La proposition citoyenne de Bisque, Bisque, Basque !

Réduits à la portion congrue dans « Biarritz Magazine », les élus d’opposition de Biarritz pourront s’exprimer chaque mois confortablement dans ce blog.

La situation actuelle telle que la voit le Docteur Oualam.

Bisque, Bisque, Basque ! adore les contre-pieds. Patrick Destizon a sans doute été surpris de recevoir un SMS lui proposant, comme à tous les membres de l’opposition d’être hébergé tous les premiers du mois dans « Bisque, Bisque, Basque ! ». Et la liberté d’expression ne saurant être restreinte, l’élu aura même le droit d’écrire que je suis un imbécile qui n’a écrit que des bêtises à son sujet, sans craindre la moindre censure. Et en plus il disposera chaque mois pour sa tribune de 4500 signes, (trois feuillets dans le jargon de la presse), soit quatre fois et demi la place qui lui est allouée dans « Biarritz magazine ».

« C’est royal ! », s’est exclamé par retour de SMS Guillaume Barucq.

Les autres opposants n’ont pas été encore contactés, mais la proposition de Bisque, Bisque, Basque ! est valable pour tous, sans faire de distinguo, contrairement au conseil municipal de mercredi soir, entre les membres et les non-membres d’un parti politique, les têtes de liste ou les dissidents, les possesseurs de page Facebook et les non-possesseurs. Et si un élu de la majorité, peu satisfait des 38 pages du magazine qui lui sont réservées, éprouve le besoin d’écrire, il sera lui aussi bien accueilli. La vie publique est passionnante et mérite d’être partagée avec le plus grand nombre, car elle est l’affaire de tous.

Arostéguy : « Bravo pour cette initiative »

En effet, on reproche trop souvent aux élus d’être simplistes, voire populistes, pour accepter comme seule possibilité d’expression de l’opposition un court billet de 1000 signes. Le politique a besoin d’exprimer ses idées, de les développer, de les nuancer et ne doit pas être réduit à deux ou trois « petites phrases ».

La proposition de Bisque, Bisque, Basque ! est très simple et peut prendre effet dès le 1er décembre pour ceux qui le souhaitent. Tout texte d’opposant qui me parviendra par mail (jeanyvesviollier@gmail.com) avant le 28 du mois en cours sera publié le 1er du mois suivant.

Comme indiqué précédemment, le texte ne devra pas excéder les 4500 signes, être accompagné d’un document d’illustration et si possible d’un ou deux intertitres pour amener une respiration dans le récit.

Contactée sur cette proposition par courtoisie républicaine, Maïder Arostéguy a répondu par mail : « Bravo pour cette initiative ! ».  Puisque tout le monde semble intéressé par cette initiative, il ne vous reste plus, Mesdames et Messieurs de l’opposition, qu’à sortir votre plus beau stylo. On attend avec impatience vos tribunes.

Barucq et Destizon manquent de caractères

Les droits de l’opposition ont été sérieusement malmenés lors du dernier conseil municipal.

Ce n’est pas parce qu’on s’est fait sérieusement talocher dans notre enfance que nous avons à notre tour taloché nos propres enfants. L’argumentation de Maïder Arostéguy, lors du conseil municipal du 18 novembre, répliquant à Guillaume Barucq et Patrick Destizon qu’ils n’auraient plus désormais que 1000 signes dans « Biarritz magazine » pour s’exprimer parce qu’il en avait toujours été ainsi à Biarritz, a créé un sérieux malaise parmi tous ceux qui avaient cru voir une volonté de renouveau et espéré un dialogue plus apaisé entre majorité et opposition, surtout de la part d’une élue qui avait prôné la rupture avec les anciennes pratiques pendant sa campagne électorale.

https://ville.biarritz.fr/ma-ville-nere-hiria/vie-municipale/conseils-municipaux-432.html

Pour 1000 signes, t’as plus rien !

Guillaume Barucq et Patrick Destizon, les deux esseulés de l’opposition se sont donc fort logiquement insurgés contre le nouveau règlement intérieur du conseil municipal qui veut qu’un groupe politique ne soit reconnu que s’il se compose de deux membres au minimum. 1000 signes et c’est tout à Guillaume Barucq qui totalisait 26,30% des voix le 28 juin au soir et à Patrick Destizon (8,74% avec la liste Saint-Cricq). Même si l’explosion de sa liste était prévisible dès le premier jour tant l’attelage politique créé pour la circonstance était improbable, Guillaume Barucq fait preuve de bon sens quand il suggère, au vu de l’émiettement de l’opposition, que « chaque groupe ait le même espace ».

Destizon a totalement raison

Et, une fois n’est pas coutume, Patrick Destizon a totalement raison quand il proteste contre cette mauvaise manière et ressort un jugement de la Cour administrative de Versailles, datant du 8 mai 2007, où les juges avaient estimé que dans un magazine municipal de trente pages, un opposant devait au minimum bénéficier de 1600 signes. L’élu Destizon remarque au passage qu’il n’a jamais reçu la moindre convocation pour la commission des Finances dont il est membre, un détail qui n’a visiblement soucié personne. Il conclut en affirmant qu’il envisage d’engager un référé liberté si ses droits continuent à être bafoués et Bisque, Bisque, Basque ! ne peut que l’approuver.

Car vous ne réalisez peut-être pas ce que peut représenter 1000 signes, espaces compris. Au moment où vous lisez cet article, 2459 signes ont déjà été couchés sur le papier, soit deux fois et demi ce à quoi ont droit Barucq ou Destizon.

1000 signes, c’est possible pour raconter « une blagounette » pour reprendre une expression utilisée par Lysiann Brao hier soir, mais certainement pas pour exprimer une pensée politique détaillée.

Dans la presse écrite traditionnelle, vous ne trouverez jamais un éditorialiste politique qui exprimera son opinion en moins de 3 000 signes. Et pour tout dire cet argument paraît totalement ridicule. On se réfugie derrière la règle et on ne veut pas voir l’esprit de la règle. Pourquoi ne pas imposer à l’opposition tant qu’on y est l’obligation d’utiliser un certain nombre de i et de l, lettres étroites, et de limiter le nombre de m ou de w, lettres gloutonnes qui occupent beaucoup trop d’espace ?

Va-t-on bientôt imposer à l’opposition le nombre de i à utiliser, car cette lettre prend moins d’espace qu’un m ?

Le vilain signal envoyé par Arostéguy et Boudousse

Anecdote très révélatrice hier soir juste après le conseil, une sympathisante de RamDam 64-40 qui nous avait adressé une proposition pour qu’une harpe soit décernée à Maïder Arostéguy pour ses bons débuts municipaux, nous a demandé d’annuler sa proposition, tellement elle avait le sentiment que toutes les belles paroles prononcées par la nouvelle élue sur « les droits de l’opposition » ne reposaient plus sur rien. Car des arguties, on en a entendu et des belles de la part du maire et de son adjoint : il en a toujours été ainsi, on n’a pas de place dans le magazine, Jean-Benoît Saint-Cricq en 2008 s’est bien plié à la règle. On ne peut pas prôner la rupture quand ça arrange et la tradition à d’autres moments. !

Si l’équipe municipale en place veut vraiment respecter la démocratie, pourquoi ne balaie-t-elle pas tous ces arguments spécieux d’un revers de manche en laissant quatre pages à son opposition au lieu de deux et en accordant à chacun 3 000 signes pour qu’il puisse préciser sa pensée. Quelles sont donc les pages de « Biarritz Magazine » si indispensables aux Biarrots qui peuvent justifier que l’opposition municipale n’ait pas de place pour s’exprimer ?

Quant à la question du coût engendré par deux pages supplémentaires, là aussi quelle blague ! Si la presse écrite était gérée comme le sont les magazines municipaux, il y a longtemps qu’elle aurait fait faillite. Piles de magazines posées sur les boîtes à lettres dans certains immeubles et partant directement à la poubelle, tirage surabondant, appel à des studios graphiques au lieu de tout faire en interne, rendent un peu risibles cet argument. Quand on se pique d’écologie, au moins le temps de la campagne électorale, la première chose à faire est de recenser tous les Biarrots qui souhaitent télécharger le magazine en PDF pour ne plus distribuer la version papier, beaucoup plus onéreuse, qu’aux personnes qui le souhaitent soit parce qu’elles sont âgées ou qu’elles ne maîtrisent pas Internet.

« Biarritz Magazine » est une publication de qualité, mais museler l’opposition semble beaucoup plus urgent que réaliser des économies dans ce domaine !

Triste journée en vérité pour la démocratie locale que celle où l’on apprend que Veunac revient dans le jeu à la Socomix, ce qui est mépriser le vote des Biarrots, et où le soir même on voit un maire qui a donné des espérances utiliser des vieilles ficelles politiciennes pour ne pas laisser son opposition s’exprimer.  

Et pour vous raconter tout cela, et alors que je n’ai pas parlé de la vente de la villa Sion et de la très percutante intervention de Nathalie Motsch face à ce déni de bon sens, il m’a tout de même fallu 5704 caractères, espaces compris, soit près de six fois ce que l’on autorisera désormais une fois par mois à Barucq ou Destizon. De qui se moque-t-on ?

Barucq si seul en ce conseil

Les lendemains qui déchantent, en politique, succèdent presque toujours aux alliances improbables. Pour avoir voulu faire du Borotra, « Docteur surf » en fait l’amère expérience.

Au soir du deuxième tour le 28 juin dernier, Guillaume Barucq, avec un réalisme certain quoique partiel, reconnaissait devant ses troupes avoir pris « une belle taule », mais donnait rendez-vous en 2026 à sa « formidable équipe » qui sera « prête et déterminée » pour la prochaine échéance électorale. On a connu plus visionnaire…

(Photo Fabienne DUHART)

Sans surprise en effet, Corine Martineau et Jean-Baptiste Dussausois, après les défections en septembre de Lysiann Brao et Brice Morin, viennent de décider à leur tour de reprendre leur liberté et de former leur propre groupe au sein du conseil municipal.

Voilà donc l’homme qui aurait pu, avec un peu plus de jugeotte et un peu moins d’alliances improbables, sérieusement talonner Maïder Arostéguy, désormais aussi seul que Patrick Destizon.

Le communiqué de presse publié hier par Corine Martineau et Jean-Baptiste Dussaussois Larralde.

« Guillaume Barucq est quelqu’un de gentil, affirme au téléphone Corine Martineau, mais il n’écoute personne et est têtu comme une mule. ». Effectivement pour ne pas avoir voulu incarner l’alliance souhaitée par les électeurs avec Nathalie Motsch en deuxième position et Brice Morin en trois, alliance que lui conseillait vivement l’expérimenté Jakes Abeberry, pour avoir cru que l’on pouvait faire son marché parmi les listes électorales comme on achète ses salades en allant d’un maraîcher à l’autre aux halles de Biarritz, une dose d’abertzale par ci, un peu de jeunes et vieux fossiles veunaciens par-là, une grosse pincée de droite traditionnelle saupoudrée d’écologie, Guillaume Barucq a créé une liste improbable qui ne pouvait que se disloquer au premier virage. N’est pas Borotra qui veut, et le temps des alliances insolites et qui fonctionnent semble heureusement révolu à Biarritz.

Seule consolation pour Guillaume Barucq : il a maîtrisé son attelage improbable beaucoup moins longtemps que Ben-Hur mais tout de même un peu plus que Jean-Benoît Saint Cricq en 2008. L’avocat biarrot perdait Patrick Destizon, Maïder Arostéguy et trois autres de ses colistiers dès le premier conseil, le médecin surfeur se retrouve à poil au troisième conseil. Il y a d’ailleurs un parallélisme étonnant entre ces deux personnages : même intelligence vive, même envie de servir leur ville et même absence totale de sens politique qui les conduit au désastre, alors qu’ils méritaient beaucoup mieux au vu de leurs capacités personnelles.

Lors d’un entretien en février 2019, Guillaume Barucq avait balayé l’idée de ne pas être tête de liste, déclarant qu’il voulait voir « combien il pèse ». Désormais, la réponse est connue de tous : pas grand-chose.

De la pêche aux voix à… Mamie Betty

Le Facebook de Guillaume Barucq, qui ne fait jamais mystère de ses convictions, est une mine d’or pour un observateur.

Il y a un an, il était parti avec son épuisette nettoyer l’océan ou au moins pêcher les voix. Hier, au Port-vieux, il se baignait avec « l’ourse blanche » Mamie Betty, 91 ans, pour démontrer les vertus des bains de mer. Faute de Lysiann ou de Corine, Guillaume nous montre qu’il sait s’adapter…

C’est Le Palais ou le boulet ?

Dans ce conseil municipal de très bonne tenue, les points de vue étaient assez proches, face à ce « dossier pourri » hérité de la précédente mandature.

Sur le dossier de L’Hôtel du Palais, personne ne peut reprocher

à Maïder Arostéguy d’avancer masquée, contrairement à son prédécesseur.

Espérons que tous les anciens élus déçus qui geignent sur la fessée imméritée qu’ils ont subies lors des dernières élections municipales à Biarritz, ont eu la bonne idée de regarder le conseil municipal du 2 octobre. Hormis les nouveaux élus, ne se retrouvaient plus dans la salle du casino Bellevue que des opposants à l’acrobatique montage financier imaginé pour L’Hôtel du Palais par Mimi-la-Malice et le grand argentier Lafaillite-nous-voilà, à l’exception de l’inénarrable Patrick Destizon, élu qui ne doit son poste qu’aux défections de Saint-Cricq et Castaignède. Plus que jamais ce dinosaure de la politique donne le sentiment de sortir de Jurassic Park avec sa pitoyable et perpétuelle ritournelle sur le talent de l’équipe municipale précédente et la brillante façon dont elle a conduit les affaires municipales. (Il est permis de sourire).

Heureusement dans tout bon film, il faut des figurants, des seconds rôles et des têtes d’affiche et le conseil municipal d’hier, où les débats ont été de qualité, semble indiquer que le haut de l’affiche de la prochaine mandature se partagera entre Maïder Arostéguy, Édouard Chazouillères, Guillaume Barucq et Nathalie Motsch, si elle se décide à faire de son nouveau métier d’opposante une activité à plein temps. On a connu pire comme casting.

Tout commence par un aimable badinage entre Guillaume Barucq qui s’étonne de la fermeture des plages cet été à partir de 22 heures, persuadé que le risque de contamination par la Covid 19 était faible, et Maïder Arostéguy qui réplique en évoquant « des infectiologues qui ne partagent pas le même avis que vous mais qui sont tout de même des experts ». On admirera le savoureux « tout de même » adressé au médecin Barucq.

Un excellent Barucq

Le vrai débat, après ces amusantes agaceries, commence au bout de 55 minutes et concerne bien évidemment L’Hôtel du Palais et le financement des travaux. Les coupables du fiasco, à l’exception de Destizon, étant tous soigneusement planqués, les élus actuels qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition sont bien obligés de constater que la catastrophe qu’ils avaient annoncée en juillet et octobre 2018 est en train de se réaliser.

Guillaume Barucq se montre très lucide sur le dossier du Palais (Photo Fabienne DUHART)

C’est un excellent Guillaume Barucq (57e) qui exprime, avec un grand sens des responsabilités, sa colère et son désarroi face à la situation actuelle, « la chronique d’une catastrophe industrielle annoncée ». Colère contre l’État venu se baguenauder au Palais pendant le G7 de 2019, sans donner le moindre coup de pouce à la rénovation du prestigieux bâtiment, contrairement à ce qu’avait fait l’État italien, mais aussi colère contre ses anciens colistiers qui ont laissé la patate chaude à la nouvelle équipe, Veunac annonçant benoîtement à Maïder Arostéguy peu après son élection qu’elle devait trouver d’urgence 20 millions d’euros pour boucher le trou des travaux et la manque à gagner de la saison 2020. Avec beaucoup d’empathie pour son ancienne rivale des municipales, « Je me mets à votre place, ça ne devait pas être facile », le médecin surfeur énonce quelques principes de bon sens : « Vous nous faites jouer au casino avec Le Palais » … « Je suis très mal à l’aise par rapport à cette délibération » … « À un moment, la Ville devra se retirer du tour de table tout en gardant les murs ».

Arostéguy : « La Ville n’a pas vocation à gérer un palace »

Habile, Maïder Arostéguy lui répond qu’elle « est assez d’accord avec ce qu’il vient de dire, sauf qu’on est dans l’urgence ». Avant de proférer la phrase que nombre de contribuables biarrots rêvaient d’entendre depuis des décennies : « Une ville a-t-elle vocation à gérer un palace ? La réponse est non ! »

Édouard Chazouillères explique ensuite comment la Ville a divisé le risque par deux en ne faisant qu’une partie des travaux cette année, puis une autre l’année suivante. Et c’est alors qu’intervient, enfin présente pour ce troisième conseil, Nathalie Motsch, toujours aussi tranchante dans ses interventions et flamboyante dans ses plaidoyers. Elle aussi dédouane d’entrée Maïder Arostéguy : « Vous héritez d’un passé et vous n’êtes pas responsable d’un dossier financièrement lourd, juridiquement complexe, politiquement difficile, médiatiquement incompréhensible. ».

Motsch : « Un seul pourra suivre. Decaux ! »

L’ancienne adjointe à l’Urbanisme pointe du doigt les conséquences désastreuses des décisions prises par celui qui s’imaginait être un génie de la Finance et qui n’était qu’un bricoleur du dimanche : « La propriété du Palais s’est totalement diluée dans la Socomix ? Le palace d’un point de vue patrimonial s’est démonétisé. La perte sèche pour la Ville, c’est 200 millions d’euros. » Et de confirmer au passage une info donnée par Bisque, Bisque, Basque ! « Vous savez comme moi qu’il y a eu une offre de 180 millions d’euros en son temps ». (L’offre de rachat du fond et des murs a été faite en 2014 et, scandale absolu, Michel Veunac n’en a jamais parlé à son conseil municipal et a décidé de ne pas en tenir compte).

Nathalie Motsch revient ensuite sur la menace que fait peser Decaux : « La Socomix va perdre beaucoup d’argent dans les prochaines années, même hors Covid. Un seul pourra suivre les renflouements successifs, c’est l’actionnaire Decaux. »

Et de poser la question essentielle de ce débat d’où aucune bonne solution ne peut émerger, puisqu’il faut faire une avance de compte courant de 2,4 millions d’euros, Le Palais pouvant difficilement être vendu avec des échafaudages et des travaux inachevés : « Êtes-vous prêts à remettre la main à la poche chaque année, ? ».
C’est effectivement la grande question de ce débat, Maïder Arostéguy promettant de consulter l’ensemble des Biarrots sur le sujet.

Une fois de plus, Corine Martineau a fait cavalier seul (Photo Fabienne DUHART)

Sans surprise, la majorité vote derrière Maïder Arostéguy tandis que l’opposition est contre. À l’exception de Corine Martineau qui, une fois de plus, ne suit pas son chef de file. Contactée par BBB, Corine Martineau ne s’exprime pas sur son vote, tandis que Guillaume Barucq répond que « chacun a pris son indépendance de parole et de vote et c’est certainement mieux ainsi pour le débat ».

On le sait, avec le docteur Barucq, adepte de la pensée positive, tout va toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Une diva démasquée

Nathalie Motsch était la seule sans masque au conseil du 2 octobre. (Photo Fabienne DUHART)

Si l’Hôtel du Palais n’a plus de touristes depuis longtemps, le conseil municipal en dénombre encore quelques-uns, comme Nathalie Motsch qui en est maintenant à un demi conseil municipal sur trois possibles. Coups de téléphone hier soir et ce matin de lecteurs s’étonnant que l’on ait laissé Nathalie Motsch, qui faisait son grand retour, participer à tout le conseil sans masque en ces temps de panique sanitaire, contrairement à tous les autres élus. Nathalie Motsch a annoncé qu’elle partait après le débat sur Le Palais et une lectrice qui la suivait l’a distinctement entendue dire qu’elle avait 39 de fièvre. Interrogée sur ce fait, Nathalie Motsch s’est contentée de renvoyer à Bisque, Bisque, Basque ! qui n’en demandait pas tant un certificat médical et un extrait du Larousse médical sur son actuel problème de santé qui n’a rien à voir avec le vilain virus. Si un cluster se développait au sein de l’équipe municipale, manquerait plus qu’on accuse Nathalie !

Barucq désormais presque à poil

C’était prévisible : Comme Saint-Cricq en 2008, le médecin-surfeur vient de se faire lâcher par deux de ses colistiers. Que vont faire maintenant ceux de droite ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le principe de précaution n’est pas un vain mot pour les élus de l’opposition de la liste EHVS, Brice Morin et Lysiann Brao. Quand ils étaient petits, on leur recommandait certainement de tourner sept fois la langue dans leur bouche avant de parler. Cette fois, ils ont préféré la tourner 77 777 fois avant de prendre une décision. C’est donc quarante-deux jours après le dernier conseil municipal du 29 juillet que les deux élus de l’opposition, membres de la liste Barucq ont annoncé dans Mediabask qu’ils reprenaient leur liberté, déplorant que Jean-Batiste Dussausoix-Larralde et Corine Martineau n’aient pas respecté la discipline de groupe et refusé de voter une surtaxe à 60% des résidences secondaires.

https://www.mediabask.eus/eu/info_mbsk/20200910/euskal-herrian-vert-et-solidaire-reprend-son-independance

Une défection qui ne surprend pas grand monde car le concours de paris était ouvert entre tous les observateurs de la vie biarrote pour savoir combien de temps tiendrait cet improbable attelage composé de gens de gauche et de droite regroupés derrière la bannière écologique de Guillaume Barucq. Personne n’imaginait ces cinq opposants faire route commune jusqu’en 2026, ce qui démontre une fois de plus qu’on ne compose pas une liste électorale au décrochez-moi ça, en assemblant n’importe qui autour de n’importe quoi.

Barucq : « Même pas mal !»

On ne sait jamais avec Guillaume Barucq s’il est foncièrement gentil ou s’il met en avant sa gentillesse comme arme politique. Probablement les deux ! L’élu d’opposition, qui a certainement lu la fable de La Fontaine « Le renard et les raisins », où le rusé animal estime que les raisins beaucoup trop hauts d’une treille « sont trop verts et bons pour des goujats », s’efforce de la jouer grand seigneur : « La richesse et la percussion d’une opposition naissent de sa diversité. Comme en 2014, les courants qui composaient la liste arrivée en deuxième position reprennent leur autonomie. Mais nous continuerons à nous concerter au sein de l’opposition et je reste en excellents termes avec Lysiann Brao, Brice Morin et EHVS. Je comprends leur décision de voler de leurs propres ailes. Je leur souhaite bon vent et je sais qu’ils apporteront un plus à ce conseil municipal pour renforcer les exigences sociales, écologiques et de développement de la langue basque. » Ce qui s’appelle faire bonne figure dans la déroute.

Martineau : Silence radio

Car pour cacher sa totale nudité politique, Guillaume Barucq n’a plus que deux feuilles de vigne à sa disposition. Et, on le sait, les feuilles de vigne ont tendance à tomber l’automne venu. S’il ne veut pas pérorer dans la solitude, à l’image d’un Patrick Destizon obscène lors du dernier conseil municipal dans sa pathétique volonté d’exister, Guillaume Barucq a intérêt à garder à ses côtés Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde et Corine Martineau pour pouvoir varier les interventions et éviter les soliloques. Mais, à supposer qu’il réussisse cet exploit, son image se décentrera forcément aux côtés de ces deux tenants de la droite dure et décomplexée. (Et l’on pouffe de rire rétrospectivement en repensant à Matthieu Accoh expliquant à BBB qu’une alliance avec Nathalie Motsch était impossible car « elle est trop à droite ».  Tandis que tata Corine, c’est l’extrême-gauche ?)

Contactée par message téléphonique, Corine Martineau n’a visiblement pas souhaité répondre. Les deux militants républicains doivent être en pleine réflexion, car il est sûr qu’ils auraient beaucoup plus de visibilité en faisant leur propre groupe d’opposition et auraient à défendre des idées plus évidentes pour eux que celles du médecin-surfeur qui pourrait bien dans les jours à venir avoir à affronter des vagues autrement plus traîtresses que celles de la grande plage.

La politique est un métier impitoyable. Demandez-donc à Jean-Benoît Saint-Cricq ce qu’il en pense.

Les amours d’été ne durent pas toujours

Cette amusante vidéo a été prise le 28 juin dernier, au soir du deuxième tour, dans la permanence électorale de Guillaume Barucq. « On a pris une taule » reconnaît le candidat qui est persuadé qu’il a sous la main une « formidable équipe » et que « 2026, c’est demain. On sera prêts et motivés ». Visiblement, ce soir-là, la voyante Elizabeth Teissier n’était pas invitée.

Les appliqués, les fumistes et le gros lourd

Ce deuxième conseil municipal sur le budget a donné lieu à des échanges fructueux. Malgré certaines absences discutables et un Destizon décidé à faire son intéressant.

À l’aise et maîtrisant ses dossiers, Maïder Arostéguy a su créer une ambiance de dialogues et d’écoute réciproque.

Ôtez-moi d’un doute pour le cas où Alzheimer aurait fait une visite impromptue : la liste conduite au printemps par Nathalie Motsch s’appelait bien, avec une immodestie certaine, « Biarritz en a besoin » et non « Biarritz par-dessus la jambe » ? Hier soir, lors d’un conseil municipal de très belle tenue qui nous ferait presque oublier les errances et autres approximations de Mimi-la-Malice et ses troupes, il y avait de quoi avoir mal au ventre pour tous les gens de qualité qui étaient présents sur la liste de « Calamity Nathalie », en constatant que pour la deuxième fois consécutive leur championne avait donné son pouvoir à Sébastien Carrère et joué les filles de l’air. Comme aurait dit Chevènement, « Un élu, ça fait le job ou ça démissionne ».

Agacement similaire en ce qui concerne le Monsieur météo de TF1, Louis Bodin, absent pour la deuxième fois en deux conseils municipaux. Même si son cas est moins grave que celui de Nathalie Motsch, puisque simple godillot de la majorité, il est exaspérant de constater que les Biarrots crient au « parachuté » quand un ministre envisage d’être candidat dans une ville qu’il pratique depuis trente ans, mais sont en émoi comme des midinettes lors de leur premier bal en voyant le « grand nom parisien » qui va embellir l’affiche, alors que tout le monde sait qu’il sera trop pris par ses activités professionnelles pour consacrer du temps à Biarritz. Et quand je m’étonne sur Twitter de son absence, son beau-père Jean-Bernard Pinatel sort le fusil mitrailleur : « Il apporte son expérience et son conseil à l’adjoint à l’environnement. À l’heure du travail à distance, c’est tout à fait amusant de voir ce genre de réflexion ». Drapeau blanc, Jean-Bernard, mais que je sache le poste de conseiller municipal en télétravail n’a pas encore été prévu par la Constitution.  Et il n’est pas obligatoire d’occuper un mandat pour aider une ville.

Chazouillères explique au lieu de pérorer

Édouard Chazouillères s’est montré plutôt pédagogue et intéressant, mais visiblement certains préfèrent lire le journal.

Mais revenons plutôt aux bons élèves de cette rentrée au lieu de nous intéresser aux fumistes. Tous ceux qui passent actuellement leurs après-midis à la plage confirmeront sans doute une rumeur venue du personnel de la mairie : ce ne sont pas les coups de soleil qui gênent beaucoup Maïder Arostéguy et sa majorité. De mémoire de fonctionnaire territorial, il y a longtemps que l’on n’avait vu une équipe se mettre au travail avec une telle ardeur et impliquer autant les services qui sont globalement ravis de ce bol d’air frais. Bisque, Bisque, Basque ! se gardera bien de toute conclusion anticipée, les bonnes résolutions de la rentrée s’étiolant parfois au cours d’un mandat, mais il est évident que pour rectifier en trois semaines, compte-tenu du Covid, les orientations budgétaires il a fallu que les élus et les services se mobilisent sacrément.

Au lieu des péroraisons autosatisfaites de Guy Lafite et des sentences aussi creuses que définitives de Michel Veunac, nous avons eu droit de la part du maire, d’Adrien Boudousse son premier adjoint, et surtout du « ministre des Finances » Édouard Chazouillères à des explications limpides sur le budget avec des chiffres projetés permettant à chacun de suivre précisément les points évoqués. De la pédagogie à la place de l’enfumage permanent, on va finir par croire que le Dieu de la démocratie et du respect de la vie publique est enfin venu faire un tour à Biarritz !

Et même sentiment de clarté et de connaissance des dossiers lorsque les adjoints, que ce soit Michel Laborde, Richard Tardits, Maud Cascino, Anne Pinatel ou Nicolas Martinez ont pris la parole. Ce conseil dure 3 h 21, mais il mérite vraiment d’être écouté de bout en bout et de sacrifier une séance de bronzette, tant les échanges sont passionnants. Vous y apprendrez entre autres comment le Covid a coûté 4 millions d’euros à la Ville, pourquoi il y a cette année 20% de véhicules automobiles en plus et aurez la confirmation que la danse et le rugby touchent tous les deux annuellement plus d’un million d’euros par an d’argent public.

https://www.youtube.com/watch?v=NN3ZC0Y6WZs

Une opposition constructive et intéressante

D’autant que l’opposition a su se montrer à la hauteur et profiter de la volonté de dialogue, très perceptible lors de ce conseil, pour poser beaucoup de questions intelligentes. Les sept opposants présents ont pris la parole à un moment ou l’autre de la soirée, démontrant souvent une autre vision de l’avenir de la ville mais faisant toujours preuve d’une courtoisie républicaine de bon aloi dans leurs interrogations.

Jean-Baptiste Dussaussois Larralde a fait remarquer que « 92 000 euros seulement pour l’amélioration des eaux de baignade » c’était fort peu, Lysiann Brao s’est interrogée sur les modalités d’attribution de la prime post-Covid, Corine Martineau a défendu une association comme « Équilibre », Brice Morin évoqué son poste de salarié de l’Atabal pour ne pas voter certaines délibérations susceptibles d’entraîner un conflit d’intérêts et Sébastien Carrère demandé des précisions sur le mode de calcul des droits de mutation. À chaque fois, les réponses de la majorité ont été précises et détaillées.

D’habitude, c’est la majorité qui veut augmenter les impôts quand l’opposition se récrie. Le plus surprenant de tous les opposants est donc Guillaume Barucq qui se retrouve à prôner une fiscalité beaucoup plus dure pour les résidents secondaires, ce qui est plutôt inhabituel, même si idéologiquement parlant le docteur à catogan est cohérent avec ses annonces de campagne.

Un vote qui marquera une première lézarde dans l’opposition puisque le « centriste-équilibriste » Barucq votera contre, tout comme Brice Morin et Lysiann Brao, tandis que Corine Martineau et Jean-Baptiste Dussaussois Larralde se rangeront aux côtés de la majorité. Le signe avant-coureur d’un éclatement idéologique de ce groupe d’opposition ?

Un comique malgré lui

« Survivor », l’élu qui ne doit sa place qu’à deux défections, s’est montré insupportable toute la soirée.

On le sait dans tout rassemblement, il y a toujours un gros lourd qui en fait des tonnes et ne comprend rien à l’ambiance générale. À sa place, compte tenu du cinglant échec électoral subi, on raserait les murs, puisque cet élu ne doit son fauteuil d’opposant qu’aux défections successives de Jean-Benoît Saint-Cricq et Jocelyne Castaignède, mais Patrick Destizon n’est pas du genre à se contenter de s’empiffrer gratuitement des petits fours offerts par la Socomix où Maïder Arostéguy lui a laissé un strapontin par charité. Décidé à jouer l’intellectuel de service et à peu près aussi convaincant dans ce rôle que Gérard Larcher briguant un poste de danseur étoile pour les ballets Malandain, l’inénarrable Patriiiiick se lance dans une interminable apologie de la mandature précédente qui ne convainc que lui. Et comme la lumière braquée sur lui s’est éteinte beaucoup trop vite à son goût, il remet le couvert en fin de conseil avec une tirade sur le recrutement d’un cabinet qui va coûter « annuellement 250 000 euros par an ». Notre économiste oublie juste de préciser combien l’absence de cabinet et des compétences qui y sont rattachées a coûté à la Ville lors de la dernière mandature avec les bourdes en série qui auront caractérisé la mandature Veunac, malgré la présence de l’immense adjoint aux travaux qu’il était. Avant que Maïder Arostéguy ne sorte ses griffes pour la seule fois de la soirée en évoquant le recrutement lors du mandat précédent d’Olivier Lépine, « conseiller spécial de Michel Veunac » payé par les contribuables biarrots. Petit élève fessé en public, Patrick Destizon boudera sur sa chaise et arrêtera immédiatement ses attaques.

Et, un peu comme un ivrogne repenti qui garde dans son salon une photo de lui allongé dans le caniveau datant de ses bitures passées, on se dit que finalement c’est peut-être une grande chance pour la vie politique d’avoir au sein du conseil municipal un personnage comme Patrick Destizon : il incarne l’arrivisme, la duplicité et tout ce qu’on déteste dans la politique et rend sympathique ce grand bol d’air frais qui nous arrive avec tous ces nouveaux visages de la majorité et de l’opposition.

Un accord Arostéguy-Etchegaray à propos de Motsch ?

L’information n’est pas encore officielle, mais elle fait déjà beaucoup parler au sein de l’Agglo Pays basque où Biarritz avait perdu une grande part de son crédit grâce à son éblouissant ex-maire. Solidarité UDI oblige, Jean-René Etchegaray souhaiterait garder Nathalie Motsch à la tête de l’AUDAP (Agence d’Urbanisme Atlantique-Pyrénées) où aux dires de tous, elle a effectué un très bon boulot. Il a donc approché par téléphone Maïder Arostéguy pour savoir si cette nomination poserait problème. Apparemment, Maïder Arostéguy aurait fait preuve de sens politique en acceptant le deal. Un deal qui n’interdirait pas à Nathalie Motsch d’honorer de sa présence, au moins une fois avant 2026, le conseil municipal où elle a été élue.

Plutôt bluffante

Maïder Arostéguy a fait preuve de beaucoup d’autorité, et aussi de malice, pour conduire son premier conseil municipal.

La première magistrate a joué sa partition avec beaucoup d’aisance.

Les vieux Biarrots qui ont connu Maïder Arostéguy enfant – on l’imagine très bien petite fille espiègle et pétulante comme elle le laisse encore paraître quand elle oublie de se contrôler – ont dû se frotter les yeux à plusieurs reprises en regardant leur nouvelle maire mener son premier conseil municipal avec la maestria d’un vieux briscard de la politique et se dire : « Elle a parcouru un sacré chemin, la petite ! ». Sans vouloir entacher en quoi que ce soit l’image de la nouvelle élue, il fallait une sacrée imagination en 2008, lorsque la timide Maïder faisait ses premiers pas en politique aux côtés de Destizon et Saint-Cricq, pour voir en elle une future maire. Ses proches affirment que dès 2009, Maïder Arostéguy annonçait qu’elle serait un jour maire de sa ville. Démonstration qu’en politique, il faut une volonté hors du commun alliée à d’heureux concours de circonstance pour réussir.

Tout avait pourtant commencé, le vendredi 3 juillet, lors de l’élection du maire au casino Bellevue, par une petite faute de goût de son équipe. L’une des deux salles qui prolonge la rotonde avait été « privatisée » par les proches de la candidate. Compte-tenu de la taille des salles, chaque citoyen avait pu trouver une place respectant la distanciation sociale et l’on peut comprendre le désir d’une équipe, en campagne depuis deux ans, d’applaudir leur championne, mais le signal envoyé n’était pas très heureux : le jour où l’on revêt l’écharpe tricolore, on ne peut pas adresser un message subliminal à ses concitoyens en leur disant qu’il y aura une salle pour le tout-venant et une autre pour les proches, la stricte égalité devant prévaloir. Hervé Boissier avait dénoncé cet état de fait avec vigueur et il avait raison.

Motsch et Martineau absentes

Vendredi 10 juillet, à l’occasion du premier conseil municipal présidé par notre nouvelle maire, c’est l’opposition qui à son tour a commis une grosse faute de goût. Si dans les rangs de la majorité Louis Bodin, retenu à Paris pour cause de préparatifs du 14 juillet, avait donné procuration à Anne Pinatel, deux figures majeures de l’opposition avaient elles aussi laissé un pouvoir. Nathalie Motsch à son colistier Sébastien Carrère, et Corine Martineau à Guillaume Barucq. Le législateur a prévu ce cas d’espèce, mais la moindre des choses était une explication publique à ces défections. Il arrive à des gens très bien d’être malades ou d’avoir un souci familial, mais, venant de deux figures importantes de l’opposition, qui ont clamé pendant des mois que Biarritz avait besoin d’elles, on espère que c’est n’est pas un simple motif de convenance personnelle ou un désir de vacances qui est à l’origine de ces deux curieuses absences. Le spectateur en restera pour ses frais et n’aura pas le moindre éclaircissement, ce qui est bien dommage.

Une véritable place faite à l’opposition

Toujours courtois, Guillaume Barucq va sans doute lui aussi profondément contribuer à modifier en tant qu’opposant la teneur des débats municipaux.

Surviennent ensuite les classiques figures de style lors d’un premier conseil municipal comme les émoluments de chacun et la distribution des rôles. Avec beaucoup d’habileté, Maïder Arostéguy annonce qu’elle a diminué de 6% son indemnité par rapport à Michel Veunac (un goinfre de première, celui-là !) afin de pouvoir redistribuer la somme à ses adjoints. Divisé par 13, la bonification doit à peu près correspondre au prix d’un paquet de Carambar pour chacun, mais le geste est là.

Très à l’aise, présentation power-point à l’appui, Maïder Arostéguy détaille ensuite le rôle de chacun de ses treize adjoints, de ses huit conseillers délégués et des subdélégués de sa majorité. Avec la courtoisie qui le caractérise, Guillaume Barucq évoque ensuite les « droits de l’opposition » et les demandes qu’il formule comme un bureau à la mairie pour pouvoir réunir son groupe. Arostéguy s’attendait visiblement à cette question et annonce que dès le prochain conseil tout sera réglé, décochant au passage une flèche à Borotra et Veunac : « Vous aurez une visite guidée de la mairie comme je ne l’ai pas eu quand je suis arrivée dans l’opposition et vous rencontrerez tout le personnel communal ».

Puis comme un magicien sortant un lapin de son chapeau « Magic Maïder » va même plus loin dans ses propositions à l’opposition : « Il est logique que l’opposition préside une commission. On pourrait vous confier les Finances, mais compte-tenu de votre parcours, nous vous proposerons la présidence de la commission environnement » Sourire de Guillaume Barucq, qui va vite se rembrunir, suite à une « espièglerie » fort calculée de Maïder : « Je ne veux pas me mêler de la vie de votre groupe, mais je verrai très bien à la tête de cette commission Monsieur Dussaussois Larralde » (Ce colistier de Guillaume Barucq est ingénieur eau et environnement ) Gueule du médecin à catogan qui ne pipe mot et réalise que le maire est en train de mettre le bazar dans son propre groupe en lui créant un rival.

Mais, on le sait d’expérience, lorsqu’on participe à un dîner, les engueulades ont rarement lieu à l’apéritif. Maïder maîtrise visiblement son sujet et amène un ton enjoué qui rend très agréable ce conseil « fluide, apaisé et constructif » selon les mots de la première élue.

Un cabinet musclé s’impose

Sébastien Carrère, en l’absence de Nathalie Motsch, est intervenu sur la composition du futur cabinet du maire.

La seule tension perceptible de la part de l’opposition se produira au moment du vote pour la création d’un cabinet un peu « armé », avec le recrutement d’un chef de cabinet, d’un directeur de cabinet et d’un chargé de mission, « un outil qui n’existait pas ou si peu auparavant ». On s’en souvient, Michel Veunac, à force de piquer les dossiers et de ne dire à personne ce qu’il faisait, avait réussi à dégoûter son propre chef de cabinet qui avait démissionné. On connait la suite et le désastre de la fin de mandat.

Pas encore tout à fait à l’aise dans l’exercice, l’opposant Sébastien Carrère se demande si ces créations de poste sont « justifiées », tandis que Lysiann Brao s’étonne du coût que va impliquer un tel recrutement.

Maïder Arostéguy réplique que « pour être performant, il faut une structure et des ressources humaines » et il semble difficile de lui donner tort, tant la complexité des dossiers à traiter dans une ville comme Biarritz nécessite une interface solide entre les élus et les services.  L’argument du coût que cela entraînera semble tiré par les cheveux, quand les erreurs faites par une mairie mal dirigée se chiffrent vite en milliers d’euros. La mandature précédente est là pour nous le rappeler.

Figures imposées et figures libres

Ce conseil municipal rondement mené se termine sur une note souriante puisque Maïder Arostéguy propose à tous les Biarrots un pique-nique républicain au Lac Marion à l’occasion du 14 juillet où à la fin des agapes « tous les élus nettoieront le site pour qu’il soit propre », avant d’annoncer que le prochain conseil municipal se tiendra le 29 juillet et sera consacré au vote du budget qui avait été retardé pour cause de Covid.

Et il sera intéressant de voir si Maïder Arostéguy réussit à manifester la même fermeté souriante lors de ce conseil où les enjeux seront d’importance. Les patineurs le savent : c’est une chose de réussir les figures imposées que l’on a répété à l’envi, et une toute autre chose de réussir les figures libres. La nouvelle maire a plutôt bien passé la première épreuve. Reste à savoir maintenant si le côté « sympathique gaffeuse » de Maïder ne va pas ressurgir si elle est un peu chahutée par l’opposition et obligée de sortir du fil conducteur manifestement très élaboré qu’elle avait préparé hier soir.

Bisque, Bisque, Basque ! qui souhaite le meilleur pour sa ville va suivre tout cela avec beaucoup d’intérêt et se fera un plaisir de vous le conter à sa façon.

 

À RETENIR :

https://www.youtube.com/watch?v=gezYdfAJh7U

Ce conseil dure 82’ et mérite d’être écouté de bout en bout pour découvrir les nouveaux protagonistes du théâtre municipal et le « style » que cherche à imposer Maïder Arostéguy.

Si vous n’avez pas le temps, vous pouvez toujours jeter un œil sur le « trombinoscope » des élus, publié sur le site de la mairie.

https://ville.biarritz.fr/annuaires/annuaire-des-elus-330.html

 

Des soucis pour Bisque, Bisque, Basque!

Vouloir faire dialoguer un journaliste charentais avec un robot californien pour tenter de réparer le site devenu inaccessible, c’est comme demander à un joueur de badminton et à un rugbyman professionnel de trouver les points communs de leurs deux sports. Heureusement, Aitana design, la femme qui sait apprivoiser les robots et les soumettre à sa volonté a pu solutionner le problème. Il était temps, car vous avez été plusieurs centaines à m’envoyer des messages pour déplorer de ne pouvoir lire cet article. Espérons maintenant qu’il n’y aura plus d’incident technique pour toute la future mandature de Maïder Arostéguy, car il serait bien étonnant que BBB ne trouve rien à dire. 

 

 

 

 

Que la volonté des Biarrots soit faite…

Maïder Arostéguy doit sa belle victoire au fait de plaire beaucoup à ses concitoyens mais aussi et surtout à une stratégie très efficace.

Maïder Arostéguy peut avoir le sourire. Elle a joué la partie à la perfection.

Tous les « voileux » ayant disputé une régate savent bien que le choix du plus court chemin d’une bouée à une autre est la meilleure solution pour être distancé. En voile, comme en politique, il faut savoir jouer avec les courants, le gros temps et les dépressions, cacher à ses adversaires le plus longtemps possible la route choisie et à un moment ne plus barguigner, border les voiles et foncer. Même si aux yeux de pratiquement tous les électeurs interrogés, Maïder Arostéguy faisait figure d’évidente favorite, les étranges incertitudes de cet entre-deux tours de quinze semaines, conjuguées à la combativité retrouvée de l’amiral Motsch, aux errances du matelot Barucq et aux jurons du capitaine Saint-Cricq, repêchant Castaignède, Destizon et Vial pour former un improbable équipage, ne pouvaient pas laisser imaginer que la navigatrice en eaux claires Arostéguy allait remporter aussi haut la main l’épreuve.

À l’image de Florence Arthaud, surnommée « La petite fiancée de l’Atlantique » après sa victoire en solitaire sur la Route du Rhum 1990, Biarritz va connaître sa première femme maire de son histoire. Et si, incontestablement, « La petite fiancée de la Côte des Basques » jouissait auprès des Biarrots d’une cote d’amour bien supérieure à ses adversaires, c’est surtout grâce à deux manœuvres tactiques d’une grande audace qu’elle a emporté aussi nettement cette traversée électorale au long cours.

Il fallait partir avant le G7 !

Alors que tous les candidats réels ou supposés (on en a compté jusqu’à dix quelques mois avant le premier tour) disposaient des mêmes cartes de météo marine, Arostéguy est la seule à avoir perçu l’avis de gros temps qu’allait entraîner le G7, en août 2019. Fort sagement, Maïder flanquée de son imposante flottille de soutiens, a pris le large dès juin 2019, multipliant dès cette époque les réunions publiques et les rassemblements. Tous les autres équipages ont préféré attendre sagement au Port-vieux la fin du grand raout mondial avant de se lancer à leur tour dans la course. C’était compter sans les remarquables « empêcheurs de régater en rond » qu’ont pu être Veunac courant après l’investiture du sponsor LaRem, mais aussi Didier Guillaume et Jean-Baptiste Lemoyne, grands champions du hissage de grande voile ministérielle et du captage de la lumière des projecteurs. De septembre à décembre 2019, ils ont rendu invisibles toutes les petites armadas qui s’élançaient à leur tour, donnant le sentiment aux Biarrots, même si ce n’était pas tout à fait la réalité que seule Arostéguy avait consciencieusement ratissé le plan d’eau où s’ébattent les Biarrots.

Il fallait écouter les Biarrots !

Et puis il y a eu ce fameux soir du premier tour dans le climat anxiogène que l’on connait, le Premier ministre annonçant que tous les marins allaient devoir rentrer au port et vivre calfeutrés pendant plusieurs semaines. Heureusement, avant de fermer les écoutilles pour un bon bout de temps, une divine nouvelle a permis aux Biarrots de dissiper l’anxiété. L’indéboulonnable Mimi-la-Malice, le redoutable flibustier que tout le monde redoutait de voir repartir pour six ans de navigation en eaux troubles, arrivait en cinquième position avec seulement 12,22% des suffrages. Aucun capitaine de bateau porteur d’une écharpe tricolore n’avait subi en France un désaveu semblable à celui-là !

Mais si les deux candidates Arostéguy et Motsch ont bien lu le vote des Biarrots et leur refus des pratiques d’antan, les deux candidats qui se sont maintenus, à force de louvoyer et de multiplier les manœuvres hasardeuses, ont fini par se prendre la bôme de leur voilier en pleine poire et démontré qu’il était grand temps qu’une femme prenne la barre.

– C’est Jean-Benoît Saint-Cricq qui à 20 heures pétantes, le 15 mars au soir, annonce à grand fracas qu’il se rallie à Maïder Arostéguy. Avant de se dédire et de repêcher ces élus de la liste Veunac dont plus personne ne veut entendre parler comme Jocelyne Castaignède, Louis Vial, ou Patrick Destizon. Résultat, alors qu’il aurait dû bénéficier d’une partie de l’électorat Veunac, l’avocat biarrot réussit à perdre 1,85% de son propre électorat (8,74% contre 10,59% au premier tour). Il va désormais devoir écoper seul de son équipe au conseil municipal pour venir à bout des voies d’eau. À moins que lassé de ses échecs successifs – il entame son quatrième mandat d’opposant pas toujours très… opposant depuis 2018 ! – il ne laisse sa place à un de ses colistiers peu regardant comme le naufragé Patrick Destizon qui, après avoir trahi Saint-Cricq en 2008, est venu se réfugier dans ses bras en 2020.

Barucq ne pèse pas lourd vraiment pas lourd

– C’est Guillaume Barucq, le catogan le plus médiatique de la télévision française, qui oublieux du vote des Biarrots, refuse de composer un équipage hauturier de haute volée avec Nathalie Motsch et Brice Morin, pour tenter de faire une petite place à ses copains de la liste Veunac. Résultat, alors qu’une vague verte déferle sur la France, alors que son alliance improbable avec EHVS lui assurait un socle théorique de voix de 28,56% (16,22 % pour sa liste, 12,34% pour EHVS) sans compter tous ceux qui avaient décidé de voter « utile » au second tour, le rafiot du docteur surfeur a sérieusement pris l’eau et fini à 2,26% en dessous de son socle théorique avec 26,30% des suffrages. Pour quelqu’un qui voulait voir ce qu’il pesait, la réponse est claire : pas lourd, vraiment pas lourd. Et ce ne sont pas les vociférations et insultes de ses supporters sur la radio de bord ou plutôt sur les réseaux sociaux qui y changeront quelque chose !

– Reste le cas de Nathalie Motsch qui a multiplié les avaries pendant cette Transatlantique électorale. Se faire lâcher par Barucq à quelques jours du deuxième tour, alors que la composition de l’équipage était actée depuis le 15 mars, c’est comme déchirer sa grand-voile à quelques milles nautiques de la bouée d’arrivée. Rajoutez à cela une communication hasardeuse comme cette leçon de surf prise en vidéo et publiée sur sa page Facebook à trois jours de l’échéance finale et vous comprendrez pourquoi la candidate n’a progressé que de 0,5% par rapport à son socle initial. Mais Nathalie Motsch reste Nathalie Motsch : solide, courageuse, « Calamity Nathalie » a le potentiel pour devenir un grand maire de cette ville. À elle de nous le prouver désormais pendant les six ans à venir.

En sport, comme en politique, on ne retient de la compétition que le vainqueur. Surtout quand il s’est imposé aussi facilement. Maïder Arostéguy a promis une « gouvernance apaisée », sans les « tripatouillages » du passé et avec une véritable « écoute » des Biarrots. Et c’était ce que les Biarrots voulaient entendre. Ce matin, sur France Bleu Pays basque, elle a évoqué la possibilité d’organiser un referendum sur deux questions majeures qui préoccupent les Biarrots, l’avenir de L’Hôtel du Palais, et une réorientation possible de la Cité de l’Océan. Si ces promesses sont tenues, on ne peut que saluer une telle initiative qui permet ensuite au maire de gouverner sereinement en respectant la volonté de la majorité. C’est donc avec curiosité et bienveillance que Bisque, Bisque, Basque ! observera les premiers pas de cette nouvelle édile qui nous promet que la navigation va être paisible les six prochaines années, un souhait partagé par tous les Biarrots … Quitte à redevenir Bisque, Bisque, Basque ! plus ironique et incisif en cas de coup de tabac ou de manquement aux règles de la vie publique.

En attendant, bon vent, Maïder et que la croisière soit belle !

Barucq la joue « Plus belle la liste »

Parcours professionnels magnifiés, convictions fluctuantes, absence de démocratie interne, non-respect de l’humain : qu’est-ce qu’on rigole à Nouvelle vague !

Le fait d’être tête de liste, avec les caméras braquées sur sa personne, plonge visiblement le docteur Barucq dans une grande béatitude.

S’il est une tradition bien ancrée à Biarritz, c’est celle de s’affranchir des règles de la vie publique ! Un peu comme l’incontournable accent marseillais et les galéjades dans « Plus belle la vie », les électeurs biarrots sont priés d’applaudir le folklore local : Bernard Marie qui confondait sa cave personnelle avec celle du Palais ; Didier Borotra qui invitait à tout va le gratin politique dans le palace local mais ne mentionnait jamais sur les factures les noms des bénéficiaires des largesses municipales ; Michel Veunac qui traitait les dossiers en douce et les présentait aux conseillers municipaux au moment où on ne pouvait plus les défaire ; et maintenant Guillaume Barucq qui semble bien décidé à reprendre les traditions ancestrales et intituler le nouveau feuilleton local « Plus belle la liste ».

En effet, en examinant de près la liste Biarritz Nouvelle vague verte et solidaire, on peut se demander s’il y a quelqu’un dans cette liste qui a ouvert le code électoral.

L’article L88-1 est pourtant formel : « Toute personne qui aura sciemment fait acte de candidature sous de faux noms ou de fausses qualités (…) sera punie d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros. ». Ce qui signifie que lorsqu’on est candidat, on doit inscrire la profession que l’on exerce AU JOUR DU DÉPÔT DE LA LISTE et non celle que l’on occupait une décennie avant, ou celle que l’on a toujours rêvé d’exercer.

La liste « Biarritz nouvelle vague », telle que publiée par sud Ouest. Comme par hasard, ce sont des candidats en position éligible et présents dans la nouvelle liste de second tour qui ont un peu « amélioré » leur situation professionnelle.

Si la liste EHVS qui a fusionné avec Guillaume Barucq paraît avoir parfaitement joué le jeu, Biarritz Nouvelle vague semble avoir été tenté de vivifier un peu les parcours de certains colistiers. Il y a des années que Corine Martineau n’est plus dirigeante d’école de danse, que Virginie-Hélène Borteyru-Terpo a quitté la restauration ou que Justine d’Audiffret qui s’annonce en toute simplicité « Agent d’artistes, productrice et chargée de projet » ne veille plus sur le destin d’une quelconque célébrité. Comme s’il était déshonorant de se présenter sous le titre de « Demandeur d’emploi » ou de « Mère au foyer » !

Les questions posées par Bisque, Bisque, Basque ! à ce sujet provoquent comme un léger malaise. Corine Martineau envoie ses diplômes et attestations datant des années quatre-vingt-dix et répond : « Je pense que ce que les gens veulent connaître c’est ton expérience et c’est dans ce but que j’ai gardé le titre, ce qui me paraît essentiel dans une élection où l’expérience de chacun compte. Peut-être aurais-je dû mettre ex devant, mais ce n’est pas parce que tu mets ex-mari que tu renies tes enfants et que tu n’es plus mère. » Allez soutenir ce genre d’explication face à un juge et vous verrez !

Même embarras chez Justine d’Audiffret qui reconnaît ne plus avoir d’activité professionnelle réelle : « J’ai créé l’agence COCO Management (2011-dec 16) (…) Depuis mon installation à Biarritz en septembre dernier, je travaille en tant que freelance et conseil, et ai participé à un projet de conseil artistique pour Roland Garros, malheureusement annulé. J’ai également le plaisir de m’occuper de mes trois enfants. »

Quant à Virginie Borteyru-Terpo qui a longtemps tenu un restaurant à Bayonne mais n’exerce plus depuis plusieurs années, elle semble tomber des nues : « J’ignorais la loi. Je me suis déclaré restauratrice, car je suis une restauratrice dans l’âme, actuellement à la recherche d’une nouvelle affaire ».

La sincérité de l’intéressée est probable, mais n’incombait-il pas aux responsables de la liste de vérifier la véracité des déclarations, surtout concernant des amies très proches de Guillaume Barucq ?

Des nouvelles vagues, très très vagues

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la liste de Guillaume Barucq essuie une nouvelle dissidence après la démission d’Emmanuelle Brisson, jugeant la liste trop à gauche et la prise de distance d’Aurélie Siou estimant la communication du docteur à vélo plutôt catastrophique. Plusieurs colistiers ou ex-colistiers du docteur Barucq, qui selon leurs dires se situent « à gauche », très déçus du comportement de leur tête de liste ont adressé aux médias locaux une très longue lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal ? » accompagnée de captures d’écran des conversations échangées qui prouvent un fonctionnement qui fait un peu frémir.

Extrait de la Lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal? « 

 La Marquise de Vérité, avec son humour habituel dans La Semaine du Pays basque, a déjà raconté l’affaire. Bisque, Bisque, Basque ! de son côté, après une enquête fouillée, a pu vérifier la véracité de ce qui était affirmé. Si Guillaume Barucq met en avant dans ses discours « le renouvellement ou l’humain », il y a apparemment quelques progrès à faire en interne.

Des convictions pour de rire

Lors de son interview sur France Bleu, le 24 mai dernier, Guillaume Barucq d’un fort joli mouvement de catogan avait annoncé qu’il « allait réunir ses colistiers dès le lendemain pour définir la stratégie ». Belle promesse qui n’a pas été suivie d’effet au moins pour les signataires de cette lettre, très impliqués. Pas la moindre réunion du groupe ne s’est tenue et ce n’est que le 1er juin, à la veille de la conférence de presse, qu’est dévoilé aux colistiers l’accord avec EHVS.

Le message qui démontre qu’aucun des colistiers n’était informé du détail des tractations, le 1er juin.

Ces derniers apprennent aussi par la bande que Nathalie Motsch a refusé la place indigne de numéro six qui lui était proposée, mais aussi et surtout que sans la vigilance de EHVS, Barucq arrivait avec sept colistiers de Veunac dans la corbeille de mariage, à savoir Jacques Papon, Louis Vial, Laurent Ortiz, Eric Bonnamy, Marina Gouvry, Grégoire Le Taillandier, Betty Larronde. D’où ces mines de dix pieds de long dans la liste initiale le jour de la conférence de presse, tandis que la liste EHVS affichait le sourire des grands jours : seize places sur trente-cinq quand on a terminé quatrième avec 12% des suffrages, c’est inespéré et on peut presque parler de hold-up du siècle.

Consternation des signataires de la lettre aux médias qui découvrent que leur champion commet quelques arrangements avec la vérité mais aussi et surtout qu’il n’a pas le moindre sens politique ni la moindre conviction idéologique. Comme Bisque, Bisque, Basque ! l’a déjà raconté, Jakes Abeberry que l’on ne peut accuser de ne pas savoir faire de la politique a estimé qu’il n’y avait qu’une solution pour gagner, celle qui consistait à mettre Nathalie Motsch en numéro deux et Brice Morin en trois, ce qui respectait le suffrage des Biarrots. Son point de vue a été minoritaire après un vote en interne, ce qui prouve que la démocratie fonctionne chez EHVS. On ne peut pas en dire autant à Nouvelle vague où visiblement Guillaume Barucq et Corine Martineau ont décidé seuls.

Mêmes incohérences lors des tractations secrètes menées avec la liste Veunac et belle démonstration du peu de cas que fait Guillaume Barucq des convictions. Le 12 février, lors de l’avant-dernier conseil municipal, le docteur surfeur séduit une partie de l’électorat en se prononçant très fermement contre la création du centre de formation du BOPB. Ce qui ne l’empêche pas de négocier en douce avec la liste Veunac et de proposer à trois adjoints qui ont voté en faveur de ce centre de formation une place dans sa liste. Surfer dans un tel océan de contradictions, c’est vraiment du grand art !

L’humain quand on a le temps

Et puis il y a ce qui mortifie le plus les signataires de la lettre, et qui les amène à dire qu’ils ne feront « plus jamais de politique ». C’est le mépris de l’humain, le non-respect des promesses tenues, la désinvolture avec laquelle on traite les compétences, contrairement à tous les beaux discours effectués devant les caméras où l’humain est toujours mis en avant.

Extrait de la Lettre intitulée « Voulez-vous pour Biarritz un maire insincère et déloyal? « 

Certaines captures d’écran du groupe qui échangeait sur WhatsApp montrent une désinvolture totale et des méthodes que même le pire DRH de la grande distribution n’oserait utiliser. Autre anecdote qui montre le peu de respect de l’humain du candidat : « Vous serez sur la liste en position éligible » écrit le 31 mai sans sourciller Guillaume Barucq à un colistier très favorable à cette nouvelle alliance. Avant de se raviser le lendemain et d’annoncer par SMS au malheureux qu’il n’entre plus dans les plans. Conférence de presse, dépôt de la liste en préfecture et le 4 juin, sans le moindre coup de téléphone d’excuse pour ce revirement, envoi d’un faire-part écrit à l’éliminé : « Même si je n’ai pu vous intégrer dans la liste, nous espérons compter sur vous parmi nos premiers soutiens ». Clairement, on a connu plus courageux.

Et se pose désormais la question qui préoccupe tous les Biarrots : est-ce que on peut devenir un bon maire, soucieux de la démocratie et du respect des lois régissant la vie publique, quand avant même d’être élu on commet de tels arrangements avec la vérité, de telles acrobaties avec la démocratie, de telles désinvoltures avec ses colistiers ?

Histoire d’un désamour

Le 15 mars au soir, je n’ai pas le moindre doute. Je vais voter Guillaume Barucq qui semble avoir beaucoup évolué et être capable de faire preuve de plus de fermeté politique. Je suis convaincu qu’il va faire alliance avec Nathalie Motsch, comme il l’a toujours annoncé, et avec EHVS, ce qui va donner à la Ville une liste cohérente et équilibrée.

– Première inquiétude à la fin du confinement, quand j’apprends que Guillaume est prêt à intégrer des membres de la liste Veunac. Je mets cela sur le compte de la trop grande gentillesse du bon docteur.

– Deuxième inquiétude quand je découvre la mauvaise manière faite à Nathalie Motsch, alors que les deux candidats, depuis juillet 2019, parlaient d’un désistement mutuel au soir du premier tour.

– Nouvelle inquiétude quand des membres de la liste me racontent ce qui se passe véritablement à l’intérieur, loin très loin des valeurs humanistes proclamées.

Mail adressé à Guillaume Barucq et Corine Martineau, le 19 juin au matin avec 9 questions posées : Les 4 premières concernent les professions des colistiers et la neuvième une vilaine rumeur accusant Lysiann Brao d’avoir exercé son droit de retrait pendant le confinement, ce qu’elle démentira immédiatement de façon très convaincante.

Guillaume m’informe par SMS que « les personnes mises en cause me répondront personnellement » avant de lancer une menace à peine voilée « Comme vous le savez, il est par contre illégal de diffuser des conversations privées et je m’étonne que vous nous interrogiez là-dessus » Avant de rajouter : « Je vous appellerai après le débat ».

Ce à quoi je réponds qu’un journaliste a tout à fait le droit de faire état de conversations qui lui ont été transmises par une source quand elles concernent la vie publique.

Corine Martineau, Virginie-Hélène Borteyru-Terpo et Justine d’Audiffret répondent très vite.

Quatre questions sur le « fonctionnement démocratique de la liste », les appels du pied à Veunac et la gestion humaine sont donc restées sans réponse, Guillaume Barucq sans doute trop pris par ses activités professionnelles, ayant oublié sa promesse.

Une nouvelle relance de Guillaume Barucq et Corine Martineau par SMS le samedi 20 juin au matin n’a pas connu plus de succès.

 

 

Niaiseries biarrotes

Cabotinages, minauderies, flagorneries… Ce dernier conseil municipal a été à l’image de toute la mandature Veunac : consternant !

Tous ceux qui ont travaillé en entreprise se sont retrouvés un jour ou l’autre invités au pot de départ en retraite d’un collègue unanimement décrié. Les circonstances et l’alcool aidant, on dit publiquement du bien du partant, et le salopard qui a pourri la vie des autres salariés pendant des décennies, rentre chez lui ragaillardi : « Finalement, tout le monde m’aimait bien dans cette entreprise ».

Dans la grande salle du Bellevue, où se tenait le dernier conseil municipal de la mandature Veunac, les rares spectateurs présents ont eu droit à une soirée verbeuse, minaudière et hypocrite digne de la cérémonie de remise des César, où l’essentiel, l’après-Covid, a été oublié au profit de l’anecdotique et des auto-célébrations les plus pathétiques.

https://www.youtube.com/watch?v=F7ZaCohiDiY

Nous vous conseillons donc d’éviter à tout prix les 3 h 15 de ce débat, incarnation du pire en politique. Pour preuve, trois des quatre candidats ont poussé le mauvais goût jusqu’à féliciter le retraité du jour accessoirement maire, qui n’en croyait pas ses oreilles et se tortillait d’aise sur sa chaise. Seule Maïder Arostéguy, a eu le bon goût de se taire et de rester dans son rôle d’opposante.

Tout avait pourtant bien commencé avec une Nathalie Motsch refusant de signer le procès-verbal du conseil précédent, car l’estimant insincère puisque Veunac a déjà dépensé 240 000 euros en consultation d’architectes, pour un centre de formation du BO, alors qu’il avait annoncé le 12 février dernier que le vote était « purement consultatif », et un François Amigorena, incisif comme à l’accoutumée, s’étonnant qu’en ces temps de crise on alloue sans se poser de questions 500 000 euros de frais de communication au BO et 1,1 million d’euros seulement pour la relance du commerce biarrot.

À la trappe, les « muets du sérail »

Mais les sujets de fond n’intéressaient visiblement personne, hier soir. Les « muets du sérail », comme Bonnamy, Ortiz, Haye et bien d’autres que l’on n’a presque jamais entendus pendant six ans, étant décidés à offrir aux Biarrots qui n’en demandaient pas tant, une intervention impérissable et hors de propos avant de passer définitivement à la trappe de la vie politique.

Et les candidats du deuxième tour, tout en se livrant à un marquage à la culotte sans pitié, sous couvert de parler de Biarritz, de se laisser aller, lors de ce pot de retraite, à des excès verbaux dont nous nous serions bien passés. Volonté de ratisser large ou attendrissement qui n’était pas de mise ? C’est Barucq qui déclame « Je resterai fier d’avoir servi Biarritz à vos côtés », Nathalie Motsch, qui a un mot aimable pour Veunac, ou Saint-Cricq qui en fait des tonnes en s’adressant à Guy Lafite : « Vous avez magnifiquement redressé les finances de la Ville. Ne faites pas le modeste. C’est un opposant qui vous le dit » Et dire que Jean-Benoît Saint-Cricq a été dans une vie antérieure un opposant respectable… Qui osera faire remarquer qu’il est très facile de présenter un budget en équilibre quand on a planqué les dettes sous le tapis et refilé à la Socomix un emprunt sur les travaux de l’Hôtel du Palais ?

Et comme la pantalonnade s’éternise, comme Veunac sent que ceux qui lui crachent habituellement à la gueule quand il a le dos tourné, sont décidés ce soir à le caresser dans le sens du poil, il ose même pour résumer son bilan une de ces phrases creuses dont il a le secret : « Il semble que les résultats sont là ! » 

Bisque, Bisque, Basque ! qui adore jouer les rabat-joie rappellera donc que pas un maire sortant d’une ville de plus de vingt mille habitants n’a fait au premier tour un aussi mauvais score que notre Mimi-la-Malice et n’aura qu’un mot :

Au revoir, petit maire !

Mauvais exemple

Plusieurs élus, dont Édouard Chazouillères, ont déploré la mauvaise image donnée par Biarritz à la suite du reportage diffusé dimanche soir sur TF 1, où l’on voit le patron d’un célèbre établissement de la ville faire la bise à ses clients avec son masque. Et comme si cela ne suffisait pas, le fils de ce patron a passé une vidéo où, au volant de sa voiture, il se moque du « 4×4 » d’un malheureux SDF poussant son chariot de supermarché. Indignation sur les réseaux sociaux, retrait gêné de la vidéo et excellent dessin de Victor-la-Licorne pour dénoncer ce fait peu glorieux

https://www.facebook.com/VictorLaLicorne/

https://www.mediabask.eus/fr/info_mbsk/20200612/biarritz-la-video-d-un-serveur-de-bar-moquant-un-sans-abri-enflamme-la-toile?fbclid=IwAR0rHJkoEiTF4WEW5-BWZma4DE2kz524bUDIBH3m4N2J9PwDqwXA6oTB6Mk