puisque nous étions amis ». Est-ce que de mon côté, j’ai reproché à Saint-Cricq de ne pas m’avoir informé à l’avance de son revirement en faveur du maire ? Curieuse conception de la démocratie et de la vie publique que ce souhait de silence complice ! Et curieuse vision de la liberté de la presse qui doit s’incliner devant l’amitié!

Récemment, Richard Tardits, homme que j’apprécie, m’a reproché d’avoir publié un de ses mails sans l’avoir préalablement prévenu auparavant. Même remarque que pour Saint-Cricq. Est-ce que Richard a pris son téléphone pour me donner sa position avant d’envoyer ce mail où il estimait qu’il fallait faire confiance à l’État après le G7 ? Bien sûr que non et je ne lui demandais pas.

Désolé, je ne suis pas omniscient et je n’ai aucune idée du lieu de permanence choisi par les candidats et candidates.

C’est ce curieux rapport entre élus et journalistes que je trouve intéressant d’évoquer. Si vous avez un ami médecin, vous n’allez pas lui demander de violer le secret médical en lui donnant des nouvelles de la santé d’un de ses clients sous prétexte qu’il vous intéresse. Au nom de quelle règle, le journaliste devrait-il informer ses copains de la vie privée qu’il va écrire sur eux dans le cadre de leurs fonctions publiques ?

Voilà mes sources prévenues : donner des informations à Bisque, Bisque, Basque ! ce n’est pas souscrire une assurance-vie. J’apprécie bien évidemment de recevoir des informations et de les publier après vérifications, mais ce n’est pas du tout une garantie de ne pas se voir épinglé à son tour.

Être citoyen, c’est prendre la parole dans le débat public, dire sans crainte ce qu’on pense, au lieu d’attendre que les politiques décident pour nous. Dans ce blog, des contributeurs réguliers comme « Paul Bismuth », « NathB », « Rien que la Vérité » ou « Aux arbres, citoyens », (…et bien d’autres !) enrichissent le débat en débattant et acceptant des avis contradictoires.

En revanche, à l’amorce d’une campagne électorale qui pourrait bien être musclée, se multiplient les comptes Facebook ou Twitter de « trolls » bien décidés à vendre leur camelote électorale ou à insulter sous couvert d’anonymat. Ce qui va sans doute m’amener à rejeter certains commentaires reçus, alors que je les publie tous pour le moment, sauf propos manifestement diffamatoire.

Désolé pour vous, les haineux, mais Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne et cherchera, comme dans les appels d’offres respectables se déroulant dans des municipalités tout aussi respectables, uniquement à détecter le mieux-disant susceptible de redonner un peu de dignité, de moralité et de respectabilité à une ville comme Biarritz, qui par ses méthodes et ses scandales à répétition devient la risée de la Côte basque et fait le désespoir de l’Agglomération.

Je ne rêve que de poser le stylo et de ne plus écrire sur la Ville, mais l’idée que je me fais de la citoyenneté va m’amener à guerroyer jusqu’en mars 2020 au minimum.

Vite, un maire normal pour une ville qui n’en peut plus de Veunac et son équipe !