Ligne éditoriale et pignes électorales

Soyons clairs : Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne mais suit avec intérêt les candidats susceptibles de faire tomber l’équipe en place.

Les municipales de 2020 promettent une belle foire d’empoigne.

Il se trouvera toujours quelques lecteurs du « Dictionnaire des idées reçues » de Flaubert pour estimer qu’un blog gratuit et citoyen, ouvert il y a sept ans et qui a reçu plus de 10 millions de visites, ne peut que cacher un noir dessein électoral, un intérêt personnel ou une volonté de rouler pour tel ou tel candidat. Bisque, Bisque, Basque ! laissera à ces Bouvard et Pécuchet modernes cette vision manquant grandement de générosité et répétera avec force le principe qui anime depuis le premier jour ce blog qui se veut citoyen : « Y’a que moi dans mon parti et c’est déjà le merdier ». Mais derrière les adorateurs d’idées reçues à la naïveté presque touchante, il y a aussi les cyniques qui espèrent, en salissant, mieux servir leurs petites stratégies électoralistes du moment. À six mois de l’élection municipale, c’est donc le moment ou jamais de rappeler la ligne éditoriale de ce blog avant que les pignes électorales, les marrons de campagne ou les ramponneaux d’entre deux tours ne volent tous azimuts.

Des histoires vraies même si l’objectivité n’existe pas

Neocon n’hésite pas une seconde et associe transparence et nazisme. Bigre!

S’intéresser à une histoire plutôt qu’à une autre, c’est déjà faire preuve de manque d’objectivité. Ne pouvant se démultiplier à l’infini, Bisque, Bisque, Basque ! a regardé de loin jusqu’à maintenant les problèmes scolaires de Biarritz ou le projet Océan Start, tout occupé qu’il était par le G7 ou la villa Sion. Ce qui est parfaitement discutable. Nous sommes tous le résultat d’un parcours, d’une éducation qui va dicter nos choix et nos centres d’intérêt. Lorsque je travaillais au Canard, je recevais en moyenne 600 lettres par semaine et je devais retenir trois d’entre elles pour écrire la rubrique « Couac ». Mon enfance pauvre, mes engagements de gauche, les exploités que j’ai pu croiser, font que mes choix se portaient sur trois histoires sans doute fort différentes de celles qu’aurait choisies un autre collègue issu de la bourgeoisie. C’est pour cette raison que j’ai toujours répété aux étudiants des écoles de journalisme que « L’objectivité n’existe pas ». En revanche, le journalisme consiste à raconter des histoires vraies, et non celles que l’on imagine. Dans le cas contraire, on est romancier.

Incapable de savoir pour qui je vais voter

Ce blog est né d’une indignation, lors du dernier mandat de Didier Borotra, face à des pratiques municipales qui m’ont semblé plus que limites. À l’indignation a succédé la consternation face à l’incompétence du duo Veunac-Lafite et à ses méthodes. La ligne éditoriale de Bisque, Bisque, Basque ! demeure claire : contribuer au débat citoyen, faire en sorte que le fonctionnement de la Ville redevienne normal à l’image de ce qui se passe à Bayonne ou Anglet, et empêcher Veunac ou Lafite d’être réélus, car je n’ose imaginer ce qui arriverait si Michel Veunac à 74 ans en reprenait pour six ans, avec le sentiment d’impunité que cela lui confèrerait. Ce que je fais porte un nom : le journalisme d’opinion.

Pour Didic, un journaliste ne peut être qu’un porte-parole d’un candidat.

Mais avoir des opinions quand on est journaliste (ce qui devrait être le cas de tous les titulaires d’une carte de presse) ne veut pas dire qu’on est militant. J’ai horreur des supporters et je ne suis encarté nulle part. Lorsque je regarde un match du XV de France, je souhaite la victoire des Bleus, mais si l’équipe joue mal, ce qui a été le cas plus d’une fois sous les ères Saint-André ou Brunel, je me réjouis de la victoire de son adversaire, parce que la passion du rugby passe avant la couleur du maillot. Très clairement, Bisque Bisque, Basque ! s’intéresse de près à tous les candidats susceptibles de battre Veunac, mais sans perdre pour autant son esprit critique.

– J’apprécie Maïder Arosteguy qui dans un contexte pas facile a fait un bon mandat d’opposante. Elle laboure le terrain électoral biarrot avec opiniâtreté et est proche des gens, ce qui est à son honneur, mais je la trouve un peu fluctuante sur le projet Aguilera.

– Nathalie Motsch a du courage, ce que personne ne lui ôtera, et une tête politique bien faite. Mais le temps passe et elle semble avoir du mal à descendre à hauteur des citoyens les plus simples. Et je grince des dents quand elle se réjouit de la relaxe de Didier et Sophie Borotra. 

– C’est un plaisir d’échanger avec Guillaume Barucq, docteur sympathique et qui a des idées. Malheureusement ça se complique, quand il veut faire de la politique, Guillaume voulant rester bien avec tout le monde tout en maniant des câbles quand il s’imagine tirer les ficelles.

– Je n’ai aucun doute sur les idées et la probité qu’amènerait Jacques-André Schneck à la tête de la Ville, mais peine à cerner son socle électoral. Et je ne parle pas de futures listes Abertzale, France Insoumise ou EELV qui m’intéressent aussi au plus haut point.

Il faut de l’ego pour faire de la politique mais malheureusement trop d’ego tue la politique. Face à la gravité de la situation que connaît Biarritz, dettes planquées sous le tapis et projets foireux à gogo à l’horizon 2020, je regrette que tous ces candidats qui ne peuvent s’imaginer autrement qu’en tête de liste n’aient pas su faire un front républicain commun dans l’optique de redonner un fonctionnement normal à cette ville.

C’est pour cette raison que je regarderai aussi avec intérêt une possible candidature de Didier Guillaume. S’il s’appuie sur Guy Lafite ou Michel Poueyts, vieux chevaux de retour qui entraîneront forcément la Ville dans des pratiques d’un autre temps, je le combattrai. S’il montre sa volonté de normaliser et pacifier Biarritz en s’appuyant sur des têtes nouvelles ou sur une des listes actuelles d’opposition, je m’intéresserai de près à lui. Rajoutez à cela des programmes qui sont bien loin d’être établis et vous me croirez peut-être si je vous dis que je suis bien incapable de savoir pour qui je vais voter, contrairement à ce que pensent certains « trolls » sur Twitter, bien planqués derrière leurs pseudos.

Pour Neocon (encore lui!) je confonds Motsch et Jeanne d’Arc… Ah oui, Jeanne d’Arc, l’égérie des gens du Front national.

Journalisme et copinage ne font pas bon ménage

Reste un dernier point à clarifier : à mes yeux un journaliste, quand il traite l’actualité, ne doit avoir ni affect, ni amis. Tous ceux que j’ai interviewés dans le cadre de Bisque, Bisque, Basque ! le savent : si je trouve quelque chose contre eux, je le publierais. Lorsque je me suis écharpé avec Michel Veunac, début 2014 devant sa permanence de la rue du Helder, il m’a tout de suite accusé de « rouler pour Brisson » et m’a promis un dossier sur lui…

J’attends toujours la réalisation de cette promesse, alors que des dossiers sur Veunac, j’en ai de quoi remplir une étagère, ce qui me donne à penser que Max Brisson, malgré ses défauts que l’on connaît tous, aurait fait un bien meilleur maire que Veunac. Et pourtant, je ne suis pas encarté aux Républicains et ne le serai jamais.

De la même façon, j’ai apprécié les quatorze années d’opposition de Jean-Benoît Saint-Cricq et bénéficié de ses talents d’avocat lorsque j’ai été conduit au tribunal par l’ancien propriétaire de la Semaine, Hubert de Caslou. Ce qui ne m’a pas empêché de crier au scandale quand le même Jean-Benoît a sauté sur les genoux de Veunac lors du vote de l’Hôtel du Palais, car j’avais le sentiment que ce point de vue ne correspondait nullement à une conviction mais seulement à une aspiration personnelle à rejoindre la majorité. Du jour au lendemain, Saint-Cricq a cessé de me téléphoner, estimant auprès de proches que « je ne devais pas écrire sur lui puisque nous étions amis ». Est-ce que de mon côté, j’ai reproché à Saint-Cricq de ne pas m’avoir informé à l’avance de son revirement en faveur du maire ? Curieuse conception de la démocratie et de la vie publique que ce souhait de silence complice ! Et curieuse vision de la liberté de la presse qui doit s’incliner devant l’amitié!

Récemment, Richard Tardits, homme que j’apprécie, m’a reproché d’avoir publié un de ses mails sans l’avoir préalablement prévenu auparavant. Même remarque que pour Saint-Cricq. Est-ce que Richard a pris son téléphone pour me donner sa position avant d’envoyer ce mail où il estimait qu’il fallait faire confiance à l’État après le G7 ? Bien sûr que non et je ne lui demandais pas.

Désolé, je ne suis pas omniscient et je n’ai aucune idée du lieu de permanence choisi par les candidats et candidates.

C’est ce curieux rapport entre élus et journalistes que je trouve intéressant d’évoquer. Si vous avez un ami médecin, vous n’allez pas lui demander de violer le secret médical en lui donnant des nouvelles de la santé d’un de ses clients sous prétexte qu’il vous intéresse. Au nom de quelle règle, le journaliste devrait-il informer ses copains de la vie privée qu’il va écrire sur eux dans le cadre de leurs fonctions publiques ?

Voilà mes sources prévenues : donner des informations à Bisque, Bisque, Basque ! ce n’est pas souscrire une assurance-vie. J’apprécie bien évidemment de recevoir des informations et de les publier après vérifications, mais ce n’est pas du tout une garantie de ne pas se voir épinglé à son tour.

Être citoyen, c’est prendre la parole dans le débat public, dire sans crainte ce qu’on pense, au lieu d’attendre que les politiques décident pour nous. Dans ce blog, des contributeurs réguliers comme « Paul Bismuth », « NathB », « Rien que la Vérité » ou « Aux arbres, citoyens », (…et bien d’autres !) enrichissent le débat en débattant et acceptant des avis contradictoires.

En revanche, à l’amorce d’une campagne électorale qui pourrait bien être musclée, se multiplient les comptes Facebook ou Twitter de « trolls » bien décidés à vendre leur camelote électorale ou à insulter sous couvert d’anonymat. Ce qui va sans doute m’amener à rejeter certains commentaires reçus, alors que je les publie tous pour le moment, sauf propos manifestement diffamatoire.

Désolé pour vous, les haineux, mais Bisque, Bisque, Basque ! ne roule pour personne et cherchera, comme dans les appels d’offres respectables se déroulant dans des municipalités tout aussi respectables, uniquement à détecter le mieux-disant susceptible de redonner un peu de dignité, de moralité et de respectabilité à une ville comme Biarritz, qui par ses méthodes et ses scandales à répétition devient la risée de la Côte basque et fait le désespoir de l’Agglomération.

Je ne rêve que de poser le stylo et de ne plus écrire sur la Ville, mais l’idée que je me fais de la citoyenneté va m’amener à guerroyer jusqu’en mars 2020 au minimum.

Vite, un maire normal pour une ville qui n’en peut plus de Veunac et son équipe !

 

Biarritz s’agite tous azimuts

Manif anti-G7, Veunac, Brisson, Lafite, Saint-Cricq, Arosteguy, la partie de billard à douze bandes est lancée dans la cité balnéaire.

Quelques gilets jaunes avaient pris place dans cette manifestation anti G7 qui a réuni plus de 500 personnes.

Comme un homard géant négligé par des convives de l’hôtel de Lassay et livré en pâture au petit personnel, la préfecture avait fait l’aumône aux organisateurs d’une seule et unique manifestation anti-G7, samedi dernier, dans les rues de Biarritz. Première très bonne surprise, ce rassemblement organisé à une date difficile pour les mobilisations par G7 Ez ! et Alternatives G7 a regroupé un demi-millier de personnes. Une estimation qui n’émane ni de la CGT ni de source policière, mais basée sur l’observation d’une place Sainte-Eugénie remplie à ras bord, tandis que la tête de cortège se trouvait déjà sous les fenêtres de l’Hôtel d’Angleterre.

Un cortège sympa et bon enfant où l’on croisait aussi bien des membres de Bizi, que du parti communiste, ainsi que des altermondialistes d’Attac, des écologistes, quelques anarchistes et trois black blocks, vêtus de noir des rangers à la cagoule, s’efforçant d’allumer des fumigènes dans le kiosque à musique de Saint-Eugénie sans susciter la moindre réaction.

Deuxième bonne surprise, les commentaires plutôt amusés et favorables des locaux comme des vacanciers à cette répétition générale de ce qui nous attend dans six semaines, nombre de maillots de bain-huile solaire engageant la conversation avec les manifestants pour déplorer la stupidité d’un tel sommet à une telle date dans une cité balnéaire.

Enfin, et c’est sans surprise, pas un élu biarrot n’avait daigné venir dialoguer avec les manifestants. Il faut dire aussi que nos élus ont tant à faire actuellement pour assurer leur avenir qu’on a presque envie de leur rédiger un mot d’excuse.

Sondage : Veunac avoue à demi-mot

Sud Ouest, 13 juillet.

Et l’on commence par celui qui la joue vieux-usé-fatigué, mais qui continue à tirer toutes les ficelles, notre Mimi-la-Malice que la terre entière nous envie. Si on vous interroge à propos d’un sondage dont vous n’êtes pas à l’origine, vous allez tout de suite dire au journaliste que vous n’êtes pas le commanditaire, ce qui n’est pas exactement ce qu’a répondu le maire de Biarritz à Sud Ouest : « Qui a fait ce sondage ? Je n’ai pas à répondre à ça. Mais je sais que pas un centime de la Ville n’est ou ne sera utilisé pour une quelconque enquête d’opinion. Le commanditaire paie ». Si ce n’est pas un aveu, ça y ressemble. Les messages laissés sur répondeur prouvent que le sondage est réalisé par « Acticall-Opinionway » deux sociétés bien connues dans le monde du sondage politique. D’après plusieurs recoupements, l’ardoise minimale dans ce genre de prestation s’élève à 15 000 euros. Et un sondage « aux frais des contribuables » était bien prévu par la mairie. Grâce à Sud Ouest et à Bisque, Bisque, Basque ! Veunac pourrait se retrouver à faire le chèque final et devenir, contraint et forcé, vertueux avec l’argent public. Mais le connaissant, un arrangement avec la société de sondage pourrait aussi intervenir. En attendant, nul doute que notre cher maire se fera un plaisir de nous détailler tout cela et de nous communiquer les résultats du sondage lors du prochain conseil municipal.

Saint-Cricq s’enflamme en vain

Avec un opposant comme celui-là, le maire n’a plus besoin de majorité. Dans le dernier « Biarritz-Magazine », Jean-Benoît Saint-Cricq, l’homme qui a incarné pendant quatorze ans une opposition de fer à Borotra puis à Veunac avant de succomber aux délices du compromis, s’enflamme totalement.

« Biarritz Magazine », juillet-août 2019.

En planquant les dettes sous le tapis, comme pour le Palais, il est facile d’avoir une « embellie des comptes », mais l’avocat biarrot n’en a cure et ne se souvient plus des fondamentaux de l’opposition. Enthousiaste, il nous promet un futur mandat de prospérité à partir de 2020 où l’on va enfin « s’attaquer aux vrais problèmes des Biarrots ». Avec lui dans la liste Veunac ? On se demande vraiment ce qu’a fait Veunac de 2014 à 2020 pour qu’il se décide enfin à se mettre au travail, mais l’ex-opposant devenu manieur de brosse à reluire se moque de ces détails triviaux.

Et que croyez-vous qu’il advint de tant de courtisanerie ? Veunac considère désormais tellement Saint-Cricq comme « sa chose » qu’il n’a même pas eu l’idée de le mentionner dans le sondage d’opinion qu’il a commandité. Pourtant, aux dernières nouvelles, Saint-Cricq fait toujours partie de l’opposition. Un « oubli » risible à dégoûter définitivement de la flagornerie.

Brisson et Lafite en alerte

Le look énarque prétendument à gauche, face au look luxembourgeois en vacances.

Le jour où se tenait la manif anti-G7, un lecteur au smartphone véloce a surpris cette longue discussion entre Brisson et Lafite, côte des Basques. Les deux en effet doivent consulter frénétiquement toutes les voyantes de la Côte basque pour savoir ce que Veunac leur réserve. Et c’est sans doute en application de la méthode Coué qu’ils annoncent à tout va que Veunac ne se représentera pas. « La Faillite-nous-voilà ! », on le sait, rêve d’être calife à la place du calife, même si comme l’avoue ingénument son épouse, « il a peu de chance d’être élu car il est trop à gauche pour les Biarrots ». Un état de fait qui n’avait pas sauté aux yeux des observateurs de la vie locale, contrairement à l’agacement que ses haussements de sourcils, ses mimiques méprisantes et ses grimaces à la De Funès suscitent.

Lafite est donc sous la gouttière en attendant la décision de son seigneur et maître. Pour donner un peu de lustre à la future liste, il promène avec lui le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, qui a une maison à Biarritz et est le grand copain de Michel Poueyts. Encore un qui se demande à quelle branche il va pouvoir se raccrocher pour poursuivre sa brillante carrière municipale maintenant que les abertzale ne souhaitent plus le voir se représenter !

 Le sénateur Max Brisson de son côté après avoir fait le tour de toutes les listes potentielles en se déclarant « prêt à rendre service », semblait s’être décidé à rallier Veunac et partir en 2020 comme simple conseiller municipal ce que la loi sur le cumul des mandats lui permet. Pour preuve, les communications avec Maïder Arosteguy, avec qui il avait un moment envisagé de faire équipe, brutalement interrompues à son initiative. Pas de chance pour lui, Veunac depuis quelque temps ne le prend plus au téléphone, officiellement « trop occupé » par le G7. En fait, Veunac cherche à recomposer sa liste avec des figures de La République En Marche, histoire de donner un peu de lustre au ramassis de vieux politiques qui usent leurs fonds de culotte sur les bancs municipaux depuis des décennies avec qui il est prêt à partir. Didier Guillaume pourrait en être, mais aussi Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’état au Tourisme, très proche de la sénatrice Frédérique Espagnac. Et dans ce cas-là, la présence du sénateur Brisson, menacé par une réforme constitutionnelle qui verrait les Pyrénées-Atlantiques se contenter de deux sénateurs, n’a plus beaucoup d’utilité. D’autant plus que Veunac, malin, annonce qu’il n’ira pas au bout de son mandat et est prêt à céder sa place en 2022. Une date susceptible de faire frétiller d’aise les deux membres du gouvernement, jamais à l’abri d’un remaniement ministériel après l’élection présidentielle.

Quand on vous disait qu’on ne s’ennuie pas à Biarritz !

Et pendant ce temps Arosteguy pique-nique !

Tandis que Guillaume Barucq rame à Bidart pour une planète plus propre en compagnie de ses troupes de la « Nouvelle vague », tandis que Nathalie Motsch se fait on ne peut plus discrète pour l’instant, se contentant d’une communication institutionnelle un peu surprenante, Maïder Arosteguy, seule candidate officiellement déclarée, laboure inlassablement le terrain. Dernier événement en date, un pique-nique au lac Marion où chacun était invité à venir avec sa bouteille et un plat à partager. Plus de soixante personnes étaient présentes, samedi à 18 heures, ce qui est plutôt une belle réussite en cette période estivale.

Bisque, Bisque, Basque ! a bien cherché mais n’a vu ni Brisson ni Veunac, ni Lafite. Un empoisonnement est si vite arrivé !

Un très vague « Biarritz nouvelle vague »

Le presque quasi-certain candidat Guillaume Barucq a présenté son mouvement citoyen « Biarritz nouvelle vague ». Mais a parfois eu du mal à surfer sur ses contradictions.

Allez, avouez-le, vous avez tous eu droit le jour de la fête des mères ou des pères à un collier de nouilles de votre chérubin préféré et vous vous êtes extasiés sur ce cadeau amoureusement confectionné, comme le veut la bienséance familiale. Sauf qu’à la quatorzième injonction de la chair de votre chair vous demandant si ce collier vous plaît et quand vous allez le porter, vous avez ressenti comme un léger découragement.

Pour le lancement de son mouvement citoyen, « Biarritz Nouvelle vague », (Truffaut et Godard étaient excusés), Guillaume Barucq avait fait dans la symbolique lourde avec une conférence de presse à Olatua, la vague en langue basque, et dans le viseur des photographes le rocher de la vierge (Pour le cas où un miracle se produirait en 2020).

Qu’on ne s’y trompe pas : Bisque, Bisque, Basque ! regarde avec beaucoup de sympathie la candidature de Guillaume Barucq. Quant à la garde rapprochée qui a été présentée à la presse, composée de Jean-Baptiste Dussaussois, Corine Martineau, Aude Chabrier, Julien Roulland et Frédéric de Bailliencourt, elle est tout à fait intéressante et susceptible d’apporter des idées nouvelles à Biarritz.

Mais de la même façon qu’il est préférable de prendre quelques cours de surf à la Côte des Basques avant de se coltiner la vague de Parlementia, on ne peut pas en politique balayer d’un revers de main ce qui s’est passé avant, comme a cherché à le faire la journaliste et néo-biarrote depuis 2018 Aube Chatrier affirmant que « la politique, ça n’intéresse pas les gens ». Bien sûr que si !

C’est donc à une déclaration de candidature beaucoup plus normande que biarrote, tant elle était sinueuse et chantournée, qu’a pu assister la presse.

Dans le bateau naufragé de la majorité ou dans le canot des secours ?

Avec le rocher de la Vierge en arrière-plan.

On le sait Guillaume Barucq a de nombreuses idées intéressantes pour la Ville, mais, en voulant être ami avec tout le monde et en s’efforçant de réconcilier les inconciliables au cours du mandant 2014-2020, il est souvent apparu comme un élu « bisounours » très loin des réalités politiques.

Sans surprise, les axes forts de sa campagne vont tourner autour du logement des jeunes à Biarritz (plus de la moitié du groupe impulsé par Guillaume Barucq en 2014 a été contraint de déménager), les mobilités douces et la pollution des eaux de baignade.

C’est ensuite que cela se complique. Guillaume Barucq peut-il faire abstraction du mandat qui vient de s’écouler, le plus calamiteux de l’histoire de Biarritz aux yeux de Bisque, Bisque, Basque ? Guillaume Barucq oscille entre des peut-être bien que oui, peut-être bien que non, très normands. « J’ai annoncé ma décision à Michel Veunac et à Guy Lafite. Ils l’ont très bien comprise ». Les acrobaties et l’absence de convictions, ils connaissent ! « Je ne suis pas encore candidat déclaré officiel, même si… » Qui aurait pu penser le contraire ? « Le docteur Barucq et le docteur Veunac ont peut-être des préconisations différentes pour l’avenir de la Ville » Nul n’en doute et c’est bien là le problème.

La garde rapprochée : de gauche à droite, Jean-Baptiste Dussaussois, Corine Martineau, Guillaume Barucq, Aude Chabrier, Julien Roulland et Frédéric de Bailliencourt,

Alors que Michel Veunac a annoncé qu’il se déclarera en septembre et que Guy Lafite est prêt à prendre son relais si les circonstances contraignaient Veunac à ne pas se présenter, comment peut-on être décidé à rester jusqu’au bout dans la majorité tout en conduisant une liste qui va s’opposer au maire sortant ?

Là encore, le représentant du bien-nommé « Biarritz nouvelle vague », demeure on ne peut plus… vague. « Je ne vais pas critiquer le passé » … « La carte du parti, on ne la sortira à aucun moment, le but est de favoriser la proximité avec les Biarrots » avant de conclure par une phrase mille fois entendue : « Je préfère rester à l’intérieur de la majorité car c’est là que je suis le plus utile ».  Une minute après, le futur candidat raconte comment il a été écarté d’un dossier environnemental ! Comme Motsch de l’Urbanisme, Amigorena du tourisme ou Chazouillères du commerce !

Hélas en politique, il faut choisir son camp à un moment donné. Porter son collier de nouilles pour faire plaisir à son enfant ou le contrarier. Guillaume Barucq est intelligent. Nul doute qu’il va comprendre qu’on ne peut être ici et ailleurs en même temps, dans le bateau naufragé de la majorité et dans le canot des sauveteurs en mer décidés à porter secours aux Biarrots en péril.

Pas de mouette rieuse à l’horizon

Heureusement, il est des signes qui ne trompent pas. Alors que la canicule était annoncée sur Biarritz, quelques gouttes de pluie se sont invitées au début de la conférence de presse, obligeant à sortir les parasols. Avec son humour habituel, Guillaume Barucq a parlé de la malédiction de François Hollande qui ne pouvait prononcer un discours sans se faire doucher. Mais contrairement au président malheureux et dépassé que la France a connu de 2012 à 2017, pas une mouette rieuse n’est venue viser le polo vert du candidat pendant son allocution. La preuve que le médecin biarrot peut échapper à la malédiction hollandaise et a un bel avenir devant lui s’il réussit à s’allier avec les autres opposants au duo infernal Veunac-Lafite et à comprendre que les Biarrots n’en peuvent plus des combines d’appareil, des alliances improbables, des négociations de soir de premier tour et qu’ils souhaitent des candidats qui soient déterminés à ne pas reconduire les errances des deux derniers mandats. Chiche, Guillaume !

 

Maïder Arosteguy veut empêcher un nouveau « mandat de désolation »

La conseillère départementale est persuadée que son bon sens et sa proximité avec les Biarrots vont faire d’elle la favorite de 2020 après le catastrophique intérim de Veunac.

Image extraite de la page Facebook de Maïder Arosteguy.

La conversation qui se déroule au Royalty, le jour de la prise de fonctions de Pascal Ondarts, démarre par un énorme fou-rire : « Sérieusement, vous connaissez un seul Biarrot qui ne vous imagine pas candidate en 2020 ? ». Maïder Arosteguy ne peut s’empêcher de sourire. Elle sait bien qu’elle fait tout actuellement pour préparer la campagne des municipales de 2020 dans les meilleures conditions. « Malgré les apparences, ma décision n’est pas encore totalement prise. Dans l’hypothèse où je serais candidate et dans l’hypothèse où je serais élue maire, contrairement à d’autres, je ne m’imagine pas autrement qu’en maire à plein temps, Et je serai bien évidemment présente à l’Agglo car c’est là que se prennent les décisions qui engagent l’avenir du territoire. »

C’est promis, on saura au plus tard à l’automne si Maïder et son groupe de réflexion se lancent dans la bataille, après onze ans de présence dans l’opposition municipale. « Pour le moment, je ne suis ni en campagne ni candidate. J’ai juste créé « Mon Biarritz » pour établir une ligne directe avec les Biarrots, et avoir une remontée de terrain déconnectée de toute pollution politique ».

« Plus audible depuis le départ de Brisson »

À propos du mandat de Michel Veunac, l’opposante se montre particulièrement féroce : « C’est un mandat de désolation. La fin du cycle Borotra. On a voulu copier les recettes du borotrisme sans en avoir le talent. » Les implosions successives de la majorité ne l’ont guère étonnée : « Ma seule surprise vient du temps que ça a mis à exploser. Cette addition d’egos ne pouvait pas fonctionner » Maïder Arosteguy, avec Richard Tardits est une des rares opposantes à ne pas avoir trahi son mandat. Si elle refuse de commenter l’attitude des Saint-Cricq, Domège ou Darrigade, elle se montre assez nuancée sur son propre bilan : « J’ai le respect du chef et faire entendre ma voix au début a été assez compliqué. Depuis le départ de Max Brisson pour le Sénat, je peux enfin être plus audible ».

Difficile en effet de ne pas parler de Max Brisson. Énorme soupir : « Mon binôme !». Maïder Arosteguy avoue sa perplexité face au sénateur : « Max se dit très heureux au Palais du Luxembourg mais Biarritz bruisse de ses rendez-vous avec des candidats potentiels, c’est assez étonnant ». La presque candidate Maïder Arosteguy affirme qu’elle n’est pas assurée d’avoir l’investiture de son Parti, Les Républicains : « C’est une commission départementale qui se prononcera en septembre, lors d’un vote. Ensuite, une investiture et un logo n’ont jamais été l’alpha et l’oméga pour gagner une élection municipale où les enjeux sont purement locaux. Quant à Max Brisson, il lui appartient désormais de faire un choix… »

« Il est temps pour Veunac de passer à autre chose »

Reste une embarrassante question à un an des élections municipales. Si Maïder arrivait seconde ou troisième avec un maire sortant en tête, serait-elle prête à s’allier avec lui au second tour en échange d’un poste de Première adjointe ? Réponse catégorique : « Michel Veunac, ce n’est tout juste pas possible ; En 2020 j’aurai combattu, mais toujours avec dignité je crois, Michel Veunac. Ce n’est pas pour me retrouver à ses côtés le jour des élections. De plus quelle vision a-t-il de Biarritz et du Pays basque ? Qu’a-t-il fait pour une ville qui se dégrade lentement, je pense notamment à ses quartiers, sauf à proposer des coups médiatiques onéreux ou des chèques en blanc que les prochaines générations devront assumer pour Le Palais ? Il est temps pour lui désormais de passer à autre chose plutôt que de tenter une nouvelle fois de mal gouverner ».

Grosse surprise, alors que la rumeur publique veut que ses relations avec Nathalie Motsch soient exécrables, Maïder se montre très consciente qu’une multiplication des listes pourrait permettre à Veunac de l’emporter et n’est pas hostile à un regroupement des forces en présence : « Il y a des points à discuter avec les autres candidats décidés à faire de la politique autrement. Si Guillaume Barucq, par exemple, me dit que Biarritz doit devenir une ville réservée aux seuls vélos et piétons, nous ferons campagne séparée. Mais j’ai affaire à des gens intelligents et rien ne dit qu’il n’y aura pas de solutions pour empêcher Michel Veunac d’obtenir un deuxième mandat ».

« Pour la vente du fonds et des murs du Palais »

Les grands dossiers de la mandature, comme Le Palais, sont ensuite évoqués.  « Si j’avais été maire, j’aurais organisé un referendum et consulté les Biarrots. Je reconnais avoir évolué sur le sujet. Je pense qu’un palace n’a pas à être géré par une ville et qu’il aurait fallu vendre les murs et le fonds permettant à la Ville de se désendetter massivement et investir pour le quotidien des Biarrots ».

Quant à Aguilera, le nouveau dossier brûlant, Maïder Arosteguy se montre claire : « J’ai pu voir en détail, en répondant à l’invitation de Jean-Baptiste Aldigé, le projet d’aménagement de la zone d’Aguilera. Il est intéressant et mérite considération. Notre rôle d’élu, désormais, consiste à vérifier qu’on peut élaborer ce projet dans le cadre d’un strict respect de la loi ».

N’était-ce pas gênant pour des élus, de se retrouver un à un dans le bureau du président du Biarritz Olympique ? Maïder ne le pense pas : « Quand on est 35 élus réunis, ce sont un peu toujours les mêmes qui monopolisent la parole. En tête à tête, on s’autorise plus à poser des questions. Et j’en ai posé beaucoup ! ». Le fait que les élus vont se retrouver en commission générale à huis clos pour débattre du projet la rassure, même si elle estime que la population doit être étroitement associée au débat.

Pour la première fois de l’entretien, Maïder estime que Michel Veunac a pris une bonne décision. Ce qui ne change rien à sa détermination : « Franchement, une Biarrote maire de Biarritz, ce ne serait pas mal, non ? »

 

Barucq a les clés du camion électoral

Seul élu à parler encore à tout le monde, le médecin biarrot est actuellement ardemment courtisé, en particulier par les candidates déjà déclarées.

Ce que c’est d’être devenu une star de sa ville ! Les cinq premières minutes de l’entretien sont compliquées. Guillaume Barucq s’est placé à un endroit stratégique d’où il surveille du coin de l’oeil son vélo, car il a oublié son antivol. Heureusement, le patron du « Bar du Polo » perçoit le manège et n’hésite pas. « Guillaume, à cette heure il n’y a pas grand monde. Rentrez donc votre vélo dans le bar ». Et c’est ainsi que le chantre de la circulation douce se retrouve à discuter avec « Bisque, Bisque, Basque ! », son vélo électrique bleu trônant dans la salle.

Un peu nostalgique, Guillaume Barucq revient sur ce grand meeting au Casino Bellevue du 28 mars 2014, quand les Veunac, Lafite, Motsch, Amigorena, Claverie étaient à ses côtés et sentaient la victoire à portée de main. « Vous pouvez réécouter ce que j’ai dit ce jour-là. Nous avions signé un pacte-intergénérationnel, pour que les politiques expérimentés aident les jeunes et les préparent à diriger un jour la Ville. »

https://www.youtube.com/watch?v=RpiyI9xMW8A (minute 36)

On connaît la suite, les haines, les engueulades constantes, les dossiers planqués, les démissions successives d’Amigorena, Chazouillères, Lannevère, Motsch… et un Veunac qui pense plus que jamais à 2020. Guillaume n’a pas trop envie de s’attarder sur cet échec humain. « Après trente ans de vie municipale bien remplie, certains élus envisageront certainement une retraite politique méritée ». La rumeur biarrote, qui va parfois fort vite en besogne, raconte qu’il y a un mois, au moment où il a appris l’éviction de Nathalie Motsch, Guillaume Barucq a envisagé de tirer un trait sur la vie politique. L’intéressé refuse de confirmer, mais sa passion à défendre sa Ville, ses projets, son enthousiasme semblent accréditer l’idée d’une présence aux prochaines municipales.

« Décision en juin »

Image extraite de la page Facebook de Guillaume Barucq

Même s’il reconnait que sa candidature a été trop tardive en 2014, Guillaume Barucq refuse de franchir le pas pour l’instant. « J’écoute et je réfléchis ». Avant d’ajouter dans un sourire : « Et c’est vrai que je ne manque pas de sollicitations ». Le camp de Maïder Arosteguy comme celui de Nathalie Motsch ont sondé les intentions du médecin surfeur, tout comme les Abertzale. Guillaume Barucq a conscience que le G7 complique terriblement la donne politique. Pour que les Biarrots n’aient pas le sentiment d’une récupération politique si le rassemblement mondial se passe mal, il faut donc faire les grandes annonces avant l’événement. « J’annoncerai ma décision en juin ». L’homme qui semblait si perdu à ses débuts en politique a visiblement appris au bout d’un mandat et maîtrise mieux les codes du genre. Bisque, Bisque, Basque ! sait à quel point la situation peut évoluer vite en politique, mais a bien noté les propos de Guillaume Barucq : « De toutes façons, si je me présente, ce ne sera plus pour un poste d’adjoint mais pour tenter ma chance à la mairie ».

« Un mandat unique à la mairie »

Et pour renforcer l’impression d’une décision presque prise, Guillaume consciemment ou inconsciemment raconte comment il procèderait s’il se retrouvait au printemps 2020 à la tête de la ville. « J’ai une grande chance. Je suis le seul actuellement à la mairie à parler à tout le monde. Je pense que dans une ville comme Biarritz, il ne faut surtout pas se priver des talents. En revanche, il faut mettre fin à certaines pratiques et façons de faire de la politique ». Guillaume respire un grand coup : « Je suis pour le mandat unique et je me l’appliquerai à moi-même si je suis élu maire. Je n’accepterai même pas de cumuler et d’occuper un poste de vice-président à la communauté d’Agglomérations du Pays basque. J’enverrai un élu de confiance pour défendre les intérêts de Biarritz ». L’adjoint à l’environnement considère en revanche que faire de la politique à plein temps est désastreux aussi bien pour les citoyens que pour l’intéressé, car on finit par perdre le sens des réalités. « Je ne sais pas encore comment je m’organiserai, mais il est sûr que je continuerai la médecine au moins quelques heures par jour, car à la fin de mon unique mandat, je reprendrai avec plaisir mon métier. »

« En phase avec aucun parti »

Se pose la délicate question de l’investiture d’un parti politique dans une ville où de nombreux résidents secondaires, pas très au fait de la politique locale, sont inscrits sur les listes électorales et votent pour un parti plutôt que pour un homme. Le médecin biarrot fait preuve d’une franchise désarmante et tout à son honneur : « Je suis bien conscient que je me faciliterais les choses en adhérant à un parti. Il y aurait un parti écologiste de centre, tout serait simple. Europe Écologie Les Verts est trop à gauche pour moi et Écologie Bleue trop à droite. Il manque à l’heure actuelle en France ce grand parti écologiste qui transcenderait les tendances partisanes et accepterait tous ses courants. Pour moi l’écologie n’a ni à être de droite ni de gauche, et un positionnement au centre pourrait correspondre à beaucoup de citoyens qui ne se retrouvent pas dans l’offre actuelle. » Le surfeur sourit : « C’est peut-être naïf, mais je crois qu’on peut être élu à Biarritz en ayant une sensibilité centriste mais sans être membre d’un parti ». Avant de rajouter dans un sourire : « Après tout, il y a déjà eu des médecins aux commandes de Biarritz » (Pierre-Paul Jaulerry de 1864 à 1881 et Alcide Augey de 1881 à 1884).

« Je m’interroge sur des alliances »

Reste l’épineuse question des alliances possibles, indispensables en politique. Les incessantes péripéties vécues sous cette mandature, avec un Veunac mis en minorité par sa majorité et sauvé par le « ralliement » de cinq opposants a bien démontré aux Biarrots que la « ligne de fracture » ne passait pas par une traditionnelle majorité face à une traditionnelle opposition, mais par une ligne anciens contre modernes, avec une grande envie de transparence et de moralisation de la vie publique pour les plus jeunes. Mais comment imaginer si chaque « quadra » monte sa liste (Arostéguy, Motsch, Tardits, Barucq) pouvoir l’emporter ? Et comment croire qu’un ralliement de dernière minute des « quadras » entre les deux tours, puisse convaincre les Biarrots et faire le poids, face à une liste emmenée par Veunac ou Lafite ? « Je suis conscient du problème et j’y réfléchis » reconnaît Guillaume Barucq.

Après avoir ingurgité des couleuvres pendant six ans, le docteur Barucq va visiblement devoir se mettre à l’aspirine pendant quelques temps.

Un livre à son image

Personne ne doute de la sincérité des convictions écologiques de Guillaume Barucq. « Detoxseafication » est un livre à son image, sympa, précis et efficace, qui fait le point sur les agressions que subit notre organisme chaque jour et réfléchit sur la capacité de l’océan à se régénérer. Conçu comme un guide pratique, l’ouvrage peut aussi bien se lire en continu qu’être utilisé comme un ouvrage de référence où l’on va chercher une réponse à une question précise.

(« Detoxseafication », éditions Surf prévention, 276 pages, 25 €)

 

 

 

Tu n’es pas le bienvenu, Manu !

Mardi, les élus enamourés accueilleront le Président de la République dans un Biarritz barricadé. Mais bien peu de Biarrots se réjouissent du futur G7.

Photomontage extrait du blog « Les moutons rebelles »

Vous êtes sûrs que notre pays a connu une révolution et que les privilèges ont été abolis ? Pour ma part, je ne vois pas de différence significative entre ces nobles qui saccageaient les récoltes des paysans en chassant à courre, il y a plus de deux siècles, et ce Président qui va obérer la future saison touristique en décrétant que le G7 se tiendra à Biarritz en plein mois d’août. Même morgue de caste, même mépris des populations qui travaillent, même volonté de faire continuellement la leçon aux plus pauvres et d’épargner systématiquement les plus riches.

Emmanuel, la courtoisie républicaine voudrait qu’on se réjouisse de ta venue, mais tu manques tellement de courtoisie à notre égard qu’à l’impossible nul n’est tenu.

Lundi soir à la télé, tu nous as fait le grand numéro du bourgeois de Calais, ou plutôt du bourgeois du Touquet, en pleine repentance, mais qui peut te prendre au sérieux ? Pour justifier les cadeaux fiscaux destinés aux plus riches, suppression de l’ISF et Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), tu as donné plus de quatre milliards à ceux qui, t’ont fait roi et tu te retrouves maintenant fort démuni pour distribuer des miettes quand les gilets jaunes sont dans la rue. Mais comme tu adores faire la leçon aux Français, tu continues à défendre ta « théorie du ruissellement », voulant que l’argent versé aux riches finisse par profiter aux pauvres. Tu ne vois pas qu’avec le matraquage fiscal auquel tu te livres, tes petits ruisseaux font les grandes misères ?

Si encore, conscient d’être un privilégié depuis l’enfance, tu avais la dignité de la mettre un peu en veilleuse. Mais visiblement, tu n’as pas retenu les leçons du « Casse-toi, pauvre con ! » de Sarkozy, ou les « sans-dents » de Hollande et tu te permets, avec une belle inconscience de classe, un festival de petites phrases méprisantes. Les « illettrés », les « fainéants », les « cyniques » ou les « gaulois réfractaires », ceux qui ne veulent pas travailler « pour se payer un costard », par flemme de « traverser la rue », alors qu’on leur consacre « un pognon de dingue », apprécient beaucoup de ne pas savoir comment ils vont offrir des jouets à leurs enfants pour Noël tout en se faisant insulter par leur Président.

Brigitte et Emmanuel Macron vous le diront : Biarritz est une ville où on fait de belles rencontres (Photo Paris Match, août 2016)

Mardi prochain, tu vas parader dans un Biarritz barricadé et à ta dévotion, avec autour de toi des petits élus locaux qui vont te regarder comme si tu étais capable de les guérir des écrouelles mentales qui les frappent. Mais as-tu conscience que deux jours avant ta venue, les commerçants qui ont des commandes à honorer, les chefs d’entreprise qui ont besoin de circuler n’arrivent pas à avoir la moindre réponse de la mairie sur ce qu’ils pourront ou ne pourront pas faire ?

Et comme tu dois être en panne de phrases creuses, tu as même prévu un entretien en tête à tête avec Michel Veunac. En revanche, des questions aussi triviales que celles posées par des élus comme Guillaume Barucq sur le coût du G7 et le fait de savoir qui va payer l’addition de ce raout présidentiel, ou sur un dédommagement possible pour le manque à gagner que vont subir tous ceux qui vivent du tourisme, ou sur des aides pour la rénovation de L’Hôtel du Palais, ne t’intéressent visiblement pas. Le mépris de caste, encore et toujours !

Pour ma part, je ne m’abaisserai même pas à venir manifester pour ta venue. Pas envie de me prendre un coup de froid, un coup de chaud ou même un coup de sang avec des policiers aux abois et n’hésitant jamais à frapper les manants et les gueux qui osent dire qu’ils ne sont pas d’accord. Puisque tu aimes les beaux vêtements, je me contenterai donc de t’offrir le joli « costard » que tu es en train de lire et de me permettre ce conseil amical : en attendant une VIe République, plus que jamais nécessaire, traverse la rue et change de job, car, à l’évidence, tu n’es pas et tu ne seras jamais le président de tous les Français.

 

 

On dit merci qui ? Merci Michel !

Le calamiteux mandat de Veunac a au moins un mérite : faire émerger des élus à fort tempérament qui démontrent leurs qualités.

Bel exploit ! L’artiste Veunac réussit à faire salle comble le 15 octobre.

Est-ce parce qu’elle ambitionne de devenir un jour reine de la Ville que l’adjointe à l’Urbanisme Nathalie Motsch a choisi Le Regina comme cadre de sa conférence de presse, trois jours après celle de Michel Veunac ? En ce lundi matin orageux, les journalistes ne seront pas déçus du voyage, car Calamity Nathalie, comme la surnomment les (rares) fidèles de Veunac est décidée à défourailler à tout va : « Je ne serai pas complice de ce qui est le plus grand scandale jamais connu par Biarritz ». L’anodine mère de famille qui plaçait soigneusement ses pas dans ceux de Didier Borotra lors de la dernière mandature, se révèle soudain bretteuse féroce et politique redoutable. Lors du dernier conseil municipal, son éloquence avait scotché tout le monde. Face aux journalistes, Nathalie Motsch poursuit dans la même veine : « Ce dossier du Palais devrait être à livre ouvert. Le secret des affaires ne marche pas sur un bien public. Ce n’est pas parce que ce montage a été voté en conseil municipal qu’il est vertueux », avant de défendre ardemment un autre opposant au projet : « J’ai été très choquée des attaques contre François Amigorena. Il n’y a qu’un responsable Guy Lafite (…) porteur du projet avec la simplicité et l’humilité qui le caractérisent. »  Et Calamity Nathalie, après ce commentaire au second degré sur l’énarque qu’elle ne porte guère dans son cœur, d’expédier au Premier adjoint une ultime balle entre les deux yeux. « Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes ».

Pour son premier examen devant les journalistes, Nathalie Motsch n’a pas hésité à dresser un tableau inquiétant du montage financier choisi pour Le Palais.

Cohérente avec elle-même, l’adjointe annonce qu’elle saisit à son tour le tribunal administratif de Pau, qui va ouvrir sous peu une annexe spéciale pour Biarritz, pour excès de pouvoir et défaut d’information des élus. Aidée de son conseil, Jean-Charles Vignot, Nathalie Motsch s’attaque à la délibération du 15 octobre en premier lieu et y rattache celle du 30 juillet. « Car les deux votes ont un lien évident. C’est une opération globale dans laquelle la transparence et la communication des pièces ont été tronquées.« 

https://www.sudouest.fr/2018/10/29/video-biarritz-un-nouveau-recours-dans-le-dossier-de-l-hotel-du-palais-5522161-4037.php

https://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20181030/ladjointe-a-lurbanisme-attaque-en-justice-le-montage-de-lhotel-du-palais

Amigorena ne lâche rien

On le disait talentueux mais dilettante. Il vient de subir une incroyable condamnation à trois ans d’inéligibilité pour un carnet à souches non restitué, quand Juppé pour des emplois fictifs ne prenait qu’un an. Beaucoup à sa place se seraient désintéressés de la politique. Mais François Amigorena se révèle tous les jours à l’épreuve du feu. Quand il s’élève contre le dossier du Palais, on ne peut l’accuser d’arrières pensées politiques, contrairement à Lafite ou Veunac, puisqu’il ne participera pas à la compétition de 2020. Comme libéré de cette suspicion qui pesait sur ses actions, l’homme se montre aussi combatif que réfléchi et prend tous les jours plus d’épaisseur. Quand il annonce que les banques ne veulent plus financer la réhabilitation du Palais, les invectives à son encontre pleuvent presque autant que les démentis paniqués de Veunac. Au final, un prêt qui aura bien été modifié et des menaces de procès en diffamation de Veunac, qui le font immédiatement réagir sur Twitter et Facebook. « M. le maire, JE VOUS DEMANDE de m’assigner en diffamation au plus vite. Cela me permettra de produire devant un juge les preuves irréfutables en ma possession ». Beau tempérament de la part de l’élu. Si seulement Veunac et Lafite étaient capables de manifester la même conviction et le même sens des responsabilités

Barucq ne croit plus aux Bisounours

Le « Nous nous sommes tant aimés » de 2014 n’a guère duré longtemps. (Photo Sud Ouest)

Avec un Veunac réussissant à faire fonctionner sa majorité, le docteur Barucq aurait pu être un de ces « alibis écolos » comme on en voit dans tous les conseils municipaux. Un petit tour de vélo électrique et puis s’en va! Mais il est loin le temps où le docteur-surfeur croyait sincèrement qu’avec le dialogue on peut arriver à tout. Cherchant à réconcilier les irréconciliables, Guillaume Barucq a pu prêter à sourire parfois. Mais l’homme est intelligent et apprend vite. « Je croyais tout savoir de l’humain par mon activité de médecin, mais je me rends compte que la politique est un monde vraiment à part », sourit-il. Clair dans ses positions, ne cédant pas aux multiples pressions que lui a fait Veunac, n’hésitant pas à prendre l’initiative, Barucq ne peut que se féliciter de l’indigence du tandem Veunac-Lafite qui va lui permettre de devenir un candidat tout à fait plausible et intéressant dans la perspective de 2020.

Arosteguy a honoré son mandat

Le dessinateur de La Semaine du Pays Basque, Olivier Ruiz semble croire à un duel de dames pour 2020.

Le grand mérite du hold-up démocratique voulu par Veunac et Lafite à propos du Palais est d’avoir passé au révélateur tous les tempéraments. On épargnera aux lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! la liste des rois de la brosse à reluire qui se reconnaîtront sans peine (N’est-ce pas P.C. ou P.D. ?) D’habitude, en fin de mandat, la presse analyse le comportement de l’opposition et passe très vite sur la majorité, habituée qu’elle est à voter systématiquement comme son maire. Il n’y a qu’à Biarritz qu’on voit cinq élus de l’opposition, au mépris du mandat qui leur a été confié par les électeurs, venir au secours d’un maire au moment où sa propre majorité ne lui fait plus confiance. À l’inverse d’un Max Brisson aux déclarations sinusoïdales et souvent calquées sur la stratégie politique du moment, Maïder Arosteguy a exercé un mandat d’opposante très clair et respectueux de ses électeurs, malgré son arrivée au conseil départemental. Vigilante, elle a toujours été sans ambiguïté dans ses déclarations et ne s’en est jamais laissé conter quand les machos de service, Veunac, Lafite ou Claverie tentaient de la déstabiliser à coup de réflexions misogynes. On dit que Maïder Arosteguy et Nathalie Motsch ne s’apprécient guère, ce qui n’a rien de surprenant à l’idée d’un possible « duel de dames » en 2020. Un duel qui aurait tout de même une autre allure que l’éternel retour de ceux qui ruinent la Ville depuis tant d’années.

Tant de talents qui s’affirment !

Plus discret mais tout aussi respectable dans l’exercice de son mandat, on aimerait entendre davantage Richard Tardits qui, on le perçoit nettement, n’apprécie guère ce rôle d’opposant qui lui a échu même s’il fait le job avec application. Constructif et très clair dans ses positions, il mérite le respect des électeurs. En privé, Richard est toujours passionnant à écouter. Lui aussi, s’il se retrouvait dans la majorité en 2020 amènerait sans doute beaucoup de créativité à la Ville. Et même s’il a exclu d’être tête de liste en 2020, il en va bien évidemment de même d’Édouard Chazouillères.

Et que dire de ces fantassins qui ont montré un courage sans faille sous la mitraille ? Françoise Mimiague, Brigitte Pradier, Anne Pinatel, mais aussi Virginie Lannevère et Hervé Boissier ont prouvé qu’ils étaient de véritables élus, soucieux des Biarrots et pas décidés à accepter n’importe quelle sornette, même si elle est présentée par le premier magistrat de la Ville ou son adjoint.

Tandis que Veunac s’indigne devant les journalistes quand on affirme qu’il n’est pas compétent, il ne reste plus aux électeurs qu’à essayer de se consoler en imaginant un avenir meilleur, même si la situation financière de la Ville ne va guère être facile en 2020. Ce mandat est un désastre absolu, beaucoup de Biarrots l’ont compris, mais au moins il aura eu le mérite de nous faire découvrir de nouveaux talents, sans doute à même de gérer la Ville avec plus d’écoute et de respect de la démocratie dans un avenir proche. Alors pour conclure sur les tristes pantalonnades que nous vivons à Biarritz, comment ne pas être tenté en pensant à Veunac, à la façon obscène avec laquelle il a conduit le dossier du Palais, de reprendre le gimmick d’un site coquin et très fréquenté. « On dit merci qui ? »

Dans un tout autre style, ne ratez pas l’explication très technique mais passionnante de Jacques-André Schneck sur la juridiction des sociétés d’économie mixte. Comme l’écrit l’ancien spécialiste des travaux publics, « À tous les administrateurs de la Socomix : Désolé, mais on en a envoyé en prison pour bien moins que cela !« 

https://www.facebook.com/jacquesandre.schneck