Stationnement : un plan stupide et cupide

Même en distribuant 50 000 contredanses par an, il faudra plusieurs années à Biarritz pour retrouver les frais engagés dans ce calamiteux plan de stationnement.

La zone gratuite est pourtant beaucoup plus proche des halles que celle du Port-vieux, mais, selon que vous serez puissant ou rançonnable…

Ce n’est pas la ridicule photo publiée dans Sud Ouest où l’on voit Veunac, Lafite et Barucq main dans la main qui va modifier l’opinion des Biarrots sur l’équipe dirigeante. Quand on commence à affirmer haut et fort qu’on est unis… c’est qu’on ne l’est pas. Pour preuve cette réunion d’urgence qui s’est tenue ce matin à la mairie avec le responsable régional de Streeteo où consigne a été donnée aux nouvelles recrues de faire preuve de pédagogie et d’humanité. Et si l’on avait commencé par là ? Mais comme on va le voir, toutes ces mesures ne sont destinées qu’à mieux faire passer la pilule, car, comme Perrette et le pot au lait, les grands génies qui nous dirigent se sont ficelés dans un contrat qui nous coûte un maximum d’argent avant de nous en rapporter dans quelques années. Pour peu que les Biarrots acceptent de se faire rançonner sans protester !

Silence sur la liste

Il y a d’abord ce sentiment d’injustice absolue. Les lecteurs de Bisque, Bisque, Basque ! ont noté que la mairie s’est bien gardée de démentir l’existence d’une liste de plaques minéralogiques non-verbalisables. En soi, il n’y a rien de scandaleux à ce que des grands serviteurs de la Ville soient exemptés du stationnement payant dans le cadre de leurs fonctions. Mais dans ce cas-là la liste doit être publique et connue de tous, ce qui évitera d’y trouver des épouses d’élus ou autres petits privilégiés de la nomenclature au pouvoir.  Cette semaine, les négociations sont allées bon train, chaque corporation défendant son bout de gras. Un accord de gratuité serait intervenu pour les aides à la personne relevant de la mairie. Rien en revanche pour celles qui travaillent dans le secteur privé. Et en criant un peu fort ? Face à un maire qui ne comprend que le bras de force et l’affrontement et qui se voit encore réélu en 2020, une seule réponse est possible : l’insoumission, les manifestations et l’agitation.

« Biarritz est un village ! »

Extrait de la délibération du conseil municipal du 20 décembre, modifiant le périmètre de stationnement payant.

Il fallait le vivre, vendredi dernier lors de la manifestation, ce désespoir des commerçants biarrots, découvrant que leur maire se soucie fort peu de leurs conditions de travail. « Cela fait quarante ans que Biarritz dégringole et vous nous portez le coup final ! » s’exclame l’une, tandis qu’un autre s’écrie, quand le maire évoque Cannes, Paris ou Bordeaux : « Mais Biarritz l’hiver, c’est un village ! » L’aménagement de la place Clémenceau, voulu en 2005 par Didier Borotra avait déjà sérieusement malmené les commerçants de la rue Mazagran. Le passage au paiement à l’année du stationnement au Port-Vieux devrait les achever. L’examen de la carte des nouvelles zones payantes laisse aussi un peu rêveur, car il semble coïncider miraculeusement avec des intérêts privés. Pourquoi pénaliser ce quartier, déjà à bout de souffle et épargner l’avenue de la République ou l’avenue Carnot ? Parce que le maire et son épouse, propriétaires de deux voitures mais ne possédant pas de garage comme beaucoup de Biarrots, ont l’habitude d’y stationner, le plus souvent très mal ? Poser la question, c’est déjà y répondre.

Double jackpot pour Indigo

En février, le parking de la gare du Midi est habituellement vide aux deux tiers. Mais Indigo, grâce à l’équipe dirigeante de Biarritz est en train de réaliser le jackpot.

La filiale de Vinci, une société qui revient décidément très en cour à Biarritz, n’a plus besoin d’aller jouer quelques piécettes au casino pour se renflouer. Indigo touche d’un côté des redevances de la mairie qui lui a concédé, via sa filiale Streeteo, le droit de rançonner le cochon d’automobiliste. Et de l’autre, comme la politique menée se veut dissuasive, voire totalement punitive, les salariés et tous ceux qui sont obligés de venir quotidiennement à Biarritz pour leur travail se précipitent désormais dans les parkings Indigo de la Ville, se délestant de leur monnaie ou prenant une carte d’abonnement. « Nous sommes au minimum à un taux de fréquentation de 30 % supérieur à l’an passé » admet sans détour un des employés.

Et en plus, la Ville a payé pour rançonner les Biarrots !

Sud Ouest du 2 janvier

Au lieu de laisser Biarritz vivre sa vie de village paisible et heureux pendant l’hiver, la discipline étant réservée à l’été pendant l’afflux de touristes, ce que tout le monde aurait pu comprendre, les gloutons qui nous dirigent ont cru qu’ils allaient pouvoir réaliser un nouveau casse, sans que personne ne moufte. Raté, les amis ! Sauf qu’on a demandé à ces gros malins de commencer par mettre de l’argent au pot, ce que Sud Ouest relève dans son édition du 2 janvier. Et comme nos élus ne sont vraiment pas regardants avec l’argent public, sans concertation ni réflexion, ni étude d’expériences similaires et désastreuses dans d’autres villes, ils se sont empressés de signer en novembre dernier un contrat avec Streeteo. Une petite plaisanterie qui a coûté 1,3 million d’euros pour la mise à niveau de ces horodateurs mouchards qui permettent aux employés de Streeteo de vous verbaliser en moins d’une minute. Rajoutez à cela les 200 000 euros de redevance versés à Indigo et vous aurez une idée sur la façon dont nos élites gèrent l’argent qu’on leur confie.

Objectif : 50 000 PV annuels pour 1 million d’euros

Fort des informations en sa possession, Bisque, Bisque, Basque ! s’est livré à un petit calcul. Trois agents à temps plein ont été recrutés, ce qui fait qu’avec les vacances et les jours de repos, ils seront deux en permanence sur le terrain. Quatre autres vont venir les renforcer pendant les quatre mois de l’été. Bisque, Bisque, Basque ! maintient son information que le contrat d’objectif est de dresser 80 procès-verbaux par jour et par agent. Heureusement, Streeteo Paris s’intéresse beaucoup à l’équipe en place à Biarritz, équipe qu’elle considère comme excellente par rapport à d’autres villes où ses agents font n’importe quoi et ignorent souvent totalement le Code de la route.

Compte-tenu des consignes de pédagogie qui ont été données ce jour, on peut espérer que la mairie, malgré sa goinfrerie sans limite lorsqu’il s’agit de spolier les Biarrots, se contentera de 50 procès par jour et par agent. Ce qui portera tout de même le total à … 50 500 procès-verbaux annuels ! Et si l’on estime le coût moyen de la prune à 23 euros (20 euros pour les deux automobilistes qui paieront immédiatement, 30 euros pour le retardataire) on arrive à la coquette somme de 1 million 161 500 euros. Compte-tenu de ce que la Ville a déjà déboursé, et des inévitables frais de salaire et d’entretien des machines, le racket des automobilistes n’est donc pas près de cesser.

C’est Olive qui rigole…

Demain, Michel Veunac reçoit les commerçants et, au vu de la fronde, on peut espérer qu’il va lâcher du lest. Mais qu’en est-il des touristes ? Vous imaginez un père de famille qui a trouvé son bonheur sur une des plages de la Ville au mois d’août, et qui revient à son parcmètre trois heures plus tard et découvre qu’il doit impérativement bouger son véhicule ? Combien de temps va-t-il mettre avant de rejoindre sa famille sur son coin de serviette ?  Le lendemain, c’est certain, il ira se baigner et consommer à Anglet où le stationnement est gratuit. Et en plus, comme vous pourrez le vérifier dans l’article de Sud Ouest, une partie des sommes prélevées sur les automobilistes biarrots ira à l’agglomération et donc à la Ville d’Anglet au titre de la politique de la mobilité. Olive peut rigoler et dire en privé en se moquant gentiment de ses voisins biarrots : « Décidément, ils n’en ratent pas une ! ». Voilà les décisions qui viennent d’être prises par les génies qui nous dirigent. L’argent des Biarrots, on en donne à Indigo, on en donne à Streeteo, on en donne à l’Agglo, en espérant qu’au bout du bout du racket quelque menue monnaie atterrira dans les caisses de la Ville.

Et vous voulez en reprendre pour six ans avec cette équipe ?