Un bébé député, ça coûte énormément

À Aubervilliers, le séminaire de formation des députés En Marche a coûté 250 000 euros pour deux jours… Aux frais des contribuables, bien évidemment !

Toutes les mamans vous le diront, lorsque le cercle familial s’agrandit, le budget peut se retrouver sérieusement malmené avec l’achat des petits pots et couche culottes. Avec 313 députés élus, la plupart recrutés en catastrophe par Internet et par entretiens téléphoniques, le rassemblement En Marche connaît un sacré problème de formation de ses nourrissons à cocarde tricolore. Tout le monde a vu en juillet ces images d’une vice-présidente totalement dépassée dans l’hémicycle ou ces néophytes macronistes se trompant au moment des votes ou applaudissant Mélenchon, ce qui a fait sourire les vieux briscards de l’Assemblée.

Et quand on côtoie d’un peu près cette jeune cohorte appliquée mais pas toujours très douée, l’impression de pagaille absolue est encore pire. Ce confrère qui compte quelques décennies de Palais-Bourbon, n’est toujours pas revenu des confidences à son micro de cette députée d’un département proche, enseignante à la retraite soudainement bombardée parlementaire, et lui disant : « Je ne savais pas que c’était aussi dur et qu’on finissait aussi tard. Moi à vingt-trois heures, j’ai besoin de dormir… Il va bien me falloir deux ou trois ans pour m’habituer ». Et on opère une retenue sur son salaire en attendant ?

Il suffit d’ailleurs de connaître le parcours de certains de nos élus du département des Pyrénées-Atlantiques et leur absolue inexistence politique jusque-là pour se convaincre que nos nouveaux représentants étaient à peu près aussi préparés à cette fonction que le pape François à devenir chippendale.

En avant donc, pour un séminaire « team building » (On appréciera ce souci de défense de la langue française du mouvement majoritaire !) de deux jours à Aubervilliers, histoire de donner un semblant de cohésion à cet hétéroclite agrégat avant la nouvelle session parlementaire. Et que du lourd au programme si l’on en croit les journalistes qui ont fait le déplacement ! Jeux de rôles avec des foulards de couleur, pour se mettre dans la peau d’un ministre, d’un parlementaire ou d’un simple citoyen, chaises musicales où le perdant doit répondre à cette question d’une difficulté insurmontable : « Qu’est-ce qui nous motive ?», et même si l’on en croit l’image twittée par le député Mustapha Laabid de la 1ère circonscription d’Ille-et-Vilaine, atelier dessins pour que chacun exprime sa créativité.

Et l’apprentissage de la lecture et du calcul, ce sera pour l’an prochain quand on entrera au CP ?

C’est bien connu, un député ça mange énormément et cette petite plaisanterie comprenant la location d’un bâtiment de 8 000 m2 pour tenter de rendre présentables les nouveaux parlementaires a forcément un coût, qui s’élèverait selon l’hebdomadaire Marianne à 250 000 euros.

https://www.marianne.net/politique/exclusif-le-seminaire-team-building-des-deputes-macronistes-250000-euros-aux-frais-du

Guillaume Gouffier-Cha, le trésorier du groupe explique « Dans un premier temps, on avait imaginé faire ça à l’Assemblée, mais ce n’était vraiment pas pratique pour travailler de façon participative comme on le voulait« .

Les salles de l’Assemblée nationale sont effectivement inoccupées en ce moment, mais pourquoi se restreindre, puisque le groupe En Marche est entièrement financé par l’Assemblée nationale, et donc par le contribuable ? Malgré sa volonté de rupture affichée, le parti d’Emmanuel Macron est dans la droite ligne de ses prédécesseurs : la moralisation de la vie publique et les efforts financiers, c’est uniquement pour les autres !