RamDam 64-40 ne craint pas la concurrence déloyale

Le maire de Biarritz organise ses vœux au même moment que la remise des klaxons et des harpes. Mais vous vous amuserez sans doute beaucoup mieux à la maison des Associations qu’au casino Bellevue.

Ils sont dix-sept élus des Landes et Pyrénées-Atlantiques à mal dormir en ce moment en redoutant le coup de klaxon de RamDam 64-40 qui les propulserait dans le trio de tête des politiques les plus « inventifs ». Ils sont quatre à fort bien dormir en se disant qu’une petite mélodie à la harpe ne saurait nuire à leur carrière et qu’il est toujours agréable quand on est un personnage public de voir son action reconnue.

Détail amusant, nous avons réservé la salle de la maison des Associations de Biarritz, il y a deux mois, en adressant un suave courrier au maire de Biarritz qui figure dans notre liste des « nominés » et s’annonce comme un redoutable concurrent. Mais Michel Veunac ne doit visiblement pas croire en ses chances de décrocher une récompense suprême, après avoir obtenu le klaxon de béton il y a un an, puisqu’il organise à la même heure au casino Bellevue ses vœux aux Biarrots. Au vu de la façon dont il a mené le dossier de « L’hôtel du Palais », il ne pourra souhaiter à ses administrés qu’une « Bonne santé, bonne opacité ! ».

Alors à vos agendas, rayez immédiatement la séance de piscine du petit ou la confection du dentier de la grand-mère prévues à la même heure et on veut vous voir tous à la maison des associations de Biarritz, mardi 15 janvier à 18h30 précises (fin à 20h).

Voilà trois semaines que nous peaufinons l’ironie de nos textes, travaillons nos photos, découpons soigneusement nos vidéos et nous serions déçus de ne pas partager tout cela avec vous.

Quelques rappels

Le palmarès 2017 : Vincent Bru, klaxon d’or. Odile de Coral, klaxon d’argent, Michel Veunac, klaxon de béton.

Les présélectionnés 2018 pour les klaxons :

LANDES
Élisabeth BONJEAN (Dax), Lionel CAUSSE (Député des Landes), Xavier GAUDIO et Patrick LACLEDÈRE (Hossegor et Capbreton), Éric GUILLOTEAU (Ondres), Christian PLANTIER (Mimizan).
PYRÉNÉES-ATLANTIQUES
François BAYROU (Pau), Odile De CORAL (Urrugne), Jean-Louis FOURNIER et Anita LACARRA (Ascain), Ghislaine HAYE (Biarritz), Guy LAFITE (Biarritz), Hervé LUCBEREILH (Oloron), Guy POULOU et Jean-Jacques GOUAILLARDET (Ciboure), Jacques VEUNAC (Anglet), Michel VEUNAC (Biarritz)
 Les présélectionnés 2018 pour les harpes, récompensant les élus particulièrement soucieux de l’intérêt général :

Hervé BOISSIER (Biarritz), Peio ETCHEVERRY-AINCHART (Saint-Jean-de-Luz), Virginie LANNEVÈRE (Biarritz) et Pierre-Laurent VANDERPLANCKE (Saint-Jean-de-Luz).

Des élus qui ont bon goût

RamDam 64-40 oblige les élus à un choix cornélien, mais certains n’hésitent pas. Non content de publier sur la page Facebook « Biarritz notre ville » l’annonce de la cérémonie, François Amigorena ne barguigne pas quand on l’interroge.

 

Voilà un homme de goût !

Défense d’en rire !

Le maire de Ciboure et son adjoint à l’Urbanisme suscitent l’hilarité en portant plainte en diffamation contre le site parodique « La Gazette de la Nivelle ».

Heureusement que le ridicule ne tue pas, car dans le cas contraire les Cibouriens pleureraient depuis une semaine la disparition de leur bien-aimé maire Guy Poulou et de son sixième, mais ô combien importantissime, adjoint à l’Urbanisme Jean-Jacques Gouaillardet. Il faut dire aussi que l’affaire est d’une gravité totale, comme nous la révèle Sud Ouest du 26 novembre, puisqu’un manant du clavier, sans même avoir le moindre titre nobiliaire ni galon d’élu à faire valoir, a osé rédiger dans la très célèbre « Gazette de la Nivelle » une interview imaginaire du sieur Gouaillardet… qui manque singulièrement de gouaille et d’humour dans cette affaire.

La Gazette de la Nivelle annonce pourtant la couleur avec ce bandeau très visible en bas d’écran, « site d’informations parodiques. »

Jean-Jacques Gouaillardet, chef adjoint du service humoristique de Ciboure.

Mais le très candide Jean-Jacques Gouaillardet avait dû prendre pour argent comptant jusque-là tout ce qui était écrit dans La Gazette de La Nivelle, comme le décalage d’une heure supplémentaire par rapport au reste de la France pour que les Cibouriens aient le temps de célébrer l’apéritif, ou la manifestation de gilets jaunes refusant de consommer des feuilles de salade verte au restaurant.  Aussi, quand il a lu les propos qu’on lui prêtait, l’adjoint à L’Urbanisme, qui m’avait abordé un jour pour me féliciter de l’humour de Bisque, Bisque, Basque !,  s’est décidé à porter plainte pour diffamation en compagnie du maire de Ciboure Guy Poulou.

Il faut dire que l’auteur de l’interview, Daniel Arbisa, reprenant une technique comique utilisée par des générations d’humoristes depuis Hergé et son professeur Tournesol, s’est amusé à faire répondre systématiquement son interlocuteur dépourvu de sonotone à côté de la plaque à propos de l’autorisation de construire une villa à toit plat, située avenue d’Abbadie d’Arrast. Insolence suprême, il ose même affirmer que le propriétaire de la villa a offert à Poulou et Gouailladet « un magnifique plateau d’huîtres de Bouzigues » en remerciement de cette autorisation de construire.

https://www.lagazettedelanivelle.fr/2018/10/14/exclusif-interview-de-jean-jacques-gouaillardet/

Pas un Cibourien n’a pris une seconde l’affirmation au sérieux et n’importe quel politique doté d’un peu d’humour aurait immédiatement rétorqué en précisant qu’un tonneau de Jurançon sec accompagnait les huîtres, mais pas nos deux élus, qui ont visiblement une très haute idée de leurs fonctions.

Arbitre des élégances humoristiques

Guy Poulou, chef du service humoristique.

En fait, le vrai moment comique réside dans l’interview, à ne rater sous aucun prétexte, de Guy Poulou à « Sud Ouest ». On comprend mieux pourquoi un maire sur deux souhaite ne pas se représenter en 2020. Naïvement, l’électeur moyen s’imagine que le maire d’une commune a déjà fort à faire avec les routes, les collèges et le logement social. Grâce à Guy Poulou, maire adoré des Cibouriens et qui fait l’unanimité dans sa ville, (C’est uniquement pour le taquiner que nombre d’associations le contestent !) on mesure mieux l’énormité de sa tâche : « Pour être vraiment parodique et humoristique, il faut écrire dans ‘‘Le Canard enchaîné’’ et ce monsieur n’a pas le talent pour écrire dans ‘‘Le Canard enchaîné’’ ».

L’article de Sud Ouest du 26 novembre.

Ainsi donc, le Premier magistrat d’une ville, si l’on en croit Guy Poulou, est aussi l’arbitre des élégances humoristiques, le seul apte à savoir qui a le talent suffisant pour être admis en classe supérieure. On comprend mieux pourquoi Guy Poulou a l’air si souvent fatigué et dépassé par sa tâche, car la gestion de la commission décernant les brevets de drôlerie aux Cibouriens agréés ne doit pas être une mince affaire.

Donc, si l’on suit le raisonnement de Poulou, « Le Canard enchaîné » lorsqu’il publie un interview imaginaire de Kim Jong-Un ou de Poutine serait drôle, mais pas Daniel Arbisa quand il ironise sur Guy Poulou ou Jean-Jacques Gouailladet. Comme c’est bizarre ! Et depuis quand l’humour et la satire se décrètent par arrêté municipal ?

Bon courage aux deux plaignants !

Bisque, Bisque, Basque ! attend donc avec beaucoup d’impatience le rendez-vous prévu devant le tribunal, et souhaite bon courage aux deux élus plaignants quand ils vont essayer de détailler devant des juges qui souvent ne manquent pas d’humour, eux, leur conception bien singulière et fort géographique de la satire, tout à fait acceptable du moment qu’elle s’arrête aux portes de Ciboure.

À moins que des Cibouriens, excédés par ce nouveau gaspillage d’argent public que va représenter ce procès (C’est facile d’aller en Justice quand on est défendus gratuitement !) ne campent devant la mairie avec une grande banderole : « Poulou, Gouaillardet ! Et si vous arrêtiez vos conneries ? »

Car c’est bien tout ce que vaut cette histoire de cornecul.